‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 927 sur 1042 · WISE · texte numérisé non relu

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landais, né à Amsterdam en 1769, mort en 1845. Il étudia le droit k Leyde et à Gcettingue et s'établit, en 1792, comme avocat dans sa ville natale ; mais il renonça bientôt à cette profession pour s'occuper d'affnires commerciales. A la suite de la Révolution française, qui eut pour résultat d'éveiller dans les Provinces-Unies l'idée du gouvernement fédératif, il se laissa gagner aux idées de liberté et acquit rapidement une grande considération, tant à cause de ses opinions politiques que de son habileté dans les affaires. Nommé d'abord membre du gouvernement provincial de Hollande, il quitta ce poste pour entrer bientôt après dans la commission des affaires coloniales, qui prit plus tard le nom de conseil asiatique et qui remplaça la Compagnie des Indes orientales. Lors du rapprochement, en 1802, des anciens orangistes et des patriotes modérés ou aristocrates, il perdit son emploi, sous le prétexte qu'il avait bouleversé le conseil asiatique. Ii revint alors à son commerce et s'occupa en même temps de sciences et de belles-lettres. Après l'avènement du roi Louis, il se relira à la campagne, où il demeura également après l'annexion de la Hollande k la France. Il prit ensuite une part active à la restauration de sa patrie et l'ut nommé, en 1814, président de la police k Amsterdam. Pendant sa longue retraite, il s'était adonné avec ardeur à la littérature, à la poésie en particulier, et avait écrit un grand nombre d'odes, d'épitres, de poômes didactiques et de tragédies qui se distinguent par la pureté du goût et l'élégance du style. Les Grecs et tes Romains avuieut toujours été ses modèles favoris, et, par sa tragédie de Polydorus (1814), il introduisit, sans être ni plagiaire ni traducteur, l'esprit d'Euripide sur la scène hollandaise. Cette même tendance rigoureusement classique domine dans ses autres tragédies, dans celle d'/on notamment. Ses œuvres dramatiques et un choix de ses autres poésies furent publiés k Amsterdam en 5 vol. (1818-1822) ; ce recueil fut complété plus lard par de Nouvelles poésies (1833). Ou lui doit encore : Apologie de la conduite du prince Guillaume il à l'égard d'Amsterdam eu 1651 et Tableau des lumières politiques des habitants des Pays-Bas.

WISEMAN (Richard), chirurgien anglais, né au commencement du xvne siècle, mort vers 1665. Attaché comme chirurgien à la famille royale k l'époque de la révolution de 1040, il accompagna le prince Charles en France et dans les Pays-Bas, remra avec lui en Ecosse et fut fait prisonnier à la bataille de Worcester. Il recouvra sa liberté en 1652 et exerça sa profession à Londres. Son principal ouvrage est un recueil de traités sur les points principaux de la chirurgie. Ce recueil, l'un des monuments les plusprécieux de la chirurgie anglaise, offre encore de l'intérêt. Ses principaux ouvrages sont : Traité sur les blessures (Londres, 1672, iu-8°); Différents traités chirurgicaux (Londres, 1686, 2 vol.) ; Système de chirurgie (Londres, 1734, 2 vol. in-8°); Expériences faites à Londres pour étancher le sang des artères et des veines (1073), etc.

WISEMAN (Nicolas- Pati'ice:Etienne), cardinal anglais, uè à Séville le 2 août 1802, mort le 17 février 1865. Il appartenait k une famille originaire de l'Irlande, vint fort jeune en Angleterre et fit ses études au collège catholique de Saint-Cuthbert, ;i Ushaw (conué de Durliain). Il alla ensuite étudier la théologie à Rome, où il reçut les ordres et resta quelques années comme professeur de théologie. Il obtint en 1827 la chaire de littérature orientale du collège où il avait été élevé, puis fut nommé vice- recteur de ce collège et fit d'activés démarches auprès de Grégoire XVI pour faire augmenter le nombre des prélats catholiques en Angleterre. Il réussit et reçut en récompense le titre de eoadjuteur du docteur Walsh, avec les fonctions de principal du collège Sainte-Marie d'Ascott. Gi âce au crédit qu'il avait près du sacré collège, il fit, en 1847, de nouvelles démarches auprès de Pie IX pour le rétablissement complet de la hiérarchie catholique en Angle- 'terre, mesure qui ne fut définitivement prise qu'en 1850, après le rétablissement du pape. 11 fut alors nommé protovieaiie apostolique k Londres, puis vicaire, en remplacement de M. Walsh. En août 1850, M. Wiseman fit un nouveau voyage k Rome, où, dans un consistoire tenu le 30 septembre suivant, il fut élevé aux dignités de cardinal, d'archevêque de Westminster et de primat de l'Eglise catholique d'Angleterre. La nouvelle de cette nomination, que l'on regarda comme une attaque directe de la cour de Rome contre l'Eglise protestante, excita en Angleterre une agitation extraordinaire, et un acte du Parlement défendit, sous les peines les plus sévères, de porter les litres épiscopaux conférés par un souverain étranger. Cette loi demeura cependant sans effet rétioactif ; mais le procède de la cour de Rome avait attiré l'attention publique sur l'esprit d'envahissement du catholicisme, et l'on put dès lors affirmer que la mesure conseillée par Wiseman dans l'intérêt de son Eglise avait amené un résultat tout opposé k celui qu'il en attendait. Du reste, le cardinal se conduisit, en cette occasion, avec beaucoup de prudence et se tint à l'écart jusqu'au moment où le premier orage se fut un peu calme. Puis les intérêts matériels de son Eglise lui susciièrentdesein-

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barras pécuniaires, auxquels il se déroba en faisant dans l'automne de 1853 un nouveau voyage k Rome. Il y prêcha devant un nombreux auditoire en anglais et en italien et s'efforça surtout de convertir au catholicisme les Anglais qui voyageaient en Italie. En 1854, il revint en Angleterre, où comme auparavant il fit dans différentes localités des cours publics qui attirèrent un nombreux concours d'auditeurs. Puis, sur l'invitation du comité de l'exposition pédagogique de Londres, il ouvrit sur l'éducation du peuple et les lectures qu'il devait faire des conférences qui n'obtinrent pus beaucoup de succès, parce que l'approbation qu'il donnait aux mesures prises par le gouvernement français pour empêcher la circulation des livres irréligieux et immoraux fut regardée comme une tentative de sa part pour établir une censure des livres. Cependant le respect qu'inspiraient ses qualités personnelles finit par dissiper la méfiance qu'avait excitée sa promotion au cardinalat. On cile, parmi ses ouvrages : Hors syriacs, seu commentationes et anecdota res vel lilteras syriacas spectantia (Rome, 1828, in-8°); Discours sur les rapports entre les sciences et la religion révélée (Londres, 1836); Lectures on the principal doctrines and practices of the catholic church (1837, 2 vol. in-S°) ; Conférences sur le protestantisme (Londres, 1839) ; Essais sur divers sujets (Londres, 1853) ; Fabiola du l'Eglise des Catacombes (Londres, 1855), souvent réédité et traduit dans la plupart des langues européennes ; Sermons, lectures et discours prononcés pendant un voyage en Irlande (1858) ; Souvenirs des quatre aerniers papes (Londres, 1858); enfin, un grand nombre de mandements.

Au moment où mourut le cardinal Wiseman, ta santé chancelante de Pie IX avait fait songer k lui, et on le regardait comme le successeur désigné du pape. L. Blanc a tracé de lui ce portrait : « La variété de ses connaissances, l'étendue de son savoir profane, sa parole onctueuse, fleurie et rarement agressive; les dehors de modération sous lesquels son ultraiiUHitanisme avait coutume de s'effacer k demi ; l'intérêt qu'il paraissait prendre à des questions qui n'avaient rien de théologique ; ses excursions dans le domaine des lettres ; le pouvoir qu'il possédait, de gagner, comme lecturer, les bonnes grùcea d'un public sur lequel, comme prédicateur, il ne pouvait espérer d'avoir prise ; ses qualités d'homme du monde,- tout cela recommandait le cardinal Wiseman, sinon aux sympathies, du moins nu respeet des adversaires de la religion dont il était ici le représentant le plus élevé. •

WISÉN1B s. f. (vi-zé-nl). Bot. Autre orthographe du mot VISKNIK.

WISHAHT ou S FOC A II D (George), un des premiers propagateurs de la Rèl'oime en Ecosse, honoré par les protestants du litre de martyr, ué dans les premières années du xvio siècle, mis k mort en 1546. Il appartenait k une ancienne et illustre famille d'Ecosse. Dans un voyage qu'il fit en Allemagne, il embrassa le luthéranisme et entreprit k son retour de le propager dans sa patrie (1544). Doué de savoir et d'éloquence, il fit en peu de temps de nombreux disciples. Le cardinal Beaton, archevêque de Saint-André et léga^du saint-siége, le livra au magistrat séculier, qui le condamna k périr dans les flammes.

