‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 887 sur 1042 · V. Dudley · texte numérisé non relu

V. Dudley

WABWXCKITE s. f. (ouar-oui-ki-te — de Warwick, nom de lieu). Miner. Nom donné par Phillipps à un oxyde de manganèse hydraté naturel, qu'on a d'abord trouvé à Warwick , dans le comté d'Orange , aux Etats-Unis. 11 On l'appelle aussi Wahvicitu.

— Encycl.La warwickite a été décrite pour la première fois par le professeur Shepurt en 1838. Toutefois, le chimiste avait confondu, dans ses descriptions, deux substances distinctes, savoir: le minéral proprement dit, en petits cristaux minces, et une variété impure qui, tout en possédant la même forme cristallographique, ne contient qu'une petite |iortion de la vraie warwickite.

Un des cristaux examinés par le professeur Shepart avait 0m,05 de longueur sur 0m,01 d'épaisseur, mais il n'offrait pas l'éclat métallique qui caractérise les surfaces de clivage des petits cristaux.

Le résultat de ses analyses est si différent de ce que M. Lawrence Smith a trouvé dans la variété pure ou dans la variété impure, qu'il est inutile de les citer.

Plus tard , le professeur S. Hunt crut devoir nommer encéladite les cristaux impurs qu'il avait analysés. Son analyse accusait une perte d'environ 15 0/0, qu'il attribua à un accident survenu au cours de l'opération, et, comme il ne lui restait plus d'autre matière, il lui fut impossible de contrôler ses résultats qui, dè*s lors, demeurèrent sans valeur.

Un nouvel examen montra bientôt que jusque-là on n'avait pas opéré sur le minéral pur.

Eu choisissant les meilleurs échantillons de la roche qui renferme les petits cristaux et en ne soumettant à l'analyse que de trèspetits fragments de ces cristaux, triés avec le plus grand soin à ta loupe, on trouva que la warwickite pure contenait plu1; de 20 0/0 d'acide borique et était essentiellement un borotitanaie de magnésie et ou fer.

Depuis cette découverte , M. Lawrence Smith s'est procuré un certain nombre de fragments de la roche contenant les petits cristaux, et il est parvenu àensèparer pour

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l'analyse une quantité suffisamment pure, quoiqu'il soit a peu près impossible d'enlever les dernières traces des cristaux microscopiques do spinelle qui pénètrent la warwickite.

La warwickite a une densité de 3,351 (Brush et Smith), ou de 2,355 (Humour).

Elle possède un clivage facile suivant la longueur du prisme.

L'éclat des surfaces de-clivage est métalloïde et caractéristique ; leur couleur est d'un brun foncé.

A l'analyse , cette substance a donné : acide borique, 87,80; acide titanique, 23,S2; magnésie, 36,80; oxyde de fer, 7,02; silice, 1,00; alumine, 2,21.

La silice et l'alumine sont des impuretés ; l'alumine provient du spinelle, qu'il est impossible de séparer ; l'acide titanique contenuit encore une petite quantité d'oxyde de fer.

La composition qui résulte de l'analyse ci-, dessus, confirmée par d'autres analyses partielles, paraît conduire aux rapports

3BÎ03, 3TiOî, flMg"0, Fe"0.

La formule exacte qui exprime la composition de la warwickite n'est pas facile à donner, attendu quo les chimistes ne savent Tien sur les composés qui renferment à la fois de l'acide borique et do l'acide titanique, L'expression la plus vraisemblable minéralogiquement et en dehors do toute idée de formule rationnelle est

(Mg"0)5(B208)9 + (Mg"0,Fe"0)(TiO!jî.

C'est, jusqu'à ce jour, le seul borotitanate connu dans la nature. Dans la localité où on le trouve , on rencontre un fer titane contenant environ 15 0/0 de magnésie et qui paraît répondre n la formule

Mg"0,Ti02 + Fe"0,TiO*.

WASA, ville de la Russie d'Europe (Finlande), ch.-i. du gouvernement de son nom, sur le golfe de Botnie, uvee un port obstrué d'Ilots et de bas-fonds, à 900 kilom. N.-O. de Saint-Pétersbourg; 5,000 hab. Rues larges et droites ; plusieurs places, dont la belle place Gustave ; un château en ruine , des chantiers de construction. Commerce important, principalement en goudron, en poix et en seigle. Fondée en 1605 par le roi Charles IX, qui lui donna le nom du château berceau de sa famille. Cédée en 1809, avec le restû de la Finlande, à la Russie.

WASA (gouvernement de), division administrative de la Russie d'Europe (Finlande), entre les gouvernements d'Uieaborg au N., de Kuopio à l'E., ceux de Sankt-Michel, de Tawastehus et d'Abo au S.-, et le golfe de Botnie à l'O.; 291,495 hab. Ch.-L, . Wasa ou Niculaïstadt. Sa surface est traversée , dans sa partie centrale , par une chaîne de montagnes peu élevées , d'où descendent les rivières qui l'arrosent, telles que la Kala, la Lapjoki, la Kavleby, la Lnmpi, la Storkyvojoki, la Visiljaki, etc., lesquelles vont se jeter dans le golfe de Botnie. Le reste du pays est plat. Il y a un grand nombre de lacs dans la partie orientale. Le sol y est en général assez fertile, mais la rigueur du climat empêche les habitants do jouir de cet avantage. Ils s'adonnent particulièrement à l'exploitation des forêts, à l'éducation du bétail, à la chasse et à la pêche.

WASA, nom d'une célèbre dynastie suédoise qui tirait son nom d'un château situé près de Stockholm et qui a fourni à la Suède sept souverains. Elle a pour tige Gustave Wasa, qui délivra son pays de la domination du Danemark (1523). V. Gustavu, Eric, Sl-

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Wasa (ordre de). En montant sur le trône de Suède en 1772, Gustave 111 institua l'ordre do Wasa, du nom de son aïeul Gustave Wasa. Ce mot de Wasa signifie en suédois une gerbe, et la famille royale portait en effet une gerbe dans ses armoiries. Gustave III destina cet ordre à récompenser les artistes, les agriculteurs, les commerçants et les manufacturiers. Le roi seul est grand maître, mais il ne peut abolir l'ordre. Il nomme les membres après avoir, le jour de sou couronnement, juré d'observer les statuts existants. Si un roi , à son avènement, n'a pas .l'ordre de Wasa, il le reçoit de l'archevêque d'Upsal. Il existe trois classes : les grands-croix au nouibre.de six, les commandeurs au nombre de huit et cinquante chevaliers. On peut être de la première classe sans avoir été de la troisième. Les insignes de l'ordre sont un médaillon ovale d'or, éinaillè de rouge , chargé au centre d'une gerbe d'or, liée par un ruban d'or dont les nœuds font l'ause des deux côtés de la gerbe. Autour est cette inscription en langue suédoise : Gustaf den ireaie instiktare A1ÛCCLXXII (Gustave 111 a institué cet ordre eu 1772). La décoration, suspendue k un ruban vert, est portée par les grandscroix et les commandeurs en échurpe du droite à gauche. Les premiers ont une plaque sur le côté gauche da l'habitC Les uhovalierS'Ont la décoration suspendue au cou. Aux grands jours de fête, les membres de l'ordre ont un costume particulier et portent les insignes k un collier. Lorsqu'un chevalier meurt, les héritiers doivent rendre les insignes au trésorier de l'ordre.

WASEL-BEN-ATHA (Abou-Hodaïfa), surnommé Guul,,. sectaire musulman , uè .ù

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Médine en 700, mort en 749. Il étudiait a l'école du célèbre Hasan à Bassora, justement à l'époque où ies dogmes imposés par Mahomet commençaient à être discutés par les docteurs musulmans. « Ceux qu'on nommait kharedjites, comme qui dirait schismatiques, rapporte Silvestre de Sacy, soutenaient que le musulman qui se rend coupable de quelque péché mortel cesse d'être fidèle et devient infidèle (cafir); l'école orthodoxe assurait, au contraire, que, bien que coupafcls de fautes graves, il demeure fidèle (mcuviin). Wasel imagina un système qui tenait le milieu entre les deux opinions; il soutint que dans ce cas le musulman n'était ni fidèle ni infidèle, mais .appartenait à une catégorie qui tient le milieu entre les fidèles et les infidèles. Hasan alors le chassa d'auprès de lui, et Wasel, en le quittant, forma une nouvelle école, assisté d'un autre docteur nommé .Amrou, fils d'Obeïd,qui embrassa avec chaleur ses opinions. Cette séparation valut à Wasel, ainsi qu'à Amrou et h leurs sectateurs, le nom de motazales, qui signifie en arabe ceux qui se retirent 'à part. Les motazales, par la suite, se divisèrent entre eux et formèrent un grand nombre de sectes. Ils ne reconnaissent point le nom que le commun de.s musulmans donne a leur système mythologique et ils se nomment eux-mêmes les « partisans > du dogme de l'unité et de la justice i (ashab althewhid oualadl). • Wasel a laissé plusieurs ouvrages, où l'on remarque, entre autres, un sermon dans lequel ne figure pas la lettre R, qu'il ne pouvait pas bien prononcer.

