‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 866 sur 1042 · WACE · texte numérisé non relu

WACE

gue hébraïque à Franeker, et devint plus tard prédicateur de l'université, puis historiographe de la Frise. Nous citerons, parmi ses nombreux écrits : Summa theologis christians (Francfort, 1684, in-4<>); Apoloyia pro vera et genuina reformatorum sententia adversus Lud. Wolzogenium ; De Aiyu contra clerictim; 7'ractatus de numéro septenario ; Demoiibus ajurisconsullis nuper in A cademia Frisia temereexcitatis, ad Anslariumepistola (Franc- . fort, 1687, in-4°); Capita doctrine de Testamento et fœdere (Francfort, 1693, in-4°), etc. — Son (ils, Jean van der Waajkn, dit le Jeune, né en 1676, mort en 1716, fut d'abord ministre, devint en 1701 professeur extraordinaire de théologie à Franeker et succéda la même année à son père comme prédicateur de l'université. On ne connaît de lui qu'une Dissertatio de iwpotentia hominis animalis ad capienda ea qux sunt spiritus /Jet,

WAAL, un des bras du Rhin inférieur. V. Wahal.

WAALIE s. f. (oua-a-11). Ornith. Espèce de pigeon d'Abyssinie.

WAAST-LA-HOUGOE (SAINT-), ville de France (Manche), cant. de Quettehou, arrond. et à 17 kilom, N.-E. de Vnlognes, avec un port sûr et commode sur la Manche ; pop. aggl., 3,173 hab. — pop. tôt., 3,664 hab. Consulat suédois. Construction de navires ; armement pour la pêche de la morue, du hareng et du maquereau. Commerce de planches, mâts, houille, étain, fruits. On y voit une belle église ogivale moderne, remarquable par la hardiesse de Sa voûti:„Cette ville a donné son nom à la bataille navale de La Hougue ou de La Hogue, perdue par Tourville contre les Anglais en 1692.

WAAST ou VAST (saint), en latin Vedn.m., mort en 540. Piètre du diocèse de Toul et chargé par l'évêque de cette ville d'instruire Clovis dans les préceptes de l'Evangile, après sa victoire de Tolbiac, il fut recommandé par le roi franc à saint Rémi, et il fut nommé, en 500, évëque d'Arras, puis de Cambrai en 510. Il rétablit la foi dans ces diocèses qui avaient été ravagés par les Huns et dont les habitants étaient retombés dans l'idolâtrie. A sa mort, il fut inhumé dans une petite chapelle près de la ville d'Arras, sur l'emplacement de laquelle on bâtit dans le vue siècle une église qui fut l'origine de la célèbre abbaye de Saiiit-Waast, L'Eglise catholique honore ce saint le 6 février.

WABASH, rivière des Etats-Unis. Elle prend sa source dans 10. de l'Etat de l'Ohio, comté de Mercier, arrose celui d'Indiana, qu'elle sépare de l'Illinois, passe à Vincennes et se jette dnns l'Ohio, rive droite, après un cours de 700 kilom. environ. Elle reçoit à droite le Vermillon, l'Embarras, le Petit- Wabasb ; à gauche, le Mississineva, le Buronço et le White-River. Elle est navigable pour les grands bateaux à partir de Ouitano, où sont des rapides.

WACE (Robert), célèbre poète anglo-normand, né dans l'Ile de Jersey vers 1112, mort en Angleterre vers 1184. Son nom est diversement écrit dans les anciens manuscrits de ses poëmes, mais l'usage a consacré celui que nous donnons ici. Les autres formes que ■ 1 on rencontre le plus souvent sont : Gn»e, Gnce, Gunzo, Huace et Hulttace, mots qui semblent être des abréviations à'Eustache, Son prénom n'est pas connu d'une manière plus certaine, car la seule qualification qu'il se donne lui-même est celle de maître Wace. Du Cange croit qu'il s'appelait Matthieu, et Huet est le premier qui lui ait donné le prénom de Robert. Quelques: auteurs reculent jusqu'à 1090 la date de sa naissance. Il fut clevé à Caen, alla terminer dans les Etats du roi de France ses études, qui semblent avoir eu la théologie pour objet principal, et revint ensuite à Caen, où Henri 1er, roi d'Angleterre, tenait ordinairement sa cour. Ce fut dans cette ville qu'il passa la majeure partie de sa vie, occupé surtout à composer des [loëmes-, auxquels il donna le nom de romans, parce qu'ils étaient écrits en langue romane. Le lloman de Rou (Rollon), qu'il commença en 1160, était dédié au roi Henri II et fut présenté par "Wace à ce prince, qui récompensa l'auteur en lui donnant un canonicatà la cathédrale de Bayeux. D'après les capitulaires de cette église, il fut en possession de ce bénéfice de 1161 à 1171. Comme il se donne souvent lui-même le titre de « clerc lisant, • on a supposé qu'il était attaché à la chapelle particulière de Henri II. Il se plaint cependant amèrement parfois que les récompenses qu'il reçut des ducs de Normandie ne répondirent pas à ses espérances et restèrent bien au-dessous des promesses qu'ils lui avaient fuites. Les principaux, détails de cette courte biographie de Wace sont empruntés ù ce qu'il dit de lui-même dans son Roman de Itou :

• Lunge (longue) est la geste des ÎJormanz

Et a mètre est griève (difficile) en romanz.

Si l'on demande ki ço dist (qui dit cela),

Ki ceste estoire en romanz mist;

Jo (je) di e dirai ke jo sui,

Wace, de l'Ile de Gersui (Jersey),

Ki est en mer vers occident.

Al /leu (fiel) de Normendie appent (appartient)

En rite de Gersui fu nez.

A Caen fu petis portez.

lloec (li) fu à lettres mis,

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Puis fu lunges (longtemps) en France açris.

Quand de France jo repairai (je. revins)

A Caen lunges conversai (demeurai) ;

De romanz fers m'entremis,

Mult (beaucoup) en écris et mult en fie.

Far Deu aie (aidé) é par li rei

Alirefors li (autre que lui) sefvir ne dei.

Me fut donnée, Dex li rende

A Baieues une provende;

Del rei Henri eegund vos di,

Nevou Henri, père Henri. •

Cette chronique rimée, dont le titre complet est : le Roman de Rou et des ducs de Normandie, est le plus connu des ouvrages de Wace. On l'estime surtout comme un précieux monument philologique et historique, et quoique souvent incorrecte dans les détails et inexacte daus les dates, elle n'en présente pas moins une peinture fidèle des mœurs et de là société de cette époque. Elle renferme l'histoire des ducs de Normandie, depuis l'invasion de Rollon dans cette contrée jusqu'à la huitième année du règne de Henri 1er, et non pas seulement, comme l'affirme Hallam, le récit de la bataille de Hastings et de la conquête de l'A^leterre par les Normands. V. Rou (Roman de).

Le poëme contient en tout 16,547 vers.

Wace y a pris en général pour guide de son récit Dudon et Guillaume de Jumiéges, mais il a ajouté à leur relation une foule de détails curieux et intéressants, qu'il afrirme avoir recueillis par ouï-dire. Le second grand poëme de Wace est le roman de Brut, écrit antérieurement au Roman de Rou, et, d'après les lignes qui le terminent, achevé en 1155. Nous l'avons également analysé (v. Brut [roman de]). 11 se compose d'environ 1,800 vers et quelques auteurs le. regardent comme le premier ouvrage où se trouve en germe le roman de la Table ronde du roi Arthur. Un troisième ouvrage de Wace, la Chronique ascendante des ducs de Normandie, commence à Henri II et remonte jusqu'à Rollon. C'est un petit poëme de 314 vers alexandrins; il a été publié Jans les Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie (1824, t. !<■') eLa dû être écrit après 1173, car il mentionne les troubles excités celte année- là en Normandie par la révolte des fils de Henri II contre leur père. Les deux autres poëmes dont Wace est reconnu comme l'auteur sont moins intéressants et bien moins connus que les précédents; le premier, l'Etablissement de lafeste de la Conception, dicte la feste as Normanz, a été édité par Mancel et Trébutien (Rouen, 1842) ; quant au second, la Vie de saint Nicholas, des extraits en ont été insérés par Hickes dans son T/tesaurus littérature septentrionulis.

