‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 871 sur 1042 · WAGH · texte numérisé non relu

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aliaque poemala miscellanea (Douai, 1C50) ; Sanctus Norbertus in se et suis vàrio carminé et oratione soluta celebratus (1650-1651, 2 vol. in-12).

WAGENSEIL (Jean-Christophe), érudit allemand, né à Nuremberg en 1633, mort en 1705. Il fit ses études aux universités de Rostock et de Greifswald et accompagna, en 1657, quelques jeunes nobles allemands dans un voyage à travers l'Europe occidentale. Pendant ce voyage, qui dura six ans, Wagenseil fut élu membre des Académies littéraires et scientifiques de Padoue et de Turin, et, dans cette dernière ville, découvrit, dans le musée des antiquités du duc de Savoie, la fameuse table d'Isis, qui avait appartenu primitivement au duc de Mantoue et qui avait disparu, on ne sait comment, de la bibliothèque de ce prince en 1630. En France, il reçut de la Faculté de droit d'Orléans le diplôme de docteur, et du ministre Colbert une pension de 1,500 livres. En 1667, Wagenseil fut nommé professeur d'histoire a 1 université d'Altdorf, où il fit aussi des cours sur le droit canon et sur les langues orientales. En 1676, il devint premier gouverneur des jeunes comtes palatins. 11 laissa une fille, Hélène- Sibylle, qui épousa le professeur Mollera et qui fut également renommée pour son savoir; elle fut, comme son père, membre de l'Académie de Padoue. On à de Wagenseil un grand nombre d'ouvrages , parmi lesquels nous citerons : Sota, hoc est liber Mischnicus de uxore adulterii suspecta (Altdorf, 1674, in-4°), traduction latine, avec leterxte hébreu, de la Mischna et de la Ghemara; Tela igtteq. Satanxa (Altdorf, 1681, 2 vol. in-4"); De re monetali velerum Romanorum dissertalio (Altdorf, 1691, in-12); De cœna Trimalcionis, nuper sub Petronii nomine vulgata, dissertationes H. Valesiiet J.-C. Wagenseilii (Paris, 1666, iu-8°); Exercitaliones varii argumenti, publiées.après la mort de l'auteur par Roth- Scholtzius (1719, in-4"). Une biographie de Wagenseil en latin, avec un catalogue et un examen analytique de ses œuvres, a paru à Nuremberg en 1719 (in-4o),

WAGERrBûAT s. m. (ouè-djèr-bôtt — de l'augl. wager, pari; boat, bateau). Navig. fiuv. Skiff dont on se sert dans les régates.

WAGGART a. m. (ouagh-gartt). Bot. Espèce de silène d'Abyssinie, dont la aouebe est administrée, dans ce pays, contre le ténia.

WAGHAN (Thomas de), célèbre alchimiste anglais. V. Philaléthe.

WAGHORN (Thomas), voyageur anglais, né à Chatham en 1800; mort en 1850. Entré à douze ans comme midshipman dans la marine royale, il concourut, quatre ans plus tard, pour le grade de lieutenant et fut reçu ; puis, arrivé a Calcutta, il abandonna momentanément la marine pour faire la guerre dans l'Aracan, en qualité de volontaire au service de la Compagnie des Indes. Blessé et malade, il revint à Calcutta et s'occupa de préparer l'exécution d'un projet qu'il avait conçu déjà depuis longtemps. Il s'agissait d'organiser un service de bateaux à vapeur entre l'Inde et l'Angleterre. C'était en 1827 ; le projet était hardi et pouvait passer pour impraticable. Waghorn, encouragé par le gouvernement du Bengale et par le gouverneur général de l'Inde, partit pour 1 Angleterre afin de proposer son idée à la cour des directeurs. Partout où il relâcha, k Madras, à l'Ile Bourbon, au Cap, à Sainte-Hélène, il exposa et soutint publiquement son projet. Dès qu'il fut débarqué en Angleterre, il s efforça par tous les moyens de faire partager sa conviction k ses concitoyens; il courait incessamment de Londres k Liverpool, k Manchester, à Glascow, à Birmingham ; il se multipliait. Mais, à cette époque, l'administration des postes était opposée à In navigation k vapeur sur mer, et la plupart des directeurs de la Compagnie des Indes partageaient cette opinion. Deux années s écoulèrent sans que Waghorn, malgré son activité, son éloquence, sa persévérance, parvînt k faire ouvrir les yeux k tous ces aveugles. Enfin, au mois d'octobre 1829, lord Ellenborougb, alors président de la cour des directeurs, le chargea de se rendre dans l'Inde par l'Egypte, avec d'importantes dépèches pour le gouverneur de Bombay, et surtout de s'assurer si la navigation de la mer Rouge était praticable. Waghorn fit ce voyage en quatre mois et vingt et un jours, rapidité extraordinaire pour l'époque. Ne trouvant pas k Suez le steamer qui devait l'y attendre, il se hasarda sur la mer Rouge, qui passait pour extrêmement dangereuse, avec une barque non pontée. Enfin, il arriva k Bombay, après avoir déployé une activité presque surhumaine. Une fois dans l'Inde, il reprit son projet, convoqua des assemblées, exposa ses plans, les moyens d'exécution; c'était maintenant par la mer Rouge et l'isthme de Suez qu'il voulait établir le service de communication qu'il rêvait; mais les directeurs de la Compagnie des Indes continuèrent de le traiter de visionnaire. Heureusement, le pacha d'Egypte, Méhémet-Ali , goûta son idée et lui donna les moyens de l'exécuter. Waghorn, grâce h son concours, organisa en peu de temps un service de transports qui réalisait une économie de temps et une énorme réduction de frais, il établit aussi un service postal régulier, qui transportait les

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lettres de Bombay à Londres en quarantesept ou cinquante jours. Le succès des entreprises de Waghorn ouvrit enfin les yeux aux ministres anglais et aux directeurs de la Compagnie des Indes; ils comprirent que le visionnaire avait raison. Mais, par une in-

Fratitude sans excuse, au lieu d'attribuer exploitation de cette route nouvelle k celui qui l'avait démontrée praticable, la Compagnie concéda le monopole de la malle des Inde 3 k une société riche et puissante, qui organisa un service en face de l'entreprise de Waghorn et ruina celui-ci par une concurrence k outrance. Le malheureux, qui avait usé sa vie k faire aboutir une idée qu'il regardait avec raison comme d'une utilité capital» pour le commerce de l'Angleterre, criblé de dettes, vieilli avant l'âge, sans ressources, finit par abandonner ses établissements et partit pour l'Angleterre, où il eut toutes les peines du monde k obtenir de la Compagnie des Indes et des ministres une petite pension viagère, qui ne lui fut guère payée que pendant dix-huit mois environ, car le chagrin ne tarda pas k amener sa mort.

WAGLER (Charles-Théophile), médecin allemand, né en 1730, mort en 1778. Il fit ses études médicales k Goettingue, fut prosecteur de cette université jusqu'en 1762 et passa k cette époque, avec les mêmes fonctions, à l'université de Brunswick. Wagler est connu par plusieurs articles de journaux et par la publication de l'ouvrage suivant : De morbo mucoso liber singularis (Gœttingue, 1765, in-4o).

WAGNER (Godefroi), philologue suisse, né k Fribourg. Il vivait au xvie siècle et devint, en 1545, recteur de l'université de cette ville. Wagner a publié, sous le pseudonyme d'ironceu* Carpentariua, qui est la traduction latine de son nom allemand : Erudiiorum cœlibum centuria singularis (Wittemberg, 1714, ln-8°; 2e édit., 1717, préférable k la précédente) et Schurzfleischiana ex schotiis Conradi Samuetis Schurzfleischii collecta (Wittemberg, 1729, in-4<>).

WAGNER (Gabriel), littérateur allemand.

Il vivait au xviie siècle, se fit recevoir maître es arts k Quedlimbourg et se rendit dans la plupart des universités allemandes sans se fixer nulle, part. Compromis dans une affaire politique à Vienne, il parvint^ fuir et se rendit en 1696 k Hambourg, où il professa la poésie et composa divers ouvrages, dont plusieurs sont signés du pseudonyme de Ronlu de ViouuB. Nous citerons de fui : Libellus artium liberalium aescientiarum; Responsunt ad Thomasii qumlionem de definitione substantix; De graviiatis et coltssionis causa; Réfutation du programme de Thomasius sur l'imitatiott des Français, etc.

WAGNER (Tobie), théologien allemand, né en 1598, mort en 1680. D abord pasteur k Esslingen (1630), il fut nommé, en 1653, professeur ordinaire de théologie k l'université de Tubingue et y remplit plus tard les fonctions de vice-chancelier, puis de ehaucolier. Nous citerons, parmi ses nombreux ouvrages : Compendiosum dialecticum (Ulm, 1650); Breviarium tolius terrarum orbis geographicum (Ulm, 1653); Inquisitio in oracula sibyllarum de Christo (Tubingue, 1664); Instilulionumhistoricarumlibri VII (Ulm, 1668), etc.

WAGNER (Paui), jurisconsulte allemand, né k Leipzig en 1617, mort en 1697. Il se lit recevoir docteur en 1648, puis devint membre de la cour de justice souveraine, assesseur de la cour de droit et bourgmestre de Leipzig. On lui doit un certain nombre de Dissertations et un livre de prières (in-8°).

WAGNER (Chrétien) , écrivain allemand, fils du précédent, né k Leipzig en 1663, mort en 1693. Reçu maître es arts en 1679, il devint, en 1685, assesseur de la faculté de théologie, puis pasteur k l'église do Saint-Jean. On doit k Wagner, qui donnait les plus brilluntes espérances lorsqu'il fut enlevé par une mort prématurée, divers écrits, entre autres : Thesis de numéro mundorum; Animadversiones in Th. Burneti theoriam telluris sacram; De diuisione majestatis in realem et personalem (1677, in-40), etc. Il collabora aux Acta eruditorum de Leipzig.

WAGNER (Jean-Jacques), naturaliste suisse, né prés de Zurich en 1641, mort en 1695. 11 fit ses études médicales à Zurich et s'y livra ensuite k la pratique de son art. 11 consacrait ses loisirs k l'étude de la botanique et obtint, par ses travaux sur cette science, la place de bibliothécaire de la même ville. On a do lui : Historia naturalis JJ cl vêtis curiosa (Zurich, 1680, in-12) et M ercurium helveticum (Zurich, 1688, in-12). — Son frère aîné, Godefroi Wagner, né k Leipzig en 1652, mort en 1725, s'est fait connaître aussi par quelques travaux littéraires, tels que des écrits polémiques sur l'origine des Américains.

WAGNER (Louis-Frédéric), archéologue et jurisconsulte allemand , ne k Tubingue en 1700, mort en 1789. 11 exerça d'abord la profession de médailliste k Bonn, devint plus tard conseiller aulique de l'archevêque de Cologne, et put, grâce aux lurgesses de ce prélat, satisfaire son goût pour la numismatique et la bibliographie. Il avait réuni chez lui une précieuse collection de médailles et de livres rares; mais, dans la suite, il s'endetta et finit par mourir dans la misère. Ou

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a de lui : De insigni prxeminentia principnm imperii mnjorum prie principibus et stalibus aliarum Europx reynorum (Tubingue, 1732, în-4<>); Catalogus nummorum et numismatum antiquorum (Bonn, 1775, in-8°).

WAGNER (Pierre- Chrétien), médecin et naturaliste allemand, né à Hof en 1703, mort en 1764. 11 fit ses études scientifiques à Halle et à Leipzig et, après avoir exercé dans différentes villes d'Allemagne, devint, en 1731, conseiller et médecin ordinaire du margrave d'Anspach. Plus tard, il fut nommé médecin à Erlangen, puis à Buireuth (1743). Outre un grand nombre de dissertations, insérées dans les Recueils de Franconie et dans le Commercium iitterarum de Nuremberg, on a de lui : pissertatio de lapidibus judaicis (Huile, W24, în-40) ; Représentations des pièces tes plus rares et les plus belles du cabinet d'histoire naturelle de Baireuth, avec explications (Nuremberg, 1762, in-fol.), ouvrage qu'il n'eut pas le temps de terminer.