WISHART ou WISCHEART (George), historien anglais, né en 1603, mort en 1671. Il lit ses études k 1 université d'Edimbourg et occupait en 1639, k Saint-Andrews, une cure, de laquelle il fut dépossédé peu après pour avoir refusé d'accepter le covenant. Emprisonné k diverses reprises par les presbytériens, il réussit k rejoindre l'armée de Jluntrose, dont il devine le chapelain. En 1647, il fit paraître l'histoire de l'expédition du ce chef en Ecosse': De rébus sub imperio Jacobi Aloniisrosarum marchionis anno 1644 et duobus sequentibus prssclare gestis commentarius. Lors ûe l'exécution de Montrose en 1750, on lui attacha par dérision cet ouvrage au cou. Il fut réimprimé k Paris en 1648 et fut surtout remarqué à cause de l'élégance da sa latinité. 11 fut traduit en anglais par Wishart lui-même probablement, en 1652. Après la mort de son protecteur, Wishart était devenu chapelain d'Elisabeth, électrice palatine. A ia Restauration, il fut nomme recteur du Newcastle, et, eu 16S2, il fut appelé k l'évéché d'Edimbourg, qu'il administra jusqu'à sa mort.

WISIINOU, l'un des principaux dieux des Indous. V. Vichnou.

WIS1GOTH ou VISIGOTH, OTHE adj. (vi zi-go, o-ie. — Ce nom signifie proprement Goih de l'Ouest, pur opposition k Ostrogoth, Goth de l'Est. La première partie, tei'sï, se rattache au nom germanique de l'occident : anglo-saxon west, Scandinave vestr, ancien allemand west, tueslen. U est difficile d'admettre que ce soit seulement par un effet du hasard que ce terme se trouve si rapproché de l'anglo-saxon toesten, désert, weste, west, ravagé, désert, ancien allemand wôsti, Scandinave vast, wuit, mer, auxquels se lie le latin vastus, vaslum). Se dit de l'une des deux races dont se composaient les Goths : La nation

■WISIGOTHK.

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— Fte- Grossier, demi-sauvage. H On dit plus ordinairement ostrosoth.

— Substantiv. : Les Wisigoths. V. ce mot.

WISIGOTH1QUE ou V1SIGOTHIQUE adj.

{vi-zi-go-ti-ké — rad. Wisigot/i). Hist. Qui concerne les Wisigoths.

— Dipîomntiq. Ecriture wisigothiquc, Ecriture usitée en Espagne pendant la domination des Wisigoths, et dont l'usage subsista dans ce pays jusqu'au xm« siècle.

— Jm'isyr: Codewisigolliique, Collection de lois réunies par Alarie II en 506, pnur ses sujets gaulois, et dont la plupart furent extraites du code Théodosien.

WISIGOTHS on VIS1GOTHS, dénomination par laquelle on désigne l'une des deux grandes branches delà nation gothique, celle qui s'établit à l'ouest dû Borysihène, par opposition aux Ostrogoths (Uoths de l'Est) qui s'étaient fixésa l'est du infime fleuve, l.a nation gothique appartient à la race indo-germanique, ainsi que le prouvent les témoignages de l'histoire, qui concordent avec les in- . ductions qu'on a pu tirer de la langue gothique telle qu'on la parlait vers la lin du jv° siècle. Le savant Bopp a dit qu'en lisant la version de lo Bible par Ulphilas il croyait tenir à la main un livre sanscrit. L'époque de l'arrivée des Goths en Europe est incertaine ; ce qu'on présume, c'est qu'ils seraient arrivés par le Caucase, auraient longé les côtes septentrionales du Pont-Euxin, traversé l'Allemagne en suivant le cours du Danube, puis.se dirigeant au nord, seraient arrivés sur les côtes de la Baltique, d'où ils seraient pusses en Scandinavie. La, eu effet, nous trouvons une contrée qui a conservé d'eux le nom de Gothie. Combien de temps habitèrent-ils cette partie de la Suède moderne ? L'histoire se tait sur ce point ; elle nous ap-

fircnd seulement que ce pays fut désormais a patrie reconnue par leurs descendants, qui conquirent l'empire romain. Leur mouvement rétrograde vers lo sud commence vers la fin du ne siècle de l'ère chrétienne. Les tribus gothiques qui étaient restées sur le continent, chassées probablement par les Wendes, d'origine sluve, remontèrent laVistule, passèrent sur les deux rives du Borysthène et se répandirent, d'un côté, jusqu'au Danube et au Pont-Euxin, de l'autre jusqu'à cette nier et au Tanaïs. Leur inondation s arrêta aux limites septentrionales de l'empire romain. C'est il peu près vers cette époque que s'opéra leur division en deux branches, ou pour mieux dire leurs tribus éparpillées se réunirent en deux faisceaux principaux.au commencement du 111e siècle après J.-C. Dans leurs attaques réitérées contre l'empire romain, les Wisigoths et les Ostrogoths , fidèles à la signification du nom qu'ils avaient pris, conservèrent toujours leur poste respectif dans cette immense ligne d'invasion. C'est ainsi que, lorsqu'ils foulent lesoltle l'empire, nous trouvonsles Wisigoths en Espagne et au midi de la Gaule, et les Ostrogoths en Italie, séparés les uns des autres par la ligne du Var, comme ils l'étaient antérieurement pur celle du Borysthène. 11 serait difficile d'indiquer comment la royauté s'établit parmi les tribus gothiques des deux branches, mais il est probable que quelque chose d'analogue au pou voir royal existait chez euxuvaut leur arrivée dansl empire romain. D'ailleurs, chez tous les peuples dont la nationalité commence à se constituer, une famille finit par gagner un ascendant sur les autres familles, une tribu sur les autres tribus, et, les ministres du culte apportant leur concours eflicaoe et intéressé, la royauté est faite. Jornandès affirme que les chefs des Wisigoths au IIIe siècle étaient regardés comme ues ases, demi-dieux de leur mythologie. Cependant on ne reconnaissait pas chez ce peuple de droit de succession au pouvoir; mais on choisissait parmi les membres de la famille. Les deux blanches de la grande nation gothique avaient chacune leur dynastie, et il est k remarquer que les Wisigoths et les Ostrogoths ne So firent jamais la guerre, et que si quelquefois ils tirent des expéditions en commun, obéissant alors à un même chef, ils ne se fondirent jamais en un seul Etat, L'expédition bien ou mal terminée, les deux parties de la nation se séparaient aussi paisiblement qu'elles s'étaient réunies.

Caracalla fut le premier empereur romain qui rencontra les Wisigoths en Transylvanie, lan 213 après J.-C. Vers 239, ils passèrent le Danube, vainquirent les légions romaines, s'avancèrent jusque sous les murs de Murcianopolis et, après avoir ravagé le pays, se retirèrent au delà du Danube moyennant une forte rançon. Dix ans plus tard, ces Wisigoths, commandés par leur roi Cniva, repassèrent lo Danube, prirent Philippopolis, en Thruee, et remportèrent sur les Romains une grande victoire, dans laquelle périrent l'empereur Deetus et son his. L'empereur Gahus fut contraint d'acheter la paix par un tribut. Ces procédés indignes d'un grand peuple ne tirent qu'enhardir les envahisseurs, qui, traversant le Pont-Euxin sur des barques, occupèrent la Crimée, ravagèrent les côtes de l'Asie Mineure et celles ue la Grèce et menacèrent même l'Italie {259). L'empereur Claude remporta sur euxqtielques succès qui lui valurent le surnom de Gothique, et Aurèlien conclut avec les Wisiguihs un traité qui leur accordait la paisible possession de la