Ou a encore attribué à Wace deux autres poëmes : le Roman du chevalier au lion et le Roman d' Alexandrie ; mais, quoique ce soient incontestablement des productionsduxne siècle, la grande majorité des critiques refuse de l'en reconnaître comme l'auteur. Les manuscrits de ces différents poëmes sont trèsnoinbreux. La Bibliothèque nationale et Celle de l'Arsenal, à Paris, en possèdent chacune un complet du Roman de Rou; celui de la Bibliothèque nationale a été écrit, croit-on, au xive siècle. Le plus ancien de tous se trouve au musée Britannique, à Londres, et date, selon toute probabilité, des premières années du xine siècle ; il ne renferme cependant que la quatrième partie du Roman de Rou. M. de Bréquigny a inséré une étude remarquable sur les manuscrits de ce roman dans le cinquième volume de ses Notices des manuscrits de la Bibliothèque royale.

La meilleure édition du Roman de Rou est celle de Pluquet (Rouen, 1827, 2 vol.); la partie du texte donné par Pluquet qui se rapporte à l'histoire d'Angleterre a été rééditée, avec la traduction anglaise en regard, par sir A. Malet (Londres, 1860). L'édition la plus récente du Roman de Brut est celle de Leroux de Lincy (Rouen, 1833-1838, 2 vol.). Parmi les ouvrages que l'on peut consulter sur Wace et ses poëmes, nous citerons : Essai sur les invasions maritimes des Normands dans les Gaules, par Capetigue (1826) ; Histoire des expéditions maritimes des Normands, par Depping (1823); Histoire des Normands, par Wheaton, en anglais (Londres, 1831); Notice sur la vie et les écrits de Robert Wace, suivie de citations extraites de ses ouvrages, par Pluquet (Rouen, 1824); Catalogue descriptif des matériaux relatifs à l'histoire de ta Grande- Bretagne, pur S. Hardy (t. II, p. 428 à 437). Enfin, le Glossaire de la langue romane, de Roquefort (Paris, 1808, 2 vol.) est très-utile pour la lecture des œuvres de Wace.

WACI1 (Charles-Go'defroy-Guillaume), musicien allemand, né dans la Lusace en 1775, mort en 1833. 11 apprit dès son enfance à jouer de plusieurs instruments et, après avoir fait des cours complets de droit, il se consacra exclusivement à la musique. Il étudia surtout le violoncelle et la contre-basse, et acquit sur ce dernier instrument un talent des plus remarquables. Il passa la plus grande partie de sa vie à voyager, et il est bien peu de villes en Allemagne où il ne se soit fait entendre. On lui offrit, à différentes reprises, des emplois lucratifs, mais il les refusa toujours pour conserver son indépendance. Il a arrangé en quintettes, sextuors, etc., plusieurs opéras, entre autres la Famille suisse de Weigl, les Sept paroles de Jésus-Christ de- Haydn,le Prisonnier de Délia Maria, etc.

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WACH (Guillaume), peintre allemand, né à Berlin en 1787, mort en 1845. Il étudia son art sous la direction de Kretschmer. Après avoir servi, comme officier, dans la landwehr prussienne pendant la campagne de 1813 et de 1815, il résida à Paris jusqu'en 1817 pour y étudier les collections artistiques de cette capitale et y travailler sous la direction des maîtres de l'époque, et partit ensuite pour l'Italie. De retour à Berlin en 1819" avec une riche collection d'études et d'esquisses, il se mit k l'œuvre et ne tarda pas à acquérir une brillante réputation. Nommé, peu après, membre du sénat et de l'Académie royale des beaux-arts, il fut chargé, de concert avec Hirt, Schinkel, Schlesinger et Waagen, d'organiser le nouveau musée, de diriger la restauration des tableaux et d'indiquer les nouvelles acquisitions à faire. Il combla une lacune qui existait dans la vie artistique de Berlin en y fondant une grande école de peinture. Sestableauxse distinguent, en général, par l'intelligence de la composition, par la correction du dessin et par le soin et la sûreté de l'exécution. On admire surtout ses portraits, dont l'un, celui de la Jeune fille de Vetletri, a été reproduit nombre de fois. Parmi ses grandes compositions, il faut citer les Neuf Muses, sur le plafond du nouveau théâtre Royal, des retables d'autel pour les églises de la garnison et de Werder, à Berlin, et pour celle de Saint-Pierre, à Moscou. Ce dernier est l'œuvre la plus remarquable de Wach. Cet artiste était le frère de la romancière Augusta de Paalzon.

WACHAC, village du royaume de Saxe, à 10 kilom. S. de Leipzig. Célèbre par la victoire remportée par les Fiançais sur les Autrichiens le 16 octobre 1813 (ire journée de la bataille de Leipzig). V. Leipzig.

WACHENDORFIE s. î'. (oua-chain-dor-f!

— de Wachendorf, botan. holland.). Bot.

Genre de plantes, de la famille des hémodoracées, comprenant des espèces qui croissent au Cap de Bonne-Espérance: La w*cuiiNDORFiK a fleurs en thyrse se cultive dans quelques serres en France (Th. de Berneaud.)

— Encycl Les wachendorfies sont des plantes vivaces, à feuilles radicales plissées, engainantes, à tige portant de petites écailles foliacées, raniidéeau sommet, et donnant de nombreuses fleurs d'un coloris riche et varié. Ces plantes croissent a-u Cap de Bonne- Espérance, et plusieurs sont cultivées dans nos jardins, où on les multiplie de graines et de caïeux. Elles viennent mieux en serre tempérée. La wachendorfie à fleurs eu thyrse a un bulbe petit, à chair rouge ; une tige de

1 mètre à lm,30; des feuilles larges et canaliculées; des fleurs grandes, campanulées, d'un beau jaune, en épi terminal, s'épanouissant en mai et en juin. La wachendorfie graminée diffère de la précédente par ses feuilles en glaive et ses fleurs en panicule étalée.

WACHENHEIM, bourg de Bavière, cercle du Paladnat, bailliage et à 21 kilom. S.-E. de Durtheim , au pied du Harz; 3,200 hab. Récolte et commerce des meilleurs vins du Palatinat.

' WACHLEB (Jean-Frédéric-Louis) , historien allemand, né à Gotha en 1767, mort en 1S3S. Il lit ses études philosophiques à Iéna et à Gœttingue, fut quelque temps précepteur, et devint successivement recteur à Herford (1790) , professeur de théologie , puis d'histoire (1797) à l'université de Rinteln, de laquelle il devint bibliothécaire et d'où il passa à Marbourg en 1801. Nommé, en 1805, conseiller consistorial, il fut encore appelé, dix ans plus tard, à une chaire d'histoire à l'université de Breslau. Ses principaux ouvrages sont : Essai d'une histoire générale de la littérature (Lemgo, 1793-1796, 3 vol.); Aphorismes au sujet des universités et de leur rupport avec l'Etat (Marbourg, 1802); Manuel de l'histoire générale de ta culture littéraire (Marbourg, 1804-1805, 2 vol.); Histoire des investigations historiques et de l'art depuis la renaissance de la culture des lettres en Europe (Gœttingue, 1812-1820, 2 vol.); Lectures sur l'histoire et la littérature nationale de l'Allemagne (Francfort, 1818-1819,

2 vol.); Philomathie (1819-1821); Manuel d'histoire littéraire (Leipzig, 1827); Nouvelles annales de théologie, recueil qui s'arrête en 1823 ; Mélanges (1835).

