‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 858 sur 1042 · V. Dbvuez · texte numérisé non relu

V. Dbvuez

VU1LLAUME (Jean-Baptiste), luthier français, né en Belgique vers la fin du siècle dernier. Il vint se fixer à Paris et s'adonna à la fabrication des violons. M. Vuillaume s'est placé au premier rang des luthiers de notre époque par la perfection des produits sortis de sa maison, par les travaux et les études qu'il a faits pour obtenir des violons digues d'être comparés à ceux des grands luthiers de l'Halle. Afin de reproduire les types du genre, il a inventé une machine destinée à façonner les tables et les fonds des instruments. Ses produitsontoblenu de nombreuses récompenses aux expositions, notamment à celles de 1887, de 1834, de 1839, de 184*, à l'exposition universelle de Londres, en 1851, et à celle de Paris, en 1855, où il a remporté une grande médaille d'honneur. M. Vuillaume a reçu, en 1851, la croix de la Légion d'honneur.

VC1LLEFROY (Charles - Amédée), administrateur français, né à Soissons en 1810. Il fit ses études de droit à Paris, et entra, à vingt-deux ans, au conseil d'Ktat comme auditeur. Auditeur de première classe en 1834, maître des requêtes en 1837, il remplissait ces fonctions lorsqu'il fut élu, par l'Assemblée constituante, conseiller dEtat en 1848. Réélu par la Législative, il fit acte de complète adhésion au coup d'Etut du 2 décembre 1851, et conserva ses fonctions dans le nouveau conseil d'Etat, en 1 852. Quelques années plus tard, M. Vuillefroy devint président de la section de l'agriculture etdes travaux publics, membre du conseil supérieur du commerce, de l'agriculture et de l'industrie, et membre du comité consultatif des

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chemins de fer. Appelé à siéger au Sénat, en 1863, il reçut, deux ans plus tard, la croix de grand ol'hcier de la Légion d'honneur. Atteint d'une maladie assez grave, il ne prit que peu de part aux travaux du Sénat, et rentra dans la vie privée après la révolution de septembre 1870. On lui doit, entre autres écrits : Principes d' administration (1837, in-80), avec Monnier; Traité de l'administration du culte public (1842, in-8°).

VUUI.EM1N ou V1LI.EM1N (Jean), médeciu et littérateur français, né à Arbrds, dans le comté de Bourgogne, vers 1540, mort vers 1605. Il fit sesétudes à Paris, et se livra ensuite dans sa province k la prutique de son art avec un tel succès, que des écrivains du temps lui donnent les noms ù'Esculape lourguigon et ù'Hippocrate séquanais, Il s'adonna, en outre, a la culture des lettres, et se fit une certaine réputation comme poète latin. On a de lui : Mistoria betti quod cum hmreticis rebellibus gessit, anno 1567, Claudia de Turaine, domina Turnonim (Paris, 1569, in-40), poème historique en vers latins, qui a été traduit en français par Belleforest, sous ce titre . Discours de la brave résistance fuite aux rebelles, l'an 1567, par jl/me de Tournon, comtesse de Itoussillon, nommée Cl. de Turaine (faiïs, 1569); Discours sur le trépas de François de Vigy, chevalier de la Toison d'Or et gouverneur du comté de Bourgogne (Dôle, 1592).

VHITASSB (Charles), théologien français, né it Chauuy en 16S0, mort en 1716, Reçu, en 1690, docteur en Sorbonne, il devint, en 1596, professeur de théologie à Paris et occupa cette chaire jusqu'en 1714, époque à laquelle son refus de se soumettre à la bille uingeuitus le fit exiler à Noyon. Il demeura cependant à Paris et se tint caché jusqu'à la mort de Louis XIV, auquel il ne suivécutque quelques mois. On a de lui un Traité de la Pâque ou Lettre d'un docteur de Surbonne touchunt ce sujet (1695, in-12), ouvrage qui souleva de nombreuses critiques, auxquelles l'auteur répondit pur trois lettres insérées, en 1S96 et 1697, dans le Journal des savants. C'est Vuitas.se qui eut le premier l'idée d'établir Une maison de retraite pour les prêtres âgés et infirmes, et qui provoqua, en 1700, la fondation, dans ce but, de la communauté des prêtres de Saint-Frauçois-de-Sales.

