C. OSTROWBKl
— Par ext. Courir avec une grande vitesse, aller en toute hâte, s'élancer avec ardeur : Ce cheval vole. Il ne court pas, il vole. Voler au secours d'un ami. Voler à l'ennemi, au combat, à la victoire. Il Etre porté, poussé avec une grande vitesse, avec une grande force d'impulsion : Un char qui vole dans la carrière. Les /lèches volaient. Le vent faiéait voler les tuiles. Les nuées qui volent au-dessus de nous sont des espèces de mers suspendues pour arroser les terres. (Fén.) Les nouvellistes fout volek les armées comme des grues, et tomber les murailles comme des carions. (Montesq.)'
Les feuilles que l'hiver entasse, Sans savoir où le vent les chasse.
Voient en pales tourbillons.
— Etre porté de côté et d'autre : Que la feuille imprimée vole sans être alourdie par le fisc, qu'importe! (Th. Gaut.)
— Fig. S'écouler rapidement, en parlant du temps : Le temps vole et m'emporte malgré moi. (Mmc de Sév.) Il Se produire, se manifester, se réaliser prompteineut, agir rapidement, en parlant d'un agent, d'un effet quelconque ; J'écrirais jusqu à demain ; mes pensées , ma plume, mon encre, tout vole. (Mme de Sév.)
Le lâche fuit en vain, la mort »o/e à sa suite. C'est en la défiant que le brave l'évite.
Voltaibs.
Il Se répandre, se propager avec rupidité : Un nom qui vole de bouche en bouche. Haletons après une renommée qui ne volbra pas à quelques lieues de noire tvmliel (Chateaub.)
Il Se porter, s'élever, atteindre :
Et ce savez-vous pas que sur le mont sacré Qui ne vols au sommet tombe au plus bas degré?
Boilëau.
Il Se porter avec empressement ; Mon cœur pour le chercher volait loin devant moi.
Racinb.
Tout vote a. la faveur, tout quitte la disgrâce.
Giiesset.
— Faire voler la tête de quelqu'un, La lui abattre d'un seul coup.
— Vouloirvoler avant d'avoir desailes, sans avoir d'ailes, Entreprendre quelque chose sans avoir les moyens nécessaires pour y réussir. Il Voler de ses propres ailes, Agir par soi-même, sans le secours d'auirui.
— Entendre voter une mouche, les mouches, Se dit pour indiquer un profond silence : Ou ENTENDRAIT VOLER UNE MOUCU1S. Il se fit un profond silence; ou entendait volek les mouches. (J. Sandeau.)
— Fauconn. Se. livrer k la chasse au vol : Le roi se promena le matin dans ses jarduis et l'après-dinée alla voLiiU dans la plaine de Vésinet. (DangeaU.) U Voler de poing en fort, Se dit quand on jette les oiseaux de poing après le gibier, il Voler d'amour, Se dit des oiseaux qui volent en liberté, pour soutenir les chiens. Il Voler en rond, Voler en tournant au-dessus de sa proie. Il Voler en long, Voler en droite ligne. Il Voler en pointe, Se dit quand l'oiseau va d'un vol rapide, soit en s'élevunt, soit en s 'abaissant. Il Voter en coupant, Se dit quand l'oiseau de proie coupe le veut, vole perpendiculairement à la direction du vent.
— v. a. ou tr. Chasser, poursuivre, en parlant des oiseaux de proie : Cet oiseau vole lapie, vole le héron, vole la perdrix. (Acad.)
Il Lancer ses oiseaux de proie à la poursuite de : Il se plait à voler la corneille, à voler le héron. Je volerai la pie cette après-iinèe. (Acad.)
— s. m. Action de voler : Le volkr naturel est celui qui s'exécute par l'assemblage et la structure des parties que la nature a destinées à cette action. (Lav.)
VOLER v. a. ou tr. (vo-lé. — Pris dans le sens de dérober, ce mot semblerait, k première vue, avoir une autre étymologie que
I voter, se soutenir en l'air par le moyen des
' ailes. Cependant il n'y a aucun mot simple, en latin, en celtique, en grec, ni en allemand,
; d'où il soit possible de faire dériver voler, dans le sens de dérober. Or, comme nous
; avons observé que bien souvent un même mot latin, par un changement graduel de lu prononciation, u produit deux mots français
l distincts, nous pourrions admettre ici un dé-
VOLE
• doublement semblable causé par un changement graduel de la signification. Nous ne pouvons, bien entendu, nous contenter de recourir à une supposition purement gratuite, ni supposer sans preuve qu'un larron u été appelé volator , voleur, parce que, quand il est découvert, il s'envole, en quelque sorte, loin de ceux qui le poursuivent; mais nous savons qu'en vieux français voler se dit embler, ce qui est le bas latin imbulare, qu'on rencontre, par exemple, dans la loi salique. Cet imbulare est le latin involare, qui se disait des oiseaux qui s'abattent, des hommes et des femmes qui, dans leur colère, se jettent les uns sur le8 autres, des soldats qui fondent sur l'ennemi, des voleurs qui s rélancent pour saisir une chose qui ne leur appartient pas. Ce même mot involare est pris en italien dans le sens de dérober, et dans le dialecte florentin on le prononce imbolare, ce qui rappelle le français embler. C'est ce verbe involare, avec le sens de saisir, qui devint, par abréviation, le français voler. Voler a donc signifié originairement, non pas s'envoler, mais voler, fondre sur. D'un autre côté, voler, dérober, pourrait, à la rigueur, être envisagé comme dérivant directement de voler, se mouvoir dans les airs ; ce ne serait qu'une extension du terme de vénerie : voler la corneille, le héron , etc., poursuivre en volant la corneille ou le héron, chercher à les saisir au vol. Mais ce ne sont là que des hypothèses fondées sur l'identité peutêtre fortuite de deux mots. Si l'on préfère une explication historique, il y eu a une que nous allons donner sous toutes réserves. Un jurisconsulte donne en ces termes l'étymologie du mot voler ; • C'était, dit-il, à l'époque de la fauconnerie. Les marchands apportaient des faucons de tous les pays du monde, la Suède et la Norvège, l'île de Chypre et la Turquie, l'Espagne et le Maroc. Un faucon se payait quelquefois 400 écus, somme énorme pour ce temps-là. L'arrivée d'un marchand de faucons était une alfaire dont on s'entretenait six mois a l'avance. On allait à sa rencontre, fort loin, pour choisir. On payait quelquefois sans marchander, d'autres fois on prenait sans payer. Certains amateurs de chasse attendaient les marchands sur la route et leur enlevaient leurs oiseaux. De là vient le mot voleur pour désigner ceux qui s'emparaient de la sorte des «seaux de vol »). Prendre , s'approprier injustement : Voler la bourse de quelqu'un. Voi£R ^e l'argent. Voler des hardes. Voler les deniers de. l'Elut. (Acad.) H y a des gens qui cachent leur fortune comme s'ils Savaient volée. (A. d'Houdetot.)
