VULVAIRES
— s. f. Bot. Nom vulgaire d'une espèce d'ansérine, dont l'odeur est très-fétide.
— Encycl. La vulvaire [chennpodium vulvaria) est excessivement commune dans les lieux incultes, le long des chemins et des murs. Les feuilles, lorsqu'on les froisse, répandent une odeur analogue a celle du poisson pourri. M. Chevalier y a trouvé une aminé, qu'il dit être de l'ammoniaque, qui se dégage pendant la végétation et qui produit l'odeur dont nous parlons ci-dessus. Cette aminé est la propylamine. On fait usage de cette plante en lavement, comnif antispasmodique, dans le traitement des affections hystériques. V. ANSERINE et CHÉNOPODB.
VULVE s. f. (vul-ve — lat. vulva, ayant originairement le même sens que volva, enveloppe, lequel vient de volvere, enrouler, envelopper) . Anat. Ensembio des parties génitales externes chez la femme et les femelles des animaux : Vans quelques pays, on introduit la main dans la vulve du buffle femelle pour l'engager à se laisser traire. (Cuv.) Il Ouverture que l'on trouve dans le cerveau, au devant de l'adossement des couches optiques, et au-dessus du pilier antérieur de la voûte.
Moll. Dépression longitudinale que l'on
remarque chez un grund nombre de coquilles bivalves, à la partie dorsale de la face externe.
— Encycl. Anat. La vulve comprend l'ensemble des parties génitales externes de la femme, savoir : le pénil ou mont de Venus, les grandes et les petites lèvres, le clitoris, le méat urinaire et les glandes vulvo-vaginales (v. chacun de ces mots). L'entrée da la vulve se présente sous la forme d'une fente longitudinale étendue du mont de Vénus jusqu'à 0™,025 environ en avant de l'anus. De chaque côté se trouvent les grandes lèvres, replis cutanés contigus aux euisses par leur face externe et appliqués l'un contre l'autre par leur face interne. Leur extrémité postérieure, très-amiucie, s'unit sur lu ligue médiane en formant un rebord membraneux qu'on appelle commissure postérieure ou fourchetie. L'extrémité supérieure se perd insensiblement sur le mont de Vénus. La face externe des grandes lèvres est recouverte de poils, et la face interne revêtue d'une muqueuse. En écartant les grandes lèvres, on aperçoit un' peu plus profondément les petites lèvres, beaucoup plus minces et formées seulement d'une membrane muqueuse.
Elles naissent à peu près au tiers postérieur de la vuloe, se prolongent jusqu'à la partie supérieure, et lit elles se bifunjuenten s'unissant l'une à l'autre pour former le prépuce du clitoris. Le bord libre des petites lèvres est très-mince, et la membrane muqueuse qui les forme loge dans son épaisseur de nombreux follicules sébacés. L,e clitoris se trouve à la partie supérieure de la vulve, et le méat urinaire à «n'.OS, environ en arrière du clitoris. Le vagin s'ouvre à la partie postérieure de la vuloe ; son orifice n'est séparé de la commissure postérieure des grandes lèvres que par un petit intervalle désigné sous le nom de fosse naviçuiaire. Chez les vierges, cet orifice est en partie fermé par la membrane hymen, et, quand celle-ci a été déchirée par le rapprochement sexuel, les débris persistent sous forme de petits tubercules qu'on appelle caroncules myrtiformes. La vuloe est munie de plusieurs appareils glandulaires. Des follicules mucipares assez nombreux occupent le vest.bule, le pourtour de l'urètre et les parties latéralesde l'orifice vaginal; mais les deux glandes les plus importantes sont celles qu'on décrit sous les noms de glandes de Bartholin, de Méry, do Cowper, de Duverney, de glandes vulvo-vaginales. Elles sont profondément situées de
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chaque côté et viennent s'ouvrir, par un canal excréteur, en dehors du bord adhérent de la membrane hymen ou des caroncules myrtiformes qui la remplacent.
— Absence de la vulve. L'absence de la vulve est congéniale ou accidentelle. Dans ■■'absence congéniale de la vulve, vice de conformation fort rare, le vagin s'ouvre dans le rectum ou dans la vessie. Ce vice de conformation, qui peut, pendant les premières années de la vie de la femme, être confondu avec l'absence totale du vagin, est toutefois beaucoup moins grave par ses conséquences. Comme ce dernier vice de conformation, il est ordinairement méconnu jusqu'à l'âge de la puberté ; mais, à l'époque où paraissent les règles, on reconnaît bientôt par le passage qne le sang menstruel se fraye, soit par le rectura? soit par l'urètre, à quel genre de difformité l'on a affaire. On ne connaît que très-peu d'exemples de ces vices de conformation. Les plus connus sont ceux qui ont été rapportés par Louis et More! de Dijon ; le premier, d'une fille dont le vagin s'ouvrait dans le rectum, et qui, fécondée par cette voie, accoucha à. terme, moyennant la déchirure du sphincter de l'anus; io second était un cas d'ouverture du vagin dans la vessie; ces deux vices de conformation sont complètement incurables.
— Difformités de ta vulve. Une des plus fréquentes difformités qu'on rencontre a la vulve , c'est le développement anomal des petites lèvres. Formées par un simple repli de la muqueuse qui ne dépasse pas ordinairement les grandes lèvres, les petites lèvres sont quelquefois tellement saillantes qu'elles pendent entre les cuisses comme des oreilles de chien (Vidal). Ce développement des petites lèvres est surtout extrêmement prononcé chez beaucoup de femmes de certaines contrées de l'Afrique. Ce vice de conformation expose à lacontagion syphilitique, comme le phimosis chez l'homme. De plus, il y a une irritation Continuelle produite par le frottement des cuisses pendant la marche. Il faut donc en venir à une opération nécessaire et des plus faciles. Elle consiste à exciser simplement avec des ciseaux toute fa partie excédante des lèvres. La plaie donne ordinairement une légère hémorragie, qu'on arrête avec des lotions d'eau froide, ou bien par la cautérisation. Quelquefois le développement anomal, au lieu de porter sur les petites lèvres, envahit le clitoris, et cet organe devient tellement volumineux qu'il a fait croire, dans certains cas, à un hermaphrodisme.
Le remède est encore ici bien facile à trouver. Il suflit d'enlever le clitoris d'un seul coup de ciseaux. S'il survenait une hémorragie, on s'en rendrait maître facilement par le cautère actuel. La vulve est parfois incomplètement formée. Elle se trouve en partie oblitérée à sa partie postérieure par un prolongement du raphé médian du périnée. L'orifice vaginal se trouve, dans ces circonstances , considérablement diminué.