VUITBY (Adolphe), administrateur et homme politique français, né en 1812. Son père, député de Sens, lui fit étudier Je droit. Inscrit comme avocat au barreau de Paris, il fut attaché, eu 1831, au ministère delà justice et des cultes en qualité de chef de la première section de l'administration 'des cultes, emploi qu'il quitta en 1848 pour devenir maître des requêtes au conseil d'Etat. M. Vuitry^ continua ces fonctions après la révolution de 1848, devint sous-secrétaire d'Etat en 1851, et rentra l'année Murante, en qualité de conseiller, au conseil d'Etat, où U reçut peu après la présidence de lu section des finances. En 1863, M. Vuitry succéda à M. de Germigny comme gouverneur de ia Banque de France, ii reçut, cette même année, le titre de vice-président honoraire du conseil d'Etut, quitta la Banque en 1864 pour devenir ministre président le conseil d'Ktat, et fut chargé de la lourde tâche de défendre, comme commissaire du gouvernement, la politique désastreuse de l'Empire. Nommé grand-croix de lu Légion d'honneur eu 1867, sénateur en juillet 1869, M. Vuitry rentra dans la vie privée après la révolution de septembre 1870. Kn 1S62, l'Académie des sciences morales et politiques l'avait appelé à faire partie de ses membres. Dans ces dernières années, il a employé ses loiiirs à l'étude du régime financier de la France, notamment -jous les premières ruces.

VUK STEPHANOV1TSCH KÀRADJ1TSCII,

poste serbe. V. Kaiudjitsch.

VUKASSOV1CI1 (Philippe, burori de), général autrichien, né dans ia Slavonie en 1755, mort en 1809. Il posa les bases de sa réputation militaire en 1789, pendant la guerre de Turquie, où il commandait un corps franc qui lit éprouver de grandes pertes à. l'ennemi. Il servit ensuite contre les Français en Itulie et, parvenu au grade de général, eut le commandement d'un corps d'armée sous les ordres de Beaulieu et Wurmser, Après la bataille du Mincio, il se jeta dans Aiantoue avec un corps de 5,000 hommes, livra plusieurs combats sous les mttrs de cette ville et, lorsque Wurmser s'y fut enfermé à son tour, seconda ce général dans sa résistance jusqu'au jour où il se décida à, capituler. Vukassovich continua à servir avec distinction en Italie jusqu'en 1809, époque à laquelle il reçut une blessure dont il mourut peu après.

VUKODLACKs. m. (vu-ko-dlak). Superst.

Nom que l'on donne aux vampires chez les Morlaques,

VUKOVAR, ville de l'empire d'Autriche, dans 1 Esclavouie, eomitat et k 40 kilom. S.-E. d'Essek, à 220 kilom. S. de Bude, sur la rive droite du Danube et au coniluent de la petite rivière de la Vuka; 5,600 hab. Education de vers à soie ; pèche et commerce actif.

VULCAIN s. m. {vul-kain — du nom du dieu du leu chez les Romains). Poétiq. Ouvrier qui travaille le fer :

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' Un affreux serrurier, laborieux vulcain. Qu'éveillera bientôt l'ardente eoif du gain...

BOII.EAU

— Alchim. Nom donné au soufre par les alchimistes.

— Entom. Nom vulgaire d'un papillon du genre vanesse.

VULCAIN, en latin Vulcanus, en prec Hephaistos, dieu du fe"u et des volcans, fils de Jupiter et de Junon, ou, suivant d'autres mythologues, de Junon seule, jalouse d'imiter son époux, qui avait conçu Minerve dans son cerveau. Comme il naquit laid et diiforme, sa mère, dans tin dépit de vanité, le précipita du haut de l'Olympe. Il tomba dans l'Ile de Lemnos, et resta boiteux de sa chute. Il établit des forges dans les IlesLipari et sous l'Etna. C'est là qu'avec les cyclopes it forgeait le fer, travaillait les métaux, et fabriquait ces ouvrages merveilleux célébrés pur les poètes : les foudres de Jupiter, les armes d'Achille et d'Enée, le bouclier d'Hercule, le sceptre d'Agameinnon", le collier d'Hermione, etc. Jupiter lui donna pour épouse Vénus, dont il punit les nombreuses infidélités en l'enfermant dans un filet avec Mars, son amant, aux regards de tout .l'Olympe. On a remarqué la singulière ressemblance de son nom avec celui de Tubal-Caïn, qui fut, suivant la Bible, le premier homme qui travailla les métaux. Le culte de Vmcain semble originaire de l'Egypte; il était répandu en Grèce, en Sicile et en Italie.

