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comme son père dans Jostph, dans les Noces de Figaro et dans le Médecin malgré lui, de Gounod, qu'il joua longtemps. Excellente basse, il resta pendant dix ans attaché k ce théâtre, où il interpréta beaucoup de rôles, notamment, en 1859, les Violons du roi, Abou- Hassan, Faust; en 1860, l'Auberge des Ardewies, les Pécheurs de Catane, les Valets de Gascogne, Sangrado dans Gil Blas, de Seinet ; en 1861, Madame Grégoire, les Deux cadis, Au travers du mur, Kaloum Barouch dans la Statue, de Reyer; en 1862, la Chatte merveilleuse et Sparafucile dans Rigoletlo; en 1863, Peines d'amour perdues, les Fiancés de Dosa ; en 1864, Ambroise de Mireille et Francatrippa de la Reine Topaze; en 1865, le Roi Candaule, le Rèee, le Roi des mines, le bourgmestre dans Lisbeth et Tristan daas Marlha ; en 1866, les Joyeuses commères, de Nicolaï, Van Taff des Dragées de Suzette, Samiel du Freyschiltz, Rimildo du Sorcier; en 1803, le Barbier de Seville, la Jolie fille de Perth, le Brasseur de Presto». Après la fermeture du Théâtre-Lyrique, il n'a plus reparu sur aucune scène parisienne (juillet 1876).
WARTENBERG, ville de Prusse, province de Silé=ie, régence et à 57 kilom. N.-E. de Breslau, chef-lieu du cercle de son nom; 2,800 hab. Fabrication de draps, toiles. Commerce de chanvre.
WARTENBERG (Jean-Casimir Kolb, comte de), homme d'Etat allemand, né en 1584, mort en 1661. Dans un voyage qu'il fit en Italie, le grand-duc de Toscane le nomma commandant de sa garde. En 1608, "Wartenberg se démit de cette charge et retourna en Allemagne. Il devint peu après chambellun et membre du conseil de l'électeur palatin Frédéric IV, puis, sous Frédéric V, qu'il accompagna en Angleterre, bailli de Stomborg, intendant de Bretten, commissaire général des troupes du Palatinat. En même temps, il fut chargé de diverses missions en France, en Hollande, en Angleterre, etc. Pendant l'invasion du Palatinat par les Espagnols, il approvisionna à ses frais Manneim, eut ses propriétés ravagées et perdit presque tous ses biens (1625), Il était depuis un an gouverneur de Deux-Ponts, lorsqu'on 1630 le comte palatin Jean le Jeune le chargea de négocier son mariage avec la comtesse de Neubourg. Wartenberg entra ensuite au service du roi de Bohême, fut chargé par sa veuve de négociations en Hollande et en Angleterre, puis reprit ses fonctions de conseiller à la cour palatine. Forcé de quitter le Palatinat, où ses biens uvaient été confisqués (1634), il se rendit k Metz, fut chargé par les protestants d'une mission auprès du roi de France et revint dans le Palatinat en 1647. Depuis lors, il vivait dans la retraite lorsque, en 1655, il consentit, sur la demande d'Eiéonore de Brandebourg, à devenir membre du conseil privé et gouverneur de Kayserslautern. Il avait composé un ouvrage, qui fut publié après sa mort sous le titre de : Instructions d'un père à ses enfants (Deux-Ponts, 1662).
WARTENBERG (François-Guillaume, comte du), prélat et cardinal allemand, parent du précédent, né en 1593, mort en 1661. Lorsqu'il eut terminé ses études chez les jésuites, il alla les compléter à Rome, entra dans les ordres, et, de retour eu Allemagne, il devint successivement chanoine k Ratisbonne, prieur du couvent de celte ville, grand maître de la cour, conseiller privé, évêque d'Osnabrùek, etc. Après avoir pris une part importante aux conférences de Ratisbonne (1622), il assista k l'assemblée de Mulliausen (1627) et fut chargé par l'empereur .Ferdinand II de faire. exécuter l'édit relatif à la restitution des biens ecclésiastiques dans la basse Saxe. Peu après, il devint vicaire du pape et ajouta à son premier évèché ceux de Minden et de Verden, qu'il perdit après la victoire remportée sur les impériaux par le duc Georges de Brunswick. Wartenberg se rendit alors k Cologne, puis alla k Rome et k Lorette, et, de retour en Allemagne, il assista à la diète de Ratisbonne. Eu 1649, il obtint l'évéché de Ratisbonne et reçut, en 1661, le chapeau de cardinal.
