‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 815 sur 1042 · LE PREDICATEUR/PLAGIAIRE · texte numérisé non relu

LE PREDICATEUR/PLAGIAIRE

Certain prédicateur en chaire Déclamait un sermon d'uutrui; Sans cesse aboyait, devant lui.

A pleine gueule un gros cerbère...

• Quel animal! veux-tu te taire?

— Eh! pourquoi, dit un auditeur, Pourquoi ne pas le laisser faire?

C'est un chien qui crie au voleur. • — - Hist. littér. Vols littéraires, V. plagiat

et SUPERCHERIES LITTÉRAIRES. *

— Allas, hlst. Vol favorisé ■. Sparte, Allusion k une bizarre particularité de mœurs des Spartiates.

Lyeurgue, en donnant des lois à Sparte, voulut en faire une nation forte et belliqueuse ; tous ses efforts tendaient à former des soldats plutôt que des hommes; de là oubli absolu , dans cette dure législation, de certaines lois morules. Si un jeune Spartiate apportait en naissant quelque vice de conformation, il était impitoyablement sacrifié. Les enfants passaient la plus grande partie de leur temps dans les exercices du gymnase; on les accoutumait à supporter le chaud et le froid, à faire de longues courses sans prendre de nourriture et à se contenter des mets les plus grossiers. On cherchait surtout à les accoutumer à ta souplesse, à l'habileté et à la ruse; on leur permettait le vol dans les jardins et dans les repas publics, mais le maladroit qui se laissait surprendre dans son larcin était battu de verges et condamné à un jeûne prolongé, La honte qui résultait de cette maladresse inspirait souvent les actions les plus extraordinaires.

L un d'eux avait dérobé un jeune renard, qu'il tenait caché sous sa robe. Il était soupçonné et on l'interrogeait; pendant qu'il répondait aux questions avec calme et sangfroid, le renard déchirait sa poitrine et lui rongeait les entrailles.

Si la situation du jeune Spartiate rencontre de rares analogies dans l'ordre physique, elle en a de fréquentes dans l'ordre moral; aussi y fait-on allusion quand on veut peindre une douleur vive, un chagrin profond caché sous des apparences calmes. Ces tempêtes du cœur, dissimulées par la placidité du visage, sont le contraire des tempêtes de l'Océan, qui reste tranquille au fond, alors qu'il est agité à la surface.

« Les guêpes ont vraiment for,t à faire. Vingt ou trente mille bouches à nourrir, c'est une bien grosse maison. Si elles n'avaient que la sage activité des abeilles, leur cité mourrait de faim. 11 leur faut une rapidité violente, furieuse, meurtrière ; il leur faut les apparences d'une gloutonnerie immense ; il leur faut le culte et l'amour que Sparte avait pour le vol. »

Michelet.

« La police est parfaite à Rome, d'autant plus parfaite que les rouages en sont invisibles. J'ai souvent laissé sortir à moitié mon mouchoir de ma poche, dans tous les lieux où il y a quelque affluence populaire, et pas un seul va-nu-pieds n'a daigné faire le Lacêdêmonien. »

(Tablettes romaines.)

« Les malheurs qui n'ont pus été causés par notre inconduite, et que nous pouvons confier à la sympnthie des étrangers, ne sont que des blessures légères qui se guérissent aisément; mais ceux que le crime a produits, et que la honte cache comme le renard vole' du jeune Spartiate, attaquent les parties vitales, et il nous faut fuire mystère de nos souffrances pendant qu'elles nous rongent le sein. »

Comte de Blessington.

■ Un repas de noce est une «orte d'exhibition où les mariés sont toujours en scène. On épie leurs moindres gestes, on veut pénétrer jusqu'à leurs pensées. On ne peut se fuire une idée du tourment auquel m'assujettissaient les railleries, les jeux de mots, les allusions. J'ai éprouvé bien des douleurs dans ma vie, jamais d'aussi aiguës que ce jour-là. Dans une autre disposition d'esprit, ces accessoires de toute noce n'eussent été

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qu'un ennui; frappé au cœur comme je l'étais, ils devenaient une torture. Le Spartiate gui se laissait dévorer vivant plutôt que de se trahir n'avait pas à supporter des souffrances plus vives que celles dont j'endurais les atteintes. •

Louis Reybaud.

« En apprenant que le mariage de Nadèje avec le prince russe était résolu et officiellement annoncé, Maxime devint pâle et froid comme un marbre, et il demanda la permission de se retirer.

« Ah [ monsieur, s'écria Ivanowltch en le • voyant changer de couleur, pardonnez- » moi ; sans le vouloir, je crois que je vous » ai fait souffrir.

» — Au contraire, reprit Maxime avec l'hé- » roïque sourire du jeune Spartiate à gui le » renard volé mange la poitrine; je souffrais, » et vous m'avez guéri I »

Louis Enault.

« Nous poursuivons les pingouins dans leurs dernières limites, dans les demeures tortueuses où ils se sont réfugiés, et là, avec nos longues pointes de fer, nous sondons le terrain. Mais les vaillants oiseaux reçoivent ces piqûres profondes sans faire entendre le plus léger murmure. Us bravent la douleur, comme cet enfant lacédémonien qui, sans pousser un soupir, se laissait manger le ventre par un renard qu'il avait dérobé. »

Jacques Abago.

VOLABLE adj. (vo-la-ble — rad. voler).

Qu'on peut voler, dérober : Des effets volables. (Acad.) J'étais environné de petites choses volables que je ne regardais même pas. (3.-3. Rouss.)

— Qui peut être volé, à qui l'on peut dérober quelque chose : Ce n'est pas un homme volablk, il ne possède rien. (Acad.) Etesvous un homme volable, quand vous renfermez toutes choses et faites sentinelle jour et nuit? (Mol.) ■*

VOLAGE adj. (vo-la-je — lat. volaticus, mot que l'on trouve déjà dans Sénèque ; volaticus et tevis, et même dans Cicéron : academiam votaticam, et qui vient du verbe volure, voler). Léger, changeant dans ses goûts : Amant volage, la jeunesse est volage. (Acad.) Les femmes accusent les hommes d'être volages, et les hommes disent gue les femmes sont légères. (La Bruy.) La haine n'est pas moins volagu que l'amitié. (Vauven.) L'enfant est aussi volage dans son désir que léger dans son attention. (L'abbé Bautain.) Le grand monde est léger, inappliqué, volage ; Sa voix trouble et séduit; est-on seul, on est sage.

Voltaire.

— Pathol. Feu volage, Nom vulgaire d'une sorte d'éruption qui vient au visage, et particulièrement aux lèvres, surtout chez les enfants.

— Mar. Embarcation, bâtiment volage, Embarcation, bâtiment qui a peu de stabilité qui s'incline beaucoup sur un bord ou sur l'autre. Il Compas volage, Aiguille de boussole qui a une extrême mobilité, il Canon volage, Canon qui a beaucoup de recul.

— Ane. coût. Vagabond, qui n'a pas de domicile.

— Substantiv. Personne volage : C'est un volage, Vous êtes une volage.

— Syn. Volage, changeant, lue o as tau I, etc.

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