‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 884 sur 1042 · V. Pkrkin Warbeck · texte numérisé non relu

V. Pkrkin Warbeck

WAHBE11G, ville de Suède, dans la préfecture et à 75 kilom. N.-O, d'Halmstad, sur une baie de la Baltique; 2,000 hab. Place forte; petit port de commerce. Sources d'eaux minérales aux environs. On y voit une bcilo église et un vieux château fort, transformé en maison de correction.

WARBURG, ville de Prusse, province de Westpbalie, régence et k 111 kilom. S.-O. de Minden, chef-lieu du cercle de son nom, sur le Dieinel; 3,600 hab. Progymnase ; fabrication de toiles, tabac; brasseries. Commerce de fer, grains et bétail. Warburg était au moyen âge ville libre de l'empire ; elle lit partie de la ligue hanséutique et échut dans ■ la suite a l'évêque de Padeiborn. Pendant la guerre de Sept ans, le 31 juillet 1700, les Français y essuyèrent un échec contre les Prussiens, Près de la ville, sur une colline conique, on voit les ruines du château de Desenherg, propriété de la famille Spiegel.

WARBURTON (Guillaume), savant prélat anglais, ne à Newaik en 1698, mort k Glocester en 1779. Il suivit quelque temps la profession du barreau, puis il. entra dans les ordres en 1723, devint, trois ans plus tard, vicaire d'un petit bourg aux environs de Newark et vint peu de temps après à Londres, où il se lia avec un certain nombre d'écrivains, tels que Théobald, Concanun et autres, qui étaient ligués contre Pope, aux mordantes satires duquel ils avaient été en butte. Waiburton embrassa toutes les haines de ses amis et eut même le malheur d'écrire, en en janvier 1727, une lettre adressée à (ion-, -caueii, et dans laquelle il dirait que Dryden faisait des emprunts par manque de loisir et Pope par manque de génie". Cette lettre fut publiée bien longtemps après, en 1766, par Akenside, que Waiburton avait offensé et qui avait l'original en sa possession. Eu 1728, Waiburton fut, grâce k la protection de Robert Suttou, auquel il avait dédié quelques pièces de vers, compris dans la promotion faite par le roi des maîtres es arts de Cambridge, et à quelque temps de 1k il obtint, par l'intermédiaire du même protecteur, la cure de Bruiit-Btoughtou, près de Newark. Ce fut là qu'il travailla k sou fameux traité intitulé : YAlliunce entre l'Eglise et l'Etat ou la Nécessité et l'équité d'une religion établie et d'une loi d'épreuve démontrée par l'essence et la fin de la société civile, etc. (1736). Cet ouvrage surprit et offensa également les deux partis qui étaient en présence, le premier par ses conclusions et l'autre par la méthode suivie pour y arriver. En janvier 1738, Warburton publia les trois premiers livres de son grand ouvrage, la Mission divine de Moïse - démontrée d'uprés les principes d'un déiste religieux, etc., dont l'apparition souleva un déluge de controverses; l'auteur dut, en cette occasion, se défendre successivement contre les docteurs Stebbing, Sykes, Poeotke, R. Grey, Middleton et autres. Waiburton les traita tous, à part Middleton, comme un maître d'école traiterait ceux de ses élèves qut se permettraient d'entrer en discussion avec lui ou de protester contre son dire. Bans cet ouvrage, l'auteur a entrepris de prouver que les anciens législateurs ont considéré la croyance en. Dieu et la doctrine d'une vie future de récompenses ou de peines comme indispensables pour le maintien des institutions sociales ; que, seul, Moïse a fait exception en ne taisant pas entrevoir aux Juifs un jugement dernier après leur mort, mais qu'il a su, par des récompenses et des peines corporelles, stimuler l'obéissance de sa nation aux lois données par leur Dieu, Les trois dernières parties de la Mission divine furent publiées eu n-ll, et les deux volumes dont se composait cette première édition furent portés à quatre dans la seconde (1755-1758), puis k cinq dans la troisième (1765).

En 1738, Waiburton était devenu chapelain du prince de Galles. L'année suivante, il publia dans les Œuvres des savants six lettres, où il défendait l'Essai sur l'homme de Pope contre les attaques de M. de Crousaz,

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et cet acte, qui avait été tout spontané de sa part, non-seulement fit oublier au satirique les attaques de son ancien adversaire, mais encore lui inspira une vive amitié pour ce dernier, auquel il légua en mourant (1744) la moitié de sa bibliothèque et le produit de toutes les éditions de ses œuvres qui pourraient être publiées après sa mort. Pope rendit encore un autre service à Warbnrton en lui faisant connaître un riche gentilhomme, Ralph Allen, dont il épousa eu 1745 la nièce et unique héritière. A la même époque, les honneurs et les dignités commencèrent à venir le trouver. En 1746, il fut nommé prédicateur de Lincolri's Inn, devint en 1754 l'un des chapelains ordinaires du roi, reçut l'année suivante une des riches prébendes de Durhain et, après avoir été nommé en, 1757 doyen de BristoI; fut promu en 1759 a l'évèché de Glocester. Les facultés intellectuelles de Warburton- baissèrent sensiblement pendant les dix ou douze dernières années de sa vie, et k sa mort il était affligé d'une paralysie complète du cerveau. Outre les ouvrages que nous avons mentionnés au cours de cette notice, il faut encore citer de lui : Mélanges de traductions de poètes, d'orateurs et d historiens romains (1724) ; Examen critique et philosophique des causes des prodiges et des miracles (1727); Dissertation sur l'origine des livres de chevalerie, insérée dans la préface de Sa traduction de Don Quichotte publiée par Jarvis (1742) ; une édition peu estimée des Œuvres de Shakspeare (Londres, 1747, 8 vol. iu-8°) ; Julien ou Discours sur les tremblements de terre et les éruptions de flammes qui empêchèrent l'empereur de reconstruire te temple de Jérusalem (1750, in-8°); une édition des Œuvres de Pope avec notes (175 1,9 vol. in-8°); Aperçu de la philosophie de lord Bolingbroke (1754-1755, 2 parties) ; la Doctrine de la grâce (1762), opuscule dirigé contre le méthodisme ; ' divers liecueils de sermons, etc. Une édition complète des Œuvres de Warburton fut publiée après sa mort par son ami l'évêque Hurd (Londres, 1788,7 vol. in -8°). Elle u été complétée depuis par ses Lettres à un ami (1809) et par ses Œuvres littéraires posthumes (Londres, 1841). Enfin, Watson a récemment publié sa biographie (Londres, 1863),

WARBURTON (Eliot-Barthélemy-George), littérateur anglais, né en 1810, mort en 1852. Reçu avocat à l'université de Cambridge, il exerça quelque temps cette profession, "mais y renonça bientôt pour s'occuper de l'administration de ses propriétés. 11 consacra ses loisirs aux travaux littéraires et publia différents ouvrages qui furent bien accueillis du public. Nous citerons, entre autres : la Croix et le croissant (1845; 1857, 13« édition), relation d'un voyage fait en Orient par l'auteur; le Prince liupert ei les cavaliers (1849), histoire et réhabilitation de ce prince ; Ileginaid Mailings, dont le sujet est emprunté à la inèine époque de l'histoire d'Angleterre ; Mémoires d'Horace Walpole et de ses contemporains (2 vol, in-8°) ; Darien ou le Prince marchand. Cet ouvrage, qui ne fut publié qu'après la mort de l'auteur, a pour sujet la fondation au xvne siècle d'une colonie écossaise dans l'isthme de Darien. Warburton périt en 1852 à bord du navire l'Amazone, qui fut détruit par. un incendie à quelque distance du cap Land"s End.

WARCISLAS, prince de la Poméranie, mort vers 1125. Tout jeune encore, il embrassa le catholicisme en Allemagne, où il se trouvait prisonnier. De retour dans son pays* il monta sur le trône, et, au bout de quelques années, il résolut, de concert avec sa femme, de faire venir en Poméranie l'évêque de Bainberg, Othon, avec des missionnaires pour convertir les habitants au catholicisme. Othon se rendit k son appel, prêcha l'Evangile à Kamin, Woliin, Stettin et obtint de grands succès, tin évêché fut établi à Woliin en 1124, et un des missionnaires, nommé Adalbert, eu devint le premier titulaire.

WARD (Nathaniel), théologien anglais, né à llavernili en 1590, mort en 1653. Après avoir fait ses études théologiques à 1 université de Cambridge, il visita la Hollande, l'Allemagne et le Danemark, et devint, k son retour en Angleterre, pasteur d'une piuoisse du eûmté d'Herlford, qu'ii administra jusqu'en 1631. Accusé k cette époque de professer des doctrines non conformistes, il donna sa démission, se réfugia dans la Nouvelle-Angleterre, où il remplit les fonctions pastorales jusqu'en 1647, et revint alors en Angleterre. On a de lui : le Simple savetier d'Agyawam (1647), ouvrage satirique dirigé contre les royalistes et contre l'Eglise anglicane; Mercurius Anlimecharius (1647), autre satire contre les prédicateurs de la même Eglise, etc.

WARD (iSeth), prélat anglais, né k Buntingford, comté d'Hertford , en 1617, mort en 1689. Il était membre du collège de Sydney-Sussex, k Cambridge, lorsque son refus de souscrire au covenant l'obligea de quitter cette université (1643). Il se retira alors dans le comté de Surrey, auprès d'Oughtred, sous la direction duquel il s'adonna avec ardeur k l'étude des mathématiques et devint, en 1649, chapelain de lord Wenman. Chargé peu après d'occuper à Oxford la chaire d'astronomie, il y professa avec beaucoup de distinction et devint successivement, dans la même ville, principal du collège de Jésus

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(1657) et président de celui de la Trinité (1659). Ildonna sa démission à la restauration; mais, comme il avait toujours fait preuve de dévouement à la cause royaliste, il fut en faveur auprès du nouveau gouvernement, qui le nomma d'abord recteur de Saint-I.aurent, à Londres (1660), puis doyen de la cathédrale d'Exeter (1661), évêque de cette ville (1662), évêque de Salisbury (1667) et enfin chancelier de l'ordre de la Jarretière (I67l). C'était la première fois, depuis un siècle et demi, qu'un ecclésiastique était ap-

felé à ces fonctions. Ward avait été en 1661 un des fondateurs de la Société royale , de laquelle il fut élu président à plusieurs reprises. Nous citerons, parmi ses écrits : Essai sur l'existence et tes attributs de Dieu, sur l'immortalité de l'âme, etc. (Oxford, 1652, in-8»); De cometis (Oxford, 1653, in-4°); Idea trigonométrie demonstratx (Oxford , 1654 , in-4»); Vindicix Academiarum, réplique a John Webster (Oxford, 1654, in-4<>); In Th. Hobbesii philosaphiam exercitatio (Oxford, 1656, in-8»); Astronomia geometrica (Londres, 1656, in-8<>); Sermons (Londres, 1694, in-8»),

WARD (Thomas), littérateur anglais, mor vers la fin du xvne siècle. Il fut presque toute sa vie maître d'école et, après la révolution de 1688, se retira en Flandre, où il résida jusqu'à sa mort. On a*de lui : Duel entre le docteur Tenison, pasteur de Saint-Martin de Londres, et un soldat catholique ; 'Spéculum ecclesiasticum ; la Béformation anglicane , poëme en plusieurs chants, écrit dans le style A'Hiidibras (Londres, 2 vol. in-8<>) ; Errata de la Bible protestante (1688, in-s°), etc.

WARD (Edouard), poète anglais, né en 1667, mort en 1731. 11 avait ouvert à Londres un établissement public, qui devint le centre de réunion des adversaires de l'administration whig. 11 se mêlait lui-même k leur société, dans laquelle son esprit naturel le mettait k même de faire brillante figure. C'était, du reste, un homme de mœurs faciles, et auquel le soin de sa propre réputation importait peu. Son poëme, Hudibras redivivus, le fit condamner a l'amende et exposer deux fois au pilori. On cite encore, parmi ses œuvres : l'Espion de Londres (1698-1700; 1755, 5e édit.) ; te Tonji'wi café, comédie ; le Caprice d'Apollon, etc. Ward est l'un des personnages de la Dunciade de Pope.

WARD (John), érudit anglais, né à Londres en 1679, mort en 1758. D'aoord employé dans les bureaux de la marina, il donna sa démission en 1710, pour se faire maître d'école, et débuta bientôt après dans la carrière des lettres par des écrits qui le firent avantageusement connaître. 11 devint successivement professeur de rhétorique au Gresham Collège, k l'université d'Oxford (1720), membre de la Société royale (1723) et de la Société des antiquaires (1736) et l'un des conservateurs du Musée britannique, lors de la fondation de cette institution (1753). On a de lui : De vasis et lucernis, de amuletis, de annulis et fibuiis, de asse et partibus ejus (1719); une traduction latine du Traité sur la peste du docteur Mead (1723); Vies des professeurs du collégedeGresham[n40, in-fol.), l'ouvmge le plus remarquable de l'auieur; Quatre essais sur la langue anglaise (1756); Système d'éloquence (1758, 2 vol.); Dissertations sur divers passages des saintes Ecritures (1761, t.. 1er; 1774, t. II). On lui doit, en outre, des éditions de la Grammaire latine de Lily (1732), de Maxime de Tyr(1740) et de la Grammaire grecque de Camden (1.754).

