‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 830 sur 1042 · VORT · texte numérisé non relu

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bibliothécaire de l'électeur de Brandebourg. Il résigna ces dernières fonctions à la suite des violentes querelles que lui avaient attirées avec les théologiens luthériens les opinions indépendantes qu'il professait sur le dogme de la cène. Nous citerons, parmi ses écrits : Philologiq sacra seu de hebraismis No»i Testamenti (Leyde, 1658) ; De latinitate falso suspecta deque lalina) litigvx cum germanica coiiveuientia (Berlin, 1665, in-8°) ; De lalinitate merito suspecta deque vitiisserinonis lalini, qus vulgo fere non animadverluntur (Berlin, 1669, in-8°); De lalinitate se~ tecla et vulgo fere neglecta (Berlin, 1718, in-8°); Veterum poelarurn latinorum poemala (Leipzig, 1675); Veterum poetarum gmcorum poemata (Francfort, 1692, in-8°), etc.

VORSTEHMAN (Lucas), peintre et graveur flamand, né à Anvers vers 1578, mort en 1640. Il étudia d'abord la peinture sous la direction de Rubens; mais, d'après les conseils de ce maître, il se voua bientôt exclusivement à la gravure, dans laquelle il acquit un talent remarquable. Après avoir travaillé longtemps dans sa patrie, il se rendir, en 1624, en Angleterre, où, pendant dix ans, il exécuta un grand nombre de planches pour Charles II et les principaux seigneurs de sa cour. On estime surtout celles qu'il a gravées d'après les artistes flamands, telles que la Déposition de croix d'après Van Dyck, les Sept péchés capitaux d après Adrien Brauwer, V Adoration des rois d après Rubens, etc. Il a aussi gravé un grand nombre de portraits d'après Van Dyck.

VORTEX s. m. (vor-tèks3 — mot lat. qui signif, tourbillon). Anat. Disposition de certains organes en cercles concentriques.

— Moll. Syn. d'HÉLiciGONE , section du genre hélice.

— Helminth. Genre de vers, du groupe des turbellariés.

VORTICELLE s. f. (vor-ti-sè-le — dimin.

du lat. vortex, tourbillon). Infus. Genre type de la famille des vorticelliens, comprenant plusieurs espèces, qui vivent dans les eaux douces ou marines, et dans les infusions animales ou végétales : La forme du corps des vorticelles est très-mobile et variable. (E. Baudement.) Les vorticelles ramifient indéfiniment leurs bouquets d'artifice sur la surface des tissus respiratoires aquatiques. (Raspail.) il On trouve aussi ce mot employé au masculin.

— Encycl. Les vorticelles, rangées autrefois parmi les infusoires, mais réunies aujourd'hui aux rotateurs, sont caractérisées par un corps presque pédoncule , contractile , se fixant spontanément; il présente, d'une manière plus ou moins distincte, trois divisions principales, qu'on a regardées comme une tête, un ihorax et un abdomen; il n'offre d'appendices bien apparents qu'aux deux extrémités; les appendices antérieurs, en forme de cils, sont réunis en faisceaux et produisent l'effet d'une roue, quand ils sont en mouvement; les appendices postérieurs sont simples et terminaux. La vorlicelle muguet, espèce type du genre, a la tête eampanulée et un pédoncule qui se tortille; on la trouve dans les eaux douces et salées. La vorlicelle rotateur, classée plus tard parmi les ureeolaires, est devenue le type du genre rotateur. Il y a encore d'autres espèces, assez mal déterminées.

VORTICELLIDE s. ta. (vor-ti-sèl-li-de — de vorlicelle, et du gr. eidos, aspect). Infus. Genre d'infusoires , formé aux dépens des vorticelles, et comprenant des espèces qui vivent dans la mer.

VORTICELLIEN, IENNE adj. (vor-ti-sèlli-aiti, i-è-ne — rad. vorlicelle). Infus. Qui ressemble ou tjui se rapporte au genre vorti celle. Il On dit aussi vortickllaire , vorti-

CELLÉ, ÊK et VORTICM.LIN, INE.

— s. m. pi. Famille d'infusoires, qui a pour type le genre vorlicelle.

VORTICIALE s. f. (vor-ti-si-a-le — du lat. vortex, tourbillon). Foram. Syn. de polystomelle.

VORTICIN, INE adj. (vor-ti-sain, i-ne — rad. vortex). Helminth. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre vortex.

— s, m. pi. Groupe d'helminthes, de l'ordre des turbellariés, ayant pour type le genre vortex.

VORTICULE s. m. (vor-ti-ku-le — dimin.

du lat. vortex, tourbillon). Philos. Petit tourbillon.

VORTIGËRN , penleyrn ou roi des tribus de la Grande-Bretagne, élu après le départ des. légions romaines sous Honorius (445). II invoqua le secours des Saxons pour lepousser les Pietés et les Ecossais et leur ilonna la province de Kent. Ces dangereux auxiliaires ne tardèrent pas à s'unir aux Pietés pour envahir le territoire des Bretons, et leur chef Heugist fit, pendant sept ans, une guerre acharnée à Vortigern. Vaincu, il eut recours k la trahUon ai lit égorger dans un festin tous les chefs bretons, k l'exception de Vortigern, qui ne recouvra la liberté qu'en cédant de nouvelles provinces. Ses compatriotes le crurent d'intelligence avec le chef saxon, lui donnèrent pour successeur Ambrosius Aurelianus, général d'origine romaine, mais né eu Bretagne, et l'assiégèrent dans son chà-

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teau de Cambri, dans l'incendie duquel il périt (485).

vos adj. poss. (vo). Pluriel du mot votre. V. ce mot.

VOS (Martin de), peintre flamand, né k Anvers en 1519, mort en 1604. Il alia perfectionner ses talents en Italie, mérita l'amitié du Tintoret , qui l'aida de ses conseils et l'employa aux paysages de ses tableaux. Plusieurs portraits qu'il fit pour les Mèdécis étendirent sa réputation dans toute l'Italie ; mais la perspective d'une fortune brillante ne put vaincre son désir de retourner à Anvers (1559), où l'Académie de peinture le reçut dans son sein. Parmi ses ouvrages les plus remarquables, on cite les Noces de Cana, Saint Thomas l'incrédule, Saint Paul piqué par une vipère dans file de Mytilène. Ce dernier tableau est au Louvre. La peinture de Vos a en général un aspect laiteux; mais plusieurs de ses tableaux ont une chaleur do coloris qui rappelle l'étiolé vénitienne.

VOS (Corneille de), peintre flamand, né à Hulst vers 1585, mort en 1651 Ml fut l'élève de David Remeeus et se lia d'une étroite amitié avec Snyders et avec Van Dyck. Il a imité à la fois la manière de ce dernier et celle de Rubens, et s'est surtout fait connaître comme peintre de portraits. Il exécuta aussi quelques tableaux religieux, parmi lesquels on cite : Saint Norbert recueillant les vases sacrés (1630); l'Adoration des mages, toile qui se trouve, comme la précédente, au musée d'Anvers; le Christ descendu de la croix, triptyque dans la cathédrale de cette ville, etc. On trouve, en outre, des œuvres de ce peintre aux inusées de Vienne, de Berlin et de Madrid.