On respecte un moulin, on vole une province.
Ahdrieux.
0 S'emparer injustement du bien de : Ce domestique a vole son maître. Quand les pères ne donnent rien aux enfants, les enfants tes volent. ( Brueys. ) Donner à qui nous menace, c'est nous laisser voler. (E. Alietz.) Le marchand qui vole l'acheteur est précisément aussi coupable que l'acheteur qui vole le marchand. (A. Kurr.)
— S'attribuer, s'approprier sans droit: Volkr Wi titre.
Et de quel droit, monsieur, meuo/ez-vous mon nom?
Rebnard.
— Fig. S'emparer par la ruse, pur la fraude de : Voler le secret de quelqu'un est souvent pire que de lui voler sa bourse. (Boitard.) II Emprunter et donner comme sien, en parlant des pensées, des termes d'un auteur : Voler un passage entier à un auteur inconnu.
— Absol. : Voler sur tes grands chemins. Voler avec effraction. On volk dans ce quartier, depuis quelques jours. C'est un homme qui volerait jusque sur l'autel. (Acad.) Chez les Romains, l'esclave qui avait volé était précipité de la roche Tarpéienne. (Montaigne.) ! Le sauvage vole sans honte et sans remords, non parce qu'il est dépravé, mais parce qu'il est ingénu. (Proudh.)
— Fain." Ne l'avoir pas volé, Se dit de quelqu'un à qui il est arrivé, par sa faute, quelque chose de fâcheux : // est malheureux aujourd'hui, mais il ne Lapas volé. S'il vous battait vous nb l'auriez pas volé. |] Se dit d'une personne à qui son enfant ressemble parfaitement : Il ne faut pas demander si vous êtes son père; vous ne l'avez pas volé.
— Voler quelqu'unf Ne pas lui procurer ce qu'on lui avait promis ou ce qu'il attendait : Quelle mesquine illumination/ L'administration nous a volés.
— Prov. Qui vole un œuf vole un bœuf, Celui qui commet un vol de pou d'importance marque par là qu'il est capable d'en commettre uu plus considérable.
Se voler v. pr. Etre volé, dérobé : Il se vole beaucoup d'argent. dans les voitm-es publiques. Il Etre dérobé, pris \iUr fraude : Itien ne se vole plus aisément que la renommée. (Boiste.)
— Se priver, se dépouiller soi-même : Le prodigue se vole lui-même. (Boiste.)
— Prendre le bien les uns des autres : Quand deux voleurs su volent, dit un pro~ verbe, le diable en rit.
— Syn. Voler, dérober, ««croquer. V. DÉ- ROBER.
VOLEREAU s. m. Ivo-le-ro — dimin, do
VOLE
voleur). Fam. Petit voleur; voleur maladroit, inhabile :
Il faut se mesurer; la conséquence est nette;
Mal prend aux volereauxj de faire les voleurs. __ La Fontaine.
VOLERIE s. f. (vo-le-rî — rad. voler, se mouvoir dans l'air). Chasse qui se fait avec les oiseaux de proie : La plus curieuse des voluries est celle du héron, et le faucon qu'on y affaite doit être bien instruit à connaître le vif et à monter. (Baudrillart.)
— Haute volerie, Celle qui se fait sur des oiseaux dont le vol est puissant, comme le héron, la grue, etc. Il Basse volerie, Celle qui se fait sur des quadrupèdes ou des oiseaux dont le vol n'est pas bien puissant, comme le lièvre, la perdrix, etc.
VOLERIE s. f. (vo-lerrî — rad. voler, dérober). Fam. Suite de vols , pillerie : C'est .urtfi vraie volerie, une grande volerie. Il s'est enrichi par ses voleries. (Acad.) C'est ainsi que toute la vie N'est qu'un cercle de volerie
Lahottb.
VOLERO, plébéien romain, élu tribun du peuple l'an 472 av. J.-C, comme récompense de su. courageuse résistance à des actes arbitraires des consuls. C'était un homme de la dernière classe du peupie, ab infima plèbe, inculte et peu préparé à remplir cette fonction ; mais il avait une grande énergie et un dévouement éprouvé à la cause populaire. Il proposa une loi qui donnait à des comices par tribus, dans lesquels les votes se comptaient par tête, l'élection des tribuns et des édiles ; cette forme était aux patriciens les moyens d'influencer par leurs clients le choix de ces magistrats. Pendant un an, malgré les menaces, Volero poursuivit l'accomplissement de son projet. L'année suivante, il fut élu de nouveau avec Leetorius, et le sémit lui opposa un consul de cette dure et impitoyable famille Claudia, dont tous les membres se sont héréditairement signalés par leur violent mépris envers la plèbe. Les débats furent longs et orageux dans le Forum, et le jour du vote fut un combat; cependant, malgré les menées des nobles, malgré les déclamations véhémentes d'Appius Claudius, le peuple vota cette loi importante qui garantissait la sincérité des élections tribunitiennes.