Aussi observe-t-on souvent une grande difficulté dans l'écoulement des règles, beaucoup de gêne dans l'acte du coït et un obstacle sérieux au dernier temps de l'accouchement. Un pareil vice de conformation porté à un si haut degré est pourtant assez rare. On rencontre plutôt des adhérences entre les lèvres, dues à des brûlures ou à des ulcérations dont la cicatrisation a été vicieuse. Dans tous ces cas, une opération est nécessaire, soit pour faciliter le coït, soit pour terminer un accouchement. Cette opération est. des plus simples : on fait une petite ouverture avec la pointe d'un bistouri sur un "point de la surface anomale; on introduit à travers cette ouverture une sonde cannelée, sur laquelle on fait glisser l'instrument tranchant pour terminer la section des parties.
— Tumeurs sanguines de la vulve. Y. throm-
fiCS.
— Névralgie de là vulve. Tanchon et Lisfranc ont observé cette affection chez les femmes voisines de l'âge adulte, avant le premier accouchement, chez les veuves, et quelquefois à l'âge de retour, L» sensibilité locale, chez ces malades, est telle que l'action même du lavage des parties donne des tiraillements, au point de faire redouter l'instant de la toilette. Les rapports conjugaux causent des souffrances tellement vives, que les femmes en éprouvent une appréhension et un éloignement, dans quelques cas, invincibles. L'exploration du vagin par le doigt est surtout très-douloureuse, et quelquefois même le passage de l'urine sur la vulve occasionne une douleur cuisante. A l'examen, on trouve presque toujours les parties parfaitement saines , ou bien il existe un léger écoulement muqueux ; rarement on constate une petite inflammation de la vulve ou du vagin. Le traitementde la névralgie vulvaire consiste dans l'usage des bains généraux fréquemment répétés, dans une ou deux saignées du bras, et enfin dans l'emploi modéré des narcotiques, lorsque l'état de la femme le permet. Lis franc conseille encore les bains froids, dans le but de modifier l'innervation.
— Prurit de la vulve. Selon Velpeau, le prurit de la vulve est la plus souvent un eczéma syphilitique; mais il y a beaucoup d'autres causes qui peuvent le déterminer; tels sont le repos trop prolongé, la station
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assise longtemps conservée, les exercices trop prolongés, la malpropreté, ou, au contraire, les soins excessifs de toilette, qui enlèvent complètement les mucosités nécessaires pour lubrifier ces parties et atténuer l'effet irritant du frottement. Le prurit de la vulve se montre rarement chez les jeunes filles, plus souvent chez les femmes adultes et fréquemment chez celles qui ont passé l'âge de retour. Les démangeaisons de la vulve sont tantôt continues avec des degrés variés d'exacerbation, tantôt franchement intermittentes, tantôt irrégulières et se renouvelant plusieurs fois dans la journée. Les femmes ont le système nerveux dans un état d'excitation extrême; elles pâlissent, elles maigrissent, elles ont de la lièvre; il y a trouble des fonctions des organes digestifs; il y a désirs vénériens, incontinence ou rétention d'urine, dérangement des règles, fleurs blanche^. Quelquefois, dit Lisfranc, la vulve parait être à l'état normal, ce qui se présente lorsque .les femmes supportent sans se gratter les démangeaisons qui les obsèdent; ordinairement elle est rouge, enflammée, excoriée ; on y observe un assez grand nombre de petits boutons qui peuvent siéger aussi autour de la vulve; les parties génitales externes sont très-souvent tuméfiées. Le prurit de la vulve dure quelques jours seulement, ou persiste pendant plusieurs mois et même des années ; dans ce dernier cas, il peut altérer beaucoup la constitution. Si le
firurit est dû à la malpropreté, les grandes et es petites lèvres sont développées et tuméfiées ; dans les replis profonds qu'elles forment, on trouve des dépôts de matières cérumineuses fortement adhérentes à la.peau.
Traitement. Lisfranc conseille, chez les femmes fortement constituées, deux saignées spoliatives, et plus tard une petite saignée révulsive. On se borne à celle-ci quand les femmes sont d'une constitution délicate et nerveuse. A ce premier moyen on ajoute les soins de propreté. S'il y a de l'irritation, de l'éréthisme, on emploie les émollients en lotions et les bains. Quand ces deux derniers symptômes ont disparu et que l'affection persiste, on a recours aux astringents, tels que : sulfate de zinc, 0gr,50; acétate de plomb, ogr,SO ; eau de roses, 300 grammes ; laudanum de Sydenham, i grammes. On emploie ce liquide en lotions plusieurs fois par jour, et si, au bout de quelques jours, il n'y avait pas d'amélioration dans l'état de la malade, on en viendrait aux lotions avec le nitrate d'argent, depuis ogr,05 jusqu'à 0gr,2 ou 0gr,3 dans ISO grammes d'eau distillée, Raspail propose d'employer un mélange de cinq parties d'amidon et d'une partie de camphre, avec lequel on saupoudre la vulve une fois par jour, en ayant soin de nettoyer, le lendemain la poudre qui reste de la veille, avant de recommencer l'opération. Ce traitement doit être suivi plusieurs jours de suite. S'il survenait une chaleur et une cuisson simplement appréciables pendant dix minutes après l'application de ce moyen, on augmenterait la dose du camphre; on la diminuerait au contraire si l'excitation était trop forte. Dans les cas rebelles, on doit en répéter l'usage deux et trois fois par jour. Lisfranc dit qu'il n'a jamais vu. échouer le remède de Raspail. Velpeaù préconise les lotions avec la solution chaude de sublimé, avec un mélange de caiomel dans l'eau de guimauve, et le protoiodure de mercure à l'intérieur. Si les démangeaisons étaient franchement intermittentes, il conviendrait d'administrer le sulfate de quinine à l'intérieur. Enfin, dans les cas qui résisteraient k tous ces moyens, on pourrait encore recourir à la cautérisation.
— EUphantiasis de la vulve. L'éléphanliasis de la vulve n'est pas une affection trèsfréquente, mais on le rencontre aussi souvent que l'éléphantiasis du scrotum chez l'homme. 11 est plus fréquent dans les contrées orientales; Lurrey l'a observé pendant l'expédition d'Egypte et décrit sous le nom de sarcocèle des femmes. Iliwisch et Scanzoni en ont rencontré un cas chez une fille de dix-sept ans, dont les lèvres descendaient jusqu'au delà du milieu des cuisses et étaient parsemées de nombreuses tubérosités brunâtres. Vidal rapporte un fait du même genre observé par le docteur Rigal, de Gaillac; la femme affligée de cet élêphantiasis avait les grandes lèvres formant une double tumeur énorme et tombant jusqu'au niveau du genou. Cette maladie peut être très-grave, et ce n'est pas sans danger qu'on enlèverait la tumeur quand elle a acquis un volume considérable.