Tel est sommairement le mythe vulgaire de Vulcain. Nous allons maintenant donner quelques développements sur sa double physionomie hellénique et latine. ,

Les premiers Grecs, ainsi que les Aryas, avaient divinisé la flamme du sacrifice; ils adoraient comme un dieu le feu sacré, qui était en même temps celui du foyer domestique. Cependant Hephaistos est, à l'origine, la personnification du feu considéré comme l'agent immédiat de la création. Zenon le stoïcien définissait la nature • un l'eu artiste qui procède méthodiquement à la génération. ■ Hi-phaistos était aussi le grand organisateur, le grand artisan de l'univers. De même, dan3 la mythologie védique, Agni, le feu (ignis), est transformé graduellement en un dieu créateur et conservateur de l'univers. Une autre analogie s'oifre avec le dieu védique Twachtri, personnification delà foudre, dieu démiurge et créateur et, par suite, comme Hephaistos, patron et prototype des artisans.

Le culte d'Hëphaistos ne paratt pas avoir été général dans la Grèce primitive, et si ce n'est k l'Olympe, où il eut un autel et où il avait été transporté à une époque que l'on croit postérieure, on n'en découvre aucune trace dans- le Péloponèse. Il conserva une grande importance dans les mystères de Samothrace, et c'est de Lemnos, son siège principal, qu'il fut, dit-on, apporté à Athènes, où son temple se trouvait au delà du Céramique. De Lemnos et de Samothrace, il aurait rayonné dans quelques autres îles, telles que Naxos et.la Crète.

Dans la mythologie d'Hésiode, apparaît un personnage qui otfre nvtsc Hephaistos, dieu du feu, père des arts et personnification des artisans, certains rapports : c'est Prométhée. Mais ce génie de l'humanité, à la légende duquel est associé Hephaistos dans Eschyle, n'a rien de cette résignation aux volontés du maître qui fait le fond du caractère du vieux dieu.

Dans les diverses fables que VIliade et YOdyssée contiennent sur ce dieu, il est far cile de reconnaître une forme particulière du feu, c'est-à-dire la foudre. Hephaistos est assimilé à la foudre lorsqu'il devientl'accoucheur de Jupiter, c'est-à-dire qu'il l'ait sortir Alhénè ou l'air pur, le ciel bleu, du fond du ciel chargé de nuages. Il descend alors sur la terre en zigzag, avec la démarche d'un boiteux.

Dans l'Iliade, Hephaistos épouse Charis, la grâce elle-même ; dans la Théogonie d'Hésiode, Aglœa, la plus jeune des Charités, ce qui signifie l'alliance de l'art et du fioùt; dans 1 Odyssée apparaît l'idée naturaliste : Hephaistos épouse Aphrodite, la grande puissance génératrice. De cette union mal comprise, on tirait dès lors les fables qui racontaient Jes mésaventures maritales du dieu. De l'union significative d'Hëphaistos avec Athènê, on fit naître Pandore, la source des biens et des maux pour les mortels.

Hephaistos est, dans Homère comme aux temps primitifs, le dieu du feu, le grand artisan, le forgeron céleste ; il partage avec Athénè l'honneur d'avoir enseigné les arts aux hommes ; il est tombé, vis-à-vis des grandes divinités de l'Olympe, dans un rôle de véritable infériorité et comme de servitude. Le poète décrit au long son atelier, où il travaille sans cesse pour le compte de Jupiter et de tous les dieux. Là sont forgés et le lit de Zeus, et sou sceptre, et son trône, et la cuirasse de Diomède,etlacoupe du roi de Sidon, et les armes d'Achille. La poésie et l'art représentèrent encore Hephaistos comme ayant lorgé une cuirasse et taillé une raas- Bue pour Hercule.

Le culte d'Hëphaistos ne prit, au reste, presque aucun développeinentdans la Grèce; il n'y jouait guère que le rôle d'un héros, d'un demi-dieu qui passait pour auteur des merveilles de l'art, et, a ce titre, il est mis

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plusieurs fois en rapport avec Prométhée, comme nous l'avons vu dans Eschyle, On lui attribuait plusieurs des chefs-d'œuvre do l'industrie conservés dans les temples, et dont l'origine se perdait dans la nuit des temps. On lui prêtait même la fabrication des premiers vaisseaux.