WAGNER (Jean-Gérard), médecin allemand, né à Helmstadt en 170S, mort à Lubeck en 1759. Il fut reçu docteur a l'université de sa ville natale en 1731 et alla ensuite se fixer à Lubeck. Nous lui devons les publications suivantes : Exercitatio physicochemico-medica de medicamento arcano polychresio (Lubeck, 1733, in-4°); Observationes clinicm (Lubeck, 1737, in-40), etc.

WAGNER (Ernest-Adolphe), littérateur allemand, ne à Rossdorf en 1769, mort en 1812. Il était greffier du tribunal de sa ville natale et intendant du baron de Wechmar, lorsque le manque de ressources suffisantes pour son entretien et pour celui de sa famille le décida à aborder, en 1803, la carrière littéraire. Jean-Paul Richter le recommanda au duc Georges de Saxe-Meiningen, qui le nomma secrétaire de son cabinet. En 1804, il se.fixa à Meiningen, où il se consacra tout entier à la littérature. Malheureusement, la mort ne lui laissa pas le temps de tenir tout ce que promettaient ses premières œuvres, parmi lesquelles nous citerons : Aperçus de Willibald sur la vie (Meiningen, 1805,2 vol.; 1821, 38 édit.); les Peintres en voyage (Leipzig, 1806, î vol.) ; les Voyages de l'étranger uu pays natal (HiUlburghausen , 1808- 1810, 2 vol.) ;' VA-B-C historique dun fusilier de quarante ans (HUdburgKausen , 1810), ouvrage qui fait suhe aux Peintres en voyage; Isidoro (Tubingue, 1812, 3 vol.). Tous ces ouvrages, dans lesquels on reconnaît l'influence de Jean-Paul, sans que cependant leur originalité en soit altérée, témoignent d'une vive imagination et d'une profonde connaissance du monde et des hommes. Ce sont, en général, les idées sentimentales et mélancoliques qui y dominent. Un recueil des Œuvres de Wagner fut publié après sa mort (Leipzig, 1827-1829, 12 vol.; 1854 et ann. suiv., 3e édit.). On doit et Mogenseil des Lettres sur le romancier Ernest Wagner (Schmalkade, 1826).

WAGNER (Dieudonné-Henri-Adolphe), littérateur allemand, né à Leipzig en 1774, mort en 1835. Il étudia d'abord la théologie a l'université de sa ville natale et s'y occupa en même temps de philologie et de philosophie, scjences auxquelles il se consacra bientôt entièrement. Etant allé en 1798 suivre à Iéna les cours de Fiente, de Scheiling, des deux Schlegel et de Steffens, il se lia, dans cette ville, avec J.-A. Kanne, qui lui fit bientôt partager son goût pour l'étude de la science étymologique et de la philologie comparée. Il revint ensuite se fixer à Leipzig et y résida jusqu'à sa mort. Parmi ses ouvrages originaux, qui sont en trop petit nombre pour qu'on puisse se faire une idée bien juste de l'étendue de ses talents, nous citerons : Biographies des réformateurs Zviingle, Wyclef, Erasme, Butten, Jérôme de Prague et Œcolampade (Leipzig, 1800-1804, 6 vol.) ; Deux époques de la poésie "moderne, peintes en Dante, Pétrarque, Boccace, Goethe, Schiller et Wieland (Leipzig, 1806) ; Théâtre et publie (Leipzig, 1826). On lui doit, en revanche, de nombreuses traductions de différents écrivains étrangers, qui toutes, sans exception, attestent un travail consciencieux, bien qu'on lui ait fait le reproche de substituer trop souvent l'originalité du traducteur à celle de l'auteur. Les ouvrages les plus importants qu'il a traduits sont; l'Histoire de la maison d'Autriche de Coxe (Leipzig, 1817, 4 vol., en collab. avec Dippold) ; 1 Histoire de la peinture de Lanzi (Leipzig, 1830-1833,3 vol., avec Quandt); le traité de Murray Sur la structure des langues européennes (Leipzig, 1825, 2 vol.); le Manfred de Byron (Leipzig, 1819), etc. Il a, en outre, publié un excellent Manuel de la langue italienne (Leipzig, 1819); un Parnasso italiano (Leipzig, 1826), ainsi que des éditions du Dictionnaire anglais de Fahrenkruger (Iéna, 1822), de VOrlando innamorato de Bojardo (1834) et des écrits italiens de Giordano Bruno (Leipzig, 1832, 2 vol.). — Sa femme, connue en littérature sous le pseudonyme d'AuoLPHiNK , a publié plusieurs romans intéressants, entre autres : Feuilles de lotos, trois nouvelles (Leipzig, 1835); Idéal et réalité (1838); Contes et récits pour de jeunes lectrices (1844) ; Nouveaux contes et récits (1S46), etc.

WAGNER (Jean-Jacques), philosophe allemand, ne à Ùlm en 1775, mort en 1841. Il fit

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ses études à Iéna et à Gœttingue à une époque où Fichte et Scheiling continuaient la révolution que Kant avait commencée dans la philosophie. Ce fut cependant plutôt sous l'influence des doctrines de Kant et de Platon que sous celle de Fichte et de Scheiling qu'il écrivit ses premiers ouvrages, et il finît par devenir l'adversaire décidé de la philosophie de Scheiling, qu'il appelait un mélange chaotique d'empirisme et de spéculation. Après avoir professé en qualité de privat-docent à Iéna, à Gœttingue et à Heidelberg, il obtint à Wurzbourg une chaire de philosophie, dont il se démit plus tard, mais qu'il reprit en 1815 et qu'il conserva jusqu'en 1834, époque où il fut mis à la retraite. On a de lui : Théorie de la chaleur et de la lumière (Leipzig, 1802); l'Arf de l'éducation (Leipzig, 1802), traité philosophique écrit dans l'esprit de Platon; De la nature des choses (Leipzig, 1803); Système de -philosophie idéale (Leipzig, 1804); Principes des sciences politiques (Leipzig, 1805); De la philosophie et de la médecine (Bamberg, 1805); Idées pour une mythologie universelle du monde ancien (Francfort, 1809); Théodicée (Bamberg, 1809), en dialogues dans le genre de ceux de Platon; YEtat (Wurzbourg, 1815), ouvrage où, se conformant aux idées platoniciennes , il représente l'Etat comme la grande école de civilisation du genre humain et les anciens collèges de prêtres comme les premiers instituteurs de l'humanité; Organon de la connaissance humaine (Erlangen, 1830), l'un de ses ouvrages qui produisirent le plus de sensation ; Système d'économie privée (Aarau, 1836); 1 Ecole poétique (1840). Wagner n'a pas fondé d'école philosophique particulière, malgré la nouveauté, la variété et l'éloquente vivacité de ses cours, qui attiraient autour de lui, à Wurzbourg, des auditeurs en nombre assez considérable pour rivaliser avec celui des élèves qui se pressaient autour de la chaire de Schelliug.

WAGNER (Jean-Martin de), sculpteur allemand, né à Wurtzbourg en 1777, mort en 1858. Fils d'un artiste distingué, il s'adonna, après avoir suivi les cours de l'université, à l'étude de la peinture et de la sculpture, et obtint en 1802, de l'Académie des beaux-arts de Vienne, un premier prix de dessin historique. Après un court séjour à Paris, il partit pour Rome en 1804, et ce fut dans cette ville qu'il exécuta ses deux premiers tableaux : le Conseil des héros grecs devant Troie et Orphée aux enfers. Il poursuivit en même temps ses études de sculpture et, chargé en 1810 par le prince royal, Louis de Bavière, de faire des achats d'antiques, réussit à acquérir pour le musée de Munich les fameuses sculptures d'Egine, à la restauration desquelles il travailla ensuite de concert avec Thorwaldsen. Il acheta aussi plus laid pour la glyptothèque de Munich le Faune de la collection Barberini ,' la Minerve Ergane, etc. L'esquisse d'une frise, dont il avait puisé l'idée dans les Fêtes d'Eleusis de Schiller, excita l'admiration du prince Louis, qui lui commanda, pour l'école d'équitation de Munich, un bas-relief représentant le Combat des Centaures et des Lapilhes. L'année suivante, il fut chargé d'exécuter, pour l'intérieur de la Walhalla, une frise longue de 100 mètres, à laquelle l'artiste travailla pendant douze ans, et qui fut placée en 1839. Dans l'intervalle, Wagner s'était occupé d'acheter et de restaurer les vases antiques qui forment aujourd'hui la magnifique collection de vases de Munich, où l'artiste se rendit en 1841 pour présider à la mise en ordre de ces antiquités. Il fut, à cette occasion, nommé directeur de la galerie centrale de tableaux en remplacement de Dilli ; mais il offrit quelques semaines plus tard au roi sa démission de cet emploi, tellement était vif son désir de revoir Rome. Il revint, au bout de quelques mois, dans cette ville, où ii eut pour habitation la villa di Malta, qui appartenait au roi de Bavière. Il entreprit alors la dernière de ses grandes œuvres, une série de modèles en plâtre pour la décoration de la nouvelle porte de la Victoire, à Munich. Ils représentaient, sur les faces, les cercles de la Bavière en médaillons isolés, puis, sur les côtés, des combats entre des cavaliers et des fantassins; enfin, sur la partie supérieure de la porte , six Victoires et la Bavière montée sur un quadrige traîné par quatre lions. Ces modèles furent exécutés dans divers ateliers de Munich, et la porte fut ouverte à la circulation en 1850. Le faire de Wagner rappelle celui des anciens artistes grecs, dont il connaissait à fond l'histoire et les œuvres et dont il s'était, en quelque sorte, approprié la conception artistique.

WAGNER (Georges-Philippe), philologue allemand, né à Schœnbrun en 1794. Après avoir fait d'excellentes études à l'école de Schulpforta et à l'université de Leipzig, il fut nommé directeur du collège de Guben, puis, en 1817, professeur à la Kreuzschule de Dresde, dont il devint en 1833 l'un des recteurs. Il prit sa retraitb en 1854. On a de lui des éditions savantes, la réimpression du fameux Virgile de Heyne, une édition de ï'Elegia ad Marcum Valerianum Corvinum Alessulam (Leipzig, 1816), et enfin, entre autres mémoires fort importants, la Tragédie grecque et le théâtre d'Athènes (Dresde, 1844).

WAGNER (Rodolphe), savant physiologiste

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allemand, né à Baireuth en 1805, mort' en 1864. Il fit ses études médicales dans les universités d'Erlangen et de Wurzbourg, fut reçu docteur en 1836 et se rendit alors à Paris, où il suivit les cours d'anatomie comparée de Georges Cuvier. Il parcourut ensuite, en naturaliste, les côtes de la Normandie et celles du midi de la France, et alla visiter l'île de Sardaigne, où il releva de curieux gisements d'animaux fossiles. De retour en Bavière, il ne put obtenir une chaire d'anatomie comparée à l'Académie de Munich, et, désolé de cet échec, il alla exercer la médecine à Augsbourg. Nommé trois ans plus tard professeur à l'université d'Erlangen, il obtint en 1832 la chaire de zoologie, et ses leçons eurent bientôt un tel retentissement qu'en 1840 il fut tout d'une voix nommé à la chaire de physiologie de Gœttingue en remplacement de Blumenbaeh. La fa blesse de sa santé l'obligea k passer les hivers de 1845 et de de Î84G en Italie, où il se livra à d'intéressants travaux sur les poissons électriques. Depuis, M. Wagner s'est fait surtout remarquer dans la fameuse querelle entre les savants matérialistes et les savants spirituaiistes de l'Allemagne, et il s'est placé, par l'autorité de son talent, à la tête de ces derniers. Nous citerons, parmi ses écrits : Etude d'anatomie comparée du sang (Leipzig, 1833); Parlium elementarium organorum qns sunt in homine atque animalibus mensiones micrometricB (Leipzig, 1834); Traité d'anatomie comparée (Leipzig, 1834- 1835) ; Prodrome de l'histoire de ta génération chez l'homme et chez les animaux (Leipzig, 1836); Etudes de physiologie comparée (Leipzig, 1838); Icônes physiologics tabulas physiologiam et geneseos historiam illustrantes (Leipzig, 1839-1840); Essai sur l'encyclopédie et la méthodologie des sciences médicales au point de vue historique (Erlangen , 1838) ; Traité de physiologie (Leipzig, 1839) ; Atlas d'anatomie comparée (Leipzig, 1841); Des rapports entre la physiologie, tes sciences physiques et la médecine pratique (Gœttingue, 1842); Dictionnaire de physiologie (Brunswick, 1843-1S53); De ta construction de l'organe électrique de la raie (Gœttingue, 1847); Nouvelles recherches sur la construction et ta terminaison des nerfs (Gœttingue, 1848); Recherches névrologiques (1854); la Création de l'homme et la substance des âmes (Gœttingue, 1854) ; Sur la science et la foi, par rapport surtout à l'avenir des âmes (Gœttingue, 1854); la Lutte au sujet des âmes (Gœttingue, '1857), etc. Vers la fin de sa vie, Wagner s'était adonné avec une prédilection toute particulière à des études d'anthropologie, et, se servant de la collection de crânes de Blumenbach, il chercha à faire de nouvelles découvertes sur le mode de formation du crâne dans les différentes races. Kn septembre 1861, il provoqua la réunion à Gœttingue d'une assemblée d'anthropoiogistes qui se mirent d'accord sur la méthode à suivre pourprendre des mesures sur le corps humain. Il publia avec Baër (Leipzig, 1861) un Compte rendu des résultats obtenus dans cette réunion. Quant k ses travaux particuliers sur les mêmes ujatières, il les a exposés dans les deux ouvrages suivants : Etudes préparatoires à une morphologie et une physiologie scientifiques du cerveau humain, considéré comme l organe de l'âme (Gœttingue, 1860-1862, 2 vol.), et Etudes de zoologie et d'anthropologie (Gœttingue, 1861).