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Dacie, à condition de fournir des auxiliaires à l'empire. En 322, ils essayèrent de nouveau de troubler la paix de l'empire, mais Constantin le Grand sut les contenir (322). Peu de temps après, une nouvelle avalanche de barbares descendit du grand plateau asiatique sur l'Europe ; les Huns attaquèrent Ostrogoths et Wisigoths et brisèrent facilement l'empire qu'ils avaient formé dans l'Europe orientale. Les Wisigoths demandèrent aux Romains et obtinrent d'eux un asile sur la rive droite du Danube (375). Les historiens latins évaluent à 1 million d'àmes la population wisigothique qui fut alors admise sur le territoire de l'empire. Les exactions et les avanies des commissaires romains qui devaient régler le passage et l'établissement de ces hôies dangereux les portèrent à la révolte. Fritigern, un de leurs chefs, se mit à la tête du mouvement, ravagea la Thrace et, aidé par une partie des Ostrogoths, gagna en 377 la fumeuse bataille d'Andtinople, où fut tué l'empereur Valens. La brillante tactique de l'empereur Théodose parvint cependant à les contenir et même à les refouler vers le Danube ; ce prince les força à la soumission en leur permettant de demeurer dans la basse Pannonie et dans la Mœsie supérieure. Ils devaient fournir à l'empire un corps considérable d'auxiliaires. Ce contact avec les hommes et les institutions de l'empire ne les rendit que plus dangereux; ils s'étaient, à la vérité, convertis au christianisme, mais ils professaient l'arianisme, ce qui augmentait leur animosité contre l'empire, dont la religion dominante était alors le catholicisme. A la mort de Théodose, le colosse romain se brisa en deux, et les empires d'Orient et d'Occident échurent iules princes incapables, tandis qu'Alarie se trouvait k la tète des Wisigoths. Les intrigues et les lâchetés de la cour de Constantinople, la rivalité de Rufln et de Stilicon amenèrent Ataric dans la Grèce, qu'il parcourut d'un bout k l'autre en véritable chef barbare (396). Rassasié de rapines en Orient, Alaric marcha contre l'Italie ; Stilicon l'arrêta d'abord par sa victoire à Poltentia et le força à.se retirer en Pannonie. Mais peu après, apprenant la mort de Stiiicon, il revint à la tête de ses hordes (406), livra Rome au pillage (410), parcourut toute l'Italie comme un torrent dévastateur et alla mourir à Cosenza, dans la a§|labre. Ataulphe, son beau-frère, hérita de ^p puissance, mais ne suivit pas sa ligne de conduite. Convaincu que les Wisigoths étaient encore trop barbares pour fonder un empire durable, il ne songea qu'à affermir l'empire romain, tout en se. réservant pour lui et les siens une bonne place au sein de l'empire qu'ils avaient dévasté. A la suite d'un traité signé en 412, les Wisigoths évacuèrent l'Italie et s'établirent dans le midi de la Gaule, entre la Loire et les Pyrénées, comme sujets d'Honorius. Deux ans après, Ataulphe épousa Placidie, sœur de l'empereur, et fonda le royaume des Wisigoths, qui bientôt s'étendit de la Loire jusqu'aux colonnes d'Hercule.

A partir de cette époque (412) commence une nouvelle période de l'histoire des Wisigoths, période qui dura trois siècles, depuis le mariage d'Ataulphe jusqu'à la conquête de l'Espagne par les musulmans en 7 12. Comme le Grand Dictionnaire consacre à chacun des rois wisigoths un article biographique, nous nous contenterons de donner une simple esquisse des annales historiques de ces trois siècles. La conquête de l'Espagne par les Wisigoths commença du vivant même d'Atuulphe, qui occupa Barcelone en 415. Wallia, successeur d'Ataulphe, agissant toujours au nom de l'empereur d'Occident, arracha d'autres provinces aux tribus barbares qui s'étaient établies dans la péninsule Ibérique : la Bétique aux Vandales, la Galice aux Suèves et la Lusitaiiieaux. Alains. Théodoric 1er continua ces conquêtes et mourut dans les plaines de Châluns (451), en combattant avec le général romain Aetius contre le terrible Attila. A sa mort, ses trois enfant*, Thorismond , Théodoric II (466) et Eurik 1" (4S6-484), montèrent sur le trône et achevèrent la conquête de l'Espagne. Ce fut sous Eurik que le royaume des Wisigoths parvint à son apogée de puissance; ses frontières s'étendaient de la rive gauche de la Loire à la rive droite du Rhône, h la Méditerranée et à l'Atlantique. Sous le règne d'Alaric II, son fils, celte puissance éprouva un grand échec à la bataille de Vouillé (507), it la suite de laquelle les Wisigoths perdirent tout ce qu'ils possédaient dans les Gaules, moins la Septiuianie. Ce fut le commencement de la décadence de ce royaume, décadence que ne put arièter l'influence de Théodoric, roi des Ostrogoths qui s'étaient établis en Italie. Parmi les derniers rois des Wisigoths, nous citerons : Atnalaric (511-531) , Lèovigilde (562-586), Réeareue, Suuitila (G21-631), Vi- UZîi, Vauiba et Kodério (711-712). Les factions qui désolaient le royaume furent la cause immédiate de sa chute ; le pays était divisé en deux partis hostiles : l'aristocratie, composée en grande partie de nobles Wisigoths, et le parti clérical, qui, en Espagne, comme dans tous les coins de lu terre, voulait dominer et imposer ses créatures. Ce fut ce parti, à la tête duquel se trouvaient le comte Julien et O, -pas, archevêque de Tolède et de Sévitle, qui appela les muMiluians en Espagne ; le but de ce parti n'était pas

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évidemment de soumettre, le pays au joug du Coran, mais ils voulaient se servir des musulmans pour mettre sur le trône Eba, fils de Vitiza, à la place de Rodéric. La victoire de Xérès et les rapides succès dos musulmans dans toute l'Espagne apprirent k ce parti les dangers que court un pays quand il s'y trouve des hommes assez insensés pour appeler les étrangers k la défense de leurs vues étroites et égoïstes. A partir de cette époque, le nom de Wisigoths disparut de l'histoire, et il ne fallut pas moins de huit siècles de lutte pour rejeter le croissant au delà du détroit. ^

WISKEY s. m. V. WHISKEY.

WISKI s. m. (oui-ski). Sorte de cabriolet haut et léger, dont la mode fut apportée d'Angleterre : Un avocat est un homme aimable, qui a de charmâmes manières, qui mène à grandes guides ttn élégant wiski. (Corm.)

Chacun eut ses wishis, ses vapeurs et son thé,

Deluxe.

WtSUCENDS (Gustave-Adolphe), théologien protestant allemand, né à Battamie, près d'Eilenburg, en 1803. 11 commença en 1821 ses études théologiques à l'université de Huile, où il devint l'un des membres les plus ardents de la Burschenschaft. Impliqué, pour ce motif, dans les poursuites exercées contre les démocrates, il passa l'année 1824 en prison à Berlin et à Kœpenik et fut ensuite condamné à. douze années de détention dans une forteresse. Gracié en 1829, il continua ses études à Berlin, devint, en 1834, pasteur d'une paroisse des environs de Qiierfunh et fut nommé, en 1841, ministre de l'église du Marché-Neuf, à Halle. Il s'y affilia à la Société des Amis protestants et, dans une de leurs assemblées tenue à Kœthen le 29 mai 1844, il prononça un discours dans lequel il soutenait que ce n'est plus en fait la Bible, mais bien 1 esprit de raisonnement seul que nous devons regarder connue autorité dominante. Ce discours excita contre l'orateur le professeur Guéricke de Halle, qui déclara que son point de vue était antichrétien et qui exhorta à diverses reprises les autorités ecclésiastiques à sévir contre lui. A la même époque, un certain nombre d'ecclésiastiques orthodoxes lui retirèrent la communion chrétienne et deniè- . rent toute confraternité avec lui. Le consistoire de la province de Saxe lui ordonna de produire le manuscrit de son discours à Kœthen, ainsi que ceux des trois sermons qu'il avait prononcés peudant les trois derniers jours fériés ; comme il avait parlé en improvisant dans ces quatre circonstances, il ne put que donner un compte rendu de ce qu'il avait dit; mais, en même temps, il publia une brochure intitulée Au-dessus de l'écriture ou au-dessus de l'esprit? (Leipzig, 1845), dans laquelle il faisait un expose complet de ses opinions. L'autorité ecclésiastique le cita alors devant une assemblée de pasteurs qui devait avoir Heu le 5 mai 1845 ; il ne tint nul compte de cette citation, mais dut se soumettre le 8 mai au colloque de Magdebourg, qui se réunit de nouveau, le 14 du même mois, à Wittenberg. Il se composait des conseillers consistoriaux Twesten, Snethlage, Heubner et Muller. A la fin de la délibération, on engagea Wislicenus à prendre un congé, qtron prolongea ensuite, et, le 14 juin, on l'informa qu'une instruction disciplinaire allait être ouverte contre lui, parce qu'il s'était écarté de la base et des ordonnances de l'Eglise évangélique. Le résultat de cette instruction fut la suspension, puis, en 1846, la destitution définitive du pasteur. Il a lui-même raconté son procès dans la brochure intitulée : la Destitution du pasteur Whlicenus de Halle (Leipzig, 1846). Il n'en demeura pas moins à Halle en qualité de pasteur de la commune libre de cette ville; mais il s'attira, quelques années plus tard, de nouvelles poursuites par son ouvrage intitulé : la Bible à la lueur de la civilisation de notre époque (Leipzig, 1853). Prévoyant une issue lâcheuse à ce nouveau prueès, il s'empressa do quitter la Prusse, et il était hors d'atteinte lorsqu'on septembre 1853 il l'ut condamné à un emprisonnement de deux ans. Il partit au mois de novembre suivant pour l'Amérique, avec sa famille, et prêcha d'abord à Boston. Eu mai 1354, il se rendit à New-York et fonda k Hoboken, près de cette ville, une institution pédagogique. Mais les circonstances étant peu favorables en Amérique.k cette époque, il revint en Europe au mois de mai 1856 et, traversant la France, alla fonder une nouvelle institution à Zurich, où il écrivit différents ouvrages, entre autres la Bible pour les lecteurs qui raisonnent (Leipzig, 1863-1864, 2 vol.). 11 a encore renoncé depuis à renseignement et s'est retiré à Flunderu, près de Zurich, où il s'occupe de travaux littéraires.

