‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 935 sur 1042 · WOOL · texte numérisé non relu

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nêral. Après la guerre, le vieux soldat quitta le service actif et passa ses dernières années dans -une paisible retraite. De l'avis de ses compatriotes, aucun autre général de l'Union ne lui était supérieur en talents d'organisation et nul ne savait mieux que lui maintenir la discipline parmi les soldats.

WOOLER, petite ville d'Angleterre, comté de Norlhumberland, à 67 kilom. N.-O. de Newcastle, sur la Till; 2,500 hab. Elle est fréquentée par les malades qui viennent y prendre le lait de chèvre et le petit-lait. Aux environs , vestiges de retranchements romains.

WOOLIIOUSE (Jean-Thomas), oculiste anglais, né vers 1654, mort en 1730. Il fit ses études médicales & Londres, et parcourut ensuite les diverses parties de 1 Europe, opérant des cures plus ou moins remarquables, et faisant retentir partout l'annonce de ses incomparables succès. Certes ce spécialiste nîétaitpas sans mérite; cependant il est pénible de se rappeler qu'il soutint une opinion erronée relativement au siège delà cataracte. Lorsqu'il revint en Angleterre, il fut appelé à Londres par le roi, qui le nomma son médecin oculiste. Nous lui devons les deux ouvrages suivants : Catalogue d'instruments pour les opérations des yeux (Paris, 1695, in- 8); Expérience de différentes opérations manuelles et de guérisons spécifiques prati' quées aux yeux (Paris, 1711, in-8°).

WOOLLETT (William), graveur anglais, né à Maidstone dans le comté de Kent, en 1735, mort en 1785. Il étudia son art sous la direction de John Tinney, médiocre graveur de Londres, mais ne tarda pas k adopter un style complètement original, s'adonna avec succès à la peinture de paysage, et fut nommé graveur du roi George III. Peu d'artistes ont su tirer un parti aussi heureux du burin et de la gravure à l'eau-forte, et il a surtout réussi a reproduire avec une rare vérité les eaux, le feuillage et les rochers. Dans les dernières années de sa vie, il cultiva la gravure historique, et il a produit en ce genre quelques-unes des plus belles planches dont puisse s'enorgueillir l'école anglaise de gravure. La Mort du général Wolfe et la Bataille de la Hogue, exécutées l'une et l'autre d'après Benjamin West, sont regardées comme ses meilleures planches historiques. Parmi ses gravures de paysage, on estime surtout celles qu'il exécuta d après Wilson et qui sontauuombredeueuf.savoir : Phaéthon, Niobé, Céladon et Amélie, Céyxet A Icyone, le Snowdon, Cicéron dans sa villa, Météai/re et Atatantet Apollonetles Saisons, la Solitude. Woollett avait, en outre, gravé d'après Claude Lorrain, Zuccarelli, les Smith de Chichester, Stubbs et autres ; enfin il avait exécuté plusieurs planches d'après, des paysages dessinés par lui-même. Un monument lui a été érigé dans le cloître de l'abbaye de Westminster.

WOOLNOOGH (Joseph-Chappel) marin anglais, né vers 1780, mort en 1839. Fils d'un chirurgien, il entra dans la marine en 1800, et prit part au siège de Boulogne (1803), à la bataille de Tmfalgar (1805), à celle de Saint-Domingue (1S06), puisa 1 expédition de Copenhague et à celle qui avait pour but de bloquer le Tage (1807). Il servait alors à bord do 1 Agamemnon. Il reçut en 1808 le commandement du vaisseau le Commerçant, qu'il avait ordre de diriger vers Sainte-Hélène; on l'envoya ensuite a Rio de la Pluta, puis dans les mers du Nord, à Hambourg et à Cuxhaven, où se trouvait une flotte britannique. Devenu lieutenant de vaisseau en 1815, il assista à la reddition de Hambourg par te maréchal Davoustetalla réclamer à Gluckstadt la flotte danoise. Il fut nommé capitaine de la croisière le Tarlare en 1819 et, en 1828, devint commandant des forces navales. Il a laissé deux petits ouvrages insérés dans la Zîi'ographie royale navale de Marshall ; ce sont : un Mémoire sur le commerce de contrebande, et des Lettres sur l instruction navale.

WOOLSTON (Thomas), théologien anglais, né à Northainpton en 1669, mort en 1733. Il fit ses études a l'université de Cambridge et y obtint une place d'ussocié au collège de Sidney-Sussex. En 1705, il publiason premier ouvrage, qui avait pour titre l'Ancienne apologie pour la -érité de la religion chrétienne raoivée contre les Juifs et les Gentils, et dans lequel il cherchait à expliquer aliégoriquenient les écrits bibliques et soutenait que les actes du législateur Moïse n'avaient aucune réalité et n étaient que des prototypes idéaux de ceux du Christ. Il passa ensuite quinze ans dans la retraite, s'ooeupant sans relâche de l'élude des Pères de l'Eglise, et publia, en 1720, trois traités latins, dont l'un avait pour but de prouver que la lettre de Ponce-Pilate, transmise par les Pères, était apocryphe, et dont les deux autres parurent sous la forme de. lettres, sous le titre commun d'Origen Adamantius Renatus. D'autres lettres, qu'il adressa au docteur Benuett et dans lesquelles il prenait la défense des quakers et celle des apôtres et des Pères de l'Eglise primitive, lui attirèrent de vives attaques de l;i part du clergé, qu'il n'avait guère épargné de son côté. Dans des publications postérieures, notamment dans, ses Six discours sur tes miracles de Notre Sauveur (Londres, 1727-1729) et dans la Défense des six discours (Londres, 1729-1730, % vol.), il soutint que les mira-

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cles du Ohrist n'étaient pas réels et que ce n'étaient que des allégories mystiques. Cette doctrine souleva à la fois contre lui le clergé • et le gouvernement, et on lui intenta un procès qui eut pour résultat sa condamnation à une année de détention et à une amende de J00 liv. sterl. N'ayant pu, au bout d'un an, payer cette amende, il fut retenu en prison et ne recouvra sa liberté que peu de temps avant sa mort.

WOOLWICH, ville d'Angleterre (Kent), sur la rive droite de la Tamise, à 14 kilom. de Londres-, 41,700 hab. Ecole d'artillerie et du génie, grand arsenal, casernes, hôpital militaire ; fonderie de canons, chantiers pour la construction des vaisseaux de guerre; corderies, Alertes et autres établissements nécessaires au service de la marine. Première place du royaume comme dépôt d'armes et de munitions de guerre. On y remarque la rotonde, sorte de tente immense, aujourd'hui convertie en musée d'armes et de plans, et sous laquelle en 1815 le prince régent donna un repas aux souverains alliés; et la tour quadrangulaire diteSeverndroog-Castle, bâtie en souvenir de la prise du château du même nom en 1755 sur la côte de Malabar. Les jardins de la ville, situéB au bord de la rivière, forment une promenade agréable.

L'arsenal royal de Woohvich, qui jouit d'une juste célébrité, est un établissement considérable dans lequel se font tous les travaux relatifs au matériel de guerre. Il se compose de trois parties : la fabrique de canons, la fabrique des alfùts et voitures et le laboratoire royal. Woolwich ne fabrique pas seulement des canons, des boulets, des obus, des torpilles, des fusées, des cartouches, des affûts; on y fabrique encore une infinité d'objets nécessaires à une année qui entre en campagne, des souliers, des brouettes, des lanternes, des échelles, des tabliers de grosse toile, etc. En temps ordinaire, on compte près de 6,000 ouvriers attachés à l'arsenal de Woolwich.

WOONSOCKET, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de Rhode-Island, sur la rivière de Blackstone et le chemin de fer de Providence à Worcester; 6,500 hab. Nombreuses et importantes filatures de coton et de laine ; fonderies, ateliers, de construction de machines.

WOORARA s. m. (ouou-ra-ra). Nom indigène du curare, il On dit aussi worari,

WOORARI, -WOURARU, WORALI et WURALt.

WOOSTER, bourg des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de l'Ohio, à 197 kilom. O. de Pittsburg, sur la Killbuck; 4,500 hab.

WOOSUNG, ville de Chine, au confluent de l'Yang- Hé-Kiang et de la rivière qui remonte à Shatig-Haï. Station de commerce pour l'opium.

WOOTTON:BÀSSETT, ville d'Angleterre, comté de Wilts, à 22 kilom. O. de Swindon, sur le chemin de fer Grand -Occidental ; ■4,500 hab. Commerce de bestiaux et céréales.

WOOTZ s. m. (voutz). Comm. Acier fondu de l'Inde, très-dur et cependant malléable : Le meilleur acier fondu est celui qu'on fait dans l'Inde et qu'on appelle wootz; il coupe avec facilité notre acier le plus dur. (Francceur.) »

WORABÉ s. m. (ouo-ra-bé). Ornith, Espèce de pinson qui habite l'Abyssinie.

WORB1S, ville de Prusse, province de Saxe, régence et à 63 kilom. N.-O. d'Erfurt, chef-lieu du cercle de son nom, sur la Wipper; 3,100 hab.

WORBS (Jean-Théophile), historien allemand, né à Rœhrsdorf (Silésie) en 1760, mort en 1833. Il étudia la théologie et l'histoire à l'université de Halle, fut quelque temps précepteur et devint ensuite pasteur, puis surintendant à Piiebus. Ou a de lui, entre autres écrits : Histoire et description du pays des Druses en Syrie (179 1) ; histoire du duché de Sagan (1795J ; Archives de l'histoire de la Silésie, de la Lusace et en partie de la Misnie (1799) ; Nouvelles archives de la Silésie et de la Lusace (1804-1825); Catéchisme de l histoire nationale (1819-1821); Histoire des seigneuries de Soran et de Priebel (1826); Inuentorium diplomalicurn Lusatis inferioris, etc.

WORCESTER, Branogenium , Branonium, ville d'Angleterre, capitale du comté de son nom, à 35 kilom. O.-N.-O. de Londres, sur la Savern et sur le chemin de fer de Birmingham à Gloeester, par 50° 9' 30" de lat. N. et 40 20' 30" de long. O.; 32,000 hab, Evèché. Ecole latine. Ville bien bâtie et agréablement située. La prison nouvelle, l'hôpital, le théâtre sont, avec une cathédrale gothique du xive siècle, ou se trouve la tombe du roi Jean, les plus remarquables édifices qu'elle contient. L'industrie de Worcester est trèsactive. Il y a des fabriques de gants qui emploient plus de 1,400 ouvriers et livrent annuellement au commerce plus de 500,000 paires de gants ; des fabriques de porcelaine avec 150 ouvriers, de bottes et souders occupant plus de 540 ouvriers, d'objets en cuir, de serrurerie, de corroierie, clouterie, et beaucoup de tanneries. Sous le rapport du transit commercial, Worcester est un des grands points de communication entre l'Angleterre et le centre de la principauté de Galles.

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Foires le samedi après Pâques, les 25 août, 19 septembre et premier lundi de décembre. En 1651, Cromwell remporta sous les murs de Worcester une victoire décisive sur le parti royaliste.

WORCESTER (comté dis), situé entre ceux de Hereford à l'O., de Salop et de Stafford au N., de Warwick à l'E., de Monmouth et de Gloeester au S.; il a 55 kilom. sur 32 et 300,000 hab. L'aspect général de ce pays est varié et beau; il offre des plaines parsemées de petites éminences et partout une agréable verdure, des champs bien cultivés. Lair est généralement doux, et pur; il est un peu froid sur les collines de Broadway, de Bredon et de Lickley. La Severn parcourt ce comté du N. au S. et y reçoit la Thames à droite et la Stour et l'A von à gauche. On y remarque les canaux de Worcester - et - Birmingham et de StafTordshire-et-Worcestershire. Quant au sol, il est très-fertile dans les prairies et dans les vallées, surtout dans celles d'Everham. On y récolte du blé et d'autres.céréales, du houblon, beaucoup de pommes de terre, des cerises et des poires que l'on convertit en cidre estimé, etc. Ce comté ne renferme que quelques mines de houille à Dudley. Toutefois, on y trouve du quartz, du grès, de la pierre calcaire, de la terre à briques, etc. Son industrie manufacturière a particulièrement pour objet des fabriques de tapis, de soieries, étamines, étoffes à fleurs, crêpes, gants, porcelaine, verroterie, clouterie, quincaillerie, sel, etc. On en exporte du grain, de la farine, de la drèche, des haricots, du saumon, du bétail, des moutons, des porcs, du fourrage, du bois de construction, de la graine de trèfle, etc.

1 Worcesier (bataille de), gagnée par Cromwell sur Charles II, le 3 septembre 1651. Vaincu à Dunbar et serré de près par son adversaire, Charles chercha à ressaisir dans une entreprise aventureuse Ta fortune qui le fuyait sur les champs de bataille; il résolut de marcher sur Londres, espérant recruter sur son passage des renforts suffisants pour faire face à tous les dangers. Il envahit donc le nord de l'Angleterre à la tète de 1 6,000 Ecossais, après avoir réussi à dérober sa marche à Cronvwell. Mais l'infatigable vigilance de celui-ci ne pouvait pas être déjouée bien longtemps ; instruit presque aussitôt du départ de l'armée royale, il se lança à sa poursuite et l'atteignit près de Worcester à la tête de 40,000 hommes. Charles II avait commis la faute de s'arrêter dans cette ville et de la fortifier, fondant ainsi tout son espoir sur les armes, au lieu de s'acheminer sur Londres à marches forcées; là, son entreprise revêtait un caractère politique qui pouvait peut-être couronner do succès son audace. Cette faute fut sa perte. L'armée, royale, appuyée sur Worcester, occupait une des rives de la Severn et sa position eût été inexpugnable si elle avait eu à sa tête un homme de caractère; mais la plupart des généraux étaient désunis et, de plus, avaient perdu touta confiance, double cause de revers. Cromwell, après avoir couvert la Severn d'un pont de bateaux, fit franchir cette rivière k une partie de ses troupes, malgré les efforts de l'ennemi, et renversa les premiers corps qui s'opposèrent à son déploiement. Déjà même l'armée royale rétrogradait sur Worcester, lorsque Charles, qui n'était pas descendu de cheval toute la nuit précédente, accourut en toute hâte et ranima le courage de ses soldats. La bataille recommença alors avec plus d'ordre et d'acharnement. Le roi, à la tête des dragons du régiment d'Hamilton, chargea l'ennemi avec fureur et fit plier le régiment même de Crojn well. Mais que pouvaient tous les prodiges de valeur contre la triple supériorité du nombre, de la discipline et du génie? Charles vit toutes ses charges re poussées, combattit alors à pied au milieu de la plus Sanglante mêlée. Vuleur inutile: l'infanterie écossaise fut mise en déroute après une lutte acharnée. Le roi, s'opiniâtrant sur ce champ de bataille jonché des cadavres de ses fidèles, remonta à cheval et tenta encore de rallier quelques escadrons de cavalerie. Mais la bataille était irrévocablement perdue pour lui ; il voyait ses troupes dispersées, ses prirïcipaux officiers tués, blessés ou en fuite, et il dut enfin comprendre qu'il ne lui restait plus qu'à se mettre lui-même en sûreté, ce qu'il fit après avoir combattu jusqu'au dernier moment. • On ne sait pas ce que le roi est devenu, écrivait un officier prisonnier; puisse Dieu le conserver, car on ne vit jamais plus brave et plus généreux prince 1 »

Une partie de l'infanterie écossaise s'était repliée vers la ville, suivie de prè3 par les vainqueurs, qui entrèrent pêle-mêle avec les fuyards et continuèrent le carnage dans les rues. La forteresse, ayant refusé de se rendre, fut emportée d'assaut et la garnison tout entière passée au fil de l'épée. Cromwell avait envoyé en même temps plusieurs détachements à la poursuite des restes de la cavalerie ennemie ; les malheureux Ecossais, ne sachant où se réfugier, car de vieilles haines animaient contre eux les habitants des campagnes, furent presque tous exterminés; à peine quelques-uns réussirent-ils à regagner leur patrie. Le brave Hamilton, laissé sur le champ de bataille, la jambe brisée par un boulet, mourut le lendemain et échappa ainsi au supplice que le vainqueur réservait aux chefs du parti vaincu.

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La journée de Worcester anéantit les dernières espérances de Charles II, qui ne parvint à gagner la côte et à faire voile pour la France qu'après une course errante de plusieurs mois, pendant lesquels il entendit plus d'une fois les crieurs publics proclamer le prix magnifique auquel le Parlement avait mis sa tête. Ces terribles vicissitudes ont fourni aux écrivains anglais le sujet 'd'une foule de récits émouvants qui ont rendu populaire le nom de Worcester.