Le retour d'Hëphaistos au ciel, ramené par Diyousos qui l'a enivré, est un des sujets les plus habituellement représentés sur les vases. Un bas-relief en marbre du musée de Berlin réprésente Zeus le précipitant du ciel.

■ L'art, dit fort bien M. Jlaury, présente la preuve des altérations que subit le type d'Hëphaistos. Dans les œuvres d'ancien style, le dieu apparaît comme un jeune homme imberbe, sans coiffure, nu et de formes athlétiques; son port ne décèle en aucune façon cette claudication si célèbre dans la légende. Ce défaut physique est, au contraire, de plus en plus marqué sur les monuments postérieurs, et à mesure que l'on redescend le cours des âges, on voit sa figure perdre davantage de Snn idéal. Elle offre un type plus vulgaire, une taille plus ramassée, une poitrine plus large, des bras et des épaules plus robustes, des formes, en un mot, plus massives et plus anguleuses; son front s'arrondit, ses cheveux tombent en abondance par derrière sur ses épaules. On lui donne, comme aux cyclopes et aux oabires, le pileus ou calotte spbérique,le vêtement court, les tenailles et le marteau; tout, dans les représentations d'Hëphaistos, contribuait à rendre ce dieu plus ridicule que respectable; son infirmité, > es images de petites dimensions et d'aspect bizarre que l'on suspendait au foyer domestique comme amulettes, ses deux chutes des cieux> et même son-retour dans l'Olympe... Les monuments, les vases peints surtout, nous offrent fréquemment ces objets singuliers, dont le sens naturaliste disparaît sous le trivial de la représentation que la beauté de l'exécution ne saurait racheter. •

La personnification de Vulcain, chez les Latins, diffère de celle de Ve'sta en ce qu'il est le dieu de la force physique, du feu qui intervient pour donner la vie, mais aussi pour détruire, tandis que Vesta est la déesse du foyer, do la vie domestique.

Le nom de Vulcain s'écrit primitivement sous la forme Volcanus ; celle de Vulcanus est de date plus récente. On nelui a pas trouvé, jusqu'à ce jour, d'étymologie satisfaisante. Le nom de Mulciber, qu'il porte quand on l'adore comme divin forgeron, s explique beaucoup mieux ; on le rapporte à mulcere, car c'est son influence qui amollit les durs métaux pour les plier aux usages de l'homme.

Dans les vieilles légendes, Vulcain apparaît, tantôt comme un dieu destructeur, tantôt comme un dieu bienfaisant, quelquefois aussi comme le dieu qui anime et qui crée, parfois même comme un dieu du foyer. C'es.t ainsi que, dans la légende de Preneste, Cseculus, le fondateur de la ville, pusse pour un fils du dieu du feu, trouvé près du foyer do la ville. D'après la légende latine et romaine, Servius Tullius est aussi un fils de Vulcain, qui apparaît à celte occusion dans la flamme du foyer comme lare familier du palais des Tarquins. Plus lard, pendant le sommeil de Servius, on voit une flamme éclatante briller autour de sa tête et de ses cheveux.

Vulcain recevait comme épouse la vieille déesse latine Maia, qu'on adorait à Rome sous le nom de Maia Valcani, et à qui, le l«r mai, le flamine de Vulcain offrait un sacrifice,

Vulcain, dieu du feu dévorant et destructeur, est considéré tantôt comme celui à qui l'on voue ce qui doit être brûlé, tantôt comme celui qub commande aux incendies, et par conséquent qui peut en préserver. Dans le premier cas, il est souvent un dieu de la guerre, grâce à cet ancien usage qu'on avait en Italie de brûler, sur le champ de bataille même, une partie du butin. D'autre part, on avait généralement l'habitude d'invoquer le même dieu pour se préserver des incendies : on mettait les maisons Sous sa protection en inscrivant sur leurs murailles toutes sortes de formules. L'Ëtrurie dut, avec ses superstitions, avoir une grande influence sur celte partie du culte de Vulcain. A Rome, on adorait à côté de lui une déesse, Stata Mater, préservatrice des incendies, protectrice des places et des rues, qui arrêtait le feu et préservait les maisons de ses désastreux ravages. Le premier exemple d'une image de cette Stata Mater qu'on vit à Rome était sur Je Forum, et elle y fut mise après le pavage de cette place par Cotta ; son culte se propagea rapidement dans tous les quartiers de la ville. Plus tard, Auguste joignit sur le Foruu'i, à la statue de Statu Mater, celle de Vulcain, et l'inscription indicatrice nous en est parvenue ; on fit de même dans le reste de Rome et dans les provinces. C'est par des . motifs de ce genre qu'on préférait établir au dehors des villes les temples de Vulcain, considérés comme dieu des incendies. En effet, le seul temple de Vulcain qui existât à Rome était dans le champ de Murs, probablement non loin du cirque Flamiiilus, où se célébraient aussi, le 23 août, les jeux des vulcanalia.