WACUSMCTH (Henri) , jurisconsulte allemand, né en 1760, mort en 1836. Après avoir exercé à Delitzseh la profession d'avocat, il devint conseiller d'appel à Dresde en 1812, et prit sa retraite trois ans plus tard. Outre quelques œuvres dramatiques , inspirées par YOssian de Macpherson, on a de lui un important Traité sur la co7istitutioH de la juridiction patrimoniale des domaines équestres.

WACHSMUTH (Ernest -Guillaume - Théophile), historien allemand, né à Hildesheim en 1784, mort en 1866. Il suivit, à dater de 1803, des cours de philosophie et de théologie, et devint professeur successivement à l'école du cloître de Magdebourg , au gymnase de Zerbst et & l'école supérieure des gymnases réunis de Halle. Nommé ensuite professeur d'italien et d'anglais à l'université de cette ville, il y publia une Grammaire de la langue anglaise (1816J, ainsi que quelques mémoires qui furent insérés , de 1816 à 1818, dans la Gazette des belles-lettres. A cette époque, il fut chargé d'un cours d'bis-

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toirc, et fit paraître son Histoire ancienne de l'empire romain (1818), œuvre savante que l'on a souvent placée a côté des travaux de Niebuhr. Il donna ensuite un Essai d'une théorie de l'histoire (Halle, 1820) , ouvrage philosophique rempli de vues élevées et originales. Nommé , en 1820 , professeur d'histoire à l'université de Kiel, il passa .cinq ans plus tard, en la même qualité, à l'université de Leipzig. Il y fêta, en 1861, la cinquantaine de son doctorat, et, trois ans plus tard, à l'inauguration du centième semestre de son professorat, il reçut le titre de conseiller aulique intime. Il était, depuis 1842, membre correspondant de l'Institut de France (Académie des inscriptions et belles-lettres). Nous citerons, parmi ses ouvrages : Antiquités de la Grèce (Halle, 1826-1830, 4 vol.); Traits principaux de l'histoire générale des peuples et des Etats (Leipzig, 1836); Tableaux historiques extraits de l'histoire moderne (Leipzig, 1831-1833, 3 vol.); Histoire des mœurs européennes (Leipzig, 1831-1839); jfiïstoire de France sous la Révolution (Hambourg, 1840-1844); la Cour des Muses à Weimar, de 1772 à 1807 (Berlin, 1844); Histoire de l'époque de la Révolution (Leipzig, 1846-1848, 4 vol. in-8°); Histoire générale de la civilisation (Leipzig, 1850-1852, 3 vol. in-8°) ; Histoire des partis politiques (Brunswick, 1853- 1857, 3 vol. in-8°); Histoire de la nationalité a llemande (Brunswick, 1860-1862, 8 vol. in-8°); Histoire de ta basse Saxe (Berlin, 1863); Histoire du chapitre et de ta ville de Hildesheim (Hildesheim, 1863). Waolismuth avait été, en 1862 , l'un des fondateurs des Archives pour l'histoire de la Saxe, recueil qui parait à Leipzig.

WACHSMUTH (Ferdinand) , peintre français, né à Mulhouse en 1802. Entré à l'atelier de Gros, il se montra le plus actif peut-être, sinon le plus habile des élèves de ce maître. Après un début assez insignifiant au Salon de 1830, ses relations de famille lui procurèrent la bonne fortune de faire un voyage en Algérie avec les princes d'Orléans, qui furent dès lors ses protecteurs. A son retour en France, en 1832, M. Waschsmuth se mit au travail pour satisfaire aux commandes importantes qu'il avait reçues de l'Ktut. tin 1833, il exposa son Episode de ta prise d'Alger et une Vue prise à Staoueli, qui obtinrent une se médaille.

Dans les six années qui suivirent ce début, l'artiste en vogue exposa : Louis XI et François de Paule, les Politiques de la barrière, Bonaparte à Valence , le Modèle et le rapin, le Suicide, Une régalade, One inondation, tableaux d'un mérite incontestable, qui furent reproduits par la gravure et par la lithographie. De 1840 à 1847 se succédèrent, pour M. Wachsmuth , des années marquées par des commandes et des succès. Citons : Saint Thomas de Villanueva (ministère), Baigneuse, la Siesta , Vivandière en Afrique, Saint Xavier préchant dans les Indes (appar. à l'Etat), le Chien de l'ermite, Caravansérail, Suint Louis de Gonzague. Il envoya en outre au Salon de 1848 la Jeunesse de Zurbaran et le Giorgione; à celui de 184?, la Prise des Tuileries; à celui de 1850, Salvator Rosa. En 1857, M. Wachsmuth eut plus de succès avec Michel-Ange dans le jardin des Médicis, et, en 1859, le ministère delà guerre achetait le Lendemain de ta prise du Mamelon-Vert. Signalons encore, parmi les peintures que M. Wachsmuth exécuta pour Versailles, sous le règne de Louis-Philippe, le Siège et la prise du fort Saint-Philippe en 1756, et la Prise du fort l'Empereur, à A Iger.

WACHTER (Jean-Georges) , philologue et archéologue allemand, né en 1673 à Menamingen (Souabe), mort en 1757. Il se livra avec ardeur a l'étude des langues classiques, orientales et modernes, et acquit aussi de profondes connaissances en numismatique.

Il fut quelque temps attaché au musée d'antiquités de Berlin, et devint membre de l'Académie de cette ville ; mais les deux premiers rois de Prusse, Frédéric 1er et Frédéric- Guillaume Ier, ne prodiguant guère d'encouragements aux arts et aux sciences, il quitta Berlin pour se rendre à Leipzig, où il devint premier bibliothécaire et directeur du musée d'antiquités. Wachter a écrit plusieurs ouvrages, qui sont encore au premier rang parmi les meilleurs dans leur genre. Nous citerons, entre autres : Glossarii germanici spécimen (Leipzig, 1787, in-8°) ; Glossarium germanicum continent origines et antiquilates totius lingua germanicm (1736-1737, 2 vol. in-fol.) , l'œuvre principale de l'auteur, qui lui a du d'être regardé comme l'un des fondateurs de la grammaire comparée; ArchlBologia raimaria (1740, in-4<>), insérée dans les Nova acta erudttorum; Nature et scripturm concordia commentario de lilteris ac numeris primmvis iUustrata, etc. (1752, in-4»). Wachter fournit, en outre , aux Miscellanea Berolinensia et aux Nova acta eruditorum un grand nombre de mémoires importants, entre autres ceux qui ont pour litres : Tyrannus in veteri gemma monstroso et portentoso emblemale reprssentatus ; De alp/iabeto naturs et litterarum non naturalium, etc. A sa mort, il légua le manuscrit 'de son glossaire à la bibliothèque de sa ville natale, où il est encore conservé de nos jours.