WARD ( Bernard ) , économiste irlandais, mort ver3 1760. Etabli comme négociant en Espugne, il fit une étude approfondie de la situation de l'industrie et du commerce dans cette contrée, et s'attacha surtout a rechercher les causes de leur décadence. Un ouvrage intitulé Moyens de remédier à la misère des indigents (Valence, 1750), dans lequel il avait consigné les résultats de ses observations, attira l'attention du roi Ferdinand VI, qui chargea Ward de parcourir les différentes contrées de l'Europe pour y recueillir des renseignements sur l'organisation administrative et commerciale; k son retour, il fut nommé président du commerce et des monnaies , puis directeur de ia fabrique de cristaux de Saint-Ildefonse. Mais il mourut peu de temps après et n'eut pas le temps de publier les matériaux qu'il avait recueillis. Ils parurent plus tard sous le titre de Projet économique (1719), par les soins du comte de Campomanès.

WARD (Samuel), homme politique américain, né à Newport en 1725, mort en 1776, Jusqu'à l'âge de trente ans, il ne s'occupa que d'agriculture; mais, ayant été élu, en 1756, représentant deWesterlyà l'assemblée générale, il y joua un rôle actif et y acquit une grande influence. Cette assemblée le nomma successivement chief -justice (1761) et gouverneur (1762) de là colonie, et il fut rappelé k ces dernières fonctions en 1765. Ce ' fut pendant sa seconde administration que le ministre anglais adopta les mesures qui devaient'aboutir k l'indépendance des Etats- Unis, Ward assista, en 1774, à l'ouverture de leur premier congrès et figura activement dans les congrès suivants jusqu'à sa mort. Il avait fondé, en 1764, le collège de Rhode-Island, devenu depuis le premier éta-

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blissement d'instruction publique des Etats- Unis,

WARD (Thomas), général irlandais, né h Dublin en 1749, mort en 1794. Après avoir fait ses études au collège des Irlandais, à Paris, il entra dans le régiment formé de ses compatriotes qui était au service de la France, et était parvenu au grade d'oflieier, lorsque la Révolution éclata. Il en embrassa les principes et continua k servir dans les armées républicaines, où il obtint un avancement rapide. Lieutenant-colonel k l'armée du Nord en 1792, il se signala en diverses rencontres et fut promu , en décembre de la même année, général de brigade. Mais, après la défection de Dumouriez, il fut arrêté comme étranger et comme suspect; il fut traduit devant le tribunal révolutionnaire et fut condamné k mort le 23 juillet 1794.

WARD (Robert-Plumer), jurisconsulte et littérateur anglais, né en 1765, mort en 1846. Il étudia le droit à Oxford, fut admis au barreau en 1790 et renonça en 1805 à la profession d'avocat, pour devenir sous-secrétaire d'Etat au ministère des affaires étrangères. De 1807 k 1811, il fut lord de l'amirauté, pendant l'administration de lord Mulgrave, remplit ensuite jusqu'en 1823 les fonctions de secrétaire de l'artillerie et devint, en 1832, haut shérif du comUWde Heits. Il était, en outre, entré en 1802 au Parlement, où il siégea pendant un grand nombre d'années. Au milieu des occupations résultant de ces fonctions multiples , il avait trouvé assez de loisirs pour écrire plusieurs ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Histoire du droit des nations en Europe depuis l'époque des Grecs et des Romains jusqu'au siècle de Grotius (1795) ; Recherche sur la conduite des guerres européennes (1803); brochure qui valut k son auteur la faveur et l'amitié de Pitt; Tremaine (1825); De Vers (1827), roman, qui, comme le 'précédent, obtint un succès remarquable ; illustrations de la vie humaine (1837); Tableaux du monde (1838); Essai historique sur la révolution de 16S8 (1838, 2 vol. in-8"); De Clifford, roman (1841). Ward avait en outre tenu, depuis 1809 jusqu'à Sa mort, un Journal de sa vie politique, qui renferme d'intéressants matériaux pour

I histoire d'Angleterre, surtout pour la période de 1809 k 1820. pe journal a été inséré par Edmund Phipps dans l'ouvrage qu'il a publié sous ce titre : Mémoires sur la viepo-

, litique et littéraire de Bobert-Plumer Yard ' (1850, 2 vol. in-8»).

WARD (sir Henri-George), diplomate anglais, fils du précédent, né en 1798 , mort en 1860. Il entra dans la diplomatie en 1816, comme attaché d'ambassade k Stockholm, fut envoyé, en la même qualité, successivement k La Haye, à Madrid et au Mexique et représenta l'Angleterre dans cette contrée de 1825 à 1827. Entré au Parlement en 1832, il en fit partie jusqu'en 1849, époque où .î fut nommé lord haut commissaire des lies Ioniennes. Pendant les trois dernières années de sa vie parlementaire , il avait été secrétaire de l'amirauté et s'était, en outre, signalé au sein du Parlement par la motion qu'il fit, en 1834, en faveur de la réforme de l'Eglise établie d'Irlande, motion qui détermina la même année un changement de ministère. En 1856, il passa du gouvernement des îles Ioniennes, où il s'était distingué puisa conduite aussi ferme que libérale, k celui de l'île de Ceylan, qu'il conserva jusqu'à sa mort.

WARD (James), peintre anglais, né k Londres en 1770, mort en 1859. Il étudia d'abord la gravure dans l'atelier d'un de ses frères et dans celui de Smith, mais, se sentant plus de dispositions pour la peinture, il apprit seul cet art, en copiant les toiles de George Morland, dont il s appropria si bien la manière, que les marchands de tableaux lui achetaient k bas prix ses copies, les signaient du nom de Morland et les vendaient ensuite fort cher, comme des œuvres originales de ce dernier; et ce qui mérite d'être noté, c'est que les juges compétents préféraient ces copies aux toiles mêmes de Morland, auxquelles elles étaient inférieures, il est vrai, au point de vue de l'exécution technique, mais qu'elles surpassaient sous le rapport de la pureté et de la fraîcheur du goût, ainsi que de l'imitation de la nature. Le premier tableau original de Ward, un Combat de taureaux, obtint un succès remarquable ; mais, quoique l'artiste continuât k peindre, ses toiles ne lui rapportaient pas assez pour qu'il pût laisser la gravure de côté, et, en 1794, il fut nommé peintre et graveur du prince de Galles, plus tard roi sous le nom de George IV. Dès qu'il le put, cependant, il renonça au burin et s'acquit rapidement une grande réputation comme peintre d'animaux.

II aborda plus tard la peinture historique et exécuta , entre autres , pour l'hôpital de Chelsea, une immense toile, représentant allégoriquement la Bataille de Waterloo et pourlaqiielle la British Institution lui accorda le prix dé 25,000 francs qu'elle avait mis au concours. Parmi les tableaux de cet artiste, on cite : Cheval et serpent, la Marche du daim, Buffles se battant contre un arbre à Sair.t-Donat, la Chute de Phaéthon, le Triomphe sur te péché, ta mort et l'enfer; l'Ignorance, l'Envie et la Jalousie remplissant la gorge et élargissant la bouche de la Calomnie;

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l'Etoile de Bethléem, Paysage avec du bétail, un Conseil de chevaux; Bœuf, vache et veau, toile qui est sans contredit lu plus remarquable de ses œuvres et qu'il exécuta en 1822, en rivalité avec Paul Potter. Jusqu'à ses dernières années, Ward ne cessa de figurer aux Expositions annuelles de l'Académie royale, de laquelle il était membre depuis longtemps.

WARD {Williams-James), graveur anglais, neveu du précédent, né à Londres en 1800, mort dans la même ville en 1840, Elève de son oncle, il se distingua de très-bonne heure par da remarquables essais. A douze ans, il exposa dans les galeries de la Société des arts de Londres une copie à la plume de la Vierge à la chaise de Raphaël, qui obtint une médaille d'argent. Encouragé par ce succès, le jeune Ward ne tarda pas à aborder les sujets qui lui ont fait la notoriété dont il jouit à bon droit. Bien qu'il soit mort à quarante ans, son œuvre est vaste. On dirait qu'il s'est hâté de produire comme s'il avait compris qu'il ne devait pas produire longtemps. On remarque, parmi ses meilleures planches ; Robert- Thomas Wilson, d'après Pikersgill; George Canning , d'après Stewarton ; Thomas Moore, d'après Malvany; John Jackson, d'après Jackson lui-même. Le Mariage de sainte Catherine de Van Dycfe, une de ses dernières gravures, se recommande par une ampleur de modelé qui n'est pas dans les habitudes de l'école anglaise. Ward a publié, en outre, dans le Trésor des arts, un certain nombre de morceaux intéressants.

WARD (Nathaniel-Bagshaw), botaniste et naturaliste anglais, né vers la fin du siècle dernier, mort en 1868. Depuis 1825, il s'était presque exclusivement occupé de l'étude des fougères anglaises et étrangères, et il est surtout connu comme l'inventeur de ces boîtes . de verre épais qui portent son nom et qui sont destinées a la culture scientifique de ces plantes et d'autres plantes exotiques. Il a luimême exposé longuement son inventior dans l'ouvrage intitulé : Observations sur ta croissance des plantes dans des boîtes de verre épais, Ward était trésorier de la Société microscopique de Londres et membre des Sociétés royale et linnéenne de la même ville, ainsi que d'un grand nombre de sociétés savantes de l'étranger.

WARD (Edouard-Matthieu), peintre anglais, né à Londres en 1816. Il montra de bonne heure pour les beaux-arts des dispositions que ses parents se plurent à encourager, fut admis en 1835, comme élève, à l'Académie royale, où il étudia sous Wilkie et Chantre y, et exposa, la même année, son premier tableau, M. 0. Smith sous la figure de don Quichotte. Il partit, en 1836, pour Rome, où il demeura trois ans. En revenant en Angleterre, il s'arrêta quelque temps à Munich pjur recevoir de Cornélius des leçons de peinture à fresque. 11 avait obtenu à Rome, en 1838, une médaille d'argent de l'Académie de Saint-Luc pour son tableau de Cimabue et Oiotto, qui fut exposé l'année suivante, à l'Académie royale de Londres. Bien que Ward ait exposé à tous les Salons postérieurs, il ne fut guère connu jusqu'en 1843, époque où son portrait du Docteur Johnson lisant le manuscrit du Vicaire de Wakeheld attira l'attention de la critique et du public. Dès lors, il marcha de succès eu succès, devint en 1847 membre associé, puis, en 1855, membre ordinaire de l'Académie royale et dans L'intervalle fut chargé, en 1853, d'exécuter, pour le palais de Westminster, huit tableaux. Le plus beau est celui qui représente le Dernier sommeil du duc d'Argyle; l'une des œuvres les plus remarquables qu'ait produites l'école anglaise. Nous citerons parmi les autres toiles de M. Ward : le ttoi Lear (1840); Thorwaldsen étudiant à Home; le Cornette Joyce faisant le roi prisonnier à IJolmby, le 3 juin 1647 (1841); la Heine Elisabeth, veuve d'Edouard 1 V, remettant le jeune duc d'York entre tes mains de Bouchier, archevêque de Cantorbéry, et de Rutheram, archevêque d'York (1842); Scène de la jeunesse de Ooldsmith; Lajleur parlant de Montreuil (1844); Scène dans l'antichambre de tord Chesterfield en 1748 (1845); la Disgrâce de lord ClarendiM (1846); le. Bubble de lu mer du Sud; Scène dans l'allée de la Banque (1847); les Champs d'Higltgate pendant te grand incendie de Londres en 1766; Entrevue entre Charles 11 et Nell Gwynne (1848) ; Premier début de Benjamin West dans l'art; Daniel de Foë et le manuscrit de Robitison Crusoé (1849) ; Isaac Wallon péchant à la ligne ; le Lecteur de nouvelles; la Famille royale de France dans la prison du Temple (1851); Charlotte Corday marchant au supplice (1852); Y Exécuteur attachant le livre de Vishart au cou de Montrose; Joséphine signant l'acte de son divorce (1853); la Séparation suprême de Marie-Antoinette et de son fils; le Premier amour de Byron (185G), etc. Les qualités principales qui distinguent les œuvres de M. Ward sont l'originalité de la conception, la disposition aussi heureuse que naturelle des figures, beaucoup de vérité et d'expression dans les physionomies, un colom clair et vigoureux et une grande exactitude dans l'exécution des costumes et des moindres détails. — Sa femme , mistress Henrietia Ward, petite-fille de James Ward, est elle-

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même un artiste d'un talent remarquable. Parmi les toiles qu'elle a exposées à l'Académie royale, nous citerons : Résultat d'un marché d'Anvers (1850); Rowena, d'après i'Ivanhoë de Walter Scott (1851); le Marché d'Anvers (1852) ; la Jeune reine de mai (1853) ; Scène du camp de Cobham (1854) ; la Leçon du matin (1855); les Importuns; une autre Reine de mai (1856); Dieu sauve la reine (1857), etc.

WARDE (James), connu aussi sous le nom de Prescou, acteur' anglais, né en 1797, mort en 1841. Il débuta avec succès, en 1818, au théâtre de Haymarket et passa ensuite sur la f-cène de Covent-Garden, où il devint bientôt l'un des acteurs les plus goûtés du public, Kemblë était le seul que l'on mît audessus de lui. En 1833, Warde quitta Covent-Garden pour paraître successivement au petit théâtre Olympique et au théâtre Victoria; mais, plus tard, il revint à Covent-Garden, qu'il'ne quitta plus jusqu'à sa mort. Cet artiste excellait surtout dans les rôles à caractère, et sou jeu vrai et naturel produisait une vive impression sur le public. Il s'était essayé aussi, avec succès, dans les grands rôles tragiques, tels que ceux d'Othello, de Richard III, du roi Jean, etc.