WISLICENUS (Jean), chimiste allemand, fils ainédu précédent, né à K.leinetchstedt en 1835.-11 venait de commencer ses études universitaires, lorsqu'il fut forcé de suivre son père en Amérique. A son retour en Europe en 1856, il poursuivit ses études à Zurich, puis à Halle et se lit recevoir agrégé de chimie à l'université de Zurich. Il y est devenu successivement professeur à l'école cantonale (1861), professeur extraordinaire à l'université et directeur du laboratoire de cette derniers (1804^, et enfin professeur ordinaire ( 1867 ). Outre différents mémoires insérés

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dans des recueils de chimie, on a de lui une Théorie des types mêlés (Berlin, 1859).

WISLICENUS (Hugo), philologue allemand, frère du précédent, né k Kleineichstedt en 1836, mort en 1866. Il" fut professeur « l'institution de son père à Hoboken, en Amérique, étudia ensuite, k partir de 1856, k Zurich, d'abord les sciences mathématiques et naturelles, puis la philologie allemande ancienne, et se fit recevoir agrégé pour cette faculté à l'université de la même ville. 11 y devint ensuite professeur à l'école cantonale, ainsi qu'au séminaire de Kussnacht, et périt malheureusement sur le Tcedi, pendant un voyage entrepris pour rétablir sa santé. Nous citerons, parmi ses écrits : Ui Symbolique du soleil et du jour dans ta mythologie germanique (Zurich, 1862), et Lotci, le Poème des Ni' beluiigen, le Temple de Bacchus à Athènes, dissertations éditées par son père (Zurich, 1867).— C'est à la même famille que les précédents qu'appartient Frédéric-Adolphe WiS- Licenus, né a. Kœnigssee, en Thuringe, en 1810. Il fit ses études médicales à Wurtzbourg et, ayant pris part en 1833 k l'attentat de Francfort, se réfugia à Zurich, où il se fUrecevoir docteur la même année. Expulsé l'unnée suivante pour avoir pris part à l'expédition des Savoyards, il partit pour l'Amérique et s'établit, comme médecin pratiquant, il Saint- Louis-sur^le-Missouri. Il s'est fait connaître en Europe par un intéressant Mémoire sur un voyage dans le nord du Mexique (Brunswick, 1850),

W1SLOK, rivière des Etats autrichiens (Galicie). Elle nuit sur le versant N. des Karpathes, arrose les cercles de Sanok, d'Inslo et de Rzeszow etse jette dans le San, à 8 kilom. N..-E. de Gradisca; cours de 250 kilom.

W1SLOKA, rivière de Galieie, dans les cercles de Sanok et de Tarnow. Elle se jette dans la Vistule; cours de 140 kilom.

WISMAR, ville forte et maritime de l'Allemagne du Nord, dans le grand-duché do Mecklembourg-Sohwerin, chef-lieu de la seigneurie de son nom, à 3 1 kilom. N. de Schwerin, sur une baie de lu Baltique, uù elle a un port de commerce, l'un des meilleurs de la Baltique ; 13,500 hab. Gymnase ; chantiers de constructions navales; fabrication de cartes à jouer, toiles k voiles, tabac, cuirs, bière ; fonderie de cloches, distillerie d'eau-de-vie; pêche active; service de bateaux à 'vapeur entre ce port et Copenhague. Commerce actif; les importations consistent principalement en charbon de terre, fers, boissellerie, sel et soude, liqueurs alcooliques, maquereaux; les exportations ont pour objet les «■ frains et les graines oléagineuses. Wismar, âtie sur un terrain sablonneux et plat, possède quelques édifices dignes d'attention, entre autres : l'église Sainte-Marie, construction gothique à trois nefs; l'église Saint- Jean, dominée par une grande tour en partie ruinée; l'hôtel de "ville; le théâtre- le Furstenhvf, transformé en caserne et où l'on remarque d'étranges sculptures représentant des diables et des diablesses, etc. Parmi les promenades, nous citerons : le Lmdengarten et le Scltutzengarten, Cette ville, fondée en 1229, fit partie de la ligue hanséatique, et appartint à la Suède de 164S k 1803; k cette dernière date, elle fut cédée au Meeklembourg-Sehwerin pour une période de cent ans, comme gage d'une dette. Un service régulier de bateaux à vapeur n été établi entre Wismar et Copenhague.

WISMAYll (Joseph), écrivain allemand, né à Freysing en 1767, mort en 1858 à Munich, où, après avoir occupé divers emplois dans renseignement public, il était devenu, en dernier lieu, membre du conseil supérieur des études. On a de lui : Principes de /a langue allemande (1795, 2 parties); Germes et fruits pour l'encouragement et l'ennoblissement de la jeunesse allemande (1797, 2 vol.); Epltëmérides de la littérature italienne à l'usage des Allemands (1800); Panthéon de l'Italie; Biographies des Italiens les plus célèbres (1818, 3 vol.).

WISNIËWSK1, nom de plusieurs Polonais célèbres. V. Wisznikwski.

WISNIOW1ECKI (Michel-Koributh), roi de Pologne. V. Koiubuth.

W1SOWITZ, ville de l'empire d'Autriche, dans la Moravie, cercle et a 31 kilom. N.-E. de Hradiseh, sur la Drewnitza ; 2,840 hab. Fabrication active et commerce Ue draps ; papeterie.

WISPEL s. m. (vi-spèl). Métrol. Mesure de capacité allemande.valant l,û5!,it,92 à Hambourg pour le blé, l,246Ht,68 dans le duché de Bruriswiek, t.313lit,52à Berlin, l,495lH,b8 dans le Hanovre, l,579|lt,50 k Hambourg pour l'avoine et l'orge.

WISSANT, bourg et commune de Franc»

(Pas-de-Calais), canton de Marquise, arrohd. et k 22 kilom. N.-E. de Boulogne ; 1,150 hab. Fabrication de couperose.Vestiges d'un camp romain ;tumulus. Ce bourg est l'ancien .Porlus Itius des Romains, où César s'embarqua pour passer en Grande-Bretagne; il fut jadis une cité maritime importante par son commerce et l'un des endroits les plus fréquentés pour le paisage des Gaules en Angleterre. Les barbares du Nord la détruisirent en b42 ; Louis d Outre-mer la fit rétablir, ainsi que le port, en 933; Jean de Mortaingy équipa un»

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flotte en 1193 pour attaquer l'Angleterre; Louis VII et Louis XI s'y embarquèrent pour aller visiter le tombeau de Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry. Edouard 111 y débarqua en 1328; il s'en em.pa.ra en 1346 après la bataille de Crécy, la fit fortifier, puis la démantela après la prise de Calais. Vers cette époque, les sables s'accumulèrent dans le port en telle quantité, qu'il n'en reste plus aujourd'hui la moindre trace.

WISSADULEs. ni. (vi-sa-du-le). Bot. Genre d'arbustes, de lit famille des malvaeées, tribu des sidées, comprenant quatre espèces, qui habitent l'Asie et l'Amérique tropicale.

WISSCHEIt (Corneille), graveur hollandais. V. VlSSCHER.

WISSE s. m. (vi-se). Métrol. Mesure de capacité pour les matières sèches , usitée dans les Pays-Bas, et valant 1,000 litres. Il Ou l'appelle aussi scheepston.