WORCESTER, ville des Etats-Unis (Massachusetts), ch.-l. de Comté, à 70 kilom. S.-O. de Boston; 28,000 hab. Société d'antiquaires, musée, bibliothèque. Placée à peu près à égale distance des ports de Boston, de Providence et de Norwich, auxquels elle se relie par chemins de fer; rattachée par les autres parties du réseau ferré, dont elle est le centre, aux grandes lignes du nord et de l'ouest, qui la mettent ainsi en relation avec la région des lacs, l'Hudson et la vallée du Saint-Laurent, la ville de Worcester forme un des marchés les plus importants du commerce intérieur de la contrée. Le mouvement commercial est alimenté 'd'une part par les denrées coloniales et les matières premières nécessaires à l'industrie locale , telles que fer, fontes, cuivres et charbons, et, de 1 autre, par les articles manufacturés de Worcester et par les produits agricoles que fournit le comté, notamment les foins, le beurre et les fromages, pour lesquels il rivalise en quantité et en qualité avec le comté d'Oneida. Le travail manufacturier n'est pas moins développé que le commerce à Worcester. Les manufactures y sont nombreuses et donnent des produits de diverse nature. Les tréfileries, dont la plus considérable livre chaque année de 500 à 600 tonnes de,fil de 1er, tiennent le premier rang parmi ces établissements. L'armurerie est également une des industries les plus actives de Worcester, où l'on fabrique spécialement des pistolets. On y compte aussi des fabriques de tissus de laine et de coton, une grande manufacture de tapis, deux ateliers de construction de wagons, des tanneries, des bourreleries pour selles, harnais, colliers d'attelage, etc., et des cordonneries.

WORDSWORTH (William), poète. anglais, né à Cockerinouth, comté de Cumberland, en 1770, mort à Rydal-Mount (Westmoreland) en 1850. H était le fils d'un homme de loi, chargé de gérer les propriétés de sir James Lowther, depuis comte de Lonsdale, et il commença .son éducation à l'école de Cockermouth. A l'âge de neuf ans, on l'envoya à celle de Hawkshead,daiis le Lancashire. Là, il étudia quelque peu le grec, le latin, les mathématiques et surtout Gray et Goldsmith. En 1787, il perdit son père et fut confié à l'un de ses oncles, qui l'envoya terminer ses études à l'université de Cambridge, où il continua ses travaux poétiques en se familiarisantavec les plus grands postes de l'Angleterre, Chaucer, Spencer, Milton et Shakspeare.

Vers 1 automne de l'année 1790, il entreprit un voyage sur le continent avec un de ses compagnons d'étude, M. Robert Jones, qui l'accompagna l'année suivante dans le nord du pays des Galles après qu'ils eurent pris leurs uegrés au collège. Il retourna en France à tu fin de l'année 1791 et y séjourna près d'une année. Il salua avec enthousiasme l'avénemeut de la Révolution française. Peu de poêles anglais, du reste, échappèrent à l'influence de cette grande époque : Burns, Coleridge , Southey , Campbell accueillirent comme lui avec joie l'aurore de la liberté. Wordsworth, après avojr résidé quelque temps à Orléans et à Blois, repassa par Paris, où venaient d'avoir lieu les massacres de Septembre. Sa foi républicaine n'en fut point éhranlée, et il revint au mois de décembre 1792 en Angleterre, décidé à entrer de plainpied dans la vie politique.

A cet eifet, au lieu d'aller habiter la campagne qu'il aimait beaucoup, il vint séjourner à Londres. Ses amis essayèrent de le décider à entrer dans les ordres pour lui faire obtenir un bénéfice; mais il était à la fois républicain et libre penseur ; ii refusa de faire la moindre démarche en ce sens. Sur ces entrefaites, et comme le jeune homme, indécis sur le choix d'une carrière, coiumençait à avoir de grands embarras d'argent, un de ses amis, Rtiisley Calvert, vint à mourir, lui laissant par testament une somme de 900 livres sterling. Quelque temps après, il reçut encore 1,000 livres sterling provenant de la succession de son père, mort intestat. 11 avait déjà publié plusieurs ouvrages depuis 179? : la Promenade du soir; les Croquis descripti/s, intéressantes impressions de voyage, et un poëme, Coupable et malheureux, qui pour la première fois donna la mesure de son talent. Wordsworth se retira dans le comté de Dorset, à Kacedown, avec sa sœur, résolu de se consacrer tout entier à la poésie (1795). Durant l'été de 1797, il reçut la visite de Coleritlge, et les deux poêles se prirent l'un pour l'autre d'une amitié qui ne devait finir qu'avec la vie. Bientôt Wordsworth et sa sœur changèrent de résidence et vinrent habiter Alfoxden, près de Nether Stowey, où demeurait Coleridge. C'est là que le poiite a écrit uu grand nombre de poésies et sa tragédie des Borderers, qui devait être représentée au théâtre de Covent-Garden, mais qui fut refusée. En 1795 parurent les Ballades tyri-

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qms, recueil auquel collabora Coleridge en y insérant le Vieux marin, une de ses ballades les plus connues. ■ Dans la distribution de ce travail, dit M. Jannet, le surnaturel avait été réservé à Coleridge. Il devait prendre pour point de départ des superstitions et en déduire les mêmes émotions qui naîtraient d'événements réels. Wordsworth devait, au contraire, partir de la réalité la plus exacte et en tirer les émotions que l'on demande ordinairement aux 'fictions. Tous deux s'acquittèrent supérieurement de leur tâche, mais ne réussirent pas à obtenir l'assentiment du public. » La même année, munis de l'argent que leur avait rapporté la vente du volume, tant à Bristol qu'à Londres, Wordsworth, sa sœur et Coleridge partirent pour l'Allemagne, qu'ils traversèrent de Hambourg à Ratzeburg. A leur retour en Angleterre, ils allèrent se fixer à Grasmere, dans le Westmoreland, où ils vécurent environ huit ans. Ils firent réimprimer les Ballades lyriques, augmentées de nouvelles pièces (1800, 2 vol. in-S"). Deux ans après, au mois d'octobre , Wordsworlh épousa Marie Hutchinson, avec laquelle il vivait déjà dans l'intimité la plus étroite. L'année suivante, toujours accompagné de Coleridge et de sa sœur, il alla faire en Ecosse une excursion qui eut sur son talent une influence manifeste et lui inspira ses poëmes les plus populaires. Il y avait déjà plusieurs années qu'il travaillait à un poëme en vers blancs intitulé le Prélude, qu'il termina eu 1805, mais qui ne fut publié qu'après sa mort. Il composa aussi le Waggoner, qui ne devait voir le jour qu'en 1819. Depuis Pope, aucun poète n'avait été aussi soigneux de sa réputation que Words worth ; aussi ses productions furent-elles de plus en plus goûtées. Il acheta bientôt un joli cottage, du prix de 1,000 livres sterling, dont 400 furent généreusement payées par lord Lonsdale.

En 1807, Wordsworth publia un nouveau l'ecueil, Poems (2 vol. in-8°), qui fut assez sévèrement accueilli par les critiques de la Bévue d'Edimbourg, bien qu'il contînt la Chanson pour la fête de Brougham- Castle et plusieurs des meilleures pièces de Wordsworth. En 1809, il se produisit pour la première fois comme écrivain politique en publiant son Essai sur la capitulation de Cintra, dans lequel l'ancien républicain, jadis très-opposé a ia politique de Pitt et à la guerre avec la France, devenu conservateur déclaré, ne reprochait aux disciples de Pitt que de ne pas pousser avec assez de vigueur la guerre contre notre pays. Cette volte-face s'explique du reste facilement; ii était avec la France combattant pour la liberté et défendant ses frontières envahies par les rois coalisés; il fut contre la France lorsque Napoléon menaça la liberté de l'Europe. Il restait en réalité fidèle à ses anciens sentiments lorsque dans ses Sonnets à la liberté il célébrait l'héroïsme des défenseurs de Saragosse.

Wordsworth eut en peu de temps cinq enfants de sa femme; mais ii en perdit deux en bas âge et cette double perte le décida à changer encore une fois de résidence. Il vint en 1813 habiter Rydal-Mount, où il devait rester jusqu'à la tin de ses jours. La même année lord Lonsdale le fit nommer distributeur du timbre du comté de Westmoreland, emploi qui lui rapportait environ 600 livres sterling par an et qui en réalité l'occupait fort peu. 11 en profita pour faire plusieurs voyages en Ecosse et sur le continent, en Hollande et en Belgique, puis en Allemagne, en Irlande et en Italie. En 1839, il reçut de l'université d'Oxford le grade de docteur en droit et, en 1842, fut pensionné" par le gouvernement anglais. Il succéda ensuite à Southey comme poète lauréat en 1S43. Quatre ans après, il éprouva un des plus grands chagrins de sa vie par la perte de sa tille Dora ; il ne lui survécut que trois années et fut enterré avec ses trois enfants dans le cimetière de Grasmere.

Le genre de Wordsworth eut de nombreux imitateurs, et l'école des lacs ou lakistes, dont il était le chef, a laissé son empreinte sur la poésie anglaise contemporaine. Ce qui caractérise surtout sa poésie, c'est la douceur et le calme. «Il semble qu'au milieu des crises humaines de son temps, a dit un critique, l'âme contemplative de Wordsworth ait recuelli tout ce qui restait ici-bas de sérénité; non qu'il vécûtdétaché desescontemporains ; loin de là, il réfléchit leur enthousiasme, leurs joies et leurs douleurs, mais comme un lac enfoui au fond des bois refléchit l'orage et ses feux , sans que ses profondeurs eu soient troublées; un moment assombrie par la nue, allumée par l'éclair, sa limpide surface do nouveau se colore des fleurs sauvages de ses bords, de l'oiseau qui se désaltère en chantant, de l'azur du ciel qui reparaît. • Les émotions violentes n'avaient pas de prise sur l'esprit placide de Wordsworth. Doué d'un sentiment exquis du beau, il trouvait partout à admirer, à aimer. Pour lui, les parfums étaient plus enivrants, le jour plus lumineux, les couleurs plus riches, les prairies plus diaprées,' les bois plus mystérieux. Le charme de la sensation s'épanche en ses vers comme une ondée de printemps qui verdit et ranime tout ce qu'elle touche. Il n'est pas si humble sujet qu'il n'élève à la hauteur de sa pensée. Une marguerite éclose sur la lisière du chemin l'arrête au passage. « Quand frappée d'un rayon du matin, dit-il, je te vois te dres-

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ser alerte et gaieg ô ma riante fleur, mon âme aussi se redresse joyeuse de ta joie ; et quand vers le soir, oppressée de rosée, tu te penches et t'endors, l'image de ton repos m'a souvent allégé le lourd poids des soucis. »

Plus loin, un papillon l'attire et le retient. « Tarde encore un peu! s'écrie-t-il. Que n'avons-nous pas à nous dire, cher historien de mon enfance I Le passé mort revit en toi. Fugitive et brillante créature, tu évoques en mon cœur de solennelles images, la famille et mon père. Qu'ils étaient beaux ces jours où, dans mes débats enfantins, nous poursuivions le papillon, ma sœur, Emmeline et moi ! Ardent chasseur, je relançais la proie de tige en tige, de buisson en buisson, mais elle, bénie de Dieu, eût tremblé d'enlever la poussière de tes ailes. »

Words-worthest le poète des sentiments intimes; il dédaigne les images et les fantaisies j il n'a voulu employer ni le somptueux appareil du savoir mythologique ni les couleurs éclatantes et les recherches de la diction. Son style est simple et familier ; il prend les éléments les plus ordinaires de la nature et de l'âme humaine et il eu tire les plus belles inspirations; il n'est créature si chétive qui ne lui paraisse digne de ses chants. Wordsworth est éminemment religieux. Qu'importe le rang que l'homme occupe en ce monde, n'ut-il pas upporté en naissant, sur la paille ou dans un palais, une âme immortelle? Visible ou voilée, cette âme existe. Le poëte la reconnaltet la réchauffe au foyer de l'amour maternel dans sa poésie de V Enfant idiot. Il la relève et la console chez la pauvre fille abandonnée que la souffrance purifie; il la retrempe chezle vagabond aux sources jaillissantes do la pitié. Il ue dédaigne rien pour la tirer de son léthargique sommeil. Nihil. humani a me alienum pulo, telle est sa devise. Ce genre de poésie a eu pour adversaires les partisans de l'élégante et classique école de Pope et les admirateurs de l'amer et sceptique Byron. Ou. critiqua et on railla Wordsworth. Les revues en parlèrent comme d'un poète amateur qui écrivait pour, les enfants des ballades dont les héros étaient des idiots et des porteballes; qui adressait des sonnets au coucou, à l'arc en-ciel, à la marguerite; poëte des simples des champs et des simples d'esprit! Ce qu'on peut reprocher à Wordsworth, c'est en général l'indécision de ses plans, le vague de ses conclusions, trop d'insistance sur les détails et, pur suite, de la prolixité j mais personne ne l'égale pour la grâce du style, la vérité du sentiment, la profondeur et l'originalité des pensées, la pureté et l'élévation du but. Nous citerons encore, pariai les oeuvres les plus remarquables de Wordsworth : l'Excursion, poème publié en 1814 et qui passe pour son chef-d'œuvre; The W/iite l)oe of Ryhtone (1815); Peter Bell (1819); une Seconde visite à Yarrow et autres poèmes dont le recueil parut seulement en 1835.

WORDSWORTH (Christophe), théologien anglais, frère du précédent (William), né dans le Cumberland en 1774, mort en 1846. Il lit ses études à l'université de Cambridge et devint, en 1802, chapelain particulier de l'archevêque de Cantorbéry, puis, dans la Suite, doyen de Bockmg (i808), recteur de Lambreth et de Suudridge (1810), chapelain de la Chambre des communes, maître du collège de la Trinité, à Cambridge, et enfin recteur de Buxted, dans le comte d'Essex (1820). Nous citerons, parmi ses écrits : Six lettres à Granvitle Sharp sur ses remarques à propos des emplois de l'article défiai dans le texte grée: du Nouveau Testament (\&Q2, in-8°); Biographie ecclésiastique ou Vies des /tommes éminents qui ont été en rapport avec l'histoirede ta religion en Angleterre (1809, 6 vol. in-SO; 1839, 3<J édit., 4 vol. in-8<>) ; Sermons

t' EVkiIiv pairil.uài (1828, in-8°), etc.

WORDSWORTH (John), helléniste anglais, fils du précédent, né en 1805, mort k Birmingham en 1839. Il fit ses études à Winchester, puis au collège de la Trinité, de Cambridge, où il resta en qualité de fetlow jusqu'en 1833. A cette époque, il visita Jo continent et alla k Florence étudier les manuscrits d'Eschyle. Il a consigné le résultat de ses travaux sur le grand tragique grec dans une série d'articles insérés au Philological Muséum. A son retour, il fut nommé assistant tulor du collège de la Trinité, puis professeur de grec; on Je chargea aussi de la publication des manuscrits inédits de Bentley, entreprise par le collège. En 1837, il entra dans les ordres, résigna sa chaire du collège de la Trinité, puis prit, peu de temps après, la direction du collège du roi Edouard, à Birmingham, position qu'il occupa jusqu'à sa mort. On trouva dans ses papiers ia Correspondance de Bentley, mise en ordre, prête à être publiée, et un Dictionnaire classique qu'il n'avait pas eu le temps d'achever.

WOnUSWOKTH (Christophe), théologien anglais, frère du précédent, né en 1807. Il fit également ses études à l'université de Cambridge , y obtint, en 1827, la médaille du chancelier pour son poème intitulé les Druides, visita la Grèce pendant les années 1832 et 1833, devint ensuite fellow du collège de la Trinité, à Cambridge, et fut appelé, en 1835, à la direction de l'école d'Harrow, qu'il conserva jusqu'en 1844 , époque où il fut

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nommé chanoine de Westminster. Il est, depuis 1855, archidiacre de cette abbaye. On a de lui une foule d'ouvrages, parmi lesquels on remarque : Athènes et l'Attique, journal d'un séjour dans cette contrée (1838, in-8°) ; Inscriptions anciennes copiées sur les murs de Pompéi avec des fac-similé (1838, in-8»); la Grèce pittoresque, monumentale et historique (1839, in-8°); Correspondance de Richard Bentley, avec notes et explications (1842, 2 vol. in-8<>); Journal d'un voyage en France (1845, in-8<>); Lettre à M. Gondon, auteur du Mouvement religieux en Angleterre, sur le caractère destructif de l'Eglise de Home à la fois en religion et en politique (1847, in-8") ; Sur le canon des Ecritures de l'Ancien et du Nouveau Testament (1848, in-8») ; Leçons sur rApoi;»lypse(ï849, in-S<>); Mémoires de William Wordsworth, poète lauréat (1851, 2 vol. in-Sf>); Saint Hippoiyte et l'Eglise de Rome dans la première partie du m* siècle, d'après les Pkilosopltumena récemment découverts (1853 , in-8°) ; Remarques sur l'ouvrage de M. Bunsen sur saint Hippoiyte (1855, in-8°) ; Babylone ou Examen de cette question : l'Eglise de Rome est-elle la Babylone de ('Apocalypse (1856 in-12, 3e édit.) ?'

WOR1NGEN, autrefois Buruncum, ville de Prusse , province du Rhin , régence et à. 22 kilom. N.-O. de Cologne, près de ta rive gauche du Rhin;2,ooo hab. Ancienne' seigneurie.

WORKHOUSE s. m, (ouor-kaouss — mot angl. formé de worlc, travail ; house, maison). Maison de refuge pour les mendiants, en Angleterre : Est-ce que le gouvernement anglais, par exemple, sait donner du travail aux mulheureux qui se réfugient dans les 'WORKHOU- SKS? (Proudh.)