WARDEIN (GROSS-), en hongrois Nagy- Varda, ville forte de l'empire d'Autriche, dans la Hongrie, ch.-l. du comitat de Bihar,à 311 kilom. E. de Bude,sur la Szebes-Koros ; 17,000 hab. Evêché catholique suffragant de Kolocsa, et évêûhé grec-uni, suffragant de Gran. Académie royale. Sources thermales (25» centigr.) sulfureuses et ferrugineuses, avec établissement de bains très-fréquenté. Exploitation de beaux marbres rouge, gris et bleu. Fabrication importante de soieries; poterie et poêles en terre estimés. Entrepôt de sel. Commerce actif, l.a ville est bien bâtie, entourée d'anciennes fortifications en bon état ; on-y remarque une cathédrale catholique, fondée en 1080, et un beau palais épiseopal.

WARDEMBURG (Jacques-Georges- Adam), médecin allemand, né à Varel, duché d'Oldenbourg, en 1769, mort à Zarlow en 1804. Il fit ses études médicales à l'université de Goettingue, où il fut reçu docteur en 1792. Après s'être livré, pendant plusieurs années, à l'enseignement de la chirurgie, il partit en 1796 pour la France, et, de retour dans sa patrie, il tic connaître à ses compatriotes l'état de la science et de l'art dans notre pays. En 1803, il accepta la place de médecin d'un prince polonais et mourut l'année suivante. Parmi ses principaux écrits, nous signalerons les suivants : De cataracte extrahendse melhodo nova (Gœilingue, 1772, in-4») ; Lettres d'un médecin écrites à Paris et auprès des armées françaises, de mai 1796 jusqu'à novembre 1797 (Gœtlingue, 1799, 2 vol.in-8») ; Mémoire sur la clinique particulière médicochirurgicale établie récemment par moi (Gœttingue, 1800, in-S").

WARDIE s. f. (ouar-dl — de Ward, horticulteur anglais). Bot. Genre de mousses aquatiques, qui croit au Cap de Bonne-Espérance.

WARDLAW (Ralph), théologien anglais, né , à Midlothian (Ecosse) en 1779, mort en 1853. Il étudia la théologie à l'université de Glascow, devint, en 1803, pasteur de la commune écossaisse indépendante de cette ville, fut nommé, en IS1I, professeur de théologie systématique à l'Académie que venaient d'y fonder les membres de la confession indê-' pendante et remplit ces deux emplois ju-qua sa mort. Mêlé activement aux controverses religieuses qui ont agité l'Angleterre dans la première moitié de notre siècle, il publia un grand nombre d'ouvrages, dont les plus remarquables sont : Recueil d'hymnes pour les congrégationistes d'Ecosse (1803); Essai Sur les améliorations introduites par Luncaster dans l'éducation (1810); Discours sur la controverse sociuienne (1814); Essai sur les associations philanthropiques en faveur des pauvres (1817) ; Leçons explicatives sur le livre de i'Ecelésiaste (1821, 2 vol. in-S"); Ethique chrétienne ou Philosophie morale basée sur les principes de la révélation divine (1833) ; Examen des établissements de l'Eglise nationale (1839) ; Leçons sur la prostitution des femmes (1342) ; Mémoire du R. John Reid, missionnaire aux Indes orientales (1845) ; la Vie de Joseph et les derniers jours de Jacob (1845); Traité sur les miracles (1852), etc. Le docteur W. L. Alexauder a publié en 1855 des Mémoires sur la vie et les écrits de Ralph Wardtaw.

WAKDGEHUUS, place forte de la Norvège, dans le Fiumurk, sur une petite lie de la mer Polaire, non loin de la côte N.-E. du continent ; 150 hab. C'est une des localités les plus septentrionales du monde; elle est située par 70" 25' de latit. N. Du 21 mai au 21 juillet, le soleil y reste sur l'horizon jour et nuit, et du 15 novembre à la fin de janvier il ne s'y montre pas.

WAUE, ville d'Angleterre, comté de Herford, à 30 kilom. N. de Londres, surlaLéa; 4,800 hab. Commerce de drèche et de blé. On y remarque l'église Sainte-Marie, renfermant plusieurs monuments curieux, et dans le cimetière de laquelle se trouve la tombe du docteur Mead, mort en 1652, à l'âge de cent quarante-huit ans.

WARE (Jacques), archéologue anglais, né

WARE

a Dublin en 1594, mort en 1666. Après avoir terminé son éducation à l'université de Dublin, il se consacra, d'après les conseils du Savant Usher, à l'étude des antiquités irlandaises et, pendant un séjour de trois ans (1626-1629) en Angleterre, se lia avec Selden et Cotton, dont les conseils et l'assistance lui furent très-utiles pour atteindre le but qu'il poursuivait. Créé chevalier à son retour en Irlande, il succéda, en 1632,àson père comme auditeur général pour cette province et se concilia la bienveillance du comte de Strafford, lord lieutenant d'Irlande, qui le fit nommer membre du conseil privé. Elu en 1639 au Parlement irlandais, il montra beaucoup de dévouement au roi lorsque éclata la lutte entre le roi et le Parlement (1641). Au retour d'une mission qu'il venait de remplir auprès de ce prince, alors à Oxford, il fut pris par les parlementaires et subit une détention de dix mois dans la Tour de Londres. En 1647, il fut l'un des otages livrés en garantie de l'exécution du traité par lequel Dublin était rendu au Parlement. Privé de son emploi d'auditeur général, il partit, en 1649, pour la France, où il résida jusqu'en 1651, époque à laquelle il obtint du Parlement l'autorisation de venir à Londres, où l'appelaient des affaires privées. Il habita pendant deux ans aux environs de la métropole, et il lui fut alors permis de revenir à Dublin, où il vécut en simple particulier jusqu'à la restauration. Réinstallé, à cette époque, dans ses fonctions d'auditeur général, il fut élu, peu après, représentant de l'université de Dublin au Parlement et devint, en outre, premier commissaire des douanes. On cite comme les ouvrages les plus remarquables de Ware : Ccenobia cislertientia Hibernis(\i\xblin, 1628); De scriptoribus Hiberni® libri duo (Dublin, 1639-J640, in-4o); De Hibernia et antiquitatibus ejus disquisitiones (Londres, 1654-1658, in-4u); Rerum hibernicarum annales, regnantibus Henrico VU, Henrico VIII, Edwardo VI et Maria (Dublin, 1662, in-fol.); De p>iesulibus Hiberniie commentarius (Dublin, 1665, in-fol.), ouvrage qui a été traduit en anglais par Uobert Ware, tils de l'auteur (Dublin, 1705, in-fol.), et dont une édition plus ample et p^us complète a été publiée (Dublin, 1739-1746, 3 vol. in-fol. avec rig.) par W. Hairis, qui avait épousé une petite-tille de Jacques Ware. On doit encore à ce dernier des éditions des ouvrages suivants : Dialogue de Spenser sur l'état de l'Irlande (1633, in-8"); Chronique d'Irlande de Hanmer (1633, in-fol.); Histoire d'Irlande de Campian (1638, in-foi.); Opuscula sancto Patricio adscripta (1656, in-8"). — Robert Wark, second fils du précédent, s'est aussi fait connaître par quelques écrits, tels que : Renards et Boute-feu (Londres, 1682-1689, 3 part. in-8°) et la Papesse Jeanne (Londres, 1689, in-4°). On a vu ci-dessus qu'il avait, en outre, traduit en anglais un des ouvrages latins de son père.

WARE (Jacques), chirurgien anglais, mort à Londres en 1816. Il eut, de son vivant, une grande réputation d'habileté comme médecin oculiste, et publia sur l'oplithalmologie plusieurs écrits remarquables, parmi lesquels nous citerons : Remarques sur l'ophthalmie, la psorophthalmie et l'œil purulent, avec la méthode de leur traitement (Londres, 1780, in-8») ; Traité sur la cataracte (Londres, 1793, in-8°) ; Remarques sur la fistule lacrymale (Londres, 1798, iii-80) ; Observations chirurgicales relatives à l'œil (Londres, 1798, 2 voi. iu-8») ; Observations chirurgicales relatives à l'épiphora de l'œil larmoyant , à l'ophthalmie scro* fuleuse et intermittente, à l'extraction de la cataracte, etc. (Londres, 1804, 2 vol. in-8"); Remarques sur l'ophthalmie purulente qui a été récemment épidémique dans ce pays (Londres, 1808, in -8°).

WARE (Samuel-Hibbert), géologue et antiquaire anglais, né à Miinuhester eu 1782, mort en 1848. Reçu, en 1817, docteur il l'université d'Edimbourg, avec une thèse, De vila humana, il se rendit, peu de temps après, aux îles Shetland, qu'il explora avec soin. Puis, dans la suite, il s'occupa avec un soin particulier de l'étude de l'histoire locale de sa patrie et visita l'Ecosse dans le but d'y rechercher les vestiges d'antiquités qui subsistent encore dans cette contrée; mais l'état de.sa sauté ne lui permit pas de mettre au jour tous les résultats de ses travaux. On a lie lui : Description des iles Shetland, contenant la géologie, le paysage, les antiquités et les superstitions de ces parages (1822); Philosophie des apparitions, ou Essai ayant pour objet de ramener ces phénomènes à des causes naturelles (1824; 2e édit., 1825) ; Histoire des volcans éteints du bassin de Neuwia sur le bas Rhin (l832,in-8°); Chronique du Lancashire lors de la révolte de 1715 (1S45). Ware était membre de la Société royale d'Edimbourg, ainsi que de celle des antiquaires d'Ecosse, de luquelte il fut vice-président de 1823 à

WARÉS s. f. (oua-ré — de Ware, botaa.

angi.). Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, tribu des sisyinbriées, comprenant deux espèces, qui croissent dans l'Amérique du Nord.

WAREHAM, bourg d'Angleterre, dans le comté de Dorset, à 48 kilom. S.-O. de Salisbury, à l'embouchure de la Frome dans le havre de Pool, où il a un petit port de corn-

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merce ; 5,800 hab. Exploitation de terre de pipe pour les fabriques du Stafforshire ; fa brication de boutons et de bonneterie. On y remarque l'église Sainte-Marie, qui a servi de sépulture aux rois saxons. C'est la patrie d'Horace Walpole.

WAREHAM, bourg des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de Massachusetts, à 27 kilom. S. de Plymouth, sur la baie de Ruzzard ; 3,000 hab. Haut fourneau ; fabrication de coton.

WAREMME ou WAREM, ville de Belgique, province de Liège, arrond. et à 26 kilom. N.-O. de Liège, sur la Geer, ch.-l. de cant. ; 2,000 hab. Fabrication de pain d'épioe renommé ; commerce de bestiaux. Autrefois place forte, capitale de la Herbaye.

WAHEN, le Virunum des Romains, ville de l'Allemagne du Nord, dans le grand-duché de Meeklembourg - Schwerin , à 80 kiloin. S. -E. de Schwerin, sur le lac Muritz ; 4,700 hab. Fabrication de draps, distilleries, brasseries. Commerce de laines et céréales.

WARENDOHF, ville de Prusse, province de Wesiphalie, régence et à 26 kilom. E. de Munster, ch.-l. du cercle de son nom, sur i'Eins ; 5,ooo hab. Gymnase, maison d'aliénés. Fabrication de lainages, toiles, rubans de soie, cotonnades, tabac; blanchisseries, fonderie de cloches. Commerce de grains et de bestiaux.

WARENS (Louise-Eléonore db La TOUR du Pil, baronne dm), rendue célèbre par ses amours avec J.-J. Rousseau, née à Vevay, canton de Vaud, en 1700, morte en 1764. .Toute jeune, elle fut mariée à M. de Waiens, fils aîné de M. de Villardin, de Lausanne. Cette union dut être peu heureuse, car à peine était -elle contractée, que la jeune épouse abandonna son mari ; elle alla implorer l'assistance du roi de Piémont, qui la pourvut d'une pension de 1,500 livres j à la- même époque, elle abjura le protestantisme, entre les mains de l'évèque de Genève, Gabriel de Bernex.

Avant d'aller plus loin, et pour remplir l'engagement que le Grand Dictionnaire a contracté au mot Bksnex, donnons quelques détails sur la part qu'a eue cet évëque à la conversion de Mme de Wurens.