Ce qui estresièsurtoutfâmeuxdans l'odyssée matrimoniale de Vutetttu, ce sont ses infortunes conjugales, et le fumeux filet dans

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les mailles duquel il sut envelopper les amants coupables:

• Fst-cc que M. de Talleyrand n'est plus aussi rusé que jadis, quand, nouvel Hephaistos, il prit le puissant dieu de la guerre lui' même dans ses mailles de fer si habilement forgées? » (H, Heine.)

« En achevant son récit, que je compris par ses gestes, l'infortunée se mit à pleurer. Les larmes d'une femme ont toujours fait Sur moi une vive impression -, je me sentis ému ; je pris les mains de l'esclave, et je les serrai dans les miennes. En ce moment, le vent qui soufflait avec violence renversa la tente sur nos têtes, ire qui me rappela, d'une manière asses grotesque, la fable rie Murs et Ve'ims pris dans les filets de Vulcain. » (J. Arago.)

i Durant huit jours entiers , il tenta l'analyse de sa plante pour arriver à connaître son nom; il n'y put réussir. Dans le chaos de tant de mots étranges, rejeté d'un système à l'antre, égaré au milieu de cette lourde et vaste synonymie, véritable filet de Vulcain qui couvre la botanique d'un réseau comme pour cacher se» charmes, il consulta vainement tous ses auteurs et nnit par maudire ses guides infidèles. » (Saintine.)

Vulcain. Iconogr. Les représentations antiques de Vulcain sont assez rares. Au musée des Studj, une peinture provenant de F'ompéi et 'une mosaïque trouvée à Herculauum ie représentent forgeant les foudres de Jupiter avec l'aide des cyclopes; une autre peinture nous le montre lia vaillant aux armes d'Achille en présence de Thétis. Une intaiile qui a été publiée par Fricorini et par Millin nous le fait voir forgeant un bouclier devant Minerve qui est debout, armée de sa lance et appuyée sur son propre bouclier; derrière la déesse, un casque est posé sur un cippe. Le Louvre possède un petit buste de Vulrain en bronze, qui a été trouve à Sens; le dieu a toute sa barbe et est coiffé d'un bonnet conique; son épaule gauche est couverte d'un péplum • la partie inférieure du buste est entourét>dun feuillage.

Les artistes modernes n'ont pas flatté le dieu du feu et des forgerons ; ils lui ont généralement donné des traits pleins de rudesse.'uue barbe noire, des cheveux crépus, un teint fauve, un torse musculeiix et des jambes contrefaites. Un groupe de pierre symbolisant le Feu et composé des figures de Vulcain et de deux cyclopes a été sculpté par Erard, Magnier et Drouilly pour la décoration d'un des pavillons du château de Versailles. F. Rude u sculpté un buste de Vulcain pour le palais du roi à Bruxelles. Suivant ce que nous apprend Vasai i, Raphaël fit pour son compatriote Antonio Battiferri, premier notaire apostolique, plusieurs dessins qui, par iillusion au nom même de ce personnage (batteur de fer), représentaient Vulcain forgeant les flèches de l'Amour et les cyclopes fabriquant la foudre de Jup'uer. Ces compositions devaient èire peintes a fresque par Vinceiizo da Saii-Geniiniano sur la façade de la maison du notaire, dans le Bourg du Vatican. Une seule nous a été conservée grâce à la copie que Jules Romain en a faite dans un précieux petit tableau qui est au Louvre, grâce aussi h l'estampe d'Agosiino Veneziano: elle nous muntre le dieu de Le m nus apportant à Vénus les flèches qu'il a forgées pour Cupidou ; la dresse, que son époux tient par la taille, est assise à 1 entrée u une espèce de tente; elle emplit de traits le carquois de son fils, qui est debout devuutelle et qui prépare son arc; quatre Amours, complètent la composition; deux sont à droite et présentent à Vénys une corbeille pleine de fleurs; dans le fond, on entrevoit une forge dont un cinquième Amour attise le feu. Le tableau de Jules Romain a appartenu au célèbre banquier Jabach, qui le vendit au roi deFratice; h a figuré longtemps, dans la galerie de Versailles; il a été gravé dans le Musée français par Ernest Muraee, dans le Musée J''it/wl par Ph. Boutrois et dans les recueils de Laudon et de Filhol. M. Villot est d'avis que la composition, connue l'exécution, est tuut entière de la nmiii de Jules Romain; le Louvre a, d'ailleurs, le dessin lave et rehaussé de blanc, qui a servi à l'exécution même de cet ouvrage et qui est, à n'en pas Uouter, de la main de Jules ; mais, ne pourrait-on pas supposer que ce dessin iiiëu.e fut fait par l'élève d'après un croquis du maître? L'estampe d'Ag'iStino Venez. ano, datée de 1530 et qui est tout û fait conforme au tableau du Louvre, porte ces mots : lïaph. Vrb. dum viveret t'tiuen.