Wnacnbourg (château db), ancien et célèbre château d'Alsace, à 4 kiloin. de Niederbronn, à l'extrémité N. de la montagne qui lui a donné son nom. Les ruines de la vieille résidence seigneuriale dominent la vallée à -487 mètres d'altitude. Tout semble indiquer que la construction du château ne doit pas être reportée au delà du xv* siècle; il fut successivement possédé par les maisons de Born etdeLichtenbeigetn'a cessé d'être habité qu'au xvnc siècle. On y remarque encore ■ les restes d'une belle salle percée de fenêtres cintrées et qui conserve quelques faibles traces de son arïcienne décoration arch itecturale; mais ce qui attire surtout l'attention à l'extérieur, c'est une inscription célèbre dans l'histoire de l'épigraphie romaine et qu'on lit sur une des parois du rocher supportant les restes du château. Cette inscription, qui consacre le souveuir d'un édicule élevé en ce lieu à Mercure, est ainsi conçue : Deo Afercurio attegiam teguliciam compositam Severinius Satullinius c. I. ex voto posait t. I. m. » Ce qui frappe spécialement dans cette inscription qui se trouve reproduite dans tous les recueils, dit M. Kuhn, et k laquelle des lettres accouplées et.d'inégale grandeur assignent pour date le me siècle de notre ère, c'est 1 adjectif tegulicius, qu'on ne trouve nulle part ailleurs, et qui a passé du rocher de Wasenbourg dans les dictionnaires. Mal comprise, cette inscription avait fait croire à Speeklé que le château était romain ; mais Schupfiiit a réfuté cette erreur, en faisant voir que l'inscription ne parlait que d'un édifice légèrement construit, tandis que le château, d'une construction monumentale, porte tous les caractères du moyen âge. « Non loin de "Wasenbourg se trouve l'enceinte druidique de la Ziegenburg, montagne de 493 mètres d'altitude. A 1 kilom. plus loin, on voit, grossièrement sculptée en relief sur la paroi S.-E. d'un gros rocher, une figure de femme gigantesque. Cette ligure est désignée par les habitants du pays sous le nom de la Grosse-Tète, et M. Beaulieu pense qu'elle représente une divinité locale et en attribue 1 origine aux Gallo-Celtes, ou tout au moins aux premiers temps de l'occupation romaine.

WASER (Gaspard), philologue et orientaliste suisse, né à Zurich en 1565, mort eu 1025. Il fit une partie de ses études à AHorf et à Heidelberg, apprit l'hébreu, à Genève, sous la direction de Théodore de Beze, et parcourut ensuite l'Allemagne , la Hollande, l'Angleterre et l'Italie ci: compagnie d'un jeune patricien d'Augsbourg, de l'éducation duquel il avait été chargé. De retour à Zurich, il embrassa l'état ecclésiastique, devint pasteur de l'église de Witticon et, en 1596, fut appelé k la chaire d'hébreu de l'Académie de Zurich. Il joignit, plus laid, à cette chaire celiede langue grecque, et, en 1611, succéda à Marc Brumailer comme professeur de théologie. On cite parmi ses principaux ouvrages : Imtilutio lingus syrs (Leyde, 1594, in-4»), réédité sous le titre de Grummatica syra,duobu$librismethodiieexpticata(Leyûe, 1519, in-4«) ; Arc/telypus grammatical kebrasss, etymologiu et syntuxi absoiulus (Bâle, 1601)lnstitutio arithmetica et de quadrato géométrie» (Zurich, 1C03, in-8») ; ùeantiquis nummis JJebr&orum , Chald&orum et Syrorum (Zurich, 1605, in-4J); De antiquis men~ suris Hebrsorum libri 1res , intersparsis mensuris JEyyptiorum, Arabum , Syrorum, Persarum , Urœaorum et Itomaiiorum (Heidelberg, 1610, in-40); Elementale chaldaicum (Heidelberg, 1011, in-40).

WASER (Anna), peintre suisse, née à Zurich eu 1679, morte en 1713. Elle montra dès l'enfance un goût des plus vifs pour l'étude du dessin et de la peinture, reçut des leçons de Sulker et de Jacques Werner, et, à l'âge

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de treize ans, exécuta une excellente copie de la Flore de ce dernier. Elle abandonna ensuite complètement la peinture à l'huile pour s'adonner à la miniature et elle acquit rapidement dans ce genre une grande réputation. Elle travailla successivement pour les cours de Bade-Dourlach, de Stuttgard, de Wurtemberg et pour les états de Hollande, et eût sans doute obtenu une célébrité européenne, si elle n'était morte à la fleur de l'âge, des suites d'une chute.

WASER (Henri), théologien et historien suisse, né à Zurich en 1742, mort en 1781. Il fit ses études dans sa ville natale et y devint pasteur en 1770; mais, s'étant laisser entraîner à quelques imputations injurieuses contre de puissants personnages, il fut dépouillé de sa cure. Le ressentiment que lui causa ce qu'il regardait comme une injustice l'entraîna à des démarches inconsidérées et à des actes qui le tirent accuser do conspirer contre la sûreté et la paix de sa patrie. Mis en jugement, il fut condamné k mort et marcha au supplice avec le plus grand courage. On a de lui : Essai statistique sur la Suisse (1775) ; Essai sur les valeurs monétaires (1776); Essai sur la ville de Zurich (1778) ; Chronologie diplomatique (1780, in -fol.), le plus remarquable de ses écrits.

WASGAU, ancien petit pays de France, dans la basse Alsace. La localité principale était Wisserabourg.

WASHBURNE (Elihu), homme d'Etat américain, né dansl'Etat duMaine en 1817. Après avoir étudié le droit à l'université d'Harvard, il s'établit comme avocat dans l'Illinois, et sut à tel point s'attirer, dans l'exercice de sa profession, la confiance universelle, que cet Etat l'élut en 1853 pour son représentant à la Chambre de Washington. Du reste, il avait déjà pris une part active aux affaires politiques de l'Etat d'Illinois,et, depuis lors, il ne cessa d'appartenir à la Chambra des représentants dans le congrès, où il acquit une influence sans bornes , autant par sa grande éloquence que par son habiJetè à traiter les questions les plus importantes. Le trente-huitième congrès lui décerna le nom de Père de la Ciiambre, comme à celui qui avait fait partie le plus longtemps sans interruption de cette assemblée. Depuis longues années ami de Grant, il était l'un des adversaires les plus décidés de l'esclavage, et était en grande faveur auprès du parti progressiste avancé. Lors de son élévation a la présidence , Grant l'appela à faire, en qualité de ministre des affaires étrangères, partie de son cabinet, dont, suivant l'opinion généralement répandue, il devait être l'âme; et déjà les organes de la démocratie, ainsi que ceux de l' ultra-radicalisme, parlaient plaisamment > de l'administration de Washburne avec la marionnette Grant; » mais la santé de Washburne l'obligea à renoncer à son portefeuille en mars 1869 et il fut alors nommé ministre des Etats-Unis à Paris.

Lors de la révolution du 4 septembre 1870, il fut le premier membre de la diplomatie qui, au nom de son gouvernement, reconnut la République. « Jouissant depuis près d'un siècle des innombrables bienfaits du gouvernement républicain, écrivit-il à M. Jules Favre, le peuple des Etats-Unis ne peut assister qu'avec le plus profond intérêt aux efforts de ce peuple français auquel le rattachent les liens d'une amitié traditionnelle et qui cherche à fonder les institutions par lesquelles on assurera à la génération présente, comme à la postérité, le droit inaliénable de vivre en travaillant au bonheur de tous, t Pendant le siège de Paris, il établit une ambulance à la légation des Etats-Unis, resta dans cette ville pendant le bombardement, bien qu'il eût pu la quitter, et manifesta constamment sa sympathie pour notre pays.

Dans un discours qu'il a prononcé au banquet de l'Union franco-américaine le 6 novembre 1875, M. Washburne a rappelé avec éloquence le grand rôle joué par la France dans l'œuvre de l'indépendance américaine et les sentiments de fraternelle reconnaissance que ce souvenir entretenait dans le cœur des Américains. En juin 1876, son nom a figuré sur la liste des candidats du parti républicain à la présidence des Etats-Unis.

WASHINGTON, capitale des Etats-Unis de l'Amérique du Nord, chef-lieu de district de la Colombie et du comté de son nom, sur la rive droite du Potomac, par 38» 53' 25" de latit. N. et 790 a' 24" de longit. O., à 3S0 kilom. de la mer et k 188 de la baie de Chesapeake ; 110,000 hab. Siège du gouvernement de l'Union et résidence du président et du vice-président de la république , du congrès et des administrations fédérales. Institut de Colombie, divisé en cinq sections, pour les sciences mathématiques, les sciences physiques, les sciences morales et politiques, la littérature et les beaux -arts ; sociétés de médecine, de botanique, d'agriculture; collège colombien , fondé en 1821 ; dépôt géographique , renfermant une riche collection des cartes levées par les ingénieurs du gouvernement ; nombreuses écoles publiques.