WACHTER (Ferdinand), historien et poSte allemand, né en 1794 dans la Saxe electo-

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rôle, mort.en J861. Il commença par étudier le droit, qu'il abandonna bientôt pour l'histoire, et , après setre fajt recevoir agrégé pour cette l'acuité à l'université d'Iéna, il devint, un peu plus tard, professeur extraordinaire, puis, en 1834, professeur ordinaire. Il se démit de sa chaire en 1851 et, après avoir résidé quelque temps dans le Voigtland , se retira dans un petit bourg des environs d'Iéna, OÙ il vécut dans un, isolement complet. On savait qu'il gardait chez lui des sommes importantes, et une nuit des voleurs l'assassinèrent sur la grande route ; ils s'introduisirent dans sa mirison , mais ils durent se retirer sans avoir protité de leur crime. On a da Waohter : une thèse latine remarquable Sur la légende de Siegfried (1820) ; Histoire de la Tlmringe et de la haute Saxe, d'après les sources (Leipzig, 1826-1830) ; Forum de la critique dans le domaine de l'histoire et des sciences accessoires, revue littéraire publiée à AÛenbourg, de 1827 à 1830, et dans laquelle Waehter lit paraître , entre autres écrits , sa traduction des Citants d'Helgi; une traduction de l'ouvrage islandais de Inoni Sturleson , intitulé Ileims- Kringla (Leipzig, 1835-1836, 2 vol.); Œuvres dramatiques (1845-1846, 2 vol.) , recueil qui renferme, entre autres pièces, Brunehilde et Rosemonde, drames; les Amoureux et le Fra- . tricide, comédies ; les Six rivaux à ta kermesse du village, poëme héroï- comique (Leipsig, 1854).

WACIITERSBACH, ville de Prusse, province de Hesse-Cassel , cercle et à 7 kiiom. de Gelnhausen, chef-lieu du bailliage de son nom; 1,600 hab. Bans les environs, fabrication de poterie estimée. On voit a Wachlersbach le château des comtes d'Isenburg- Wachtersbach.

WACKE s. f. (va-ke). Miner. Matière opaque qui a de l'analogie avec le basalte et l'argile.

— Encycl. La wacke, appelée aussi vake ou wake, est une roche à base d'apparence simple, qu'on croit être composée d'eurite, de leptynhe ou de pyroxène. Elle est homogène, tantôt assez dure et fragile, tantôt tendre et friable ; quelquefois même elle se délaye dans l'eau, mais sans jamais y faire pâte comme les argiles ; elle a d'ailleurs un tissu bien plus compacte que celui de ces dernières, avec lesquelles elle offre beaucoup de rapports. Elle ne happe pas non plus à la langue. Sa densité varie de 2,5 à 2,9. Elle fait ordinairement mouvoir l'aiguille aimantée, et fond facilement au chalumeau en un émail noir. Sa couleur, suivant les variétés , est brunâtre, grise, jaunâtre, rouge ou verdàtre. Elle provient de la décomposition des basaltes, et forme des veines, des couches, ou même des masses considérables, tantôt isolées, tantôt en relation avec le3 basaltes ouïes amygdaloïdes qui eu dérivent.

WACKEN, bourg de Belgique, province de la Flandre occidentale, arrond. et à 15 kilom. N.-E. de Courtrai ; 2,500 hab. Distillerie ; manufacture de tabac. Ce petit bourg est fort bien bâti et d'une propreté remarquable.

WACKENHODEB (Guillaume-Henri,, poète allemand, ué à Berlin en 1773, mort en 1798. Il était lié intimement avec Louis Tieek, dont il avait été le condisciple à Berlin et à Halle. Il consacra à des travaux littéraires les loisirs que lui laissait l'emploi de référendaire auprès du tribunal de Berlin. En

1797, il fit paraître les Epanchements de cœur d'un moine ami des arts, qui obtinrent beaucoup de succès, surtout auprès des artistes allemands établis à Rome, car l'auteur y vantuit- avec une éloquence enthousiaste l'étude de l'histoire des beaux-arts , alors tombée dans un discrédit complet. Un peu plus tard, le jeune écrivain succomba à une maladie de poitrine. 11 laissait en manuscrit deux ouvrages que Tieek publia sous ces titres : Excursion de François Sternbald (1798) et Fantaisies sur l'art (1799). Holtei a inséré sa correspondance avec Tieek dans la collection intitulée Lettres adressées à Louis Tieek (Berlin, 1804).

WACKENRODEtt (Henri-Guillaume-Ferdinand), chimiste et botaniste allemand, né en

1798, mort en 1854. D'abord pharmacien à Celle, il devint, en 1828, privat-doceni à l'université de Grettingue , puis professeur de philosophie à celle d'Iéna, et enfin inspecteur des pharmacies du grand-duché de Weiniar. On a de lui : Commentarium de anthelminticis regni vegetabilis (Goaitingue , 1826) ; Tables chimiques pour servir à l'analyse des liaisons inorganiques (Iéna, 1829, in- fol.) ; Petites tables analytico -chimiques (1847); Classifications chimiques des corps simples ei composés (1851, in-8°). Wackenroder avait, en outre, édité avpe Brandes, de 1838 à 1840, et avec Bley, de 1841 a 1842, les Archives de la pharmacie, tomes XV à XXXII.

WACKERBARTH (Auguste - Christophe , comte bis), général saxon, né dans le Meoklembourg en 1662, mort en 1734. Entré, dans son enfance, parmi les pages de l'électrice palatine Guilhelmine-Ernestine de Saxe, il demeura depuis au service des princes de cette contrée, entra dans leur aimée, et, a l'époque de la guerre de la succession d'Espagne, il était parvenu au grade de colonel. Promu, peu après, major géuéral, il prit part aux campagnes de 1702 et 1703, et devint,

WADA

l'année suivante, commandant 4e Haguenau, qu'il fut obligé de rendre, en 1707, aux Français, après une longue résistance. Dans l'intervalle , il avait reçu différentes dignités militaires et avait été créé comte de l'empire par Joseph I«'. Promu ensuite lieutenant général, il passa dans les Pays-Bas et se signala devant Lille (1708) et Tournai (1709). A son retour en Saxe, il fut nommé ministre-secrétaire et général d'infanterie, fut envoyé, en 1715, dans la Poméranie, où it assiégea et prit Stralsund, fortifia Varsovie l'année suivante, et, en 1717, alla à Vienne négocier le mariage du prince électoral de Saxe avec l'archiduchesse Marie-Josèphe, nièce de Charles VI.

En récompense de ce dernier service, l'électeur le nomma gouverneur de Dresde, et il ne quitta guère cette ville jusqu'en 1730, époque à laquelle il parut encore avec éclat au siège de Zftithayn. Trois ans plus tard, il suivit à Oracovie l'électeur de Saxe, qui venait d'être élu roi de Pologne, et assista au couronnement de ce prince. Il mourut quelques mois plus tard.

WACKERNAGEL(Charles-Ernest-Phitippe), littérateur allemand contemporain. Successivement professeur au gymnase de Wiesbaden, et directeur de l'Ecole industrielle d'Elberfeld, il a publié : Choix de poésies allemandes pour les écoles supérieures (Berlin , 1832); lé Chant d'église allemand (Stuttgardt, 1841, 4 vol.), recueil de chants religieux allemands, depuis les temps les plus reculés jusqu'au commencement du xvue siècle, ainsi qu'une excellente Bibliographie du chant d'église allemand (Francfort, 1854). On lui doit aussi des éditions des chants religieux de Paul Gehrardt (Stuttgard, 1843) et de ceux de Luther (Stuttgard, 1848). •