Au Louvre encore est un tableau de l'Albane intitulé le Itepos de Vénus et de Vukain ; la déesse est à demi couchée sur un lit de repos, à l'ombre de grands arbres entre lesquels un rideau est iendu; devant elle, au premier plan, Vulcain est étendu à terre et s'appuie sur son marteau. Deux Amours présentent a la déesse, qui sourit, ufle cible sur laquelle se dessine un cœur et que deux flèches ont percée; au pied du lit, deux autres Amours sont occupés à éprouver un arc et une flei'be; k gauche, un bambin ailé aiguise un truit sur une meule uoul un de ses eamaraues tourne la manivelle, tandis qu'un autre, voltigeant au-dessus de cette meule, verse de l'eau d'un vase pour faciliter le rémoulage j ceci se passe à l'entrée d'une grotte ou une forge est installée ; un Amour

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tire le cordon du soufflet et deux autres entourent une enclume sur laquelle ils forgent des flèches. Enfin, dans une riante prairie entourée d'ombrages, d'autres petits guerriers de Cythère décochent des traits contre une cible semblable à celle qui est présentée à Vénus. Dans le haut du tableau, à droite, Diane et deux de ses compagnes, portées sur un nuage, semblent contempler avec des yeux inquiets l'activité de tous ces jeunes vauriens. Ce tableau a été gravé par B. Audran, par Baudet et dans les recueils de Laudon et de Réveil. Le musée de Dresde possède aussi un tableau de l'Albane qui représente Vénus et Vulca'in se reposant dans un paysage où des Amours s'exercent à tirer de l'arc: ici, le dieu s'appuie familièrement sur les genoux de son épouse.

Au inusée des Studj est une cornaline gravée, du xv« siècle, qui représente Vulcain forgeant les foudres de /imiter. Le même sujet a été gravé par (Jonielis Bos, en 1546, d'après Martin van Heemskerk; il a été retracé aussi dans un tableau qui est au musée dft Madrid. Velazquez a peint Apollon révélant à Vulcain l'infidélité de Vénus ; le dis de Latone n'a pas ici les attributs de grâce et de beauté dont la poésie l'a investi; mais Vulcain et les cyclopes, ses sombres compagnons, sont superbes. « Le divin forgeron, dit M. Stirling, est retracé, tel que nous le montre Homère, étourdi de la nouvelle de son déshonneur; son regard a une expression de colère et de douleur; Je marteau pend k son côté, le fer se refroidit sur l'enclume; l'espoir, l'idée de la vengeante n'est pas encore venue le consoler; les trois cyclopes occupés autour ,de lui et celui qui, derrière eux, souffle les fourneaux ont également suspendu leur travail; leur physionomie exprime la curiosité; leurs yeux, grands ouverts et éblouis, contemplent l'étranger céleste; ils avancent leurs tètes que couvre une chevelure épaisse ; ils sont avides d'apprendre le scandale qu'il annonce. Ce tableau, peint à Rome' par Velazquez,'est aujourd'hui au museo del Rey; il a été gravé par Glairon en 1798 et lithographie par Joliivet.