WARTENBURG, ville de Prusse, province de Prusse, régence de Kœnigsberg, cercle et k 17 kilom. N.-E. d'Allenstein; 3,400 hab. Maison de détention. Commerce de toiles.
WARTENSLEBEN (Alexandre - Hennann), général prussien, né eu 1650, mort en 1734. D'abord au service de la France, il lit sous Turenne la campagne des Pays-Bas, passa ensuite dans l'armée de l'électeur de liesse et, après avoir combattu en Danemark, assista, en 1686, à la délivrauce de Vienne. U alla peu après combattre en Morée contre les Turcs, dans les rangs des Vénitiens, commanda plus tard un régiment de dragons hessois contre la France et, de 1691 jusqu'à la paix de Ryswick, se distingua dans plusieurs batailles en Flandre et sur le Rhin. Il avait été créé feld-maréchal par l'empereur, et, en 1698, il passa avec le même grade au service du roi de Prusse, Frédéric I", qui le nomma, en outre, gouverneur de Berlin et conseiller militaire. — Son fils, Léopold- Alexandre Wartbnsl,E8KN, né en 1710, mort en 1775, suivit également la carrière militaire et parvint $u grade de général dan» l'année prussienne.
WARTRNSLRBEN (Guillaume - Louis-Gas-
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ton de), général autrichien, né en 1728, mort en 1797. Il fit une partie de la guerre de Sept ans, prit part k celle contre les Turcs (178S), commanda l'aile droite de Clairfnyt dans la campagne de 1795 et fut mis, l'année suivante, à la tète d'un corps d'armée de 10,000 chevaux et 25,000 fantassins. Chargé de couvrir le bas Rhin que menaçait Jourdan, il perdit, le il juillet, la bataille de Friedberg, battit en retraite jusqu'à Zell, en Franconie, etcontinuailà reculer devant les Français, lorsque l'archiduc Charles lui donna l'ordre positif de s'arrêter. Cette retraite précipitée permettait à Jourdan d'opérer sa jonction avec Moreau; mais il n'osa l'entreprendre, et les deux généraux de la République laissèrent échapper une belle occasion de marcher sur Vienne, dont les approches leur étaient ouvertes. Lorsqu'ils se décidèrent enfin à effectuer leur réunion, l'archiduc les en empêcha, en faisant luimême sa jonction avecWartensleben (22 août 1796). Celui-ci, placé dès lors sous les yeux de son général en chef, montra autant de courage que d'habileté dans la marche triomphante de l'armée autrichienne, qui repoussa la nôtre jusque vers le Rhin. A la bataille d'Erinindlingen, la dernière de la campagne (29 octobre), il eut un bras cassé d'un coup de biseaïen et succomba l'année suivante à cette grave blessure. Suivant le jugement de l'archiduc Charles, Wartensleben était un tacticien méthodique, attaché aux errements de l'ancienne école et incapable de se mesurer avec un ennemi audacieux ; mais, s'il lui refuse les qualités nécessaires k un général en chef, il se plaît k lui reconnaître une grande valeur comme soldat.
WARTHEIMIE s. f. (var-tè-mî). Bot. V.
VARTBIÏMIli.
WARTON (Joseph), poëte et célèbre critique anglais, né à Dunsfold (Surrey) en 1722, mort en 1800. Il fit ses premières études sous son père, Thomas Warton, luimême poëte et professeur, entra dans les ordres, devint directeur de l'école de Winchester en 1766 et. quitta l'enseignement en 1793. L'un des premiers, il fit consister la poésie, non dans la forme du vers , mais dans l'inspiration. C'est à ce point de vue qu'il jugea les poëtes ses contemporains. 11 fonda en Angleterre l'école romantique, k laquelle on donna le nom d'école Wartonienne. Dans un Essai sur le génie de Pope (1756), il refuse au poëte philosophe le vrai talent poétique, c'est-k-dire le génie de l'invention et de l'imagination. Bien que ce jugement contrariât le préjugé national, il n en est pas moins resté comme la sentence de la critique rendue en dernier ressort. Ce travail forme deux volumes in-8o. Warton ne publia le deuxième volume qu'en 1792, trois ans après la mort de Warburton , ami et exécuteur testamentaire de Pope. Il distribua ensuite YEssai, sous forme de notes, dans l'édition de Pope due a ses soins (1797, 9 vol. in-8°). On peut appliquer k cet habile critique le vers si connu de notre Boileau :
La critique est aisée, mais l'art est difficile.