WAGNER (Maurice-Frédéric), voyageur et naturaliste allemand, frère du précédent, né à Baireuth en 1813. Il étudia jusqu'en 1S29 au gymnase d'Augsbourg; mais à cette époque des raisons de famille le forcèrent d'embrasser la carrière commerciale. Il n'en continua pas moins à étudier avec ardeur les Sciences naturelles et la géographie, pour lesquelles il avait montré de bonne heure beaucoup de goût, et renonça définitivement au commerce en 1834. Après avoir suivi aux universités d'Erlangen et de Munich des cours de zoologie, il parcourut, de 1836 à 1838, l'Algérie, où le gouvernement français le nomma membre de la commission qui accompagnait l'armée. Il a consigné les résultats de son séjour en Afrique dans l'ouvrage qui a pour titre : Voyages dans la régence d'Alger pendant les années 1836, 1837 et 1838 (Leipzig, 1841, 3 vol., avec atlas), et qui, de même que les relations de ses voyages postérieurs, se distingue par la fidélité, la simplicité et la vivacité de la narration, ainsi que par la justesse des appréciations et l'intelligence des aperçus. A son retour de l'Algérie, Wagner reprit à l'université de Gœttingue ses études d'histoire naturelle et, pendant trois ans, travailla surent à acquérir des connaissances étendues en géologie. En 1842, il entreprit, aux frais de l'Académie de Berlin , un second voyage scientifique, qui dura trois années, et pendant touf ce temps il explora les bords de la mer Noire, le Caucase, l'Arménie, le Kurdistan et la Perse. Il en rapporta d'importantes collections, intéressantes surtout pour l'histoire naturelle de ces contrées, et qui se trouvent aujourd'hui dans les musées de Munich, de Vienne et de Paris. De 1852 à 1855, il parcourut avec Scherzer une grande partie de l'Amérique du Nord, notamment le Canada et les Etats-Unis, puis les Indes orientales. Il fut ensuite chargé par le roi Maximilien de Bavière d'explorer l'Amérique du Sud;

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pendant les années 1858 et 1859, il visita les régions montagneuses, presque inconnues jusqu'alors, de l'Etat de Panama et, l'année suivante, les contrées non moins inexplorées qui s'étendent k l'est des Andes. De retour en 1860, il fut nommé professeur hononiire de géographie et d'ethnographie à l'université de Munich et conservateur du nouveau musée ethnographique de cette ville. Il y a, en outre, été élu membre de l'Académie. On a encore de lui les ouvrages suivants : le Caucase et le pays des Cosaques (Leipzig, 1847, 2 vol.); Voyage en Cokhide (Leipzig, 1850); Voyage dans l'Ararat et dans le plateau de l'Arménie (Stuttgard, 1850) ; Voyage en Perse et au pays des Kourdes (Stuttgard, 1852, 2 vol.); Voyages dans l'Amérique du Nord (Stuttgard, 1S54, 3 vol.); la République de Costa- Rica (Stuttgard, 1856). Il a commencé en 1868 la .publication d'un grand ouvrage sur son voyage dans l'Amérique méridionale, dont il avait déjà, fait connaître les résultats scientifiques dans un grand nombre de mémoires insérés dans les Communication! de Peteimann et dans le Journal de géographie universelle de Berlin.

WAGNER (Guillaume-Richard), compositeur et écrivain allemand, né à Leipzig le 22 mai 1813. Tout enfant, il perdit son père, qui était greffier d'un tribunal. Sa mère , qui avait épousé en secondes noces l'acteur Geyer, le conduisit à Dresde, où il étudia k l'école de la Croix et reçut des leçons de piano. De là, il retourna k Leipzig, entra dans l'école de Nicolaï et s'adonna avec ardeur à la poésie. Une symphonie de Beethoven, qu'il eut l'occasion d'entendre, fut pour lui une sorte de révélation. A partir de ce moment, il se passionna pour la musique et, tout en étudiant la philosophie et l'esthétique à l'université, il prit des leçons d'harmonie et de composition. 11 avait, dix-neuf ans lorsqu'il commença à écrire quelques morceaux, notamment une ouverture et une symphonie qui furent jouées avec succès dans des concerts. Après avoir passé quelque temps à Wurtzbourg, Wagner se rendit à Magdebourg et fut nommé en 1834 directeur de musique uu théâtre de cette ville. A cette époque, il écrivit le livret et ia musique d'un opéra en trois actes, intitulé les Fées, qu'il ne fit point représenter, puis il fit jouer à Magdebourg (1836) le Novice de Palerme, opéra dont ia chute fut complète. Cet insuccès lui fut d'autant plus pénible, qu'il avait composé cet ouvrage d'après un nouveau système musical qu'il devait développer plus tard. Il quitta alors Magdebourg, devint en 1837 chef d'orchestre au théâtre de Kœnigsberg , se maria étourdiment et tomba dans la misère. Ayant obtenu un emploi de directeur de musique au théâtre de Riga, il y continua ses études de composition. Dans cette ville, il commença à écrire, dans le genre d'Auber, un opéra qu'il n'acheva point, puis tira du roman de Bulwer, intitulé Riensi, le sujet d'un opéra en cinq actes, dont il écrivit le livret (1839). Wagner venait de composer la musique des deux premiers actes, lorsqu'il résolut de partir pour Paris et d'y faire représenter son œuvre, espérant qu'elle lui apporterait la gloire. Pendant son voyage de Riga k Boulogne , son navire fut assailli par une tempête. Ce fut en assistant au spectacle de la mer en fureur qu'il conçut l'idée de son opéra le Vaisseau fantôme.

A son arrivée à Paris, Meyerbeer le recommanda vivement k Léon Pillet, directeur de l'Opéra. En attendant qu'il eût terminé Rienzi, il lui fallait vivre, et il était k peu près sans ressource. L'éditeur de musique Maurice Schlesingerlui rendit les plus grands services en lui donnant des travaux et en s'eiforçant de le faire connaître. Mais les morceaux de musique qu'il écrivit pour des romances n'eurent aucun succès, et il en fut à peu près de même de tous les morceaux de fantaisie qu'il composa pour la Gazette musicale; il dut se résigner à arranger pour le violon et le cornet à piston la musique des opéras nouveaux. Pendant ce temps, il achevait son Rienzi et écrivait le livret du Vaisseau fantôme ou Hollandais volant. Dégoûté du séjour de Paris, où il n'avait éprouvé que des déceptions, il résolut de retourner en Allemagne. La nouvelle que son Riensi venait d'être reçu au théâtre de Dresde et son Hollandais volant au théâtre de Berlin le combla de joie. Grâce à un nouveau travail que lui fournit Schlesinger et k la vente du sujet du Hollandais volant, que Léon Pillet lui acheta quelques centaines de francs pour composer un livret destiné kDietsch, Wagner put retourner en Allemagne au commencement de 1842.

En arrivant à Dresde , tout parut enfin lui sourire. Rienzi, joué par de remarquables chanteurs, eut un succès complet (1S42) et lui valut d'être nommé par le roi de Saxe maître de la chapelle royale, avec un traitement considérable. Cet opéra, du reste, ne marque encore d'une façon bien claire aucune phase essentielle dans le développement des vues sur l'art qui le dominèrent bientôt complètement. Le Vaisseau volant, joué dans la même ville en janvier 1843, échoua complètement et ne réussit pas mieux à Berlin en 1844. Dans ce dernier opéra, beaucoup plus que dans Riensi, s'accusaient ses idées sur la transformation du drame musical. Cette chute lui fut donc extrême-

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ment pénible et le jeta pendant quelque temps dans un découragement profond. Toutefois, comme ce découragement provenait, non de la pensée que son opéra était faible, mais de celle que la masse du publie était à peu près incapable de le comprendre, il se remit bientôt à l'œuvre. Après cet opéra, qui inaugure "sa seconde manière, il écrivit une ouverture pour le Faust de Goethe, un Hommage à Frédéric le Bien- Aimé, le Banquet des Apôtres, qui furent joués en 184* et 1845, et acheva le Tannhâuser, qu'il avait commencé à Paris. Cet opéra en trois actes, sur lequel il comptuit beaucoup, fut représenté à Dresde (20 octobre 1845); mais il n'eut point lesuccès que l'auteur espérait. En se plaçant sur le terrain de la légende, il avait pensé trouver des sujets plus poétiques et plus simples,.lui permettant, mieux que des sujets historiques, le développement des sentiments et des passions, et il s'était attaché k écarter les détails de luxe et d'ornement pour mieux atteindre l'expression dramatique. La plupart des démarches qu'il fit pour taire jouer son opéra sur les premiers théâtres de l'Allemagne furent sans résultat. 11 ne se remit pas moins immédiatement k la composition du Lohengrin, qu'il avait commencé en Bohême "et qu'il acheva k la fin de 1847. Cet opéra en trois actes venait d'être mis k l'étude lorsque commencèrent les événements de 1848.