— Encycl. Les workhouses ont été établis en Angleterre par la loi de 1834 qui, sous le nom de poor law, règle tout le système de l'assistance publique dans le Royaume-Uni. Déjà, sous George 1er, quelques paroisses avaient été autorisées à fonder des établissements de ce genre; la loi de 1831 en augmenta considérablement le nombre et en réglementa le fonctionnement. Les workhouses répondent à nos dépôts de mendicité, avec cette différence qu ils sont beaucoup plus nombreux, qu'ils reçoivent des hôtes temporaires et peuvent ainsi servir d'asile, pour une nuit ou deux, aux pauvres gens sans abri. Les vagabonds et les filous profitent naturellement de cette tolérance , mais le but n'en est pas moins charitable. Ainsi que leur nom l'indique, les workhouses sont des maisons de travail; l'hôte temporaire, celui qui n'a fait que coucher une nuit dans l'établissement, est forcé de travailler quelques heures à son réveil, comme payement du prix de l'hospitalité.

On reçoit dans les workhouses les pauvres de tout sexe et de tout âge; ils sont répartis en sept quartiers : vieillards et infirmes , hommes et jeunes gens va!id«s de quinze ans et au-dessus, garçons de sept a quinze ans, femmes âgées ou infirmes, femmes et jeunes filles au-iîssus de quinze ans, jeunes filles de sept k quinze ans, enfants des deux sexes au-dessous do sept ans ; deux autres quartiers sont affectés aux hôtes temporaires des deux sexes; enfin, quelques workhouses possèdent un quartier sépare pour les fous et les idiots, mais ceux-ci ne peuvent y séjourner plus de quinze jours; au delà de ce terme, ils sont renvoyés ou dirigés sur les établissements spéciaux. Chaque workhouse est administré par un directeur, qui est en même temps officier de l'état civil, car il enregistre les décès et les naissances; ce directeur est choisi par un bureau d'administrateurs élus dans chaque paroisse par les propriétaires qui contribuent à la taxe des pauvres; il gère l'établissement sous le contrôle du bureau, 11 a pour aides une matrone qui le supplée au besoin et sous la direction de laquelle est placé le quartier des femmes; un chapelain, un instituteur et une institutrice, une nourrice pour les nouveau-nés, sont attachés à. chaque workhouse. Tous ces établissements sont placés sous la surveillance d'un bureau central, le bureau de la loi des pauvres, qui constitue à Londres une sorte de ministère spécial.

Tout individu qui se présente k la porte d'un workhouse est immédiatement reçu, sans condition d'âge, de sexe, d'origine, de caractère ou de conduite. Celui qu'on refuserait d'admettre peut en appeler immédiatement au juge de paix. Il est placé dans le quartier des hôtes temporaires (casuats), quartier où l'on no'peut séjourner que trois jours au plus ; la plupart quittent le workhouse avant l'expiration de ce.délai, quitte à y revenir toutes les fois qu'ils se verront sans asile. Chaque arrivant est dépouillé de ses habits et forcé de revêtir le costume de la maison, après avoir pris un bain. On lui rend ses vêlements à la sortie. Ceux qui veulent rester sont visités par le médecin et classés dans une des catégories ci-dessus. Ceux-là, sauf de rares exceptions, ne quittent plus la maison, quoique le régime disciplinaire soit assez dur; c'est qu'ils se savent incapables de se procurer un meilleur sort en restant libres et que, fatigués d'une longue misère, ils ont renoncé à ia lutte.

Londres compte environ cinq cents workhouses; la plupart ne peuvent recevoir que quelques centaines de pensionnaires; quel-

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ques-uns vont jusqu'au millier; un seul est aménagé de façon à en recevoir jusqu'à trois mille cinq cents. A chaque workhouse est attachée une école destinée non-seulement aux enfants des pensionnaires de l'établissement, mais aussi aux orphelins, aux enfants abandonnés et aux enfants pauvres de la paroisse. Dans l'Angleterre et te pays de Galles, le nombre des enfants reçus dans les écoles des workhouses s'élève annuellement environ au chiffre de trois cent cinquante mille.

• Matériellement, dit M. L. Reybaud, l'aspect des workhouses est assez satisfaisant. Beaucoup d'entre ces établissements sont des constructions neuves, d'autres des bâtiments récemment appropriés où, quand l'espace l'a permis, on a ménagé des préaux plantés d'arbres. Dans les salles, dans les dortoirs règne la propreté compatible avec les pensionnaires. Il n'y a pas non plus beaucoup à reprendre à leur tenue. Le pauvre laisse ses haillons et revêt la livrée du lieu, un vêtement de bon drap pour l'hiver et d'une étoffe plus légère pour l'été. Une fois entré, il est assujetti étroitement à la règle. Tout est fixé pour lui, les heures de repas, du lever, du coucher, du travail dans les ateliers. Les actes ne sont plus libres; les relations de famille non plus. L'homme est séparé de sa femme ; les enfants, quand ils ne sont pas sous les mêmes verrous, ne voient leurs parents qu'à de certains jours. C'est comme un abandon de ce qu'il y a de dignité et de charme dans l'existence humaine. Cet abandon est une nécessité; dans d'autres conditions, ces établissements n'auraient pas de discipline sérieuse. N'est -il pas juste; d'ailleurs, qu'entre ceux qui se suffisent et ceux qu'on assiste une inégalité de traitement soit maintenus? En résumé, ce régime est ce qu'il doit être, ni trop doux, ni trop dur. Mais cet ordre superficiel couvre un profond désordre moral. Au fond, les hommes qui peuplent les workhouses n'ont, dans les cas les plus fréquents, d'autre tort que d'être tombés à la charge de la communauté. Comment se fait-il que Te sens moral soit tout aussi effacé dans "ces maisons que dans les prisons et dans les geôles? Un workhouse est un foyer d'infection, dont nos dépôts (le mendicité sont loin d'offrir l'équivalent. Nos dépôts sont des lieux de passage; les maisons anglaises sont, au contraire, pour les sujets déclassés, un toit de famille, où trois générations trouvent parfois un abri, et que les enfants s'accoutument à regarder comme le seul héritage auquel ils puissent légitimement prétendre. Ils en sortent, ils y rentrent suivant leur convenance ou leur caprice, avec la certitude que, quoi qu'il arrive, ils y trouveront un lit et un repas. C'est une tribu à part; le paupérisme s'y est transmis avec le sang. En compulsant les registres des paroisses depuis la reine Elisabeth, on a pu reconnaître que, dans un grand nombre de localités, ils contiennent les mêmes noms de pauvres, désignent les mêmes quartiers et permettent de suivre les traces d'une filiation qui s'est rarement interrompue. Quelques garçons à peine échappent à cette fatalité d'origine, prennent du service dans la marine ou dans l'année, vont au loin se faire pêcheurs de baleine ou chercheurs d'or et se préservent ainsi par l'éloignement ou par l'exil. 11 en est qui, le pacte rompu, font souche d'honnêtes gens. Mais les jeunes filles, comment pourraient- elles échapper à leur sort? Leur sexe les enchaîne à ce monde déchu, où elles n'ont de choix qu'entre les désordres. Elles y sont nées, elles y mourront; leur esprit ne conçoit ni d'autres rapports ni d'autres mœurs. La réforme de 1834 a donc été un avortement. On avait présumé qu'en tenant sous les verrous cette légion d'indigents on viendrait aisément k bout de leurs instincts vicieux et que, de gré ou de force, on leur rendrait le goût et rhabilude du travail. L'illusion n'a pas été longue, et aujourd'hui l'expérience a prononcé. Les nouveaux cadres ne sont pas plus favorables que les anciens à un amendement moral; ni le séquestre ni les communications extérieures n'ont tourné à bien. Dans le séquestre, les mauvais éléments sont entrés en fermentation par le contact, et quand, par occasion, une petite amélioration est arrivéo à se produire, elle a été détruite par les communications du dehors. Les portes du workhouse ne s'ouvrent, en effet, que pour des gens pires que les internés, parents, amis, vivant de mendicité déguisée ou de trafics encore plus équivoques. Quelque discipline que l'on maintienne à l'intérieur, les relations de famille amènent le mélange des sexes et cela suffit pour que des chutes s'ensuivent. Les parents ferment les yeux, quand ils n'y prêtent pas les mains. Quels exemples pour les enfants du premier âgel et qu'attendre d'une éducation commencée et achevée sous les auspices de cette dégradation? ■

Telles sont les réflexions qu'inspire l'institution des workhouses comme asiles permanents de ceux qui y ont cherché un refuge. Quant à l'hospitalité temporaire qu'ils offrent aux gens sans asile, on ne peut nier que le but n en soit tout à fait philanthropique. Malheureusement, pour quelques pauvres ouvriers sans pain et sans gîte qui y viennent passer une nuit ou deux, des centaines de vagabonds de la pire espèce abusent de la charité publique et considèrent le workhouse comme leur gîte naturel. Les pauvres bon-

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nêtes s'y trouvent dans uns promiscuité déplorable avec les filous. Un rédacteur du Pall Mail Gazette eut la curiosité de s'aventurer une nuit dans cet enfer, et il fait de son excursion, sous le titre de ; Une nuit dans un workhouse, un curieux récit que nous reproduisons en l'abrégeant.

• Je frappai à la porte d'une main courageuse. On ouvrit, t Que demandez- vous? — » Un asile. — Votre nom? — Joshua Ma- » son. — Que faites-vous? — Je suis gra- ■ veur. — Où avez-vous couché la nuit der- » nière ? — A Hammersmith. — Où irez-

• vous en sortant d'ici? — A Hammersinith.

• — C'est bien ; voici votre pain, a

• Du bureau, où ce dialogue avait eu lieu, je fus conduit, à travers une cour triste et^ .froide, à la salle des bains. On me fit ôter tous mes vêtements, avec injonction de les plier dans un mouchoir; on les mit sous clef, et ils devaient m'être rendus le lendemain. J'obéis. C'était une chose affreuse à voir que le bain où il me fut ensuite prescrit de me plonger. Le liquide qu'il contenait ressemblait à l'eau dans laquelle on a fait bouillir du mouton. Je pensai aux pauvres couverts de vermine, à qui cette eau avait déjà servi ; mais il n'y avait pas à reculer; fermant les yeux, je me précipitai dans le mutton broth. L'horrible épreuve subie, on me remit. un numéro; on me donna une chemise; on me jeta sur les épaules une couverture de laine grossière et on me conduisit au dortoir des casuals. C'était un espace pavé de dalles qui disparaissaient en partie sous la fange. Des tuiles mal jointes, au travers desquelles filtrait l'humidité, formaient le toit. Des quatre côtés de l'enceinte, trois seulement étaient dos murs, le quatrième se composant de planches et d'une mauvaise toile, dont les crevasses laissaient voir le ciel et laissaient entrer le vent. Là, sur des sacs étroits, qu'une poignée de foin élevait à peine de 6 pouces au-dessus des dalles glacées, j'aperçus une trentaine de malheureux, hommes ou enfants. Les uns, ta tête cachée dans leur couverture et immobiles, me firent l'effet de cadavres qu'on a couverts pour en dérober la vue ; les autres, assis sur leur séant et nus jusqu'à la ceinture, m'apparurent comme les démons de la débauche et de tous les vices. Ils chantaient des chansons effroyables, se répandaient en plaisanteries obscènes, juraient, hurlaient, racontaient des histoires à faire frémir, se vantaient de vols commis la vsitle, et triomphaient d'avance des vols projetés pour le lendemain.

» J'avais pris un des sacs; au moment de m'y étendre, je remarquai une large tache de sang. Saisi d'horreur, je fus sur le point d'en prendre un autre; je n'osai pas; je me serais trahi en me montrant dégoûté pour si peu. Tout près de moi, trois jeunes voleurs couchaient, ou plutôt fumaient et juraient ensemble. Leurs crachats m'effleuraient à chaque instant Je visage, et leurs propos étaient si abominables qu'ils arrachèrent enfin kdes indigents honnêtes, couchés à quelque distance, une protestation désespérée. Ce fut alors, de la part des coquins auxquels la protestation s'adressait, un effroyable débordement de menaces, d'injures, de grossiers sarcasmes et de rires sataniques. La pauvreté honnête fut réduite au silence par la pauvreté criminelle.

» Sur ces entrefaites , un garçon d'une quinzaine d'années entra. Il avait une figure aimable, des cheveux qui ressemblaient à de la soie, de grands yeux bleus et une douce voix de femme. C'était un voleur de profession, très-populaire parmi les habitués de l'endroit. Il alla prendre place sur le sac qui servait de lit k trois de ses compagnons. On lui demanda de raconter des histoires. Celles qu'il raconta étaient d'une nature telle, que les indigents honnêtes , dont quelques-uns avaient avec eux leur3 enfants, se levèrent furieux , menaçant d'employer la force si cela continuait. Mais ta force était du côté des abrutis. Ils chantèrent en chœur des hymnes sans nom. Puis l'enfant à la douce voix, au regard tendre, proposa de jouer k un jeu qui consistait à prononcer une demidouzaine de phrases sans laisser échapper un mot obscène. La peine encourue par celui qui n'y réussissait pas était un coup; on vit les coups pleuvoir dru comme grêle.

• Vers une heure du matin , un nouvel hôte, sa couverture sur les épaules, fît son entrée en dansant d'une manière grotesque et en s'accompagnant de la voix. Il revenait du théâtre. Il avait assisté à une pantomime qu'il avait trouvée de son goût. Il déclara que le paillasse était excellent; mais, critique difficile à satisfaire, il jugeait la Colombine avec beaucoup de sévérité. Ce fashionable de mauvais lieu fut bientôt suivi de dix gueux de la pire espèce, qui, arrivant tous à la fois, en chemise ou nus, venant trop tard pour avoir reçu à la porte du bureau leur morceau de pain et trouvant chaque lit occupé dans le hangar, s'en procurèrent un de haute lutte au milieu de transports de rage, arrachant la couverture de celui-ci, poussant du pied celui-là, s'allongeant avec un sans- façon brutal k côté d'un troisième et faisant craindre & l'égal de la peste leur hideux voisinage.

» Cependant la suit s'avançait ; la fatigue et le sommeil finirent par avoir raison du désordre. Je ne dormais pas, et le sentiment qui domina en moi fut celui d'une compassion

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douloureuse. La nuit était froide;. le vent soufflait, pénétrait dans l'enceinte. Il semblait qu une soif ardente dévorât ces malheureux; car il ne se passait pas de minute que l'un d'eux ne se levât et n'allât boire, tout grelottant, à un seau mis à. sa portée par la prévoyance de la charité légale. Le silence était d'ailleurs continuellement interrompu par tous les divers genres de toux qui annoncent la phthisie et souvent, pour ainsi dire, la mort; cet antre sentait le cimetière.

» Au point du jour, la voix de l'employé de service cria : • Debout I » Des indigents, appartenant au tvorkhouse, vinrent faire l'appel des numéros et distribuèrent les paquets a leurs différents possesseurs. Quand tous fuient habillés, chacun reçut un morceau de pain. Les honnêtes gens que l'excès de la pauvreté avait conduits là paraissaient souffrir cruellement ; les misérables avec lesquels ils étaient confondus étaient fort gais. Le bruit s'était répandu pendant la nuit qu'on aurait du gruau k déjeuner; ces derniers le réclamèrent à grands cris. Le çruau fut apporté. C'était une bouillie dégoûtante; on ne la mangea pas, on la dévora. Il fallut alors commencer le travail, prix de l'hospitalité reçue. 11 consistait à faire aller un moulin à blé, au moyen de barres de fer traversant le mur, occupant, la largeur du hangar. La besogne n'avait rien de bien rude. Toutefois, la surveillance n'étant ni sérieuse ni continue, les coquins profitèrent des intervalles où elle était absente pour rejeter sur les honnêtes gens leur part de la lâche commune. Cette tâche accomplie, tes uns et les autres partirent, ne se doutant guère qu'ils avaient passé la nuit avec un confrère qu'attendait, à quelques pas de là, une voiture élégante, et qui ne s'était aventuré au milieu d'eux que pour bien posséder le secret de la charité légale en action. »

WORK1NGTON, ville d'Angleterre, Comté de Cumberlund, à 62 kilom. S.-O. de Carlisle , sur la rive gauche de la Derwent, près de son embouchure dans la m«r d'Irîaude , où elle a un port de commerce ; 10,000 hab. Douane, chantiers de construction*; riches mines de houille; fabrication de chapeaux de paille; pèche du saumon. Expoitution de charbon en Irlande et dans les ports de la Baltique. Cette petite ville est propre et bien bâtie; la partie ancienne présente quelques rues étroite-, et irrégulières ; mais, dans la partie moderne, les rues, bien alignées, sont ornées de belles constructions. Les principaux édifices qu'on y remarque sont : l'église Saint-Michel , l'église Saint- Jean , le ihéàire, la salie des assemblées et la chapelle catholique. A l'est de la ville s'élève Workiugton-House, masse quadrangulaire où se retira Marie Stuart lorsqu'elle débarqua a Workmgton; ou y voit encore la, chambre qu'occupa celte malheureuse princesse. Sur une.éminence voisine, ruines d'une ancienne chapelle.