Malgré son titre de capitale des Etats- Unis, Washington n'est qu un centre administratif privé de toute influence politique et sans importance commerciale, bien que sa

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position lui offre sous ce dernier rapport des conditions très-favorables. En effet, le Potomac, large de plus de 1 mille à ce point, et déjà accessible aux paquebots du plus fort tonnage, fait communiquer directement Washington avec l'Océan par la vaste baie de Chesapeake, où il verse ses eaux, après avoir passé entre les deux Etats industrieux et riches de la "Virginie et du Maryland, Cette situation, qui eût sans doute fait de toute autre ville de l'Union une place de commerce de premier ordre, n'a pas profité à Washington, soit en raison de son caractère officiel, soit par suite du peu d'étendue du district de Colombie, dont la production se renferme dans des proportions fort restreintes. Washington est restée une ville tout administrative, complètement en dehors du mouvement actif qui vivifie les grandes cités des Etats-Unis. Le plan de la ville fédérale fut tracé en 1791 par le major L'Enfant. Les Tuscaroras et les Monacans avaient autrefois possédé cette partie des bords du fleuve : ils l'avaient choisie comme un lieu de rendezvous pour la pêche; et l'on dit que les tribus indiennes à la tête desquelles ils étaient placés tenaient le grand conseil de leur confédération près du lieu où le congrès des Etats-Unis vint se réunir deux siècles après. La fondation de Washington fut commencée par celle des principaux édifices, destiuésau congrès, à la présidence et k toutes les grandes administrations. On choisit pour leur emplacement les sites les plus découverts et ceux qui permettaient d'établir entre eux des lignes de communication directes et faciles. Le Capitole devint le point central de la nouvelle cité : la colline sur laquelle il fut placé était aperçue de toutes parts, et les Jongues avenues qui furent projetées autour de ce monument s étendirent, comme autant de rayons, jusqu'aux lignes d'enceinte ; d'autres places, d'autres édifices devinrent euxmêmes de nouveaux centres d'où plusieurs avenues se prolongeaient en différents sens; elles reçurent les noms de Pensylvanie, de Massachusetts et d'autres Etats. On cherchait dans la cité fédérale l'emploi de tous les signes qui pouvaient rappeler l'union et la grandeur. Le peuple donna le nom du Tibre aux eaux qui coulaient près du Capitole, et l'on voyait sur ses drapeaux la constellation américaine briller dans un ciel d'azur, où planait un aigle armé de la foudre. A une demi-lieue du Capitole, on construisit sur un tertre moins élevé l'habitation du président, la Maison-Blanche, entourée des quatre secrétaireries des affaires étrangères, de la trésorerie, de la guerre et de la marine. Ce dernier département avait été créé en 1798; et, quelques années après, on fonda le Navy- Yard, sur les bords de l'Anacostia ou de la branche orientale du Potomac. Cet établissement devait réunir les chantiers de construction, les magasins et tous les ateliers nécessaires à une marine active, industrieuse et destinée à devenir puissante. D'autres emplacements furent choisis, sur quelquesunes des collines formées par les ondulations du sol, soit pour l'ofrice général des postes et pour le conservatoire des arts ou Patent-Office, soit pour la résidence des autorités municipales. Le collège allait dominer la ville entière; on découvrait de sa position une grande partie du district fédéral de Colombie. Un plateau qui s'élève entre les embouchures du Tibre et du Roek- River fut réservé pour l'université, et le jardin botanique dut occuper un terrain situé au pied du Capitole. Le gouvernement s'installa à Washington en 1800. Ce lieu des séances du congrès fut d'abord partagé en deux édifices, l'un pour le Sénat, l'autre pour la Chambre des représentants ; ils ne lurent réunis que longtemps après par de nouvelles constructions. Les rues innombrables, tracées en forme d'échiquier à travers ce territoire, étaient encore inhabitées. Bientôt quelques groupes d'habitations se formèrent autour des établissements publics; d'autres étaient dispersées sur les hauteurs ou dans la plaine; et depuis- le Navy-Yard jusqu'à Georgetown, depuis les sommets du Kaloraina jusqu'aux rives du Potomac , on voyait des villages, des hameaux, des maisons isolées, s'élever comme les jalons d'une ville immense, dont l'achèvement était réservé k d'autres générations. Les sessions du congrès, le mouvement des affaires, le goût des voyages attirèrent tous les ans à Washington un nombreux concours de nationaux et d'étrangers, et cette affluence donnait par intermittence à la ville fédérale un caractère animé. Après une résidence de plusieurs mois, toute cette population flottante allait se disséminer sur lu vaste étendue des Etats-Unis et les rues où elle avait circulé redevenaient de longues solitudes. Cependant les quartiers situés entre le Capitole et la présidence reçurent quelques milliers d'habitants. Le Navy-Yard et le voisinage de Georgetown se peuplèrent ensuite ; mais partout ailleurs - les progrès furent moins sensibles et l'enceinte de la ville fédérale devait renfermer encore longtemps des terres vagues, des champs couverts de moissons , des pâturages où les troupeaux erraient en liberté. En avril 1814, une flotte anglaise amena dans le Chesapeake le général Ross avec 5,000 hommes. Cette armée, débarquée à Patuxent, marcha sur Washington, rencontra sur sa route les

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milices de Bladensburg, qu'elle mit en déroute, s'empara de la capitale fédérale et brûla le Capitole, ainsi que le palais du président et d'autres édifices publics. On les reconstruisit depuis -la paix avec encore plus de luxe. Bien que depuis cette époque la population de la ville se soit considérablement augmentée, elle est encore très-clairsemée sur un immense espace. 11 y a moins de vingt ans, Washington n'avait pas un égout et les immondices n'étaient enlevées que par les-eaux de pluie ou par leur écoulement naturel. En 1873, il y existait des égouts sur une longueur de 70 milles. L'ancien canal, qui a été si longtemps une honte pour la ville, a été comblé. Depuis quelques années on s'est beaucoup oeccupé d'embellir la cité et de faire disparaître l'aspect attristant des rues immenses, énormément larges et insuffisamment bordées de maisons. Dans ce but, on a rétréci la voie ouverte aux voitures, de manière k pouvoir la paver, et on a consacré le surplus, au delà des trottoirs, à des jardins entretenus à peu de frais par les propriétaires riverains. Grâce à ces travaux, ce qui n'était qu'une vaste solitude est devenu le plus bel ornement des rues et des avenues, coupées, en outre, par de nombreux squares. Enfin, on a approprié les espaces libres formés par l'intersection des rues en petites places ornées de fontaines, de statues, et plantées d'arbres d'essences variées, pour éviter la monotonie de l'aspect. En 1S73, tes rues de Washington avaient été pavées sutune étendue de 70 milles, et on avait fait en briques et en béton 90 milles de trottoirs.

Le principal monument de la ville est le Capitole, qui marque le point par lequel les géographes américains font passer leur méridien. ■ Le Capitole, dit J.-J. Ampère, est un monument remarquable. Bien placé sur une petite hauteur, il domine le cours du fleuve et une vaste plaine terminée par quelques collines. Du côté opposé à la ville sont placées quelques sculptures de mérites divers : l'Amérique découverte par Colomb, et qui, comme on l'a dit assez plaisamment, est apparemment découverte parce qu'elle est nue; une statue de Washington, de M. Greenough. Le dôme central du Capitole me parait trop surbaissé, trop écrasé pour l'étendue des bâtiments latéraux. La salle intérieure placée sous la coupole est très-belle. D'un côté siège la Chambre des représentants, de l'autre le Sénat. Les colonnes du vestibule qui conduit k cette dernière assemblée offrent une tentative singulière et assez gracieuse d'architecture indigène; elles figurent des tiges de maïs groupées en faisceaa. Les chapiteaux sont formés d'épis et de feuilles de la même plante. Non loin de là, on a employé, pour décorer d'autres colonnes, la feuille du tabac, qui produit un effet moins heureux. Au reste, il est naturel à l'architecture d'un pays d'emprunter des décorations à la végétation de ce pays. Seulement, il faut-tirer un bon parti da ces imitations de la nature locale et les employer avec goût. » A l'extrémité opposée de l'immense rue qui conduit au Capitole se trouve la demeure du président de la république, la Maison-Blanche, qui n'offre rien de remarquable. L'arsenal de la marine est un des plus beaux établissements en son genre qui existent. Au milieu de sa cour principale, une colonne roitiale a été érigée en l'honneur des marins américains morts dans un combat glorieux devant Alger. Les Anglais cherchèrent à la détruire ; elle porte encore les traces des coups de sabre dont ils l'ont frappée ; les Américains n'en ont effacé aucune, mais ils ont gravé sur la base du monument cette phrase sévère : Mutilé par tes Anglais en 1814. Le bâtiment de la direction générale des postes, en marbre blanc et de style antique, passe pour le plus bel édifice de la ville. Tout près de là est situé le colossal Patent-Office, avec un portique d'un développement pareil à celui du Parlhénon d'Athènes. Il renferme le cabinet d'histoire naturelle et le Muséum ethnographique de l'Institut national, ainsi qu'une remarquable collection de modèles.

WASHINGTON (territoire indivision politique des Etats-Unis d'Amérique. Il occupe l'angle N.-O. de la république, et s étend du 49e degré de latitude, limite qui le répare au N. des possessions britanniques, jusqu'au 42e au S., où la Columbia le sépare du territoire de l'Orégon. A l'E., la grande chaîne des montagnes Rocheuses détermine sa limite avec PEtat de Nebraska, tandis qu'à l'O. il est baigné par l'océan Pacifique. Pop., 20,000 hab. ; superf., 327,700 kilom. carres. Capitale, Olympia. Ses côtes sont hautes, escarpées, très-découpées, surtout vers le N.-O., k partir du cap Flattery, où elles présentent, sur le détroit de Juan-de-Fuca et sur le golfe de Géorgie, des golfes profonds qui rappellent les iutet des terres arctiques, et de belles baies; telles sont celles d'Olympia et de .Steilacoom, et plus au S. sur l'Océan, celles de Gray et Shoalwater.