WISSEMBOURG, ancienne ville de France (Bas-Rliin), chef-lieu d'arrond., à 58 kilom. de Strasbourg', au pied des Vosges, sur la Lauier. (Jette ville, ancienne place forte, déclassée en 1867, a été cédée à la Prusse par le truite de Francfort (10 mai 1871), et elle fait purtie depuis lors~de l'Alsaee- Lorraine ; 5,247 hab. Brasseries, tanneries, mégisseries, imagerie; fabriques de savon, de chemises de llunellès, de broderie, etc. Wissembourg possède quelques monuments intéressants au double point de vue historique et archéologique. Nous citerons ; l'église aaint- Pieire-ei-Saint-Paul, magnifique édifice de la deuxième moitié du Xm« siècle, construit sur l'emplacement d'une église ilu XIIe, Uont il ne reste plus qu'une haute tour carrée. Celte tour, par conséquent la partie la plus ancienne de l'édifice, appartient au style roman ; elle est percée ci ouvertures en plein cintre, à baies doubles ou triples, séparées par des coloniietles romanes au nord et à l'est, et par des pieds-droits sur les autres cotés. Une tour octogonale, flanquée de tourelles élégantes, entre lesquelles s'ouvrent des fenêtres ogivales, s'élève à l'intersection de la nef et du transsept. Cette tour est surmontée par un louid couronnement sphérique, que termine un campanile vulgaire. Ou accède à l'intérieur de l'édifice par une charmante porte s'o livrant sur le collatéral de droite et sculptée, avec porche. L'intérieur se compose d'une nef principale, magnifique dans ses proportions comme dans ses détails; elle se divise en sept travées éclairées par des fenêtres géminées en ogive et s'appuyant sur des colonnes rondes, à chapiteaux ornées de feuil- ■ lages vutï.'S. Les nervures ogivales de la Vi^ùie se réunissent et forment de gracieuses clef». Le tour octogonale de la croisée, supportée par quatre piliers hardis, se termine par une colonne à huit pans. Sept grandes fenêtres ogivales à meneaux éclairent le chœur en abside; une belle rose est ouverte u l'extrémité sud du transsept. Enfin, il faut encore signaler un beau vestibule, sur la voûte hardie duquel repose le buffet d'orgue. Au haut du collatéral de gauche se trouve l'ancienne salle capiiulaire, aujourd'hui convertie en sacristie, et le long du mur nord de la nef on voit encore une des galeries dé l'ancien cloître, œuvre du xrv» siècle, reniai quable par ses triples baies ogivales et les sculptures de ses chapiteaux d'après nature, offrant une série nombreuse de feuillages empruntés k la flore du pays. A l'extrémité de cette galerie, k la suite ou croisillon nord de l'église, un bâtiment de construction moderne contient le plus ancien monument de Wissembourg; c'est une chapelle du xi« siècle (1033), divisée en trois nefs par des colonne* monolithes en grès vosgien, à lourds chapiteaux cubiques. Saint- Pierre possède encore de beaux fragments de verrières des xme, xiv», et xv« siècles, un sépulcre du Xve siècle, plusieurs groupes de sculptures d'une remarquable exécution, enfin des peintures nombreuses, intéressants spécimens de l'art au moyen âge, longtemps cachées sous le badigeon et remises au jour depuis quelques années avec beaucoup d'intelligence. Ou remarque encore u Wissembourg : l'église ogivale des Dominicains, devenue une dépendance de la caserne de cavalerie; l'hôpital militaire, ancien couvent des Récollets ; 1 hôtel de ville, bel édifice dans le style du xvm° siècle, bâti en 1741, en remplacement de celui que l'incendie consuma en 1677, et plusieurs maisous capitulantes de lu même époque. Le temple protestant, ancienne église Saint-Jean, renferme un magnifique buste de Luther par Ohuiacht. Les promenades de la ville consistent eu quelques allées tracées tant au centre de la ville que sur le quai de la Lauier, et en une assez belle esplauade plantée d'arbres, pies de la porte de llagueuau.

— Célébrités. Wissembourg a vu naître : le moine Ottl'ried, l'uu des premiers écrivains qui, au ixe siècle, tentèrent de faire de la langue allemande une langue littéraire, et Bernard Hertzog, auteur d'un Chronique d'Alsace imprimée en 1598 et pleine de détails précieux pour l'histoire de la province.

— Histoire. Wissembourg doit son origine à une abbaye royale fondée au vu* siècle, enrichie par Dagobert U, et autour de laquelle se groupa peu à peu un hameau. Ce hameau était devenu au xme siècle une commune puissante, gouvernée par un magistrat civil, élu pur les bourgeois; plus tard, les

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corps de métiers obtinrent aussi, non sans lutte , droit d'élection. Telle était en 1469 l'importance de Wissembourg, que les habitants ne craignirent pas de se révolter contre le comte palatin Frédéric le Victorieux, qu'ils accusaient d'une usurpation préjudiciable à leurs intérêts. Après une vaine tentative d'intervention pacifique de la part du pape Paul II, le comte vint assiéger la place où, suivant une chronique, ses batteries lancèrent en soixante et onze jours plus de deux mille projectiles, qui n'y firent à dire vrai que des dégâts à peu près insignifiants. Les Wissenibourgeois, en revanche, reçurent rudement leur agresseur, qui se décida enfin h la retraite. Ils étaient, â cette époque, d'accord avec leur abbé, dont les riches possessions étaient le principal objet de la convoitise du comte; niais au xvie siècle cet accord avait disparu; les premiers symptômes de la Réforme furent le signal de la rupture. En 1525, les bourgeois, furcés de céder tout d'abord devant les foudres religieuses, saisirent avec empressement l'occasion de secouer le joug, à eux présentée par la révolte des rustauds. Ils prirent à cette ré- , volte une part considérable et ils avaient même fourni des munitions et machines de guerre pour l'occupation de Saint-Remy , I rineipale forteresse qui défendait le monastère, quand la défaite des rustauds à Saverne, par le duc Antoine de Lorraine, changea la face des affaires. L'abbé Ruuiger, réunissant ses troupes à, celles de l'archevêque de Trêves, vintas^éger Wissembourg nu nom de l'empereur, et la place dut se rendre à discrétion. Le vainqueur punit sévèrement ceux qui avaient pris plus directement part à la révolte, e leva aux habitants toute l'artillerie qui garnissait leurs arsenaux, frappa les bourgeois de la contribution de guerre, énorme pour l'époque, de 8,000 florins et, frappant la cité dans ses privilèges les plus chers, lui ôta, pour la donner au comte palatin, la nomination du prévôt impérial. Ce droit ne lui fut restitué qu'en 1559. En même temps, les minisires protestants installés à Wissembourg fuient expulsés, mais ces rigueurs fuient impuissantes k arrêter le progrès de la religion naissante; en 1534, Georges Kess, cure de Saint-Michel, un des principaux pasteurs de la Reforme, était autorisé par le chapelain, sur lu demande du magistral, à continuer ses fonctions jusqu'au pioehain concile. L'exemple du pasteur entraîna ses propres paroissiens, ceux de l'église Saint-Jean et tous les membres du gouvernement civil de la ville. Néaiinioiiis,Wisseuibourg fut à celte époque en butte à des persécutions nombreuses et eut ses martyrs de la foi religieuse. Eu 1552, la ville souffrit beaucoup du passage de l'armée française qui portait secours aux Etats protestants de l'Allemagne, et Albert de Brandebourg leva sur elle une contribution de 10,000 francs. La guerre de Trente uns lui fut encore plus fataie; une nouvelle indemnité de 15,000 florins, exigée par les Suédois lors de leur départ de l'Alsace, acheva de ruiner la ville, cloni les désastres avaient fini par réduire la population au chiffre incroyable, s'il n'était attesté par des documents authentiques, ne H0 habitants. En 1673, la guerre avec l'empire obligea Louis XIV à démanteler les fortifications de la ville, trop faibles pour la défendre. Pris et repris par les deux partis, Wissembourg finit, en 1677, par êire livré aux flammes. La guerre de la succession d'Espagne renouvela ces malheurs ; le prince do Bade s'empara de la place le 24 avril 1702; c'est alors que furent élevées les célèbres lignes de la Lauier, qui se prolongent sur la ligne droite de cette rivière pendant un espace de 3 lieues. L'année suivante, les impériaux furent obliges d'évacuer la ville, et les Français rasèrent ces lignes formidables. Elles furent de nouveau relevées par l'ennemi en 1704, mais le maréchal do Viilars réussit à les reconquérir définitivement (1705). De 1719 à 1725, le roi de Pologne, Stanislas Leezinski, séjourna à Wissembourg avec sa femme, sa fille et quelques gentilshommes polonais. C'est là, ou plus exactement k sa maison do campagne de Saint-Remy, très-proche de la ville, que le duc d'Aiitiu vint, en 1725, demander au mo- • narque déchu la main de sa fille Marie Leczinska pour Louii XV. Pendant la guerre de la succession d'Autriche, en 1744, le 5 juillet, le duc de Lorraine s'empara de Wissembourg et se saisit en même temps des ligues, afin de couper les communications à 1 armée du maréchal de Coigny, qui se trouvait alors près de Spire; mais le maréchal, avec une audace heureuse ne s'en fit pas moins jour k travers l'enueini, deux fois supérieur en nombre, et Wissembourg fut repris le soir même du jour ou les impériaux y étaient entrés. L'armée française ne pouvait cependant s'y maintenir; elle se replia en bon orure sur Strasbourg et l'ennemi rentra dans la place. Eu 1746, instruit par cette dure expérience, le gouvernement français fit relever les fortifications sous la direction de Cormontatgne. Les guerres de la Révolution ayant de nouveau amené l'ennemi en Alsace, l'année française se relira derrière les ligues de la Lauter. Elle s'y serait maintenue sans la trahison du général Darlande, qui passa a l'Autriche et revint le U septembre 1793 avec un corps ennemi surprendre le camp qu'il avait luimême commandé. L'entreprise réussit, mais les républicains indignés attaquèrent trois