WORKSOP, bourg et paroisse d'Angleterre, comté et à 47 kilom. N. de Nottingham; 6,400 hab. Important commerce de drèche. On y remarque l'église de l'abbaye, spécimen splendide de l'ancienne architecture ; k l'extrémité orientale s'élève une tour, qui jadis occupait la partie centrale de l'édifice. Château des ducs de Norfolk et des ducs de Newcastle.

WORKGM, ville du royaume de Hollande, province ue Frise, à 15 kilom. S.-O. deSSneek, près du Zuyderzée; 3,400 hab. Port de commerce; navgaiion et pèche active.

WOULIDGE (Thomas), peintre et graveur anglais, ne à Peterborough, comté de Northampton, eu 1700, mort en 1766. 11 eut pour maîtres Giimaldi, puis Louis Boitard, avec qui il voyagea dans les Pays-bas. D% retour en Angleterre, il s'adonna au genre .de la miniature, fit des copies et des dessins et acquit une grande réputation par ses gravures a i'eau-forie, qui lui ont valu le surnum de ttembruudl unglaîa. Ses gravures les plus esiuneea ont eie réunies, au nombre de 180 planches, sous le titre de Collection choisie de dessins tirés des pierres précieuses antiques (Londres, 1768, 2 vol. in -fol.).

W'OBLITZ, ville de l'Allemagne du Nord, dans le duché d'Anhalt-Dessau, à io kilom. E. de Dessau, prés de la rive gauche de l'Elbe; 2,100 hab. Château ducal avec jardins et parc magnifique.

WORM lOlaûs), en latin Wormlu*., savant antiquaire et n.édecin danois, né k Aarhuus (Jutland) en 1588, mort à Copenhague en 1654. Il étudia dans les principales universités d'Allemagne, d'Italie et ue France, professa à Copenhague la langue grecque, la physique, et enfin ia médecine, devint médecin du roi Chiistiern V, puis recteur de l'Académie. On lui doit la découverte des petits os qui se développent parfois le long de ta suture lainbiloïde et qui ont retenu le nom d'os wormiens. Savant dans la jurisprudence et l'histoire, il l'était encore dans les antiquités danoises. On a de lui sur toutes ces matières des ouvrages extrêmement importants dont toutes les données utiles ont depuis longtemps passe dans l'histoire , l'archéologie, l'ethnographie, etc. Nous citerons les suivants : Setecta controversiarmn medicarum ceuturia (Baie, 1161, in-40/; Qu$itioiium heswdicurum htptades dus (Copenhague, 1616,

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in-4°); Qusestionum miscellanearum decas (Copenhague, 1622, in-4°) ; HUloria Norvegica (Copenhague, 1623, in-4<>); Commentaria in libros Aristolelis demundo (Rostock, 162$, in-8°); Talshoi seu manumentum Stroensi in Scania (Copenhague, 1628, in-40); Manumentum Tnigvaldense (Copenhague, 1636, in-40) ; Jnstilutionuni medicarum epitome (Copenhague, 1640, in-40); Regura Daniss séries duplex et limitum inter Sueciam et Daniam descriptio (Copenhague, 1642); Fasti Danici (Copenhague, 1643, în-fol.) ; Spécimen lexici runici (Copenhague, 1650, in -fol.) ; Runica seu Danica litteratura antiquissima, gothica dicta (Copenhague, 1652); Musseum 'Wormianum (Leyde, 1555, in-fol.J, ouvrage qui renferme la description des antiquités et des raretés naturelles et artificielles du cabinet de Worms.

WORM (Guillaume), savant danois, fils du précédent, né à Copenhague en 1633, mort en 1704. Il fit ses études médicales sous la direction de son père et de Th. Bavtholin, visita ensuite les principales universités de l'Europe et fut reçu, en 1657, docteur k Padoue. De retour dans sa patrie, il devint professeur de physique, puis de médecine à Copenhague, et fut nommé par la suite bibliothécaire du roi et historiographe. Outre l'édition (t,u Musxum Wormiamtm , on a de lui: De fluidi et firmi natura (Copenhague, 1664, in-4«); Oralio in Th. Bartholinum (Copenhague, 16S1, in-4°).

WORM (Chrétien), théologien danois, fits du précédent, ne à Copenhague en 1672, mort en 1737. Il prottosa la philosophie k Copenhague, y fut nommé pasteur en 1698, et, treize ans plus tard, devint évêque de Seeland. On a de lui : De vestigiis corruptis antiquilalum kebraîcurum apud Tucitum et Mttrlialem (Copenhague, 1692-1694, 4 vol. in-40); De veris causis car delectuios Uumaîtis carnibus et promiscuo concubitu ckrisiianos calumniati sint Ethnici (Copenhague, 1695, in-40) ; Historia. Sabelliaua.

WORM (Jean), biographe danois, neveu du précédent, né à Aarhuus en 1716, mort en 1790. Il fit ses études au collège de sa ville natale, où il professa dans la suite et dont il devint te directeur en 1752. Plus tard, il reçut le titre de conseiller de justice. On a de lui : De analogia inter sacnficia leuitica et Romanarum (Copenhague, 1736-1739, 4 part. in-40); Prodromus lexici titterarii dano-norvegici (Soroe, 1768, in-4°); Airimadversicmes modestie in lexicon lilterarium Jxcheri (Soroe, 1769-1771, 2 parties in-40) ; Essai d'un dictionnaire des savants danois, norvégiens et islandais (1771-1774, 3 part. in-8<>).

WORMAT1A, nom latin de Worms.

WORMD1TT, ville de Prusse, province de Prusse, régence et k 70 kilom. S.-O. de Kœnigsberg, cercle de Braunsberg, sur laDrewenz; 3,700 hab. Fabrication de drap; commerce de toiles et de lainages.

WORMHOUDT, bourg de France (Nord), ehef-li- u de cant., arrontl. et k 20 kilom. S.-E. de Dunkerque, sur la Peene et l'Yser ; pop. aggl., 973 hab. — pop. tôt., 3,701 hab. Filature et lissage de lin ; blanchisseries de toile; tanneries, brasseries; fabrication d'huile, raffinerie de Sel et moulins à farine. Commerce de beurre , brique et lin. L'église Saint-Martin , qui renferme quelques beaux tableaux, est une construction du xvio siècle. Ce bourg doit son origine à un monastère fondé vers la fin du VIIe siècle.

WORM1E s. f. (ouor-ml). Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux, de la famille des dilléniacées, tribu des dilléniees, comprenant quatre espèces, qui croissent à Madagascar, k Ceylau et en Australie. Il Syn. de BIGaméb, genre douteux de la famille des coinbrèlacées.

WORMIEN ou VORMIEN adj. m. (vôr-miain — de Worm, médecin danois). Anat.

Se dit des petits os eugrenés dans les sutures du crâne : Des os wormiens.

— Encycl. C'est Olaûs Worm, médecin de Copeuiiug.e, qui donna le nom d'os wormieus à de petits Os qu'on trouve sur la voûte du crâne, et qu'on appelle aussi os épactaux ou complémentaires. Ils sont en effet complémentaires des grands os de la voûte du crâne et concourent k la formation de cette voûte quoiqu'ils y prennent une très-faible part ; ils n'ont rien de constant, ni dans leur nombre, ni dans leur forme, ni dans leur volume. Cependant, c'est dans la suture lambdoïde et au confluent de quelques autres sutures qu'on les trouve le plus communément. Le plus remarquable et le plus constant de ces os est celui qu'on voit à l'angle supérieur de l'occipital, et qui remplace quelquefois cet angle fortement émoussé ; on l'appelle aussi os triangulaire ou épactal. Quelquefois toute la partie supérieure de l'occipital est remplacée par trois ou quatre os wormiens. On trouve souvent un autre os de ce genre dans la suture sagittale ; il représente l'os inter-pariétal de quelques animaux. On en trouve plus rarement un dans la fontanelle antérieure; un autre remplaçant l'angle inférieur du pariétal; un autre dans la suture écailleuse.

La circonférence de ces os est très-irrégulièie; elle est dentelée et articulée avec les os voisins par suture écailleuse ou engrenage

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Leur mode de développement est semblable à celui dès os larges; ils naissent de points d'ossification centraux, au sein des sutures, se développent quelques mois après la naissance et se soudent plus ou moins promptement aux os voisins. Ils ne doivent, au reste, être considérés que comme des os supplémentaires ou accidentels et ne jouent aucun rôle dans la constitution de la voûte du crâne, comme le voulaient certains anatomistes qui les appelaient des clefs de voûte.

WORMS, en latin Vangiones, BorbetomaguSyVormatia, ville du grand-duché de Hesse- Darmstadt, dans la Hesse rhénane, a 45 kilom. S. de Mayence, -34 kilom. S.-O. de Darmstadt, sur la rive gauche du Rhin et le chemin de fer de Mayence U Forbaeh, par 470 37' de latit. N. et 6° 0' de longit. E.; 13,400 hab. Sa population s'est élevée jadis k 40,000 hab. Gymnase; fabrique de tabac; produits chimiques; tanneries, mégisseries, distilleries, typographies ; fabrication de cuirs vernis, chicorée, etc. Important commerce de vin. Les vignobles voisins produisent le vin estimé connu sous le nom allemand de Liebfrauenmitch (lait de Notre-Dame). La célébrité de ces vins est très-ancienne. Lors du partage de l'empire de Charlemagne, Louis le Germanique se fit donner les districts de Worms et de Spire, à cause de ces vins qu'il aimait beaucoup.

Worms, autrefois si puissante et si animée, est aujourdhui une ville morte. «Ayez donc été ville impériale, s'écrie V. Hugo (le Bhin); ayez eu des gaugraves, des archevêques souverains, des évêques princes, une pfalz, quatre forteresses, trois ponts sur le Rhin, trois couvents à clocher, quatorze églises, 30,000 habitants 1 Ayez été l'une des quatre cités maltresses dans la formidable hanse des cent villes I Soyez la ville qui a vu vaincre César, passer Attila, rêver Brunehaut, marier Charlemagne! Soyez la ville qui a vu, dans le jardin des Roses, le combat de Sigefroi le Cornu et du dragon, et devant la façade de la cathédrale cette con-' testation de Crimhilde, d'où est sortie une épopée, et sur les bancs de la diète cette contestation de" Luther, d'où est sortie une religion l Soyez la 'Vormatia des Vangions , et le Borbetomagus de Drusus, le Wonnegau des poètes, le cbef-lieu des héros, dans les Niebelungen, la capitale des rois francs, lu. cour judiciaire des empereurs ; soyez Worms, en un mot, pour décroître et périr ainsi.... Partout la solitude, l'ennui, la poussière, la ruine, l'oubli. Malgré tout cela, k cause de tout cela peut-être, Worins, encadrée par le double horizon des Vosges et du Taunus, baignée par son beau fleuve, entourée de son enceinte déerépite de murailles , et de sa fraîche ceinture de verdure, Worms est une belle, curieuse et intéressante cité. »

Malgré les nombreux désastres qui ont accablé la malheureuse cité impériale, Worms possède enco>e quelques édifices bien dignes d'attention. En première ligne se place le Dom ou cathédrale. ■ Commencée en 996 par l'évêque Burchard et inaugurée en 1016 en présence de l'empereur Henri II, cette église, dit le poste déjà cité, appartient à la famille romane des cathédrales k double abside , style qui engendre nécessairement quatre clochers, supprime les portails de façade et ne laisse subsister que les portails latéraux. Le portail méridional, qui est orné de beltes sculptures, date de 1472. L'intérieur a 158 mètres de longueur. Quand on y pénètre, l'impression est k la fois variée et forte. Les fresques byzantines, les peintures flamandes, les beaux bas-reliefs du xme siècle, ies chapelles exquises du gothique fleuri, les tombeaux "néo-païens de la Renaissance, les consoles délicates sculptées aux retombées de"s arcsdoubleaux, les armoiries coloriées et dorées, les entre-colonne'ments peuplésde statuettes et de figurines, composent un de ces ensembles extraordinaires où tous les styles, toutes les époques, toutes les fantaisies, toutes les modes, tous les arts vous apparaissent k la fois. Les rocailles exagérées et violentes des derniers princes évêques font dans ies coins de gigantesques coquetteries. Ça et là de larges pans d'une muraille, autrefois peinte et ornée, aujourd'hui nue, attristent les regards.... Dans une grande chapelle basse, j'ai admiré plusieurs merveilles du xve siècle : une piscine baptismale, urne immense sur le pourtour de laquelle est figuré Jésus entouré des apôtres ; plusieurs pages sctllptu ■ raies tirées des deux Testaments ; enfin, un Christ en croix presque de grandeur. naturelle, oeuvre qui fait qu'on se récrie et qu'on rêve, tant la délicatesse curieuse et parfaite des détails s'allie, sans la troubler, à la fierté sublime de l'expression. » Une autre chap'elle renferme, outre les tombes de trois suintes, un beau bas-relief, Daniel dans la fosse aux lions. Enfin on remarque, dans la ^chapelle Saint-Nicolas, de curieuses sculptures, derniers débris du cloître aujourd'hui détruit. Du côté septentrional du ûom, on voit encore les restes de l'ancien palais des évêques, dans lequel se tint la fameuse diète de Worms. Détruit pur les Français en 1689, ce palais avait été reconstruit en 1727; les Français le détruisirent une seconde fois en 1794. Après la cathédrale, l'édifice le plus curieux de Worms est la synagogue, située près de la porte de Mayence. Lite a été bâtie dans le 'Style byzantin pendant le cours

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du xi» siècle. La colonie juive de Worms est une des plus anciennes de l'Allemagne. D'après la tradition, elle s'y serait établie 558 ans ap. J.-C, et elle aurait protesté contre la condamnation du Fils de Dieu. Aussi obtintelle au moyen âge des privilèges étendus. En 1659, 1 empereur Ferdinand 1« ordonna, par exemple, que le grand rabbin de Worms aurait le pas sur tous tes autres rabbins d'Allemagne. De là le dicton populaire : > Juifs de Worms, juifs débonnaires. » Le cimetière juif est intéressant par ses vieilles tombes à inscriptions hébraïques. Mentionnons encore à Worms l'église gothique de Notre-Dame (Liebfrauenkirche), oâtie au commencement du xv» siècle; elle renferme quelques belles sculptures, entre autres, sur le portait, les vierges sages et les vierges folles, et à l'intérieur la sépulture du Christ. L'hôtel de ville, de con.^truction assez récente, renferme beaucoup d'archives de l'époque impériale. On y montre aussi quelques inscriptions romaines sans intérêt. Sur la place Luther, on a inauguré , le 25 juin 1863, le monument de Luther, dernière œuvre du sculpteur Rietschel. Ce monument se compose de statues en bronze, qui s'élèvent sur une plateforme de 16 mètres carrés. Au centre se trouve Luther ayant k ses pieds Jean Huss, Savonarole , Wiclef et Pierre Valtlo, ses précurseurs. Aux quatre coins, on voit Frédéric le Sage, fierre le Magnanime, Melanchthon, Reiichlin, et, dans les intervalles; les villes d'Augsbourg, de Magdebourg et de Spire. L'antique ville de Worms fut fondée par les Vandales, conquise sur les Tiévires par Jules César, et devint ensuite la capitale des Vangions. Dévastée par les Huns, elle fut reconstruite en 496 par Clovis, qui y résida. Dans le vie siècle, elle fut le siège d'un évèché, et au vue siècle la résidence d'un comte palatin. Au xte siècle elle devint ville libre impériale, lin 1122, le concordat terminant la querelle des investitures y fut conclu entre le pape Calixte II et l'empereur Henri V, Deux des diètes de l'empire tenues à Worms ont occupé une grande place dans l'histoire de l'Europe. Celle de 1495, en abolissant le droit de guerre privée, établit pour la première fois l'ordre en Allemagne; celle de 1521, en mettant Luther au ban de l'empire, hâta les progrès de la Reforme. Quand Luther fut sommé de comparaître devant la diète que Charles-Quint tenait a Worms, ses amis lui défendaient d'obéir. Ils lui rappelaient le sort de Jean Huss, brûlé vif à Constance, malgré le sauf-conduit de l'empereur. «Je suis légalement sommé de comparaître à la diète de Worms, leur répondit-il , et je m'y rendrai au nom du Seigneur, dusséje voir conjurés contre moi amant de démons qu'il y a de tuilessurles toits des maisons. • Introduit devant la diète, il reconnut ses ou vrages et refusa de se rétracter. Au contraire, il soutint énergiquement ses doctrines. L'empereur lui enjoignit de sortir de Worms en lui accordant un sauf-conduit de vingt et un jours. On montre encore à quelque distance de la ville rorme'magnitique sous lequel Luther se reposa avant de se rendre a la diète. La guerre de Trente ans ruina complètement la ville de Worms : en 1632, les Suédois détruisirent les faubourgs; en 1689, Melac et Créqui, sur l'ordre de Louis XIV, mirent la ville k feu et à sang; la cathédrale seule resta debout. En 1743, un traité y fut conclu entre l'Angleterre, la Savoie et la Hongrie. En 1802, cette ville fut incorporée à l'empire français et, ea 1815, donnée au duc de Hesse-Darmstadt.