Wagner se jeta alors avec ardeur dans le mouvement révolutionnaire et ht partie des démocrates les plus avancés de l'Allemagne. Lorsque la réaction triompha, en mai 1849, il dut quitter Dresde et se réfugia en Suisse. S'étant établi à Zurich, il y devint directeur du Cercle musical et chef d'orchestre du théâtre. Cependant, son ami Liszt faisait tous tes efforts pour attirer sur lui l'attention publique et faire représenter ses œuvres, dont il était un partisan déclaré. Grâce à ses efforts, on joua à Weimar le Tannhâuser et, en 1850, le Lohengrin, le dernier et le plus remarquable opéra de la seconde manière. En 1852, il fit paraître à Leipzig les trois poèmes d'opéra-: le Hollandais volant , le Tannhâuser et le Lohengrin, précédés d'une très-curieuse préface intitulée Communication à mes amis , sorte d'autobiographie. Cette mémo année, il publia dans la même ville Opéra et drame , ouvrage très-intéressant, daDS lequel il exnosa ses vues sur l'opéra, sur le but qu'il s est proposé et sur ce qu'on a appelé, pour le ridiculiser, « la musique de l'avenir. . Cet ouvrage attira vivement sur lui l'attention publique. A partir de ce moment, il compta un grand nombre de partisans en Allemagne, et ses opéras reparurent sur les principales scènes de ce pays. A cette époque, Wagner, qui habitait toujours Zurich, composa le premier opéra de sa troisième manière, Tristan et Yseult. et Y Anneau des Niebelungen, trilogie comprenant liheingold (l'Or du Rhin), la Jeunesse de Siegfried et la Mort de Siegfried. Le compositeur n'était guère connu que de nom en France, lorsque eut lieu à Stuitgard, en septembre 1857, l'entrevue des deux empereurs, pendant laquelle on joua devant eux le Tunnliâuser. Les journalistes et reporters français qui avaient suivi Napoléon III dans son voyage parlèrent beaucoup de cet opéra et de son auteur, et, à partir de ce moment, en joua dans les concerts de Paris des morceaux de Wagner. Pendant l'été de 1860, Richard Wagner se rendit à Paris. 11 y trouva un puissant protecteur dans la princesse de Metternich , grâce à l'intervention de laquelle M. Royer, directeur de l'Opéra, reçut l'ordre de mettre le Tannhâuser k l'étude. M. de Gasperini, musicien érudit, qui a publié une excellente étude sur Wagner et ses œuvres, raconte delà manière suivante les péripéties qui précédèrent, a, l'Opéra, la représentation du Tannhâuser :

« Wagner trouva d'abord, dans l'administration et chez les artistes, beaucoup de bienveillance et.de sympathie. Une parole tombée du trône avait ouvert à l'auteur du Tannhâuser les portes du sanctuaire ; on le savait, on le répétait avec force commentaires'. En quelques jours, Wagner était devenu l'homme à la mode. Les journaux hostiles s'étaient subitement radoucis ; les indifférents faisaient des avances. Au théâtre, sauf quelques rares artistes de l'orchestre, personne ne connaissait les œuvres du maître allemand ; on avait entendu vaguement parler dans les journaux d'un croqueniitaine dont l'unique joie était de ravager à belles dents les œuvres de Mozart et de Meyerbeer, d'un révolutionnaire farouche dont Marat était l'idole; mais on soupçonnait quelque exagération dans le tableau. D'ailleurs, on ne pouvait se décider à- s'effrayer beaucoup d'un révolutionnaire chaudement appuyé par une princesse peu suspecte de jacobinisme, d'un iconoclaste qui paraissait très-fier d'entrer dans la maison de Meyerbeer et d'Halévy; et, soit curiosité, soit attrait du fruit défendu, on fit un excellent accueil au compositeur de l'avenir. La direction laissa le champ parfaitement libre à Wagner pour tout ce qui regardait les artistes, les décors, la mise en scène. Aux yeux de Wagner, il n'y avait qu'un homme au monde capable de jouer le rôle de Tannhâuser ; c'était Nieraann, un ténor allemand, très-jeune, très-content de lui, trèsbeau garçon, qui, depuis plusieurs années, jouait en Allemagne dans les opéras du maître et avait contribué à leur fortune ; on fit

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Tenir Niemann de Hanovre, on lui signa un somptueux engagement... Wagner avait stipulé par contrat que Niemann, t sous aucun

■ prétexte, » ne chanterait d'autre opéra que le sien. Niemann parlait très-imparfaitement le français; il fut immédiatement confié à de nombreux professeurs, qui devaient lui assurer en peu de temps une diction épurée, une prononciation irréprochable, le style de la grande tradition... Les répétitions commencèrent le 24 septembre 1860... • La voilà » donc, s'écriait Wagner dans un emporte-

■ ment de joie, cette représentation idéale » que j'ai si longtemps attenduel La voilà! » Royer est converti, il m'a compris, je le

■ tiens 1 On pourra enfin jugerde ce Tannhâu- » ser tant attaqué , et c'est à la France que » je devrai cette gloire I • C'est alors qu'il prit la résolution bizarre,- extravagante, de retoucher l'opéra, d'y ajouter une scène tout entière et d'écrire cette scène dans le style de ses derniers ouvrages. ■ Je lui fis à ce sujet, dit M. de Gasperini, et je n'étais pas le seul, quelques observations amicales. Au nom de l'art même, au nom de son succès certain, je le priai de revenir sur un pareil projet, de ne pas rompre violemment l'unité d'une œuvre de jeunesse, fortement conçue, exécutée d'un seul jet... Tout fut inutile; il refit complètement les paroles de sa première scène, les donna à M. Ch. Nuitter, qui n'osa se refuser à traduire, et, quelques jours après, la première scène entre Tannhâuser et Vénus était écrite, mise en partition et donnée à la copie. L'administration de l'Opéra goûta médiocrement cette modification grave dans l'œuvre originale ; les artistes s'en désolèrent, M»» Tedesco surtout, à qui Wagner n'épargnait pas d'horribles difficultés d'intonation, et qui, à dater de ce moment, commença à clouter du succès. Il fallut reprendre k nouveau les répétitions, qui traînaient en longueur depuis plusieurs mois, éloigner encore la date de la représentation tant de fois reculée; bref, le mécontentement éclata de toutes parts. Sur ces entrefaites, Wagner tomba malade et fut forcé de garder la chambre pendant plusieurs semaines; nouveaux obstacles, nouveaux retards. L'opposition , qui grondait sourdement au théâtre même, dans le monde, dans la presse, Se fit jour sans ménagement.' L'orchestre était fort divisé; on y discutait très-chaudement, et l'avantage ne restait pas toujours aux partisans de Wagner. On lui reprochait d'ailleurs certaines allures un pou despotiques, certaines paroles irritantes, des prétentions peu justifiées... Wagner avait trouvé en haut lieu, autour de lui, des consolations, du renfort. Le lutteur reparaissait plps convaincu, plus indomptable que jamais. Il stimulait les uns, il gourmandait les autres; il écrivait lettre sur lettre au directeur de l'Opéra, qu'il faisait responsable de toutes ces défections, de toutes ces hostilités. Je me rappelle avoir lu une lettre de Royer, écrite quelques jours avant la représentation : « Par » grâce, monsieur, écrivait-il à' Wagner, abs-

■ tenez-vous de troubler les artistes à qui

• est confié le sort de votre œuvre; il faut

• que les événements suivent leur cours, et, » par vos récriminations injustes, vos vio- » iences., vous vous démolissez de vos pro-

• près mains. > Je cite de mémoire, mais je suis sûr du sens de la lettre... Quand le jour de la représentation arriva, le eomposkeur, irrité, navré, malade, mécontent de tous et de lui-même, avait perdu tout espoir... Il ne se rendit pas au théâtre comme un homme qui va livrer bataille; il s'y laissa traîner comme un condamné (13 mars 1861)... Une cabale très-active, très-puissante, très-déterminée, s'était organisée de bonne heure. Un certain nombre d'abonnés de l'Opéra, qui savaient que la pièce n'avait pas de ballet et qu'épouvantait cette perspective désastreuse, étaient parfaitement décidés à ne pas supporter cet empiétement sur leurs droits les plus sacrés... Ils s'étaient groupés par bandes, n'attendant qu'un signal pour commencer le feu. » L'opéra, bien que renfermant des morceaux d une réelle beauté, fut accueilli par des sifflets et des huées, et Wagner dut demander lui-même qu'on le retirât de la scène après trois représentations orageuses. Malgré cet insuecès, le compositeur conserva à Paris des partisans, dont le plus ardent fut M. Pasdeloup. Ce musicien lit jouer des morceaux d'opéra de Wagner dans ses concerts populaires, et, devenu directeur du Théâtre-Lyrique, il monta à grands frais l'opéra de Rienzi, -dont l'insuccès contribua à sa ruine (18S7).

Eu. quittant Paris en 1861, Richard Wagner se rendit k Saint-Pétersbouig, où il donna des concerts et trouva une chaleureuse protectrice dans la grande-duchesse Hélène. De retour en Allemagne, il alla à Vienne et voulut faire jouer son opéra de Tristan et Yseult; mais les chanteurs de la Porte-de- Carinthie le déclarèrent inexécutable. En 1864, son Jtienzi obtint un éclatant succès k Cologne. Cette même année, le jeune roi Louis II monta sur le trône de Bavière. Passionné pour la musique et grand admirateur de Wagner, il fit monter à ses frais les principales œuvres du compositeur sur le théâtre de Munich. Après avoir entendu le Vaisseau fantôme (1864) et Tristan et Yseult (1865), il lit k Wagner une pension de 4,000 florins et l'attacha à sa cour. Depuis lors, le compositeur a fait représenter à Munich : les Mat-

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très chanteurs (1868), dont le succès fut très» grand; liheingold (1869), qui fut beaucoup plus discuté, et Walkyrie (1871), où la fin du premier acte et tout le troisième sont au nombre des plus belles créations du compositeur. En 1869, l'Académie des beaux-arts de Berlin a appelé Richard Wagner à faire partie de ses membres. Dans ces dernières années, l'auteur de Rienzi s'est occupé de faire construire k Baireuth un théâtre monstre, dans lequel, d'après son projet, « chanteurs et musiciens offriront chaque année au public de l'Allemagne tout entière des représentations qui, à ne les considérer que sous le rapport de la perfection de l'exécution, donneront une idée de ce que peut devenir l'art allemand. » Il a annoncé qu'il donnerait sur ce théâtre, au mois d'août 1876, une grande fête dramatique , dans laquelle on jouerait quatre opéras de lui : liheingold, Walkyrie , Siegfried et Golterdammeruug (Crépuscule des dieux). Wagner ne s'est pas borné à écrire les livrets de tous ses opéras ; il a composé quelques ouvrages, dont nous avons cité le plus remarquable, intitulé Opéra et drame (1852, in-8°). On lui doit en outre : YArt et la révolution (Leipzig, 1849); Œuvre d'art de l'avenir (Leipzig, 1850) ; Art allemand et politique allemande (186S), etc. Le Vaisseau fantôme, Tannhâuser, Lohengrin, Tristan et Yseult ont été traduits en français sous le titre de Quatre poèmes d'opéra, précédés d'une lettre sur lamusique (Paris, 1861, in- 12). Quant à la réforme que Wagner a voulu introduire dans la musique, elle a été l'objet de controverses d'autant plus vives, qu'elle ne se dégage pas avec une parfaite netteté des écrits du célèbre compositeur. Wagner s'est proposé de transformer l'opéra moderne. < Les poètes dramatiques et les compositeurs de l'époque actuelle, suivant l'opinion de Wagner, dit Fétis, ont pour but unique l'art sensuel, c'est-à-dire qui vise k produire des sensations agréables, k plaire, k caresser les penchants de la multitude ignorante, tandis que lui songe à réformer cet art sans se préoccuper du plaisir qu'y pourront prendre les gens de cour et la bourgeoisie. » Par suite d'un enchaînement d'idées très-simple et très-logique, il en est arrivé à élaguer, systématiquement ou non, de l'opéra l'invention mélodique avec ses agréments et k substituer, dans sa troisième manière, à l'opéra tel qu'on le comprend aujourd'hui, ■ un drame musical, où le texte, dit M. Weber, garde toujours son importance et ou la musique sert à lui donner toute l'accentuation et toute l'expression possible sans lui porter préjudice, ne fût-ce que pendant une seconde... Tous les efforts de Wagner vont à créer un drame poétique et musical d'une parfaite unité, et dont la forme et les éléments sont subordonnés au but suprême, l'expression des sentiments et des caractères et la gradation énergique de l'effet dramatique. ■ Wagner a mis au service de son système une grande science musicale. Aucun composiieur ne sait aujourd'hui manier mieux que lui l'orchestre et les masses vocales. Mais il abuse d'une sonorité puissante jusqu'à l'excès, et ses œuvres, surtout les dernières, d'une grande pauvreté mélodique, laissent k l'auditeur une impression de fatigue et d'invincible ennui. On consultera avec fruit sur Richard Wagner : Lohengrin et Tannhâuser de Al. Richard Wagner, par F. Liszt (Leipzig, 1851), et le Drame musical, par M. Scliuré (Paris, 1875, 2 vol. in-8°), dont le second est consacré k Wagner.