En effet, on ne trouve pas dans ses œuvres en vers ce souffle poétique qui caractérisait pour lui le génie des muses. Ce qu'il a laissé de mieux en ce genre, c'est la traduction en vers anglais des Bucoliques et des Géorgiques, qui l'ait partie du beau Virgile publié k Londres en 1748-1753 (4 vol. in-8°). On lui doit aussi des Odes (1746), précédées d'une préface qui marque son début comme critique.
WARTON (Thomas), poëte et critique anglais, frère du précédent, né k Basingstuke en 1728, mon en 1700. U fut agrégé au collège de la Trinité d'Oxford, occupa la chaire de poésie de Pembroke, devint curé, puis poëte lauréat, ou poëte de la couronne. Il suivit la carrière de son frère Joseph, mais lui fut inférieur comme critique et supérieur en poésie.
Antiquaire distingué, il est un de ceux qui contribuèrent à propager parmi ses compatriotes le goût de l'architecture gothique. On a de lui : Observations sur la reine des fées, de Spenser (17541762, 2 vol. in-8») ; Jnscriptionum Romanarum meiricarumdetectus (1758, in-4°); Histoire de la poésie anglaise depuis la fin (lu xi» siècle jusqu'au commencement du xvme (1774-1781, 3 vol.
iu-8°), ouvrage plein d'érudition, mais que l'auteur n'a pas mené au delà du règne d'Elisabeth ; Recherches sur l'authenticité des poésies attribuées à liowley { 1782 ) ; Poésies (1802, 2 vol. in-S<>), ou l'on remarque plusieurs pièces dignes de figurer k côté des passages les plus énergiques du Paradis perdu de Milton.
WARTON (Thomas, marquis de), homme d'Etat anglais.. V. Wharton.
WARW1CK, ville d'Angleterre, capitale du comté de son nom, sur une colline dont le pied est baigné par l'Avon, que l'on y passe sur un pont d'une seule arche, à 34 kiloai. S.-E de Birmingham, à 157 kilom. N.-O. de Londres; 11,000 bab. Société archéologique; musée d'histoire naturelle. Cette ville était autrefois une'plaee forte fameuse et la résidence des comtes de Warwick. Ses rues sont très-régulières, depuis un incendie qui la détruisit en 1694 ; la principale se distingue surtout par sa belle apparence, sa largeur
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et ses beaux édifices modernes, dont l'aspect forme un singulier contraste avec une ancienne porte qui forme son extrémité orientale. Le principal monument de la ville est son château, qui la domine. Le château de Warwick, qui servit de résidence au premier comte de Warwick, créé par Guillaume le Conquérant, devenu maître de l'Angleterre, s'élève au sommet d'un rocher battu par les flots de l'Avon et masqué de tous côtés par d'épais massifs d'arbres. Un sentier creusé dans la pierre y conduit. Une partie de l'édifice, composée d'un gigantesque donjon, dit tour de César et mesurant 35 mètres de hauteur, appartient à une époque lointaine et n'est plus guère qu'une ruine imposante et pittoresque. Il n'en est pas de même de deux autres tours, non moins élevées, mais d'un style plus récent : la plus considérable est la tour de Guy ( Guy's Tower) dont lu construction remonte à 1394 ; sa hauteur atteint 3S mètres, et l'épaisseur de ses murs 3 mètres. En outre, un mur do défense entouré lui-même d'un fossé profond, jadis plein d'eau, lui forme une ceinture presque infranchissable. C'est à gauche de ces tours, qui jouèrent un si grand lôledans les guerres anglaises, que se trouvent les bâtiments servant de résidence au comte de Warwick. « L'aspect de la façade , dit M. Esquiros, a perdu un peu dn sou caractère primitif; de plus grandes fenêtres, par exemple, ont été substituées k celles qui existaient autrefois, mais ces légères retouches n'ont point altéré l'ensemble de l'édifice, qui conserve un grand caractère de magnificence féodale. C'est une demeura du moyen âge, avec tours et créneaux, assortie seulement aux besoins et au bien-être d'une époque plus raffinée. » L'intérieur n'est put" inférieur à l'extérieur comme magnificence; la grande salle qu'on retrouve dans la plupart des grands manoirs féodaux de la Grande-Bretagne est de dimensions excep-' tronnelles; ■ elle mesure 20 mètres environ de longueur sur 11 mètres de largeur et se montre