— Conciles de Worms. Le premier concilo tenu k Worins est celui de 700, dans lequel on publia douze canons pour le maintien de la discipline ecclésiastique. Fn 764, Pépin, à l'occasion de la guerre de Bavière contre Tassitlon, qui avait rompu son serment de fidélité, convoqua un concile k Worms. En 770 et en 772, Charlemagne en fit autant avant de marcher contre les Saxons. Riculfe est mentionné dans les actes de ce concile comme archevêque de Mayence et on en cite un décret touchant la manière dont un prêtre accusé doit se justifier. Dans une autre assemblée mixte, tenue en 7S6 par Charlemagne, les chefs des Bretons qu'AUdulfe avait vaincus et faits prisonniers furent présentés k 1 empereur. En 787, le pape Adrien, pris pour arbitre dans le différend qui séparait le duc de Bavière Tassitlon et Charlemagne, n'ayant pu apaiser leur querelle, Charlemagne assembla les évêques et les grands de son royaume k Worins, leur exposa la situation, et, de l'avis Ue l'assemblée, il envoya une députation au duc de Bavière pour l'avertir de se rendre aux exhortations du pape. Sur le refus de Tassiilon, l'empereur entra avec une armée en Bavière.

En 829, Louis le Débonnaire ayant reçu les règlements du concile de Paris et ceux des trois autres, qu'il avait indiqués à Mayence, à. Lyon et k Toulouse , tiut un concile k Worins, où se trouvèrent le légat du pape Grégoire IV et un grand nombre d'évêques de France. On y confirma les règlements des précédents conciles, et l'on y décida q^ue celui qui aurait quitté sa femme ou 1 aurait tuée pour en épouser une autre ferait pénitence publique, après avoir quitté les armes, et que, s'il résistait, il serait mis en prison jusqu'à ce que l'empereur eût connaissance du fait. Le plus remarquable règlement de ce

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concile est celui qui défend l'épreuve de l'eau froide, pratiquée jusqu'alors aveo l'approbation du clergé.

Le concile national de 868, convoqué par Louis le G'-rmanique, publia 80 cations, dont • les 44 premiers seulement sont parvenus jusqu'à nous. On y tr.uite particulièrement de la discipline ecclésiastique, des biens du clergé, de l'excommunication parles évêques; de 1 obligation , pour ceux qui ont été élevés dans des monastères, dy rester lorsqu'ils sont parvenus a l'âge de puberté; des mariages entra parents, des peines contre les parricides, les adultères, etc. En 1076, l'empereur Henri IV ayant été sommé de venir à Rome pour se disculper d'avoir donné illégitimemi.-nt" les investitures à des évéques et à des abbés excommuniés, et d'avoir méprisé les décrets des conciles, répondit à cette sommation en convoquant lui-même un ' concile k Worms. Une foule d'évéques et d'abbés y accoururent et entre autres Sigefroi de Mayence , Udan de Trêves, Guillaume d'Utrecht, Herman de Metz, Henri de Liège, Richard de Verdun, etc. Le cardinal Hugues Le Blanc, que le pape Grégoire VII avait frappé d'interdit pour ses mœurs déréglées et ses habitudes ue simonie, vint se joindre à eux et produisit tout un réquisitoire contre le pape. Il parla de sa basse extraction, attaqua sa vie intime, l'accusa de crimes de tout genre, et à l'appui de ses griefs produisit des lettres des cardinaux, des éveques, du sénat et du peuple de Rome. Les principaux chefs d'accusation étaient encore qu'il se livrait k la niable, qu'il avait donné de fausses interprétations aux saintes Ecritures, qu'il avait excommunié l'empereur sans examen légal et canonique; enfin, qu'à plusieurs reprises il avait voulu faire assassiner le roi. Les prélats de Worms déclarèrent, conformément à ce qui leur fut dit, que Hildebrand ne pouvait être pape , ni avoir en cette qualité aucune puissance de lier et de délier. La déli-. bération dura deux jours, puis on dressa un acte de déposition que tous les assistants signèrent, la plupart pourtant contre leur gré. On lés avait nus dans l'alternative de signer ou de trahir le serinent de fidélité fait au roi. En tête des signatures se trouvait celle de l'empereur.

Dans le concile de 1 122, l'empereur Henri V renonça aux investitures, et le pape lui accorda en échange les régales, c'est-à-dire les droits de justice, de monnaie, de péage, accordés à des églises ou à. des particuliers. L'empereur permettait à toutes les églises de fane librement le choix de leurs prélats. La paix entre le saint-siège et l'empire était conclue à partir de ce jour.

Trois autres conciles, qui furent encore tenus à Worms jusqu'à la liu du xme siècle, ne s'occupèrent que de la déposition de quelques prélats.

W011MS (Jules), peintre, né à Paris vers , 1837. li s'est formé sous la direction d'un peintre d'histoire nommé Lafosse et a débute au Salon de 1859 par deux tableaux représentant, l'un, une scène du camp de Châlons (Forges de curfpayné), et l'autre un épisode de la vie militaire à Paris : un dragon courtisant une bonne sur un banc de la Place lioy'ale. M. Z. Astruc a dit de ce dernier morceau : >M. Worms nous raconte ce brillant exploit simplement, avec gaieté, avec finesse. C'est'bien dessiné et franc de touche. , Le petit fond de maisons de brique est charmant. » M. Worms avait ainsi trouvé du pre- ■ mier coup lu veine humoristique qui l.ii a valu depuis de si vifs succès. Au Salon de 1861, il exposa une composition piquante intitulée : une Arrestation pour dettes. Puis il lit un voyage en Espagne et en rapporta une abondante moisson d'observations relatives aux mœurs, aux types, aux costumes. Les tableaux qu'il a exposes depuis représentent presque tous des scènes espagnoles : le Bomancero Burgalès, une Fontaine à Burgos, et un Muruguto, en 1863 ; un Cabaret dans les Asturies et une Cuisine à Valence, en 1866 ; le Départ des contrebandiers, eu 1865 ; une Course de nouillos dans la province de Valence, eu 1866,; une Scène de mœurs dans la Castille- Vieille et un tableau intitulé Garçon d'auber-ye et servante en Aragon, en 1867. Médaille pour ces deux derniers ouvrages, M. Worms obtint de nouvelles médailles : eh 1868, pour deux jolies scènes intitulées : la Jtuuiauce à la mode (costumes du Directoire) et la Honda {Sérénade , gravée à l'eau-forte par Alph. ilasson); en 1869, pour deux sujets analogues, l'un de l'époque du Directoire {Bienvenu gui apporte), l'autre représentant une scène espagnole (un Talent précoce). Au nombre des ouvrages exposés depuis par cet artiste, nous citerons : la Vente d'une mule et la Boîte aux lettres (1870); les Tundeursà Grenade (1872) ; une Tante à succession et le portrait, en petites proportions, de M°>" Priston (187a); les M uqviyuow (province de Grenade) et le portrait de Beriheller, dans le costume du Petit ébéniste (1874); une Nouvelle à sensation et la Vocation (I875)j la Danse du Viio à Grenade et le Départ pour la revue (costumes du Directoire), en 1876. Ces divers tableaux , composes avec esprit et exécutés avec une lliiessenerveuïe,ont pris place dans les meilleures collections. Les aquarelles de AI, Worms sont fort prisées aussi par les amateurs.

WOIIMS (Gustave), acteur fiançais, né à

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Paris en 1837, de parents israélites. Son père, qui était contrôleur à l'Opéra-Comique, ne le destina pas tout d'abord au théâtre. Il le plaça dans une imprimerie ; mais le jeune typographe entra' bientôt, poussé par sa vocation, au Conservatoire, où, élève de la classe de Beauvallet, il obtint au concours de 1857 le premier accessit de tmgédie et le second prix de comédie. Il fut engagé l'année suivante au Théâtre-Français et allait être appelé sous les drapeaux, quand on organisa pour l'exempter du service militaire une représentation à son bénéfice. Pendant son passage à la Comédie- Française, il créa pour ses débuts, en 1859, Achille du Duc Job, interpréta en 1860 et en 1861 le rôle assez ingrat de Ptolémée de la Mort de Pompée, Eraste du Dépit amoureux, Attale de Nicomède, l'Africain de Charles-Edmond , joua dans Gabrielte d'Emile Augier, la Belle-mère ' et le gendre de Samson, un Jeune homme gui ne fait rien de Legouvé, un Mariage' soits Louis XV d'Alexandre Dumas, etc. En 1862, Léon Laya, qui avait pu l'apprécier dans sa comédie du Duc Job, lui confia un rôle important, celui d'Horace de la Lui du cœur. Peu de temps après, il écouta des propositions pour la Russie. « A Saint-Pétersbourg, dit M. Félix Jahyer, il prit aussitôt l'emploi en chef des jeunes premiers. Tous les grands* rôles du répertoire contemporain lui furent confiés. Son succès fut tel que le bruit des applaudissements traversa souvent l'espace pour arriver jusqu'à nous, pendant les dix ans qu'il passa au Théâtre-Michel. Il revint à Paris en 1875 et entra au Gymnase. Il obtint un succès très-vif sous les traits d'Armand Duval de la Dame aux: camélifis, surtout à la grande scène 'du quatrième acte, où il souleva les applaudissements de la salle entière. Il créa ensuite Meiran de Ferréol, comédie en quatre actes de Sardou; puis Gérard du Charmeurt comédie en trois actes de M. Leroy. Il fut ensuite rappelé h Saint- Pétersbourg, où il fit sa rentrée au Théâtre- Michel par ce même rôle de Ferréol.

WOMRSKIOLD1E s. m. (vorm-ski-ol-dï— de Wormskiold, savant allem.). Bot. Genre de plantes, de la famille des turnéracées, comprenant doux espèces, qui croissent dans l'Afrique tropicale.

WORNUM (Ralph-Nicholson), peintre et littérateur anglais, né à Thorntoii, près de Dui'bam, en 1812. Après avoir terminé, en 1833, ses études à l'université de Londres, il suivit la vocation qui l'entraînait vers la peinture, en apprit les premiers principes chez un peintre de Londres et partit en 1834 pour lé continent. Il passa six années successivement à Munich, à Dresde, à Rome et a Paris et, de retour en Angleterre, s'établit à Londres comme peintre de portrait, Pendant plusieurs années, il s'occupa de littérature, tout en exerçant la pratique de son art; mais finit par renoncer à celui-ci pour se consacrer exclusivement à la première. En 1848, il fut nommé professeur de l'histoire, des principes et de la pratique de l'art ornemental aux écoles de dessin du gouvernement k Londres et dans les provinces, et lorsque ces écoles eurent été organisées, en 1852, en un département de l'art dans le Board of irade, il y fut nommé bibliothécaire. Il quitta cet emploi en 1857 pour devenir conservateur et secrétaire de la Galerie nationale, qui venait d'être réorganisée. On a de lui : Histoire de la peinture ancienne et moderne (1847, 2 vol. in-12); l'Exposition universelle de l'industrie en 1851 (185 1, in-4o) ; Rapport sur la disposition et le caractère des collections artistiques françaises, etc. (1S53); Catalogue des médailles du département de l'art (1854, in-8°); Description de la bibliothèque du département de l'art (1855, in-8°) ; Catalogue biographique des principaux peintres italiens de la galerie de peinture (1855, in-8u) ; Analyse de l'ornement; les Caractères des styles, introduction à l'étude de l'histoire de l'art ornemental (1856, in-s°) ; Catalogue descriptif et historique des tableaux de l'école anglaise dans la Galerie nationale (1857); Quelques notes sur la vie et sur l'époque de Jians Eolbein (1867), etc. Il a, en .outre, donné des éditions ces Leçons sur la peinture pur les académiciens royaum Barry, Opie et Fuseli, avec une introduction et des notes (1648) et des1 A necdotes de Walpole sur ta peinture en Angleterre (1849, 3 vol. in-&°), et collaboré à différents recueils périodiques et ouvrages encyclopédiques, tels que le Journal de l'art, la Penny Cyclopsdia, le Dictionnaire d'antiquités grecques et romaines de Taylor et Watton et l'Enylish Cyclopssdia de Knight. C'est lui qui a Tedigé la plupart des biographies des peintres anciens et beaucoup de celles des peintres modernes qui se trouvent dans ce dernier ouvrage.

WOUONICZ (Jean-Paul), prélat et poëte polonais, ué en 1757, mort en 1829. Elevé dans un séminaire de jésuites, il entra fort jeune dans ItHii' ordre et, après sa suppression en 1772, passa dans la Société dos missionnaires. Il était devenu doyen do Lembei g, lorsque eut lieu le dernier partage de la Pologne (1795) ; il se retira à cette époque dans la petite ville de Kuzimierz, où il remplit les fonctions de curé et où il se trouva on relation avec la princesse Isabelle Czurtoryska, qui hab.lait à Pulawy, dans les environs de Kazimiei'z. Ce fut alors qu'inspiré il la fois par la société de cotte femme d'é-

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lite, ainsi que par le magnifique paysage, au milieu duquel il vivait, Woroniez écrivit son poëme intitulé Sibylla, qui a pour sujet le temple de la Sibylle, à Pulawy, et qui est regardé comme le plus beau modèle de poésie descriptive, que possède la langue polonaise. A l'établissement du grand-duché de Varsovie en 1808, il devint membre du conseil et doyen du chapitre de cette ville ; grâce à l'influence de la famille Czartoryski, l'empereur Alexandre le nomma, en 1815, évoque de Cracovie, et,, douze ans plus tard, Nicolas l'éleva à la dignité d'archevêque de' Varsovie et de primat de Pologne. Outre Sibylla, on a encore de lui d'autres poésies, dont l'une, la Diète de Wislica, bien que n'étant qu'un simple fragment d'une œuvre qui devait être un poème épique, est préférée par quelques appréciateurs à ses productions antérieures. Ses œuvres en prose ne sont pas moins remarquables, ses serinons surtout, que LaCh Szyrma a mis sur ta même ligne que ceux de Herder. Ils ont été publiés k Oracovie (1829, in-8°).

WOHONTZOF. Pour les membres de cette famille, v. Vorontzof.

WORSAAE (Jeni-Jacob-Asmussen), archéologue danois, né à Veile (Julland) en 1821. 11 suivit, de 1834 k 1836, les cours du 'gymnase d'Horsens, puis, de 1836 à 1838, ceux de l'école secondaire de Copenhague, qui jouissait à cette époque d'une grande réputation. Il commença ensuite des études de théologie et de droit, auxquelles il renonça bientôt pour se consacrer à l'histoire et k l'archéologie, Après avoir été jusqu'en 1843 employé adjoint au musée royal de Copenhague; il fit plusieurs excursions en Danemark, en Suède et en Norvège et en publia les résultats dans un de ses ouvrages les. plus intéressants, qui a pour titre Munamo . et la bataille de Bravalla (Copenhague, 1844, in-4°). En 1845, il se rendit en Allemagne et y recueillit les matériaux de ses remarques sur les Antiquités nationales en Allemagne (Copenhague, 1846). 11 passa les années 1846 et 1847 en Angleterre, en Ecosse et en Irlande, s'occupant surtout d'y rechercher les trsfces de l'ancienne domination danoise et norvégienne. Ce" fut dans le même but qu'il parcourut, en 1851 et 1852, la Normandie et la Bretagne, puis la France centrale et de nouveau l'Angleterre. En 1854, il se rendit par l'Allemagne et la Lombardic à Naples et k Rome, d'où il revint par le Piémont, la Savoie et la France. Dans l'intervalle, il avait été nommé (1647) inspecteur de tous les monuments archéologiques du royaume de Danemark, dont il devint directeur en 1861. A sou retour d'Italie, il fut nommé professeur d'archéologie nationale k l'université de Copenhague et occupa cette chaire jusqu'en 1S65. Depuis cette époque, il est directeur du musée d'antiquités Scandinaves, du musée ethnographique et des collections chronologiques du château de Rosenbourg. 11 a publié sur les antiquités et l'histoire ancienne du nord de l'Europe un grand nombre de travaux d'une érudition remarquable, mais où il défend trop souvent, surtout au détriment des Allemands, les intérêts Scandinaves. Nous citerons comme les plus remarquables : Damnarks Œdtid (Copenhague, 1843 ; traduit en allemand, 1844, et en anglais, 1S49) ; Blekingste Âlindesmmrlur fra Hedenold (Copenhague, 1846) ; Minder om de Dans/ce og Nordmmndene i England, Slcotland og Jrland (Copenhague, 1852); Atfbidninger fra det Kongeliye Muséum for uordiske oWsager (Copenhague, 1854); Den Danske Erobring af Enyland og Normandiet (Copenhague, 1863); OmSlesvigseller Sœnderjyllands Oldtidsmiuder (Copenhague, lS65),etc. Parmi ses opuscules, ceux qui ont le plus d'intérêt sont : Danevirke (Copenhague, 1848) ; Jyllands Danskhed (Copenhague, 1850), tranuit en allemand par Schorn, sous eu titre : Protestation d'un Jutlandais contre le nouveau droit public allemand de Jacob Grimm (Copenhague, 1850) ; Om en forhistorik Saakaldet tysk Befolkning in Danmark (Copenhague, 1849); Om Danmarks tidligste Ùebbyggelse (Copenhague, 1861) ; Den Jydske Haivm og dens Fortidsminder (Copenhague, 1S64), etc. M. Worsaao a, en outre, fourni un grand nombre de mémoires aux différentes revues historiques et archéologiques de la Scandinavie.