WAGNER (Jeanne), cantatrice et actrice allemande, nièce du précédent, née en 1828. Elle passa son enfance à Wn'tzbourg, où ses parents étaient acteurs, et débuta elle-même à Ballenstedt en 1843, dans le rôle d'Abigaïl, du Verre d'eau de Scribe. Le succès quelle obtint peu de temps après dans le rôle de Catherine, de la Reine de Chypre d'Halévy, la décida k se consacrer exclusivement à l'opéra. Elle obtint à cette époque un engagement, comme chanteuse, au théâtre de la cour de Dresde, où son oncle était devenu maître de chapelle, et M™e Sehrœder-Devrient exerça a cette époque une grande influence sur le développement de son talent ; en 1846, la direction du théâtre l'envoya k Paris se perfectionner dans l'étude du chant sous !a direction de Garcia. Lorsque son oncle tut quitté Dresde, après les événements de mai 1849, elle se retira également du théâtre de la cour et accepta un engagement pour Hambourg, où elle excita le plus grand enthousiasme , surtout dans le rôle de Fidès, du Prophète de Meyerbeer. Elle parut ensuite, avec un succès sans précédent, k Vienne, puis à Berlin, où elle fut engagée k 1 Opéra, et où elle fut nommée en 1853 chanteuse de la chambre royale; Après les opéras de Meyerbeer, c'est dans ceux de Gluck et de Richard Wagner qu'elle a obtenu ses plus beaux triomphes. Ayant épousé en 1859 M. Jachmann, conseiller provincial prussien, elle a quitté l'opéra et est entrée au théâtre royal de Berlin. Comme actrice, elle excelle surtout dans les grands rôles tragiques.

WAGNER (Frédéric-Guillaume), érudit allemand, né à Slava, près de Glogau, en 1814, mort en 1857 à Hreslau, où il était, depuis 1845, professeur de philosophie. On a de lui : De poetis elegiacis eorumque carminibus (1838); Poetarum tragicorum grtecorum. frag-

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menta (1844-1852); Qusstionum tfe Ranis Arïstopàanis spécimen (1846) ; De Moschionis poelse tragici vita ac fabularum reliqmis (1846) ; Euripidis fragmenta (1846).

WAGNBR (Joseph), acteur allemand, né à Vienne en 1818. Son père désirait lui voir étudier la théologie ; mais, cédant do bonne heure k la vocation qu'il éprouvait pour l'art dramatique, il obtint en 1835, par l'entremise de Holtei, un engagement au théâtra de la Josephstadt, k Vierîne. Après avoir paru ensuite sur les scènes de Bude, de Prague et de Presbourg, il se rendit k Pesth, ou il se lia avec l'acteur Henri Marr, qui le fit engager en 1845 au théâtre de la Ville, k Leipzig. Ce fut là que l'artiste se révéla et qu il obtint dans les rôles d'amoureux et de héros un succès qui alla toujours croissant. 11 fit aussi des excursions artistiques a Hambourg, k Weimar, k Vienne et à Berlin et contracta, dans cette ville, un engagement à vie avec Kustner. 11 s'y maria en 1849 avec l'actrice Beithe Unzelmann, et, la même année,.on offrit aux deux époux au théâtre du Château, k Vienne, un engagement, qu'ils acceptèrent après que Wagner eut résilié celui qui le liait k Kustner. Ils parurent ensemble sur la scène de Vienne , jusqu'en 1854, époque où M™e Wagner quitta le théâtre, tandis que son mari continuait k exercer une profession dans laquelle il comptait, en Allemagne, peu de rivaux d'un talent égal au sien.

WAGNER (Rodolphe-Jean) , chimiste allemand, né k Leipzig en 1823. Il lit ses études • à l'université de sa ville natale et à Paris, et s'appliqua surtout k la chimie, k la technologie et k l'économie politique. Nommé en 1847 adjoint au laboratoire de chimie technique de Leipzig, il s'y fit recevoir, en 1850, agrégé de la Faculté de philosophie, devint l'année suivante professeur de chimie technique k l'Ecole polytechnique de Nuremberg et obtint, eu 1856, k l'université de Wurtzbourg, une chaire de technologie dans la Faculté des sciences politiques. Depuis 1858, il a été, chaque année, chargé par le gouver nement bavarois d'inspecter les écoles techniques du royaume et a, en outre, été envoyé eu 1862 à Londres , puis en 1867 k Paris, comme membre du jury international de l'Exposition universelle. On lui doit plusieurs ouvrages fort estimés, entre autres : la Chimie (Leipzig, 1864, 5e édit.); la Technologie chimique (1868, T> édit.); Théorie et pratique des affaires (1857-1861, 5 vol. ; 1868, 2« édit.); Rapports annuels sur les progrès de la technologie chimique (1856-1868, t. 1er k XIII); les Métaux et leur préparation (1866, 2« édit.) ; Etudes sur l'Exposition industrielle de Pari» eu 1867 (Leipzig, 1868), etc.

WAGNERECB. ou .WANGNERËCK (Henri),

théologien allemand , né-k Munich en 1595 mort eu 1664. Entré k seize ans dans l'ordre des jésuites, il fut successivement professeur, prédicateur et missionnaire, et devint eu 1655 chancelier de l'Académie de Dillingen. Nous citerons, parmi ses écrits : Not& in Confessiones sancti Augustini (Dillingen, 1630); Thèses de angelorum prsdesuuatione, etc. (Dillingen, 1644) ; Antithèses catho- UciB de ftde et bonis operibus (Dillingen, \Sib);Dè/ense des motifs qui ont porté VUrislophe Bérold à ta foi catliotique (Augsbourg, 1643), etc.

WAGNEHECK (Simon), numismate allemand, né k Munich en 1605, mort en 1657.11 entra aussi dans l'ordre des jésuites et occupa avec distinction une chaire d'éloquence k Munich. Les connaissances profondes qu'il possédait eu numismatique le firent appeler k Vienne par l'empereur Ferdinand III, qui le chargea de mettre en ordre son cabinet de médailles antiques. Ou a de lui ; Mémoires sur quelques médailles du musée de l'électeur de Bavière et une traduction latine du Syntagma historicum, publiée après sa mort par Dehna (Vienne, 1660).

WAGNÉR1E s. f. (vagh-né-rî — de Wagner, naiur.-aljeni.). Entoin. Genre d'insectes diptères, de là famille des athéricères , tribu des muscides, dont l'espèce type vit dans les Pyrénées.

WAGNÉRISME s. ni. ( vagh-né-ri-sme ).

Procédé, système de Wagner, compositeur de musique.

WAGNÉRISTEs. m. (vagh-né-ri-ste). Partisan du système musical de Waguer.

WAGNÉR1TE s. f. (vagh-né-ri-te — de Waguer, natur, allem.). Mmér. Minéral trèsrare, que l'on trouve près de Salzbourg.

— Encycl. La toagnériie est un sous-phosphate de magnésie duoruré', avec un peu d'oxyde de fer et quelques traces d'oxyde de manganèse. .C'est une substance blauche, qui cristallise et se clive facilement en prismes rhomboïdaux obliques. Sa pesanteur spécifique est 3,15. Attaquable par l'acide azotique, elle fond difficilement au chalumeau. Rayée par le feldspath, elle raye faiblement le verre. On en connaît deux variétés principales : l'une, cristallisée en prismes rnomboïdaux ou rectangulaires, diversement modifiés ; l'autre laminaire, présentant les clivages qui la caractérisent ; la première est beaucoup plus rare. La wagnérite se rencontre disséminée dans les veines de quartz qui traversent les schistes de la vallée de HoU-

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graben , près de Werfen ( Alpes de Salzbourg).

WAGNIÈRE (Jean-Louis), littérateur français, né en Suisse en 1739, mort après 1787. Voltaire le prit k son service en 1754, et, remarquant son désir de s'instruire, il lui donna lui-même des leçons de latin. En 1756, il succéda à Collini comme secrétaire de l'illustre philosophe, qui le conserva auprès de lui jusqu'à sa mort et dont il sut justifier hi confiance par un inaltérable attachement ; s'étant marié, il continua a vivre dans la maison de Voltaire avec sa femme. En 1778, il suivit son maître à Paris. Pendant une course qu'il fit h Perney pour les affaires de Voltaire, celui-ci mourut à Paris, lui laissant par son testament 8,000 livres et une rente de 360 livres. Lorsque Catherine II acheta de Mm" Denis la bibliothèque de Voltaire, elle lit venir k Saint-Pétersbourg Wagnière , afin qu'il la disposât de la même façon qu'au château de Ferney (1779), et elle lui donna a son départ pour la France une pension viagère de 1,500 livres. Wagnière retourna habiter Ferney, où il résidait encore en 1787. On lui doit quelques ouvrages intéressants : Additions ou Commentaire historique sur les œuvres de l'auteur de la Henriade; Relation du. voyage de M. de Voltaire à Paris en 1778 et de sa mort; Examen des Mémoires secrets de Dackaumont et autres en ce qui concerne M. de Voltaire; Examen d'un ouvrage intitulé Mémoires pour servir à l'histoire de M. de Voltaire, par dom Chaudon. Ces quatre ouvrages de Wagnière ont été publiés dans le recueil intitulé Mémoires sur Voltaire cl sur ses ouvrages, par Longohamp et Wagnière (Paris, 1826, 2 vol. in-8<>).

WAGN1TZ (Henri-Balthasar), théologien allemand, né à Halle en 1755, mort en 1838 dans sa ville natale , où il avait été pasteur de l'établissement pénitentiaire et professeur de théologie. On a de lui, entre autres écrits : la Morale en exemples (6 vol.) ; la Religion enseignée par des exemples (2 vol.) ; Memorabilia (1 vol.); Détails et observations sur les plus remarquables maisons de correction de l'Allemagne (2 vol.).

WAGON, WAGGON ou VAGON s. m. (vagon — de l'angl. waygon, chariot, qui répond a l'anglo-saxon taaegen, waen , Scandinave vagon, vôgur, ancien allemand wagan, allemand wagen, etc. Comparez aussi le sanscrit vaha, vâha, vahya, va/safea , vâhilca, char, zend vaça pour vâza, grec ochos, ockeion, ochêma pour Fochos, etc., latin vehiculum). Voiture de voyageurs ou de marchandises sur un chemin de fer : Wagon de première, de deuxième, de troisième classe. Les wagons anglais ont parcouru en une seule année plus que ta distance qui nous sépare du soleil. (A. Esquiros.)

Aujourd'hui les wagons, dans ces steppes fleuries, Devancent l'hirondelle...

Th. de Banville.

— Argot, Verre de vin d'une contenance plus grande que celle du verre dit omnibus.

— Encycl. Dans les chemins de fer, on donne le nom de voiture aux wagons qui servent au transport des voyageurs ; les toa^OH* proprement dits ne servent qu'à trans-

Eorter les matériaux, les marchandises, les estiaux, etc. Les voitures pour voyageurs sont de première, de deuxième ou de troisième classe. Les voitures de première classe se composent de trois caisses de berline, ou de deux caisses de berline et de deux caisses de coupé. Les voitures de deuxième classe offrent l'assemblage de trois ou quatre caisses de voiture ordinaires dont les parois sont plates au lieu d'être bombées. Les voitures de troisième classe se composent d'une caisse divisée en quatre ou cinq compartiments suivant sa longueur. On établit souvent des voitures , dites mixtes , composées d'un compartiment de première classe compris entre deux compartiments de deuxième classe. On rencontre sur quelques lignes de chemins de fer des voitures a lit pour le transport des malades;* quelquefois ces lits sont installés dans une voiture de première classe, dans laquelle on a réservé un coupé assez long pour permettre aux voyageurs de se coucher. Sur les grandes lignes de chemins de fer, on trouve aussi des voitures de luxe ou de cérémonie qui renferment un ou deux salons avec une ou deux chambres à coucher et des cabinets. Depuis quelques années, on construit des voitures à impériale couverte pour le transport des voyageurs à de petites distances; ce genre de wagons n'est mis en service que sur les chemins de banlieue. La construction des chemins départementaux, sur lesquels les voyageurs des premières classes doivent être peu nombreux, a engagé les constructeurs et les ingénieurs k chercher un moyen de diminuer les dépenses de l'exploitation résultant de l'emploi d'une voiture spéciale pour chaque classe. A cet effet, on a rassemblé les trois classes dans une seule voiture ; les voyageurs de première et de deuxième classe sont placés au rez-dechaussée, au niveau des trottoirs des gares, et ceux de troisième au premier étage, auquel on arrive à l'aide d'escaliers établis sur le devant et le derrière des voitures. Pour mettre ces derniers voyageurs k'I'abri des intempéries de l'air, on a fermé complètement cette espèce d'impériale, en ménageant aux