Au point de vue physique, le territoire rie Washington se distingue en deux régions distinctes. La région occidentale ou maritime, comprise entre la chaîne des monts Cascades et lu mer, est très-montagneuse et accidentée, et n'offre pas de grandes plaines, mais bien de profondes vallées dans lesquelles serpentent des rivières torrentueuses et peu navigables, affluents de droite de la Colum-

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t>ta, ou se rendant directement à l'Océan, comme le Gray-River, et dsins les intet du détroit de Juan-de-Fucu, comme la Shaqunlmie ou le Taxpun. A l'ungle N.-O. de cette région s'élève le massif du mont Olympe, et au S.-E., dans les monts Cascades, les pics Ramier, Sainte-Hélène et Adam. Le climat de cette région est âpre et froid. C'est cependant jusqu'à présent la seule où il y ait quelques établissements. L'autre région, ou région orientale, s'étend des monts Cascades aux montagnes Rocheuses; elle présente d'immenses prairies et de vastes solitudes, qui forment le bassin de la Columbia. Les ressources de ce territoire sont nombreuses. Il possède d'immenses forêts de cèdres, de sapins et de pins qui s'élèvent k des hauteurs prodigieuses, Son sol est riche et capable de produire d'excellentes récoltes.

■ Le territoire do Washington a été formé, en 1856, d'un démembrement de celui de l'Orégon. Les premiers colons qui vinrent s'établir dans ce pays appartenaient aux grandes compagnies anglaises et américaines pour l'exploitation des fourrures. Ils y trouvèrent les Indiens vivant du produit de leur chasse ou de leur pêche, et établirent avec eux des relations d'échange. Astoria, le fort Vancouver, sur l'ûrégon, devinrent leurs points de ralliement. Depuis 1846, l'es* prit colonisateur des Anglo-Américains s'est porté dans cette direction, et le pays en a reçu une vie toute nouvelle.

WASHINGTON, viite des Etats-Unis (Pensylvunie), ch.-l. de comté, à 40 kilom. S.-U. de Pittsburg ; 4,000 hab. Ecole de médecine.

WASHINGTON (George), l'un des fondateurs de la république américaine, dont il fut le premier président, né dans la propriété de son père sur le Bridges-Creek, eu Virginie, le 22 février 1732, mort à Mont-Vernon, également en-Virginie, le 14 décembre 1799. Il appartenait a une ancienne famille anglaise, dont l'origine remonte à l'invasion de Guillaume le Conquérant.

Peu de temps après la naissance de George, son père transporta sa résidence sur les bords du Rappahannock, où l'enfant reçut sa première éducation, plutôt physique et morale que scientifique. Il n'apprit ni les langues anciennes, ni d autre langue vivante que l'anglais. Cette éducation purement élémentaire se compléta par les enseignements de la réalité extérieure. En 1743, te père de Washington mourut, laissant des propriétés territoriales immenses, dans lesquelles George Washington eut pour sa part la maison et les terres du Rappahannock. Dans la maison de son frère Laurent, devenu en quelque sorte son tuteur, il se lia avec lord Thomas Fairfax, propriétaire d'un immense domaine compris entre le Rappahunnock et le Polomac jusqu'aux Alieghanies. Lord Fairfax, l'ayant pris en amitié, le chargea d'aller lever le plan de la partie encore inexplorée de ses propriétés, située au delà des montagnes Bleues. Dans ce but, George partit en mars 1748 et pénétra dans la vallée de la Shenandoah, qu'il parcourut dans toute son étendue. Charmé de son rapport, lord Fairfax alla s'établir dans la partie explorée par Washington, et le fit nommer arpenteur public, fonctions que le jeune homme exerça pendant trois années. A dix-neuf ans, il fut nommé un des adjudants généraux des milices de Virginie et reçut deux ans plus tard la mission aventureuse d'aller porter aux Fiançais établis sur l'Ohio la sommation de se retirer. Dans ce voyage à travers des déserts, on le vit déployer la froide audace, l'énergie physique et morale des plus intrépides pionniers, et cet esprit d'aventure, côté romanesque du caractère d'ailleurs si positif des Américains. En même temps, la lutte pour les limites entre les Français et les Anglais fut pour lui l'occasion de développer ses qualités innées pour la guerre et le commandement. Retiré du service en 1758, avec le grade de major, il entra dans rassemblée représentative de l'Etat de Virginie, en même temps que la mort de son frère aîné lé rendait un des riches propriétaires de la contrée. Au moment île la rupture avec l'Angleterre, il fut nommé par le congrès de Philadelphie général en chef des troupes américaines (1775). Il n'était pas encore question d'indépendance dans les conseils du peuple américain ; cette assemblée, qui levait des ai niées, qui refusait de se soumettre aux nouvelles taxes, qui combattait les troupes anglaises et méditait l'invasion du Canada, continuait cependant à protester de sa fidélité envers le roi et la mère patrie, et demandait seulement que les Américains fussent traités non pas en tils- mineurs, mais en frères. Ce peuple ne songeait nullement d'abord a la république, et il n'y fut précipité que par le despotisme de la métropole; il nebrisa le joug que parce qu'on refusait tie l'alléger. 11 eut le bonheur de rencontrer à ce moment solennel de son histoire le chef, l'uniié vivante, qui convenait à sa situuko i et qui représentait le plus fidèlement son génie, son caractère, ses sentiments et ses idées. Une haute raison pratique, une activité constante, une volonté calme et forte, la probité, la droiture et la pureté d'intentions, tels sont en effet les principaux traits de la. physionomie du libérateur de l'Amérique. Rien d'impétueux ni d'excessif en lui ; il n'eut point les élans de la passion, les ar-

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deurs de l'enthousiasme; mais il n'en connut pas non plus les écarts. Appelé à être le libérateur, le héros et le législateur de son pays, s'il n'eut point les caractères grandioses et l'inspiration des fondateurs de sociétés primitives, il n'eut point non plus leur personnalité absorbante et despotique; assez grand pour son œuvre, doué d'assez de modération pour ne la dépasser dans aucun sens, image idéalisée, mais fidèle, du peuple américain, il suffit à cette révolution, qui réclamait plutôt la persévérance, la raison et la volonté que les puissantes inspirations du génie, dont la poésie et l'éclat ne compensent pus toujours les dangers. Revêtu du commandement militaire, Washington accepta avec ce profond sentiment d'abnégation, de modestie et de confiance en la protection de Dieu pour les causes justes, qui reparut en lui dans toutes les grandes circonstances de sa vie. Dès ce moment, jusqu'à la tin du siècle, c'est par lui que vécut l'Amérique. L'insurrection avait déjà fait ses preuves dans divers combats; elle tenait alors la campagne et bloquait dans Boston l'armée anglaise. Mais ces premiers résultats menaçaient de s'évanouir faute d'organisation. Un fantôme de gouvernement; une armée de 14,000 hommes à peine, composée de miliciens qui ne s'engageaient que pour un an et se dissolvant par le départ des uns à mesure qu'elle se formait par l'arrivés des autres ; le manque d'armes, de vivres, d'artillerie, d'ingénieurs, d'argent et de munitions, telle était la situation à laquelle Washington dut faire face. A force d'habileté et de constance, il parvint à donner une meilleure organisation à l'armée, et, par un mélange de prudence et de résolution, sut tenir en échec un ennemi supérieur en forces, contraignit le général Howe à évacuer Boston en même temps qu'il inquiétait la navigation anglaise par l'armement de nombreux corsaires. L'approche de nouvelles forces britanniques, loin d'abattre le courage des colons, détermina la proclamation de l'indépendance, qui eut lieu le 4 juillet 1776. La guerre se continua avec des alternatives de succès et de revers, et la position de Washington fut souvent en péril ou milieu des difficultés dont il était enveloppé; le vice des gouvernements fédératifs faillit plus d'une fois compromettre la cause de l'indépendance ; chaque Etat cherchait à se soustraire aux charges communes, et le sentiment de la liberté individuelle qui avait été le principe actif de l'insurrection devenait celui de l'anarchie. Mais la prudence, le talent et la persévérance du général en chef, sa confiance inaltérable dans le triomphe définitif de la cause américaine maintenaient la balance égale et laissaient à la nouvelle république le temps de s'organiser et de s'affermir. Sa tâche devint surtout difficile lorsque les Anglais, renonçant à dompter directement la résistance énergique des Etats du Nord, voulurent frapper l'Union au cœur parl'attaque de New-York, de Philadelphie et l'envahissement des provinces du cenire. Après de vains efforts pour couvrir ces points importants, il se replia tour à tour derrière la, Delawareet derrière l'Hudson,et sut tenir l'ennemi en échec jusqu'au jour où, parvenu à créer une véritable arméo et soutenu par les armes de la France, il put frapper des coups décisifs. C'est alors qu eut lieu la marche savante sur York-Town et le siège de cette ville, où le général anglais Cornwallis fut fait prisonnier avec son armée (1781). Depuis cet événement, les troupes anglaises, resserrées au nord dans New- York et au sud. dans Charlestown, furent hors d'état de rien entreprendre de sérieux, et la paix fut signée à Versailles, le 20 janvier 1783 ; l'indépendance des Etats-Unis de l'Amérique du Nord fut solennellement reconnue par l'Angleterre, Vint ensuite pour Washington l'épreuve fatale à tous les grands hommes : la rentrée dans la vie commune après le triomphe. Nul n'en sortit jamais plus pur que lui. Son génie peut-être n'était pas assez ardent pour l'enivrer lui-même; mais en tous eus son âme était trop grande pour se laisser dominer par l'ambition personnelle. Il réprima les projets de quelques insensés qui avaient rêvé pour lui la suprême puissance, licencia son armée, remit l'état justifié des sommes qu'il avait employées pendant sa dictature, se démit de ses pouvoirs dans le sein du congrès, et accepta pour toute récompense de ses services l'exemption de la taxe des lettres. Rentré dans son domaine de Mont-Vernon, livré de nouveau à la vie saine et morale de l'agriculteur, il n'aspirait qu'à jouir en paix de la liberté glorieuse conquise par ses armes. Mais sa lâche n'était pas achevée; après avoir délivré sa patrie, il fallait la constituer; déchirée par esprit d'individualisme et de morcellement, elle semblait près de périr. Député presque malgré lui par l'assemblée de la Virginie à la convention chargée de corriger l'acte fédéral, Washington prit une grande part à la rédaction de la constitution, fut nommé à l'unanimité président de l'Union (1789) et ouvrit solennellement eu cette qualité l'ère de la république américaine. Quatre ans après, il fut réélude nouveau (1793); mais, après les huit années de sa double présidence, il annonça la volonté formelle de rentrer pour toujours dans la vie privée. Cette sorte d'abdication est une des plus grandes choses qu'il ait faites pour la consolidation de la ré-

