‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 818 sur 1042 · B01I.EAU · texte numérisé non relu

B01I.EAU

Il Rang, qualité, élévation, mérite : C'est une personne de la plus haute volée,' de ta première volée. Il ne doit pas traiter d'égal à égal avec tui, il n'est pas de sa volée. (Acad.)

Tu veux donc faire prendre un air modeste el sage Aux gens de ma volée, aux marquis de mon ûgeî

Quiwault.

— Nombre de coups que l'on reçoit : Donner une volée à quelqu'un. Recevoir une volée de coups de poing, de coups de bâton, une volée de bois vert.

— Son d'une cloche mise en branle : Les volées de la cloche de Nemours appelaient les habitants à la messe du dimanche. (Balz.)

— Sonner à toute volée, à grande volée, Mettre les cloches tout à fait en branle.

— Pratiq. Nom que l'on donnait, avant la Révolution, à l'ensemble des avocat3 qui sa faisaient inscrire en même temps sur le tableau : Lorsqu'on était d'une même volée, ou était en quelque sorte autorisé à user d'une familiarité commencée sur les bancs de l'école et du stage, quels que fussent tes talents déployés et l'éclat d'une réputation acquise par la marche des années ; mais cette familiarité, qui se traduisait par le tutoiement, était exclue du commerce que pouvaient avoir les jeunes avocats avec leurs anciens, d'une volée par conséquent bien antérieure à la leur. (De Bast.)

— Artill. Décharge de plusieurs pièces qu'on tire en même temps : La muraille fut abattue dès la première volée de cunons, dès la première volée.

J'entends des canons sourds tes tonnantes volées,

Les clameurs aux clameurs mêlées.

Les cb0C3 fréquents du fer, le bruit pressé des pas.

Il Se dit quelquefois d'un seul coup de canon : Il eut la tête emportée par une volée de canon. (Acad.) il Partie d'une pièce comprise entre la bouche et le second renfort.

Il Tirer à toute volée, Combiner le tir de façon à lui faire produire les plus grands effets possibles.

— Jeux. A la paume et au ballon, Jouer de volée, Prendre de volée, à ta volée, Pousser la balle, renvoyer la balle ou le ballon avant qu'il ait touché à terre, il Avoir la volée bonne, la votée sûre, Etre fort adroit k pren.lr* la balle de volée et à la placer. Il Donner de volée dans ta grille, dans Vais, Donner dans la grille, dans Tais, sans que la balle touche ni k terre ni au tambour, g Prendre une balle, Prendre un coup entre bond et volée, Prendre la balle dans le moment qu'elle s'élève après avoir touché à terre. Il Fig. Obtenir, attraper une grâce, une faveur tant de bond que de volée, entre bond et volée, L'obtenir en saisissant une conjoncture heureuse. Il Faire une chose tant de bond que de volée, La faire comme on peut, de façon ou d'autre.

VOLE

— Chasse. Volée d'asséc. Moment du soir où passent les bécasses. [| Vieille loc.

— Archit. Partie d'un escalier comprise entre deux paliers successifs.

— P. et chauss. Partie qui se ferme ou se baisse dans un pont mobile, et qui surplombe quand ce pont est fermé ou baissé.

— Techn. Pièce de bois de traverse qu» s'attache au timon d'un carrosse, d'un fourgon, d'un chariot, et a- laquelle les chevaux sont attelés : Un cheval de volée, tt Série de coups de mouton sur la tête d'un pieu, se succédant a de courts intervalles et suivis par un temps de repos. Il Appareil formé de deux planches assemblées à angle droit, dont les maçons se servent pour transporter du mortier. Il Partie d'une grue sur laquelle e.*>t fixée la poulie qui reçoit le câble ou la chaîne. Il Banc de volée, Banc de pierre à peine adhérent au bane situé en dessous et s'en détachant presque sans effort.

— Econ. rur. Volée de mars, volée d'août, Pigeons éclos en mars, en août.

— Hortie. Action de plusieurs hommes rangés de front qui battent un terrain dans toute sa longueur.

— Loc. adv. A la volée, Pendant le vol : Tirer un oiseau k la volée. H Kn l'air, an passage : Je lui jetai ma bourse, il la saisit À la volée, il En saisissant très-prestement l'occasion. Il parle si vite qu'il faut saisir ses paroles k la volék. Il est toujours en course, il faut le prendre k la volée. L\cad.) A la guerre, si vou# ne saisissez pas t occasion k la volée, elle disparaît et ne revient plus.{Berthier.) 11 Inconsidérément : /' fait toutes choses À la volée. Il ne sait ce qu'il dit', il parle k la volée. (Acad.) On ne doit rien faire k la volée. (J.-J. Rouss.) Tout ce qui entre dans l'esprit k la volée s'en va de même, (Ch. Nod.)