Comme celle-ci était iille unique, son père s'était appliqué avec d'autant plus de soin à lui donner une belle éducation. Les talents de la jeune demoiselle n'avaient pas tardé à sa développer. La lecture faisait ses délices. Elle était assez instruite pour lire avec fruit ; elle avait une mémoire assez heureuse pour conserver longtemps le souvenir de ce qu'elle avait lu. Quoique la variété de sas connaissances lui rendît agréables tous les bons ouvrages, sur quelque matière qu'ils fussent écrits, cependantelle avait un penchant particulier pour les livres qui traitaient de religion. C'est ce qui l'engagea k lire de préférence l'Ecriture sainte et à l'apprendre presque tout entière par cœur. Ayant ensuite étudié l'origine et les principes des différents cultes qui partagent le monde chrétien, elle eut bientôt lieu de douter de la religion protestante dans laquelle elle était née. Il lui sembla également que le salut ne pouvait être assuré que dans la communion romaine. Peu de temps après son mariage, étant allés prendre les eaux à Evian, elle assista fortuitement à un sermon que l'évèque de Genève prêcha en présence de la cour de Turin, qui se trouvait alors a Evian, où il traita à dessein de plusieurs points de controverse, parce qu'il n'ignorait pas qu'il y avait dans son auditoire plusieurs protestants et qu'il voulait essayer d'en toucher quelques-uns. Cette tentative eut tout le succès possible sur M108 de Warens. Dès que Bernex fut retiré chez lui, elle lui tit demander secrètement une audience et le prévint sur eu qui en devait faire le sujet. Le prélat lui accorda sa demande à l'instant et la décida à abjurer. Il l'engagea néanmoins par prudence à retourner à Vevay, sans déclarer sa conversion et à mettre ordre à ses affaires, avant d'entrer dans un couvent ; mais, malgré les précautions que M"" de Warens avait prises pour cacher ses démarches, elle fut à peine sortie de l'appartement du prélat, que la nouvelle de son changement devint publique. « Dès le lendemain, dit le chanoine Boudet, ses domestiques l'abandonnèrent pour aller k Vevay, où cet événement avait jeté le trouble et la consternation. Ce contretemps inopiné, loin d'ébranler les résolutions de la baronne, ne fit que les confirmer. Elle comprit qu'en quittant la religion protestante elle n'avait aucun secours à espérer de sa famille. Mais cette vue ne l'étouna poiut; elle lit à Dieu un courageux sacrifice de tous Ses biens, dont elle ne put jamais retirer une partie. Cependant la tristesse des habitants de Vevay s'était changée en fureur; ils voulaient, à quelque prix que ce lut, ravoir celle qui faisait l'objet de leurs regrets, et, dans leurs premiers transports, ils ne parlaient de rien moins que de l'enlever à main année au milieu de la cour et de brûler Evian. Ces mouvements, qui pouvaient avoir des suites, rirent dire au roi, en parlant à l'évèque de Genève; «Vos conquêtes, monsieur, sont bien » bruyantes. » Pour prévenir le désordre. Sa Majesté fit partir tout de suite M«>e de Warens et lui donna sa litière avec 40 de ses gardes, qui lui servirent d'escorte et la cou-

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duisirent jusqu'à Annecy. C'est dans cette ville que le roi lui accorda sa protection dans les termes les plus flatteurs et lui assura une pension, qui est lu preuve la plus éclatante \ de la piété et de la générosité de ce monarciue, quoiqu'elle n'ôte point à Mmc de Warens le mérite d'avoir abandonné de grands biens et une situation brillante au sein de sa patrie pour suivre le seigneur dans une terre étrangère. Ce prince lui réitéra plusieurs fois les mêmes assurances; il otFrit inéirie d'augmenter sa pension, pour la mettre en état de vivre d'une manière plus conforme à sa naissance, si elle voûtait entrer au palais, au service de la reine. Mais M"1" de Warens témoigna qu'elle était désormais insensible aux honneurs et aux faveurs de la fortune. C'est sur ces maximes de détachement et de modération qu'on l'a vue se conduire depuis sa conversion. »

Il faut remarquer que c'est en 1751 que le bon chanoine Boudet parlait ainsi de cette nouvelle Madeleine, qui ne se repentit jamais et qui avait commencé dès 1733 k donner de si singulières leçons à Jean-Jacques, L'intention de Mme de "Warens après sa conversion était de passer le reste do ses jours derrière les grilles d'un cloître, et, à peine convertie, elle alla frapper à la porte du couvent de la Visitation; mais la vie uniforme et simple des religieuses ne pouvait satisfaire un esprit toujours en mouvement, qui, formant chaque jour de nouveaux systèmes, avait, besoin de liberté pour s'y livrer. Elle abandonna ce projet et s'installa dans la petite maison où J.-J. Rousseau la connut.

Jean-Jacques avait seize ans; il venait de fuir la maison paternelle; après avoir erré autour de la ville durant plusieurs jours, il était arrivé k Confignon, à deux lieues de Genève, et s'en alla frapper à lu porte de M. de Pontverre qui, au lieu de reconduire lo petit échappé chez son père, le lit dhier et le renvoya à Annecy avec une lettre pour Mûio de Warens. Laissons ici la parole à l'auteur des Confessions : « Craignant que mon abord ne prévînt pas eu ma faveur, je pris autrement mes avantages et je fis une belle lettre en style d'orateur, où, cousant des phrases des livres avec dos locutions d'apprenti, je déployais toute mon éloquence pour capter la bienveillance de Mu>e de Warens.J'en fermai la lettre de M. de Pontverre dans la mienne, et je partis pour cette terrible audience. Je ne trouvai point M"10 de Warens; on me dit qu'elle venait de sortir pour aller à l'église. C'était te jour des Rameaux de l'année 1728. Je cours pour la suivre ; je la vois, je l'atteins, je lui parle... Je dois me souvenir du Hou, je l'ai souvent depuis mouillé de mes larmes et couvert do mes baisers. Que ne puis-je entourer d'un bulustre d'or cette heureuse "place 1 que ne puis-je attirer les hommages de toute la terre I Quiconque aime à honorer les monuments du salut des hommes n'en devrait approcher qu'à genoux.

t C'était un passage derrière sa maison, entre"un ruisseau à main droite, qui la séparait du jardin, et le mur de la cour à gauche, conduisant par une fausse porte k-1'église des cordeliers. Prête à entrer dans cette porte, Mme de Warens se retourne k ma voix. Que devins-je à cette vuel Je m'étais ligure une vieille dévote bien rechigné©; la bonne dame de M. de Pontverre ne pouvait être autre chose à mon avis. Je vois un visage pétri de grâces, de beaux yeux bleus pleins de douceur, un teint éblouissant, le contour d'une gorge enchanteresse. Rien n'échappa au rapide coup d'oeil du jeune prosélyte; car je devins à l'instant le sien, sur qu'une religion préchée par de tels missionnaires ne pouvait manquer de mener en paradis. » Un peu plus loin, il ajoute : • Elle avait alors vingt-huit ans, étant née avec le siècle. Elle avilie de ces beautés qui se conservent, parce qu'elles sont plus dans la physionomie que dans les traits ; aussi la sienne était-elle encore dans tout son premier éclat. Elle avait un air caressant et tendre, un regard très-doux, un sourire angélique, une bouche h la mesure de la mienne, des cheveux cendrés d'une beauté peu commune, et auxquels elle donnait un tour négligé qui la rendait très-piquante. Elle était petite de stature, courte même, et ramassée un peu dans sa taille, quoique sans difformité. Mais il était impossible do voir une plus belle tète, un plus beau sein, de plus belles mains et de plus beaux bras. •

Kousseau est toujours revenu avec complaisance sur ce portrait, qui ne lui semblait jamais fini k sa fantaisie. Six années après, et lorsque celle qu'il appelle « sa bonne maman » fut devenue sa maîtresse, il n'en était pas moins enthousiaste. • Sa taille seule, dit-il, avait pris un peu plus de rondeur. Du reste, c'était le même œil, le même teint, le même sein, les mêmes traits, les mêmes beaux cheveux blonds, la mêuie gaieté, tout jusqu'à la même voix, cette voix argentée de la jeunesse, qui fil toujours sur moi tant d'impression, qu'encore aujourd'hui je ne puis entendre sans émotion le son d'une jolie voix de fille. • Les détails qu'il donne sur la jeunesse de M"" de Warens s'éloignent un peu de ceux que nous avons empruntés plus haut art chanoine Boudet. « Son éducation, nous dit-il, avait été fort mêlée; elle avait ainsi que moi perdu su mère dès sa naissance, et, recevant indifféremment des in-

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structions comme elles s'étaient présentées, elle avait appris un peu de sa gouvernante, un peu de son père, un peu de ses maîtres, et beaucoup de ses amants, surtout d'un M. de Tavel, qui, ayant du goût et des connaissances, en orna la personne qu'il aimait. Mais tant de genres différents se nuisirent les uns aux autres, etle peu d'ordre qu'elle y mit empêcha que ses diverses études n'étendissent la justesse naturelle de son esprit. Ainsi, quoiqu'elle eût quelques principes de philosophie et de physique, elle ne laissa pas de prendre le goût que son père avait pour la médecine empirique et pour l'alchimie : elle faisait des élixirs, des teintures, des baumes, des magistères ; elle prétendait avoir des secrets. Les charlatans, profitant de sa faiblesse, s'emparèrent d'elle, l'obsédèrent, la ruinèrent et consumèrent au milieu des fourneaux et des drogues sou esprit, ses talents et ses charmes, dont elle eut pu faire les délices des meilleures sociétés. Mais si de vils fripons abusèrent de son éducation mal dirigée pour obscurcir les lumières de sa raison, son excellent cœur fut à l'épreuve et demeura toujours le même; son caractère aimant et doux, sa sensibilité pour les malheureux, son inépuisable bonté, son humeur gaie, ouverte et fratuho ne s'altérèrent jamais; et, même aux approches de la vieillesse, dans le sein de l'indigence, des maux, des calamités diverses, la sérénité de sa belle âme lui conserva jusqu'à la fin de sa vie toute la gaieté de ses plus beaux jours. ■

Telle est la femme k qui Rousseau, le jour des Rameaux de l'année 1728, alla demander l'hospitalité. Bonne et sensible, Mme de Warens trouvait lo moyen, avec ses 1,500 livres de pension, de bien accueillir tous ceux qui s'adressaient à elle. « E le avait peu de vaisselle d'argent, point de porcelaine, point de gibier dans sa cuisine, ni-dans sa cave des vins étrangers, mais l'une et l'autre étaient bien garnies au service de tout le monde, et dans des tasses do faïence elle donnait d'excellent café. Quiconque la venait voir était invité k dîner avec elle ou chez elle, et jamais ouvrier, messager ou passant ne sortait sans manger et boire." Le jeune échappé fut reçu avec plaisir par la jeune femme et ne tarda pas à s'installer tout à fait chez elle. Ce fut d'abord une union douce et pleine de calme. M"10 de Warens appelait Rousseau petit ; petit nommait Mme de Warens maman, et toujours, dit-il, nous demeurâmes petit et maman. Comment la nature de leurs relations changea-t-elle ? Jean-Jacques nous apprend qu'elle se donna k lui pour le sauver du libertinage. Il était revenu d'Italie vierge de corps, mais non d'esprit ; les sens commençaient-à bouillonner en lui: « Maman vit que, pour m'arracher au péril de ina jeunesse, il était temps de me traiter en homme. Je connaissais trop son cœur chaste et son tem- ' pérament de glace pour croire un moment que le plaisir des sens eût aucune part k cet abandon d'elle-même. J'étais parfaitement sûr que le seul soin de m'arracher à des dangers autrement presque inévitables, et de me conserver tout entier à moi et à mes devoirs, lui en faisait enfreindre un qu'elle ne regardait pas du même œil que les autres femmes, comme il sera dit ci-après. » Et voici, en effet, ce que dit Rousseuu: « M. de Tavel, son premier amant, fut son maître en philosophie et les principes qu'il lui donna furent ceux dont il avait besoin pour la séduire. La trouvant attachée à son mari, à ses devoirs, toujours froide, raisonnante et inattaquable par les sens, il l'attaqua par des sopliismes et parvint à lui montrer ses devoirs auxquels elle était si attachée comme un bavardage de catéchisme 'fait uniquement pour amuser les enfants ; l'union des sexes, comme l'acte le plus indifférent en soi ; la fidélité conjugale, comme une appareuce obligatoire dont toute la moralité regardait l'opinion; le repos des maris, comme la seule règle du devoir des femmes ; en sorte que des infidélités ignorées, nulles pour celui qu'elles offensaient, l'étaient . aussi pour la conscience. Enfin, il lui persuada que la chose en elle-même n'était rien, qu'elle ne prenait d'existence que par le scandale, et que toute femme qui paraissait sage par cela seul l'était en effet. C'est ainsi que le malheureux parvint à son but en corrompant la raison d une enfant dont il n'avait pu corrompre le cœur. Il en fut puni par la plus dévorante jalousie, persuadé qu'elle lo traitait lui-même comme il lui avait appris k traiter son mari. Je ne sais s'il se trompait sur ce point. Le ministre Perret passa pour son successeur. Ce que je sais, c'est que le tempérament froid de cette jeune femme, qui t'aurait dû garantir de ce système, fut ce qui l'empêcha dans la suite d'y renoncer. Elle ne pouvait concevoir qu'on donnât tant d'importance à ce qui n'en avait point pour elle. Elle n'honora jamais du nom de vertu une abstinence qui lui coûtait si peu. •

Au bout de quelques années, les deux amants quittèrent Chainbéry, où peut-être leurs relations intimes donnaient k jaser, et allèrent cacher leur bouheur dans une petite maisonnette solitaire, assise entre deux coteaux, dans les Charmettes, devenues depuis un lieu de pèlerinage pour les amoureux, les philosophes et les postes. *

Cette vie douce et calme, cette idylle allait avoir sa fin. Rousseau tomba malade et fut envoyé par les médecins k Montpellier. Il séjourna peu de temps en cette ville, mais

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trop pour son malheur, car, à son retour, il trouva installé chez M1™ de Warens son remplaçant. «Ce jeune homme était du pays de Vaud; son père, appelé Vintrenried, était concierge ou soi-disant capitaine du château de Chillon'. Le fils de M. le capitaine était garçon perruquier et courait le monde en cette qualité, quand il vint se présenter k M'«b de Warens, qui le reçut bien, comme elle faisait tous les passants et surtout ceux de son pays. C'était un grand fade hlondin, assez bien fait, le visage plat, l'esprit de même, parlant comme le beau Léandre ; mêlant tous les tons, tous les goûts de son état avec la longue histoire de ses bonnes fortunes ; ne nommant que la moitié des marquises avec lesquelles il avait couché et prétendant n'avoir point coiffé de jolies femmes dont il n'eût aussi coiffé les maris ; vain, sot, ignorant, insolent, au demeurant le meilleur fils du monde. Tel fut le substitut qui me fut donné durant mon absence et l'associé qui me fut offert après mon retour. ■ Rousseau préféra quitter les Charmettes et aller k Paris. Mme de Warens resta avec son amant, espèce d'aventurier qui, ne trouvant pas son nom de Vintrenried assez noble, le changea en celui de M. de Courtilles. 11 voulut alors mener le train de vie d'un gentilhomme ; il lui fallait des chevaux, des voitures des chiens, des laquais. La pension de la trop crédule amante se dépensait d'avance, les quartiers eu étaient engagés pour longtemps, les dettes grossissaient chaque jour et bientôt la misère vint frapper k la porte de la trop hospitalière châtelaine. Pour la cacher aux yeux du inonde, Mme de Warens quitta les Charmettes et se retira k Genève.