VOLET s. m. (yo-lè. — Ce mot signifie sans doute'propreraent aile, instrument pour voler. Les volets seraient ainsi envisagés ■ comme des ailes ou des battants de fenêtre. Comparez le mot volant s. m.), Constr. Panneau de menuiserie qui sert à garantir en dedans les châssis d'une fenêtre, et qui s'ouvre ou se ferme à volonté : Le volet d'une fenêtre. Fermer les volets. Ouvrir les volets. (Acad.) Voltaire vint un soir demander asile à la duchesse du Maine, qui le cacha dans un appartement écarté, dont tes volets restaient fermés tout le jour. (Ste-Beuve.) Des filous effrontés, d'un coup de pistolet, Ebranlent ma fenêtre et percent mon voleU
Boh.eau.
Il Se dit abusivement pour contrevent ; Fermer les volets extérieurs. Un silence solennel permettait d'entendre les sifflements sourds d'une pluie de neige qui fouettait sur les volets. (Balz.) Il Chacun des panneaux dont on garnit extérieurement, pendant la nuit, le vitrage d'une boutique. Il Volet de brisure ou Volet brisé, Celui qui s'ouvre en deux ou plusieurs parties, pouvant se replier les unes sur les autres, il Volet de parement, Celui qui est tout d'une pièce.
— Par anal. Panneau ayant la forme d'un volet de croisée et servant à couvrir un objet quelconque : Les volets d'un triptyque.
— Blas. Nom donné aux lambrequins qui sont en forme de lanières flottant au vent. Il Nom donné anciennement aux tourteaux de sinople.
— Liturg. Morceau de carton garni d'une étoffe précieuse, qui sert à couvrir le calice sous le voile.
— Mar. Petite boussole portative dont on se sert dans les canots et chaloupes, pour de petites courses accidentelles. Il Volet de sabord, Syn. de mantëlet.
— Pêche. Nom donné à des gaules menues et pliantes, sur lesquelles les pêcheurs montent le filet de leur bouteux ou grande truble.
— Techn. Chacune des ailettes d'une roue hydraulique.
— Econ. rur. Pigeonnier , lieu où l'on abrite des pigeons, et dont l'ouverture se ferme par un petit ais : Il avait autrefois un colombier à pied, mais il n'a plus qu'un petit volet. (Acad.) Il Ais qui ferme le pigeonnier.
Il Ais que l'on met horizontalement & l'entrée du pigeonnier, et sur lequel se posent les pigeons.
— Econ. domest. Tablette, petit ais rond, sur lequel on trie des choses menues, comme des graines, des pois, des lentilles, etc. Il Fam. Trier sur le volet, Choisir avec soin entre plusieurs choses, plusieurs personnes : Il n'a que des livres triés sur le volet. Il ne fréquente que des personnes Triées sur le volet. (Acad.) Cette complexion difficile me rend délicat à la pratique des hommes; il me les faut trier sur le volet. (Montaigne.)
— Entoia. Nom donné à deux des trois pièces dont se compose le masque des larves de libellules.
VOLE
— Bot. Volet des étangs, Nom vulgaire du nénufar.
— Encycl. Constr. Les volets se composent de un, de deux ou de plusieurs battants, de traverses, de panneaux et de frises. Le nombre des battants varie en raison de la largeur du châssis qu'ils doivent couvrir et de la profondeur des embrasements. Les vantaux des volets se font à rainure et languette ou simplement à feuillure, et on les suspend avec des fiches à nœuds sur l'arête ou avec des pivots. En général, on donne aux feuilles des volets qui portent les fiches depuis om,054 jusqu'à 0m,068 de largeur, plus les feuillures et la moulure, et 0™,OOS et même 0m.013 de moins à celles des rives ; les feuilles de brisure doivent avoir ensemble 0m,08 à om,10 de largeur et 0^,03 à ûœ,035 d'épaisseur. Les traverses.des volets, placées en haut, en bas et au milieu, doivent avoir 0n»,067 à 0>n,0Spde champ, plus la largeur des moulures et des feuillures. Leurs assemblages sont toujours placés derrière la rainure et ont une épaisseur égale aux 2/7 de celle des volets. Les volets formés d'un plus ou moins grand nombre de ventaux étroits, réunis les uns aux autres par des charnières et pouvant se plier et se déplier de la même manière que les paravents, sont connus sous le nom de volets brisés. Les progrès rapides que l'on a faits dans ces derniers temps dans la .fabrication du fer et de la tôle, ainsi que dans la construction des ouvrages métalliques, ont amené les architectes à remplacer dans un grand nombre d'édifices les volets en menuiserie, dont l'aspect était lourd, par des volets en tôle unie ou ornée , présentant non - seulement une plus grande légèreté, mais encore une fermeture plus hermétique et plus k l'abri des coups de inain. La facilité avec laquelle on peut les établir en lames étroites et minces permet de les employer dans les embrasements les plus petits, sans être obligé de pratiquer des niches pour les loger, comme cela est nécessaire avec les volets en bois. Des volets en métal de quatre à cinq feuilles ne demandant pas plus de O'u.OÏ à 0m,&3 lorsqu'ils sont plies, il en résulte qu'on peut parfaitement les loger dans l'épaisseur du montant vertical du châssis dormant des fenêtres, lequel a, comme on le sait, om,04 à 0<n,05 da largeur. La variété des systèmes de volets métalliques est tellement grande aujourd'hui qu'il serait trop long de les énumérer, ce genre de construction comprenant, en général, toutes les fermetures en tôle pleine, depuis le simple contrevent en tôle à un seul battant jusqu'aux volets à coulisse des magasins et des boutiques, qui se manoeuvrent à l'aide de petits appareils de mécanique et qui ont été appliqués pour la première fois par M. Maillard, de Paris.
VOLETER v. n. ou intr. (vo-le-té — rad, voler. Double le t devant un e muet : Je volette ;nous voletterons). Voler çà et là à de petites distances, comme font les petits oiseaux qui n'ont pas la force de voler longtemps, ou comme les insectes : Le papillon ne cesse de voleter autour de la chandelle. (Acad.) Lorsque les ailes des cigognes commencent à croître, elles s'exercent à voleter au-dessus du nid. (Buff.)