TVOUSLEY, village et paroisse d'Angleterre, comté de Luncastre, k 10 kilom. N.-O. de Manchester; 10,000 hab. Mines considérables de houille.

WOUSLEY (sir Richard), historien et archéologue anglais, né dans l'île de Wiglit en 1751, mort en 1805, Il passa une grande partie de sa jeunesse sur le continenftk^t demeura longtemps à Rome, où il lit 1 acquisition d'un grand nombre de sculptures et d'autres œuvres de l'art ancien. De retour en Angleterre, il fut envoyé au Parlement pur lu bourg de Newport et devint plus tard contrôleur de la maison royale de George III, puis gouverneur del'IledeWight. On a de lui une Histoire de l'île de Wiyht (Londres, 17S1, in-4°) et un Musœum Wursteianum ou Collection de bus-reliefs, de bustes, de stalues et de pierres précieuses, avec des vues de localités du Levant, etc. (Londres, 1794-1803, 2 Vol. iu-fol.). Ce dernier ouvrage, dans la composition duquel l'auteur fuf aidé'

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par Ennio Quirinio Visconti, fut regardé, lors de sa publication, comme l'une des plus belles productions de l'art typographique anglais.

WORSLEY (Henri), général anglais, né dans la seconde moitié du xviiio siècle, mort en 1841. 11 prit part k la campagne de Hollande (1799) et à la guerre d'Irlande (1803 J, partit, en 1804, pour l'Amérique , où il servit jusqu'en 1808, et, de retour en Angleterre, il fut appelé à faire partie do l'année envoyée en Hollande. Il assista nu siéga de Flusliing, fut promu major après l'évacuation de Wiîlclieren et, de là, fut envoyé en Espagne, puis en Portugal.. Promu lieutenant-colonel après la bataille de Vittoria, il assista k celle des Pyrénées, ainsi qu'à tous les engagements qui précédèrent la bataille de Toulouse, et après cette dernière fut appelé au commandement des troupes cantonnées à Madras; mais l'état de sa santé le força k revenir en. Europe, au moment où il allait exécuter une expédition contre les rajahs du Peshaouer et de quelques autres Etats tributaires de la Grande-Bretagne. A son retour, il fut nommé commandant du château de Yarmouth, dans Plie de Wight.

WORTH, bourg de Bavière, cercle de la Franconie-Moyenne, district et près de Nu- . reuiberg; 2,800 hab. Fabrication importante de papiers et de produits chimiques. Commères de bestiaux et céréales,

WORTH1NG, ville d'Angleterre, comté de Sussex , sur la Manche , a 20 kilom. O. de • Brighton ; 7,900 hab. Bains de mer; pèche du maquereau et du hareng; cabotage. Worthing n'était encore, k la hn du siècle dernier, qu'un village sans importance , lorsque le séjour de la princesse Amélia vint donner une vogue subite à ses bains de mer et en fit une station à la mode. Aujourd'hui, la ville partage avec Brighton et Waymouth les faveurs de la haute aristocratie. La plage de Worthing est très-douce. Une esplanade factice remplace devant l'établissement de bains des falaises absentes. Enfin , eu 1802 , on a inauguré une curieuse jetée en .fer, insuffisante pour la navigation sérieuse, mais constituant une promenade agréable. Aux environs se trouve Sompting, qui possède une des rares églises authentiquement antérieures k l'an 1000.

WORTHISÏGTON (Thomas), théologien catholique anglais, né dans le comté de Laucastre vers le milieu du XVIe siècle, mort vers 1626. II fut élevé au collège des Anglais de Dotlai, fut ordonné prêtre k Reims et revint alors en Angleterre, avec mission d'y travailler au rétablissement du catholicisme. Arrêté en 1584, il subit une dure captivité et fut condamné à la déportation. Il habita successivement l'Allemagne et les Pays-Bas, devint aumônier dans l'armée de Philippe II et, "au commencement du régne de Jacques 1er, revint en Angleterre avec le titre de protonotaire apostolique et d'assistant de l'archidiacre d'Angleterre. On a de lui :* Calalogus martyrum in Anglia ab anna 1570 usque ad annum 1612; De mysleriis rosarii (16 10) ; l'Ancre de la doctrine chrétienne, l'Ancien Testament, traduit en anglais, aveo des notes; un Traité, dans lequel il rétablit les passages des saints Pères altérés par Whyte (1615), etc.

WORTHINGTON" (William), théologien anglais, né dans le comté de Merioneth en 1703, mort en 1778. 11 exerça dans diverses paroisses les fonctions du ministère sacré et devint, en dernier lieu, chanoine de Saint- Asaph et d'York. On a de lui, entra autres écrits : Essai sur la rédemption du genre humain (Londres, 1743, in-8u); les Preuves du christianisme déduites des faits et du témoignage des sens (1769, 2 vol. in-8o) ; Théorie biblique de la terre dans toutes ses révolutions et dans toutes les périodes de son existence (1773, iu-S°); frenicum ou Considérations sur l'importance de l'unité dans l'Eglise du Christ pour apaiser nos malheureuses rîivisions (1775, in-8°) ; Jlechercàe impartiale sur les démoniaques de l'Evangile (1777, in-8"). -

WORTHITE s. f. (vor-ti-te). Miner. Silicate hydraté de magnésie.

WOKTI.EY-MONTÀGUE (lady), dame anglaise. V. MONTAQUli.

WORTU2Y-STUAKT ( Emmeline ), femme de lettres anglaise. V. Stuart-Womlbï.

WORZlSCHECIi (Jean-Hugues), compositeur allemand , né k Wamberg (Bohême) en 1791, mort en 1825. Il étudia la composition k Prague so.us la direction de Toiuaschek, obtint ensuite un emploi au ministère de la marine k Vienne et y renonça en 1823 pour devenir organiste de la cour. 11 mourut deux ans plus tard, à la ileur de l'âge. Il a laissé,, entre autres compositions ; Jtapsodies pour le piano -forte; plusieurs Bandeaux > pour piano et autres instruments ; des Variations, des Symphonies, des Chœurs, etc.

WOT1AKE ou VOTIAKB adj. (vo-ti-a-ke).

Linguist. Se dit d'une des langues permiounes. V. PKRMIEN.

WOTTÀWA, rivière de l'empire d'Autriche, dans la Bohême. Elle prend sa source au versant oriental du Bôbmei wald, près du village de Pisensteiu, coule au S.-E., puis au N.-E., baigne Pisck et se jette dans lu, Moldau, après un cour3 de 115 kilom.

WOTT

WOTTON, bourg et paroisse d'Angleterre, comté et à 31 kilom. S.-O. de Glocester ; 6,000 hab. Fabrication de draps et lainage autrefois très-active, mais actuellement bien déchue,

WOTTON (Edouard), médecin anglais, né à Oxford en 1492, mort en 1555, Il fit ses études à l'université de sa ville uatale, y devint professeur de grec en 1513, partit en 1520 pour l'Italie, se fit recevoir trois ans plus tard docteur en médecine à l'université de Padoue et, ayant pris le même grade a Oxford en 1525, devint membre du collège des médecins de Londres; il fut nommé, dans la suite, médecin de Henri VIII. Il s'occupa avec beaucoup de zèle de l'étude de l'histoire naturelle et publia à Paris, en 1552, un traité De differentiis animalium, dont Gesner a fait un grand éloge, et qui est surtout précieux comme tableau des connaissances que l'on possédait à cette époque en histoire naturelle. Il avait aussi commencé un Theatrum insectorum, que Moufet publia beaucoup plus tard (Londres, 1634, in-foi.).

WOTTON (Henri), diplomate anglais, né à Boughton-Hall (comté de Kent) en 1568, mort en 1639. Après avoir acquis à l'école de Winchester et à l'université d'Oxford de solides connaissances en droit, en mathématiques et dans les sciences naturelles, il fréquenta pendant neuf ans les écoles savantes de la France, de l'Allemagne et de l'Italie, se lia à Genève avec le vieux Théodore de Beze et avec Isaac Casaubon et, à son retour en Angleterre, devint l'un des secrétaires du comte d'Essex. Pendant le procès de haute trahison de ce favori d'Elisabeth, il jugea prudent de quitter l'Angleterre, s'embarqua a Douvres pour la France et se rendit de là à Florence, où il écrivit un ouvrage qui ne fut publié qu'après sa mprt, en 1657, sous ce titre : l'Etat du christianisme offrant une révélation parfaite et exacte de plusieurs intrigues politiques et des secrets mystères d'Etat pratiqués dans plusieurs cours d'Europe. Pendant son séjour à Florence, le grand-duc de Toscane, Ferdinand 1er, intercepta des lettres relatives à un complot contre la vie de Jacques VI, roi d'Ecosse, et, d'après le conseil d'un de ses secrétaires, qui était l'ami de Wotton, consentit a se servir de ce dernier poir donner au roi connaissance de l'attentat qui se préparait contre lui. Wotton s'acquitta de cette mission avec succès et, lorsque Jacques eut succédé à Elisabeth sur lo trône d'Angleterre , il reçut de ce prince le titre de chevalier. Le même roi l'envoya en 1604, comme ambassadeur, à Venise et lui couda plus tard d'autres missions en Italie, en Allemagne et en Hollande. En passant à Augsbourg lors de son voyage ù Venise, Wotton écrivit sur l'album d'un de ses amis cette pensée : « Legatus est vir bonus peregre missus ad mentiendum reipubliae -causa (Un ambassadeur est un homme de bien envoyé à l'étranger pour meutir dans l'intérêt de son pays). ■ Huit ans plus tard, cet album tomba entre les mains de Scioppius, l'un des ennemis les plus acharnés du roi Jacques; il publia cette sentence dans un ouvrage dirigé contre ce prince, en disant que c'était l'un des principes de la religion professée par lui. Le roi crut dans le fait que Wotton l'avait désigné comme l'inspirateur de cette pensée, et, malgré tout ce que fit ce dernier pour expliquer le sens purement plaisant qu'il avait entendu y attacher , le rancuneux monarque lui retira sa faveur. Il ne la lui rendit que plus tard et lui conlia de nouvelles missions en Hollande (1615), à Venise (1616) et près du duc de Savoie (1619) et de l'électeur palatin. En 1623, Wottou fut Dominé directeur du collège d'Eton et, jusqu'à sa mort, il ne cessa de s'occuper de cet établissement , qu'il sut élever à l'état le plus florissant. Sur le désir de Charles Ier, il avait commencé à écrire une histoire d'Angleterre , mais il ne la termina pas. Ses œuvres principales ont été recueillies par Isaac Walton, sous le titre de Reliquim Woiloniaus (Londres, 1651), plusieurs fois rééditées, avec •additions, en 1685 en dernier lieu. Ou remarque dans ce recueil les ouvrages suivants, dont ta plupartavaientdéjàété publiés séparément : Eléments d'architecture, traité tenu longtemps eu haute estime ; Revue pltilosopltique de l'éducation ou Architecture morale; Caractères de quelques-uns des rois anglais; Parallèles entre le comte d'Essex et ViUiers, duc de Buckingkam; Esquisse de la vie et de la mort du duc de Buckingkam; des Méditations religieuses ; un grand nombre de Lettres et de pièces de poésie, etc.

WOTTON (Guillaume), archéologue anglais, né à Wrentham (comté de Suffolk) en 1606, mort en 1726. Il montra, tout enfant, de rares dispositions pour apprendre les langues. Il n'avait pas encore atteint sa douzième année lorsqu'il fut admis à l'école de Catherine- Hall, à Cambridge, où il flt de rapides progrès, non-seulement dans les langues orientales, mais encore dans la philosophie, les mathématiques, l'histoire et la géographie. Il possédait une mémoire prodigieuse, ainsi qu'il le prouva eu répétant un jour, mot pour mot, un sermon qu'il avait entendu prononcer par l'évêque de Saint-Asaph. Après avoir pris ses grades en théologie, il devint, en 1691, chapelain du comte de Nottingbam, alors ministre , qui lui donna, deux ans plus tard, une cure dans le comté de Buckinguum.

WOUT

Ce fut en 1694 que Wotton publia le premier de ses ouvrages, qui en est, en même temps, le plus remarquable : les Réflexions sur l'érudition ancienne etmoderne. Il y défendait la supériorité des anciens, en réponse à sir William Temple, qui, dans un de ses Essais, pubHé peu de temps auparavant, avait adopté l'opinion opposée en répondant à son tour au Parallèle des anciens et des modernes de Perrault. L'ouvrage de Wotton fit d'autant plus de bruit qu'il donna lieu à celui de Swift . arai de- Temple , intitulé la Bataille des livres, et qu'il fit naître, en outre, la grande polémique sur les Epitres de Phalaris. L'authenticité de ces épitres, soutenue par Temple, était niée par Wotton, et ce fut dans un appendice à la seconde édition des Réflexions (1697) que Bentley publia les premiers extraits de la fameuse dissertation où il prouvait la falsification de ces épltres* Wotton était plus distingué par la variété et l'étendue de ses connaissances que par la profondeur de son érudition, et, de tous les autres ouvrages qu'il publia, le seul qui ait encore quelque valeur est son Examen du Trésor archéologique des anciennes langues du Nord de Uicke (1708; 1735, 2e édit.). Son édition des anciennes lois gaéliques, avec traduction latine, qui ne parut qu'après sa mort, sous le titre de Cisreithjeu JJywell Ddo, ac erail, seu leges Wallicx ecclesiastim et civiles Bœli boni et aliorum Wallix principum (1730, in-fol.), est trèsfnférieure à celle qui fut publiée en 1S41 par la commission des archives. Il avait acquis du gaélique une connaissance assez approfondie pour pouvoir prêcher en cette langue.

WOUAIE s. f. (ou-è). Bot. Genre de palmiers.

• WOUÈDE s. m. (ouè-de). Bot. Syn. de

GUÉDK.

WOU-HÉOC OU WOU-HOUANG-HÉOU, impératrice de la Chine, née à Thaï-yuan, "dans le Chan-si, en 623, morte en 705. Son nom de famille était Wou-tchao; son père était commandant des troupes de Hou-kouang.

Placée comme demoiselle de compagnie auprès de l'empereur Taï-tsoung, qui venait de perdre l'impératrice (63&), elle séduisit ce prince par sa beauté et plus encore l'héritier présomptif du trône, le jeune Kao-tsoung. A la mort de l'empereur (649), elle fut enfermée,dans un couvent, avec toutes les autres filles de la cour, pour y finir sa vie, suivant l'étiquette; mais Kao-tsoung eut l'occasion de l'y voir et laissa éclater ses regrets de l'avoir perdue. La nouvelle impératrice," femme peu jalouse, la fit venir au palais sous' préteste de la prendre à son service, et Kao-tsoung, ne pouvant résister à la violence de son amour, lui donna le titre de tchao-i ou favorite. Wou-tchao commença par se débarrasser d'une rivale, Cliou-fei, qui avait déjà un enfant de l'empereurjpuis supplanta l'impératrice elle-même. Etant accouchée d'un enfant, elle le tua et désigna l'impératrice comme ayant commandé ce meurtre; c'en fut assez pour faire répudier la malheureuse par le crédule monarque; peu de temps après, Wou-tchao, épousée solennellement , eut le titre de houang-héou ou impératrice. Son premier acte de pouvoir fut de faire étrangler l'épouse répudiée et l'ancienne favorite, Chou-fei. Elle gouverna l'empire, sous le nom du débonnaire Kaotsoung, jusqu'à la mort de celui-ci (683). A cette date, un tils qu'elle avait de l'empereur, Tchoung-isoung, fut élevé au trône ; elle le déposa l'année même et prit le titre de houang-taî-héou , c'est-à-dire de grande impératrice auguste ; des révoltes furent suscitées par cette usurpation , mais elle les comprima avec cruauté, osa mênle célébrer le sacrifice du soleil, Ce qui était sans exemple (688), et gouverna avec la plus grande fermeté. Elle voulait éloigner définitivement son lilsdu trône et fonder une dynastie nouvelle, la. dynastie des Tchéou, en désignant comme prince héréditaire un de ses neveux. Une révolution de palais éclata, et elle fut forcée de désigner comme héritier son fils, T choung-tsouug , qu'elle dut rappeler. Toutefois , elle ne se pressait pas de résigner le pouvoir entre ses mains ; une seconde révolution l'y obligea (705). Confinée dans un des palais royaux, elle mourut peu de temps après.

" WOUSIEN, village et commune de Belgique, province de la Flandre occidentale, arrond. de Furnes, canton et à 4 kilom. S. de Dixmude, sur l'Yser ; 3,034 hab. Tanneries, corderie.

WOURE-FEIQUE s. m. Jou-re-fé-i-ke).

Oruith. Espèce de canard dé Madagascar.

WOURWAYRI s. m. (our-ouè-ri). Orthographe véritable du motdont nous avons fait HOURVARI.

WOU-TCHANG, ville de l'empire chinois, dans la Chine propre, province de Hou-pé, dont elle estle chef-lieu, au S.-O. de Pékin, sur le "Yang-tsé-kiang, par 30u 34' de latit. N. et ni" 20' de longit. E. ; 600,000 hab. C'est une des plus importantes et des plus riches cités de la Chine ; le port qu'elle a sur le Yang-tsé-kiang est toujours couvert d'une quantité de barques et de petits navires ; il s'y fait un immense commerce de thé "et de papier de bambou. Dans les montagnes

voisines, on trouve du cristal de qualité supérieure.