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deux extrémités une porte d'accès et un long couloir intérieur qui divise cette caisse supérieure en deux parties, dans le sens longitudinal. Les voitures à voyageurs, quelle que soit leur classe, sont montées sur un châssis rigide, qui lui-même est supporté par des ressorts de suspension , transmettant la charge aux roues par l'intermédiaire des boîtes k graisse et des coussinets dans lesquels tournent les fusées des essieux. Chaque châssis est formé de deux longerons, d un certain nombre de traverses et d'un contreventement disposé en croix de Saint-André; les traverses d'avant et d'arrière sont munies de deux tampons de choc qui viennent agir sur des ressorts horizontaux placés à l'intérieur du châssis, et dont le but est d'amortir les chocs et les secousses des différentes voitures d'un convoi les unes contre les autres ou contre les obstacles qu'elles peuvent heurter. Elles sont, en outre, munies de deux chaînes d'attelage pour atteler les voitures entre elles, d'un crochet de traction et d'une barre d'attelage ou tendeur, qui servent à rapprocher les voitures les unes contre les autres, de façon que, les tampons se touchant au repos, l'intensité des chocs résultant de l'arrêt du convoi ou de la différence de vitesse des voitures soit limitée à celle que peut occasionner la faible dépression des ressorts de choc ou de traction sous l'effort de tirage produit par la machine en marche. La construction des caisses de voiture k voyageurs varie avec chaque ligne de chemin de fer; on admet en principe, que les voitures de première classe doivent être aussi confortables que possible, sans toutefois être assez lourdes pour que l'usage en devienne onéreux pour l'exploitation. Les voitures de deuxième classe, sans être aussi commodes que celles de première classe, doivent l'être plus que celles de troisième. Il est assez difficile d'établir entre les voitures des différentes classes une juste proportion entre le confortable et le prix des places, de manière que la réduction des prix n'induise pas les voyageurs qui sembleraient devoir naturellement choisir les voitures de première classe à préférer les deuxièmes , ou ceux qui appartiennent à la deuxième classe à se contenter de la troisième. Les voitures à voyageurs des chemins de fer sont en général disposées ainsi qu'il suit : les compartiments des voitures de première classe reçoivent huit voyageurs assis en face les uns des autres sur deux banquettes placées perpendiculairement à la voie. Chaque banquette est partagée en deux par un accoudoir au milieu, prolongé verticalement pour former la stalle; un autre accoudoir existe à chaque extrémité des banquettes , et chaque voiture a trois compartiments, ce qui fait vingt-quatre voyageurs par voiture de première classe. L'intérieur des caisses est garni en drap gris ou bleu, décati, doublé en toile pour empêcher le crin de sortir et bordé de galons en laine et soie de même nuance que le drap. Ce dernier couvre les parois, la frise, le plafond et en général toutes les parties apparentes. Le plafond et la frise sont ornés de galon ; les stalles, les accoudoirs et les dossiers sont rembourrés avec du crin de première qualité. Les angles sont arrondis; les accoudoirs et le dessous des cordons des glaces et des cordons des pilastres sont garnis en drap ; les cordons août terminés par des glands et retenus par des brides. 11 y a des poignées en cuir pour tirer les portières et les fermer de l'intérieur de la voiture. Chaque compartiment contient quatre coussins piqués, dont le fond est orné d un galon, et le dessous garni de maroquin ou de peau de chèvre de même nuance que le drap, pour que l'on puisse les retourner à volonté. Les portières sont garnies en drap bordé de galon. Les rideaux, de même que les stores, sont en mérinos ou en soie. Le plancher de chaque compartiment est recouvert de toile cirée faisant chemin devant les banquettes. Des filets, des patères, pour chapeaux, parapluies et sacs de nuit ou de voyage, etc., sont disposés à l'intérieur. Les glaces des châssis des portières sont en verre double, blanc, de première qualité, et chaque caisse est éclairée intérieurement, pendant la nuit, par une lanterne placée dans le plafond, et dont on peut amoindrir la clarté au moyen d'un store en mérinos ou en soie. Le plancher est, en outre, muni d'un tapis eu moquette rose ou bleue, doublé en dessus de coutil de fil pour l'été. L'hiver, des chaufferettes à eau chaude, placées sur ce plancher à raison de deux par compartiment, complètent ce confortable, que l'on est loin de trouver dans les autres classes, comme on va le voir par ce qui va suivre.

Les voitures de deuxième classe sont divisées en quatre compartiments par des cloisons entières et contiennent quarante voyageurs, dix par compartiment. L'intérieur de ces derniers est garni en coutil de lil gris ou bleu rayé ; sur quelques chemins de fer, tels que celui de Lyon, on a adopté le drap pour la garniture de cette classe. Cette garniture s'arrête au niveau de la partie inférieure des baies de glace.de côté; elle est lisse, sans piqûres extérieures, et le rembourrage se fait avec de la filasse et du crin de première qualité. 11 y a deux coussins par compartiment; leur dessous est garni de fort coutil ordinaire. Les châssis de glace des portières ont des cordons en cuir de vache. L'intérieur, au-

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dessus de la garniture, ainsi que le pavillon, est peint généralement couleur de chêne. Deux lampes d'intérieur éclairent les quatre compartiments de ces voitures; on les dispose à cheval sur la cloison de séparation; ici, point de stores pour la nuit; du reste, comme on le voit, la lumière a peu d'intensité. Du fond de la banquette opposée à la lampe, il est difficile de s'occuper à autre chose qu'à songer qu'un peu plus de lumière permettrait de chasser 1 ennui d'un long et pénible voyage par une lecture intéressante et utile. Les voitures de troisième classe contiennent en général cinquante voyageurs et sont divisées en cinq compartiments de chacun dix places et dans lesquels sout aménagées des banquettes intérieures transversales, avec dossier à mi-hauteur. L'intérieur de ces voitures n'est pas garni; tout ce qu'on a pu faire jusqu'alors au point de vue de l'amélioration et du confortable, c'est de donner aux banquettes une forme concave atau dossier une forme convexe, qui permettent aux voyageurs de prendra une position de repos. Hélas I quel repos, et dans quel état sort-on de ces voitures après trente-six ou quarante heures de voyage sur du bois ! Le lit de camp du soldat offrirait plus de douceur, et quand on est enfermé dans ces caisses qui ressemblent plutôt à des boites à mouches qu'à des voitures à hommes, on l'envie quelquefois. L'intérieur est peint en chêne ou simplement en jaune ; il est, en outre, éclairé pendant la nuit par deux lampes d'intérieur. Autrefois, cette classe était k découvert, da sorte que l'on était soumis à toutes les intempéries de l'air ; on enfermait les bestiaux, on laissait les hommes a découvert. Aujourd'hui, et depuis longtemps, on ferme entièrement ces voitures et on les munit de châssis à glace, ainsi que de rideaux en mérinos permettant de changer la direction des courants d'air. 11 est bon d ajouter que depuis quelques années on s'occupe des moyens d'améliorer la situation des voyageurs' de troisième classe, en chauffant toutes les classes pendant les grands froids et en donnant, au moyen du gaz portatif, une lumière plus abondante et en même temps plus économique. Les essais tentés jusqu'à ce jour n'ont pas encore rendu possible l'application de ces améliorations.

En Amérique, les voitures à voyageurs ne sont que d'une classe ; elles sont d'une grande longueur et reposent sur deux trains de quatre roues chacun et articulés sur une cheville ouvrière pour faciliter le passage dans les courbes. Dans cette grande caisse se trouvent ordinairement vingt-quatre petfts bancs à deux places chacun, rangés de chaque côté de la voiture de manière à laisser au milieu nn espace vide assez large pour pouvoir circuler. Les bancs, en général recouverts en crin noir, sont à dossier mobile, pour que les voyageurs puissent à leur gré se placer dans le sens où l'on chemine ou au rebours. Ces grandes voitures marchent dans les deux directions sans pouvoir être jamais retournées aux stations. Au milieu de la chambre est un poêle en fonte en forme de petite colonne, toujours chauffé dans la mauvaise saison et autour duquel viennent se grouper les voyageurs. Aux extrémités de la voiture sont de petites plates-formes servant d'entrée et de sortie, abritées par un auvent et terminées par une barrière en fer. Pendant le trajet, les voyageurs peuvent y fumer ; mais la place n'est pas assez large pour qu'on puisses'y asseoir. Quand le convoi se compose de plusieurs voitures, on peut circuler de l'une à l'autre en enjambant l'espace qui sépare les plates-formes. Chaque train transporte avec lui un buffet k l'usage des voyageurs. Les dames ont pour leur usage particulier, à l'extrémité des voitures qu'elles occupent, un cabinet avec ses accessoires. D'autres voitures plus anciennes n'ont qu':une chambre où l'on est assis en carré, le dos appuyé contre les quatre parois. Tous les pieds se trouvent réunis dans le milieu et reposent sur un poêle chauffé en dessous, k l'une des extrémités. En Angleterre, les voitures de première classe ne contiennent que six voyageurs par caisse, soit dix-huit par voiture. Sur le chemin de Sheffield à Manchester et sur ceux d'Allemagne, il existe des voitures dans lesquelles on voyage debout et qui contiennent soixante voyageurs.

En général, les voitures k voyageurs sont k quatre roues; quelques ingénieurs préfèrent pour les convois k grande vitesse les voitures k six roues; le mouvement de lacet étant moins grand qu'avec les précédentes, elles sont moins sujettes à dérailler, et la caisse, en cas de rupture d'un essieu, est soutenue par les deux autres. En Angleterre, les voitures de voyageurs sont en général à quatre roues ; on les trouve plus stables et plus sûres, surtout depuis qu'on fabrique des essieux assez forts et d'assez bonne qualité pour qu'ils ne cassent plus. Sur le chemin de fer du South-Eastern, on a mis en service des voitures à huit roues; l'expérience ne leur a pas été favorable.

Les wagons proprement dits diffèrent dans leur construction suivant l'usage auquel on les destine ; aussi leur a-t-on donné des noms en rapport avec la nature des matières dont on les charge habituellement et pour lesquelles ils sout appropriés. On distingue : les wagons de terrassement, les wagons d'ensablement ou k ballast, les wagons a houille, les wagons k marchandises, couverts ou non cou-