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publique, car elle a. rendu moralement impossible à tout chef de l'Etat d'aspirer désormais à un plus long exercice du pouvoir que celui auquel a cru devoir se borner celui qui a été considéré comme le père de la patrie. Pendant son administration, il eut à fonder la politique extérieure et intérieure, fit des efforts fructueux pour resserrer de plus en plus l'union fédérale, et augmenta la prospérité des Etats-Unis dans une progression sans exemple. Toutefois, il perdit un peu de sa popularité en abandonnant la France dans la lutte qu'elle soutenait pour la liberté du monde ; la neutralité qu'il maintint en cette occasion n'était pas seulement de l'ingratitude après le secours généreux que l'Amérique avait reçu de cette nation, c'était encore l'oubli du principe de solidarité qui unit les nations libres. Mais quelque grande que fût l'âme de Washington, son génie était trop américain pour s'abandonner aux aspirations héroïques de l'en-, thousiasme pour une cause qu'il eroyait étrangère à celle de son pays. Il mourut dans sa retraite de Mont-Vernon le 14 décembre 1799. Tous les citoyens portèrent son deuil pendant un mois, de grands honneurs furent rendus à sa mémoire, et la ville fédérale prit son nom. Une grande pensée avait occupé les dernières années de sa vie et avait été l'objet de ses longs entretiens avec La Fayette et Jefferson, la question de l'esclavage. Il réalisa, ses idées sur ce point dans la limite de son pouvoir, en affranchissant à sa mort les nègres de ses domaines. Bonaparte, alors premier consul, crut utile à sa politique de faire porter le deuil du grand citoyen américain pur tous les fonctionnaires de la République française et da faire prononcer son éloge funèbre par Fontanes. Le 18 pluviôse un VIII (17 février 1800), il adressa à l'armée l'ordre du jour suivant :

< Washington est mort. Ce grand homme s'est battu contre la tyrannie; il a consolidé la liberté de sa patrie ; sa mémoire sera toujours chère au peuple français comme à tous les hommes libres des deux inondes, et spécialement aux soldats français qui, comme lui et les soldats américains, se battent pour l'égalité et la liberté. En conséquence, le premier consul ordonne que, pendant dix jours, des crêpes noirs seront suspendus à tous les drapeaux et guidons des troupes de la République. »

Un des jugements les plus curieux et les moins connus sur Washington est celui qui fut porté par son successeur Je plus illustre, Thomas Jefferson; nous avons pensé qu'il était de notre devoir de traduire cette pièce remnrquable et de la mettre tout au long sous les yeux de nos lecteurs. Elle est extraite d'une longue lettre adressée au docteur Walter Jones et datée de Montieello, le 2 janvier 1824.

« Je crois, dit Jefferson, avoir connu le général Washington intimement et à fond, et si j'étais appelé à tracer son caractère, voici à peu près comme je le ferais.

» Son esprit était vaste et puissant sans être pourtant de premier ordre. Sa pénétration était grande, quoiqu'elle ne fût pas aussi vive que celle d'un Newton, d'un Bacon ou d'un Locke, et, d'après ce que j'ai vu, il n'a jamais existé de jugement plus solide que le sien. Il était lent dans ses opérations, ear l'invention et l'imagination lui étaient de peu de secours, mais ses conclusions étaient sûres. Aussi ses officiers ont-ils tous remarqué combien il tirait d'avantage des conseils de guerre où, après avoir écouté toutes les opinions, il choisissait toujours la meilleure, et certainement aucun général n'a plus judicieusement combiné ses plans de bataille. Mais si ce plan était dérangé pendant l'action, et que des circonstances impérieuses vinssent en contrarier quelque partie, il était fort lent à le rajuster; aussi lui arriva-t-il souvent d'échouer sur le champ de bataille, et rarement quand il eut à agir contre un ennemi retranché dans sa position, comme à Boston, à York, par exemple. Il était inaccessible à la crainte, affrontant personnellement le danger avec la plus calme indifférence. Peut-être la prudence était-elle le trait le plus prononcé de son caractère. 11 n'agissait jamais avant d'avoir pesé mûrement toutes les circonstances et toutes les considérations , s'arrêtant s'il lui restait quelque doute ; mais, dès qu'une fois sa résolution était prise, allant à son but à travers tous les obstacles. Son intégrité était la plus pure, sa justice la plus inflexible que j'aie jamais connue ; aucun motif d'intérêt ou de parenté, d'amitié ou de haine, n'a jamais été capable de faire fléchir ses décisions. Il était bien réellement, dans toute l'étendue de ces expressions, un sage, un homme bon et un grand homme. Sa constitution était naturellement irritable et fortement tendue; mais ses réflexions et une volonté forte lui avaient fait acquérir sur "cette disposition un empire habituel et constant. Si par extraordinaire, cependant, il lui arrivait de sortir de ses bornes habituelles, sa colère avait quelque chose d'effrayant. Il était honorable, mais exact dans ses dépenses; contribuant libéralement à tout ce qui avait un but utile, nmis opposant son animadversion et ses refus à tous les projets chimériques, à tous les appels faits à sa charité pour des objets qui n'en étaient pas dignes. Son cœur n'était pas chaud dans ses affections; mais il calculait

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exactement le mérite do chacun, et lui accordait ensuite une estime solide et proportionnée à ce qu'il valait. Vous savez que sa personne était belle, sa stature magnifique, son port droit, sa déinarehe aisée et noble. C'était le meillleur écuyer de son temps, et il avait à cet exercice l'extérieur le plus gracieux qu'il soit possible de voir. Il prenait peu de part à la conversation, même dans un cercle d'amis, où il aurait pu Se livrer sans réserve ; ses talents en ce genre étaient médiocres, car il n'avait ni abondance d'idées, ni facilité d'éiocutiou. Quand il était obligé d'exposer son opinion en public, sans avoir eu le temps de se préparer, il s'exprimait péniblement, en peu de mots et avec une sorte d'embarras. Cependant il écrivait avec facilité, d'une manière un peu diffuse, mais d'un style aisé et correct; cest un talent que lui avait donné l'usage du monde, car son éducation première s'était bornée à la lecture, à l'écriture et à l'arithmétique élémentaire, à laquelle plus tard il avait ajouté l'arpentage. Son temps s'était principalement consacré à l'action ; il lisait peu, se bornant à l'histoire d'Angleterre et aux ouvrages d'agriculture. Sa correspondance avait nécessairement pris une grande extension ; eile occupait, avec le journal de ses opérations agricoles, la plus grande partie de ses loisirs à l'intérieur. En somme, son caractère pris en tuasse était parfait, n'offrant aucune partie vicieuse et bien peu de médiocres, et on peut affirmer avec assurance que jamais la nature et la fortune n'ont plus heureusement concouru k faire un. grand homme et à le placer au rang le plus élevé que puissent occuper dans la mémoire du genre humain ceux dont les services ont mérité leur éternelle reconnaissance. Il eut, en effet, le mérite et la destinée singulière de commander les armées de son pays durant toutes les vicissitudes d'une guerre difficile, dont l'indépendance de la nation fut le prix; de diriger ses conseils pendant les premières heures d'un gouvernement nouveau dans sa forme et dans ses principes, jusqu'à ce que ses institutions eurent pris une assiette stable et régulière, et d'observer pendant toute sa carrière civile et militaire un respect si religieux pour les lois que l'histoire du monde n'en offre pas un autre exemple.