■ WOUTEBS (François), peintre flamand, né à Lierre en 1614, mort assassiné en 1659. Il étudia la peinture sous Rubens et s'adonna au genre historique et au paysage. Ses grandes toiles sont moins estimées que ses paysages, qu'il animait ordinairement par de petites figures de nymphes, de satires, etc. Il fut quelque temps peintre de l'empereur Ferdinand II, puis du prince de Galles. De retour dans sa patrie, il fut nommé directeur de l'Académie d'Anvers et périt d'un coup de pistolet tiré par une main restée inconnue. On possède de lui un Saint Joseph en lecture et un Saint Joseph tenant un lis à la main (musée de Vienne).

WOUTEBS (Cornélie). V. Wassb.

WOU-WANG, empereur chinois, le premier de la dynastie des Tchéou, né l'an 1 169 avant notre ère, mort l'an 1116. Il hérita de son père Wen-waiig le royaume de Tihéou, qui déjà formait la plus grande partie de l'empire, se mit à la tête des grands révoltés, renversa l'empereur- Chéou-sin , fut couronné à sa place et partagea la Chine en grands fiefs qu'il distribua aux princes et aux chefs minutaires. Il fut en quelque sorte le fondateur du système féodal en ce pays.

WOUWERMAN (Philippe), l'un des plus habiles peintres de l'école hollandaise, né à Harlem en 1620, mort en 166S.I1 fut d'abord instruit dans l'art du dessin par son père, Paul Wouwerman, peintre d'histoire médiocre, et travailla ensuite sous la direction de l'èminent paysagiste Wynants. Il fut, sans nul doute, très-redevable à ce dernier maître, comme l'attestent les fonds de beaucoup de ses tableaux; on dit qu'il reçut aussi des leçons de Pieter Verbeek, peintre d'animaux ; mais le modèle qui l'attira le plus et qu'il s'efforça d'imiter fut Pieter van Laar. surnommé le Bamboche, qui jouissait alors d'une grande réputation pour ses petits tableaux de genre. Il ne tarda pas à égaler ce modèle. Le biographe hollandais Campo Weyerman , qui brille plus par l'humour que par la véracité, a raconté qu'un marchand de tableaux, nommé Jean de Wet, irrité de ce que Vau Laar avait refusé de lui céder une de ses peintures pour 200 florins , commanda à Wouwerman, qui n'était pas encore sorti de l'obscurité, une composition du même genre; le jeune artiste s'étant acquitté de ce travail avec le plus grand bonheur, de Wet entraîna dans son atelier les amateurs de la' ville pour leur montrer son ouvrage, qu'il eut grand soin d'exalter. « De Wet joua si magistralement son rôle de marchand de tableaux, ajoute Weyerman, que Van Laar en mourut de dépit. A peine le vindicatif personnage eut-il appris la descente de sa victime au royaume des ombres, qu'il courut à la maison mortuaire, où il s'empara, pour une modique somme, de tous les croquis et dessins, ainsi que des gravures de ce peintre, pour les revendre à Wouwerman, qui sut tirer merveilleusement parti de ces trésors artistiques. Or, Wouwerman, à son lit de mort, fit livrer aux flammes tous ces dessins et croquis, et nous ne pouvons presque pas douter que ce ne fût pour détruire les traces du plagiat commis à l'égard du pauvre Bamboche. » Descamps a refuté cette anecdote, injurieuse pour la mémoire de Wouwennan. Ce qui est certain, c'est que celui-ci lit une étude très-attentive des œuvres de P. van Laar et traita d'abord les mêmes sujets que lui; il n'hésita même pas à emprunter certains motifs que ce maître avait rapportés d'Italie, où lui-même ne mit jamais les pieds. Au reste, il déploya par la suite une variété de composition et une habileté d'exécution qui le placent fort au-dessus du Bamboche. C'est ce que Weyerman reconnaît lui-même lorsque, dans un accès d'enthousiasme, il appelle Wouwerman > un diamant radieux attaché à la couronne de la Peinture. » H développe en ces termes les motifs de son admiration : « Nous qui avons vu des tableaux de cet artiste par centaines, nous n'avons jamais pu comprendre comment une seule main d'homme a pu exécuter tant d'oauvres toutes différentes de composition. En effet, nous voyons des chasses, des arènes, des batailles, des pillages, des attaques de brigands, des marchés aux chevaux; et le même sujet, Wouwerman le peint cent fois, et chaque fois en le variant, tant pour la composition que pour la couleur. L une de ses œuvres ne ressemble jamais à l'autre sous aucun rapport. Les avant-pUms, les arbres, les ciels, tout en un mot diffère d'un tableau à l'autre, et cependant tout est beau, magnifique. Disons ensuite que ce grand Philippe Wouwerman traitait ses Sujets avec tant d'esprit et d'une manière si naturelle, qu'au premier coup d'œil on saisit ce que ses tableaux veulent dire. Il possédait tellement l'art d'exprimer les passions, qu'on croirait qu'il était journellement témoin oculaire des scènes qu'il représentait. Ainsi, par exemple, dans les tableaux où il peint des pillages à main armée, il exprimera avec tant de force et de' vérité la fureur meurtrière des solats et la terreur mortelle dïs paysans surpris, que lame du spectateur, émue par la souffrance de ces malheureux, prend aussitôt parti pour eux. Wouweruiau ne donna pas moins de preuves de son sain

WouW

jugement par une sage disposition de ses œuvres et par l'an avec lequel il variait et partageait ses lumières et ses ombres, de manière à les faire valoir les unes par les autres. En un mot, Wouwerman possédait uu certain je ne sais quoi que nous n'avons plus rencontré chez aucun peintre de son genre. » Sans partager l'enthousiasme du biographe hollandais, le savant connaisseur Waagen a rendu pleine justice aux qualités de Wouwerman : « Ses compositions, dit-il, révèlent invariablement un sentiment délicat du pittoresque. Ses figures et ses animaux sont deSsinès avec beaucoup d'art et d'animation, quoique dans sa seconde et sa troisième manière les chevaux prennent un caractère assez monotone. L'aspect général de ses œuvres est d'un velouté extraordinaire; il joint une extrême finesse de touche à une délicatesse 'et une énergie rares. Le nombre prodigieux de ses œuvres, produites dans leeourantd'une vie assez courte, prouve à la fois son activité et sa facilité au travail. Ses tableaux, comme il est facile de le comprendre, diffèrent beaucoup de valeur; ils fatiguent par la trop fréquente répétition d'événements sans importance. Mais il y en a toujours un grand nombre qui frappent, non-seulement par ta haute perfection de certaines parties, mais aussi par une énergie dramatique tout à fait extraordinaire. Dans cette catégorie rentrentses combats de cavaliers, de soldats et de paysans, et ses attaques de brigands. Ses tableaux diffèrent beaucoup aussi selon l'époque où ils ont été peints. > Waagen distingue trois manières dans les tableaux de Wouwerman. Ceux de la première manière offrent un ton brun et chaud, une race de chevaux massifs et des types d'un dessin anguleux, qui rappellent le Bamboche. Les meilleurs spécimens de cette catégorie sont : l'Annonce aux bergers, la Prédication de saint Jean-Baptiste et le Combat sur un pont, de la galerie de Dresde; la Chasse au cerf, du musée de l'Ermitage, et la Vente du poisson sur la plage de Scheveningue, de la galerie de Dulwich Collège. La seconde manière accuse encore un coloris chaud, mais plus clair et plus brillant; les chevaux ont des proportions plus sveltes, la touche est plus ferme et en même temps extrêmement fondue. A cette période appartiennent, entre autres chefs-d'œuvre ; la grande Bataille et le Chariot de foin (ou les Foins), du musée de La Haye : un Combat de cavaliers, daté de 1656, et deux paysages d'une finesse exquise, où l'on voit une Borne à cheoal avec un faucon et un Cavalier monté sur un cheoal blanc, au musée de l'Ermitage ; YEcuried'une hôtellerie et l'Embrasement du moulin (gravé sous ce titre par Moyreau), au musée de Dresde ; un CAoc de cavalerie (no 573) et le Départ pour la chasse, au Louvre. Dans sa troisième manière, qu'il n'adopta qu'après 1660, Ph. Wouwerman échange son ton chaud contre uiie gamme argentine trèsséduisante; à cette époque encore, il conserve sa touche fine et moelleuse. D'excellents exemplaires de cette dernière période sont : la Chasse au héron, du musée d'Amsterdam ; la Chasse au cerf (no 569) et le Boeuf gras en Hollande (nu 565), au Louvre; une autre Chasse du cerf, au musée de Dresde; une troisième Chasse au cerf et deux superbes pendants, la Bataille de Nordlingen et le Pillage d'an village par des soldats, à la pinacothèque de Munich; deux Vues de dunes, à l'Ermitage; la Ferme au colombier, dans la galerie de lord Ashburton.

On ne sait presque rien de la vie de Philippe Wouwennan ; les biographes hollandais Houbraken et Weyerman ont rapporté quelques anecdotes que les biographes des autres pays, notamment d'Argenville et Descamps chez nous, ont accueillies avec une excessive crédulité. On a dit, par exemple, que Wouwennan ne sortit jamais de Harlem; or, il suffit de voir les paysages pittoresques qui servent de fond à la plupart de ses tableaux pour être assuré du contraire car on ne saurait admettre que ce soit de chic qu'il a peint ces montagnes, ces ravins, ces cascades, ces ruines, ces bords de nier si justes de ton et si vrais d'aspect. Ce qui a pu faire supposer qu'il passa sa vie confiné dans sou atelier, c'est le nombre considérable des œuvres qu'on lui attribue. Smith en a décrit près de huit cents, et nous pourrions en citer plus de deux cents autres qui figurent sous son nom dans des galeries publiques ou musées. Or, Philippe Wouwerman n'était âgé que de quarante-huit ans lorsqu'il mourutl Il se pourrait fort bien que, parmi tant de tableaux qui passent pour être de sa main, beaucoup eussent été exécutés par ses frères Pieter et Jean, les imitateurs da son style.

Le musée de Dresde et celui de Saint- Pétersbourg sont particulièrement riches en tableaux de Ph. Wouwerman; le premier en compte soixante-quatre, et le second plus de cinquante. Outre ceux que nous avons déjà signalés, nous citerons : à Dresde, la Grotte du maréchal,- le Pot au lait, le Pillage des reitres, l'Aumône des capucins, le Quartier général de l'armée holiundaise, les Maquignons à la foire, la Cascade, la Chasse à l'italienne, le Déualisement d'équipage, qui ont été gravés sous ces divers titres; plusieurs Départs pour la chasse, le Départ de l'hôtellerie, un Duel au pistolet entre deux cavaliers, que Halte de cavaliers ; à Saint-

WOTJW

Pêtersbourg, les Voituriers, V Attaque de troupes légères, la Garde avancée de u/ilans, le» Relais flamands, la Course de chat, les Marchands forains, le Départ pour la cliusse à l'oiseau, qui sont connus par ries estampes portant ces titres'. Le Louvre a quatorze tableaux, y compris celui des Pèlerins, qui a été légué par M. La Onze ; nous avons déjà mentionné les meilleurs ; les autres sont : le Pont de bois sur le torrent, le Manège, des Paysans conduisant une c/tarrette, une Halte de chasseurs devant une hôtellerie, une Halle de militaires, une Halte de cavaliers près d'une tente, un Choc de cavalerie (n° 572), le • Départ pour la chusse au vol ou le Coup de l'élrier, un Intérieur d'écurie. Des tableaux, de médiocre importance se voient dans les musées de Nantes, de Rennes, de Montpellier, de Lyon, de Dijon. Au musée d'Amsterdam, outre la Chasse aux hérons, déjà citée, il y a une Chasse au cerf, le Pillage d'un village, une Rixe de paysans, un Manège, un Paysan avec un cheval blanc et trois paysages; au musée Van der Hoop, V Abreuvoir (chef-d'œuvre gravé sous ce titre par Moyreau); au musée de La Haye, outre ceux déjà mentionnés, un Manège, une Partie de chasse, l'Arrivée à l'hôtellerie et la Sortie de l'hôtellerie; au musée de Rotterdam, un Pillage, une Halte de cavaliers, un Camp; au musée d'Anvers, deux Haltes de cavaliers; au musée de Bruxelles, le Départ pour ta chasse et un Episode de chasse; dans la galerie d'Arenberg, les Laitiers, les Maux de la guerre, une Halte militaire, la Pèche, deux Chasses et deux paysages ; dans la galerie de Hesse-Cassel, une Bataille, une Chasse, une Halte de chasseurs et plusieurs autres compositions ; à la pinacothèque de Munich, un Cavalier descendu de cheval près d'un pont, une Halte et plusieurs autres tableaux; au Belvédère, à Vienne, le Manège, la Moisson, un Retour de chasse, des Brigands attaquant des voyageurs; au musée du Madrid, le Repos des chasseurs, la Chasse au lièvre et deux Parties de chasse; au palais de Buckiugham, à Londres, le Coup de pistolet, l'un des plus beuux ouvrages du maître; dans la collection llalford, la Course au hareng, œuvre également célèbre, etc.

L'espace nous manque pour donner les titres des tableaux de Wouwennan qui figurent dans d'autres collections célèbres. Ce maître est un de ceux dont les productions n'ont jamais cessé d'être recherchées et payées très-cher par les amateurs ; il nous suffira de citer quelques prix : le Marché aux chevaux a été vendu 11,560 francs à la vente Gaignat, en 176S, 16,150 francs à la vente Robit (1801), 35,600 francs à la vente de la duchesse de Berry en 1837, 30,000 francs pur lord Hertford à la vente Mecklembourg en 1S50 ; VAbreuvoir, 20,000 francs à la vente Bomunnuison en 1827 ; une Chasse au cerf, 16,700 francsà la vente de Jullienneen 1766, et 20,.7QO francs à la vente Choiseul en 1772; la Course au hareng-, 13,000 francs à la vente Randori de Boisse en 1777, et 14,000 francs à la vente de la duchesse de Berry en 1837; la Ferme au colombier, 30,700 francs à la vente Choiseul-Prasliu en 1793; YEspion, 35,000 francs à la vente Perrègaux, eu 1841; une Halte de cavaliers, 50,000 fr., un Paysage sablonneux, 30,000 francs à la vente Putureau en 1857 ; la Chasse au faucon, 18,800 francs à la vente Piérard en 1860; le Débarquement des marc/uwdises, 40,700 francs à la vente Metfre en 1863, etc. A propos de l'ê» lévation de ces prix, W. Burger, un des plus fins appréciateurs de l'école hollandaise, a fait les réflexions suivantes : « Suivant moi, cependant, Wouwennan, malgré toutes ses qualités, n'est pas absolument à la même hauteur que les premiers, les princes de l'école, comme on disait jadis. Duc, soit, ou comte, gentilhomme assurément et de race distinguée, mouvante, adroite, spirituelle. Mais Cuyp est plus fort que lui; Terburg et Metzu ont plus d'élégance; A. van Ostade et A. van de Velde ont la naïveté qu'il n'apas; Jean Steen a le véritable entrain qui lui manque. » Et l'éminent critique ajoute tout aussitôt : « Bah I toutes ces hiérarchies eu peinture ne signifient rien. Chacun a le droit d'adorer ses idoles, de vanter le noble dont il sait compter les quartiers, ou de sympathiser avec des misérables comme Jean Sleen et Brouter. Qui a fait, mieux que Wouwennan, de petits départs pour lâchasse, au bas du perron d'un château, les ladies à cheval, faucon au poing, las meutes aboyant entre les pieds des chevaux? de petites arrivées à l'hôtellerie, de petits chocs de cavaliers? Personne. Et parmi les artistes qui, après lui et ea s'iuspiratit de lui, ont répété ces sujets, personne ne l'a égalé. Convenons donc que le goût des collectionneurs ne s'égare point sur ce peintre. Si Philips Wouwerman vaut dix fois Van Huchtenburgh, cinquante fois Van der Meuleu, pourquoi un tableau de lui ne vaudrait-il pas 10,000 francs, 50,000 francs, 100,000 francs?» Wouwennan a rarement signé ses œuvres de son nom écrit en toutes lettres; Il emploie d'ordinaire un double monogramme, composé de l'initiale de son nom, précédée des deux premières lettres de son prénom avec l'S final de Philips (traduction hollandaise de Philippe), entortillé sur le second jambage de l'H. C'est par erreur que l'on ajoute quelquefois un s un nom de Wouwennan ; l'orthographe Wau- •wennana est encore plus défectueuse. On a

wouw

dit que ce maître eut un fils, nommé Paul, auquel il aima mieux inspirer le goût du cloître que celui de la peinture; on ajoute qu'il fit môme brûler en sa présence, étant au lit de la mort, une cassette remplie de ses études et de ses dessins' et de ceux du Bamboche. Ce sont là des contes. D'autre part, des biographes assurent que Paul Wouwerman naquit en 1668, l'année même de la mort de son père, et. qu'il fut conduit par sa mère à Anvers, ou il étudia la peinture, qu'il travailla avec son oncle Pierre, qu'il finit par se faire chartreux et mourut presque centenaire.