C'est alors qu'apparaît la touchante affection de Rousseau pour sa bienfaitrice.il ne la perdit jamais de vue et souvent partagea sa bourse avec elle, lorsque par hasard sa oourse n'était point vide. Il a raconté comment il vint la voir en 1754. Voici cet épisode d'une simplicité touchante; nous le racontons parce qu'il fait beaucoup d'honneur à Rousseau et k Thérèse, l'acariâtre Thérèse, comme on a coutume de dire : «A Lyon, je quittai Gauffecourt pour prendre ma route par la Savoie, ne pouvant me résoudre k passer derechef si près de maman sans la revoir. Je la revis... Dans quel état, mon Dieu I Quel avilissement! Que lui restait-il de sa vertu première? EiaTt-ce la même Mme de Warens, jadis si brillante, à qui le curé de Pontverre m'avait adressé? Que mon cœur fut navré I Je ne vis plus pour elle d'autre ressource que de se dépayser. Je lui réitérai vivement et vainement les instances que je lui avais faites plusieurs fois dans mes lettres, de venir vivre paisiblement avec moi, qui voulais consacrer mes jours et ceux de Thérèse à rendre les siens heureux. Attachée k sa pension, dont cependant, quoique exactement payée, elle ne tirait plus rien depuis longtemps, elle ne m'écouta pas. Je lui fis encore quelque légère part de ma bourse, bien moins que je n'aurais dû, bien moins que je n'aurais fait, si je n'eusse été parfaitement sur qu'elle n'en profiterait pas d'un sou. Durant mon séjour k Genève, elle fit un voyage en Chablais et vint me voir k Grange-Canal. Elle manquait d'argent pour achever son voyage ; je n'avais pas sur inoi ce qu'il fallait pour cela; je le lui envoyaitine heure après par Thérèse. Pauvre maman! Que je dise encore ce trait de son cœur : il ne lui restait pour dernier bijou qu'une petite bague; elle l'ôta de son doigt« pour la mettre k celui de Thérèse, qui la remit k l'instant au sien, en baisant cette noble main qu'elle arrosa de ses pleurs. •

Rousseau ne crut jamais avoir complètement acquitté sa dette, dette de cœur qt dette matérielle, envers M"10 de Warens. Toujours il y songea, même en ce temps où il savait un amant heureux au bras de celle qu'il aimait et qui l'avait trahi. Par un testament trouvé k Chambéry il y a une trentaine d'années et daté de l'année 1737, 12 juillet, époque do sa fuite des Charmettes, Rousseau nomme M""» de Warens son héritière, déclarant lui devoir une somme de 2,000 livres pour sa pension et entre tien depuis six années. Ce testament, égaré pendant un si long temps, n'aurait pu dans tous les cas être profitable k Mme de Warens, qui mourut bien avant le donateur.

WAllEiSTON, bourg des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de Virginie, k 64 kiloin. N.-O. de Frederiksburg, au milieu d'une riche et fertile contrée; 4,000 hab. Commerce actif.

WAREJiTON, bourg des Etats-Unis, dans l'Etat de la Caroline du Nord, k 90 kilom. N.-E. de Raleigh; 3,000 hab.

WAHGËNTIN ( Pierre-Guillaume ), astronome suédois, né en 1717, mort en 1783. L'éclipse totale de lune du 13 février 1729 décida de sa vocation. Encouragé par Ulingenstierna, Celsius et Hioner, il s'adonna entièrement k l'astronomie. Une thèse sur les satellites de Jupiter lui valut le grade de maître es arts (1741); une élude sur les progrès de l'astronomie le fit nommer professeur k Upsal; de nouvelles tables des satellites de Jupiter le firent entrer k la Société royale de cette ville. Il fut nommé, en 1744, correspondant de l'Académie de Paris, en remplacement de Celsius ; enfin, en 1749, il succéda à Elvius comme secrétaire perpétuel de l'Aca-

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demie de Stockholm. A sa mort, l'Académie fit frapper une médaille en son honneur.

Wargentin prit part aux travaux entrepris à l'occusion du voyage de Lacaille au Cap. On a de lui des mémoires sur les passages de Vénus en 1761 et 1769; mais il a concentré presque tous ses efforts, durant une longue existence, sur la théorie des satellites de Jupiter, objet de son premier travail. Bradley avait te premier entrevu la période de quatre cent trente-sept jours au bout de laquelle les circonstances du mouvement des trois premiers satellites redeviennent les mêmes.

Wargentin tomba sur la même découverte, sans d'ailleurs avoir eu communication des soupçons de Bradley, et sut en tirer parti. Il s'en servit pour améliorer ses premières tables, qu'il refondit en 1759. Brad.ley avait aussi négligé de se servir de sa théorie de l'aberration pour calculer plus exactement l'èquaiion de la lumière ; ce fut encore Wargentin qui se chargea de ce soin. De nouvelles découvertes de détails l'amenèrent k changer eneore ses tables en 1779.

Ce sont ces dernières tables qui servirent k Lagrange pour établir sa théorie analytique des satellites.

« Wargentin, dit Delambre, en se bornant presque uniquement k une seule branche de l'astronomie, sut se faire une grande réputation ; il fut compté parmi les plus grands astronomes d'une époque la plus riche peutêtre qui ait jamais existé. »

WARHAM (Guillaume), prélat anglais, né k Ûkeley (Hampshire) vers le milieu du xv« siècle, mort en 1532. Nommé, en 1475, membre du Collège-Neuf, à Oxford, il s'y fit recevoir docteur en théologie et devint successivement directeur d'une école do droit et garda des archives. En 1493, Henri VII l'envoya auprès de Philippe, duc de Bourgogne, avec mission de persuader k ce prince d'user de son influence pour mettre fin aux secours et aux encouragements que Marguerite, duchesse douairière de Bourgogne, donnait k Perkin Warbek. Bien que Warham n'eût point réussi dans sa mission, il n'en continua pas moins k être en grande faveur auprès du roi, qui le créa successivement garde du grand sceau (1502), lord chancelier et évéque de Londres (1503) et enfin archevêque de Cantorbèry (1504). Warham s'opposa au mariage de Catherine d'Aragon, veuve; du prince Arthur, avec le frère de ce dernier, Henri, et tomba ainsi en désaccord avec Fox, évèque de Winchester, qui légua sa jalousie et son hostilité k son protégé, le fameux Wolsey. Ce dernier, devenu le, favori de Henri VIII, fut substitué, en 1516, k Warham dans les fonctions de chancelier ; mais l'archevêque vécut assez longtemps pour voir la chute de Wplsey et pour qu'on lui offrît de nouveau, en 1529, les sceaux, qu'il refusa k cause de son grund âge. Il mourut, laissant le siège primatial d'Angleterre k Crauiner, qui en fut le premier titulaire protestant. Warham possédait toutes les qualités nécessaires pour bien remplir les premières places de l'Eglise et de l'Etat, s'il eût vécu dans des temps moins difficiles. II était un grand ami d'Erasme, qui lui dédia son édition de saint Jérôme et qui, dans ses . lettres, parle avec lès plus grands éloges de l'érudition, des talents et des vertus de ce prélat.

WAItUEM, bourg et commune de France (Nord), cant, d'Hondschoote, arrond, et h là kilom. S.-E. do Dunkerque; pop. aggl., 1,337 hab. — pop. tôt., 2,403 hab. Brasseries, moulins à farine. L'église paroissiale, construction du xvie siècle, renferme une belle chaire et un autel en bois sculpté.

WABIE s. f. (oua-rî). Mar. Bâtiment de transport, en usage sur le bauc de Terre- Neuve.

Bot. Syn. de habzbli, genre d'anona-

cées.

WARIN (Jean), sculpteur et graveur hollandais. V. Varin.

■\VAB1NC (Edouard), géomètre anglais, né en 1734, mort en 1798. Il fut jugé digne, k vingt'six ans, d'occuper la chaire de mathématiques au collège de Lucas, qu'avait illustrée Newton. Il eut la gloire d'ajouter, dans l'analyse des courbes algébriques, aux découvertes de Bernouilli, de Clairaut et d'Euler. Il avait imaginé pour la résolution générale des équations une formule dont malheureusement, comme il est arrivé tant de fois, on ne pouvait obtenir les coefficients que par la résolution d'équations plus compliquées que les proposées elles-mêmes. Il égalait l'inconnue de l'équation du degré m à la somme de ni — 1 radicaux portant sur les ni— 1 premières puissances d'une indéterminée et affectés de coefficients inconnus. Le nombre des constantes était bien ce qu'il devait être ; mais, comme nous l'avons dit, la détermination de ces constantes eût offert plus de difficulté que la résolution de l'équation primitive. Les mémoires de Waring sur ce suiet se trouvent dans les Transactions philosophiques, années 1762,. 1770 et 1779. Ou a encore de lui : Mélanges analytiques sur les équations algébriques et les propriétés des courbes (Cambridge, 1762, in-4°); Méditations algébriques (1770, in-4<>); Propriétés des courbes algébriques (1772, in-4») ; Méditations analytiques (1776, in-4«).

WARN

WARINGE s. m. (va-rain-je). Hist. V. va-

RANGB.

WARKA, ville de Mésopotamie, qui n'est probablement autre que l'Arach ou Erech de ia Genèse, la seconde ville de Nemrod, l'Orchoe des Chukléens. Cette ville contient des ruines très-importantes et très-intéressantes au point de vue archéologique; elles ont été découvertes par M. Loflus et consistent principalement en remblais considérables , . composés de cercueils littéralement empilés les uns sur les autres à une hauteur de 45 pieds. « Cette ville, dit l'explorateur, doit avoir évidemment été le grand cimetière des générations chaldéennes, de même que Meschad-Ali et Kerbella sont de nos jours les cimetières persans. Ces cercueils sont étrangement construits ; ils ont généralement la forme d'une baignoire couverte, mais les parois en sont plus basses et de forme symétrique, et ils sont pourvus d'une large ouverture ovale, destinée à l'introduction du corps. Cette ouverture se ferme avec un couvercle en faïence ou eu poterie. Les cercueils eux-mêmes sont également en terre cuite, enduite d'un vernis de couleur verte et ornée en relief de figures de guerriers, inunis de bizarres et énormes coiffures, vêtus d'une tunique courte et d'une sorte de long jupon sous cette tunique, avec une épée au côté, les bras uppuj'és sur les hanches et les jambes écartées. De grandes quantités de poteries et de figures en terre, dont quelquesunes sont modelées avec une grande délicatesse, ont été trouvées au milieu de ces cercueils; ceux-ci contiennent à l'intérieur une énorme quantité d'ornements en or, argent, fer, cuivre, verre, etc. »

WARKA, ville de la Russie d'Europe, dans la Pologne, gouvernement et à 68 kilom. S. de Varsovie, sur la rive gauche de la Pilica ; 2,300 hab.

WARKWOUTH, ville d'Angleterre, dans le comté de Norlhumberland, district de Morpeth, sur le Coquet; 3,600 hab. Fabriques de draps. On y remarque une belle église, dont quelques parties sont de construction trèsancienne.

WARMURUNN (Fontaine chaude), ville de Prusse, province de Silésie, régence de Liegnitz, cercle et à 9 kilom. S. -O. de Hirseliberg; 2,600 hab. Sources thermales sulfureuses (370) et établissement de bains. Industrie renommée pour le polissage du cristal et la taille des pierres fines pour joaillerie. Beau château des comtes Schufïgotsch.

WARMELAND, nom d'une ancienne province du royaume de Suède, formant actuellement la préfecture de Carlstadt.