« Je ne vois pas ee qu'il peut y avoir de périlleux ou do délicat dans l'apologie d'un tel homme. Je suis persuadé que l'immense majorité dos républicains a de lui la même opinion que moi. Il est vrai que la ratification du traité avec l'Angleterre nous inspira quelque mécontentement, mais cette impression ne fut pas durable; nous connaissions son intégrité, et de quelles manœuvres astucieuses il était entouré ; nous savions que l'âge avait déjà amolli la fermeté première de ses résolutions, et je suis persuadé qu'il y a plus de sincérité dans l'amour et la gratitude que lui portent les républicains que dans l'hommage hypocrite (pharisaïcal) des monarchistes; car jamais, dans son jugement, la monarchie n'a obtenu la préférence; lu solidité de son esprit lui donnait, au contraire, une idée exacte des droits de l'homme, et sa sévère justice en faisait un défenseur dévoué de ces droits. Il a souvent affirmé qu'il considérait notre nouvelle constitution comme une expérience sur la possibilité de mettre en pratique le gouvernement républicain, et sur la liberté que l'on pouvait accorder à l'homme dans son propre intérêt. Il ajoutait qu'il était résolu d'assurer à cette expérience toutes les chances désirables, et qu'il verserait jusqu'à la dernière goutte de son sang pour la protéger. Il me répéta cette protestation d'autant plus souvent et d'une manière d'autant plus précise, qu'il savait combien les vues du colonel Hamilton m'étaient suspectes et qu'il l'avait probablement eniendu comme moi déclarer « que la constitution anglaise, avec sa représentation iné- »gale, la corruption, les autres abus qu'on y

• signale, est le gouvernement le plus parfait

• qui ait jamais existé sur la terre, et que la

• réforme de ces mêmes abus eu ferait un

• gouvernement impraticable. »

• Je ne crois pas que le général Washington ait eu une confiance 'bien ferme dans la durée de notre constitution. Il était naturellement peu confiant dans les hommes et disposé aux appréhensions sinistres, et j'ai été persuadé que l'opinion que nous devions finir par quelque chose d'analogue à la constitution anglaise a contribué en quelque chose à lui faire adopter les cérémonies des levers, des jours de naissance, des cérémonies d apparat où il se rendait au congrès, et de toutes les formes de cette espèce, qui semblaient combinées de manière à nous préparer graduellement à uu changement qu'il croyait possible, et à ménager en ce cas à l'esprit public une plus douce transition.

» Telle est mon opinion sur le général Washington, opinion qui est le résultatd'une, liaison de trente années. A sa mort, j'ai douloureusement ressenti, comme tous nos concitoyens, « qu'un grand homme avait péri ce •jour- là en Israël. »

Dans une étude publiée en 18Î7, dans le Globe, Chateaubriand a fait un intéressant parallèle entre Washington et Bonaparte.

Nous nous bornerons à en détacher le passage suivant :

« Si l'on compare Washington k Bona-

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parte, homme à homme, !6 premier semble d'un vol moins élevé que celui du second. Washington n'appartient pus, comme Bonaparte, à cette race des Alexandre et des César qui dépasse la stuture de l'espèce humaine. Rien d'étonnant ne s'attache k sa personne; il n'est point placé sur un vaste théâtre; il n'est point aux prises avec les plus habiles capitaines et les plus puissants monarques de son temps; il ne traverse point les mers; il ne court point de Memphis à Vienne, et de Cadix k Moscou; il se défend avec une poignée de citoyens, sur une terre sans souvenirs et sans célébrité, dans le cercle étroit des foyers domestiques. Il ne ltvre point de ces combats qui renouvellent les triomphes sanglants' d'Arbelles et de Pharsale; il ne renverse point les trônes pour en composer d'autres avec leurs débris; il ne met point le pied sur le cou des rois; il ne leur fait point dire, sous le vestibule de son palais, Qu'ils se font trop attendre et qu'Attila s'ennuie.

Quelque chose de silencieux enveloppe les actions de Washington; il agit avec lenteur; on dirait qu'il se sent le mandataire de la liberté de 1 avenir et qu'if crninc de la compromettre. Ce ne sont point ses destinées que porte ce héros d'une nouvelle espèce, ce sont celles de son pays ; il ne se permet pas de jouer ce qui ne lui appartient pas. Mais de Cette profonde obscurité que de lumière va jailirl Cherchez les bois inconnus où brilla J'épée de Washington. Qu'y trouverez-vous ? Des tombeaux? Non, un monde ! Washington a laissé les Etais-Unis pour trophée sur son champ de bataille. >

Washington (VIB, CORRESPONDANCE ET KCRITS mi) publics d'après l'édiliuii américaine et précédés il une introduction sur I luflUGuce et lo caractère tle Washington lia il» la révolution des Etats- Unis d'Amérique, par M. Guizot (Paris, 1840, 4 vol. in-S°). Dans une vaste introduction placée en tète de son œuvre, l'auteur a exposé ses idées sur Washington et sur les Etats-Unis. Cette introduction est au premier rang parmi les publictStions du ministre et de l'historien, et passera à ce titre k la postérité. ■ Deux choses, dit-il au début, grandes et difficiles, sont de devoir pour l'homme et peuvent devenir sa gloire : supponer le malheur et s'y résigner avec fermeté; croire au bien et s'y confier avec persévérance.

• Il y a un spectacle aussi beau et non moins salutaire que celui d'un homme vertueux aux prises avec l'adversité : c'est le spectacle d'un homme vertueux k la tête d une bonne cause et assurant son triomphe.

• Si jamais cause fut juste et eut droit au succès, c'est celle des colonies anglaises insurgées pour devenir les Etats-Unis d'Amérique. La résistance précéda pour elles l'insurrection. Leur résistance était fondée en droit historique et sur des faits, en droit rationnel et sur des idées.

• C'est l'honneur de l'Angleterre, d'avoir déposé dans le berceau de ses colonies le germe de leur liberté. Presque toutes, à leur fondation ou peu après, reçurent des chartes qui conféraient aux colons les franchises de la mère patrie.

• Kl ces chartes n'étaient point un vain leurre, une lettre morte, car elles établissaient ou admettaient des institutions puissantes qui provoquaient les colons à défendre leurs libertés et k contrôler le pouvoir en le partageant : le vote des subsides, l'élection des grands conseils publics, le jugement par jurés, le droit de se réunir et de s'entretenir des affaires communes. Aussi l'histoire de ces colonies n'est-eile que le développement pratique et laborieux de l'esprit de liberté grandissant sons le drapeau des lois et des traditions du pays. On dirait l'histoire de l'Angleterre elle-même. »

Les colons d'Amérique, ainsi élevés à l'école de la liberté, avaient en outre des croyances évangéliques qui les disposaient merveilleusement à l'indépendance. De plus, l'esprit du xvme siècle avait soufflé sur eux. « On sait, dit M. Guizot, commentai! xvmc siècle, poussée par le'progrèsde la richesse, de la population, de toutes les forces sociales et aussi par le cours mystérieux de sa propre activité, la pensée humaine tenta la conquête du monde. Les sciences politiques prirent leur essor, et au-dessus des sciences l'esprit philosophique, superbe, iusatiab:e, aspirant a pénétrer et k régler toutes choses. Sans emportement, sans secousse, plutôt en suivant sa pente qu'en se jetant dans des voies nouvelles, l'Amérique anglaise entra dans ce grand mouvement. Les idées philosophiques vinrent s'y associer aux croyances religieuses, les conquêtes de la raison aux possessions de la foi, les droits de l'homme à ceux du chrétien. Dans l'Amérique anglaise, et dés l'origine, trois pouvoirs étaient juxtaposés : la couronne, les propriétaires fondateurs et la mère patrie. La couronne, c'était le principe monarchique, principe issu des idées ecclésiastiques et des idées césariennes. Les propriétaires, c'était le droit féodal qui attache la souveraineté politique k la possession de la terre. La mère pairie, c'était la domination historique du pays dont les colonies étaient issues. • Ici M. Ciuizot fait l'historique des institutions de la métropole et de ses rapports avec les colonies d'Ame-

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rique, depuis leur fondation jusqu'à la guerre de l'Indépendance.

Les Américains n'avaient pasen vie de se révolter. Franklin s'en défend jusqu'au dernier moment. En 1775, Washington écrit encore au capitaine Mackëusie : " On vous enseigne à croire que le peuple du Massachusetts est un peuple de rebelles soulevés pour l'indépendance , et que sais-je ? Permettez-moi de vous dire, mon bon ami, que voua êtes trompé, grossièrement trompé... Je puis vous attester comme un fait que l'indépendance n'est ni le vcou, ni l'intérêt de cette colonie, ni d'aucune autre sur le continent, séparément ou collectivement. Mais, en même temps, vous pouvez compter qu'aucune d'elles ne se soumettra jamais k la perte de ces privilèges, de ces droits précieux qui sont essentiels au bonheur de tout Etat libre et sans lesquels la liberté, la propriété, la vie sont dépourvues de toute sécurité. >

M. Guizot trace à grands traits l'histoire de la guerre des colonies d'Amérique contre l'Angleterre, et, comme il excelle dans le portrait, il essaye de nous donner celui de Washington : « Il était planteur, dit-il, de famille et de goût, et voué à ces intérêts, aces habitudes, k celte vie agricole qui faisaient la vigueur de la société américaine. Cinquante ans plus tard, Jefferson, pour justifier sa confiance dans l'organisation absolument démocratique de cette société, disait : « Notre confiance ne peut nous tromper

• aussi longtemps que nous demeurerons ver-

• tucux, et nous le serons aussi longtemps que «l'agriculture sera notre principale affaire. » Dès l'âge de vingt ans, Washington considérait l'agriculture comme sa principale affaire, vivant ainsi en intime sympathie avec les dispositions dominantes, les bonnes et fortes mœurs de son pays.

• Les voyages, la chasse, l'exploration des terres lointaines, les relations amicales ou hostiles avec les Indiens des frontières furent les plaisirs de sa jeunesse. Il était de ce tempérament actif et hardi qui se complaît dans les aventures et les périls que suscite h l'homme la nature grande et sauvage. 11 avait la force de corps, la persévérance et la présence d'esprit qui en font triompher.