VOS (Paul dk), peintre flamand, frère du précédent, né k Hulst vers 1590,'mort vers 1654. 11 travailla sous la direction de Remeeus et de Snyders, et excella surtout dans les sujets de chaise. Sa vie est peu connue; on sait seulement" que la plupart de ses tableaux lui furent commandés parle roi u'Espagne. On cite parmi les plus remarquables: Tuureau poursuivi par des chiens, Lévrier blanc, Combat de chats, toile qui se trouve, ainsi que les deux précédentes, au musée de Madriîl ; Cheval dévoré par des loups, au musée de Caen, etc.

VOS (Simon de), peintre flamand, né a Anvers en 1603, mort en 1676. Il n'était pas de la même ïamille que les précédents, mais il fut l'élève de Corneille de Vos et il doit surtout sa réputation à ce que des critiques modernes lui ont attribué plusieurs des œuvres de ce dernier. On ne connaît guère de toiles qui soient portées sous son nom dans les cutalogues des musées de sa patrie et de l'étranger; on croit cependant qu il est l'auteur d'une Résurrection du Christ que l'on voit au musée de Lille.

VOS (Jean), poète hollandais, né à Amsterdam, mort en 1667. Il exerçait l'état de vitrier et manquait de toute instruction littéraire lorsqu'il résolut d'écrire pour le théâtre. Plein d'imagination et de verve, mais dépourvu de guut et de style, il composa des tragédies dans lesquelles il s'affranchissait de toutes les règles et qui eurent néanmoins du succès. La vogue qu'il avait acquise lui valut d'être nommé un des directeurs'du théâtre d'Amsterdam. "Vos s'attacha à éloigner, par toutes sortes de vexations et d'intrigues, les auteurs dramatiques qui lui portaient ombrage et qui lui étaient supérieurs par le talent, notamment Vondel. Cette conduite mesquine et inspirée par une basse envie lui attira beaucoup d'ennemis. Parmi ses ceuvres,nous citerons :Aronet Ïïf«s(l641),- Médée et une farce intitulée Oene, dans laquelle il reproduisit les moeurs de la populace. Ses poésies ont été publiées k Amsterdam (1726, 2 vol. in-40).

VOSACAN ou VOSAKAN s. m. (vo-za-kan).

Bot. Nom vulgaire de l'hélianthe wultifiore.

VOSGES, en latin Vogesus mous, en allemand Vogesen et Wasyau, chaîne de montagnes de l'Europe occidentale, s'etendant entre la région orientale de la France et la province bavaroise du Palalmat. Les Vosges se développent du S.-O. au N.-E, sur une étendue de 250 kilom., depuis la source de la Muselle jusqu'à celle de la Lauter; l'extrémité septentrionale de la chaîne se continue au delà des frontières françaises sous le nom de Hardi et va projeter ses derniers contreforts jusqu'aux en virons de Mayence; elle constituait avec le Rhin la première ligne stratégique à l'E. de la France. La chaîne vosgienne forme un remarquable pendant à la chaîne parallèle de la forêt Noire, qui s'élève de l'autre côté du Rhin, enire le pays de Bade et le royaume deWurtamberg. Coinposée des mêmes roches et soulevée k la même époque géologique, elle commence et finit à peu près aux mêmes latitudes ; comme la chaîne allemande, elle olfresur ses pentes de magnifiques forets de sapins, tandis que les points culminants des deux chaînes sont simplement gazounés; enfin comme la forêt Noire, les Vosges dressent d'un coté, à l'E., leurs escarpements rapides au-dessus des campagnes si fertiles qu arrose le Rhin, tandis que de l'autre côté elles s'abaissent graduellement pour former un plateau accidenté de nombreuses chaînes de collines. Ces deux systèmes de montagnes présentent une

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telle analogie qu'on a pu les considérer comme les contre-forts extérieurs d'une chaîne aujourd'hui disparue qui, après avoir rempli toute la longueur <ie la vallée rhénane, se serait d'abord effondrée dans le sens de In longueur et que les érosions du fleuve auraient ensuite presque détruite entièrement, en laissant comme témoin les deux chaînes parallèles de l'Alsace et de Bade. La chaîne des Vosges commence en France, immédiatement au N. de la dépression de Belfort, qui donne passage k un canal, à une route et à une voie de fer et sert de grand chemin aux armées ennemies en temps d'invasion. Dès son origine la chaîne atteint une grande élévation et forme le Bœrenkopf (tête d'ours) haut de 1,005 mètres, puis le ballon de Servance et te ballon d'Alsace, auquel s'unissent au S.-E., un chaînon qui se relie au Jura ; et k l'O., les monts Faucilles faisant partie de la grande ligne dorsale européenne. Au N. de ce groupe de montagnes, formé de masses granitiques autour desquelles se sont déposées ues assises du grès vosgien, la chaîne se redresse encore au Boetchenberg et au ballon de Guebwiller , le géant des Vosges (1,426 met.); puis elle se maintient à une hauteur moyenne de 900 mètres en élevant ses cimes k 1,319 mètres, au Rolhenbach ; 1,366 mètres, au Hoheneck. Cette dernière muutagiie est une des principales des Vosges; c'est dans les vallons environnants que jaillissent les sources de la Aleurthe, de la Vologne et de la Moselotte, et que se trouvent les lacs charmants de Gérardmer, de Longemer et de Retourneiner. Au delk du Hoheneck, la chaîne s'affaisse un peu; cependant elle offre encore des sommets élevés, tels que le Champ-de-Feu (1,095 met.), le Grand - Donon ( 1,113 met. ) , le Droncey (1,024 met.); tOus"ces sommets sont situés, comme le ballon de Guebwiller à une certaine distance k l'E. de l'axe de l'arête centrale. Au - dessus de Saverae, les Vosges, composées uniquement de ce beau grès rose auquel on a donné le nom de la chaîne, ont à peine le caractère d'une arête de montagnes et forment une large dépression (428 mètres), où passe la grande route de Paris à Strasbourg. Au N. de cette di-pression les Vosges ne se relèvent que faiblement et atteignent k peine la hauteur de 500 mètres. Elles ne sont pius que le rebord accidenté et pitlorêsquement raviné du plateau de la Lorraine. Cependant dans le Palatinat, quelques parties de la chaîne vosgienne, qui porie dans cette contrée le nom de Hard, quelques reliefs dépassent cette limite, entre autres le mont Tonnerre.qui s'élève k 780 mètres au-dessus du niveau de la mer. Mais Ik comme en France lu chaîne présente les mêmes caractères géologiques et botaniques.