— A bcès de la vulve. Les abcès se montrent à la vulve comme dans les autres régions du corps. Ils peuvent être superficiels ou profonds. On les observe chez les jeunes femmes, et principalement chez les nouvelles mariées, lis sont dus aux excès de coït et à la disproportion qui existe entre le volume du pénis et les dimensions de l'ouverture vaginale. Plus rarement, ils sont occasionnés par une contusion, la malpropreté, la vaginite, etc. Les symptômes de ces abcès sont les suivants : douleur parfois extrêmement vive; tuméfaction de la moitié inférieure de la grande le vre, qui forme une tumeur chaude, rosée, plus ou moins arrondie et pouvant atteindre le volume d'un œuf. Lorsqu'on introduit le doigt dans le vagin, on-sent sur l'un des côtés de l'ouverture une masse dure qui
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proéïr.ine vers la cavité vaginale. On constate la présence de la tumeur inflammatoire en prenant la partie inférieure de la grande lèvre entre le pouce et l'index. Si l'abcès est déjà formé, on peut percevoir la fluctuation. Si l'inflammation est violente, il peut exister des symptômes généraux. Ces abcès se terminent presque toujours par suppuration. Ils sont déterminés par l'inflammation de la glande vulvo-vaginale. Dès que la fluctuation est évidente, il faut donner une issue au pus. Il esf préférable d'ouvrir l'abcès du côté de la peau; lorsqu'il s'ouvre du côté de la muqueuse, il reste une ouverture fistuleuse, entretenue par les liquides irritants qui s'écoulent de la cavité vaginale. Si cette ouverture spontanée survenait, il faudrait enfoncer une sonde cannelée vers la partie déclive du foyer et transformer l'orifice fistuleux en une large ouverture.
— Cancer de la vulve. Le cancer de la vulve est fort rare. Vidal en a observé trois cas à l'hôpital de Lourcine, où cette affection avait d'abord été prise pour une ulcération vénérienne. Jamain" en a observé un cas à l'hôpital de la Charité, dans le service de Gertly. Vidal toucha la surface ulcérée avec un cautère rouge à blanc; mais le mal marcha avec plus de rapidité. Gerdy fit l'ablation de toutes les parties dégénérées; la malade succomba assez rapidement. Ces chirurgiens recommandent de ne pratiquer l'opération que si le cancer est limité à une portion de la grande ou de la petite lèvre.
— Chancre de la.vulve. Les chancres de la vulve sont placés sur la face interne des grandes et des petites lèvres; le plus souvent,on les trouve immédiatement en dehors des caroncules. Ils sont généralement plus superficiels et moins rebelles que chez l'homme, car ici le chancre induré est trèsrare. II est même remarquable de voir avec quelle facilité on les fait disparaître par une légère cautérisation et des bains.
— Contusions de la vulve. La vulve est souvent atfectée de contusions. Cet accident, qui peut être plus ou moins grave, reconnaît quelquefois pour cause un coup ou uiÎb chute sur un corps dur et inégal ; il se manifeste le plus souvent après 1 accouchement, surtout lorsqu'il a été long et laborieux. La partie inférieure de la vulve est plus fréquemment exposée aux contusions que la partie supérieure. Les causes qui provoquent cet accident appartiennent à la mère, à l'enfant, ou dépendent des moyens jugés nécessaires pour la terminaison de l'accouchement. Ainsi, la contusion de la vulve peut, être déterminée par l'étroitesse et la résistance des parties extérieures de la génération de la femme, par la pression exercée par les fesses ou par la tête de l'enfant, lorsque cette dernière est très-volumineuse; par 1 emploi du forceps, surtout lorsqu'il est dirigé par une main inexpérimentée. La contusion peut encore reconnaître pour cause le toucher pratiqué trop soHvent, la pression forte et réitérée faite par les mains de l'accoucheur sur les parties latérales de \a.vulve. La région contuse est tuméfiée, rouge, quelquefois brune, livide, ordinairement douloureuse. Lorsque la contusion est légère, on en obtient la résolution par l'emploi de topiques émollients, auxquels on ajoute quelques gouttes d'acétate de plomb liquide. Le traitement doit être moins simple lorsque la contusion est considérable; la saignée du bras est alors quelquefois nécessaire. Dans ce cas, on applique toujours avec avantage des sangsues aux environs de la vulve ou du fondement; on bassine plusieurs fois par jour les parties lésées avec des décoctions éîuollientes. Toutes les fois que la femme "eut uriner, on doit avoir le soin de garnir la vulve avec un linge enduit de cérat. Par là on prévient la forte cuisson que le contact des urines occasionnerait nécessairement sur des organes enflammés. Dès que la douleur et la chaleur ont disparu, on doit associer les légers résolutifs aux émollients ; on a préconisé un mélange de vin et d eau de cerfeuil, l'infusion de safran dans du gros vin rouge. Lorsque la contusion est considérable, elle se termine quelquefois par suppuration ou par gangrène. On doit continuer l'usage des émollients jusqu'à ce que la première de ces terminaisons ait lieu. Dès que l'abcès est formé, il faut donner issue au pus ; on fait une incision longitudinale ; on soigne la cicatrice de manière qu'elle ne puisse pas gêner dans un autre accouchement. Les eschares gangreneuses tombent généralement d'elles-mêmes. On doit s'abstenir de pratiquer les scarifications; elles pourraient devenir nuisibles dans la région de la vulve, région qui, comme je l'ai déjà dit plus haut, abonde en tissu cellulaire.
— Esthiomène de la tiu/oe. L'esthiomène de la vulve est une affection très-rare. Huguier, qui l'a étudiée avec soin, en décrit trois espèces principales :
a. L'esthiomène superficiel, ambulant ou serpigineux, qui se montre principalement sur le mont de "Vénus, sur la face externe des grandes lèvres, etc. Il présente deux variétés: l»resthiomèueérythémateux, dans lequel les parties sont d'un rouge obscur, bleuâtre, sans tubercules et sans indurations circonscrites, sans éruption ni vésiculeuse ni pustuleuse; 20 l'esthioniène superficiel et tuberculeux, caractérisé par le développe-
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ment de tubercules plus ou moins saillants. Ces tubercules se ramollissent, suppurent; on trouve alors à leur centre une ulcération plus ou moins étendue, k bords déchiquetés. Cette variété offre la plus grande analogie avec le lupus ou esthiomène de la face.
b. L'esthiomène perforant. Il se montre principalement sur la membrane muqueuse, au voisinage du méat urinaire, à la fourchette, à 1 extrémité inférieure du vagin, à l'anus; il détruit profondément les tissus. Ainsi, on a vu l'esthioniène, développé au vestibule, détruire toutes les parties molles qui séparaient le clitoris de l'urètre et arriver jusqu'au niveau du ligament sous-pubien. L'ulcération est anfractueu^e , irrégulière, souvent très-profonde; elle laisse suinter une sérosité plus ou moins abondante.
c. L'esthiomène hypertrophique est caractérisé par le développement des parties envahies par la maladie. Cette hypertrophie est accompagnée de l'épaississement et de l'induration des tissus. Cette affection nous semble être la même que celle que nous avons mentionnée plus haut sous le nom d'éléphantiasis de la vulve. L'esthiomène de la vulve est une affection extrêmement grave, dont la guérison est difficile à obtenir. La maladie ne peut disparaître que par la cautérisation ou l'excision des parties hypertrophiées, et encore les récidives sont-elles excessivement fréquentes. Cazenave a préconisé l'emploi de la pommade au biiodure de mercure. Dans tous les cas, on doit instituer un traitement général tonique et andscrofuleux.