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jours après les Autrichiens avec une telle vigueur que, à la suite d'un engagement meurtrier, ces derniers furent réduits à fuir, abandonnant précipitamment leurs armes et leurs munitions de guerre. Le 13 octobre, après la bataille de Pirmasen, les coalisés poursuivirent l'armée du Rhin jusqu'aux lignes, mais sans parvenir k les eniamer tout ù abord ; un corps d'émigrés, commandé par te prince de Condé, fut plus heureux, et Wissembourg fut de nouveau perdu pour les républicains. « Les lignes, dit le savant historien qui nous fournit ces détails, n'étaient cependant pas encore perdues; maisau bruit de la marche des Prussiens à travers les Vosges et de leur jonction prochaine avec les Autrichiens, l'armée républicaine battit en retraite sur Ha£urnuu et la Moder. Déjà le général Wurms<-.r avait commencé le siège de Landau, et cette place, après avoir résisté à un bombardement de cinquante heures, réduite aux ab fis par la disette, allait être obligée de se rendre, lorsque le généra! Hoche, auquel la Convention venait de donner la mission de sauver la république, ordonna une attaque sur toute la ligne de la Lauter. Les Autrichiens avaient pris position près du château de Geissberg, où ils avaient placé trois bataillons; leur camp était assis sur les hauteurs ; les Fiançais, enflammés par la nouvelle de, la prise de Toulon, s'emparèrent d'abord du château et, malgré la plus vive résistance, chassèrent ensuite l'ennemi de sa position. Les Autrichiens laissèrent sur le terrain leur artillerie, une immense quantité de munitions et de vivres et de nombreux équipages." Le vainqueur rentra dans Wissembourg, et la délivrance de Landau, effectuée le lendemain 87 décembre, fut le prix de ce beau fait d'armes. ■ Eu 181 4, l'ennemi reparaissait de nouveau devant Wissembourg; le général Uapp massa 15,000 hommes sur les lignes de la Lauter, et malgré la supériorité énorme des allies (60,000 hommes environ) il serait parvenu a s'y maintenir, sans le départ du quatrième corps, commandé par le général Gérard, qui fut forcé d'aller rejoinure la grande armée dans le Nord.Rapp se décida alors à battre en retraite, et Wissembourg tomba entre les mains de l'ennemi. Les traités de 1S15 rendirent cette ville à la France. Au début de la guerre de 1870-1871 entre lu France et la Prusse, Wissembourg fut le théâtre de la première de nos défaites. Le 4 août 1870, la division du général Abel Douay, forte de 9,000 hommes, campait sur le Geissberg, hauteur qui domine Wissembourg au sud-est. U était neuf heures du malin et les soldats apprêtaient la soupe, lorsque soudain le canon retentit. Une forte batterie de position, établie sur les hauteurs, tirait sur Wissembourg. Le corps de Douay se trouvait en présence de l'armée du prince royal, forte de 180,000 hommes. Surpris dans sa position, le général Douay , malgré l'écrasante supériorité du nombre, engagea le combat, au heu de se replier sur le gros du corps d'armée. Il fit avancer son artillerie sur la route de Wissembourg, la mit en position sur l'autre rive de la Lauter et disposa ses troupes en tirailleurs, sur un front de 2 kilomètres. Nos soldats, s'elançant au pas de course, traversèrent la Lauter et arrivèrent au pied des hauteurs où les Allemands se trouvaient embusqués, cachés dans les arbres et abrités par des monticules de terre. De l'ennemi invisible partit tout à coup une terrible fusillade. Nos soldats, criblés de balles et d'obus, engagèrent un combat acharne contre 40,000 hommes, 1 contre 5. Mais le généra! Uouay fut frappé à mort; les Allemands s'emparèrent du château de Sohuffeubourg et de Wissembourg, malgré l'héroïque résistance du 74« de ligne, et le général Pelle, investi du commandement, ordonna la retraite, après avoir fait mettre les drapeaux des régiments au centra de la division décimée. Le combat de Wissembourg livra aux Allemands l'entrée de l'Alsace, où pénétra le flot de l'invasion. Wissembourg restu depuis lors au pouvoir de l'ennemi.

Cetie ville était jadis défendue par ses fortifications et par les châteaux forts de Suint- Germain , Saint-Paul , Saint-Pantaléon et Saint-Remy. Ces châteaux ont aujourd'hui disparu ; il n en reste d'autre souvenir qu'un ouvrage de défense à Saint-Remy, et à Saint- Paul une tour féodale englobée dans une ferme.

WISSEMBOUBG ou WESSEMBOURG, ville de Bavière (Franconie moyenne), sur la Rezat, à 55 kilom. S. de Nuremberg; 4,600 hab. Ancienne ville libre impériale. Fabriques de bijouterie, orfèvrerie, aiguilles.

WISSENBACH (Jean -Jacques), jurisconsulte allemand, ne a Frohnshausen (Nassau) en 1607, mort en 1665. Il professa le droit à Heidelberg, puis à Fraueker, et fit un voyage en France et en Angleterre. Ses principaux ouvrages sont : Disputaliones ad jus civile (Fraueker, 1648, in-4°) ; Disputaliones ad Pandectus (16G1, in-4<>); Dispulationes ad Institutianes (1666), etc.

WISS1NG (William), peintre hollandais, né à Amsterdam en 1656, mort en 1687. Il fie ses études artistiques à La Haye sous la direction de Dodaens et passa de bonne heure eu Angleterre, où il s'attacha à imiter la manière de Pierre Lely, auquel il succéda dans la faveur du public, comme peintre de pottrait. 11 contre-balauça même quelque temps

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celle du fameux Kneller, qui était alors au plus fort de sa vogue; mais la mort prématurée de Wissing délivra Kneller d'un rival dangereux. Parmi les portraits exécutés par cet artiste, on cite ceux de Charles II, de la reine, de Jacques II, du duc de Monmouth, du prince et de la princesse d'Orange, etc.

WISSOWATZ1 (André), théologien unitaire, no à Philippowie (Lithuanie) en 1608. Petit-fils, par sa mère, de Fauste Sooin, il fit ses études à Leydc, visita l'Angleterre et la France, devint ministre en Volhynie, fut proscrit à cause de ses doctrines et se réfugia Cn dernier lieu en Hollande, où il mourut eu 1678. La plupart de ses écrits sont oubliés aujourd'hui. On cite cependant une thèse antitrinitaire (Religio ralionalis), qui fut réfutée par Leibniz.

W1STAH (Gaspard), anatomiste américain, né à Philadelphie en 1761, mort en 1818. Il fit ses études médicales dans sa ville natale, reçut en 1782 le grade de bachelier en médecine, passa l'année suivante en Europe et valla continuer ses études d'abord k Londres, puis k Edimbourg, où il fut reçu docteur en 1786. De retour dans sa patrie en 1787, il y devint presque aussiiôt médecin du dispensaire récemment établi à Philadelphie et, la même année, fut élu membre du collège des médecins et de la Société philosophique américaine. En 1789, on lui offrit la chaire de chimje du collège de Philadelphie, place qu'il accepta non sans beaucoup d'hésitation, a. cause de la rivalité déplurable qui existait alors entre cette école et l'université de Pensylvuuie. Cette rivalité cessa, et Wiscar fut pour beaucoup dans ce pacte d'union. Au mois de janvier 1792, il fut nommé professeur adjoint d'anatomie , de chirurgie et d'accouchement à l'université et, après la mort de Shippen en 1S0S, devint professeur en titre. Son zèle dans l'enseignement fut sans bornes, et il sut inspirer aux élevés l'amour de la science. On lui doit, outre divers articles insérés dans des collections académiques, l'ouvrage suivant, qui est classique aux Etats-Unis: Système d'anatomie à l'usage des étudiants en médecine (Philadelphie, 1812, 2 vol. in-S°).

WISTÉRIE S. f. (oni-sté-rî — de Wislar, natural. amer.). Bot. Genre d'arbustes grimpants, de la famille des légumineuses, tribu des phaséolées, formé aux dépens des glycines, et comprenant .plusieurs espèces, qui croissent dans l'Asie orientale et l'Amérique du Nord : On cultive fréquemment aujourd'hui la wtSTÉRiii de Chine, connue vulgairement sous son ancien nom de glycine de ta Chine. (P. Duchartre.) Il On dit aussi wistarik.

WISZNIEWSKI (Antoine Pruss), érudit polonais, né k Leusziça en 1718, mort en 1774. Il fit ses éludes chez les piuristes et entra ensuite dans leur ordre. 11 s y distingua bientôt pur ses connaissances étendues dans les dilfereutes branches des sciences et des lettres, et, en 1746, il fit paraître ses Propo~ sitienes philosophiez ex physica recentiorum, dans lesquelles il se prononçait en faveur des découvertes des modernes en physique. Cet ouvrage souleva contre Wiszuiew^ki de vives attaques Ue la part surtout des jésuites, qui, outre qu'ils étaient les adversaires déclarés des piaristes, n'admettaient pas que l'on pût mettre en doute les doctrines d'Ans» tote; mais lu violence même de ces attaques tes fit dédaigner de celui contre lequel elles étaient dirigées, et il ne se donna pas la peine d'y répondre. Devenu précepteur du jeune pr.nce Luboni'nski, Wiszniewski le suivit en Italie et en Allemagne et se rendit plus tard en France et en Angleterre. Dans ces ditt'erentes contrées, il suivit les cours des plus célèbres universités et, de retour k Vaisovie, y fut uoiniue professeur de philosophie et de mathématiques au collège des nobles, chaire qu'il occupa avec beaucoup d'éclat jusqu'à sa mort. On a de lui : Histoire de la Pologne et de son droit public (Varsovie, 1759); Considérations sur les causes de la grundeur des liomuins et de leur décadence, traduit de Montesquieu en polonais (Varsovie, 1762, in-8u); Grammttticti gallica ùreuiç et facilis ad usum schotaruni (Varsovie, 1775, in-SO).