décorée d'anciens meubles, de vieilles armures, de bois de cerf et de quelques tableaux. La principale ligne d'appartements s'étend sur une longueur de 105 mètres et renferme de grandes curiosités... Une autre salle est revêtue de bois de cèdre et porte à cause de cette particularité le nom de Cedar room (chambre de cèdre). De la fenêtre, on jouit d'une vue magnifique sur Tes parcs et les jardins. La chambre de cèdre, ainsi que quelques autres, contient une belle collection de tableaux, riche surtout en portraits historiques. • Nous n'énumérerons pas toutes ces richesses ; il nous siftira de citer les noms de Vun Dyck et de Rubens, celui de Veiazquez, etc. La collection d'armes et d'armures peut aller! de pair avec la collection des tableaux. Le château possède également une collection de bijoux et un coiiservatory, ou musée artistique, dont le principal objet est un vase découvert dans les fouilles pratiquées naguère aux environs de Tivoli (villa Adrienne). Ce vase, très-connu dans le monde archéologique sous le nom de Warwick vase, est sans contredit le plus important morceau antique que possèdent nos voisins. ■ Il est taillé, dit M. Esquiros, dans du marbre blanc; sa forme est presque sphérique, avec un rebord fortement contourné. Deux pampres entrelacées, dont les liges en se noiiant forment les anses, étendent leurs vrilles, leurs feuilles et leurs fruits vers la partie supérieure du vase. Une peau de panthère, avec le thyrse de Bacchus et quelques autres ornements dans le goûtantique, ajoutent encore à l'intérêt de lu composition. Ce vase est énorme et peut contenir plus do 735 litres de liquide. » Les jardins du château sont arrosés par l'Avon, durant une étendue de près de 2 milles, et l'on no sait quoi admirer le plus, de l'imposante résidence seigneuriale ou de son merveilleux site. Le château de Warwick occupe, en effet, en Angleterre une position lopographique unique et constitue le centre des plus beaux points de vue qu'offre la Grande-Bretagne.
Parmi les monuments de la ville proprement dite nous mentionnerons : l'église Sainte-Marie, construite de 1370 à 1391 par Thomas Beauchamp, comte de Warwick, mais k laquelle diverses restaurations successives ont enlevé son caractère primitif ; un incendie, qui éclata en 1691, nécessita en outre une reconstruction partielle, dans un style tout différent et sans caractère; lu chapelle de Beauchamp, qui doit son nom à son fondateur Richard Beauchamp, mort eu 1439. On remarque au centre de lu chapelle le tombeau de Beauchamp ; ce monument, dont le sculpteur Flaxman faisait grand cas et qu'il ne craint pas de mettre au niveau des œuvres italiennes de la même époque, est surmonté d'une figure du comte, qui est en effet d'un remarquable travail. Cette figure a pour auteur l'Anglais Austen. Citons enfin, aux environs de Warwick, le Guy's Cliff, sorte de grotte ou de caverne creusée dans le roc. Warwick passe pour avoir été fondé par les Saxons, et cette croyance est assez justifiée par quelques vieux débris de constructions primitives, moitié bois et moitié pierre. Son histoire se confond au surplus avec celle de la puissante famille du même nom (voir ci-après) dont le membre le plus illustre, le Faiseur de rois, a été popularise par Shakspeare.
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WARWICK (comté de), comté du centre de l'Angleterre, borné au N.-E. par le comté de Leicester, à i'E. par celui do Southampton,au S.E. par celui d'Oxford, au S.-O. fiai- celui de Gloeester, il l'O. par celui de Woreoster, ot au N.-O. par celui de Stafford, entre 51» 57' et 52» 40' de huit. N., et ontre3°3o'et4<>20.' da longit. O.; 231,032 hectares, dont 203,000 en culture da prairies; 570,000 hub. L'aspect du pays est diversifié par une agréable succession de collines et de -vallons qui présentent les plus beaux sites. Il est traversé par les rivières d'Avon, de Tame, de Leam, de Rea, de Stow, d'Aine, d'Arrow, d'Anchor, de Blythe, de Gole, de Swift et de Dove, et traversé par les canaux de la Grande-Jonction, du Vieux -Birmingham, de Coventry et d'Ashby-de-la-Zouch.