Un tableau de Boucher, qui est au Louvre, représente Vénus conimandant à Vulcain des armes pour'Enée : le dieu, assis sur un rocher et tenant une èpée dont il touche la pointe, lève la tête vers la déesse, qui est portée sur des nuages et que les Grâces accompagnent; près de lui, un Amour tient un casque d'or; au fond, des cyclopes travaillent près de laforge. Ce tableau est daté de 1732. Une composition analogue du même artiste' se voit au palais du Ciraud-Trianon. Dans un tableau que Van Dyek a peint sur le même sujet et qui appartient au Louvre, Vénus, précédée de Cupidon qui porte un glaive, et soutenue par un Amour, s'avance vers Vmcain ; celui-ci, ayant un genou en terre, a la main posée sur une cuirasse et est entouré dé diverses autres pièces d'armures. (Jette toile a été gravée par Langlois et dans les recueils de Filhol et de Laudon. Une autre peinture de Van Dyck, appartenant au musée du Belvédère, représente Véutis recevant de son époux les armes d'Euée ; la déesse, debout devant son époux qu'elle regarde tendrement, se couvre elle-même de la cuirasse destinée a son tils ; elle est aidée par un cyclope et un" Amour; cinq autres Amours, dont l'un décoche une flèche à Vulcain, complètent cette composition, qui a été gravée dans le recueil de Keveil. Nous avons cité au mot forge (VIII, p. 603) divers tableaux et gravures représentant Vuleain recevant dans sa forge la visite de Vénus; signalons encore un tableau de Bnutlongne le jeune, placé autrefois au château de la Ménagerie, près de Versailles ; un tableau de Breughel, au palais Cambiaso, k Gènes ; un tableau de Natoire, au Louvre; un tableau de Rubens, au musée de Bruxelles; un tableau du Tintoret, au palais ducal de Venise; les gravures de Giorgio Ghisi (d'après Pierino del Vaga), John Murphy (d'après Luca Giordano), J. Fulek (d'après le Caruvage), Fr. del Pedro, EneaVico (d'après le Parmesan, 1543), Jacopo da Leouuruis (d'après F. Solimena, 1773), etc.

Un tableau de Titien, qui se voit au ihâteau de Blenheim , en Angleterre , -représente Vutèain caressant Çérès; le même sujet a été gravé par Jacopo Caraglio dans sa suite intitulée les Amours des dieux. B. Spranger a peint Vulcain embrassant Maia (musée du Belvédère, à Vienne).

VULCANAL, ALË adj. (vul-kanal, a-le — du lai. Vuicunus, Vulcain). Alythol. lat. Qui appartient, qui a rapport à Vulcain. Il Fiamine vulcanal, Prêtre de Vulcain.

— s, f. pi. Antiq. rom. Fêtes en l'honneur de Vulcain, qui se célébraient au mois d'août. U Autre fête qu'on célébrait le £3 mai.

" — Encycl. Antiq. rom. Les vulcanales avaient lieu chaque année, le 23 août (10 des Calendes de septembre). Elles semblaient ouvrir les Vimtéimales, feries consacrées a la récolte des fruits et aux vendanges, qui commençaient le 22 août; aussi les voit-on présentées par Ausoue comme étant la première annonce de l'automne :

Yulcaniqu,e dies, autumni exordia primi.

Le jour des vulcanales, il y avait des jeux dans le cirque Flaminius, où se trouvait un temple consacré à Vulcain. Les victimes offertes à ce dieu, en cette occasion, étaient un

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veau roux, et un verrat. Le peuple avait coutume, en outre, de jeter des poissons dans le feu, afin de se rendre le dieu favorable et d'échapper au danger des incendies. Un autre usage, généralement pratiqué, consistait à commencer le jour de la fête en allumant une bougie ou une chandelle : c'était un auspice favorable d'ouvrir ainsi une journée consacrée au dieu du feu. Le .consul O. Fulvius Nobiiior ayant éprouvé une grave défaite de la part des Celtibérienslejour àesvulcunales, dans l'année 153 avant notre ère, ce jour devint depuis cette époque un jour néfaste.