— Herpès de la vulve. L'herpès de la vulve, ordinairement précédé de malaise, d'un dérangement de la santé et de fièvre, est caractérisé d'abord par une éruption de vésicules arrondies et assez volumineuses dès le principe de leur développement, tandis que les pustules de la folliculite sont d'ubord petites et pleines. Les vésicules de l'herpès sont superficielles; elles sont tout de suite placées immédiatement au-dessous de l'épidémie et transparentes; elles ne sont ni rouges ni entourées d'une auréole inflammatoire; elles se déchirent, se flétrissent en se desséchant très-promptement, dans l'espace de quelques heures. Si elles suppurent, ca n'est pas un pus blanc et épais qu elles renferment, mais bien un liquide opalin qui se mêle à la sérosité et lui donne l'apparence du petit-lait. Les pustules de la folliculUe, plus profondes, sont opaques, rouges à leur surface comme à leur base. La suppuration s'y forme plus lentement; le pus s'accumule du centre à la circonférence de la petite tumeur, qui reste luisante et tendue pendant un ou deux jours. Quand lu vésicule de l'herpès est déchirée et l'épidémie enlevé, il y a une légère excoriation, sans dépression de la muqueuse. Dans la fdllieulite, au contraire, la petite excoriation est plus profonde, sans être aussi étendue en surface. Il arrive qu'on observe à l'encontre une dépression circulaire, qui est l'ouverture du tollicule agrandie ou un peu ulcérée, La compression du follicule fait sortir du pus ou de la matière sébacée, souvent ces deux produits à la fois. On ne fait rien sortir de l'herpès, ou tout au plus un peu de sérosité roussàtre ou sanguinolente. Pour le traitement, v. le mot hbkfbs.
— Kystes de la vulve. Les kystes de la vulve se trouvent ordinairement dans l'épaisseur des grandes lèvres. Ils sont d'origine différente. Ainsi, ils peuvent être dus à des tumeurs sanguines spontanées ou produites par un refroidissement, par une contusion. Ici le sang subit une des modifications que nous avons décrites en parlant de la contusion en général ; la partie solide est absorbée, la sérosité reste; elle est circonscrite dans une poche ; c'est alors un kyste qui peut augmenter ou diminuer la quantité du liquide qu il contient, car il absorbe et exhale. Ces abcès peuvent êtr« transformés en kystes; enfin, comme dans le tissu cellulaire des bourses, il peut se former dans celui de ia vulve des kystes qui ne sont que le développement , l'exagération des cellules de ce tissu. Alors la tumeur est l'analogue de l'Iiydrocèle enkystée du cordon testiculaire chez l'homme. Ce sont ces tumeurs qui remontent le plus haut, qui se rapprochent le plus de l'anneau inguinal, ce qui a fait croire qu'il s'agissait réellement d'une hydrocèle, c'està-dire d'un épauchement de sérosité dans la portion du péritoine qui accompagne le ligament rond. Or, il est reconnu maintenant que ce ligament s'arrête sur ie pubis et ne descend pas dans les lèvres, comme on le croyait h tort. 11 y a une autre espèce de kyste que Vidal considère comme une bourse muqueuse. Chez les femmes qui, par goût, par passion ou par métier, ont souvent usé du coït, ce chirurgien est porté à croire que le frottement détermine la formation d'une bourse, comme on l'observe sur certains points de la peau qui sont soumis à des frottements souvent répétés. 11 a été conduit à cette opinion par l'analogie, puis il a observé' des faits contirraalifs à l'hôpital di» Lourcine, surtout trois qui sont on ne peut plus favorables à son opinion. Des trois teromes qui lui ont fourni ces observations, deux, étaient fortement constituées, l'autre était très-nerveuse ; elles atteignaient toutes trois la trentième année. Deux d'entre elles ont
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avoué, sinon l'abus, du moins un très- fréquent et long usage du coït. Les trois ont été opérées ; on a extirpé des kystes à parois épaisses et contenant une humeur en tout semblable à une synovie un peu épaisse. Chez l'une d'elles, il y avait deux tumeurs, situées l'une devant l'autre ; la plus reculée était très-voisine de la branche ascendante de l'ischion. Dans les autres kystes, on trouve ordinairement une tumeur dont la nature et les caractères dépendent de leur origine. Ainsi, si elles sont dues à un abcès, l'humeur sera plus ou moins blanchâtre et trouble; si c'est un dépôt sanguin, le liquide tirera plus ou moins sur le rouge ou le brun. Mauriceau parle d'un de ces kystes dont la ponction fit sortir une quantité de matière anévrismale, semblable à la lie du vin rouge. 11 est évident que c'était là un sang altéré. Le kyste avait été, dans son origine, une tumeur hématique. Tous ces kystes doivent être extirpés complètement. Si l'on se contente de les ouvrir, ils se reproduisent. On risque même de les voir revenir si l'on n'enlève qu'une partie de leurs parois.
— Inflammation des follicules vulvaires.
M. Robert a fixé l'un des premiers l'attention des praticiens sur cette affection, qui était restée à peu près inconnue ou .qui était le plus souvent confondue avec des affections et des accidents d'une autre nature. Nous extrayons d'une note lue par M. Robert à l'Académie de médecine (séance du 28 septembre 1840) les considérations suivantes'sur l'inflammation des follicules vulvaires : «En- | 'flammés tantôt seuls, tantôt avec d'autres ' organes voisins, les follicules vulvaires ont donné lieu à beaucoup de confusion : 1° dans la blennorrhagie, ils sont fréquemment pris d'inflammation, surtout ceux qui avoisinent le méat uiinaire. Outre la douleur et le pru- i ritressentis alors par les malades, la pression exercée aux environs du méat ou sur l'urè- \ tre donne lieu à l'issue d'un liquide jaunâtre que l'on pourrait croire facilement venir de 1 urètre; 2» plus rarement, à l'inflammation des follicules vulvaires se rattache une ulcération simple ou graduelle du col utérin ; 3» assez fréquemment on voit deux follicules latéraux de l'ouverture vulvaire isolément enflammés et, dans ce cas, sî la sécrétion follieuleuse est abondante, elle peut être prise pour une sécrétion vaginale, suite de bien* norrhagie ; 4<> les accouchements laborieux et l'inflammation de la muqueuse utérine sont, avec la blennorrhagie, les causes les plus fréquentes des irritations de ces follicules ; seulement ces dernières survivent aux premières. Des douleurs assez vives, de la cuisson, la sécrétion blanchâtre, symptômes que la marche et les fatigues exaspèrent, peuvent faire soupçonner la maladie qui nous occupe. L'œil et le stylet conlirment le diagnostic.
Quand ce3 inflammations'ont persisté et sont devenues la seule affection des voies génitales, elles méritent un traitement à part. Le plus efficace est le suivant : on introduit un Mylet lin jusqu'aux limites postérieures du follicule, qu'on ouvre dans toute sa longueur avec le bistouri. L'intérieur est ensuite cautérisé avec la nitrate d'argent.