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verts; les wagons pour le transport des voitures de roulier et des voitures ordinaires montées sur leurs roues, les wagons k bestiaux, à moutons, k lait; les uxiyons-écuries pour le transport des chevaux, les wagons k bagages, les wagons pour le transport des grandes pièces de bois, de fer ou de fonte; les w<ij70HS-poste. A tous ces véhicules, il faut encore ajouter les wagons plats, tombereaux, k coke, k plaques tournantes, à maringotes, k farine, etc. Les wagons sont composés d'un train et d'une caisse ; celle-ci, dont les formes et les dimensions sont très-variables suivant le genre'de transport auquel elle est destinée, est portée sur le train, qui se compose généralement d'un cadre ou châssis en charpente dont la forme est k peu près la même pour tous les loagons employés dans un chemin de fer. Ce cadre repose sur les extrémités de ressorts de suspension, auxquels sont liées en leur milieu des boîtes à graisse. Celles-ci sont maintenues entre les deux saillies de plaques en tôle épaisse solidement fixées au châssis, dites plaques de garde. De cette manière, les boîtes k graisse peuvent glisser de bas en haut ou de haut en bas dans ces plaques en faisant jouer les ressorts suivant la charge appliquée Sur les extrémités do ceux-ci ; mais elles sont entraînées dans le mouvement de translation du wagon. Les boîtes à graisse reposent sur les extrémités des essieux et forcent k leur tour ceux-ci a "suivre le mouvement du véhicule; on voit par lk que tout le poids des wagons repose sur les extrémités des essieux par l'intermédiaire des ressorts et de ces boîtes. Enfin les châssis portent des appareils destinés k relier entre eux le moteur et les wagons qui composent le train. Les châssis se composent de deux pièces longitudinales, placées dans le sens de la voie, auxquelles on a donné les noms de longerons ou brancards. Ceux-ci sont assemblés k leurs extrémités avec deux pièces transversales ou traverses extrêmes et réunis, en outre, en trois endroits de leur longueur par trois traverse* intermédiaires. Une croix de Saint-André, portant des traverses extrêmes et composée de deux pièces en bois qui se croisent à mi-bois, complète le système et donne au châssis l'invariabilité de forme dont il a besoin pour résister aux efforts auxquels il est soumis pendant la marche. Deux ressorts de choc et de traction sont attachés en leur milieu aux tiges de traction, munies de crochets k leurs extrémités et qui dépassent les traverses extrêmes. Par leurs deux bouts, ces ressorts appuient sur de petites manettes en fonte qui terminent les tiges des tampons, qui sont armées k leur extrémité de tampons en bois dur. Pour compléter cet appareil d'attelage et de choc, les traverses extrêmes portent deux chaînes d'attelage qui s'assemblent avec celles du wagon précédent et du suivant, ainsi qu'un tendeur, dont le but princip il, outre qu'il forme un double attelage, est de permettre le plus ou moins grand rapprochement des tampons. Tout cet ensemble repose sur des roues en fonte et fer ou tout simplement en fer, dont le diamètre varie de 0m,90 à 1 mètre. Les roues eu fonte sont généralement abandonnées en Europe, k cause de leur fragilité; en Amérique, elles sont encore très-répandues. On les remplace aujourd'hui par des roues en fer avec moyeu en fonte ou des roues tout en fer ; on a encore essayé dans ces dernières années, pour diminuer la résistance que l'air oppose à la marche du convoi, des roues pleines entièrement en fonte, ou en fer, fonte et bois, en disposant le bois sur les rais de manière k cacher les vides qui existent entre eux. Les fusées des essieux se placent généralement k l'extérieur des roues, afin de diminuer leur diamètre et de réduire le travail du frottement, qui constitue la partie la plus importante de la résistance des wagons. Il n'y a guère que les wagons de terrassement où les fusées soient intérieures. Les wagons de terrassement sont portés sur quatre roues; ils sont d'une construction simple et d'une solidité en rapport avec le temps pendant lequel on doit en faire usage et le service auquel on les destine. Leur hauteur ne dépasse pas lm,60, afin qu'un homme de taille moyenne puisse les charger facilement, et leur poids est autant que possible réparti uniformément sur les quatre r'oues. La caisse est mobile autour d'un axe qui lui permet de verser par une extrémité du wagon ou sur le côté, et quelquefois à volonté sur !e devant ou sur le côté. Elle charge environ 30 kilogrammes en moins du côté où elle se renverse, afin qu'elle n'oscille pas d'une manière continue et ne se renverse qu'à la volonté des conducteurs. Leur angle de versement n'est pas moindre de 40° k 45°, pour que les terres les plus adhérentes, telles que les terres argileuses ou humides, se détachent sans trop de difficulté. On donne à la caisse une forme trapézoïdale et on incline les parois latérales pour faciliter le déchargement. Le fond de la caisse est très-épais ; on le fait en sapin ou en peuplier, ainsi que les côtés; mais le plus souvent ceux-ci sont en chêne. Dans les anciens wagons, la caisse, en se renversant, tourne autour d'un axe situé k un niveau supérieur aux roues; dans les nouveaux, dits anglais, la caisse tourne sur un des essieux, ce qui a permis de faire les roues plus grandes. Les wagons k bagages sont couverts en toile sablée et sont fermés sur chaque face par une porto k deux vantaux glissant ou

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roulant horizontalement sur des tringles de fer plat. Ils sont éclairés pendant le jour par quatre petits châssis vitrés fixes, et pendant la nuit au moyeu d'une lanterne d'intérieur protégée par une double croix en fer. Quand ils sont destinés aux trains de voyageurs, ils ont l'appareil complet de choc et de traction ; pour les trains de marchandises, on supprime quelquefois les ressorts de choc, A l'intérieur, on dispose des tablettes et une petite armoire pour les objets précieux ; sous les tablettes sont aménagées des niches pour les chiens; ces cages sont munies de portes en tôle qui s'ouvrent k l'extérieur. Ces wagons sont le plus souvent k frein ; dans ce cas, le siège du facteur garde-frein est assez élevé pour qu'il puisse, étant assis, voir facilement le dessus des voitures. Les wagons k équipages ont deux côtés tombants qui viennent faire pont-levis au-dessus des tampons de choc et qui se relèvent k charnières pour clore le wagon après chargement. Les wagons k écuries se composent d'une caisse couverte divisée en trois compartimenta, dans le sens de la voie, par deux cloisons longitudinales élevées k deux tiers environ de la hauteur du pavillon. Une traverse mobile rembourrée s'appuie contre le poitrail du cheval et l'empêche de se mouvoir. Les parois extrêmes sont formées de portes spéciales pour chaque compartiment; tantôt celles-ci sont à deux battants, dont l'un se rabat sur le auai et sert de pont au cheval pour entrer ou sortir et dont l'autre se relève en forme de toit; tantôt elles ont leurs charnières verticales, Ceswagons sont éclairés par deux grandes baies garnies de persiennes; les compartiments sont rembourrés dans tous les sens et garnis latéralement en treillis et sur la face postérieure en vache ; un râtelier mobile est placé k la tête du cheval et à la disposition du palefrenier, pour lequel un compartiment avec banquette est ménagé. Les wagons à marchandises sont complètement clos et couverts; leur fermeture se fait, comme celle des wagons à bagages, k l'aide d'une porte k deux vantaux, glissant sur deux tringles extérieures; une ouverture ménagée en haut, tout le long des parois latérales de chaque côté, est recouverte par un rideau enduit, pris sous la couverture du wagon; des cordes servent*, fixer ce rideau, au moyen d'anneaux, le long de la caisse. Ces wagons se construisent de façon k pouvoir porter une charge tnaxima de 10,000 kilogr. sans crainte de détérioration. Les wagons k houille ont la caisse en bois ou en tôle ; ils portent k chaque face latérale une large porte fermant k deux vantaux ; les panneaux de ces faces s'élèvent' k l mètre au-dessus du plancher, c'est-k-dire k la hauteur de la première traverse; le reste est à jour, ainsi que le toit; les panneaux du bout, transversaux k la voie, figurent le pignon d'un toit triangulaire. La charge de ces ^wagons est ordinairement de 10,000 kilogrammes. Pour la houille menue, on s'est servi de caisses pyramidales qui se vidaient au moyen de trappes s'ouvrant dans le fond entre deux essieux. Quelquefois on disposa ces caisses de manière qu'elles puissent être enlevées facilement de dessus le châssis et chargées sur un train ordinaire. Les wagons k marin goies sont sans caisse; un plancher règne seul sur le châssis ; il est divisé par cinq traverses transversales qui empêchent la charge de l'entamer; cette dernière est ordinairement de 10,000 klogrammes. Ces wagons servaient autrefois pour transporter les voitures de roulier; on les chargeait au moyen d'une grue, après en avoir retiré les roues, et on les fixait avec des cordes qui passaient dans des anneaux placés aux extrémités des tra- • verses composant la plate-forme. Les chemins de fer ont pris une telle extension que ces transports ont perdu de leur importance; on y a même entièrement renoncé sur la plupart des grandes lignes. Les chaises de poste et les voitures particulières sont transportées avec leurs roues sur des plates-formes munies d'un rebord qui, pour les deux petits côtés, peut se rabattre sur le quai de chargement et de déchargement. Les wagons k bestiaux, que l'on utilise souvent pour le transport des marchandises, sont de grandes caisses k panneaux percés d'ouvertures et fermés par de petites persiennes. Ces wagons sont recouverts d'une espèce de toit et munis de portes qui s'ouvrent latéralement. Les wagons k moutons sont de grandes cages k deux étages, dont les planchers sont doublés de feuilles de zinc ou de plomb formant gouttière pour rejeter les urines au dehors. Cette garniture est placée sous les planchers, pour éviter que les moutons, en glissant sur le métal, ne tombent les uns sur les autres et ne se blessent ou ne s'étouffent. Les wagons k lait sont de grandes caisses kelaire-voie et k deux étages, dont le plancher intermédiaire est composé de grillages en bois mobiles. Le lait est renferme dans des boites cylindriques en fer-blanc de la contenance de 20 litres. On charge environ deux cents de ees boîtes dans chacun de ces wagons. Les wagons de la poste sont de véritables bureaux roulants, chauffés et éclairés, dans lesquels s'opère le triage des lettres.

WAGONNET, WAGGONNET ou VAGO-

NET s. m. (va-go-ne — dimin. de wagon). Petit wagon employé dans les travaux de terrassement ou de mine.

WAGONNIER, WAGGONNIER ou VAGO-

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NIER s. m. (va-go-nié — rad. wagon). Chem. de fer. Homme employé k la manœuvre des wagons, dans une gare.

WAGON-POSTE s, m. Wagon exclusivement réservé nu service de la poste.

WAGON -SALON s. m. Wagon disposé en salon.

WAGRAM, village de la basse Autriche, sur le Rusbadi, a 9 kilom. N.-E. de Vienne; fiOO hab. Célèbre par la victoire que Napoléon remporta sur les Autrichiens le 5 et le 6 juillet 1809, "V. ci-après.

Wngram (bataillk de), gagnée par Napoléon sur les Autrichiens, que commandait l'archiduc Charles, la 6 juillet 1809. Après la sanglante bataille d'Essling, Napoléon se concentra dans l'Ile Lobau et prit toutes ses mesures pour frapper un coup décisif dans les plaines du Danube. Dans la nuit du 4 au 5 juillet, il fit franchir le dernier bras du fleuve k son armée, au milieu d'un orage et d'une canonnade épouvantable destinée k cacher k l'ennemi la véritable direction de nos troupes. Les Autrichiens, pensant que l'empereur se porterait de nouveau sur les villages d'Aspern et d'Essling, les avaient entourés de moyens de défense formidables ; mais Napoléon déjoua ces prévisions un peu ingénues en débouchant sur un autre point. Le 5 juillet au matin, l'année française se déploya dans la plaine, et le soir même l'empereur essaya de faire enlever le village de Wagram, situé seulement k 8 kilomètres de Vienne, et qui allait donner son nom k une des plus grandes batailles de ce siècle; mais ce village était défendu par des forces supérieures, et Napoléon remit au lendemain l'action générale, que l'ennemi semblait résolu k accepter. Le plan de Napoléon était de s'éloigner du Danube et de rejeter l'archiduc Charles sur la Bohême ; celui-ci prétendait couper Napoléon du Danube, s'emparer de ses ponts et lui fermer la retraite. Malheureusement pour l'archiduc, Napoléon comprit clairement son but, et, pour encourager encore son adversaire, il ne laissa que peu de monde 'de ce côté. 11 est vrai qu'il y laissait aussi Masséna. L'intrépide maréchal, blessé la veille d'une chute de cheval, commandait les troupes dans une calèche découverte.

Napoléon avait passé toute la nuit k rassembler ses forces sur le centre de l'ennemi, que celui-ci semblait disposé k dégarnir pour réaliser le plan dont nous venons de parler. 11 se tenait de sa personne k une portée de canon de Wagram. Le 6 juillet, dès le matin, Bernadotte occupa la gauehe, ayant en seconde ligne Masséna. Le prince Eugène, avec l'année d'Italie, se tenait au centre, où se trouvaient également les corps des maréchaux Oudinot et Marmont, ceux de la garde et les divisions de cuirassiers. En même temps, le maréchal Davout marchait de la droite pour occuper aussi le centre, tandis qu'au contraire le général autrichien affaiblissait le sien pour garnir ses ailes et leur donner encore plus d'étendue. En conséquence, il mit le corps de Bellegarde en marche sur Stadelau, pour y renforcer sa droite. Les corps de Kollowrath, de Lichtenstein et de Hiller reliaient cette droite k la position de Wagram, où se trouvait le prince de Hohenzollern, et k l'extrémité de la gauche, k Neusiedel, où débouchait le corps lie Rosenberg, pour tléborder également le maréchal Davout. Rosenberg et Davout, opérant un mouvement inverse, se rencontrèrent aux premiers rayons du soleil, et ce furent eux qui engagèrent la bataille. Napoléon se porta aussitôt sur ce point, fit renforcer Davout par la division des cuirassiers du duc de Padoue et prendre en flanc le corps de Rosenberg par une batterie de douze pièces de la division Nansouty. Il ne fallut pas une heure k Davout pour enfoncer les troupe3 de Rosenberg, qu'il culbuta et rejeta au delà de Neusiedel après lui avoir fait subir des pertes importantes. En même temps, une effroyable canonnade s'engageait sur toute la ligne, taudis que l'ennemi accentuait de plus en plus les dispositions qui devaient amener sa ruine. Toute sa gauche se garnissait d'une artillerie formidable, au détriment de son centre qu'il ne cessait d'affaiblir, alors que Napoléon se proposait de lui porter 1k même un coup mortel. Cette manœuvre parut d'abord si insensée que l'on craignit quelque piège, et Napoléon, ne pouvant croire encore k une telle faute de la part d'un général tel que l'archiduc, différa avant d'ordonner les mouvements qui devaient déjouer le plan de l'ennemi. En conséquence, il ordonna k Masséna de diriger une attaque contre un village occupé par les Autrichiens et au moyen duquel ils appuyaient sur notre centre ; Davout reçut l'ordre de tourner la position de Neusiedel et de se porter de lk sur Wagram, tandis que Marmont et Macdonald se formaient en colonne pour enlever la position au moment où déboucherait Davout.