Cette importante chaîne donne naissance k un grand nombre de cours d'eau; de son versant oriental descendent la Thure, la Techt, la Bruche, la Lipvrette, la Mossig , la Zorn, la Moder, les deux Zintzel, le Surbach, la Lauter, la Queich, l'Eiss et le Selz, tributaires du Rhin. De son versant occidental découlent la Meurihe, la Sarre, l'Erbach, tributaire de la Moselle, et la Lan te ni affluent de la Nahe. Les montagnes des Vosges, qui ont donné leur nom k un département français, l'enferment de grandes richesses minérales dont les plus importantes sont des mines de fer, d'argent, de cuivre et de plomb; des carrières de marbre, de porphyre, du schiste, du gypse et de nombreuses pétrifications de végétaux.

Voigei avant l'histoire (LES), par M. Félix Voulût (Mulhouse, 1SÎ2, gr. in-4°, avec pi.). Dans ce remarquable et curieux ouvrage, fruit de longs travaux et de patientes investigaiions, l'auteur s'est attaché à étudier les traditions , les institutions, les usages, les idiomes, les armes, les ustensiles, les habitations , les cultes , enfin les types de race des habitants primitifs des Vosges. Ce livre comprend deux parties. Dans la première , M. Voulot a donne près de cent dessins, exécutés par lui d'après nature, avec des descriptions explicatives , destinées k les compléter. Dans la seconde , il a exposé les déductions tirées de ses recherches, et a émis l'opinion que des peuples préhistoriques avaient longtemps séjourné dans les Vosges. Le résultat de fouilles opérées par lui dans un grand nombre de lieux divers lui a révélé l'e.istence d'ustensiles et d'instruments appartenant k l'âge de la pierre polie, et il a émis l'hypothèse que les Pélasges avaient habité les Vosges, où ils avaient laissé les traces de leur présence dans de nombreux et curieux monuments. Parmi les parties les plus intéressantes de cet ouvrage nous citerons celles qui ont trait au celt, et à l'ascia, considérés comme symboles dans l'antiquité ; k la légende du Kar, k l'origine de quelques enceintes antiques des Vosges, aux fouilles pratiquées au mont Odile; enfin la partie qui traite des langues, des hiéroglyphes et des cultes preni^-toriques vosgien.s. Quelques-unes des hypothèses émises par M. Voulut semblent coinesiables; mais le savant et ingénieux auteur des Vosges avant l'histoire a avoué de la meilleure giâce du monde qu'il ne les présentait que comme des hypothèses et qu'il ne leur attribuait ■ qu'une valeur toute provisoire, prêt k les sacrifier dès qu'on saura les remplacer avec avantage. »

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VOSGES (département des), division administrative de la région orientale de la France, formée en 1790 de la partie méridionale de la province de Lorraine et tirant son nom de la chaîne de montagnes qui accidente sa superficie. Ce département confine au N. aux départements de la Meuse et de Meurthe-et-Moselle; à l'E.,k l'Atsace-Lorraine; au S., aux départements de la Haute-Marne et de la Haute-Saône; et enfin a l'O. à celui de la Hnute-Marne. Sa plus grande longueur de l'E. k l'O. est de 132 kilom. et sa plus grande largeur d'environ 66 kilom. ; son périmètre est évalué à 544 kilom. Superficie, 607, 996 hectares, dont 256,533 en terres labourables; 85,176 en prairies naturelles; 5,022 en vignes; 2,167 en autres cultures arborescentes; 29,558 en pâturages, landes et jruyeres ; 229,540 en bois, forêts, étang*, :hemins, cours d eau, etc. An point de vue idministratif, ce département est divisé en cinq arrondissements: Epinal, chef-lieu; Mireeourt, Neufchài eau, Remiremont, Sain t-Dié; il comprend, d'après le recensement de 1872, 30 cantons, 531 communes et 392,988 hab. Un nouveau canton, celui de Provem-hère a été créé en 1873 et la loi du 31 mars 1873 a rattaché k ce département la commune Je Raon- SUr-Plaine, rétrocédée a lu France par la convention du 31 mars 1873. Il forme le diocèse de Saint-Dié, suffragant de Besançon ; il ressortit à la cour d'appel de Nancy , a l'académie de Nancy, à la neuvième conservation des forêts.

Le département des Vosges présente un pays élevé, presque entièrement montagneux, appuyé a l'E. au faite de la chaîne des Vosges, qui le traverse au N.-E.;. sillonné au S. et de l'E. k l'O. par une chaîne secondaire qui porte le nom de monts Faucilles, et qui sert de trait d'union entre les Vosges et le plateau de Langres, séparant ainsi de ce côté le bassin du Rhin de celui du Rhône. A un point de vue général, ce département peut se diviser en deux régions, celle de la montagne et celle de la plaine,! La première, qui comprend la partie orientale du département, est couverte , dit l'auteur de la Géographie des Vosges, de montagnes élevées, abruptes, de massifs boisés et séparés entre eux par des gorges étroites, bordées de rochers k pic, et par des vallées profondes et irrégulières, dont le fond est occupé par des torrents aux eaux rapides, et qui revêtent les aspects les plus variés. Sur las versants et dans les bas-fonds s'étendent souvent des pâturages tout parsemés de pierres grises. » Le sol de cette région se compose de terres ingrates et sablonneuses qui ne produisent qu'à force de soins et dont les praii ies fout la principale ricliesse. La région de la plaine, qui occupe la partie occidentale du département, otire des plateaux peu élevés, des vallées assez étendues, très-ouvertes, presque plaies, et quelques coteaux dont les vignes produisent d'assez bons vins. Elle présente un sol calcaire plus ou moins mélangé d'argile, lequel produit assez abondamment toutes les denrées nécessaires à la vie. Les points culminants des Vosges sont : le Huhreck (1,366 met.); le Rotaback (1,319 met.) ; le ballon d'Alsace uu de Girouiagny (1,250 met.); le Brrsoir (1,231 met.); le Grund-Veniron (1,209 met.); le Drumont (1,208 met.); Je Rossberg (l,196 mèi.); le ballon de Sei vanee (1,)89 met.); les planches des Belles-Filles (1,150 met.); le Mulchren (1,128 met.); le Champ-de-Feu (1,095 met.), et le Bœrenkopf (1,005 met.). Les montagnes des Vosges donnent naissance k un grand nombre de rivières qui arrosent et fécondent le dépurtement; les plus importantes sont; la Moselle et ses affluents, la Vière, le Durbion, le Modon, la Vologne et la Sarre; la Meurthe, la Saône, la Meuse, la Saurelle, le Vair et la Viaine. On y tiouve de nombreux étangs et plusieurs lacs, parmi lesquels ceux du Gérardmer, de Longemer, tJe Ketournemer, de Blaiichemer, du (JoVbeau, etc. La région des lacs du Cumberland en Angleterre jouit, connue pittoresque, d'une grande réputation; la région des lacs des Vosges mériterait au moins de l'égaler. (Jette région, qui comprend les lacs de Retoimiemer, de Longemer et de Gérardiner et les vallées environnantes, offre plusieurs belles cascades qui bondissent encadrées entre des rochers sourcilleux et des arbrea séculaires. Le département ' possède de nombreuses et célèbres sources minérales; nous citerons celles de Plombières, Contrêxeville, Saint-Vallier, Bussang et Sainl-lJié. Dans ce département, le soussol appartient en grande partie au terrain triasique et au grès vosgien ; seuls, les arrondissements de Saint-Dié et de Remiremont appartiennent au terrain agalysien; la granit s'y montre à nu. Comme richesses minérales les Vosges renferment des mines de plomb argentifère, de zinc, de manganèse et de cuivre, des mines de fer, des dépôts de bouille et de terre à faïence, des carrières de marbre, de pierre à bâtir, de pierre k cliaux.de porphyre, serpentine, granit, gneiss, grés blanc et bigarré, etc.