Des dartres se montrent assez souvent aux parties génitales externes de la femme , mais elles sont rarement limitées aux grandes lèvres; elles s'étendent presque toujours au . mont de Vénus et à la face interne et supérieure des cuisses. Elles déterminent une démangeuison très-vive, extrêmement incommode, surtout pendant la marche, et s'accompagnent presque toujours d'un écoulement muqueux, acre et abondant par le vagin. L'excrétion de l'urine et le coït donnent lieu souvent à des douleurs très-vives.
Le traitement est le même que pour les dartres des autres régions ; on y joindra seulement avec avantage des injections détersives dans le vagin.
^Lésions traumatiques de la vulve. Plaies et déchirures. Les instruments tranchants, piquants ou contondants n'atteignent guère en général que les grandes lèvres. Les plaies des grandes lèvres, comme celles des petites lèvres quand celles-ci sont atteintes, ce qui peut arriver quelquefois, offrent ceci de particulier qu'elles saignent avec une trèsgrande abondance, et que l'écoulement qui s'échappe de la plaie en nappe est souvent très-difficile à arrêter et exige quelquefois l'application du cautère actuel. L'uction des instruments tranchants n'a d'ailleurs que très-rarement occasion de s'exercer sur ces parties. La manière la plus fréquente dont les parties extérieures de la génération sont blessées, c'est, ou par suite d'une chute, les jambes écartées, suf des corps durs plus ou moins tranchants et inégaux, ou par des violences exercées dans une tentative de viol, par exemple. Aussi les plaies de la vulve sont-elles presque toujours des plaies contuses.
Les plaies contuses des grandes et des petites lèvres se réunissent rarement d'une manière immédiate : elles suppurent presque toujours avant de se cicatriser. Leur cicatrisation s'opère malgré cela avec assez de rapidité. Il suffit pour la seconder de panser a plat et de recouvrir la plaie de topiques résolutifs. Dans quelques cas il arrive que les bords de la plaie se cicatrisent isolément; il en résulte une difformité à laquelle on
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pourrait remédier en rafraîchissant les bords séparément cicatrisés, en les affrontant de manière à obtenir une réunion immédiate.
Les déchirures peuvent avoir leur siège aux grandes lèvres, aux nymphes, au vagin, à la fourchette, au périnée, etc. ; les plus communes sont celles qui ont lieu à la commissure postérieure des grandes lèvres, et c'est à peu près le seul genre de lésion dont cette partie puisse être le siège. Elles sont presque toujours le résultat du travail de l'accouchement; il est même rare qu'il ne se produise pas une déchirure plus ou moins étendue de la fourchette pendant une première parturition, surtout chez les femmes déjà, parvenues à un âge un peu avancé. L'étroitesse des parties génitales, le défaut d'extensibilité de ces parties chez les femmes d'un certain âge, le volume disproportionné de la tête de l'enfant, la rapidité trop grande du travail expulsif, remploi du forceps, sont autant de circonstances qui concourent à rendre ces déchirures fréquentes. Cependant d'autres causes peuvent, produire les déchirures de ces parties, telles que l'introduction de corps ou d'instruments plus ou moins volumineux dans le vagin, l'extirpation d'une tumeur volumineuse par cette voie, l'action de différents corps ou agents vulnérants, ainsi qu'on en "voit d'assez nombreux exemptes dans les auteurs.
Lorsque la déchirure est bornée a la fourchette, et surtout si elle est récente, elle a peu de gravité. Les bords de la déchirure sa réunissent ordinairement d'eux-mêmes ou se cicatrisent isolément, ce qui n'ofïro point d'inconvénient. Mais il n'en est pas de même quand la déchirure comprend avec la fourchette les grandes et petites lèvres, le vagin et le périnée. On a vu quelquefois ces déchirures comprendre toutes les parties que nous venons d'indiquer et s'étendre jusqu'à l'anus, ne faisant plus de ces deux orifices qu'une seule ouverture. Elles constituent dans ce cas un accident fort grave. Les déchirures qui arrivent aux grandes lèvres, d'après Gardien, sont assez difficiles à guérir et assez dotfloureuses pour dissuader de recourir à la section que les sages-femmes avaient l'habitude de pratiquer avec l'ongle sur ces parties, lorsqu'elles offraient de la résistance.
■ Si la déchirure s'étend au périnée, on doit recommander à la malade de tenir constamment les cuisses rapprochées, de rester couches sur le côté, alin que les liquides qui découlent du vagin ne mettent pas obstacle à , la réunion. On peut encore favoriser le rap-
Îirochement des parties à l'aide de bandeettes aggtutinatives. Par ces moyens, on ■ parvient quelquefois à un heureux résultat, surtout quand la déchirure ne s'étend qu'à une partie peu considérable du périnée ; mais lorsque la déchirure est plus longue, elle est plus difficile à guérir; la guérison est généralement impossible, lorsqu'elle s'étend jusqu'à l'anus.
» Lorsqu'on a négligé tout moyen de réunion dans le principe, les lèvres de la plaie se cicatrisent séparément; la seule ressource qui reste aiors est <Je rafraîchir les bords de la division en excisant la cicatrice qui les couvre ou en y déterminant de l'inflammation avec des caustiques. Ces moyens pourraient réussir dans les eus de déchirement partiel; ils seraient insuffisants dans les déchirements complets. Si l'on tentait celte réunion, on devrait chercher à rapprocher les bords de l'ancienne plaie, par une position convenable, plutôt que par des sutures dont l'expérience a fait connaître l'insuffisance.» (Boyer.)
— Œdème des grandes lèvres. L'œdème des grandes lèvressurvient particulièrement t'hez les femmes,enceintOS. Quelques accoucheurs, et Mauriceau en particulier, ont observé que cet accident a lieu surtout chez celles qui sont grosses de plusieurs enfants. 11 arrive aussi dans d'autres circonstances, et notamment dans certaines hydropisies. Les grandes lèvres sont gonflées, demi-transparentes, indoïentes, molles, conservant 1 impression du doigt; elles gênent mécaniquement les mouvements des cuisses et rendent lu progression embarrassée. Elles pourraient mettre quelque obstacle ou quelque retard a l'accouchement; on doit, en conséquence, chercher à dissiper le gonflement œdémateux avant cette époque ; mais, en général, la compression à laquelle ces parties sont soumises dissipe l'infiltration, qui reparaît après l'accouchement. Les moyens que l'on met en usage sont les mêmes que ceux qu'on emploie dans les autres hydropisies : les laxatifs, les diurétiques, les légers diaphorétiques. Si ces remèdes étaient insuffisants, et que l'tedème des grandes lèvres fût porté à un point de gène très-grand et qui pût. faire craindre quelque obstacle dans l'accouchement, on devrait y faire des mouchetures avec la pointe d'une lancette enfoncée seulement à, une ou deux, lignes.