WARMHOLTZ (Charles-Gustave), historien suédois, né en 1710, mort en 1784. Toute sa vie fut employée à des recherches sur l'histoire de sa patrie, et, à sa mort, il laissa manuscrits quinze gros volumes in-folio, dans lesquels se trouvaient consignés les résultats de ses travaux. Ii en avait lui-même publié une partie sous le titre de Bibiiotheca historien sueo-gotltica (Stockholm, 1782, 3 vol. in-s°). Après sa mort, on publia plusieurs autres . volumes de cet ouvrage, savoir : les tomes 1V-V II à Stockholm, de 1788 à 1793, et les tomes Vill-X à Upsal, de 1801 à 1805. Outre l'indication des ouvrages les plus utiles à consulter- sur l'histoire de la Suède, accompagnée de notes biographiques et de notes critiques, on y trouve une foule de matériaux de toute espèce sur cette histoire.

WARM1E ou EMERLAND, petit pays de l'ancienne Pologne, compris actuellement dans la province de la Prusse orientale, où elle forme trois cercles ou subdivisions administratives.

WARM1NSTER, ville d'Angleterre, dans le comté de Wilts, à 39 kiloin. N.-O. de Salisbury, sur le Deveril et le chemin de fer Grand-Oriental; 6,000 hab. Fabrication de ' draps, lainages, soieries. Commerce important de grains et de drèche. Cette ville trèsancienne se compose d'une seule rue, longue et bien pavée; on y remarque deux églises, un hôtel de ville bien construit et, sur les dunes des environs, les restes de belles fortifications celtiques.

WAHM-SPIUNG, ville des Etats-Unis, dans l'Etat de l'Arkansas, sur remplacement de la Terre de la faix, nom donné à un terrain qui environne des sources chaudes très-renommées pour leur efficacité dans les maladies chroniques et les affections de la paralysie. Les Indiens s'y rendent de temps immémorial, et les tribus ennemies qui s'y rencontrent vivent en bonne intelligence tant qu'elles restent sur ce territoire, ce qui lui valut sans doute le nom qu'il porte.

WARNACHA1RE, en latin Warnacburlus,

et probablement en langue germanique Worn-Hoar , maire du palais en Bourgogne, mort en 626. On ne sait rien de son histoire avant 612, époque à laquelle on le trouve maire du palais sous Thierri II, roi de Bourgogne, Après la mort de ce prince (613), il réussit à échapper aux embûches de Brunehaut, qui cherchait à le taire périr, ai seconda secrètement les projets deClotaire II, roi de Soissons, en fomentant dans l'armée de Brunehaut la défection qui, à la bataille de Châlons, donna la victoire & Clotaire.

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On sait que cette bataille fut suivie du supplice de Brunehaut. NVarnachaire fit alors jurer à Clot»ire II que la mairie du palais de Bourgogne ne lui serait jamais retirée. Il la conserva, en effet, jusqu'à sa mort et administra sagement et dans l'intérêt du roi, bien que, si nous en croyons Frédégaire, il eût consenti à accepter des Lombards 1,000 pièces d'or pour les faire affranchir du tribut annuel qu'ils payaient aux Francs. La di- 'gnité de maire du palais ne se perpétua pas dans sa famille; car son fils, Oadin, ayant épousé , puis abandonné presque aussitôt après la veuve de son propre père , fut assassiné à Tours, à l'instigation de cette femme.

WARNAS s. m. (var-nass). Alchim. Vinaigre des philosophes.

WARNEMIÏNDE , bourg de l'Allemagne du Nord, dans le grand- duché de Mecklembourg-Schwerin, cercle et près de Rostock, à l'embouchure de la Warnow dans la Baltique; 2,000 hab. Port peu profond et peu sûr, qui sert d'avant-port à Rostock pour les navires qui ne peuvent remonter le fleuve jusqu'à cette ville. Bains de mer.

WARNER , bourg des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de New-Hampshire, à 27 kilom. N.-O. de Concorde; 2,200 hab.

WARNER (Guillaume), poëte anglais, né vers 1558, mort en 1609 à Londres, où il exerçait la profession de procureur (attorney) près la cour des Common pleas. On a de lui, sous ce titre : l'Angleterre d'Albion, un poëme historique, ou plutôt une collection de ballades, réunies en treize livres et écrites en vers alexandrins. Cet ouvrage, qui parut en 1586, obtint un grand succès et fut réimprimé nombre de fois pendant les trente années qui suivirent sa publication. Quelques-uns des contemporains de Warner le mettaient même au-dessus des oeuvres de Spenser. Ce poëme a été réimprimé en entier dans la collection des Poêles anglais de Chalmers. On doit aussi à Warner, sous le titre de Syrinx (1597), un recueil d'histoires en prose , et Warion et autres le regardent comme l'auteur d'une traduction des Ménechmes de Plaute, qui fut publiée en 1595 et que Stevens a insérée dans son recueil de Six vieilles comédies, sur lesquelles Shakspeare s'est basé (1770).

WARNER (Ferdinand), théologien et écrivain anglais, né en 1703, mort en 176S à Londres, où il remplissait les fonctions du ministère sacré. On lui doit une foule d'ouvrages, des compilations pour la plupart, parmi lesquels- il faut citer comme les plus remarquables : Système de. théologie et de morale extrait des ouvrages des théologiens les plus éminents de l'Eglise d'Angleterre (1750, 5 vol. in-12); Explication du Book of common prayer (1754, in-fol.); Histoire ecclésiastique du XVIIIe siècle (1756-1757, 2 vol. in-fol.) ; Mémoires sur la vie de Thomas More (1758, iii-8°); Histoire d'Irlande (1763, in-4°) ; Histoire de la rébellion et de la guerre civile en Irlande (1767, in-4°). — Son fils, John Warner, né en 1736, mort en 1800, fut pasteur dans les comtés de Bedford et de Wilts et suivit , comme chapelain , lord Gower en France, où il fut témoin des premiers événements de la Révolution. Ardent républicain, il a exposé ses principes politiques dans un ouvrage intitulé : Metron ariston, qui fit beaucoup de bruit lors de sa publication. Ses *autres ouvrages n'offrent qu'un médiocre intérêt.

WARNER (Richard), botaniste anglais, né en 1711, mort en 1775. Il fit ses études à l'université d'Oxford, et, possesseur d'une fortune indépendante, il put se livrer sans obstacle au goût qui l'entraînait vers la botanique. Il consacra des sommes considérables à l'acquisition et à la culture des plantes exotiques et à la formation d'une précieuse bibliothèque, qu'il légua, en mourant, au collège de Wadham, à Oxford. Il laissa aussi à la même université les fonds nécessaires pour y établir une chaire de botanique, qui est' désignée aujourd'hui sous le nom de chaire de Warner ( Wamerian professersliip), tandis que le titulaire porte celui de professeur warnérien (wamerian tecturer).

On lui doit un ouvrage intitulé : Planta woodfordienses (1771), que Forster compléta par des Additions aux l'iantae woodfordienses de Warner (1784). Warner possédait aussi des connaissances littéraires assez variées, ainsi que le prouvent sa Lettre à Gafrick, concernant un glossaire pour les œuvres de Shakspeare , et la traduction qu'il publia , avec Colman et Thornton, de quelques comédies de Plaute. C'est en l'honneur de Warner que Miller a donné à un genre de plantes le nom de warneria.

WARNER (Joseph), chirurgien anglais, né à l'île d'Antigoa en 1717, mort eh 1801. 11 lit ses études médicales à Westminster et eut pour maître Samuel Sharp. Professeur adjoint d'anatomie a l'hôpital Saint-Thomas en 1742, puis professeur en titre, il devint, en 1745, premier chirurgien de l'hôpital de Guy, place qu'il occupa avec une grande distinction pendant plus de quarante ans. Outre un grand nombre d'articles insérés dans les Transactions philosophiques, on doit à Warner les ouvrages suivants : Cas chirurgicaux, avec une introduction, des opérations et des

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remarques, etc. (Londres, 1784, in-8») ; Description de l'œil humain et des parties adjacentes, avec leurs maladies et les méthodes proposées pour les guérir (Londres, 1773, in-S°) ; Description des testicules, etc. (Londres, 1774, in-s°).

WARNER (Richard), théologien et littérateur anglais, né à Londres en 1763, mort à Chelwerd, comté de Somerset, où il remplissait les fonctions de pasteur, en 1857. Outre plusieurs recueils de Sermons et des Principes de l'Eglise d'Angleterre (1816, 3 vol.), on a de lui : Voyage autour de Lywington (17S9); Remarques topographiques sur la partie nord-ouest du Hanmshire (1793, 2 vol.); Histoire de Vile de Witjht (1795)'; Voyages dans le pays de Galles (1797, 2 vol.); Histoire de Bath (1801) ; Explications historiques du livre de Waverley (1820, 3 vol.); Mélanges (1824, 2 vol.); Récapitulations littéraires (1830, 2 vol.), etc.

WARNER (Suzanne), femme de lettres américaine, née à New-York vers 1825. Sa vie présente peu d'incidents remarquables, car, depuis près de trente ans, elle vit dans une paisible retraite sur une île de l'Hudson, aux environs de West-LVint. Elle débuta dans la littérature, en 1849, sous le pseudonyme de ■»!■■ Elliftbeth Wetberoii, par un roman intitulé : le Monde, le vaste monde (2 vol. in-12), qui obtint un immense succès en Amérique et en Angleterre. L'auteur y a retracé la vie intérieure américaine avec une grande fidélité et dans un style simple, facile, mais souvent diffus. Ce livre a été traduit en français dans la Bibliothèque des meilleurs romans étrangers. On a encore de miss Warner : Queechy (2 vol. in-12), roman du même genre que le précédent et qui a été également traduit en français (1854, 2 vol. in-12) ; la loi et le témoignage (New-York, 1853, in-8<>); les Coltines de Shatemue (New- York, 1856), traduit en français (1857, 2 vol. in-12); le Patriotisme des femmes américaines, etc. Citons encore, parmi ses ouvrages traduits en français : le Compagnon du vaste monde (1855, 2 vol. in-12); les Enfants de Ruterford (1854-1856, 2 vol. in-12); lu Bas de Noël (1857, in-18); le Petit garçon américain (1862, in-18) ; Eléonore Powle (1865, in-12), etc.

WARNER (Anna-B.), femme de lettres américaine, sœur de la précédente. Menant une existence aussi modeste et tranquille que celle de sa sœur, elle n'est connue que par ses ouvrages, parmi lesquels on estime surtout le roman intitulé : Dollars et cents (New-York, 1853, 2 vol. in-12), qu'elle publia sous le pseudonyme d'Amy Lotbrop, et qui retrace des scènes de la vie politique aux Etats-Unis. Elle a, en outre, fait paraître, sous le titre général d'Un rayon de la bibliothèque d'Anne Montgommery, une série de nouvelles pour l'enfance. On en a traduit* quelques-unes en français.

WARNERY (Charles-Emmanuel de), général suisse, né à Morges, pays de Vaud, en 1719, more en 1786. Après avoir été successivement au service de la Sardaigne , de l'Autriche et de la Russie, il passa à celui do la Prusse et fut promu, en 1742, capitaine de hussards. Il se signala, pendant la seconde guerre de Silésie, aux batailles de Slriegau et de Sorr, et, devenu lieutenant-colonel au début de la guerre de Sept ans, il s'empara peu après du fort de Stolpe, en Poméranie ; niais, n'ayant pas été récompensé, comme il l'espérait, de cette action d'éclat par Frédéric II, il quitta le service de la Prusse et passa à celui de la Pologne. On a de lui plusieurs ouvrages assez estimés, entre autres : Remarques sur le système militaire des Turcs et des Russes, sur la façon la plus convenable de combattre les premiers, etc. (Breslau, 1771, in-8°); Remarques sur la cavalerie (Dublin, 1781, in-S°); Remarques sur l'essai général de tactique de Guibert (Varsovie, 1782, in-s°) ; Mélanges de remarques sur César et autres ■ auteurs militaires anciens et modernes (Varsovie, 1782, in-S°).

WARNÉRIE s. f. (ouar-né-rt — de Warner, bolau. angl.). Bot. Genre de plantes, de la famille des renonculacées, tribu des auémonées, réuni par plusieurs auteurs aux hydrastis.

WARNET s. m. (ouar-nètt — mot angl.

formé de war, guerre; net, filet). Jgèche. Sorte de seine normande usitée dans la pêche cotièro, et ainsi dite parce qu'on s'en sert particulièrement quand l'état de guerre empêche les bateaux pêcheurs de s'avancer en pleine mer. il On dit aussi warnette s. f.

WARNETON, en flamand Waeslen, ville de Belgique, province de la Flandre occidentale, arrond. et à 12 kilom. S.-E. d'Ypres, sur la rive gauche de la Lys; 6,100 hab. Moulins à huilé et à farine. Commerce important de bestiaux, toiles et dentelles.

WARNETTEUR s. m. (ouar-nè-teur — rad.

warnet). Pèche. Petit baieau pêcheur dont se servent les Bieppois.