WISZNIEWSKI (.Michel Pbuss), littérateur polonais, de la famille du précèdent, ne à Firlejowka (Galiciej en 1793, mort en 1866. Après avoir fuit ses premières études au lycée de Krzeineniec, en Gnlicie, sous la direction du célèbre Thadée Czacki, il alla continuer ses cours a Paris sous les professeurs les plus célèbres, tels que MAL Guizot et Cousin, qu'il connaissait personnellement, et les termina a l'université d Edimbourg, ou il se concilia l'estime de Walter Scott, d'ilamilton et d'autres grands littérateurs de l'époque. En 1823 , il uevini professeur de philologie à Kizemeuiec et, <leux ans plus tard, partit pour I Italie dans l'intérêt de sa santé, il habita ensuite plusieurs années lu France méridionale. La révolution de Pologne, en 1831, le trouva dans ses terres de Volhynie. Il franchit aussitôt les frontières polonaises sous les fusils des Russes pour combattre les ennemis de sa. patrie. 11 conseillait de soulever en même temps la Volhynie et la Lithuauie, faisant observer avec raison que sans l'appui d'un mouvement général on seruit écrasé ; mais il ne fut faire

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partager ses convictions aux chefs du gouvernement civil et, après la chute de l'insurrection,.se relira ii Cracovie. 11 fut nommé professeur d'histoire universelle et d'histoire de la littérature polonaise à l'université de cette ville, et, lors des événements de 1848, il fut élu président du gouvernement national. Ce fui en majeure partie à la sagesse des mesures qu'il prit à cette époque que Cracovie dut d'être préservée des massacres qui ensanglantèrent le reste de la Galicie. Interné peu de temps après par l'Autriche, il recouvra la liberté en 1848, lors de la révolution de Vienne qui ouvrit toutes les prisons politiques, et se retira en Italie, où l'un de ses fils établit à. Gênes une maison de banque. On a de lui un grand nombre d'ouvrages précieux, non-seulement à cause de la pureté du texte, mais surtout parce qu'ils renferment de véritables trésors do documents sur les matières qu'ils traitent. En tê;^ de tous se pince V Histoire de la littérature polonaise {Cracovie, 1840- 1857, 10 vol. in-8°), qui, bien qu'incomplète, puisqu'elle ne s'étend que jusqu'à la première moitié du xvh* siècle, n'en est pas moins l'un des plus beaux monuments de la langue polonai-e. Ses études à Edimbourg l'avaient conduit à écrire, sous ce titre : la Méthode, de Bacon pour l'explication de la nature (Cracovie, 1834), un Ouvrage qui a eu le mérite d'accélérer éminemment l'essor des études philosophiques en Pologne. Parmi ses autres écrits, nous citerons encore : Caractères de l'esprit humain (Cracovie, 1839, in-12 ; 2e édit., 1842); Mémoires pour l'histoire et la littérature polonaise (Cracovie, 1835, 4 vol.) j la Sagesse humaine, ses forces, ses qualités et tes moyens de la perfectionner (Cracovie, 1848, in-12).

C'est à son école, ainsi qu'à celle des Lelewel, des Mickiewicz, etc., que s'était formé" une élite de jeunes esprits qui, par leurs écrits nationaux, ont préparé pour leur pays le grand mouvement de résurrection morale qui a éclate en 1863 et qui se continue toujours en silence, malgré l'oppression moscovite. Au moment de sa mort, Wiszniewski s'occupait spécialement d'une Histoire de Napoléon 1", envisagé surtout au point de vue de son génie militaire.

WIT, dieu de la justice et de la vengeance, chez les Slaves. L'iuée de justice chez ces peuples était inséparable de celle de l'égalité, qui a produit la peine du talion.

WIT (Jacob Dli), peintre hollandais, né à Amsterdam en 1695, mort dans la même ville en 1754. Il excellait surtout dans l'exécution de tableaux représentant des groupes d'enfants ou reproduisant des objets sculptés. On cite, parmi ses œuvres les plus remarquables, six toiles conservées au musée de Cassel, dont quatre représentent les Saisons; au musée de Rotterdam, deux A llégories, peintes en grisaille; au musée de l'Ermitage, a Saint- Pétersbourg, les Sciences et les arts, allégorie ; deux Bacchanales d'enfants, Cupidon et les Génies de la chasse; enlin, il a exécuté dans l'une des salles de l'hôtel de ville d'Amsterdam des peintures qui imitent à tel point la sculpture sur bois, qu'elles trompent l'observateur le mieux exercé.

WIT (Ferdinand- Jean), dit de I)<erring,

homme politique allemand, né à Alloua en 1800, mort en 1863. Il fut élevé au Johuimeiim d'Altoua et alla en 1817 commencer ses études universitaires à Kiel, d'où il passa à léna, où il eut Charles Foller pour condisciple et pour compagnon de logement. Devenu l'un des membres les plus neufs de la Burschenschnft, il se vit forcé de prendre la fuiie en 1819 et se retira en Angleterre, où il fournit au Momiitg Chronicle un grand nombre d'articles aussi vifs que spirituels sur l'état de l'Allemagne. Appelé à Paris par son oncle maternel, le baron Eckstein, il se trouva, dans les salons du comte de Serre, qui était a^rs grand chancelier, en relation avec lus boinines d'Etat les plus éminems de la France et eut ainsi l'occusion de modérer et de rectifier ses opinions politiques. Les intrigues auxquelles il prit part amenèrent, en 1821, son arrestation en Piémont; mms son activité de conspirateur n'en fut pas ralentie, et, pendant le's cinq années suivantes, il fut emprisonné tour à tour en Italie, en Prusse, en Autriche, en Bavière et en Danemark. Apres avoir recouvré la liberté, il se maria en 1S28 avec une dame fort riche et acheta dans la haute feilésie un domaine, où il fixa sa résidence. Il chercha r-uitout à développer les sociétés de tempérance et fut, en outre, en 1848, l'objet des attaques des démocrates, qui l'accusaient d'appartenir au parti ultramonlaiii. U a lui-même raconté ses aventures dans les ouvrages suivants : Elucubraiiuns d'un prisonnier d'Etat (Brunswioli, 1827); Fragments de ma vie et de mon temps (Brunswick, 1847-1830,4 vol.), et Ma jeunesse et mes voyages (Leipzig, 1852).

WlTCltELL (George), astronome et géomètre anglais, né en 1758, mort en 1785. De très-bonne heure il s'adonna à l'élude des sciences, qu'il ne cessa de cultiver, tout en 'exerçant la profession d'horloger , puis il devint professeur rie mathématiques a Londres, membre de la Société royale (1767) et enlin grand maître de l'Ecole da marine à Portsmouth. Outre des articles scie minimes publiés dans le Mary, le Gentteman's Magazine, etc., on lui doit une carte du passage de l'ombre

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de la îune sur l'Angleterre pendant l'éclipsé de soleil du 1er avril 1764 et un plan pour calculer les effets de la réfraction et de la parallaxe, afin d'aider à déterminer la longitude en mer.

WITEBSK ou V1TEBSK, ville de la Russie d'Europe, ch.-l. du gouvernementde son nom, sur la Dwina, à son confinent avec la Witeba, à 627 kilom. E.-S.-E. de Saint-Pétersbourg, par 550 n' 35" de latit. N. et 27» 52' 23" de longit. E. ; 21,000 hab. Siège du gouvernement général de Smolensk, Witebsk et Mohilew. Cour d'appel; gymnase, séminaire; synagogues, églises catholiques et grecques. La petite rivière de Wiieba, qui, dit-on, a donné son nom à la ville, la traverse. La partie de Witebsk qui est sur la rive gauche de la Dvina est la plus considérable. Le quartier de la rive droite contient d'assez belles maisons et le couvent des piaristes. Commerce considérable avec Riga, Dantzig, Mutuel, Saint-l'étersbourg el l'intérieur.

Les historiens grecs du XC siècle citent cette ville comme se trouvant près de la route que suivirent les hordes du Nord qui descendirent le Dnieper pour se répandre en Grèce. Les Russes ta prirent en 1654 et la réunirent à leur empire.