Les montagnes des Vosges, couvertes de neige une partie de l'année, ont une grande influence sur la température du département, dont les différentes parties sont plus ou moins froides, sèches ou humides, selon qu'elles sont plus rapprochées ou plus éloignées des sommets des montagnes. En général, le climat y est plutôt humide que sec. La

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neige y dure, année commune, environ cinq semaines. Les limites extrêmes du thermomètre sont de — 18° à -f 30° centigrades. Les vents dominants sont ceux du N.-N. -E., pendant les mois de. juin, juillet et août>, du S.-O., pendant les mois de septembre, octobre et novembre. Le département des Vosges, depuis quelques années, est en progrès au point de vue agricole; le sol n'y est par lui-même que d'une médiocre fertilité, mais l'irrigation y a produit des résultats merveilleux, dont aucun autre département peutêtre ne présente d'exemple. " On peut dire, écrit k ce sujet M. de Lavergne, que la meilleure économie rurale de ces montagnes consiste à avoir la moitié en bois et l'autre moitié en prairies. ■ Les Vosges sont le département le plus boisé de France; les forêts y occupent un tiers de la superficie ou 219.009 hectares. Dans la partie montagneuse, le sapin, le hêtre et l'épicéa dominent; dans la plaine c'est le hêtre, le chêne, le charme, l'érable et le bouleau. Le produit des forêts domaniales est évalué k 2,625,000 fr., et celui des forêts communales k3, 660,000 fr. Le pin, le sapin et l'épicéa sont «ne des richesses de l'agriculture vosgienne. On les abat k l'âge d'environ cent ans et on les débite en planches que la Saône d'abord, le Rhône ensuite transportent jusqu'à la Méditerranée. Le sapin de Lorraine est trèsestimé pour la menuiserie et la charpente. La culture arable tend à se restreindre chaque jour davantage. Le blé, le seigle, le sarrasin, l'orge, la pomme de terre sont les principales cultures. On y fait venir, en outre, du houblon, du tabac, de la gentiane, de l'angélique, et beaucoup de fruits. On y cultive en grand le merisier pour la fabrication du kirseh, le lin, le chanvre et les graines oléagineuses. Les vignes y donnent annuellement 200,000 hectolitres d'assez bons vins. La plaine des Charmes est renommée pour Sa fertilité. Le terrain y est difficile k travailler, en raison de sa grande ténacité. Les terres légères des environs d'Epinal doivent au voisinage de cette ville d'être estimées k une grande valeur. Bu côté de l'est la nature accidentée du sol laisse peu de place à la culture arable, k peine un quart ou un cinquième du sol. On utilise les eaux pour l'irrigation par une disposition en terrasses, avec planches bombées, qui est très-ingénieuse. Pour compléter ce travail et le rendre parfait, il n'y aurait qu'à drainer pour faire écouler les eaux et k donner, de temps en temps, quelques fumures. Les animaux domestiques y sont nombreux, comme dans tous les pays de pâturages. Les chevaux y sont petits, mais assez bien conformés, sobres, robustes et pleins de vigueur; les bêtes à cornes, de petite espèce ; les vaches fournissent du lait qui sert k fubriquer d'excellents fromages dans ies régions montagneuses. Les porcs y sont aussi en grand nombre et on y trouve"beaucoup de chèvres, de volailles et de nombreux essaims d'abeilles. On compte 65,000 chevaux, juments ou poulains; 150,000 animaux de l'espèce bovine ; 100,000 de l'espèce ovine ; 95,000 de l'espèce porcine; 25,000 de l'espèce caprine. Aux environs de Gérardmer on fabrique des fromages connus sous le nom de vachelins ou fromages de Géromè, par corruption du nom de Gérardmer. Chaque vache donne en moyenne par an 200 kilogrammes de ces fromages pressés et crus, disposés en pains de S k 5 kilogrammes. Le lait des vaches de Gérardmer est assez riche, mais peu abondant. Les fromages sont vendus quinze k vingt jours après leur fabrication. On fait peu d'élèves; quelques veaux seulement sont vendus k l'âge de trois k quatre mois pour les boucheries de Nancy ou de l'Alsace.

Les loisirs forcés de l'hiver sont utilisés par la population agricole k diverses industries annexes de l'agriculture, telles que. la fabrication du kirsch au Val-d'Ajol et aux environs de Plombières; la fabrication des dentelles à Nancy; la papeterie k Docelles, Arches et Archette; la coutellerie k Bruyères, Neufchâteau, Plombières; la métallurgie k Framont, Bazoilles, Rebauvois, Sionue, Villouxel; la quincaillerie à Kontenay-le- Châtean, Saint-Dié, Plombières; la filature et le tissage du coton et du lin k Bruyères, Rambervillers, Neufchâteau, Saulxure; la poterie à Bulgnéville; les instruments de musique k Mtrecourt, Sauville; la verrerie, la boissellerie, la fabrication des sabots, des couvertures de laine, etc.

L'industrie cotonnière est la plus importante du département des Vosges. On y compte près de 400,000 broches et 15,000 métiers. On y trouve aussi des filatures de laine, plusieurs fabriques d'images k Epinal, des verreries, féculeries, scieries hydrauliques , fabriques de dentelles, broderies , distilleries , huileries, tanneries-, ateliers de grosse serrurerie, chaudronnerie, plomberie ; fabriques de papiers peints, amidon, vermicelle, etc.

Ces diverses industries trouvent aujourd'hui un écoulement facile de leurs produits par de nombreuses voies ferrées livrées k la circulation et auxquelles viendront s'enjoindre d'autres actuellement en cours d'exécution.

Le commerce a principalement pour objet l'exportation du blé , fécules , pommes de terre, bestiaux, chevaux, planches, bois de construction, tuiles, briques, verres, faïence,

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couverts en fer battu, ouvrages en fer poli, fromages dits de Géromé, œufs, beurre, etc. Les articles d'importation sont surtout les vins, eaux-de-vie, huiles, houille, cotons, fils, etc.