Tout autour oiseaux voletaient Et si très-doucement chantaient.
Qu'il n'est cœur qui n'en fût joyeux.
A. Cimrtier.,
— Etre agité par le vent : Leurs cheveux volettent au vent en petites mèches mutines. (A. Delvau.)
— Fig. S'essayer, s'évertuer sans atteindre une grande élévation : Nous sommes de jolis oiseaux à qui on a rogné les ailes; nous voletons, nous ne volons pas. (Volt.)
— Syn. Voleter, voltiger. Voleter est un diminutif de voler; il signifie voler à peine, s'essayer à voler, faire de petites volées interrompues àchaque instant par l'impuissance de voler longtemps. Voltiger présente aussi l'action de voler comme fréquemment interrompue, mais c'est moins par l'impuissance d'aller plus loin que par l'inconstance, le besoin de changer de direction. De plus, voleter est d'un emploi très-rare et familier. Voltiger peut seul être pris au figuré pour exprimer l'idée même de l'inconstance.
VOLETTE s. f. (vo-lè-te — rad. volet), Techn. Petite claie sur laquelle on épluche la laine.
— Econ. rur. Claie en osier sur laquelle on fait égoutter les fromages.
— s. f. pi. Rang de cordelettes dont on borde le réseau qui couvre un cheval et qui éloignent les mouches par leur mouvement.
VOLEUR s. m. (vo-leur — rad. voler, se mouvoir dans l'air). Fauconn. Oiseau de chasse considéré au point de vue des qualités de son vol : Un beau voleur. Un excellent
VOLEUR
VOLEUR, EUSE s. (vo-leur, eu-ze — rad.
voler). Personne qui a volé ou qui vole habituellement : £es voleurs de grands chemins. Des voleurs de nuit. Un voleur domestique. Crier au voleur. Arrêter le voleur. C'est une voleuse. Une bande de voleurs. Au voleur! à l'assassin J Je suis perdu, ou m'a coupé la gorge, on m'a dérobé mon argent, (Mol.) Quand te voleur était surpris avec la chose volée, cela était appelé chez les humains vol manifeste. (Montesq.) Emprunteur ou voleur,
VOLE
c'est à peu près la même chose quand on n'a rien. (J.-J. Rouss.) Sous la féodalité, on arrachait les yeux aux voleurs d'église et aux faux monnayeurs. (Chateaub.) Le mépris des riches pour les pauvres fait plus de voleurs que le besoin. (A. Guyard.) Le nom de propriétaire fut d'abord synonyme de brigand et voleur. •(Proudh.) Ailleurs les voleurs forment une bande; à Madrid, c'est une corporation. (V. Hugo.)
Les grands et les petits voleurs, Sans huissiers et sans procureurs.
Ne peuvent compliquer ni traîner leur affaire. Duhoustier.
— Personne qui Se fait donner, qui exige, qui demande au delà de ce qui est juste et convenable : Les marchands qui prennent des bénéfices de 50 pour 100 sont des voleurs bien autrement redoutables que ceux qui vident nos poches dans l'omnibus.
— Par ext. Personne qui nous prive da ce qui nous serait utile : Le médisant est un VO- LEUR; celui qui l'écoute est receleur. (Boss.)
Votre eeW, en tapinois, me dérobe mon cœur. Au voleur! au voleur! au voleur! au voleur!
Molière.
— Fam. Voleur de meules de moulin, Honnête homme accusé d'une mauvaise action dont il est tout à fait incapable. Il Etre fait comme un voleur, Avoir ses vêtements en désordre ou en très-mauvais état.
— Prov. Les grands voleurs pendent les petits, Les puissants punissent, chez les pauvres, certaines fautes qu'ils commettent euxmêmes.
— Adjectiv. Qui vole, qui a l'habitude de commettre des vols : Le sauvage est voleur, cruel, dissolu, mais il l'est autrement que nous. (J. de Maistre.) Le gamin de Paris est vagabond d'habitude et voleur par occasion. (L. Faucher.)
— Syn. Voleur, escroc, Clou, etc. V. ESCROC.
— Encycl. V. vol.
Voleur* vi voles, par Léon Pailîet, avocat (1855, in-18). Ce livre, écrit par un homme que sa profession avait mis à même de bien connaître, est une sorte de manuel préservatif contre les voleurs. Au moment de l'Exposition de 1855, Me Léon Paillet crut devoir mettre les étrangers a couvert des malices des grinches de la capitale et, pour ce, dévoila tous leurs trucs. Pas une des variétés du genre n'est oubliée dans ce muséum de la grande et de la petite flibuste. Le papillonneur y figure a côté du bonjourier, non loin du voleur au poivrier. Chaque grade de cette cour des miracles a son représentant, même l'ignoble serinette qui vous accusera de propositions immorales en pleine rue, espérant que vous lâcherez un louis plutôt que d'avoir une affaire avec la police. Tous ces différents types sont spirituellement dessinés et le plus souvent le portrait est accompagné d'anecdotes explicatives amusantes. Voulez-vous savoir, par exemple, ce que c'est que le rat. Il n'est ici question ni du rongeur, qui habite sous le plancher, ni de celui qui figure sur les planches de l'Opéra; le rat est un maigre et petit voyou qu'on introduit dans une cuisse chez un négociant et qui, la nuit venue, sortant de sa boîte à surprise, ouvrira la porte à ses honorables associés, t Sous la Restauration, raconte Mo Paillet, un rat, nommé Charles, dit le Mouchic, fut ainsi caché chez un épicier absent pour quelques jours. La nuit arrivée, il ouvrit à ses complices et entra dans la ch:tmbre de l'épicière : « Charles, dit une voix mielleuse, le vilain avare n'est • pas là, voici la montre que je t'ai promise. >
Le Mouchic tend la main et prend mais il
est pris en même temps par une robuste poigne, celle du vrai Charles.- C'était le garçon épicier. Ce ne fut que parle procès que l'épicier apprit toute l'étendue de la collaboration que lui prêtait son garçon. »
Le volume se termine par un recueil de bons conseils qu'un voleur repentant a laissés à la société. Ils se distinguent par une certaine originalité, témoin celui-ci : • Quand vous louerez dans une maison, tâchez que le portier soit portier, et non savetier ou tailleur en vieux. » Fin comme un juge d'instruction, ce vieux voleur t
Voleur (le), journal, ou plutôt recueil hebdomadaire, fondé par M. Emile de Girardin pour la reproduction des morceaux de littérature, de sciences, etc. L'idée était ingénieuse, le titre original; la spéculation fut heureuse et commença la fortune du célèbre publiciste. Le Voleur eut un immense succès, mtvis attira quelques procès de propriété littéraire à son éditeur. Commencé le 5 avril 1828, ce recueil, après avoir passé par plusieurs mains, est devenu aujourd'hui le Voleur illustré. 11 est dirigé avec beaucoup d'habileté par M. Balathier-Bragelonne.