Mais.k cette heure même, Masséna était sur le point de se voir écraser par les forces supérieures que l'archiduc, pour l'exécution de son plan, lançait continuellement contre lui; la gauche, de L'armée française était débordée bien au loin, et une canonnade terrible retentissait k Gtoss-Asp%ru, position qui se trouvait reliée k Wagram par une immense ligne d'artillerie. Il n'y avait plus k en douter : l'ennemi avait commis une faute irréparable

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en dégarnissant son centra pour peser sur Masséna, dont la position devenait de plus en plus compromise sous les efforts des masses autrichiennes et qui ne cessait de demander du secours. Napoléon songe alors k terminer la lutte en enfonçant le centre des Autrichiens. Il ordonne aussitôt k Macdonald de former les divisions Broussier et Lamarque en colonne d'attaque et le fait appuyer par la division de cavalerie du général Nansouty, par la garde k cheval et par une batterie de 60 pièces de la garde et de 40 pièces d'autres corps. A la tête de cette formidable batterie de 100 pièces, le général Lauriston s'avance au trot contre l'ennemi jusqu'à demi-portée de canon et, là, ouvre contre les Autrichiens un feu épouvantable, qui éteint bientôt le leur et sème d'affreux ravages dans leurs colonnes. Le général Macdonald marche alors au pas de charge, soutenu par la division Reille, des fusiliers et des tirailleurs de la garde. Pour rendre cette attaque irrésistible, la garde elle-même avait exécuté un mouvement de front afin d'y prendre part. Le centre des Autrichiens plia aussitôt sous ce choc, et en quelques instants il eut perdu une lieue de terrain; leur droite, épouvantée k la vue du désastre qui. la menaçait ellemême, se hâta également de rétrograder sous les assauts furieux de Masséna, qui pouvait enfin prendre l'offensive. La gauche de l'ennemi était en même temps débordée par Davout , qui avait enlevé Neusiedel et qui , maître du plateau où s'élevait le village de Wagram, marchait sur cette position, tandis qu'Oudinot convergeait vers le même point pour soutenir l'attaque de Davout. La, comme au centre et k l'aile droite, les Autrichiens furent enfoncés et durent battre précipitamment en retraite. Dès lors la victoire était complète, et l'archiduc Charles, ne voulant pas exposer son armée à une ruine totale en s'acharnant k une résistance impossible, ordonna la retraite générale vers la Moravie.

La bataille de Wagiam coûta aux Autrichiens 3 généraux tués, 10 blessés, 24,000 hommes tués ou blessés et 20,000 prisonniers. Nos pertes ne furent guère moins sensibles, car nous eûmes k regretter 3 généraux tués, parmi lesquels le brave Lasalle, un de nos meilleurs généraux de cavalerie ; 24 blessés et plus de 20,000 hommes hors de combat. Un le voit, les Autrichiens s'étaient énergiquement battus..

Une circonstance curieuse, c'est que, du haut de leurs maisons, les habitants de Vienne purent assister au douloureux spectacle de leur défaite ; l'empereur d'Autriche lui-même, monté sur un belvédère, avait tout le champ do bataille sous les yeux. Quand il vit ses troupes vaincuesi il se hâta de prendre la fuite.

Wagram (LA BATAILLE DE), tableau d'Ho-

race Veruet; au musée de Versailles. Napoléon, k cheval, observe du haut d'une éminence 1,'effet que produk la batterie de cent pièces d'artillerie commandée par le général comte de Lauriston. A quelque distance, Bessières, duc d'istrie, est blessé au moment où il dispose l'attaque de la cavalerie; un boulet tombe sur sa selle et lui fait une légère contusion ; son cheval s'emporte.

Ce tableau, qui a 5°»,43 de largeur sur 4m,65 de hauteur, a paru au Salon de 1836 avec trois autres peintures du inéme auteur représentant la Bataille d'Jéua, la Bataille de Friedland et la Bataille de Fontenoy. Gustave Planche en a fait une critique extrêmement vive : « Dans la Bataille de Wagram, dit-il, l'attitude de Napoléon est celle d'un conscrit pendant sa première leçon d'équitution. C'est k peine si la lorgnette placée dans la main du héros ébranle notre conviction. Je ne parle pas du cheval qui, malgré la réputation toute spéciale de l'auteur, est loin d'être d'aplomb sur ses jambes; car ce reproche pourrait s'appliquer, avec une égale justesse, aux chevaux ù'Jéna et de Friedtand. Dans Iéna surtout, le cheval de Napoléon ne pourrait exécuter Je mouvement que le peintre lui attribue sans s'estropier d'une l'uçjii irrémédiable. Pour croire que Napoléon, dans la toile de "Wagram, observe l'effet d'une batterie, il faudrait plus que de la complaisance, car le mouvement de la figure n'est pas unmouvementstudieuxetiéfiéchi. Place, comme il l'est, sur une emmenée, Napoléon n'a pas besoin d'étendre les jambes et de se dresser sur les étriers ; il n'est pas forcé de tourner les genoux en dehors comme un cavalier de quinze jours ; il est probable, au contraire, que, pour observer l'effet d'une batterie, il prendra l'attitude la moins pénible, c'est-k-diro qu'il se penchera sur le cou de son cheval ou du moins qu'il inclinera la poitrine. » Le véhément critique termine par ces réflexions : « En vérité, plus je regarde les batailles de M. Horace Vernet, plus je désespère de comprendre le but qu'il s'est proposé. A moins de croire qu'il a voulu ramener l'histoire héroïque de l'Empire aux proportions de la plus mesquine bourgeoisie, je suis forcé de renoncer k l'explication de ses énigmes enluminées. Il m'est arrivé plus d'une lois de voir, aux environs de Paris, dans les auberges de village, des batailles représentées sur papier peint, et je dois k la justice de déclarer que les auteurs anonymes de ces compositions avaient sur M. Horace Vernet un immense avantage, celui de la clarté. »

WAGS

La Bataille de Wagram d'Horace Vernet a été gravée par J:-M, Fontaine.

Wagram (LA BATAILLE DE), tableau d'Hip-

polyte Bellangé; au musée de Versailles. Le moment choisi par lo peintre est celui où, sur l'ordre de Napoléon, le général Macdonald dispose les divisions Broussier et Làmarque en colonne d'attaque ; la division Nansouty, la garde k cheval et une batterie de cent pièces d'artillerie commandée par le général Lauriston s'ébranlent pour soutenir le mouvement.

Cette composition, qui a été exposée au Salon de 1837, est k peu près de la même dimension que le tableau d'Horace Vernet ; elle n'est pas d'une exécution supérieure, mais elle donne beaucoup mieux l'idée d'une bataille, « M. Bellangé s'est montré, cette année, supérieur k lui-même, a dit Gustave Planche. Nous sommes loin de penser qu'il ait produit un chef-d'œuvre ; mais, en comparant sa Bataille de Wagram kses ouvrages précédents, nous sommes forcé de reconnaître un progrès important. Chaque figure, étudiée séparément, offre matière k des critiques nombreuses. Le dessin ne va jamais au delà de l'a peu près; la pâte est molle; la peau est rarement soutenue par la chair; il n'y a dans les soldats ni précision ni solidité anatomtque; muis sa bataille est bien composée, ou plutôt bien disposée, car l'invention vraie ne se révèle nulle part. Mais le mouvement des' escadrons est bien rendu ; les moissons foulées par les pieds des chevaux sont traduites avec bonheur, et, quoique ce tableau n'émeuve pas puissamment, il y aurait injustice k ne pas louer l'adresse et ie bon vouloir du peintre. Ce n'est pas lk de la peinture historique; ni la composition ni le style ne s'accordent avec la gravité du sujet; c'est une grande lithographie , traitée habilement, pleine d'animation et de réalité dans plusieurs détails. »

Un autre tableau de Bellangé, Napoléon à Wagram, a paru au Salon de 1842; il a été gravé par H. Garnier et par René Rollet.

Sous le premier Empire, la bataille de Wagram avait été retracée par Carie Vernet dans un tableau de 5 mètres de longueur et par Gros dans une simple esquisse qui fut exposée au Salon de 1S10. Cette esquisse, qui a été lithographiée, vaut mieux que les peintures achevées que l'on a sur le même sujet. Le moment choisi par Gros est celui où l'empereur ordonne le mouvement d'artillerie qui doit décider, en sa faveur, le gain de la bataille; Napoléon retient un instant l'ardeur de son cheval, dont l'élan témoigne une surexcitation belliqueuse; derrière lui sont deux officiers supérieurs de sa suite, le prince do Neuchàtel et celui qui devait prendre le nom de prince de Wagram; ils se montrent pleins d émotion k la vue de Bessières blessé qui s'affaisse entre les bras d'un grenadier et ceux du colonel Lejeune. Le fond du tableau est occupé par nos troupes, dont les mouvements sont largement indiqués k travers les fumées de la poudre. Cette toile a été trèsadmirée lors de son apparition; les critiques ont surtout signalé.l'entente habile de la composition, le mouvement du train d'artillerie qui défile k droite, sous les yeux de l'empereur, la vérité des détails et la vigueur de l'exécution. Suivant le jugement de Guizot, cette esquisse joignait k ta verve accoutumée de l'auteur un dessin correct, « un style pur et même noble. » A ce même Salon de 1810 où parut cette belle esquisse, Adolphe Rœhn exposa une toile représentant le Bivouac de Napoléon sur le champ de bataille de Wagram; cette composition, qui est au musée de Versailles, a été gravée par Guttenberg. Une médaille commémorutive de la bataille de Wagram a été gravée par André Galle et exposée au Salon de 1822. Sous la Restauration, P. Adam et Jazet ont exécuté des gravures d'après une composition de Charles Langlois représentant cette même bataille. Sous Louis-Philippe, outre les tableaux d'Holace Vernet et dHipp. Bellangé, le gouvernement fit exécuter pour lo musée de Versailles cinq aquarelles retraçant les diverses phases de la bataille; ces aquarelles, dont Siméon Fort est l'auteur, ont été exposées au Salon de 1836. Des tableaux représentant des épisodes de la bataille de Wagram ont été exposés par M. Eugène Bellangé fils en 1869 et par M. Brunet-Houard en 1870.

WAfiRAM (le prince de), maréchal de France. V. Berthier (Louis-Alexandre).

WAGRET (J.-P.), médecin français. Il vivait duns la première moitié du xvme siècle ; il exerça sa profession successivement a Valenciennes et k Douai et'fut médecin des hôpitaux de ces deux villes. On lui doit un recueil d'observations, assez mal écrit, mais fort intéressant, qui a pour titre : Obseroations de médecine et de chirurgie faites dans les hôpitaux de Valenciennes (Paris, 1717, in-12), ainsi qu'un Traité de la petite vérole (Douai, 1718, in-80).

WAGR1E, ancien pays du ITolstein, comprenant les villes de Lubeck, Oldenbourg, Ploen, Eutin, Travemunde, etc.

WAGSTADT, bourg de l'empire d'Autriche, dans la Silésie, cercle et a 28 kilom. S.-E. de Troppau, sur la petite rivière de la Wag; 4,300 hab. Fabrication et commerce de draps.

WAGSTAFFE (Jean), littérateur anglais, mort en 1067. Il n'est connu que par ses ou-

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