Le climat est doux et la végétation hâtive. Le sol y est en général fertile et bien cultivé, et on y récolte les différentes espèces de céréales, de légumes et de fruits, des pommes de terre, des navets. Il était jadis couvert d'immenses forêts, et sa partie septentrionale, appelé Wooland, contient encore de grandes forêts avec de vastes landes et marais. On y élève beaucoup de gros et de menu bétail, et particulièrement des moutons. Ses productions minérales sont le fer, la houille, le grès, la pierre calcaire, l'argile bleue. L'industrie manufacturière y est très-importante. On connaît les produits des nombreuses fabriques do Birmingham et de Coventry.
WARWICK, ville des Etats-Unis (Rhodo- Island), à 16 kilom. S. de Providence ; 7,000 hab.
WARWICK, ville des Etats-Unis, dans l'Etat et à 90 kilom. N.-O. de New-York; 6,000 hab. Usines à fer.
WARWICK, nom qui a été porté successivement par plusieurs personnages qui n'appartenaient pas à la même famille et à. qui le comté de Warwick avait été transmis par alliance. Le premier dont l'histoire fasse mention est Henri de Newburgh, Hls de Roger de Bellomont, comte de M<:llent,en Normandie; il était parent de Guillaume le Conquérant, qu'il suivit en Angleterre et qui récompensa ses services en lui donnant le titre de comte do Warwick. Il mourut en 1123, et le titre demeura dans sa famille jusqu'à la mort de Thoinasde Newburgh (1242), qui ne laissa d'autre héritier que sa sœur Marguerite. Celle-ci se maria deux fois, et ses deux époux portèrent successivement le titre de comte de Warwick; mais comme elle mourut sans enfants en 1203, il passa à son cousin William Mauduit ou Malduit (en latin Maledoctus), qui mourut aussi sans héritier diroct (1267). Il eut pour successeur son neveu, William de Beauchamp, baron d'Klmley, dont les descendants continuèrent la série des comtes de Warwick, jusqu'à la mort de la comtesse Anne (1449), qui ne laissa pas d'enfants. Le lils du comte de Salisbury, Richard Nevil, qui avait épousé une tante de la comtesse Anne, fut alors créé comte de Warwick. Il fut tué en 1471, à la bataille de Bainet, et son titre passa à son gendre, George Plantogenet, duc de Clarence, frère du roi Edouard VI. Clarence fut mis à mort en 1478, laissant un lils, qui porta le titre de comte de Warwick jusqu'au jour où il fut décapité par l'ordre de Henri VII, qui voyait en lui un compétiteur à la couronne (1499). Il n'y eut plus de comtes de Warwick jusqu'en 1547, époque où Edouard VI releva ce titre en faveur de John Dudley, descendant de Richard Beauchamp, douzième comte de ce nom. Dudley fut décapité en 1553 ; mais son second lils, Ambroise, fut créé comte de Warwick par la reine Elisabeth en 1562. Il mourut sans héritiers en 1589, et le titre ne fut plus porté jusqu'en 1818, époque où Jacques lKt le conféra à Robert Rich, dont les descendants le conservèrent jusqu'à la mort d'Edouard Rich , comte de Warwick et de Holland (1759), qui ne laissa pas d enfants, mâles. Le titre passa alors à Francis Greville , comte Brooke , qui descendait par les femmes des anciens Beauchamp. Lc:s titres de comte Brooke et de comte de Warwick sont demeurés jusqu'à ce jour dans celle làmillo, et, contrairement à l'usage, c'est le dernier qui est le plus com-. luuuéuient usité, bien que le premier ait été conféré antérieurement. — Le comte actuel de Warwick, George-Guy Gkuvillk, né eu 1818,-u succédé, en 1853, a son père dans les dignités ot les biens de la maison. 11 réside à Warwick-Castle, antique manoir qui était jadis une forteresse imprenable. Nous consacrerons ci-dessous des articles particuliers à ceux des cbmies de Warwick qui ont joué un. rôle dans l'histoire de leur patrie.
WARWICK (Richard db Beauchamp, comte »e). Il succéda, en 1401, à son père, Thomas, onzième comte de !a familie de Beauchamp, et fut créé en 1417 comte d'Aumerte. Favori du roi d'Angleterre Henri V et précepteur de Henri VI, il tic la guerre en France, fut chargé de diverses missions et dirigea ■ le procès de Jeanne Dure. Il se couvrit U'iufamie par sus violences et son iniquité envers l'héroïne française, et montra la joie la plus indécente lorsqu'on la conduisit au supplice. En 1437, il fut nommé régent de France, à la place du duc d'York, tenta
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quelques efforts pour se défendre contre les vaillants capitaines de Charles VII et mourut it Rouen en 1439.