— Tumeurs fibreuses des grandes lèvres. Il se développe quelquefois dans l'épaisseur des grandes lèvres des tumeurs dures, en apparence squirrheuses, mais dont le tissu blanc et fibreux diffère essentiellement de celui do ces dernières tumeurs et ressemble beaucoup à la substance des corps fibreux de l'utérus. Ces tumeurs ont généralement une forme arrondie, une résistance très-marquée; elles
VULV
ne causent aucune douleur et n'incommodent qu'à raison de leur volume. Leur surface est libre, et la membrane muqueuse de la grande lèvre qui les revêt à leur surface interne ne leur adhère pas. Elles peuvent durer fort longtemps sans prendre un nouveau caractère, bien différentes à cet égard des tumeurs squirrheuses, qui finissent toujours par dégénérer en cancer. Ces tumeurs ressemblent beaucoup aux kystes, et dans quelques cas il est presque impossible de les distinguer. L'erreur, nu reste, n'a ici rien de fâcheux. L'extirpation convient également aux unes et aux autres. Cette opération ne présente pas ordinairement de difficultés ; un tissu cellulaire très-làche unit la tumeur aux parties voisines et le doigt sert autant que le bistouri pour l'isoler. Après que la tumeur a été enlevée, on n'a pas à craindre le retour de la maladie, comme après l'ablation d'une tumeur squirrheuse ou cancéreuse.
,— Pustules muqueuses de la vulve. Les pustules muqueuses ou tubercules plats constituent un symptôme vénérien assez fréquent chez la fenuiie. Elles sont parsemées sur le bord des lèvres, se répandent sur leur face interne, sur leur face externe, s'étendent au périnée jusqu'à l'anus. Vidal en a vu naître sur la face interne des cuisses. Ce symptôme syphilitique est surtout fréquent chez les femmes qui n'ont aucun soin d'elles. Généralement, dans les hôpitaux, on n'observe ce développement de pustules que chez les femmes de la campagne qui ont complètement négligé les soins de propreté. Rarement les filles publiques se présentent dans un pareil état, parce que leur profession les oblige à une hygiène négligée par lea femmes du peuple qui ne sont soumises à aucune inspection. Les lotions, les bains émollients, le repos ont une influence très-marquée sur la guérison des pustules muqueuses. Il est remarquable de voir avec quelle rapidité elles disparaissent sous 1'intWnce de ces moyens si simples, aidés de quelques attouchements avec le crayon de nitrate d'argent. Mais si on néglige le traitement général, on observera à coup sur dea récidives.
— Gangrène de la vulve. La gangrène de la vulve est un phlegmon gangreneux ou une gangrène par intoxication. Le premier cas se présente chez les enfants à la suite de la rougeole, et chez les femmes adultes à la suite de l'accouchement ou après des excès de coït. Les gangrènes par intoxication, plus rares, sont dues à des manœuvres abortives à l'aide des préparations de seigle ergoté, combinées avec des opérations sur l'utérus ou des brûlures du vagm par des mains criminelles. La gangrène de la vulve est quelquefois une complication des érysipèles vulvaires. La gansrène de la vulve s'accompufne toujours d une dépression considérable es forces, avec tendance au refroidissement. La value, tuméfiée, dure, se recouvre de plaques noirâtres, qui ne tardent pus à exhaler une odeur fétide; les malades accusent des souffrances extrêmement vives. Le pouls est petit, la face anxieuse, et quelquefois les malades succombent subitement. La chute des esehares cause des cicatrices vicieuses des grandes et des petites lèvres, qui entraînent l'atrésie plus ou moins complète du vagin (Bouchut et Desprez). Le traitement se portera d'abord sur le phlegmon diffus (v. ce mot). Lorsqu'il y aura des esehares, on les pansera avec lu poudre de quinquina seule ou mêlée avec du charbon pulvérisé. On ordonnera les toniques, les ferrugineux, le perchlorure de fer, l'extrait de quinquina, etc. Enfin, on calmera les douleurs avec l'opium, qui est en outre uû excellent tonique.
VULV1TE s. f. (vul-vi-te). Pathol. Inflammation de la vulve.
— Encycl. Le mot vulvite est un nom en quelque sorte générique, servant à désigner plusieurs maladies, dont quelques-unes ne sont pas même inflammatoires. Ainsi, il peut n'exister qu'un simple érythetne, une hypersécrétion des glandes vulvo- vaginales; mais bien plus souvent il y a blennorrhagie. Quelquefois l'affection est constituée par une hypersécrétion de la matière sébacée formant une espèce de couche membraneuse à la fuce interne des grandes lèvres, sur les petites et autour du clitoris. Lorsqu'on enlève cette laine solide, on trouve une surface muqueuse plus rouge qu'à l'état normal, sécrétant un muco-pus qui tend à se concréter. La. vulvite est due parfois à l'hypersécrétion des glandes mucipares, dont l'orifice est entouré d'un léger cercle inflammatoire. Quelle que soit la forme de la vulvite simple, elle est caractérisée par la rougeur, les démangeaisons, -la tuméfaction des parties malades et la fétidité des sécrétions. Quand la maladie atteint un certain degré d'intensité, il n'est pas rare d'observer une adénite inguinale et l'œdème des grandes lèvres. Les causes ordinaires de la vulvite simple sont la malpropreté, l'excitation des organes génitaux chez les jeunes filles, la dentition chez les enfants.
— Traitement. Le traitement de la vulvite simple consiste surtout dans les soins de propreté, les lotions savonneuses ou alcalines, de potasse ou d'ammoniaque, pour dissoudre la matière sébacée. Lotions froides avec de l'eau blanche^ une solution d'alun ou de sulfate de zinc; eau de sureau, décoction da
VYAS
feuilles de noyer, de feuilles de ronces, de roses de Provins; vin aromatique ou'un liquide astringent quelconque, lorsqu'il y a en même temps hypersécrétion muqueuse. Cataplasmes de fécule de riz ou de pommes de terre , poudres inertes de fécule de pommes de terre, de riz, de lycopode,de sous-nitrate . de bismuth sur les glandules enflammées des petites lèvres, la malade gardant le lit et le repos pour éviter les frottements des organes. Prévenir ou combattre la constipation; défendre le coït ou surveiller les jeunes filles pour empêcher la masturbation (Courty).
Pour la vulvite contagieuse, v. blennor-
HHAGIB.
La vulvite est souvent accompagnée d'une inflammation des glandes vulvo-vaginales, indépendamment de toute complication blennorrhagique. 11 peut y avoir aussi hypersécrétion de ces mêmes glandes sans inflammation proprement dite. Cette affection appartient à la jeunesse, parce qu'elle est due presque toujours aux excitations sexuelles. L'excrétion du liquide se produit souvent d'une manière soudaine sous l'influence d'un attouchement voluptueux, d'un baiser lascif ou d'un songe erotique. Ce liquida est un mucus incolore, filant, moins gluant que le mucus du col utérin, neutre ou alcaloïde. Le3 femmes se plaignent seulement d'être mouillées. S'il y a en même temps inflammation, le liquide sécrété devient trouble et finit par constituer du pus qui, en s'accumulant dans la glande, détermine la formation d'un abcès. Au prurit s'ajoute alors la douleur, la rougeur, une tumeur plus ou moins volumineuse, avec chaleur et élancements. L'abcès s'ouvre souvent spontanément, mais la malade n'est pas à l'abri des rechutes. Le traitement consiste dans l'usage des bains prolongés et des cataplasmes émollients. Si 1 abcès occasionne des douleurs à la malade, il faut le ponctionner, au lieu d'attendre qu'ii s'ouvre spontanément.