Voagea (piacb des), ancienne place Royale, située au Marais, k Paris, entre la rue Saint- Antoine et la rue des Vosges. Elle fut commencée en 1604, par ordre de Henri IV, sur une partie de l'emplacement occupé jadis par 1 hôtel des Toumelles, qui servait alors de marché aux chevaux. Henri IV fit construire k ses frais tout le côté qui borde la rue Saint- Antoine et le pavillon qui fait face à la rue de Birague. Les trois autres côtés, distribués par portions égales de terrain, furent cédés k des particuliers moyennant un éeu d'or de cens, k la charge par eux de bâtir sur un plan symétrique et de n'élever que des habitations en tout semblables d'aspect extérieur à celles que le roi avait fait bâtir. Elle reçut en 1605 la dénomination de place Royale et fut terminée en 1612. Cette place se compose d'un terrain carré d'une superficie de 12,834 mètres, environné de constructions symétriques en brique «t pierre détaille, divisées en trente-einq pavillons à balcons, fenêtres hautes, mansardes et toits d'ardoises. Tout autour de la place et sous ces constructions court une galerie cintrée k piliers solides. Cette galerie, du côté de la place, est décorée d'un ordre toscan, sans entablement ni corniches. Deux pavillons principaux y donnent accès , l'un ouvre sur la rue de Birague, l'autre du côté opposé; ces pavillons, qui se font face, sont beaucoup plus importants que les autres. Le passage est ménagé au-dessous par une voûte assez haute etk arcade triple , une pour les voitures , deux pour les piétons. Ces pavillons sont décorés de pilastres d'ordre dorique, couronnés d'un entablement composé, au-dessus duquel s'élèvent deux étages surmontés d'un grand comble.

La place des Vosges proprement dite se composait autrefois d'un carré placé au centre, planté d'arbres, fermé par une grille, autour de laquelle une chaussée pavée de 40 pieds de largeur servait de voie publique. Cette grille fût posée sous Louis XIV, en 1685, et elle coûta 35,000 livres. C'est au milieu de l'enceinte plantée d'arbres que Richelieu, le 27 septembre 1639, fit élever la statue équestre de Louis XIII, renversée à l'époque delà Révolution et k laquelle a fait place depuis celle qu'on voit aujourd'hui.

L'ancienne statue offrait k peu près le caractère de l'actuelle. Louis XIII, en Romain, • en chlamyde, casque en tête, une main sur les rênes, étendait l'autre en signe de commandement. Sauf le casque , l'oeuvre actuelle, on le voit, reproduit à peu près l'œuvre ancienne. La figure, de Biard tils, était d'ailleur;,- médiocre. Seul, la cheval , œuvre de Ricciarelli, avait de la valeur.

Le premier grand souvenir historique qui se rattache k cette place, c'est le carrousel qu'y donna la reine Marie de Médicis en 1612 ( deux ans après l'assassinat de Henri IV) pour célébrer la double alliance de la France et de l'Espagne,

Sous le terrible ministère de Richelieu et malgré l'édit contre les duellistes, la place Royale devint le rendez-vous k la mode pour les rencontres de ce genre. Le 12 mai 1627, k deux heures de l'après-midi, le comte de Montmorency-Bouteville et le comte de Deschapelles s'y battirent en duel avec Bussy d'Amboise et le marquis de Beuvron. Bussy fut tué roide par Deschapelles, qui s'eufuit ainsi que Bouteville; mais Richelieu tes lit poursuivre; atteints aux environs de Nancy, ils furent ramenés, à Paris, condamnés à mort et exécutés en place de Grève , malgré les protestations de la noblesse. Quelque temps après eut lieu un autre duel , non moins célèbre, entre le duc de Guise et Coligny. Le premier était petit-fils du Balafré, le second petit-fils de l'amiral. < Monsieur, dit Guise en mettant rlainberge auvent, c'est aujourd'hui que nous allons régler les vieilles querelles de nos deux maisons, i Et il le tua.

La place Royale devint bientôt le quartier k la mode. Les habitations qui la bordent furent le séjour de tout ce que Paris avait de Elus grand en noblesse ou en illustration. ,es Rohan, les d'Aligre, les Rotrou, les Guéméné y logeaient; le numéro 21 actuel, depuis habité par Vietor Hugo, qui ne le quitta que pour l'exil, était la demeure de la célèbre Mariou Delorme. Tout le xvue siècle a défilé place Royale, véritable faubourg Saint-Germain de l'époque : Corneille, Condé, Marion,' saint Vincent de Paul, Molière, Turenne, Ma10 de Longueville, de Thou, Cinq- Mars, Richelieu 1 A l'époque de la Révolution, elle était encore habitée par le due de Richelieu (le cardinal s'y était fixé, après avoir fait don a,u roi du Palais -Royal), M. d'Ormessou, le prince de Talmon, le marquis de Tessé, l'évéque de Verdun , le marquis de Nicolaï, le comte de Chabot, le comte de Chabannes, etc.

A la Révolution commencent les vicissitudes de la place et peu à peu son abandon. Un arrêt de la Commune, du 19 août 1792, ordonna que la place Rt/yalô prendrait k l'avenir le nom de place des Fédérés. Le 4 juillet 1793, elle reçut le nouveau nom de place de l'Indivisibilité. Enfin , un article du 17 ven-

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tôse an VII, appliqué par le ministre de Fin térieur le 26 fructidor an VIII, déclara que le nom du département qui, au 20 germinal, aurait payé la plus forte partie de ses contributions serait donné k la principale place de Paris; le département des Vosges l'ayant emporté sur tous les autres, comme n'ayant pas d'arriéré , la place Royale devient la place des Vosges.

A la rentrée des Bourbons, un arrêté préfectoral du 27 avril 1814 lui rendit son nom primitif. Une ordonnance du 14 février 1816 ordonna, en outre, le rétablissement de la statue k la place centrale, occupée depuis 1792 par une fontaine. La statue nouvelle, d'une médiocre valeur, fut érigée sous le règne de Charles X. Le roi est l'œuvre do Cortpt, le cheval celle de Dupaty. Le piédestal est, comme la statue, en marbre blanc, Louis XIII en costume antique, une main étendue, tnais la tète nue, domine la place. La révolution de 1848 débaptisa la place Royale, qui prit de nouveau le nom de place des Vosges ; l'Empire (1852) lui rendit son premier nom, qui a disparu encore une fois après la révolution du 4 septembre 1870. La place des Vosges, abandonnée par le beau monde, est fréquentée aujourd'hui surtout par les bonnes d'enfants. On y remarque de belles avenues d'arbres, des bassins et des massifs de fleurs.

v'oSGIEM, IENNE s. et adj. (vo-sjî-aîn, i-è-ne). Geogr. Habitant des Vosges,; qui appartient aux Vosges ou k ses habitants : Les Vosgiens. Les monls vosoiens. La population

VOSGIENNK. Patois VOSGIKN.

VOSG1TE s. f, (vo-sji-te — rad. Vosges)- Miner. Syn. de labradoritb.