Voleur, Iconogr. Pieter van Laar, que les Italiens avaient surnommé le Bamboche et dont les compositions familières ou bambochades obtinrent un grand succès en Italie, est un des premiers peintres qui aient mis en scène des voleurs ;il a représenté souventdes voyageurs attaqués dans des bois ou sur des routes solitaires et il a traité ce genre de sujets avec beaucoup de vivacité et d'esprit. Un de ses tableaux a été payé 300 livres à ia vente La Roque, en 1745. En Italie, Pieter van Laar eut de nombreux imitateurs-, mais
VOLG
VOLH
VOLI
YOLK
aucun n'égala son compatriote Philippe Wou- Werman, 3e qui le musée du Belvédère, à Vienne, possède une A ttaque de voleurs qui est un véritable chef-d'œuvre. Sur une route qui traverse une contrée sauvnge, des bri- , gands arrêtent des voyageurs; deux se précipitent au-devant d"'une grande carriole couverte, au fond de laquelle une feinme éperdue joint les mains; un 'troisième fait feu sur te conducteur de la voiture, qui fouette son cheval à tourdebras; deux autres bandits a cheval, comme le précédent cherchent à arrêter un marchand qui tire par la bride son propre cheval chargé de ballots. Sur la gauche, un voyageur se sauve en emportent un paquet sur son dos ; au sommet du coteau, deux voleurs arrêtent un cavalier. Cette composition a été gravée par J. Passini et par Réveil. Le musée de Bordeaux a deux petits tableaux de Nicolas Boudewyns représentant des Voleurs attaquant «il village et des Voleurs mis en déroule. Dans la même galerie est un tableau de l'Italien M.-A. Cerquozzi, qui représente une Embuscade de voleurs. Joseph Goupy a gravé une scène de Voleurs, d'après SalvatorRosa, qui vécut pendant quelque temps au milieu d'une troupe de brigands des Abruzzes et fut, par conséquent, en état de peindre d'après nature ces héros de grande route.
Loutherbourg a exposé au Salon de 1765 deux tableaux intitulés: Voleurs attaquant des voyageurs dans une gorge de montagnes et Voleurs pris et conduits par des cavaliers. « Il n'y a rien à ajouter à ces titres, dit Diderot; ils disent tout. Les petites ligures qui composent les sujets sont on ne saurait plus joliment, plus spirituellement faites; les montagnes qui s'élèvent des deux côtés, traitées à merveille et de la plus forte couleur, et les ciels charmants de couleur et d'effet, j John Hall a gravé d'après J. Hamilton Mortimer, en 1780, des Voleurs jouant aux dés et des Voleurs dans un marché. J.-L. Demarne a peint une Scène de voleurs (Salon de 1800), F. Biard, des Voleurs espagnols (pour la galerie de la duchesse de Berry) ; Grenier, las Petits voleurs de buis arrêtés par un gardechasse (gravé par Jazct); Ed. Girardel, le Petit voleur de pommes (lithogr. par Cl. Régnier et J. Bettunier) ; Octave Tassaert, les Voleurs volés (Salon de 1843); A. Leleux, les Voletirs et l'âne; S. Robert, des Voleurs endormis (gravé par Eiehens, 1850) ; Alfred Dehodencq, le Supplice des voleurs au Maroc (Salon de 1SG7) ; Otto von Tnoren, des Voleurs de boeufs et îles Voleurs de chevaux en Hongrie (Salon de 1865) ; Eugène Fromentin, des Voleurs de nuit dans le Sahara algérien (Salon de 1865), etc. Ce dernier tableau, qui a reparu à l'Exposition universelle de ,1867 et qui a été acquis par l'Etat, représente des Arabes rampant à travers des terrains couverts d'alfas et venant dérober des chevaux ; l'un d'eux, coupe les entraves d'un magnifique cheval blanc qui prend peur; dans le lointain brillent des feux de tentes; le ciel est par.iemé d'étoiles.
VOLFIUS (Jean-Baptiste), prélat français, né à Dijon en 1734, mort en 1822. Entré chez les jésuites, il devint, après la suppression de leur ordre, professeur d'éloquence au collège de sa ville natale, embrassa avec enthousiasme les idées de la Révolution et prêta serment a la constitution. Kn 1791, il fut élu évêque constitutionnel de la Côte -d'Or et remplit ces fonctions jusqu'en 1801, époque à laquelle il donna sa démission. Il vécue dès lors dans la retraite. On a de lui : Discours prononcé, le 18 mai 1790, o la cérémonie du serment fcdéralif (Dijon, 1790); Rhétorique française (1810, 3« édit.).