VULVO-UTÉRIN, INE adj. (vul-vo-u-térain, i-ue). Auat. Qui appartient à la vulve et à l'utérus. Il Canal vulvoutérw, Vagin.
^DLVO-VAGINAL, AbB adj. (vul-vo-vaji-nal, a-le). Auat. Qui appartient à la vulve et au vagin : Orifice vuLVO-VAGiNAti.
VOLVULINE s. f. (vul-vu-li-ne — dimin.
du lai. vulvula, petite vulve). Foram. Syn.de
GRAMMOSTOME.
VUOERDEN (Michel-Ange, baron de), diplomate et historien belge, né dans le Huicaut en 1629, mort en 1699. Après avoir fait ses études à l'université de Douai, il devint précepteur du marquis de Renty, fils de la duchesse d'Havre, eutru ensuite dans l'armés espagnole, avec laquelle il fit, eu qualité de capitaine, les campagnes des Pays-Bas, s'attacha plus tard au comte de Fuensaldagne, qu'il suivit à Milan et à Paris, et, après la mort de ce diplomate, fut également employé par le marquis de La Fuente, qui était devenu ambassadeur à Paris. Mais n'ayant vu réaliser aucune des promesses qui lui avaient été faites, Vuoerden revint en Belgique, où il devint successivement grand bailli deTournay et des états de Lille et chevalier d'honneur au par.ement de Flandre. Ou a de lui un Journal historique, contenant les événements les plus mémorables de l'histoire sacrée et prbfane (Lil.e, 1684, ï vol. iu-8»), recueil d'éphémérides, où tous les événements mémorables du siècle de Louis XIV sont célé- .brés pur des inscriptions latines. Il a, en outre, laissé manuscrits une dizaine d'ouvrages, qui sont couservés à la bibliothèque de Cambrai.
VOORGE s. m. (vuor-je). Ane. art milit. Arme en forme de faux,
VUOXEN, fleuve de la Russie d'Europe (Finlande). Il prend sa source par 64° 4' de latit. N., se dirige du N.-O. au S.-E., traverse le lac Saïma, à peu de distance duquel il forme la belle cutaracte d'imatra, qui se divise en trois larges chutes, puis reprend son cours et va se jeter dans le lac Ladoga. Son cours est d'environ 520 kilom.
VUPP1PI 3. m. (vu-pi-pi). Ornith. Oiseau du genre jacana, qui habite l'Inde.
VUItZELBOUR, astronome nureinbergeois, mort en 1725. On a de lui : Uranies basis astronumica seu rationes solis motus annui en observacîonibus seculorum xvi et xvn et Uranies Noricm basis geographica. Il rejetait' avec opiniâtreté l'application des lunettes aux quarts de cercle.
VUTA-HUJLLICHE adj. (vu-ta-uilMi-che).
Linguist. Se dit d'un idiome chilien.
— Encycl. V. Chili (Linguist.).
VYÂSA, personnage indien, dont l'existence est bien hypothétique. Son nom signifie cornpilateur, et peut-être le sens de ce mot peut apporter par lui-même l'explication de plus d une difficulté.' A peu près douze cents ans avant notre ère vivait Paràsara, homme savant, qui eut de Satyavati un fils nommé Vyâsa, que l'on regarde même comme un avatar ou incarnation da dieu Vichnou. Satyavati devait être d'une naissance inférieure, peut-être la 'fille d'un pêcheur, car on prétend qu'elle fut trouvée dans le ventre d'un poisson, qu'elle en. avait retenu une odeur que son amant, le mouni Parusara,
VYAS
changea en un parfum de lotus. Aimée ensuite du roi Santanou, elle en eut Vitchitravlrya. Ainsi, Vyâsa était frère de ce prince du chef de sa mère. On raconte ensuite que, Vitchitravlrya étant mort sans enfants, Yyàsa épousa sa veuve et en eut deux fils, Dnriiarâchtra et Pândou ; d'autres prétendent qu'il ne fut que leur tuteur et leur père spirituel. On le fait vivre longtemps; il assiste aux longs débats de sa famille, dont il a même raconté les malheurs et les triomphes dans le poème fameux intitulé le M akûbhârata. Il arrangea les Védas, et il est connu généralement sous le nom de Véda-Vyâsa. De sa femme Souki, il eut un fils appelé Soukadevii. Outre le poËme Ma,' hâbhârata, on lui attribue la forme sous laquelle sont aujourd'hui les Védas,les dix-huit Pourânas, !es dix-huit Oupa-potirânas , le Kdlki-pourâna et d'autres encore, le Vedanladarsana ow priucipes de la secte phllosophi-
VYTC
que appelée v'edanta. Au seul exposé de ces travaux, on sent qu'un même homme en est incapable. La saine critique défend aussi de les croire tous de l'antique Vyâsa. A chaque instant, ils portent l'empreinte d'un main moderne, qui y a ajouté ries détails sur des événements arrivés longtemps après lui.
C'est pour cette raison que quelques auteurs on cru devoir faire vivre Véda-Vyàsa dans le XIe siècle de notre ère. On peut admettre l'existence de plusieurs Vyâsas: on peut croire qu'on s voulu souvent s étayer de l'autorité du nom qu'avait laissé le fils de Paràsara. Quel" qu'ait été l'arrangeur moderne des Védus et des Pourânas, le fond de ces ouvrages est antique, et il est certain que le Mahûlhârata a été composé à une époque antérieure à notre ère.
VYTCnEGDA, rivière de la Russie d'Europe. Elle prend sa source dans un marais
VZES
de la partie orientale du gouvernement de Vologda, se dirige vers le S., puis vers l'O., reçoit plusieurs affluents, notamment la Sisola a gauche, l'Youlva et l'Yarengaà droite, et, après un cours d'environ 675 kilom., se jette dans la Dwina du Nord, au-dessous de Solvitchegodsk.
„ VYTEGRA, ville de la Russie d'Europe. V.
VlTKGRA.