» II en ressentait même à son début dans la vie une confiance un peu présomptueuse. ■ Je puis affirmer que je possède une constitution assez robuste pour supporter les plus •.rudes épreuves, et assez de résolution, je

• m'en flatte, pour affronter tout ce que peut

• oser un homme. »

• A ce naturel, la guerre devait convenir bien mieux encore que la chasse ou les voyages. Dès que l'occasion s'en offrit, il s'y porta avec cette ardeur qui, au début de la vie, ne révèle pas toujours la capacité aussi bien que le goût. En 1754, le roi George III se faisait lire, dit-on, une dépèche qu'avait transmise k Londres le gouvernement de la Virginie et où le jeune major Washington terminait le récit de son premier combat par cette phrase : «J'ai entendu siffler les bou- «letsjily a dans ce son quelque chose de » charmant. — Il n'en parlerait pas de la sorte,

• dit le roi, s'il en avait entendu beaucoup. • Washington était de l'avis du roi ; car 4orsque le major de la milice virgtnienne fut devenu général en chef des Etals-Unis, quelqu'un lui demandant s'il était vrai qu'il eût tenu ce propos : • Si je l'ai tenu, dit-il, c'est

• que j'étais bien jeune. •

• Mais sa jeune ardeur, en même temps sérieuse et sereine, avait l'autorité de l'âge mûr. Dès le premier jour, il aimait dans la guerre, bien au-dessous du plaisir du combat, ce grand emploi de l'intelligence et de la volonté armées de la force pour un beau dessein, ce mélange puissant d'action humaine et de fortune , qui saisit et transporta le3 âmes les plus hautes comme les plus simples. Né dans les premiers rangs de Ja société coloniale, élevé dans les écoles publiques, au milieu de Ses compatriotes, il arrivait naturellement à leur tête, car il était k la fois leur supérieur et leur pareil, formé aux mêmes habitudes, habile aux mêmes exercices, étranger comme eux à toute instruction élégante, à toute prétention savante, et ne demandant rien pour lui-même, employant pour le service public cet ascendant qu'un esprit pénétrant et sensé, un caractère énergique et calme assurent toujours dans une situation désintéressée.

• En 1754, il entre àpeine dans la société et dans la carrière des armes. C'est un officier de vingt-deux ans qui conduit des bataillons de milice ou correspond avec le représentant du roi d'Angleterre. Ni l'une ni l'autre relation ne l'embarrasse. II aime ses compagnons, il respecte le roi et le gouvernement; mais ni l'affection ni le respect n'altèrent l'indépendance de son 'jugement et de sa conduite; il sait, il voit, avec un admirable instinct d'action et de commandement, par quels moyens, à quelles conditions on peut réussir dans ce qu'il entreprend pour le compte du roi et du pays, et ces conditions, ces moyens, il les demande, il les impose: à ses soldats, s'il s'agit de discipline, d'exactitude et d'activité dans le service; au gouverneur, si la question porte sur la solde des troupes, sur les approvisionnements, sur le choix des officiers. Partout, soit que ses idées et ses paroles montent vers le supérieur auquel il rend compte, ou descendent vers les subordonnés qui lui obéissent, elles

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sont également nettes, pratiques, décisives, également empreintes de cet empire que donnent la vérité et la nécessité k l'homme qui Se présente en leur nom.

» Washington est, dès cette époque, le re-

Présentant Adèle et supérieur de son pays, homme qui le comprendra et le servira le mieux, qu'il s'agisse de traiter ou de combattre pour lui, de le défendre ou de le gouverner. PourtantWashington n'avait pas ces qua ités brillantes, extraordinaires, qui frappent, au premier aspect, l'imagination humaine. Ce n'était point un de ces génies ardents, pressés d'éclater, entraînés par la grandeur de leur pensée ou de leur passion, et qui répandent autour d'eux les richesses de leur nature avant même qu'au dehors aucune occasion, aucune nécessité en sollicitent l'emploi. Etran-

fer k toute agitation intérieure, à toute amition spontanée et superbe, Washington n'allait point au-devant des choses, n'aspirait point à l'admiration des hommes. Cet esprit si ferme, ce cœur si haut était profondément calme et modeste. Capable de s'élever au niveau de plus grandes destinées, il eût pu s'ignorer lui-même sans en souffrir et trouver dans la culture de ses terres la satisfaction de ses facultés puissantes qui devaient suffire au commandement des armées et à la fondation d'un gouvernement... Esprit admirablement libre, plutôt à force de justesse que par richesse et flexibilité, il ne recevait ses idées de personne, ne les adoptait en vertu d'aucun préjugé, mais en toute occasion les formait lui-même, par la vue simple ou l'étude attentive des faits, sans aucune entremise ni influence, toujours en rapport direct et personnel avec la réalité... Que l'occasion fût grande ou petite, les conséquences prochainesou éloignées, Washington, convaincu, n'hésitait jamais à se porter en avant, sur la foi de sa conviction. On eût dit, à sa résolution nette et tranquille, que c'était pour lui une chose naturelle de décider des affaires et d'en répondre, signe assuré d'un génie né pour gouverner; puissance admirable quand elle s'unit à un désintéressement consciencieux. •

Ce portrait restera et résume en quelque que sorte la vie de Washington en même temps que l'entreprise à laquelle il a attaché son nom.

Washington. Iconogr. Une statue de Washington a été exécutée d'après nature par notre célèbre sculpteur Houdon et a été placée dans la salle des séances du congrès américain. Canova a fait, pour la salle d'assemblée de la Caroline, une statue de marbre, représentant Washington en costume do général romain, assis, tenant de la main droite un style et appuyant la main gauche sur le haut d'une longue tablette où on lit ces mots ; « George Washington, au peuple des Etats-Unis, 1796. » C'est la première phrase de ia lettre d'abdication, i L'attitude, le motif général et l'aspect de celte statue, ' dit Quatremère, ont de la noblesse réunie k cette vérité de nature que devait exiger un portrait. L'habillement militaire du peuple qui a porté le plus haut et le plus loin la renommée de son génie dans l'art de la guerre était le seul que les convenances généralement reçues entre les gens de goût permettaient d'appliquer à la statue de l'homme qui, de plus d'une manière, rappelait k la mémoire quelques-uns des héros de la république romaine. ■ Nous ne sommes pas de l'avis de Quatremère au sujet de ce costume romain donné au fondateur de la liberté dans le nouveau monde ; aujourd'hui, les gens de goût rejettent les convenances... académiques et veulent qu'avant tout l'art soit de son temps L'œuvre de Canova a été gravée par T). Marchetti. David d'Angers, pendant un séjour qu'il fit en Amérique, exécuta une figure de Washington sur laquelle nous n'avons d'ailleurs aucune donnée. Une statue équestre en plâtre a été exposée au Salon de 1S59, k Paris, par M. Richard Greenough,et un buste colossal, par M. Henri Gros, a paru au Salon de 1876. Des portraits de Washington ont été gravés par W. Nutter (d'après C.-G. Stuart), J. Mac Ardell (d'après Arthur Pond), C'.-F.-A. Maeret, J.-K. Doit (I7SS), Noël Le Mire (d'après N. Le Paon), G. Longhi "(1817), P. ■&■ Bertonnier, N. Laugier (portrait en pied, d'après Léon Cogniet), W.-E. Marshall (Salon de 1865), etc. Paul Girardet a gravé une composition deLeutze, représentant Washington traversant la Uelaware, la veille de la bataille de l'renlon (Salon de 1S53). Une belle gravure en manière noire de M. Alexandre Richtie, qui a paru au Salon de 1S59, nous montra Wash* ïngton tenant conseil avec ses généraux, M. John-Lewis Brown a exposé en 1868 un tableau représentant Washington et le duc de Lauzwt décidant l'attaque de New-Glocester.

WASHINGTON (John), hydrographe anglais, né en 1795, mocten 1863. Il entra dans la marine, comme volontaire de première classe, en 1812, prit part, la même année et l'année suivante, à plusieurs opérations contre les Américains sur la rivière Chesapeake et lit, comme inidshipmaii, en 1814, le voyage du Groenland, à bord de la Sybitle, qui avait été envoyée avec la Princesse Caroline k la poursuite du commodore américain Rogers.

De retour en Angleterre, Washington entra au collège naval de Ponsiuouth. où il passa

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deux ans. Pendant les seize années qui suivirent, il fit différents voyages sur les côtes de l'Amérique du Nord et de l'Amérique du Sud, ainsi que dans la Méditerranée, et fut promu lieutenant en 1821 et commandant en 1833. Tout en s'acquittant des devoirs de sa profession, il s'était adonné avec ardeur aux études hydrographiques et géographiques.

Nommé , en 1835 , membre de la Société royale de Londres, il résigna, six ans plus tard, ces fonctions pour aller continuer la relèvement de la mer du Nord, qui avait été entrepris peu auparavant. De 1841 k 1843, il se livra a un examen minutieux de cetto mer entre le 52= degré de latitude et les côtes de Hollande et de Belgique, puis, plus au nord, dans la direction de la mer BattiquOj pour compléter l'ouvrage du capitaine Hevt'itt. En janvier 1845, il fut chargé d'étudier l'état des coul's d'eau, côtes et ports du Royaume-Uni, fut ensuite employé à l'amirauté dans la division des chemins de fer et des ports, et, en 1855, succéda à Francis Beanfort, comme hydrographe de l'amirauté. Il était, depuis 1845, membre de la Société royale de Londres, et faisait aussi partie do l'Académie des sciences de Copenhague et des Sociétés géographiques de Berlin et de Paris. Washington n'a publié k part aucun ouvrage, et les résultats de ses travaux particuliers sont consignés dans le Journal de la Société royale de géographie, où l'on trouve de lui les communications suivantes: Notice géographique sut V empire de Marne (tome lfr du Journal); Esquisses des progrès delà géo+ graphie et des travaux de la Société en 1857 et 185S; Description du Mandingue Mohammed -Sisuî (tome VIII); Analyses de t'ouurage de Huyel, intitulé le Kachmir et le royaume des Sikhs, et de celui de Jiaper, la Navigation et l'Astronomie nautique (tome X) ; Ana~ lyse de l'atlas de marine du gouvernement prussien (tome XIV).