VOSKBES5ENSK, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et k 46 kilom. N.-O. de Moscou, sur l'Istra; 1,800 hab. Fabrication de poteries. Grande foire annuelle. C'était k l'origine un pauvre village, que le patriarche Nikon acheta pour le couvent ;de la Nouvelle-Jérusalem qu il y bâtit en 1636, • sur le plan de l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

VOSNE, village et commune de France (Côte-d'Or), cant. de Nuits, arrond. et k 19 kilom. de Beaune, sur la côte de Nuits ; 540 bab. On y récolte d'excellents vins rouges. A part l'es premières cuvées, qui appartiennent k la première classe des v'ius de Bourgogne, les autres viennent en seconde classe. La vigne a été cultivée dans ce pays dès la plus hante antiquité. Au moyen âge, les vignobles de Vosne étaient en pleine production, puisque nous voyons, en 630, le duc de Bourgogne Amalgaire faire don k i abbaye de Bize des fonds de vignes qu'il y possédait, donation qui fut continuée en 650 par L'iotaire. En 1246, Ponce de Blaisy donna ses vignes de Vosne au prieur du lieu; Simon de Vergy légua k l'église de Saint-Denis, dont il était chanoine, ses vignes situées près des précédentes, k Vosne. C'est sur le tenitoire de Vosne que l'on trouve les Mal-Consorts, anciens pâtis couverts de ronces et de broussailles qui na furent convertis en vignobles que vers 1610; la Grand'Rue, les Varoilles, cantons très-considérables, qui offrent nécessairement quelques variations dans leurs produits, en raison de leur étendue et de leur exposition. C'est sur ce même territoire que se rencontrent les crus dont la Bourgogne se glorifie; 1k est la Tâche, la Romanée-Conti, les Richebourgs, etc.

VOSS (Jean-Henri), critique et poète allemand, ne k Sommersdorf (Meckleinbourg) le 2û février 1751, mort k Heidelberg le 30 mars 1826. H fut élevé k l'école de Neu-Brandebourg par les soins d'amis généreux et inotitra de bonne heure de grandes dispositions pour l'étude de la littérature grecque et pour celle de la poésie allemande. Encore sur les bancs de l'école, il traduisit en vers allemands plusieurs pofites de l'antiquité-La misère de ses parents ayant interrompu le cours de ses études, il entra, vers 1769, comme professeur particulier, chez un gentilhomme des environs de Peiizlin. U s'y lia avec un vieux ministre protestant fort lettré, auquel il dut de connaître Shakspeare. Quelques poésies qu'il publia dans VAlmaimcft des Muses attirèrent l'attention de ce dernier, qui lui fit obtenir l'entrée gratuite k l'université de Goettingue et lui procura, en outre, des leçons. Voss, pouvant dès lors se livrer k son goût pour 1 étude, s'adonna tout entier k la philologie, qui l'attirait tout particulièrement. U suivait les cours du savant Heyne au séminaire philologique et faisait ^partie de la Société des amis, de Gcettingue, destinée k faire connaître la poésie nationale. Ce fut là la cause de sa brouille avec Heyne, qui, trouvant l'étude de la poésie incompatible aveu celle de la philologie, finit par lui refuser l'entrée de son séminaire. Voss accepta, sans trop se plaindre, cet arrêt un peu sévère et, s'étant lié avec Klopslock et Claudius, succéda en 1774 k Boie dans la direction de l'Atmanach des Muses, dont il changea le. titré en celui d'Anthologie. En 1775, il abaudouna Goettingue pour se fixer d'abord k Hambourg, puis à Waudsbeck, où il se maria avec Tu sœur de Boie. Enfin, il se rendit dans le Hanovre, où il fut nommé recteur du collège d'Otterndorf. Il «ntreprit alors sa traduction

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en vers de l'Odyssée, dont il fit paraître divers fragments dans des recueils périodiques, outre des commentaires sur l'Ile d'Ortygie et sur l'Océan des anciens. La traduction complète parut eu 1781. Cependant, comme sa santé déclinait pur suite de la rigueur du climat, Frédéric de Stolberg, son ami, lui fit obtenir au collège d'Eutin, dans le duché d'Oldenbourg, une place équivalente à celle qu'il occupait à Otterndorf. De 1781 à 1785, il traduisît, pour se délasser, la version française des Mille et une nuits en allemand. Pendant le long séjour qu'il fit à Eutin, il publia successivement une traduction de l'Hymne à Cérès (1797), que venait de découvrir Ruhneker, puis une traduction allemande des Géorgiques de "Virgile (1789-1800) et les deux traductions de l'Iliade et de l'Odyssée réunies (1793, 4 vol.). En 1795, Voss, qui n'avait jamais abandonné son goût pour la poésie, publia une délicieuse pastorale, Louise, divisée en trois chants et qui a servi plus tard d'inspiration au grand Goethe pour son Hermnnn et Dorothée. Elle a été traduite en français pur Griffet de La Baume (Paris, an IX, iii-12). Il composa ensuite des Idylles, qui ont été publiées avec ses poésies complètes en 1802 et en 1825. Voss répondit, en outre, aux attuques que Heyne avait dirigées contre lui dans plusieurs notes de son Virgile par une brochure Sur le style et sur l'interprétation de Virgile (1791); et, dans ses Lettres mythologiques (Kœnigsberg, 1794, 2 vol. ; Stuttgard, 185!*, 3 vol., 2e édit., revue et augmentée), il combattit vivement les doctrines que son ancien maître émettait sur la mythologie antique dans son Manuel mythologique.

Il continuait en même temps ses travaux critiques sur l'antiquité, parmi lesquels nous citerons ses commentaires sur les Eglogues de Virgile (1797) et sur les MétaTnorphoses d'Ovide (1799), ainsi qu'un examen complet de l'œuvre de Virgile (1799). En 1802, "entant sa santé s'affaiblir, il résigna les fonctions qu'il occupait à Eutin et vint habiter Iéna, où il vécut dans le calme le plus parfait à l'aide d'une pension de 600 thalers que lui servait le duc de Holstein. Cependant il accepta, en 1805, uW chaire à Heidelberg. Il s'y remit à ses traductions d'auteurs anciens, parmi lesquelles il faut mentionner encore celles d'Hésiode et des Argouautiques d'Orphée (1806), d'Horace (1806', ï \ol.), de Théocrite, Bion et Moschus (1808), de Tibulle (1810), d'Aristophane (1821, 3 vol.), des Phénomènes et des Signes d'Aratus (182-1) et de Properce (1830). «Un grand service, dit M. Philarète Chasles, a été rendu à l'Allemagne par les traductions de Voss; il l'a familiarisée avec le monde antique par la représentation fidèle du style et du génie des anciens. Dans ses traductions se reflètent, reproduits comme dans un miroir fidèle, la forme métrique, les détails les plus minutieux d'expression et d'idée, les inversions et jusqu'aux moindres traits de l'auteur ancien. C'est un calque. En lisant Voss, on s'étonne de la faciliti: avec laquelle il répète l'empreinte exacte de la poésie grecque et latine. Voss est le poète qui a donné k l'hexamètre le plus d'harmonie et de précision. Ce rhy tbme, inoins monotone que notre alexandrin, devient sous la plume de Voss une véritable richesse que l'on ne saurait trop envier aux Allemands. •

Voss était fermement attaché à la religion protestante. Aussi il n'avait pu voir sans indignation la conversion de son ami Stolberg au catholicisme; plusieurs autres conversions qui eurent lieu à la même époque l 'alarmèrent, et, pour s'opposer au nouveau courant religieux qui semblait vouloir s'introduire en Allemagne, il écrivit, en 1819, un article, imprimé dans le Sophronizon sous ce titre : Comment Frédéric de Stolberg est devenu illibéral, et un pamphlet intitule : Confirmation des coupables menées de Stolberg. Il y attaquait sou ancien ami avec une telle violence, que l'on a été jusqu'à prétendre que la chagrin qu'on éprouva Stolberg abrégea ses jours.