WACKERKAGEL { Charles - Henri - Guil laume), polygraphe allemand, frère puîné du précédent, né en 1806 a Berlin, mort en 1869. Il fit de profondes études littéraires sous le professeur Lachmann. Il alla ensuite habiter Breslati et Berlin, où il fit ses premiers livres. Vers 1833, il obtint une chaire de langue et de littérature allemandes à l'université de Baie et se fit naturaliser Suisse en 1837. Il est devenu depuis membre du grand conseil (1854), puis du conseil d'Etat de cette ville (1856). Nous citerons, parmi ses travaux, qui portent presque tous sur la littérature et la philologie allemandes : la Prière de Wessobrunn et les gloses de Wessobrunn (Berlin, 1827); Poésies d'un écolier en voyage (Berlin, 1828); Histoire de l'hexamètre et du pentamètre allemands jusqu'à K!opstock(Bevlin, 1831) ; les Services rendus par la Suisse à la littérature allemande (Bàle, 1833) ; Livre de lecture allemand (Bâle, 1835-1836, 2 vol.; 1861 , 4e- édit.) ; les Manuscrits en allemand ancien de la bibliothèque de l'université de Bàle (Bàle, 1835); Roses des Alpes (Aarau, 1837-1839) ; De la poésie dramatique (Bàle, 1838); Ch.-Fr. Drollinyer (Bâle, 1841); Poésies nouvelles (Zurich, 1842); Poésies du jour (Bâle, 1843); le Petit livre du vin (Leipzig, 1845); Chants et lais en vieux français (Bâle, 1846); Vfatther de Klingen (Bàle, 1846) ; Vocabularius optimus (Bàle, 1847); Histoire de la littérature allemande (Bâle, 1848); Pompei (Bâle, 1851); le Droit de iévêque de Bâle et de ses hommes-liges (Bàle, 1852); Sêville (Bâle, 1854) ; la Peinture sur verre allemande (Leipzig, I855);'£itia n-H^evra (Bàle, 1860); le Temps de la vie (Bâle , 1862); la Germanisation des mots étrangers (Bâle , 1863 , 2» édition), etc. M. Waekernagel a, en outre, donné une édition du Miroir des Souabes (Zurich, 1840), et inséré de nombreux articles dans différents recueils et journaux littéraires, tels que le Musée suisse de science historique, qu'il a fondé avec Gerlach et liottinger ; les Feuilles de l'allemand ancien et le Journal d'archéologie allemunde , de Haupt; les Documents pour l'histoire et la littérature, de Kurz et de Weinenbach ; les Feuilles protestantes mensuelles, etc.

WAD s. m. (ouadd). Miner. Espèce de manganèse terreux du Derbyshire.

WADAY, l'un des principaux Etats du Soudan oriental, borné a l'E. par le Darfour, au N. par la région montagneuse des Tebon- Gradan, au N.-O. par le Bahr el Ghazel (vallée de la Gazelle) qui le sépare du Kanein, à l'O. par le Fithé (nom d'un lac de son territoire), au S. par le Darkonla ou Gonla; ; 11,000 kijom. du S. au N. et autant de l'E. à l'O.j capitale Wara. Le "Waday est un lieu de transition entre la zone tropicale et la zone équatoriale, entre celle des Arabes et Berbères, et celle des Nègres proprement dits. Le Waday a des montagnes peu élevées et des plaines fertiles ; il est convenablement boisé et arrosé. 11 jouit par son climat des pluies équinoxiales sans en être submergé. Le sol est généralement sablonneux. Ce pays est ouvert de tous côtés, car ce n'est point une oasis comme le Darfour, dont il. est séparé par un désert de trois journées seulement. De tous les déserts qui l'atteignent sur quelques points de ses trontières, il n'y en a pas un seul qui ne soit praticable dans la saison des pluies, époque où on y trouve de la verdure et de l'eau. Tous les cours d'eau du Waday ont leurs sources dans les montagnes du Darfour, sans doute dans e Djabal-Marrah, dont le versant occidental appartiendrait au bassin du Tchad,

WADD

tandis que le versant oriental et la presque totalité du pays de Four, appartiendrait au bassin du Nil Blanc. Le Waday est essentiellement agricole. Les pastèques ou melons d'eau abondent dans les terres sablonneuses et y croissent sans culture; mais les espèces cultivées sont les meilleures. Outre les pastèques, le pays produit, un grand nombre de cucurbitacécs, courges, melons et concombres. En fait de légum»:s et de condiments, on ne trouve guère que les oignons, les aulx, le poivre rouge ou pimei.t,le cumin, la coriandre, ï'ankotile, dont la tige est sucrée. On trouve, dans les nombreux étangs du Waday, une plante aquatique traçante, dont on mange les tubercules. Une excellente race de chevaux, d'innombrables troupeaux de vaches, sans compter le menu bétail, entin des chameaux d'une extrême sobriété, constituent la richesse territoriale des Wadaïens. Chez eux, un homme est réputé pauvre s'il ne possède que quarante vaches. Mais les lions et les panthères lèvent la dîme sur les troupeaux. Parmi les autres animaux nous citerons les éléphants, les girafes, plusieurs espèces d'antilopes. Quant aux richesses minérales de cet empire, elles consistent en fer, cuivre, étain et zinc. Le meilleur minerai est tiré des montagnes du Midi. Les Wadaïens fabriquent avec le fer tous leurs instruments aratoires. Leurs sabres droits, à double tranchant, sont de fabrique allemande. Les principaux articles d'exportation sont. les suivants : esclaves, gomme, dents d'éléphants, tamarin, fruits du baobab, peaux de bœufs, plumes d'autruche, la sel, divers fruits, etc. Importation : corail naturel et artificiel, ambre jaune,.perles et verroteries, anneaux et bracelets, soie filée, tissus de coton et de laine en pièces et en habillements, parfums et épiées, cuivre rouge et jaune, sulfure d'antimoine, aiguilles, rasoirs, selles avec feutres, papier à écrire, soufre en canon, cottes de mailles, sabres, livres musulmans, etc. Les relations de commerce sont établies, vers l'orient, avec l'Egypte et le Hedjaz; à l'ouest, avec le Bornou ; au nord, avec Tripoli, où les caravanes se rendent par le Fezzan, et avec Benghazy, qu'elles atteignent directement à travers le désert de Libye, suivant une route qu'ouvrit, au commencement du siècle, le sultan Abd-el-Kavim-Saboun, et qui passe par Tekro, Kebabo (oasis de Kanfara) et Andjelah. En fait de produits industriels, le commerce n'en a d'autres à échanger que ceux que fournissent les métiers de tisseur, forgeron, fileur, fondeur, teinturier en indigo, tanneur. Le oays ne possède pas de grand marché ; le trafic est aux mains des Djellaba, marchands d'esclaves, qui font les affaires par compagnies, dont chacune a sa ligne de voyage déterminée. Le moyen d'échange à valeur fixe est la tokia (au pluriel , iokaki) , consistant en des bandes de coton de Baghirmi, du Bornou et de l'Afrique occidentale. La monnaie des grandes opérations est*le bétail ou les esclaves. Les monnaies européennes n'ont été que récemment introduites par les marchands de Benghazy ; le talari ou douro d'Espagne y est recherché.

Le gouvernement du Waday est despotique ; toutefois' les ulémas, ou interprètes de la loi musulmane, y exercent une grande influence ; une portion de la population lettrée se sert de l'alphabet oriental, tandis que l'autre emploie l'alphabet occidental ou maghraby.

WADD, divinité des anciens Arabes, chea lesquels elle symbolisait le ciel.

WADD1NG (Pierre) théologien irlandais, né à Waterford en 1580, mort en 1644. Entré en 1600 chez tes jésuites de Louvain, il professa dans celte ville jusqu'en 1610, et alla ensuite occuper une chaire a. Louvain, puis à Prague, où il devint, plus tard, chancelier de l'université, et d'où il passa, dans la suite, à Gratz en la même qualité. On a de lui ; Vers et observations critiques sur les sciences humaines; Traité contre les hérétiques; Brevis refutatio calumniarum quas coltegio societatis Jesu Pragensi impegit scriptor famosi libelli, cui titulus Flagellum jesuiticum (Heisse, 1634, in-4°); Tractatus de incarnatione (Anvers, lG34,in-4<>); Tractatus de coniraclibus (Gratz, 1644, in-4o).