Je ne dois pas ici rien faire à la volée.

MoutuE.

— Ane. pratiq. Juger une affaire à votée de bonnet, La juger tout d'une voix et sans délibérer.

— Agric. Semer à la volée, Semer en jetant les graines, les semences par poignées sur la terre préparée pour les recevoir : Le mode le plus généralement pratiqué pour répandre les semences est la semaitle k la volée. (M. de Donibusle). Le ray-grass prospère dans le même sol que le trèfle et la luzerne, et se sème k la volée. (Raspail.) En France, les semences de blé se font k la volée ; en Angleterre, la méthode dominante est celle du semoir. (Mich. Chev.)

— Techn. Trempe à la volée, Trempe de barres d'acier pièce k pièce, et non par paquets.

— Syn. Volé») eiior, vol. V. ESSOR.

— Encycl. Techn. Les deux planches dont se compose la volée des maçons sont maintenues par quatre barres de bois. Deux de ces barres font saillie de 0m,4O à 0m,50 environ sur le sommet de l'angle droit; Ces saillies sont taillées pour envelopper le Cou de l'ouvrier, qui les met a califourchon sur ses épaules, et les bouts en sont arrondis en poignée pour qu'il puisse les tenir dans les muins quand il porte la volée. Pour remplir cette volée, dont on fait un si fréquent usage sur les chantiers, de construction, le garçon la pose à une hauteur un'peu inférieure uses épaules, sur un chevalet destiné à cet usage.

Les volées des grues sont rixes ou variables, ou mieux mobiles ; les volées rixes sont reliées k la colonne principale d'une manière invariable k l'aide dun tirant et d'une contre-riche rigides ; les volées mobiles, que l'on applique avec tant de succès depuis quelque temps aux grandes grues de construction, se composent d'une oontre-tiche mobile à sa base autour d'un axe fixé k la colonne principale, et d'un palan remplaçant le tirant supérieur. Ce palan a une de ses extrémités attachée au sommet de la contre-fiche, et son autre extrémité au sommet de la colonne principale; la charge est appliquée en haut de la contre-fiche. Pour rendre cette, volée mobile, on agit sur le palan , soit en tirant, soit en l'abandonnant au poids de ta contrefiche et de la charge ; de cette façon, on peut prendre un fardeau en un point situé près de l'arbre de la grue, et le transportant en un autre point à 6 ou 8 mètres, sans qu'il soit nécessaire d'opérer un bardage et uu transport sur rouleau ou à bras d'homme. Ces volées mobiles ont été employées avec avantage k la construction des grands hôtels de Marseille, ainsi qu'à celle du nouveau Vaudeville à Paris.

— P. et ch. Dans les ponts-levis, les ponts a bascule et les ponts tournants, les volées, placées en porte à faux, sur des tourillons ou des pivots, doivent être équilibrées parla culasse ou par un contre-poids, dont le moment par rapport k l'axe de rotation soit égal k celui de la volée par rapport k ce même

axe. Lorsque le passage d'un fossé ou d'un canal excède 7 k 8 mètres, on donne aux ponts-levis, aux ponts à bascule et aux ponts tournants deux volées, que l'on fait appuyer l'une contre l'autre avec une inclinaison d'au plus Om,ûl, pour éviter que la compression ne soit trop grande et ne fende ou n'écrase les poutres sous l'action de la charge.

VOLER v. n. ou intr. (vo-lé — du lat. volare, mot rattaché par Curtius k la racine

VOLE

sanscrite gai, aller, se mouvoir). Se soutenir * et se mouvoir en l'air par le moyen des ailes : Un oiseau qui vole haut, qui vole bas, qui vole à tire-d'aile. H s'est trouvé des hommes qui ont cherché l'art de volée, le secret de voler. (Acad.) Rousseau s'occupait d'une machine avec laquelle il comptait apprendre à voler. (Grimm.l Le vol est l'état naturel, je dirai presque létat nécessaire de l'hirondelle : elle mange en volant , elle boit en volant, se baigne en volant, et quelquefois donne à manger à ses petits en volant. (G. de Montbel.) Un moucheron qui volait sans son ordre était aux yeux de Napoléon «ninsecte révolté. (Chateaub.) Le ehat-kuant vole d'une aile silencieuse comme étoupée de ouate. (Michelet.)

L'aigle vole au soleil, le vautour à la tombe.

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