WARNIER (Auguste-Hubert), médecin et homme politique français, né U Rocroy (Ardennes) en 1810, mort en mais 1875. Lorsqu'il eut terminé ses études classiques à Reims, il apprit la médecine, fut attaché au Viil-de-Giàce, à Paris, à l'hôpital militaire d'instruction à Lille et nommé, en 1831, médecin militaire. M. Warnier, ayant été en-

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voyé en Algérie en 1834, s'appliqua d'une façon toute particulière à étudier les mœurs et la langue des Arabes. En 1837, il fut attaché au commissaire du gouvernement envoyé auprès d'Abd-et-Kader après la paix de la Tafna. En 1839, il se fit recevoir docteur en médecine à Montpellier et fut, cette même année, décoré de la Légion d'honneur. M. Warnier devint ensuite membre de la commission scientifique de l'Algérie (1840), membre adjoint d'une mission politique dans la colonie en 1842, commissaire du gouvernement près les prisonniers faits lors de l'enlèvement de la smala d'Abd-el-Kader (1843), agent politique attaché à l'expédition maritime du Maroc (1844), et, à ce titre, il négocia le traité de Tanger, après lequel il reçut la croix d'officier de la Légion d'honneur (17 octobre 1844). En 1847, M. Warnier créa pour une compagnie de colonisation un vaste établissement dans la vallée de Bou-Merzoug et commença l'exploitation des mines de fer de Bone. Après la révolution du 24 février IS43, il devint directeur des affaires civiles de la province d'Oran, puis membre du conseil de gouvernement de l'Algérie. Pendant les premières années de l'Empire, il fonda et dirifea le bel établissement agricole de Kanouri. Entièrement dévoué à l'œuvre de la colonisation algérienne, le docteur Warnier prit constamment sa défense, soit dans des journaux , soit dans des brochures, réclamales institutions civiles et se montra un adversaire constant des bureaux arabes. Comme l'Algérie, courbée sous le régime militaire et le despotisme impérial, privée de députés et de conseillers généraux, ne pouvait directement faire entendre ses plaintes, M. Warnier se rendait chaque année à Paris et apportait des renseignements et des documents aux déjutés de la gauche qui s'étaient constitués es défenseurs de la colonie. Au mois d'août 1870, il devint membre du conseil général du département d'Alger et fut nomme, après la révolution du 4 septembre, préfet de cette ville. Elu, le 9 juillet 1871, député du département d'Alger à l'Assemblée nationale, il alla siéger dans les rangs de la gauche républicaine, vota pour la paix, pour l'abrogation des lois d'exil, pour la proposition Rivet, contre le pouvoir constituant et la pétition des évêques, pour le retour de l'Assemblée à Paris et le maintien des traités de commerce, pour la dissolution de la Chambre, appuya la politique de M. Thiers le 24 mai 1873, puis fut un adversaire constant du gouvernement de combat. Il se prononça contre le septennat, contribua à la chute du cabinet de Brogiie, vota les proposition Pèrier et Maleville et la constitution républicaine du 25 février 1875. Il mourut peu après d'une attaque d'apoplexie. Connaissant à fond la question algérienne, il avait prononcé à la Chambre, dans l'intérêt de la colonie, plusieurs discours excellents qui furent très-remarques. Outre des articles de journaux, on lui doit un certain nombre d'écrits estimés : l'Algérie (1843- 1845); Atlas de l'Algérie (1849-1S5I); 1 Algérie devant le Sénat (1863, in-S°); V Algérie devant l'opinion publique (1864, in-8°); l'Algérie devant l'empereur (1865, iu-8<>); Programme dé politique algérienne (1868, in-s<"), avec J. Duval ; Bureaux arubes et cotons (1S69, in-8"), avec le même; Cahiers algériens (1870, in -S») ; l'Algérie et les victimes de la guerre (1871, in 8°), etc.

WARNIER (Jules), industriel et homme politique fiançais, cousin du précèdent, né vers 1820. Un des plus grands manufacturiers de Reims, il a apporté des perfectionnements dans la fabrication des étoffes, a été président de la Société industrielle de cette ville, où il a fondé une école professionnelle pour le commerce, l'industrie et l'agriculture. Lors des élections du 8 février 1871, M. Warnier a été nommé par 39,863 voix député de la Marne à l'Assemblée nationale. Partisan déclaré de la république, il a siégé à gauche, a voté pour les préliminaires de paix, pour l'abrogation des lois d'exil, contre la pétition des évêques, pour la proposition Rivet, contre le pouvoir constituant, pour le retour de l'Assemblée a Paris et le maintien des traités de commerce ; il a soutenu la politique de M. Thiers relativement k l'établissement définitif du gouvernement républicain, notamment le 24 mai 1873, puis il a fait une opposition constante à la politique ultra-réactionnaire du cubinetde Brogiie. Lors des factieuses intrigues des monarchistes pour imposer à la France la monarchie de droit divin, M. Warnier se prononça hautement, avec sou collègue M. Dauphinot, pour le maintien de" la république. U vota contre le septennat (19 novembre 1873), contribua à la chute du ministère de Brogiie (mai 1S74), appuya la proposition Périer et Maleville, vota la constitution du 25 février 1875 et- repoussa la loi dite de l'enseignementsupérieur (juillet 1675). Lors des élections pour la Chambre des députés en février 1876, M. Warnier est rentré dans la vie privée.

WARNKCEN1G (Léopold-Auguste), jurisconsulte et historien allemand, né à Bruehsal en 1794, mort en 1S66. Il fit, de 1S13 à 1815, ses études à Heidelberg et partit ensuite pour Gœttingue, où il fut reçu, en 1816, docteur eu droit. Appelé l'année suivante, à une chaire de droit à l'université de Liège, il profita des facilités que lui donnait cette position pour vulgariser daus les Pays-Bus la

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science allemande et surtout pour établir des rapports profitables entre les jurisconsultes français et allemands. .Dans ce but, il s'unit it différents professeurs de droit da la Faculté de Paris pour publier une revue intitulée T/iémis ou Bibliothèque du jurisconsulte, et fit à diverses reprises des voyages en France, en Allemagne et en Hollande. En 1827, il obtint à l'université de Louvain une chaire du droit des Pandectes, qu'il ambitionnait depuis longtemps; mais, après la révolution de Belgique, il fut mis k la retraite comme tous les autres professeurs qui n'étaient pas Belges de naissance. Dès le 1er janvier 1831, il était rappelé et nommé professeur de droit à l'université de Gand. Là, il s'occupa surtout d'étudier l'histoire politique des Flandres et explora dans ce but les bibliothèques et les archives des provinces belges, ainsi que eelles des départements du nord de la France et de l'Allemagne méridionale. Plus tard, il fut nommé par le gouvernement membre des commissions chargées da publier les sources inédites de l'histoire de Belgique et d'élever le niveau de l'instruction publique. Il accepta cependant en 1838 une chaire de droit, qui lui était offerte a l'université de Fribourg, et qu'il occupa jusqu'en 1844, époque où il devint professeur à l'université de Tubingue. On cite comme ses deux ouvrages les plus remarquables : V Histoire politique et juridique des Flandres (Tubingue, 1834-1839, 3 vol.) et l'Histoire politique et juridique de la France, écrite en collaboration avec Stein(Bàle, 1845-1848, 3 vol.). On a encore de lui : Insiilutionum sive etementorumjuris romani privati libriVI (Liège, 1819; Bonn. 1860, 4e édit.); Essai pour fonder le droit au moyen d'une idée de la raison (Bonn, 1819); Commentant juris romani privati (Liège, 1855- 1829, 3 vol.); Jtecherches sur la législation belge au moyen âge (Gand, 1.834) ; Histoire du droit belgique pendant la période franque (Bruxelles, 1837) ; Documents pour l'histoire et pour la connaissance des sources du droit usager liégeois (Fribourg, 1838); la Philosophie du droit' considérée comme doctrine naturelle du droit (Fribourg, 1839); Préface des Institutes et des Pandectes (Fribourg, 1839) ; Encyclopédie de jurisprudence (Erlangen, 1853); Histoire des Carlovingiens,&vec Gérard (Leipzig, 1863, 2 vol.), ouvrage couronné au concours; Don Carlos (5tuttgard,J864).

WARNOW, petit fleuve de l'Allemagne du Nord, dans le grand-duché de Mecklembourg- Sclrwerin. 11 prend sa source au S.-E. de Schwerin, près du village de Grebbin, coule au N.-E., baigne Butzow, Sch-waan et Rostock et se jette dans la mer Baltique, k Warnemunde, après un cours de 150 kilom., navigable pour bateaux depuis Butzow et pour navires de Rostock à la iner.

WAROQUIBR (Louis-Charles, comte dk), généalogiste français, né à Saint- Affrique en 1757, mort en 1794. Il avait servi avant la Révolution et était devenu lieutenant des grenadiers de Picardie. Nommé major de la garde nationale parisienne peu après la formation de cette milice, il fut arrêté en 1794 et condamné k mort comme complice d'une conspiration tramée dans la prison des Carmes, où il était enfermé. Nous citerons, parmi ses écrits : Armoriai général de plusieurs maisons de France et étrangères (1782, 3 vol. in-12); Etat de la noblesse (L782, 5 vol. in-12) ; Etat de la France, contenant le clergé, la noblesse et le tiers état (1783, in-12); Dictionnaire militaire de France, contenant les noms, surnoms et qualités de MM. les officiers au service de Sa Majesté (1784-1790, in-8°); Tableau historique de la noblesse militaire (1784, in-8°) ; Traité sur les devises héraldiques, de leur origine et de leur usage (1784-1785, 2 vol. in-12); Tableau généalogique, histo?'ique, chronologique, héraldique et géographique de ta noblesse (1786-1789, 9 vol. in-12) ; Etat générât de la France ou la France vivante ou tnourunle pour 1790 et 1791 (2 vol. in-S°), eic.

WAIIOT (V.-A.), chanteur fiançais, né vers 1835. Doué d'une fort belle voix de ténor, il débuta le l« octobre 1858 à l'Opéra-Comique par le rôle de Sergis des Monténégrins. Il avait une bonne méthode et chantait avec beaucoup de douceur et de charme quand il ne se laissait pas emporter par trop d'ardeur dans les notes hautes; son jeu, d'ailleurs, n'était pas sans exubérance. Il interpréta, avec les mêmes qualités et les mêmes défauts, Georges de la Dame blanche et Raphaël de la Part du diable. Se modérant peu k peu, il finit par gagner la faveur du public. C'est ainsi qu'il chanta, en 1S59, Lorédan d'Haydée, Luigi de Don Gregorio; en 1860, Latimer du Songe d'une nuit a été, Lisidor du Docteur Mirobotan, Mergy du Pré-aux-clercs, Roger du Petit chuperon rouge, le jeune mari de Ai^!, de Donizetti; en 1801, Tonio de la Fille du régiment, Antonio de Satvalor Jiosa, de Duprato ; Max de la Beauté du diable, d'Alary ; en 1862, Munoel de Giralda, d'Adam, etc. Engagé k l'Opéra, il créa, le 6 mars 18G3, pour son début, Tibaldo de la Mule de Pedro, librettode Dumanoir, musique de Victor Massé. 11 reprit avec un succès plus décisif le Comte Ovy, Léopold de la Juive, Alphonse de la Muette de Portici et Aménophis de Moise. Il quitta Paris en 1SG7 etaila chanter en 1869 au théâtre royal de la Monnaie, a Bruxelles, où il aborda le grand répertoire, Robert le

WARR

Diable, Guillaume Tell, le Trouvère, l'Africaine. Il donna la même année des représentations à Spa, où il eut sa part des applaudissements accordés à Caroline Duprez. Engagé de nouveau à Marseille en 1870, il chanta au Grand-Théâtre Lucie de Lammermoor, les Huguenots, le Prophète, Bornéo et Juliette, la Reine de Chypre, Faust, etc. Revenu au théâtre de la Monnaie au mois de septembre 1871, il fit sa rentrée par Rigoletto et créa, le G avril 1872, le' rôle principal du Vaisseau fantôme, opéra allemand, musique de Wagner. M. Warot a été promu par le roi des Belges chevalier de l'ordre de Léopold.

WARRANT s. m. (oua-rantt — mot angl.

qui signif. garant). Comm. Récépissé, avec indication de valeur, .qu'on délivre, dans les docks et entrepôts, au négociant qui y dépose des marchandises, et que l'on peut négocier comme une lettre de change.

— Jurispr. En Angleterre, Mandat d'amener; prise de corps.

— Encycl. Le warrant est le signe représentatif et descriptif de la marchandise, destiné particulièrement à faciliter les transactions ordinaires, en évitant les frais et les déplacements superflus.

En France, la marchandise déposée exige deux titres réunis en un seul : l'un, appelé récépissé, sert au transfert de la propriété de la marchandise : l'autre, sous le nom de warrant, est un bulletin de gage, un instrument de crédit.

Ainsi le propriétaire déposant peut emprunter sur sa marchandise en transférant le bulletin de gage, endossé et détaché du récépissé. Le prêteur se trouve dès iors investi de tous les droits de l'emprunteur sur ladite marchandise.

Si le propriétaire veut vendre sa marchandise non grevée d'emprunts, il transfère à l'acheteur les deux titres réunis, récépissé et bulletin de gage, et celui-ci se trouve propriétaire de la marchandise, sur laquelle il peut emprunter s'il le juge convenable. En 1848, le système des warrants fut partiellement inauguré, mais avec des inconvénients qui ne lui ont pas permis de pénétrer dans les mœurs. Les principaux étaient : la nécessité d'une expertise, celle d'une inscription sur les registres du magasin pour transférer la marchandise, double condition attaquée également comme forçant le négociant à trahir le secret de ses négociations et affaires; la possibilité pour le porteur du warrant d'exercer contre le débiteur une action personnelle avant de réaliser le gage, de sorte que l'emprunteur se trouvait dans cette fâcheuse situation de perdre la disposition .de sa marchandise et de faire tort en même temps k son crédit; la difficulté de réaliser le gage au moment où il devenait réalisable ; celle pour les porteurs de récépissés d'obtenir accès près des grands établissements dans les moments de crise ; le privilège de la douane (loi de 1791) sur les meubles et effets mobiliers des redevables, etc.