La même année (1819), Creuzer publia sa Symbolique, qui était destinée en partie à développer les doctrines de Heyne. Voss n'avait pas oublié son ancienne polémique avec ce dernier, et il était peu disposé à laisser échapper l'occasion de la recommencer. 11 se mit à l'œuvre aussitôt et écrivit son Anti- Symbolique (Stuttgard, 1824-1826,2 vol.), où il s'attachait k réfuter toutes les opinions de Heyne sur l'antiquité mythologique. Mai^ il ne sut pas s'abstenir de personnalités contre son adversaire, et, de tous côtés, on blâma la violence de son langage. Creuzer ne lit aucune réponse, mais Woifgaug Menzel publia, sous ce litre»: Voss et la Symbolique (tituugard, 1825), une brochure spirituelle et mordante qui flagellait vivement le critique intolérant. A quelque temps de là, Voss mourut subitement d une attaque d'apoplexie.

Outre les ouvrages que nous avons mentionnés au cours de cette notice, on a encore de Voss : Dissertations sur la géographie ancienne, publiées en 1790 dans le Musée allemand et en 1804 dans la Gazette littéraire d'ifna; Lettres critiques sur Gcetz et Ramier (Muiiheiin, 1809) ; les Œuvres dramatiques de Sliukspeare (Leipzig et Stuttgard, 181S-1829, 9 vol.), traduites par Voss en collaboration avec deux de ses fils, Henri et Abraham ; '•'euilles critiques, suivies de Dissertations géographiques (Stuttgard, 1829, 2 vol.) ; Let-

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très de Jean-Henri Voss, avec supplément explicatif (Halberstadt, 1829-1833, 3 vol.) ; Ilemarques et gloses sur les Grecs et les Romains (Leipzig, 1838). Le recueil des œuvres poétiques de Voss, qui avait été publié pour la première fois à Hambourg (1785-1795, 2 vol.), a été plusieurs fois augmenté et réédité par l'auteur lui-même, en dernier lieu un an avant sa mort (Kœnigsberg, 1825, 4 vol.). Il en a été publié encore une autre édition à Leipzig en 1835.

VOSS (Henri), littérateur allemand, fils aîné du précédent, né à Otterndorf en 1779, mort en 1822. 11 fit ses études philologiques à Halle sous la direction de Wolf et fut nommé en 1804 professeur au gymnase de Weiinar, où Gœihe et Schiller l'accueillirent avec une grande bienveillance et l'admirent dans leur société habituelle. En 1806, il suivit à Heidelberg, comme professeur de philologie, son père, qu'il aida dans ses traductions d'Aristophane et de Shakspeare. Dans ses dernières années, il s'attacha, avec un respect et une affection qui tenaient de la passion, à Jean-Paul Richter, qui le destinait à être l'éditeur de ses œuvres posthumes. Mais le jeune savant précéda son vieil ami dans la tombe. Sa traduction d'Eschyle, qui fut en partie terminée par son père, ne parut qu'après la mort deçà dernier (Heidelberg, 1826). Ses Lettres (Heidelberg, 1833-1S3S), parmi lesquelles on remarque surtout sa Correspondance avec Jean-Paul et ses Communications sur Goethe et Schiller, prouvent qu'il possédait toutes les qualités du fils et de l'ami, du professeur et de l'écrivain. L'éditeur de ces lettres fut son frère, Abraham Voss. Celui-ci, né à Eutin en 1785, mort en 1847, devint en 1810 professeur au gymnase de Rudolstadt, habita ensuite plusieurs années à Heidelberg, où il aida aussi son père dans ses travaux littéraires, et obtint en 1821 une chaire au gymnase de Kreuznach. On a de lui un ouvrage posthume, intitulé . les Femmes poètes de l'Allemagne (Dusseldorf, 1848).

VOSS (Jules DE), littérateur allemand, né à Brandebourg en 1768, mort en 1832. Il suivit pendant quelques années la carrière militaire et y renonça plus tard pour se consacrer k la littérature. Il écrivit beaucoup pour le théâtre, mais ses pièces sont en général assez médiocres, et leur seul mérite, c'est de retracer assez fidèlement les mœurs de la société berlinoise dans les premières années de ce siècle. On a de lui: Comédies (1807 - 1813); Petits romans (1810 et années smv., 11 vol.); Vingt-cinq pièces de théâtre (1822) ; Nouvelles comédies (1823, 2 vol.); Tragédies (1823).

VOSSBERG (François-Antoine), numismate et archéologue polonais, né dans le grandduché de Pusen eu 1800. Pendant la guerre contre la France en 1815, il servit, comme volontaire, dans l'artillerie prussienne, entra ensuite dans l'administration des finances et devint en 1828 conseiller de chancellerie à Berlin. Il est membre d'un grand nombre de sociétés savantes de l'Allemagne et de la Société archéologique de tjainl-Pétersbourg. Il s'est surtout occupé de recherches relativesà la numismatique et k la sphragistique des provinces et des villes qui appartinrent d'abord aux chevaliers teutoniques et passèrent ensuite sous la domination de la Pologne. Les travaux qu'il a publiés sur ces matières peuvent être considérés comme entièrement originaux, car ils reposent sur des documents extraits de sources inexplorées jusqu'à ce jour. Outre un grand nombre de mémoires insérés dans les Feuilles pour lanumismalique, la sphragistique et l'héraldique de Kcehu, on a de lui : Histoire des monnaies et des sceaux des grandes villes de Prusse d l'époque de l'ordre Teutonique (Berlin, 1841, in-4°j ; Histoire des monnaies et des sceaux de la Prusse à l'époque de l'ordre Teutonique (Berlin, 1843, in-4°, avec 20 planches); Histoire des monnaies de ta ville d'Elbing (Berlin, 1844, in-8<>); Histoire des monnaies de la ville de Thoru (Berlin, 1845, in-8°); les Etendards de l'ordre Teutonique et de ses «Mes (Berlin, 1849, in-S°); Histoire des monnaies de la ville de Danlziy (Berlin, 1852, in-4«J ; Collection de sceaux et de cachets du moyen âge polonais, lithuaniens, silésiens, pomérauiens (Berlin, 1824, in-4u, avec 25 pi.) ; Armoriai des vitles du grandduché de Posen (Berlin, 1866, in-4°, avec 145 gravures).