WABWICK (Henri de Beauchamp, comte, puis duc du), lils du précédent, mort en 1445. Deux ans après la mort de son père, il fut privé de ses biens par le roi Henri VI; mais, en 1444, ce prince, pour réparer son injustice, le créa premier comte d'Angleterre et, peu après, duc de Warwick. L'année suivante, il le lit roi des îles de Wight, de Jersey et de Guernesey, et le couronna de sa propre main. Mais Beauchamp ne jouit pas longtemps de ces honneurs extraordinaires, cur il mourut quelques semaines plus tard, ne laissant qu'une fille d'un an, qui ne lui survécut que cinq ans.
WAHWICK (Richard Nevil, comte de), Io plus célèbre de ceux jjui ont porté ce nom et surnommé le Faiseur de roi*. Il était beau-frère du précédent, hérita du titre de comte de Warwick en 1449, donna sa sceur en mariage à Richard d'York, qu'il poussa bientôt à revendiquer le trône d Angleterre, gagna sur Henri VI la bataille de Saint- Albans (145.5), au début de la guerre des Deux-Roses, et reçut en récompense le gouvernement de Calais, qui le rendait maître de la mer. En 1460, il battit encore les Lancastriens à Northumpton et, quand le duc d'York eut été tué à Wakefield, perdit, par la trahison de quelques seigneurs, une bataille contre la reine Marguerite d'Anjou, mais parvint cependant à l'empêcher d entrer a Londres et lit proclamer roi, sous le nom d'Edouard IV, le fils du duc d'York (UGl). Peu après, il remporta sur le parti de Luncastre la sanglante victoire de Ttiwnton , puis celle d'Exham , qui contraignit Marguerite à s'enfuir de nouveau en Franco," pendant que le roi son époux était remis à la Tour de Londres par les vainqueurs. Warwick eut alors le plus grand pouvoir sous le nouveau roi, et ce fut lui qui lui conseilla de rechercher l'alliance de Louis XI en lui demandant la main de sa belle-sœur, Bonne de Savoie. Chargé lui-même de cette négociation, il eut la mortification de voir Edouard contracter un autre mariage avant qu'elle fût achevée, agita le royaume par des intrigues et des séditions contre la reine, recouvra son autorité sur le roi, qu'il retint dans une sorte de captivité, mais dut céder k l'influence de Charles le Téméraire et, après avoir excité de nouvelles révoltes, fut forcé de fuir en France, sans pouvoir même rentrer en possession de son gouvernement de Calais. A l'instigation de Louis XI, il se ligua avec la reine Marguerite el résolut de rendre la couronne à la maison de Lancastre, dont la ruine avait été son propre ouvrage. Il partit du Havre a la tête d'une Hotte, débarqua en Angleterre, rassembla autour de lui tous les partisans de la Rose rouge et contraignit Edouard à fuir en Hollande. Il tira ensuite le roi Henri de la Tour, le rétablit sur le trône et se lit nommer gouverneur du royaume. Huit mois après, Edouard reparut en Angleterre, marcha sur Londres, s'en empara sans coup férir et détruisit dans les plaines de Baruet l'armée du comte de Warwick, qui fut tué pendant le combat (1471). Sa mort entraîna la ruine des Lancastre.