La loi du 28 mai 1858 a eu pour but de remédier k ces divers abus ; cette loi a été complétée pur' un règlement du 12 mars 1859, et d'autres mesures postérieures rendent plus facile aujourd'hui en France la mobilisation de-la marchandise.

Les magasins généraux ou autres établissements régulièrement créés et autorisés peuvent seuls délivrer des récépissés et warrants. Les magasins généraux datent de 1848.

De nombreuses formalités doivent être remplies pour l'ouverture de ces magasins.

Les exploitants des magasins peuvent faciliter les rapports du commerce et de la navigation ; mais il leur est expressément défendu de faire aucune opération pour leur propre compte ou pour le compte d'autrui. Ils sont soumis à un cautionnement. Les règlements et tarifs des magasins généraux ne sont pas soumis à l'approbation de l'autorité, mais ils doivent être rendus publics par voie d'affiches. Les marchandises doivent être reçues sans préférence ni faveur pour personne.

WARRANTÉ, ÉE adj. (oua-ran-té — rad.

warrant). Comm. Garunti^par uu warrant:

Marchandises warrantées.

WARRÉE s. f. (oua-ré — de Warre, savant augl.). Bot. Genre de plantes, de la famille des orchidées, tribu des vuuilées, voisin des maxillaires.

WARREN, bourg des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat Uu Maine, k 79 kilom. N.-E. de Portland, sur la rivière de Saint-George ; 290 hab.

WARREN, bourg des Etats-Unis, dans l'Etat de l'Ohio, k 289 kilom. E. de Columbus; 2,500 hab.

WARREN, bourg des Etats-Unis, dans l'Etat de Rhode-Island, k 84 kilom. S.-O. de Boston, sur la côte N.-E. de la baie de Narruganset; 3,000 hab, Chun tiers de constructions navales; port de commerce très-frèquenté. Commerce considérable avec les Antilles.

WAUREN, bourg des Etats-Unis, dans l'Etat de New-York, k U2 kiloui. O. d'Albany ; 3,500 hab. Usines à fer.

WARREN, bourg des Etats-Unis, dans l'Etat de Pensylvanie, à 112 kilom. S.-E. d'Erié, sur l'Alleghany, à sou confluent avec le Comywango; 2,900 hab.

WARR

WARREN, bourg des Etats-Unis, dans l'Etat d'Arkansas, k 87 kilom. S.-O. de Columbia, sur un affluent du Mississipi ; 2,800 hab.

WARRBN (Pierre), amiral anglais, né en Irlande en 1703, mort en 1752. Il entra de bonne heure dans la marine, fut promu kson premier grade en 1727 et s'était déjà distingué dans diverses légions du globe lorsqu'en 1745 il fut chargé d'aller, à,!» tète d'une faible flottille, prendre par surprise Louisbourg, ville principale du Cap-Breton. La ville et l'Ile entière se rendirent le 15 juin, et, la même année, Warren fut promu contre-amiral de la flotte bleue, puis contre-amiral de la flotte blanche. Nommé, en 1747, commandant en second de l'escadre qui, sous les ordres d'Anson, allait intercepter deux escadres françaises, en destination l'une de l'Amérique et l'autre des Indes orientales, il désempara complètement la première, qui avait pour but de reprendre Louisbourg, et fut nommé aussitôt vice-amiral de la flotte blanche, puis, l'année suivante, vice-amiral de la flotte rouge. A sa mort, il fut enterré k l'abbaye de Westminster, où l'on voit encore son tombeau, œuvre du sculpteur Koubillac.

WARREN (James), général et homme politique américain, né en 1726, mort- en 1808. Il remplissait les fonctions de haut shérif et était, en outre, membre de la cour générale lorsque commencèrent les hostilités avec l'Angleterre. Il fut l'un des plus ardents à soutenir les droits de ses concitoyens, devint en 1776 président du congrès provincial de NeWiYork et fut nommé, la même année, major général de la milice. Plus tard, il fut élu membre de la Chambre des représentants de l'Etat ûe Massachusetts et enfin président du conseil du même Etat.

WARREN (Joseph), général américain, parent du précédent, né à Roxbury, près de Boston, en 1740, mort en 1775. Il étudia la médecine au collège d'Harvard, dans cette ville, et y exerça ensuite la pratique de son art avec beaucoup de succès. De 1768 jusqu'au moment où commencèrent les hostilités, il fut l'un des principaux membres du comité secret qui dirigea tous les mouvements des citoyens de Buston, prit une part active à l'affaire de Loxington et succéda à Hancock comme président du congrès provincial. Promu peu après au grade de major général, il fut tué, quatre jours plus tard, kla bataille de Bunker's Hill (17 juin 1775). Les Américains ont couservé une haute idée du caractère de Warren ; mais s'il déploya de grands talents comme agitateur, sa mort prématurée ne permit pas déjuger s'il possédait au même degré les capacités d'un général et d'un homme d'Etat.

WARREN (sir John Borlase), amiral anglais, né en 1754, mort en 1822. Capitaine de vaisseau k l'époque de la Révolution, il croisa dans la Manche en 1793, fit éprouver de

frands dommages au commerce français, déarqua les émigrés à Quiberon le 5 juillet 1795, prit part à l'attaque infructueuse du fort Penthièvre, défit, en 1798, l'escadre française qui portait des secours aux Irlandais, s'empara du Hoche, vaisseau de ligne, et de trois frégates et fut l'objet d'une ovation enthousiaste à sou retour k Londres. En 1802, il remplit le poste d'ambassadeur k Saint- Pétersbourg et commanda l'expédition contre les Etats-Unis en 1814. Il u publié sous le voile de l'anonyme un Tableau de la force navale de la Grande-Bretagne (1791, in-8°).

WARREN (Joseph), compositeur et musicographe anglais, né à Londres en 1804.

Après avoir commencé seul l'étude du violon, il reçut d'un certain Joseph Stone des leçons de piano, d'orgue et de basse et continua ensuite a travailler sans maître. En 1833, il fut nommé organiste et directeur du chœur de la chapelle de Sainte-Marie, à Ohelsea, et, en 1842, devint membre de la Société des antiquaires musiciens de Londres. On cite, parmi ses compositions : trois Messes k quatre voix, deux Messes k deux voix, des Offertoires, des Hymnes, différents morceaux de musique religieuse, trois cents morceaux environ pour la concertina, instrument qui, k une époque, a été fort en vogue en Angleterre et pour lequel il a aussi publié une méthode. Il a, en outre, édité différents ouvrages de littérature musicale, tels que : Conseils au jeune compositeur, Conseils au jeune organiste, Manuel pour l'orgue, le Guide du chanteur, le Cathedral Music de Boyee, en 3 vol. in-fol. C'est Warren qui est l'auteur de la remarquable biographie de Boyce et des notices sur les compositeurs dont les œuvres figurent dans ce recueil.

WARREN (Samuel), littérateur et jurisconsulte anglais, né k Racre (Deubighshire) en 1807. 11 suivit d'abord k Edimbourg des cours de médecine, qu'il interrompit bientôt pour se consacrer k l'étude du droit. Il fit dans cette science des progrès si rapides que, dès 1831, il put s'établir k Londres comme avocat consultant [spécial pleader), et, après avoir exercé avec succès en cette qualité jusqu'en 1837, il débuta au barreau. Les travaux ardus de sa profession ne l'empêchèrent point de se livrer k ses goûts littéraires. Collaborateur assidu du Btackwod's Magazine, où il avait publié, & l'âge de dix-sept ans, Blucher ou les Aventures d'un chien de Terre- Neuve, il y fit paraître une foule d'articles, puis, en 1830, les Passages du journal post-

WARR

hume d'un médecin, qui furent édités k part en 1832 et que M. Fhilarète Chasîes a traduits en français pour la Revue britannique. Ce livre n'obtint pas moins de succès à Paris qu'en Angleterre. En 1839, Warren mit le comble k sa réputation en publiant Dix mille livres de rente, roman également traduit on français pour le JoUrnal pour tous et qui serecommande par de réelles qualités d'observation et de style. Tous ces ouvrages avaient paru sous le voile de l'anonyme. L'incognito de l'auteur fut enfin trahi, et il se décida k signer de son nom Aujourd'hui et alors, roman qu'il publia en 1847, après un long silence, et qui, bien que fort intéressant, n'obtint pas le succès des premiers. Lors de l'inauguration du Cristal Palace de Sydenham, il écrivit la Lis et l'abeille, sorte d'allégorie qui fut trèsdiversement jugée par la critique. Enfin, en 1854, il fit paraître sous ce titre : Mélanges critiques et littéraires, un choix des meilleurs articles qu'il avait donnés au Blackwood's Magazine. M. Warren continuait cependant I k plaider avec succès. Nommé, en 1851, avo- ; cat royal, puis président de la Société d'In- I ner-Teniple, il devint sous le ministère Derby I (1852) archiviste de Hull et reçut l'année suivante de l'université d'Oxford le diplôme do docteur en droit. En 1856, les électeurs de Midhurst l'envoyèrent au Parlement, où il siéga dans les rangs du parti conservateur; mais, en 1859, il donna sa démission pour accepter les fonctions de master in lunacy, c'est-à-dire de juge au tribunal chargé spécialement de décider dans les cas d'aliénation mentale. Warren u encore publié sur le droit plusieurs ouvrages importants , tels l que : Des devoirs des procureurs et des avoués. Observations sur la loi électorale en Angleterre, Introduction pratique à l'étude du droit, Blaekstone systématiquement abrégé (1857); puis, dans d'autres ordres d'idées : le Pape et la reine (1850), pamphlet dirigé contre les prétentions ultramontaines; le Progrès moral et intellectuel du siècle (1853) et une brochure intitulée les Avantages du travail (1855). Une édition populaire de ses Œuvres littéraires a été publiée de 1853 k 1854, en 18 volumes.

WARRETÊB s. f. (oua-re-té). Pèche. Fil à voile, dont on se sert pour joindre ensemble plusieurs pièces de filet.

WA11R1NGTON, ville d'Angleterre, dans le comté de Lancustre, k 26 kilom. E. de Liverpool, sur la rive droite de la Mersey et le chemin do fer du Nord-Ouest; 27,000 hab. Industrie très-active ; fabrication de cotons, toiles k voiles, quincaillerie, épingles et verres. La ville se compose de quatre rues principales, larges, régulières et bordées de belles constructions; les ruelles qui se rattachent k ces grandes artères sont formées de maisons de chétive apparence.

Warrington fut k l'origine une importante station romaine. Son premier pont fut construit par lord Derby, afin de permettre k Henri VII, qui se rendait souvent dans sa résidence, de ne pas faire un énorme détour. En 1745, les arches de ce pont furent rompues, afin de couper la retraite au prince Charles et k sou armée. Déjà, en 1648, c'est à Warrington que s'étaient ralliés les fuyards de la bataille de Preston, afin d'y faire l'échange des prisonniers. En 1757, une académie fut fondée à Warrington. Dirigée pur lo docteur Aikin, elle avait déjà acquis une célébrité, lorsque la dissolution en fut prononcée eu 1783. Un collège qui s'installa d'abord k York se forma de ses débris ; il a depuis été transféré k Manchester. Enfin la tradition assure que ce fut de Warrington que partirent le premier journal distribué et lu dans lo Lancashire et la première malle faisant le service des postes dans la même province. Warrington possède une église dans le stylo saxon, construite bien avant ht conquête do l'Angleterre par les Normands. Des restaurations successives ont malheureusement altéré beaucoup son caractère primitif. Dans une des chapelles, de style ogival, se trouve le tombeau en forme d'autel d'un des membres de la famille de Butler et de sa femme. Citons encore le muséum, la bibliothèque, l'école des beaux-arts et plusieurs curieuses maisons de bois remontant aux dernières années du moyen âge.

A peu de distance de Warrington se trouvent Winwick, ancienne résidence d'Oswuid, roi de Nurthumbria, qui y fut tué en 642, eu combattant les païens de Mercia; c'est aujourd'hui une des cures les plus riches de l'Angleterre; et le canal de Bridge water, qui doit son nom k son opulent fondateur, le duc de Bridgewater; ce canal, œuvre de Brindley, long de 38 kilomètres, en mettant Warrington eu relation directe avec les grands centres voisins, fut une des causes de la prospérité de l'industrie de la ville, avant même que les chemins de fer de Manchester et de Êiverpool fussent créés,

WARRI-WARRI s. m. (oua-ri-oua-ri). Sorte d'éventail des Indiens Arawaks, fabriqué avec la ftuille d'une espèce de palmier.

WARROU1LLER v, n. ou intr. (oua-rou-llé ; Il mil, — rad. marre, pour barre). Pêche. Bouiller, pêcher k la bouille, k la perche, n Se dit eu Normandie.

— Pop. Dans le même pays, Faire du tracas, aller de çk, de là : Il n'a fait que warrouiu-eb toute la nuit.

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