VOLGA, ancien Rha, fleuve de la Russie d'Europe. Il prend sa source vers 570 de la- Ut. N. et 30" de longit. E., dans un petit lac de la partie occidentale du gouvernement de Tver, district d'Ostachkov, et coule d'abord à l'E. , en arrosant les gouvernements de Tver, Iaroslav, Kostroina, Nijni-Nov^orod et Kazan ; parvenu à la ville de ce nom, il tourne au S. et conserve cette direction à travers les gouvernements de Simbirsk, de Saratov et d'Astrakhan. C'est sur le territoire de ce dernier qu'il se jette dans le N.-O. de la mer Caspienne, par soixantedix branches formant d'innombrables îles. Son cours est d'environ 3,800 kilom.; il arrose plusieurs régions fertiles et de belles forêts en ornent les rives dans quelques parties. 11 baigne les villes de Tver, Onglitch, Iaroslav, Kostroina, Balakhna, Nijni-Novgorod, Kosmodémiansk, Tohéboksa, Kazan, Simbirsk, Sizran, Saratov, Tzuiilzin et Astrakhan, située sur une lie près de la mer Caspienne. Les principaux affluents du Volga sont: adroite, l'Oka, lu Soura, le Teiecbka, la Sarpa, et à gauche, la Tvertza, la Medviditza, la Mologa, le Cheksme, la Kostroina, l'Ounja, la Vetlonga, lo Kama, leTcheremchan, la Samara, l'Elan-Tchagra, les deux Irghiz, le Krouslan. Le bassin de ce fleuve a 1,750 kilom. du N.-O. au S. -E. et à peu près autant du N.-N.-E. au S.-S.-O.; il est limité à l'E. par les monts Ourals et Obchtuiieï-Siert, du coté des bassins de l'Obi et de l'Oural, au N. et au N.-O. par de faibles hauteurs qui font partie de la grande aréto européenne, et qui le séparent des bassins de la Petchora, de la Dwina septentrionale, de la Neva et de la Dvina méridionale. On remarque parmi ces hauteurs les monts Valdaï et Yoikouski ; à
l'O. et au S.-O., le bassin du Volga est borné, du côté du Dnieper et du Don, tributaires de la mer Noire, par des collines auxquelles on donne, dans une assez grande é tendue, le nom de montagnes du Volga. Différents canaux, qui relient ses affluents à ceux de la Neva, établissent une ligne de communication entre la mer Caspienne et la mer Baltique. Au moyen d'autres canaux, le Volga communique par la Dwina avec la mer Blanche et par le Don avec la mer Noire. En hiver, tout le fleuve se couvre de glace; mais, en raison de la diversité des climats qu'il parcourt, du 57e au 46e de latitude septentrionale, l'arrivée et la durée de la saison des glaces varie beaucoup. Chaque année, sans exception, la débâcle est très-forte, et parfois elle cause sur certains points de grandes dévastations. La navigation importante du fleuve commence à Tver; cette navigation est facile et sûre, car le cours du Volga est calme et régulier, et aucune cataracte 110 s'y rencontre; malheureusement sa profondeur diminue graduellement. Au commencement du xvmo siècle, les vaisseaux à sel de la Sibérie pouvaient encore se charger de 150,000 pounds de cette matière; anjourd'hui ils ne peuvent en prendre plus de 90,000. !'• us de 5,000 barques chargées descendent annuellement le Volga. Il n'est navigable que deux cents jours de l'année. De toutes les pêcheries exploitées sur les lacs et dans les fleuves de l'Europe , les pêcheries du Volga sont, sans contredit, les plus importantes. Mais la pêche principale, la seule qui soit l'objet de grandes spéculations, c'est celle de l'esturgeon; on en prend de plusieurs espèces qui, en russe^ sont connues sous les dénominations suivantes : le biéluga, Yucétra, le sévurga et le starlel, qui est le plus délicat et le plus recherché. Au fur et à mesure que le poisson sort de l'eau, on le dépèce, on en extrait le frai et on le sale.
VOLGER (Guillaume-Frédéric), pédagogue allemand, né à Neetze, près de Lunebourg, en 1794. Il était destiné à l'état ecclésiastique, mais il renonçait l'étude de la théologie pour se livrer à celle des sciences naturelles, de la géographie et de l'histoire, entra, en 1815, comme professeur au Johanneum de Lunebourg, devint successivement sousdirecteur (1819), puis directeur (1830) de cette école, conservateur de la bibliothèque (1839), et, depuis 1844, directeur de l'Ecole des arts et métiers de la même ville. Il a pris sa retraite en 1867. On a de lui un grand nombre d'ouvrages très-estimés pour l'enseignement élémentaire de l'histoire et de la géographie. Son Manuel de géographie (Hanovre, 1846-1847,' 2 vol., 5e édit.) a longtemps joui d'uu grand crédit en Allemagne. Outre plusieurs autres Guides et Manuels, nous citerons encore de lui : Manuel d'histoire {Hanovre, 1835, 2 vol.); Tableaux historiques pour l'enseignement scolaire et l'enseignement privé (Lunebourg, 1847-1854, 3 parties); Recueil des archives de la ville de Lunebourg (Lunebourg, 1865 et ann. suiv.) et diverses monographies sur l'histoire de la même ville.
VOLGEB (Georges-Henri-Othon), minéralogiste allemand, lils du précédent, né à Lunebourg en 1822. Il étudia les sciences-naturelles à l'université de Gœttingue, s'y fit recevoir, en 1847, agrégé de mineralogie.de géologie et de paléontologie, et devint, deux uns plus tard , professeur d'histoire naturelle au couvent de Mûri, dans le canton d'Argovie. En 1851, il fut appelé à une chaire analogue à l'école cantonale de Zurich', puis obtint le titre d'agrégé à l'université de cette ville. En 1856, il fut nommé professeur de minéralogie et de géologie au musée de Seiickenberg, à Francfoi t-sur-le-Mein , et occupa cette chaire jusqu'en 18G0, époque à laquelle il donna sa démission. L'année précédente, il avait fondé le Grand chapitre (Bochstift) libre allemand pour les sciences, tes arts et la ciuitisutian universelle, dont il est demeuré le directeur et où il fait des cours libres sur la géologie et la minéralogie. 11 est, en outre, propriétaire do plusieurs mines et a fait construire, de 1865 à 1868, à ses risques et périls, les fontaines destinées à approvisionner d'eau la ville de Francfort. Outre plusieurs manuels d'histoire naturelle et des monographies sur différents minéraux, on a de lui : Documents pour la connaissance géologique de la vallée de l'Allemagne du Nord (Gœttingue, 1846); Etudes sur l'histoire de la formation des minéraux (Zurich, 1854); Histoire de lu formation des minéraux de la famille des talcs (Zurich , 1855) ; la Terre et l'éternité (Francfort, 1857); lu Cristallographie (Stuttgard , 1855) ; Recherches sur les phénomènes des tremblements de teire en Suisse (Gotha, 1857-1858, 3 vol.), la Formation houillère de la Saxe (Gotha, 18GO); la Montagne de sel gemme de Lunebourg (Francfort, 1865), etc.