Warwick (lu comte du) , tragédie , par Laharpe; représentée le 7 novembre 1703. L'histoire d'Angleterre nous apprend que les sanglantes et longues querelles des ïork et des Lancastre se terminèrent par l'avénement d'Edouard IV, prince sur la tête duquel se coufoudaieut les prétentions des deux maisons rivales. Edouard IV dut réellement la couronne au comte de Warwick. La politique lui conseillant une alliance avec le roi de France, il envoya Warwick auprès de Louis XI demander en mariage Bonne de Savoie, sceur de la reine. Pendant la négociation , le prince anglais tomba amoureux d'une jeune veuve, Elisabeth Wideville, et l'épousa. A sou retour, Warwick se plaignit du procédé, et d'autant plus justement que toutes les charges de la cour avaient été données aux parents et aux créatures de la reine. Réconcilié avec Marguerite d'Anjou, le faiseur de rois remit pour quelque temps le faible et malheureux Henri VI sur le trône. Enrin, lu bataille de Baruet décida du sort de la couronne, et Warwick fut tué en combattant contre Edouard. Telle est la tradition historique. L'auteur, selon son droit, ne fait que broder sur elle. 11 suppose que Warwick aimait Elisabeth , qu'il en était aimé, et qu'elle lui était promise'. Le drame se réduit à, une rivalité entre un jeune roi et Un grand général qui pourrait être son père par l'âge. Rendant que Warwick négocie, sur le continent, un mariage pour son pupille royal, Edouard, à Londres, prépare ses noces avec la maîtresse de son ambassadeur, la jeune Elisabeth. L'ambassadeur, de retour, apprend avec indignation que le prince auquel il vient de chercher une femme est tout prêt à lui ravir la sienne. 11 éclate en reproches, eu menaces, Edouard irrité fait mettre Warwick en prison. Le peuple se soulève, les mutins n'entendent point raison. Marguerite, femme du roi précédent, détrôné par Warwick, fomente ces troubles et s'efforce d'en profiter. Lu généreux Warwick, au sortir de sa prison, sauve Edouard, que va renverser la sédition. Sa
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valeur parvient à contenir les rebelles , et, on ne sait comment, en sauvant Edouard, il périt lui-même sous les coups des partisans de Marguerite,
Warwick fut le coup d'essai d'un iiutenr de vingt-quatre ans. Il obtint une sorte de triomphe. Aujourd'hui cette œuvre, d'ailleurs très-médiocre , est complètement oubliée.
Laharpe publia sa tragédie avec une préface, sous forme de lettre k Voltaire, dans laquelle il discutait sur l'art dramatique plus eu maître qu'en disciple.
WAHWICK (Edouard d'York, comte de), né vers 1475, décapité en 1499. Fils du duc de Clarence et d'Isabelle, fille du grand comte de Warwick, il hérita, après la fin tragique de son père (1478), des biens de son aïeul et du titre de comte de Warwick, et son éducation fut très - soignée tant que vécut Edouard IV. Mais l'usurpateur Richard III jugea qu'il était peu prudent de laisser en liberté un neveu dont les droits' à la couronne étaient supérieurs aux siens et le fit enfermer au château da Sheriffhutton, dans le Yorkshire. Henri VII se montra encore plus cruel envers le jeune prince et le fit transférer à la Tour de Londres, do laquelle il ne devait plus sortir. Pendant sa longue captivité, plusieurs tentatives furent faites pour le rendre à la liberté. La première fut celle du prêtre Simous, qui lit courir le bruit que Warwick s'était échappé de sa prison et essaya de faire passer pour lui un nommé Lambert Simnel. En 1498, on essaya aussi d'enlever Warwick dans la Tour, mais ce projet échoua parce que les conspirateurs ignoraient l'endroit précis où il était enfermé. Enfin, en 1499, Perkin Warbeck, ayant été, lui aussi, emprisonné à la Tour, réussit à communiquer avec Warwick, et ils formèrent ensemble un projet d'évasion, qui fut découvert, et à la suite duquel Perkin Warbeck fut pendu et Warwick décapité, après avoir été condamné a mort par le Parlement, docile aux volontés du despote Henri VII.
WARWICK (Philippe), homme d'Etat anglais, né à Londres en 1608, mort en 1683. D'abord secrétaire de l'évêque de Londres, "J uxton, qui était en outre lord de la trésorerie, puis greffier du petit sceau, il fut élu eu 1640 membre du Parlement, où il vota avec les royalistes. Pendant la guerre civile, il combattit dans les rangs de l'armée royale, suivit Charles Ier k l'ile do Wight et lui servit de secrétaire jusqu'au moment où ce prince tomba au pouvoir des parlementaires. Warwick ne fut point inquiété par Cromwell, qui chercha, mais inutilement, à le gagner. A la Restauration , il reprit ses fonctions de greffier du sceau et son siège au Parlement et devint, en outre, secrétaire de la trésorerie sous le ministère de Soulhainpton ; mais, après la mort de ce dernier, il se démit de ses fonctions administratives et ne conserva que son siège au Parlement. Il a laissé un fruité sur te gouvernement (Londres, 1094) et d'intéressants Mémoires (Londres, 1701) qui ont été traduits en français et insérés par M. Guizot dans sa collection.
WARWICK (Jean Dudley, comte dis).