WITEBSK ou VITEBSK (GOUVERNEMENT DK), forinéd'iiue partiede la Lithuanie, situé entre ceux de Pskov au N., de Livonie au N.-Q., de Courlande à l'O., do Wilna au S.-O., de Minsk et de Mohilew au S., de Smolensk à l'E. ; 43,721 kilom. carrés et 880,500 hab., en partie catholiques et en partie grecs (jadis unis) , mais parmi lesquels se trouvent encore 20,000 juifs, ces habitants sont, pour ce qui est de la nationalité, ou des Polonais, ou des i.ettes, ou des fiusniaks,ou encore des j Grands-Russes. Le pays est généralement plat; le N--E. est plus élevé que le reste. Il y a un grand nombre de petits lacs ; les eaux sont toutes tributaires de ta Baltique, surtout par l'intermédiaire de la Dwina méridionale, principal cours d'eau de ce gouvernement. Le sol cultivé est fertile, et on y recueille des blés d'hiver et d'été, du sarrasin, des légumes, etc. On y élève aussi une grande quantité de bétail el d'abeilles. Il y existe des mines de fer et des carrières de pierre à bâtir et à chaux, du gypse, de la terre à potier, etc. L'industrie manufacturière consiste en quelques fabriques de toiles, de tabac, des tanneries el des distilleries de grains. On confectionne dans les forêts une grande quantité de potasse. Le commerce, favorisé dans ses relations par le caual de la Bérézina et par la Dwina, consiste en céréales, chanvre, bois de construction et de mâture, peaux bruies, suifs, cire, miel, laine, etc., et est presque entièrement concentré au chef-lieu. Cette contrée fut enlevée à la Pologne en même temps que le gouvernement de Mohilew et incorporée à la Russie. En 1778, on l'érigea en gouvernement particulier, d'abord sous le nom de Polozk, puis sous celui de Witebsk, et de 1796 à 1802 elle fut désignée avec la région de Mohilew, Sous le nom de gouvernement de la Russie Blanche. Le gouvernement de -Witebsk est divisé en douze districts.

WITENAGEMOT OU WITENAGEMOTB (oui-te-iia-je-mo-ie. — Ce mot, qui sigmlie littéralement assemblée de sages, est formé des deux mots anglo-saxons witan, savoir, et yemotli, assemblée. Witan a pour racine wit ou wis, que Ion retrouve dans les mots anglais wit, intelligence, wilne.ss, témoin, et Wise, sage). Hist. Corps politique anglais, qui a été remplacé par le Parlement.

— Encycl. Hist. Le Witenagemot, conseil des sages , appelé aussi Micel-Oetteal, ou grande pensée, était l'assemblée nationale des Anglo- Saxons avant la conquête normande, au temps que l'on désigne sous le nom d'ilepturehie. Il offre un premier essai, fort remarquable, du régime parlementaire, tempérant le pouvoir royal, et peut être considéré comme l'embryon d'où sortirent progressivement les libertés anglaises.

Ce conseil, sorte de Parlement, existait déjà avec sa forme définitive sous Athelstaii (931); les shérifs de tous les comtés y assistaient. En 934, à l'une de ces assemblées, furent préoents : le roi, quatre princes gallois, deux archevêques, dix-sept évêques, quatre abbés, douze ducs et cinquantedeux tînmes ou chefs. Les membres n'étaient pas élus, mais nommés par le roi ou convoqués par l'assemblée après que celle-ci s'était constituée, el ils semblent avoir eu ou pris le droit d'amener chacun un ami ou un conseiller.

Sous Edouard le Confesseur (1OO4-1066), le witenagemot était préside par le roi de la Bretagne, souverain de toutes les nations de l'Ile, seigneur suprême des Cuntbiiens, des Scots et des Bretons. A côté de lui siégeaient les principaux officiers de sa maison, le staltere (ounnétaijle), le lhane du plat ou maître d'hôtel, le thane de.la chambre ou chambellan, les clercs de la chapelle royale et le chancelier. Puis venaient les membres du witenagemot, divisés en trois ordres ou états; 1 s prélats étaient placés le plus près du roi et avaient un double droit de présence, comme instituteurs du peuple et comme seigneurs fonciers. Auprès des évêques et des abbés se trouvaient beau-

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coup de membres inférieurs du clergé, car chaque évèque amenait un certain nombre de prêtres élus ou choisis dans son diocèse. Au-dessous du clergé étaient assis les pairs laïques et autres gouverneurs liés à la couronne par l'hommage; le roi des Scots, celui de Cumbrie, les rois et chefs du pays de Galles, les grands earls du royaume se distinguant par leurs colliers d'or et leurs bonnets entourés d'hermine. Au troisième rang étaient les lhanes, et derrière eux une foule de baillis et de notables personnages. Ces derniers n'avaient aucune influence pour la confection des lois; on leur laissait seulement la liberté de crier yea, yea (oui! ouil) , lorsque le décret rendu sur l'avis des witans (membres du witenagemot) était proclamé.

Tel était l'aspect du witenagemot, autant qu'on petit se le figurer d'après les documents qui existent aujourd'hui.

Les pouvoirs du witenagemot étaient fort étendus. Comme corps consultatif, l'assemblée avait le droit de décider quels seraient les actes publics que l'on soumettrait à- la sanction royale. Ses membres délibéraient sur les nouvelles lois à établir; ils avaient le pouvoir de faire des alliances et des traités de paix et d'eu stipuler les termes; enfin, c'étaient eux qui élisaient le roi et qui le déposaient. De concert avec le roi, ils nommaient les prélats aux sièges vacants, prononçaient dans les questions ecclésiastiques, fixaient les époques des fêtes et des grandes solennilés publiques et levaient des impôts. Ce n'était qu'après avoir obtenu leur consentement que le roi pouvait lever des troupes de terre et de mer. Ils conseillaient, approuvaient et garantissaient les donations de terre faites par le roi et prononçaient en outre la confiscation, au profit de ce dernier, des biens d«s criminels et des intestats. En résumé, le witenagemot agissait comme une véritable cour de justice, dans les causes tant civiles que criminelles.

Considéré comme congrès politique , on peut dire que le witenagemot représentait le royaume tout entier; mais, comme corps législatif, son autorité paraît avoir été limitée par les privilèges des divers Etats composant le royaume anglo-saxon. Ainsi, le Wessex, la Noithumbrie , la Meroie , l'Anglie orientale et le Kent ne se soumettaient aux décrets portés par le witenagemot qu autant que chacun de ces Etats en particulier les avait acceptés. Une dernière trace de celte indépendance des Etats subsiste encore; ainsi, l'Ile de Mail a continué de posséder une législature distincte, dite « chambre des clefs, » et les îles anglaises de Jersey et de Guernesey ont leurs conseils tout à fait indépendants du parlement de la Grande-Bretagne.

Le witenagemot fut naturellement aboli par l'invasion normande; mais l'idée fondamentale en fut conservée et développée par les Normands eux-mêmes, et il prit une forme différente lorsque Simon de Montfort, comte de Leieesier, écrivit au nom du roi aux shérifs de tous les comtés d'élire, par comté et par bourg, deux chevaliers et deux bouigeois qui devaient siéger au parlement et de.iberersur les affaires publiques.

W1TENÈS, grand-duc de Lithuauie, mort en 1315. Il succéda en 1283 à Tioydem, dont il u'eiaii pas ie lils, mais jeutement le parent, el, pendant son règne de trente-deux ans, fut presque continuellement en guêtre avec ses Voisins. Des 1283, il envahit ie palaiiuat de Sandomir, el il y avait déjà causé dus ravages considérables lorsqu'il fut obligé de reculer devant la noblesse polonaise, qui s'était réunie en toute hâte pour repousser les envahisseurs. Trois ans plus tard , Witenes eut, à sou tour, à repousser une invasion des chevaliers teutouiqu.es qui, pénétrant dans la Liihuanie jusqu'à Grodiio, reiuisireut cette ville en cendres. Le grandduc lira une vengeance éclatante de ce désastre; tandis qu'une partie de ses troupes Se jetait sur la Cnjavie et mettait à feu et à sai.g la ville de Dobizyn, un second corps d'armée attaquait et battait le grand maître de Livonie, qui resta parmi les morts. En 1294, Witeues pénétrait de nouveau dans la Cujavie et entrait, le jour de la Pentecôte, dans la ville de Lenciça, qu'il incendiait et dont il emmenait les habitants prisuitniers. En 1307, pendant une nouvelle incursion qu'il avait entreprise en Pologne, les chevaliers teutoniques remontèrent ie Niémen et surprirent encore une fois la ville de Grodno. Huit ans plus taid, Witeiiès mourut au retour d'une expédition qu'il avait entreprise contre Memel. Quelques chroniqueurs rapportent qu'il fut assassiné par son fils Gedyinin, qui lui succéda, et qui fut l'aïeul de Wladislas Jagetlon, roi de Pologne.

WITEZ (Michel de CSOKONAl), poète hongrois, né en 1773, mort en 1805. Bien qu'enlevé par une mort prématurée, à un âge où la renommée coinmence'à peine pour la plupart des auteurs, il s'était déjà acquis une réputation étendue par ses couiposi lions poétiques, parmi lesquelles ou. estime surtout ses idylles et ses chaiitsniiacreonliques, ainsi qu'un puëme héroï-comique, en quatre chants, intitule : Lturolhée ou le Triomphe des dames pendant le temps du carnaval (Urosswurdein, 1804, in- 80).

WITEZ DE ZBEDNA (Jean), prélat et homme d'Etat hongrois, mort en 1472. U lit

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