WADDIÏSG (Luc), historien et biographe, de l'ordre de Saint-François, né en 1588, à Waterford (Irlande), mort à Rome en 1657. 11 suivit jeune sa famille en Espagne, puis en Portugal, étudia au séminaire irlandais d» Lisbonne, embrassa la règle des oordeliers à seize ans, professa la théologie à Salamanque, suivit â Rome l'évêque de Carthagène et fut pourvu dans cette ville d'une chaire de théologie et de fonctions importantes pour les intérêts de son ordre. Un a de lui une édition de Duns Scott avec sa Vie (Lyon, 1644, in-lS), ainsi que plusieurs ouvrages, parmi lesquels on cite : De hebraiciB lingux origine, prxstantia et ulililate; (IçtaÇim, sive tegatïo Phitippi III et IV, Hispaniarum regum, ad summos pontifices Paulum V, Gregorium XV et Vrbanum VIII, pro definien^a controversia immaculatx conceptionis beats Marin Virginis (Louvain, 1624, in-fol.); Annales ordinis Minorum (Lyon et Rome, 1628- 1654, 8 vol. in-fol. ), histoire très-estiinée de l'ordre de Saint-François, traduiie en français par le P. Castet (Toulouse 1680-1683); Vita Pétri Thoms,carmetits pntiiarchœ Con- $tantinopolilani{Lyoa, 1637,in-S°) ;Scriptores

WADD

ordt'nis iMÏHonim (Rome, 1650, in fol.), ouvrage très-utile, malgré de nombreuses inexactitudes et des omissions; Immatulatx conceptionis beats M ar m opusculum (Rome, 1655, in-S°), ouvrage curieux et rare.

WADDINGTON (Charles-Tzaut), également connu sous le nom de WaddluKion-Knitua, philosophe français, né en 1819. 11 appartient a une famille protestante d'origine anglaise. En sortant du lycée de Versailles, il entra a l'Ecole normale (1838), se fit recevoir agréçô de philosophie quatre ans plus tard et, après avoir occupé une chaire a Bourges, il revint à Paris, où il fut professeur suppléant de

Îihilosophie aux collèges Henri. IV et Louise-Grand. M. Charles Waddington devint ensuite maître surveillant à l'Eeole normale, prit le grade de docteur es lettres (1848), fut reçu agrégé à la Faculté de Paris et fit sur la logique un cours complémentaire à laSorbonno. En 1858, il quitta l'enseignement universitaire pour aller occuper une chaire au séminaire protestant de Strasbourg. M. Waddington revint à Paris en 1864 et fut nommé irofesseur de philosophie au lycée Saint- ,ouis. Depuis lors, il a été chargé de faire un cours à la Sorbonne. Il est membre correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques, à laquelle il a envoyé da remarquables mémoires, notamment sur les méthodes applicables aux différents ordres de sciences, sur Pyrrhon et le pyrrhonisme, etc. On doit à cet écrivain distingué : De la psychologie d'Aristate (1848, in-8°J; De Pétri Rami vita, scriplis, etc. (1848, in-8°). thèse de doctorat: De l'utilité des éludes logiques (1851, in-8°); De la méthode déductive (1852, in-8») ; Itamus, sa vie, ses écrits et ses opinions (1855, in-8»), ouvrage couronné par l'Académie; Essai de logique (1858, in-8»); De l'idée de Dieu et de l'athéisme contemporain (1859, in-8°); De l'âme humaine, études de psychologie (1863, in-8<>); Dieu et la conscience (1870, in-4°); De la science du bien (1875, in-8°), etc.

WADDINGTON (William-Henry), archéologue et homme d'Etat, cousin du précédent, né à Paris en 1826. Son père, riche manu- . facturier anglais qui s'était établi en France, l'envoya faire ses études à l'université de Cambridge. A son retour, M. H. Waddington opta pour la nationalité française et employa les loisirs que lui faisait une grande fortune à voyager et h faire une étude toute particulière de l'épigraphie et de la numismatique. En 1850, il visita l'Asie Mineure en archéologue. Deux Mémoires, qu'il adressait l'Académie des inscriptions et belles-lettres sur les recherches numismatiques qu'il avait faites pendant son voyage, attirèrent l'attention da cette société savante et furent couronnés. Dix années environ plus tard, M. Waddington se rendit en Grèce et en Syrie pour y compléter ses premiers travaux. Ses ouvrages intitulés : Mélanges de numismatique et de philologie (1861, in-8°), Edit de bioclétien établissant te maximum dans l'empire romain (1864, in-4°), le firent nommer, en 1865, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Il était en outre membre de la Société des antiquaires. En 1868, il publia la partie relative aux inscriptions grecques et latines qui ligure dans le Voyage archéologiqe en Grèce et en Asie Mineure de Philippe Lebas (in-4«), puis fit paraître : Inscriptions grecques et latines de la Syrie (1870, in-4°). M. Henry Waddington s'était porté candidat de l'opposition au Corps législatif dans une élection partielle qui avait eu lieu dans l'Aisne en 1865, mais il avait échoué. Sous le ministère Ollivier (1870), il fit partie de la commission de décentralisation présidée par M. Odilon Barrot. Aux élections pour l'Assemblée nationale (8 février 1871), il fut élu député dans le département da l'Aisne par 69,709 voix. Dans cette assemblée, M. Waddington ne fit d'abord partie d'aucun groupe politique bien tranché. Il vota les préliminaires de paix, la déchéance de l'Empire, l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes d'Orléans, et commença à se faire remarquer dans la discussion de la loi relative aux conseils généraux, dont il fut le rapporteur. Au mois d'août 1871, il se prononça pour la proposition Rivet, qui conférait à M. Thiers le titra de président de la République, vota contra le pouvoir constituant de l'Assemblée, contra la pétition des évêques,- contre le retour do l'Assemblée â Paris et contre le maintien des traités de commerce. Elu, le 8 octobre 1871, dans le canton de'Neuilly-Saint-Kront, membre du conseil général de l'Aisne, il devint président de ce conseil. Ce fut dans un banquet donné, le 27 août 1872, par la coff>seil général au préfet de l'Aisne, que M. Waddington indiqua nettement pour la première fois la ligne politique qu'il ne devait cesser de suivre. Après avoir déclaré qu'il n'était point un républicain de la veille, qu'il n'avait'pas servi l'Empire, qu'il était un conservateur libéral, il prononça ces paroles : «Nous devons avoir un but devant les yeux et le pays le veut aussi... Eh bien I je la dis hautement, ce but, cet avenir, doit être la république conservatrice. Je le dis sans entraînement, sans passion, mais froidement et résolument, parce que je ne vois aucune autre forme de gouvernement libre qui soit possible dans notre pays.» M. Waddington seconda de tous ses efforts la politique da