VOLGSK, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et à 137 kilom. N.-E. de Saratov, ch.-l. du district de son nom, sur la rive droite du Volga; 15,000 hab. Industrie assez active. Entrepôt des produits agricoles du territoire du district. Navigation importante sur le Volga.
VOLUYN1E (gouvernement de), division administrative de la Russie d'Europe, dans l'ancienne Pologne, entre les gouvernements
de Grodno et de Minsk au N,, de Kiev à l'E., de Podôlie au S., la Galicie autrichienne au S.-O. et le gouvernement de Lublin à l'E., dont il est séparé par le Boug. It mesure 405 kilom. de longueur de l'E. à l'O. et 270 kilom. de largeur du N. au S.; 78,200 kilom. carrés de superficie ; 1,550,000 hab. Chef-lieu, Jitorair. Le gouvernement de Vo- Ihynie présente un pays généralement plat, sillonné k l'O. par quelques collines qui font partie de la grande arête européenne séparant le versant de la Baltique de celui de la mer Noire. Les principales rivières qui l'arrosent sont : le Boug, qui forme sa limite occidentale, le Tétérev, le Horyn, le Sloutch, le Styr et tePripet. Au N., une bande du territoire est couverte par les marais de Pinsk. Les principales richesses minérales consistent en fer, kaolin, salpêtre, pyrite, grès et lignite. C'est un des pays les plus fertiles de la Russie ; le climat y est moins chaud qu'en Podolie et les fruits y mûrissent deux ou trois semaines plus tard.- On y récolte surtout du blé, du chanvre, du lin, et on y élève beaucoup de bestiaux et d'abeilles; on y compte 250,000 chevaux, 621,600 bêtes k cornes, 1 million de moutons ordinaires, dont 400,000 mérinos, 400,000 porcs et 25,000 chèvres. L'industrie locale a surtout pour objet la fabrication des toiles, de la potasse, la préparation des cuirs et la confection de quelques ustensiles en fer. Au point de vue administratif, il se divise en douze districts, qui portent les noms de leurs chefslieux.
VOLHYN1EN, IENNE s. et adj. (vo-li-niain, i-è-ne). Géogr. Habitant de la Volhynie, qui appartient à ce pays ou k ses habitants : iesVoLifYNitsNS, La population volhvnienne.
VOLIÈRE s. f. (vo-liè-re — rad, vol). Lieu ordinairement fermé de fils d'archal, où l'on élevé des oiseaux; grande cage ayant la même destination : Les volières du Jardin des plantes. Construire une volière dans son jardin. Il a une volière dans sa chambre. (àcad.) Il faut que la volière soit pourvue de vases destinés à contenir la boisson et la nourriture. (Parmeiuier.)
— Econ. rur. Réduit où l'on élève des pigeons : Les pigeons de volière sont les plus délicats. (Acad.) Un couple de pigeons est suffisant pour peupler une volière. (Gtiizot.)
— Ençycl. Les anciens déployaient un luxo prodigieux dans la construction de leurs volières. Nous allons rapporter ce que Yarron nous apprend à ce sujet dans le troisième livre de son ouvrage intitulé : De re rustica ;
« Nos ancêtres, dit-il, ne connaissaient d'autre volaille que des poulets et des pigeons, et ils n'avaient point de volières. Les poules et les poulets se promenaient dans la basse -cour, où on les engraissait. Quant aux pigeons, on les enfermait dans les greniers ou dans des étages élevés au-dessus de la villa. Aujourd'hui, on se sert de volière» auxquelles on donne le nom à'ornitbon et qui sont souvent plus grandes et plus spacieuses que des maisons de campagne. C'est là qu'on élève et qujou nourrit des grives et d'autres oiseaux. •
Varron distingue deux sortes de volières ; la volière utile, contenant des oiseaux de table, et ta volière d'agrément, contenant des oiseaux au brillant plumage ou au chaut harmonieux.
La volière utile avait la forme d'un carré long et elle était assez spacieuse pour renfermer plusieurs milliers de grives, de cailles, de merles, d'ortolans, etc. L'intérieur en était sombre, la porte peu élevée, les fenêtres rares pour ôter aux captifs la vue de la plaine et des oiseaux libres du dehors, ce qui, en leur inspirant le désir de jouir de leur liberté, aurait pu les empêcher d'engraisser. Les murs étaient revêtus d'un enduit trèslisse, pour fermer tout accès, dans l'intérieur, aux animaux nuisibles. De nombreux bâtons fixés aux murs servaient de perchoirs. A côté de cette volière s'en trouvait une autre plus petite, servant à enfermer les oiseaux morts, afin que le gardien pût rendre compte dos oiseaux qui lui étaient confiés.
Les volières d'agrément étaient de jolis pavillons, au milieu desquels se trouvait ordinairement une enceinte en filets renfermant des oiseaux.
Lsenius Strabo fut, dit-on, le premier qui construisit de ces volières; Lucullus l'imita eu augmentant l'étendue du filet. Enfin, Varron fit construire, dans sa campagne, une belle et grande volière dont il nous a laissé une description.
De nos jours , les volières sont moins luxueuses. Elles se composent d'une enceinte entourée de grillages et où l'on enferme des pigeons, des faisans, des perdrix, etc.