VZESLAS I«f, grand-duc de Russie, mort en 1101. Arrière-petit-fils de Vladimir le Grand, il obtint en' 1044 le duché de Polotsk en apanwge; mais, jaloux de voir la souveraineté de la Russie, qui était attachée a la possession du grand-duché de Kiev, aux mains des enfants d'Iaroslav, qui n'était que le fils cadet de Vladimir, tandis que lui, Vzeslas, avait pour aïeul le fils aîné de ce prince, il marcha à l'improviste sur Novgorod, qu'il livra au pillage. Les fils d'Iaroslav
VZES
attaquèrent alors Polotsk, dont ils s'emparèrent et dont ils massacrèrent les habitants. Vzeslas se hâta d'accourir , mais il fut battu en 1067 sur les bords du Niémen et se vit obligé d'entrer en négociation avec ses adversaires. Sur la foi d'un sauf-conduit, il se rendit à.Smolensk; mais il fut arrêté, au mépris de la parole donnée, chargé de fera et conduit à Kiev. Les habitants de cette ville, indignés d'une pareille trahison, se soulevèrent, chassèrent leur souverain Isiaslaset proclamèrent Vzeslas grand-duc (1068). Isiaslas revint bientôt après, à la tête d'une armée polonaise, et Vzeslas, trop faible pour lui résister, se retira a Polotsk. Cette ville ayant été prise et pillée peu après par Isiaslas, il s'en vengea en dévastant Smolensk. Dans la suite, cependant, il réussit à rendre complètement indépendante la principauté de Polotsk, dans laquelle ses descendants régnèrent après lui.
GRAND
DU XIXe SIÈCLE
1 — Tiré d'un manuscrit de la Bit?"" royale de Munich. — XIIe siècle.
2 — Alphabet lapidaire de Turin. — XVe siècle.
3 — Tiré du missel du cardinal Cornélius. — XVIIe siècle.
4 — Tiré d'un manuscrit du XVI6 siècle.
5 — Lettres bullatiques d'Italie. — XVI0 siècle.
« — Tiré d'un manuscrit de Venise. — XVe siècle.
7 — Tiré d'inscriptions sépulcrales de Vienne (Autriche). — XIV* siècle.
8 — Tiré d'un êvangéliaire de la Bibiue royale de Munich. — XIe siècle.
9 — Écriture d'église du XIVe siècle.
■10 — Tiré d'inscriptions sépulcrales lapidaires de Naples. — Xlïle siècle.
11 — Tiré de la Bible du surintendant Fouquet. — XIIIe siècle.
12 — Alphabet vénitien du XVIIe siècle.
Vf s. m. (-dauÈiln tj. Tjettre pn-if ™ mm in.B' u-ea du, Kr>rd, et nui riVat iam«Ai? «m fim ■,,:ii-
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— W n.vii:.L le wvn nu j, dfUia le Lh Lin Tjarluirc.e; |Minlïi!jiTB.|L HKjHTt puur jjflîiCi, gnn L».
— Coran» ubrêvittior. , ij> fl^nifie d&Bï la marin» Ynrin.iLa.ii. h II llgnUia jiusui mntr forma enujftiwi ri* notre niot [wipïJ. | l!n inntiqiJHj kl deâlh'Da iiLaLquaiai* l-n Violon. | Ka
vïllLIlie, LL reUTeKEI] le Jb UrVll frilTll flll Llql: (J-
— Sur ]4S finc'-etlnei hacain nie» il» Fran-rii, W jiidi^JHil la ville de InL'Ia, i:i Mirm.-iritA d'il n
Ira II hiif ixuiKnl (Wjk, il iodiqui t que Ln. [iLbi^g,
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VlAG-lEnTËITZ, ri.nn- ,l„ I,-!-,.,:, ,1 ■. ,. îfi.lifl. dam In 1[. llgrt*, tntnibut et 6, 33 JEJ loin.. Nx-li. Am Tre|.--!<Mi, «r La riva cauvlie d« Ln W.iHg; i,i«i tiBtb. f^brinaLiûD de rie. L'uuLuiu.-ce du ti,:iii,LiJi.
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lenqn^l B'eiiujtf^ea, lioiurflt! v Dloataire eti Iï Là. Apivi Hvoir Etut Iùe i:ùmt.ULriie: de eclLe année et de J'aiiiiéu a'jiviLnLo i:oiitL"ii la Ji'jni r*j L ulia fi-uiiicr U [,hiL, liuin tu, I" h l:-tiV:Lii ii L'it» niicr-Mlirt «lu Br*$l»U «t lui <-1i lwl*(l.itia iIstn ■.'ELLï ville a.vci:â.eudiLX{ KreùÉTinab Ch tIhï de Eiaunier, Paniw et le ii-ufE3>Eiii iulineider. Il ae connaora dn? lorj k l'ûLailc ,.ie l'iiîicoLn 'ic l'jjk'L t-.i (1i il n mu kiii(.j Mi-j-.iif ■ DflÂuv, pilla k ÛeideJ^vrv, où U VU, w:i 1*1 J, hi «■"lluuLi.-iD "iwH fru.insri floiaBïrae e( t-Û. U SaJVIt Im 4!uun de Lctuini.] ijriji aiuir vi- :vL:: lu El ni I indu, il M'j,ii]n,a fliiniTii train an» .l ilunl^K, ri-iiijfm r i. ilm:<. r.niAhfti ria iah Jiiida4. Itiyh ij,ji.[mj -uur iliverie* uub.irnlioii», il tut appi'JÈ, en IBIS, à Utrlin, ou il pril \.nwt aux LTnTiiiiJi d'uiitulLuMU dit Tnitùe roj»!. Il ae lia diu calra viL|c avae ti iLillium* da EJniLibnJdt, Si'lii:ili<l (ii Pr+dtric i-ii Rii -iiiol.r, «l y tu huh-aji ,a «or.naiHtqHK'e ■]« Vorii.Hl.ll4 H i"., . ilhI n Haut. ut alUH rnr.l lltaïl
il [U VlVe pOliMBiquÉ liLLë rajra. Wu-in iikù en 1 B3d ÉfrmuBluf île Lnjjiilcrift rla tnhleaiit du nouveau muide da Ûfiii3in, U oUint ta mu, à L'uLLi-TifBJta d« «rus villi, Im-lwlra il'bi>.taif4 iui I'iliLhii fi4( ai'ieleeD IE-ÙI à thiiiuE-fàlet*tiuiliij lkjut j donner ann, upinioL 4ur l'eupatiLi,.,'i eL- la eLob^ilIcuLLoD dua liLiduui du muiéa LnparinL, 4.>n k h]* lui ; ^ur jiuiùf k**
i* irai.ueiii dam ici roIIrwtÙM dt àfurricA {Mui i, I1Î0) : lél iJ'i'qfr^i Wnnei-f « jVau IVB jrpvrt 1 Breilati, tl'ïj : Ie^ tÈliWti tîvrt et bm urtittcf ru À n/fitrirrrr et ej Parti ( B*-rli n, 1B37- is:'i\', 3 vr-1,1, riiiTri^ifl dunL iL ;r. uh «• cltEilJi hiu Pnalcriaikil |4r«la«| lin voyiig* en A'i^lE-leEre »l eih fiiHiijri j Us 1 . ... ■> ••■ ■■.■ "ajir dam tu lïTandc-lifet<\$ir*t en m i^mi H Lm-iidraji, 3 BE4, i- T.d.j vol. Hep|iL«ni4ni.:iire, I(û7î; Il CM^BEtEBB li* tablraxE de i' Erwitage intpt-
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