Vulcanal OU Area de Vulcain, petite place située en haut du Forum romain. et d'un niveau un peu plus élevé. Elle s'ouvrait sur le bord de la voie Neuve entre la voie Sacrée et l'angle N.-O. du mont Palatin. On remarquait sur cette petite place deux arbres, un lotus et un cyprès, d'une végétation très-vigoureuse et que la tradition faisait contem-. porains des premières années de Rome. Le Vul anal était orné du temple rond de la Concorde, dont l'emplacement est encore visible aujourd'hui. On y voyait aussi une colonne surmontée de la statue de Ludius, citoyen qui, frappé de la foudre dans le cirque, fut d'abord enseveli sur le Janicule; plus tard, les oracles l'ayant ordonné, ses os furent enterrés sur îe Vulcanal, à l'endroit même où on lui éleva plus tard une colonne statuaire. Le Vulcanal était encore orné d'une statue pédestre d'Horatius Coclàs, remontant presque au temps de cet héroïque guerrier. Le Vulcanal fut un des lieux politiques importants de Rome; en effet, il fut le siège du tribunal des consuls et ensuite du préteur; ce tribunal était placé au pied de l'autel élevé à Vulcain, au centre de l'esplanade. L'étendue du Vulcanal devait être assez considérable, puisque, d'après Denysd'Halicarnasse, Komulus etTaiius avaient pu y tenir un conseil composé de leurs sénats respectifs. C'était du Vulcanal que les'consuls consultaient les curies assemblées ; c'était sur le Vulcanal que le prêteur rendait son jugement; le tribunal était placé au-dessus du comitium et près de la curie, lieu des séances du sénat, c'est pour cela qu'il est dit dans les auteurs latins qu'on s'assemblait dans le comitium pour le jugement des causes. Sur le Vulcanal se trouvait aussi le senaculum, sorte de petit monument où. s'assemblaient les sénateurs avant d'entrer en séance.

VULCANIC1TÉ s. f. (vul-ka-ni-si-té — rad. vuleunigue). Physiq. Phénomènes qui se produisent sur l'ée<iree d'une planète, sous l'action du feu intérieur : Longtemps on n'a vu dans la vulcanicité qu'un phénomène isolé, qu'une force locale, remarquable seulement par sa puissance de destruction. (De Humboidt.) tl On dit aussi volcaNicité.

VULCANIEN, IENNE adj. (vul-ka-ni-ain, i-è-ne). Mytliol. lat. Qui appartient, qui a rapport à Vulcain.

— Physiq. Qui a rapport au vulcanisme : Hypothèse vulcaniknnk. U s. m. Partisan du vulcanisme.

VOLCANIENNES (Iles) , nom ancien des îles Lipari.

VOLCANIQUE adj. (vul-ka-ni-ke — du lat. Vulcanua, Vulcain, dieu du feu). Physiq. Syn. de VOLCAN1QRE.

VULCANISATION s. f.. (vul-kani-za-si-on — rad. vulcaniser). Teohn. Préparation des bois par l'action du feu. Il Préparation du caoutchouc à l'aide du soufre.

— Encycl. Tout le monde connaît les précieuses propriétés du caoutchouc ; mais ces propriétés, qui tiennent surtout à son élasticité et à son imperméabilité, sont facilement annulées par les circonstances climatoiegiques. La chaleur le ramollit au point de le faire acbérer à la peau ou aux vêtements; le froid lui fait perdre ou diminue notablement son élasticité. Heureusement, une ingénieuse découverte, celle de la sulfuration ou vulcanisation, a permis de parer à cet inconvénient. Voici en quoi consiste la méthode de vulcanisation, telle que lu décrite M. Payen : « Un plonge les articles fabriqués en Caoutchouc, bien propres et bien secs, dans une solution contenant 2,5 de chlorure de soufre pour 100 de sulfure de carbone; après une minute d'immersion, on les retire; on fait évaporer ie sulfure de carbone et les traces d'acide chlorhydrique formé, à l'aide d'un courant d'air, da'iis une étuve chauffée de 20» à 25».

» Quand les objets sont secs, on les replonge une minute et demie dans la solution ; on les retire pour les faire sécher comme la première fois, puis on lave dans une solution alcaline et enfin dans de l'eau pure.

» Dans ces immersions, des feuilles de caoutchouc ayant de 0^,002 à 0m,004 d'épaisseur retiennent 12 à 15 centièmes de" soufre.

« Si l'on vulcanisait des feuilles plus minces, on augmenterait la dose de chlorure de soufre et l'un diminuerait la durée de l'immersion ; il faudrait, au contraire, diminuer la duse de chlorure et augmenter la durée de l'iinmersiiin pour sulfurer des feuilles plus épaisses, atin u'éviter que la supeiflcie n absorbât trop de soufre.

» En tout cas, il faut éviter de laisser trop longtemps les objets immergés dans un excès de liquide, car une trop forte proportion de

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