La position d'une volière doit être au levant ou au midi. On l'éloigné du fumier, des eaux croupissantes, des lieux de passage où il se fait du bruit.
Le grillage est en fil de fer ou en bois, et on lui donne toutes les formes et toutes les grandeurs.
Il y a de l'avantage k accoler les volières à un mur et à les couvrir en partie d'un toit, qui sert d'abri aux oiseaux. On y fait quelquefois passer un lilet d'eau courante.
Le sol d'une volière doit être entretenu dans un état permanent de propreté; c'est pour cela qu'il est sablé la plupart du temps.
On peut établir une volière très-commode
et très-économique, si l'on a a sa disposition une chambre ou même un simple cabinet suffisamment aéré et éclairé; on peut y laisser les oiseaux vivre eu toute liberté, pourvu qu'on ait eu le soin de fermer les fenêtres par un grillage en fil de fer. Il est bon d'y mettre quelques arbustes, dont la vue égaya les oiseaux et contribue ainsi k les maintenir en bonne santé. Dans le eas où l'on ne pourrait disposer d'une chambre entière, on peut faire entourer d'un treillage en fer la fenêtre, ou même simplement uu des côtés de celle-ci, à telle hauteur et largeur qu'on désire; on y adapte un fond en bois, et on laisse une porte au treillage; on peut même laisser dans la partie supérieure une ouverture, a laquelle on adapte une petite cage ouverte, où les oiseaux peuvent passer la nuit ou se retirer quand il leur plaît. Les habitants de cette petite volière s'y trouvent très-bien, surtout si l'on y place des arbrisseaux à feuilles persistantes, dont les branches leur servent pour se poser.
En général, on ne doit avoir dans une volière que des espèces granivores, les oiseaux exclusivement carnivores étant méchants pour les autres. « Parmi les habitudes intéressantes de certains hôtes d'une volière qui excitent l'attention des amateurs, dit F. Prévost, se trouve la manie d'entrelacer des fils entre les barreaux de la cage : le bec-decorail, le cap-more, le troupiale commandeur, l'ignicoloro ne laisseront pas un bout de (il que l'on attachera à un barreau sans le prendre avec le bec, former des nœuds avec leurs pattes et l'entrelacer. En plaçant quantité de fils de soie ou de laine de différentes couleurs, ils formeront très-artistement une espèce de tapisserie qui pourra couvrir la cage ; et, comme ces oiseaux travaillent ainsi à toute époque de l'année et sans être appariés, on ne peut attribuer au désir de faire uu nid l'instinct qui les porte à tapisser ainsi leur cage. Quand un oiseau est occupé avec le fi), il ne laisse pas approcher les autres. »
Les grandes volières rurales et de produit sont surtout consacrées à l'élèvo des pigeons dits de volière; mais on peut aussi les utiliser pour d'autres. Elles doivent être pourvues de nids, dont la nature et la forme varient suivant les circonstances locales , ainsi que de vases destinés à recevoir la boisson et la nourriture. Les premiers consistent en vases de grès à long col, renversés dans un vaisseau de terre fait exprès; les' seconds, en une sorte de trémie qu'on divise quelquefois en plusieurs compartiments, pour y mettre diverses espèces de graines.
VOL1GE s. f. (vo-li-je). Techn. Planche mince de bois de supin ou d'autre bois blanc.
— Adjectiv. Laites voliges, Celles qui portent les ardoises.
VOLIGEAGE s. m. (vo-li-ja-je — rad. voliger). Techn. Action de volieer; résultat de cette action : Le voligeagë d'un toit. Un voligeage bien fait.
VOL1GER v. a. ou tr. (vo-li-jé rad. volige. Prend un e après le g devant a et 0 : Il voligea; nous voligeons). Techu. Garnir de voliges : VOLliiKR un toit.
VOLIS s. f. (vo-li — rad. voler). Sylvie. Cime d'un arbre qui a été rompue et enlevée par le vent. Il On dit aussi volins et rompis.
VQLITION s. f. (vo-li-si-ou — latir, barbare uolitio, mot forgé par les philosophes, du latin volere, vouloir, qui est aussi une forme barbare pour vette). Philos. Acte par lequel la volonté se détermine : La Volition est l'acte spirituel par lequel le moi tend à une action dont il attend sa satisfaction. (Ed. Schercr.) Le caprice, c'est la VOLixion dénuée de tout motif. (Charma.)
— Encycl. V. VOLONTÉ.
VOLITIONNEL, ELLE adj. (vo-li-si-o-nol, è-le — rad. volition). Philos. Qui a rapport à la voliiion. 11 Peu usité.
VOLK (Guillaume) , écrivain mystique allemand, né à Berlin en 1804. Il entra dans la magistrature et, après avoir occupé différents emplois , devint, en 1838, conseiller de régence à Erfurt. Il s'occupa surtout do l'étude de la religion catholique, à laquelle il finit par se convenir, avec sa femme, en 1855. Outre des traductions allemandes d'ouvrages mystiques, tels que les Œuvres complètes de sainte Thérèse, la Cité mystique, da Marie d'Agreda; les Révélations spirituelles de sainte Brigitte, ou a de lui : les Vierges extatiques du Tyrol (1838), ouvrage «où, dit M. Vapereau , il essaye d'expliquer les phénomènes mystiques par des analogies tirées de la nature de l'àuio humaine; > Histoire de la littérature espagnole pendant le moyen âge; la Suède ancienne et moderne; Manuel de la littérature italienne ; Aveux d'un protestant; {'Apprentissage de la foi. Ces deux opuscules, qui, ainsi que las précédents, sauf les Vierges extatiques, ont paru sous le pseudonyme de Clurii*, ont eu beaucoup de retentissement et ont valu à leur auteur de nombreuses attaques de la part de ses anciens coreligionnaires.
VOLKACH, en latin Volmarchia , ville de Bavière, cercle de basse Fianconie, à 26 kilom. N.-E. de Wurtzbourg, sur le Mein, cheflieu du bailliage do ce nom; 2,5u0 hab.
VOLKamérie s. f. (vol-ka-mé-rl — de