Washington Lcrerl et Socrnfe Lcblnuc,

roman par Léon Gozlan, 1837. Cet ouvrage, publié d'abord dans la Jfevue de Paris, lit beaucoup de bruit lors de son apparition, parce qu'il traitait une question gravement controversée, l'éducation. Ce livre n'est pas un roman dans toute l'acception du mot.

L'intrigue est absorbée par une idée philosophique, qui rappelle celle dejacquesle Fataliste. L'auteur a rais en scène deux jeunes gens dominés le premier par son cœur, le second par son esprit, et fort peu soumis l'un et l'autre à la voix de cette philanthropie personnifiée dans la duc Levert. En les montrant en état constant de rébellion contre le duc, M. Léon Gozlan n'a été que l'interprète de cette vieille vérité, que les passions s'amusent desconseils de la raison, quand elles ne les méprisent pas, et l'anlipathie réciproque de ces deux jeunes gens n'est encore que le tableau de l'éternelle lutte de l'esprit et du cœur. Néanmoins l'auteur avertit son' lecteur « qu'il a moins prétendu être moraliste que peintre et que, s'il a ri de la philanthropie, c'est en la présentant sous les traits d'une exagération plus comique qu'odieuse et dont on peut tirer cette conclusion, c'est que toute la vertu de l'individu ne peut rien, ou presque rien, pour l'amélioration de l'espèce. C'est au gouvernement, ajoute l'auteur, qui est l'expression de la force et de ia volonté de tous, k faire le bien de tous. S il ne le fait pas, il n'y a qu'à te renverser, et cela se peut et cela se fait. Le seul philanthrope possible de nos jours, c'est le code. Soyez 1 ami de votre voisin et laissez le genre humain s'améliorer tout seul. Que l'homme soulage l'homme. •

Le duc Levert est un philosophe qui pensfl que tout serait bien si l'éducation, au lieu de vicier les instincts de l'homme, les combattait quelquefois etles perfectionnait toujours. Des Verriers, son beau-frère, est un égoïste, qui prouve que l'humanité se perfectionnera bien d'elle-même, si elle doit se perfectionner, et qu'il n'est pas besoin qu'on s'en occupe. Entre ces deux hommes se place un troisième type, type de vanité féminine, la duchesse Levert. Au moment où l'action s'engage, il vient de naître au duc Levert un gros garçon qu'il nomme Washington, ot, pour célébrer cet heureux événement, il fait retirer de l'hospice" des enfants trouvés un enfant déposé le même jour, enfant né dans une orgie, ainsi que l'atteste un papier déposé sur son berceau ; cet enfant reçoit lo nomdeSocrate Leblanc. Le duc, pour l'éducation de son fils, essaye tous les systèmes humanitaires, l'initie à tous ses projets d'amélioration, et, malgré tous ses efforts, il ne peut arriver à captiver l'esprit du jeune homme par la philanthropie. Socrate, élevé dans une sphère plus humble, réussit dans tout ce qu'il veut entreprendre mieux que Washington. Les jeunes gens ne se sont jamais vus, mais ils correspondent entre eux. Washington écrit k Socrate avec ses idées moitié mondaines et moitié philosophiques, et Socrate répond avec l'effervescence d'unenfant solitaire qui ne connaît d'autre mor.de que par son imagination ou les livres qu'il a entre les mains. Alors se noue fortement l'action du roman. Washington rencontre une jeune Anglaise, miss Alice, dont il devient amoureux et qu'il cherche U séduire; il raconte à Socrate toutes les phases du siège de la vertu de la tille d'Albion. En retour, Socrate lui fait part de ses amours avec une

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novice retirée dans un couvent où se trouve une jeune fille, sœur Mystique, qui l'aime uvec fureur, tandis qu'il ne se sent pour elle qu'une tendresse honnête et modérée.

Sur ces entrefaites l'âge étant arrivé, il est temps do songer à rétablissement des jeunes gens. Soerate va partir pour l'Angleterre, où il perfectionnera son éducation, tandis que Washington va conclure un beau mariage. Avant de se décider, le flls du due. va voir Alice au couvent où elle s'est retirée et trouve une lettre d'amour dans laquelle elle le sacrifie à un rival inconnu, auquel elle propose de l'accompagner en Angleterre. Furieux, il s'élance sur la route et là rencontre une voiture. Il provoque aveuglément' le jeune homme qu'elle renfermait et tous deux se tuent sons les yeux du duo et do des Verriers qui aecouraietitk bride abattue pour les séparer. Le duc serait arrivé à temps s'il ne s'était arrêté en route pour sauver une jeune' iille qui se noyait. 11 interpelle violemment des Verriers, qu'il accuse de ce malheur pour avoir servi de second à son neveu dans un autre duel. « Ces deux enfants vivraient encore, réponditfroiment son beau -frère, si vous n'aviez pas perdu de temps à sauver la jeune tille qui se noyait et si vous ne les eussiez pas fait connaître l'tfh k l'autre. Que vous avais-je conseillé?»

Le ton de <:e.t ouvrage est vif, animé, spirituel ; les chapitres où le duc est dupe de sa philanthropie sont fort curieux et très-amusants, sans toutefois ridiculiser l'amour de l'humanité. Impossible, en un mot, de soutenir avec plus de verve son paradoxe, car, il faut bien le dire, la thèse de M,. Léon Gozlan n'es.t pas autre chose. Prenons donc Washington Levert et Soerate Leblanc non comme un roman intéressant, mais comme une thèse philosophique erronée, et nous l'aurons jugé avec impartialité.

WASHINGTONITE s, f. (ona-zuin-kto-nite — de Washington, n. pr.j. Miner. Variété de craïtonite ou fer titane, analogue à l'ioménite, qui a été trouvée aux Ktats-Unis.

WASHITA, rivière des p;tats-Unis. Elle prend sa source dans l'Arkansas et est formée par trois branches qui se réunissent dans le comté de Montgoinery. La Washita se dirige vers le S.-E., puisversleS., traverse la Louisiane et se jette dans Ja rivière Rouge, après un cours d'environ 500 milles. Elle est navigable jusqu'à Camden pour les bateaux à vapeur.

WASH-STOCK. s. m. (ouâch-stok — de l'angl. to wash, laver; stock, billot). Techn. Machine k foulon.

WASILEWSK1 (Edmond) poète polonais, né à Rogozna (palatinat de Lublin) en 1814 , mort en 1846. Bien jeune encore, il vint avec ses parents habiter Cracovie, où il termina ses études, devint ensuite bibliothécaire du comte Wielopolski, puis retourna il Cracovie. Sans fortune, le jeune poète entra comme employéau bureau de la loterie de celte ville. En 1844, il se maria avec sa bien-année Haika, qu'il a chantée et célébrée dans ses Krakowiaki. Wasilewski eut d'elle un fils, dont la mort la plongea dans une profonde tristesse qui hâta sa fin. C'était un poète d'une imagination vive et d'une haute intelligence. Les tristes vicissitudes de sa vie irivée, ses précoces soucis, ses douleurs ont aissé une profonde empreinte dans son œuvre. Dans toutes ses productions poétiques on voit s'entremêler l'amère ironie, le doute, le désespoir, ta résignation d'un martyr et le blasphème du révolté. Son âme ardente se plaisait à se répandre dans de courtes pièces lyriques, dans des sonnets, des dithyrambes, etc. Ses rêveries, ses extases, son amour et ses malheurs sont reproduits dans sa vaste fantaisie intitulée : Dziecis SzaCit (Enfant de la Folie). Parfois, oubliant ses propres chagrins, il songeait à sa patrie opprimée et trouvait des accents pleins de puisssance et d'indignation pour flétrir l'oppresseur, pleins d'émotion et de tristesse pour raconter les luttes et les malheurs d'un peuple écrasé et toujours frémissant. C'est sous cette inspiration qu'il écrivit ses remarquables Krakowiaki {Cracoviens) , une de ses plus belles œuvres. Son poème intitulé Katedryna Wawelu frappe par la grandeur de la pensée, par la puissance des sentiments, par la chaleur du patriotisme. Le recueil des poésies divers de Wasilewski a été publié à Cracovie en 1839, et plusieurs fois réédité. On a donné de lui séparément la Cat/iédrate sur le Wasel, poëme (Posen, 1S4G): les Cracovieus (Varsovie, 1840, iit-4") ; {'Enfant de la Folie (Posen, 1845, iu-4°); Drzym subie duszo, etc.

WASMES, bourg do Belgique, province de Hainaut, arioud. et à 9 kiloin. de Mous, 4,800 hab. Exploitation de houille, de craie ; fabrication de chaux ; corderies ; forges à martinet.

WÀSMUTU(Mathias),orientalis te allemand, né à ICiul en 1625, mort en 1088. Il étudia successivement dans sa ville natale, à Wittemberg, à Leipzig, dans les Pays-Bas, où il suivit les cours des célèbres Golius, Cocceius et Gentius, et enfin à Strasbourg et à Bàle, où il apprit l'hébreu avec Buxtorf, a son retour dans sa ville natale, il y obtint une chaire de logique qu'il occupa jusqu'à sa mort. On a de lui : Grammaticu arabica (Amsterdam, 1C54, in-4°); Vindicte hebrsts

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