VOSSE s. m. (vo-se). Marnin. Espèce de blaireau de Madagascar.

VOSS1E s. f. (vo-sî — de Voss, savant allem.). Bot. Genre de plantes, de la famille des graminées, tribu des rotibœlliée», dont l'espèce type croît dans les eaux douces du Bengale.

VOSSIUS (Gérard), théologien et érudit hollandais, né vers le milieu du xvi« siècle, mort en 1609.6a vie est peu connue, et on l'a souvent confondu avec Gérard-Jean, dont la biographie suit. On sait seulement qu'il passa plusieurs années en Italie et qu'il eu explora .les bibliothèques, où il recueillit des copies et des extraits des ouvrages de plusieurs Pères de l'Eglise. Ou a de lui : Rhetoricx urtis methodus per qu&stiones (Louvatïl, 1571, in-8°); Commentaire sur le songe de Scipion (Rome, 1575, in-8°) ; quelques discours de saint Jean ChrySostome, texte grec et traduction latine en regard (Rome, 1580, 3 vol. in-4°) ; Gesta et monumenta Gregorii papas IX

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cum scholiis (Rome, 1586); la première édition des œuvres de saint Ephrem (Rome, 1589-1598, 3 vol. in-fol.).

VOSSIUS (Gérard- Jean), célèbre littérateur, érudit, philologue hollandais, né près de Heidelberg en 1577, mort en 1649. Son père, originaire de Ruremonde, était ministre d'une église réformée dans le Palatinat, lorsque, ayant refusé d'adopter la doctrine de Luther sur l'eucharistie^ ii fut expulsé par l'électeur et se vit obligé de revenir en Hollande, où il mourut eu 15S4. Vossius, demeuré orphelin à l'âge de sept ans, fut élevé à Uoidrecht, suivit plus tard les cours de l'université de Leyde et, en 1600, fut nommé directeur du collège de Dordrecht. Appelé quinze ans plus tard à la direction du collège théologique de Leyde, il perdit ce dernier emploi au bout de quatre ans, pour avoir fait une sorte d'apologie des remontrants dans Son Histoire du pélagianisme (1618), qui fut mieux accueillie en Angleterre et valut k son auteur les bienfaits de Charles Ier. Vossius essaya cependant de calmer ses adversaires, les gomaristes, par quelques rétractations, et reçut, en 1633, à 1 Académie d'Amsterdam une chaire d'histoire, qu'il conserva jusqu'à sa mort. Vossius s était marié deux fois, et de ses deux femmes ii avait eu dix enfants, qui étaient tous admirablement doués, à tel point que Grotius disait du père qu'il contribuait à l'ornement du siècle par sa race autant que par ses livres, et qu'on ne savait s'il était plus habile écrivain qu'heureux père : Scriberetne accuratius , an gigneret f'elicius. Cinq de ses fils se firent connaître par des travaux littéraires; mais un seul, Isaac, lui survécut (v. les articles suivants). Nous citerons, parmi les ouvrages de Vossius : Commentarii rketorici siveinstitutionum oratortarum libri VI (Leyde, 1606, in-4°); Ithetorica contracta (Leyde, 1606, in-8") ; Thèses théologies et hisloricm de variis doctrin&christian$ capitibus (Leyde, 16 15, in-40); Historiés de conlrocersiis quas Pelagius ejusque reliquis moverunt libri VU (Leyde, 1618, iu-4u); De rhetoricX natura atque constitutione (Leyde, 1622, in-8»); Ars historica (Leyde, 1623); De historicis grxcis libri IV (Leyde, 1624, in-4<>); De historicis latinis libri III (Leyde, 1627, in-40; ; Aristarchus sive de arte grammatica (Amsterdam, 1635, in-12); De cognitione sut (Leyde, 1640, in-12); De theologia gentili et physiologia christiana (Amsterdam, 1641, 2 vol. in-4<>); De artis poetics natura et constitulione (Amsterdam, 1647, in-4»); Poelicarum institutionum li-, bri III (Amsterdam, 1647, in-40); Etymologicon UnguB latins (Amsterdam, 1662, in-fol.) ; Epistols (Londres, 1690). Le recueil complet des œuvres de Vossius a été publié à Amsterdam (1695-1701, 6 vol. in-fol,).

VOSSIUS (François), poëte hollandais, fils du précèdent, mort à la Haye en 1646, où il exerçait depuis seize ans la profession d'avocai. On a de lui • Carmen de Victoria navali duciu M. R. Trompii porta (Amsterdam, 1640, in-fol.), poème où il célèbre une victoire de l'amiral Troinp.

VOSSIUS (Matthieu), historien hollandais, frère du précédent, mort en 1646. Il s'adonna à l'étude des annales de sa patrie et fut nommé historiographe des états de Hollande et bibliothécaire d'Amsterdam. On a de lui des Annales Hollandix Zelandiseque, qui furent terminées par son frère Isaac (Amsterdam, 1645-1646, 4 part, in-4» ; 1680, in-4»).

VOSSIUS (Denis), frère des deux précédents, né en 1612. mort en 1633. Dès l'âge le plus tendre, il montra de telles dispositions pour l'étude, qu'à quatorze ans il s'était rendu familières les langues grecque et hébraïque et connaissait la plupart des idiomes de l'Orient et des langues modernes. Sa ré pytaiion de savoir était si bien établie, qu'en 1632 on lui offrit une chaire a l'université de Dorpat. Mais il la refusa pour conserver son indépendance et se préparait à visiter la Suède, lorsqu'il mourut subitement. On a de lui : Paneyyricus ad Fred. Hearicum, Arausionensium principem (Amsterdam, 1633, in-4°) ; Concitiator sioe de convenientia locorum sancts Scripturs (Amsterdam, 1633 , in-4°), traduit de l'espagnol de Manassès ben-Israel; Belgarum aliarumque gentium annales (Leyde, 1633, in-fol.), traduit du hollandais, d'Everard de Reid, elDe idolotatria (1641), d'après l'hébreu, de Maimonide. Il avait aussi écrit sur les Commentaires de César des remarques qui ont été insérées dans une édition de cet ouvrage (1697, in-fol.). — Un quatrième frère, Gérard Vossius, ne en 1620, mort en 1640, publia une édition annotée de Velleius Patei'culus (Amsterdam, 1639, in-12).

VOSSIUS (Isaac), littérateur et érudit hollandais, frère des précédents, né k Leyde en 1618, mort en 1689. Dès l'âge de vingt et un ans, il publia une édition du Périple de Scylax, avec une version latine et des notes, refusa la chaire d'histoire laissée vacante par la mort de son père, fut attiré en Suède par la reine Christine, qui le nomma bibliothécaire et maître de littérature grecque. Les accusations calomnieuses de iSaumaise, et peut-être des infidélités pécuniaires dans des achats de livres, le rirent disgracier. Eu 1670, il alla se fixer en Angleterre, où il reçut un accueil honorable de Charles II, qui le nomma chanoine de Windsor. Louis XIV lui fit aussi

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