WADO

M. Thiers et fut appelé par lui à faire partie, comme ministre de l'instruction publique, du cabinet du 19 mai 1873, chargé de présenter à l'Assemblée les lois destinées à organiser le gouvernement de la république. Cinq jours plus tard, la coalition de tous les partis monarchiques renversait du pouvoir M". Thiers, et M. Waddington donnait sa démission avec tous ses collègues (24 mai). Pendant la réaction sans frein dont le gouvernement de combat donna le démoralisant spectacle, le député de l'Aisne continua à défendre les idées libérales et à se prononcer hautement pour le maintien de la république, au moment où les monarchistes célébraient le prochain rétablissement de la royauté de droit divin (2-4 octobre 1873). Lors de la discussion sur la prorogation des pouvoirs du maréchal de Mac-Mahon, il proposa un amendement limitant la durée de ces pouvoirs à cinq ans {7 novembre) et vota contre le septennat (19 novembre). Le 13 mai 1874, il contribua àla chute ducabinetjle Broglie, dont il n'avait cessé de combattre la politique, puis il vota les amendements Périer et Malevilie (juillet 1874) et la constitution républicaine du 25 février 1875. Dans une profession de foi qu'il adressa, conjointement avec M, Henri Martin et le comte de Saint- Vallier, aux électeurs sénatoriaux de l'Aisne, il affirma encore une fois la nécessité de maintenir la république et de ne reviser la constitution que pour l'améliorer dans le sens républicain. Il fut élu sénateur dans ce département le 30 janvier 1876, et, le 9 mars suivant, il reçut le portefeuille de l'instruction publique dans le cabinet dont M. Dufaure eut la présidence. Sous prétexte que M. Waddington est protestant, le ministère des cultes fut détaché de celui de l'instruction publique et réuni au ministère de la justice. Un de ses premiers actes fut de déposer a la Chambre des députés un projet de loi modifiant la loi sur l'enseignement supérieur et rendant à l'Etat la collation des grades (23 mars). Bans la discussion qui eut lieu à ce sujet, il prononça, le 3 juin, un discours fort remarquable et qui eut un très-grand succès. Le 7 juin, il se prononça contre le jury d'Etat, et la Chambre des députés vota a une énorme majorité son projet de loi. Le 14 juin, M. Waddington a exposé devant la commission du budget l'ensemble de réformes qu'il compte faire dans l'enseignement primaire, secondaire et supérieur. C'est le premier ministre de l'instruction publique en France qu'on ait vu. entrer dans la voie des améliorations avec des vues aussi larges, et établir avec autant de précision les moyens d'exécution et l'ordre successif des réformes à espérer, Répandre partout l'instruction primaire en la rendant obligatoire et en créant partout des écoles, relever le niveau de l'instruction secondaire, élargir l'enseignement supérieur, améliorer la situation des membres de l'enseignement, tel est le but que s'est proposé M . Waddington, qui a obtenu l'approbation de tous, excepté, cela va sans dire, celle des cléricaux. WADENSCHWYL, ville de Suisse, canton et à 20 kilom. S.-E. de Zurich, sur la rive occidentale du lac de Zurich ; 5,900 hab. Fabrication de draps, étoffes de laine et de coton, cuirs, fromages. Cette ville est délicieusement située sur le flanc d'une éminenca qui borde le lac; on y voit plusieurs bâtiments de belle apparence, tels que l'église, l'école et la maison communale. Il y avait jadis un château qui servait de demeure aux baillis; il fut brûlé pendant l'insurrection de 1804 et a été reconstruit depuis sur un plan tout moderne.

■WADESBOROUGH, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de la Caroline du Nord, à 160 kilom. S.-O. de Raleigh, au milieu d'une belle contrée fertile en coton ; 2,500 hab. Centre d'un commerce actif en coton, fer, bois, céréales et produits manufacturés.

WADHAM (Nicolas), philanthrope anglais, mort en 1609. On a peu de détails sur sa vie et il n'est guère connu que comme le fondateur du collège qui porte son nom à l'université d'Oxford. Il mourut même avant d'avoir complètement réalisé son projet, mais sa femme en poursuivit l'achèvement avec le zèle qu'il aurait pu y mettre lui-même, et le Wadham-College fut ouvert aux élevés en

WADJ11I-EDDIN MAS'OCD (Khodjah), roi du Khoraçan, de la dynastie des Sarbédariens, mort en 1344 de notre ère. Il succéda, en 1337, à son frère Abd-el-Rezzak. Aussi brave qu'habile, il battit avec une armée peu nombreuse le prince de Kelath, s'empara de Nischabour , vainquit Toga-ïimour-Khan, qui régnait dans leMazanderan, et remporta une nouvelle victoire sur Melik-Azzeddyn- Houcein, prince des Motouk-Kurts (1342).

Dans une autre expédition, Wadjih-Eddin envahit RostemdaretFirouzcouh. Mais, à son tour, il fut surpris pur le prince de Rostemùar, qui lui avait tendu une embuscade, et y trouva la mort ainsi que la plupart de ses soldats. Il fut le prince le plus puissant de sa dynastie.

WADOWICE ou WADETZ, jadis Myslenice, ville des Etats autrichiens, province et à 45 kilom. S.-O. de Cracovie, sur la gauche de laSkawa, ch.-l. de cercle; 2,300 hab.

WADOWICE (cercle de), entre ceux de

Saudec et de Cracovie au N., la Silésie au-

WJECH

trichienne à l'O. et la Hongrie (comitat de Trencsin et d'Arva) au S.; 3S4,250 hectares et 280,000 hab. La Skawa et la Sala parcourent ce cercle, qui est montagneux et peu fertile au S., mais très-fécond ailleurs.

WADSTENA, ville de Suède, dans le lan ou préfecture de Lirïkoping, à 48 kilom. O. de cette ville, sur le lac Wetter; 2,300 hab. Fabrication de toile, préparation de tabac; blanchisseries. Chapitre luthérien de dames nobles.

WADSTROEM (Charles-Bernard), voyageur * et philanthrope suédois, né à Stockholm en 1746, mort à Paris en 1799. Entré au service en qualité d'ingénieur, il obtint, grâce à ses connaissances étendues en minéralogie et en mécanique, la direction des mines de Trolhœtta, sur le canal Wener (1767-1768), fut nommé en i""69 surintendant des mines de cuivre d'Atvedaberg et devint, peu de temps après, directeur en chef du contrôle royal del'or et de l'argent. Il profita des loisirs qu'il devait à cet avancement rapide pour visiter différentes contrées de l'Europe. La lecture des ouvrages de Swedenborg lui inspira, notamment, l'idée de l'existence d'un peuple chrétien dans l'intérieur de l'Afrique et, par suite, le désir de visiter cette contrée. Il persuada au botaniste Sparrmann et au minéralogiste Arrhenius de l'accompagner, et le roi Gustave III consentit à faire les frais de l'expédition. M. de Staël, ministre de Suède à Paris, entra chaleureusement dans ce projet et obtint pour les trois voyageurs le passage gratuit à bord d'un bâtiment français, du Havre au Sénégal. Ils s'embarquèrent en août 1787 et, après être arrivés au Sénégal, firent quelques excursions aux environs de Saint-Louis ; mais rencontrant, à mesure qu'ils avançaient dans l'intérieur, des obstacles de plus en plus difficiles à surmonter, ils se rendirent à la colonie anglaise de Sierra- Leone,dans l'espoir d'y trouver les moyens de poursuivre l'exécution de leur projet. N'ayant pas réussi, ils quittèrent la colonie et s'embarquèrent pour l'Angleterre, où ils arrivèrent vers la fin de 1788. La question de l'abolition de la traite était alors l'objet des discussions les plus vives. Dès que l'on sut que Wadstroem et son compagnon Sparrmann arrivaient d'Afrique, ils furent appelés devant le conseil privé, puis devant un comité de la Chambre des communes, et, à dater de cette époque, Wadstroem devint un avocat zélé des idées de Clarkson, de Granville Sharpe et de Wilberforce. En 1789, il publia sous ce titre: Observations sur le commerce des esclaves et description d'une partie de la côte de Guinée, une brochure destinée à défendre les doctrines des abolitionnistes, et dans laquelle il émettait l'idée d'établir des colonies sur la côte occidentale de l'Afrique, comme le meilleur moyen de civiliser les naturels et, par suite, de mettre fin au commerce des esclaves. Ce fut cette idée que l'on mit en pratique pour l'organisation nouvelle de. la colonie de Sierra-Leone et pour l'établissement de celle de Bulama. La dévastation de Sierra- Leone par une escadre française en 1794 amena, l'année suivante, Wadstroem à Paris, où il adressa sans résultat, au Directoire et au Corps législatif, un mémoire dans lequel il demandait que la France et l'Angleterre reconnussent comme territoires neutres Sierra- Leone, Bulama et toutes les autres colonies analogues qui pourraient être créées sur la côte d'Afrique. L'arrivée au ministère de Talleyrand l'engagea à persévérer dans ses efforts, et il écrivit alors (1798) une esquisse de l'histoire de Sierra-Leone et de Bulama ; mais cet ouvrage n'eut d'autre effet que de piquer la curiosité du premier consul, et ce fut Wadstroem qui lui présenta lui-même le seul exemplaire de son ouvrage qu'il y eût en France. Il succomba peu après à une maladie de consomption. On a encore de lui un Essai sur la colonisation particulièrement appliquée à la côte occidentale de l'Afrique (1794-1795, 2 vol.), ouvrage où l'auteur a fait preuve d'un certain talent et d'un esprit vraiment philanthropique, mais où il émet des idées bien difficilement réalisables. 11 a été traduit en français par C. Pougens (Paris, 1798, in-8°).

WjECHTER (Georges-Philippe-Louis-Léonard), littérateur allemand, connu sous le pseudonyme de Vei« Weber, né à Uelzen en 1762, mort en 1837. il étudia la théologie à Gœttingue, où il s'occupa aussi d'archéologie et de littérature, et vécut ensuite dans sa ville natale. En 1792, il s'engagea dans l'armée hanovrienne et fit contre les Français plusieurs campagnes. Blessé à Mayence, il quitta le service en 1798, devint, à cette époque, professeur à l'établissement pédagogique de Voigt, à Hambourg et, lorsqu'on 1814 Voigt fut nommé professeur à Riga, il prit la direction de cet établissement, qu'il sut maintenir dans l'état le plus florissant. Pendant la guerre de l'indépendance allemande, il donna, lors du siège de Hambourg, de nouvelles preuves de .dévouement et de courage. On a de lui : Légendes du passé (Berlin, 1787- 1798, 7 vol.; 1840, 2e édit.) ; Estampes (Hambourg, 1793); Histoires (Hambourg, 1794), ouvrage dont la première partie a pour sujet l'établissement de la liberté de Hambourg; Guillaume Tell, tragédie qui parut en 1804, avant celle de Schiller, qui porte le même titre.

WvECHTEH.(Georges-Frédéric-EverardDE),

WMCB.

peintre allemand, né à Ballingen (forêt Noire) vers 1770, mort à Stuttgard en 1852. Destiné à l'état ecclésiastique, il reçut une brillante éducation littéraire qui n'était pas encore complètement terminée quand le hasard le conduisit à Paris. Les peintures qu'il vit dan3 nos musées firent sur lui une impression profonde. Une visite à l'atelier de David détermina sa vocation, et, renonçant a l'avenir que lui promettait.la carrière qu'il devait embrasser, il se fit admettre parmi les élèves du maître français (1795). David eut pour lui des soins particuliers qui hâtèrent ses progrès. C'est en 1800 qu'il débuta par Job et ses amis, une Mater dotorosa et une Sainte Famille, tableaux d'un caractère grave, d'une exécution savante et réfléchie. Le charme n'en est pas grand, et l'esprit philosophique a soufflé sur le sentiment religieux et biblique, que l'on y chercherait vainement; mais on peut admirer l'érudition et le goût qu'il y a dans les types et l'arrangement des draperies, mérite assez rare pour être signalé. Ces tableaux furent immédiatement gravés parRahl, sous les yeux et sans doute avec la collaboration de l'auteur. Les planches du célèbre graveur eurent une large part au succès de ces trois pages excellentes.

L'éclat de ce début plaça Waechter au premier rang parmi les jeunes peintres du temps. La cour de Vienne lui fit des commandes importantes qui furent toutes exécutées et exposées à Paris. Citons, entre autres : la Mort de Sacrale, Cornélie et ses enfants, Bélisaire aveugle aux portes de Home, Andromaque et Hécube au tombeau d'Hector, les Heures envisagées comme symbole de l'ordre moral, etc., gravés aussi par Rahl. La dernière de ces peintures est une allégorie dont le sens est difficile à comprendre à force de subtilité. Vers 1810, Waechter, déjà célèbre, voulut voir l'Italie et quitta Paris, où il ne devait plus revenir. Son séjour à Rome se serait prolongé sans doute, si l'empereur d'Autriche ne l'avait appelé à Vienne pour lui confier de grands travaux décoratifs dans les palais de la couronne et dans certains édifices publics. En quittant Vienne, le peintre vint s'établir à Stuttgard, où il fut nommé conservateur du cabinet royal des dessins et professeur a l'Ecole des beaux-arts, fonctions qu'il remplit jusqu'à sa mort.

WJECHTER (Charles-Georges de), jurisconsulte allemand, né à Marbach en 1797. Après avoir étudié, de 1815 à 1818, le droit aux universités de Tubingue et de Heidelberg, il devint assesseur au tribunal d'Essling; mais il se démit bientôt de ces fonctions pour se livrer à l'enseignement et fut nommé professeur adjoint à l'université de Tubingue. Il devint titulaire de la même chaire en 1822 et, trois ans après, malgré son jeune âge, recteur de l'université. Il quitta cette dernière en 1833, pour aller professer à l'université de Leipzig, et retourna, trois ans plus tard, à l'université de Tubingue en qualité de chancelier et de professeur de droit. Nommé membre des états de Wurtemberg, M. de Wsechter fut deux fois élu président de cette chambre, qui siégeait à Stuttgard. Lors des troubles politiques de 1848, il fut élu membre du parlement de P'ranofort et y .fit partie de la commission dite des cinquante. H revint ensuite à Stuttgard, où il entra dans le comité d'organisation nommé par le gouvernement ■wurtembergeois, puis il retourna professer à l'université de Tubingue. S'étant démis, en 1851, du poste de chancelier, il devint président de la haute cour de la ville libre de Lubeck, position qu'il occupa durant uu an environ. Il fut nommé, en 1852, conseiller privé de la cour de Saxe, professeur de droit romain à la Faculté de Leipzig, puis, en 1860, président de la commission- d'examen pour les juristes. Nous mentionnerons, parmi les ouvrages les plus remarquables de M. de Wsechter : Manuel de droit pénal romano- germanique (Stuttgard, 1825-1826); Des peines et des prisons dans te Wurtemberg (Tubingue, 1832); Dissertations sur le droit pénal (Leipzig, 1835); Du droit commun allemand, et plus particulièrement du droit pénal (1844) ; Mémoires sur l'histoire d'Allemagne, et particulièrement sur l'histoire du droit pénal (Tubingue, 1845); Manuel du droit particulier au royaume de Wurtemberg (Stuttgard , 1845-1846) ; Commentaires sur les droits particuliers romanogermanique et wurtembergeois (1845-1846); Critique d'un plan de code civil destiné au royaume de Saxe (Leipzig, 1853), etc. Nous citerons, en outre, les nombreux articles fournis par M. de Wœchter aux Archives de procédure civile, aux Nouvelles Archives de droit pénal et au Journal critique de jurisprudence, dont il est un des fondateurs.

WJÏCHTE» (Oscar), jurisconsulte et publiciste allemand, fils du précédent, né à Tubingue en 1825. Après avoir fait ses cours de droit, il s'établit, en 1849, comme avocat à Stuttgard et, tout en s'y livrant avec succès à la pratique du barreau, s'occupa de sérieuses études sur les questions les plus variées de la jurisprudence. Il s'était déjà fait connaître par plusieurs publications lorsqu'à l'occasion de l'agitation suscitée en 1860, dans le Wurtemberg, par le concordat que le gouvernement avait conclu avec la cour de Rome, il publia deux brochures : le Wurtemberg et Monte il y a trois cents ans (1860) et le Concordat et le droit dans le Wurtemberg (1861), qui contribuèrent à accroître l'irritation po-

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