Philippe Wouwennan a gravé une eau-forte datée de 1643 et représentant un Cheval vu de profil. Il a été lui-même très-souvent gravé. Vers le milieu du xvme siècle, Jean Moyreau a publié une suite de 89 planches d'après les meilleurs tableaux de Wouwer- ' man qui se trouvaient alors à Paris. Parmi les autres graveurs de ce maître, nous nommerons : J.-Ph. Le Bas, Jetvn Matthieu, Nicolas Koedyck, P.-F. Martenasie, J. Danckerts, Cochin, André Laurent, Chedel, P. Aveline. F. -G. Aliamet, J.-B. Allen, Ch. Baquoy, Basan, Barlsoh, J. Passini, W. von Kobell, Veau, C.-F. Boetius, MU» K. de Billy, Patas, P.-F. de Beaumont, A. Chataigner, E. Bovi'net, E. Boilvin, J. Visscher, Mujor, Wieith, Duret, Picquenot, R. Strange, G. Bouttats, Elisabeth Cousinet, etc.

Wouwennan a peint quelques tableaux religieux. A ceux du musée de Dresde que nous avons cités, nous ajouterons : la Conversion de saint Hubert, datée de 1660 et qui a fait partie de la collection du prince d Orange ; un Saiiii Martin partageant son manteau avec un pauvre, qui a été payé 250 florins à la vente J. de Roore, à La Haye, en 1747; un Calvaire, peint pour le comte Wassemier, etc.

WOEWERMAN (Pierre), peintre hollandais, frère du précédent, né à Harlem en 1625 ou 162G, mort en 1683. Il eut pour maître Philippe, son aîné, et reçut aussi, des leçons, dit-on, du paysagiste R. Roghman. Il travailla pendant quelque temps à Paris, où l'on assure qu'il eut un instant l'intention de se fixer pour toujours. Le Louvre a de lui un très-intéressant tableau, représentant la Vue de la tour et de la porte de Nesle en 1664. Au musée de Copenhague est une Vue du pont Neuf pendant le carnaval. Pierre Wouwerman s'appliqua à imiter la manière de son frère Philippe. « il s'en approcha k tel point, dit Waagen , qu'on a souvent confondu leurs œuvres. La différence qui l'en sépare consiste en ce que le ton de sa couleur est plus lourd et sa brosse moins libre. • Un tableau qui a été vendu 8,000 francs à la vente Dufresne en 1816, comme étant l'œuvre de Philippe Wouwennan, doit être restitué à Pierre ; il représente Louis XIII passant ses troupes en revue dans les Tuileries. Parmi les œuvres authentiques de Pierre Wouwennan, nous mentionnerons : le Siège d'une ville flamande par les Espagnols, au musée de Berlin; la Leçon d'équitation, au musée de Bruxelles; la Prise de la place de Coeoerdonen 1672, au musée d'Amsterdam; un Camp et un Paysage dans lequel deux enfants jouent avec une chèvre et un chien, au musée de Rotterdam ; deux Batailles, un Camp et des Vivandières, au musée de l'Ermitage; une Halle de chasseurs, au musée des Offices.

WOUWERMAM (Jean), peintre hollandais, frère des précédents, né à Harlem en 1629, mort en 1606. On ne sait rien de la vie de cet artiste, qui paraît avoir été assez courte. Waagen dit qu'il peignit habituellement des vues de canaux, de vastes plaines ou des hivers, qu'il peuplait de personnages et de chevaux : « Sou procédé est libre et animé, et son entente de l'ensemble assez remarquable pour rappeler sou illustre frère. » M. Villot (Catalogue du Louvre) prétend qu'il fut élève de Philippe, ce qui est assez probable. Toutefois, comme l'a fait remarquer W. Bûrger, il dut se former surtout d'après la manière de Jean Wynants, avec lequel il présente une étonnante ressemblance de style, et il est permis de penser que l'on a souvent confondu les ouvrages des deux artistes, dont le monogramme est d'ailleurs le même : J et W eutrelacés. Le seul tableau qui porte en toutes lettres la signature de J. Wouwennan est une Vue déduites, au musée de Rotterdam. Ce paysuge est des plus remarquables. « On y admire, dit Burger, l'extrême fermeté de la touche et l'énergie de la couleur... Le site représenté prête k cette âprelé sauvage, car c'est un simple morceau de terrain montueux, couvert de broussailles, avec du sable par-ci par-là et des plantes drues et courtes. Les habitués des bords de la mer y reconnaîtraient le caractère de certaines dunes isolées dans des passages infréquentés. C'est très-mélancolique et presque terrible, d'autant que la ciel aussi est farouche et sombre. Œuvre vaillante, en résumé, et qui cause une profonda impression, du même genre à peu près que le Buisson de Ruysdael, au Louvre. » Dans la galerie d'Arenberg, à Bruxelles, est un petit paysage de Jean Wynants, animé par un cavalier.

WOUWOU s. m. (ou-ou). Mamm, Nom vulgaire des gibbons et des oraugs, à Java et k Sumatra.

— Encycl. V. gibbon.

WRAN

WOWER ou WOWEREN (Jean de), en latin Woworiu», philologue allemand, né à Hambourg en 1574, mort en 1612. Il fit ses premières études au collège de sa ville natale, se rendit ensuite à Leyde, où pendant cinq ans il vécut dans l'intimité de J. Scalper, de Gruter et d'autres savants. Après avoir passé quelque temps à Paris, il partit pour l'Italie, où, quoique protestant, il fut bien accueil! à la cour de Rome et put, grâce à la complaisance du pape, explorer les archives du Vatican. 11 y découvrit un grand nombre de documents précieux ainsi que des inscriptions pour Gruter. De retour, en Allemagne, .il; fut nommé, en 1602, conseiller du comte d'Ost-Frise, qui l'envoya en mission d'abord à la cour de La Haye, puis à celle de Jean- Adolphe, duc de Holstein, qui, en 1608, le nomma gouverneur de Gottorp. 11 mourut de la pierre à l'âge de trente-huit ans. C'était un homme de beaucoup d'érudition et d'esprit; mais il avait une inconcevable vanité 6t ne se lassait jamais des louanges, à tel point qu'en mourant il légua 60 écus à chacun de ceux qui feraient son oraison funèbre. Avec un pareil caractère, il s'était fait beaucoup d'ennemis; l'un des plus acharnés fut Lindebrog, qui l'accusa de s'être attribué les travaux de Casaubon et de J. Gulielmus. On- a de Wower : De polymathia traclalio integri operis de siudiis veterum àno»itoia^<iTiov (Bûle, 1603, in-40; Leipzig, 1605, in-8°) ; Panegyricus Christiano IV, Danim régi, dictus (Hambourg, 1603, in-8°) ; De cognitione veterum novi orbis (Francfort, 1605, in-8°); Die* sstiva sive de ambra Pmgnion (Francfort, 1610, in-8t>); Synlagma de grxca et latina Ribliorum interpretatione (Hambourg, 1618, in-18); Epistolarum centuris II (Hambourg, 1618, in-ao). On doit encore au même auteur des notes fort estimées sur Pétrone, sur VOctavius de Minutius Félix, sur le De erroribus profanarum religionum de Julius Firmicus, sur Apulée, etc.

WOWER ou WOWEREN (Jean de), en latin Wonoriua, érudit belge, parent du précédent, né à Anvers en 1576, mort en 1635. Il fit ses études àLouvain, où il eut pour maître Juste- Lipse, qui le prit en grande amitié et qui, à sa mort, l'institua l'un de ses exécuteurs testamentaires. Après avoir employé trois années à visiter la France, l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne, il revint, en 1602, -À Anvers, y obtint une charge de conseiller et plus tard devint membre du conseilles finances et du conseil de la guerre. Outre des éditions de Tacite et de Sénèqueavec les notes de Juste- Lipse, on a de lui ; Eucharisiicon J. Lipsio (Anvers, 1603, 1606, in-4°); Assertio Lipsiani aonarii adversus gelastorum sugillationes (Anvers, 1607, in-4«), opuscule dans lequel il prend à partie les protestants qui avaient trouvé ridicule le legs que Lipse avait fait de sa robe fourrée à Notre-Dame de Halle, près de Bruxelles; Panegyricus Austris ar- , chiducièus Retgicw scripius (Anvers, 1609, in-8°) ; Vila B. Simonis Valentini sacerdolis (Anvers , 1612, in-8°) ; De consolalione ad P. P. Rubenium lugentem Philippi fratris mortem (Anvers, 1615, in-40).

WOYTlSSEK(Antoine-Fabien-AIoys-Jean), compositeur allemand, né à Ratay (Bohème) en 1771, mort après 1820. A huit ans, il entra comme enfant de chœur au couvent de Suzawa, où il lit ses études classiques et où il apprit le clavecin et la basse continue. Plus tard, il suivit les cours de l'école normale de Prague, fut instituteur dans plusieurs petites institutions de la Bohême ; mais il renonça à l'enseignement public pour suivre le penchant qui 1 entraînait vers la musique et se rendit à Prague, où il devint répétiteur de chant et souffleur à l'Opéra italien. En 1802, «il fut nommé sous-bibliothécaire dé l'université, et, huit ans plus tard, il accepta l'emploi de basse chantante à la cathédrale. Outre une Messe solennelle , qui fut exécutée à Strahow en 1813 et qui est vraiment une œuvre de mérite, on a de lui des Concertos, des Cantates, une cinquantaine de Chansons allemandes et bohémiennes, des Danses; un ballet, le Déserteur; enfin plusieurs opéras en langue tchèque, tels que les Meuniers de Prague (1792); le Cousin de.Padskal (1798); le Garde de nuit de Liebesehau (1804) ; la Licitation des femmes; la Victoire de la fidélité, grand opéra héroïque, exécuté pour le comte Ferd. de liinsky.

WRABKTZ (Joachim), médecin allemand, né à Bœhmischbrod (Bohême) en 174e, mort vers la fin du xvme siècle. Entré à Prague en 1762, dans le service militaire de santé, il voyagea en Hongrie, en Italie, en France et en Autriche, séjourna assez longtemps à Vienne, à Paris et à Strasbourg et finit par se fixer k Prague, ou il fut nommé professeur de médecine. On a souvent attribué, quoique sans aucun fondement, à Guy de Cnaubeu d'avoir amputé les membres en les étranglant au moyen d'un lien fortement serré; c'est à Wrabetz qu'était réservée l'invention de cette méthode, qui se trouve consignée dans l'opuscule qui lui servit de dissertation inaugurale.

WRADSCHA s. m. (vra-dseha). Philoi. Dialecte qu on-purie dans les environs d'Agra.

WHANCZY (Antoine), en italien Vemuiio, en latin Voriiiniu», prélat et négociateur, ne à Sebeilico (Dalmulie) en 1504, mort en 1573. 11 remplit pour les souverains de Hongrie

WRAN

diverses missions en Europe, fut deux fois ambassadeur à Constuutinople et devint archevêque primat de Gran , vice-roi de Hongrie, puis cardinal. Il avait traduit en latin la vieille chronique turque, à laquelle on a donné pour cette raison le nom de Codez Verauzanius. Cette version est restée inédite ; mais Lœwenkluu l'a mise à contribution pour ses Annales sultanorum Olhmauidarum et pandect® historix turcics (Francfort, 15&8).

WRANGEL (Herinann), général suédois, né dans la Livonie en 1587, mort en 1044. H entra de bonne heure au service, fut fuit prisonnier, en 1607, à la bataille deKockeuhusen, passa ensuite sous les ordres de La Gardie et, au siège d'ivanogorod, fit preuve d'une bravoure qui, après la prise de cette ■forteresse, lui en valut le commandement. Promu feld- maréchal en 1621, il s'empara de Riga la même année, prit ensuite une part active à la guerre contre la Pologne et, créé conseiller d Etat en 1630, fut l'un dés négociateurs et des signataires de la paix conclue à Sminsdorf avec la Pologne (1635). Appelé, . l'année suivante, au commandement de l'armée de Pouiérunie, il emporta d'assaut plusieurs places de cette contrée et poursuivit jusqu'en Silêsie le général autrichien Marzin. Il se porta ensuite au secours de Baner, qui était sur le point d'être cerné par les impériaux; mais, à la suite de démêlés avec ce général, il fut rappelé à Stockholm par la reine Christine, qui le nomma gouverneur de la Livonie. Wrangel administra cette province jusqu'à sa mort.

WRANGEL (Charles-Gustave), célèbre général suédois, fils du précédent, né k Skokloster, dans l'Upland, en 1613, mort en 1676. En 1629, Gustave-Adolphe le nomma gentilhomme de sa chambre, puis officier de ses gardes. Il se distingua à la bataille de Lutzen (1632), où fut tué le roi de Suéde, servit ensuite avec éclat sous Baner depuis 1636, fut blessé plusieurs fois , eut une grande part à la victoire de Cheinnitz, à la prise de Heldrungen et de Resdiugen, fut du nombre des généraux qui dirigèrent provisoirement les opérations militaires après la mort de Baner (1641), accompagna Torstenson dans toute sa carriète victorieuse , lui succéda (1645) dans le commandement en chef des armées suédoises en Allemagne, eu même temps qu'il était élevé aux dignités de feldmaréchal et de sénateur, il battit tes impériaux dans la Hesse, opéra malgré eux sa jonction avecTurenne et se couvrit de gloire pendant les campagnes suivantes (1646-1658) en Bavière, en Bohême, en Silésie, eu Pologne, en Danemark, etc. Après la paix de 1660, il tut nommé maréchal du royaume, commandant général des troupes, président du collège de la guerre et désigné par Charles-Gustave connue uu des régents et tuteurs de sou fils Charles XL Ses infirmités et son âge l'obligèrent à prendre sa retraite (1S75). Il se retira dans l'île de Rugen et y mourut l'année suivante, laissant la réputation d'ua des plus grands généraux de la Suède.

WRANGEL {Frédéric-Henri-Ernest, comte nul, feld-marcehal prussien, né à Stettin en 1784. Entré en 1796 dans un régiment de dragons, il fut, deux ans après (dès 1798), promu au grade de lieutenant, prit part à la campagne de 1807 et reçut l'ordre pour le mérite, en récompense de sa valeur à HeiUberg.

Promu, eu 1811, capitaine et chef d'escadron, il se distingua pendant la guerre de 1813, notamment aux batailles de Hanau et de Leipzig, conquit. à cette dernière le grade de major, assista, en 1814, au blocus de Luxembourg, aux combats livrés en février de la tuèum année et, pendant la retraite d'Etoges et les batailles de Laon et de Sézaunu, conduisit son régiment avec une habileté et un courage qui lui valurent le grade de lieutenant-colonel. Il ne prit pas part cependant à la campagne de 1815. Pendant la période de paix qui suivit, il fut successivement colonel (1815), major général (1823), commandant de la 13e division militaire à Munster (1834), où il comprima éuergiquement, en 1837, les troubles suscités par les menées de l'archevêque de Cologne. Nommé lieutenant général l'année suivante, il commanda plu3 tard le premier corps d'armée à Koenigsberg et le second à Stettiu et, pendant la guerre de Danemark eu 1848 , fut appelé au 00minaudcment des troupes de la Prusse et de la coti fédération germanique dans le Slesvigliolstein. Il remporta, le 23 avril, la victoire de Slesvig et pénétra ensuite dans le Jutlunii ; mais, au mois de septembre, il quitta ce commandement pour prendre celui des Marches, entra le 9 novembre dans Berlin à la tète des troupes qui avaient été concentrées auprès de cette ville, y proclama l'état de siège et rétablit l'autorité du gouvernement. Il fut promu à cette époque au grade de général Ue cavalerie, et en 1856, à l'occasion du soixantième anniversaire de son entrée au service, le roi lui conféra le titre de feld-maréehal général. Au début de la guerre de Danemark, en 1 864, il reçut le commandement eu chef des armées alliées, dont il dirigea les opérations jusqu'après l'enlèvemeut des redoutes de Duppel. Il se retira eusuito à cause de son âge avancé, mais prit encore

i part, eu 1S66, à la guerre de Bohème, sans

j toutefois avoir de commandement.

I WRANGEL (Ferdinand-Pétrovitch, barorinR),

WRAN

navigateur russe, correspondant de l'Académie des sciences, né en 1795, d'une ancienne famille de l'Esthonie,morten 1874.11 fut élevé à l'é.:ole des cadets de la marine de Saint-Pétersbourg et, après avoir navigué pendant quelque temps, fut, par l'intermédiaire de Kru- Sensiern, attaché, en 1817,k l'équipage du sloop de guerre Kamtchatka qui, sous les ordres du capitaine Golovnin, allait exécuter un voyage de circumnavigation, dans le but d'explorer les colonies de l'Amérique russe et de faire, en outre, des travaux hydrographiques dans la mer de Behring. Wrangel eut une part des plus actives à ces travaux, et le soin qu'il prit d'en communiquer a son retour (1819) les résultats aux savants de la Russie lui valut d'être placé, dès l'année suivante, à la tète d'une expédition, a laquelle il doit une réputation européenne. Les ■voyages de découverte des Russes dans les mers du Nord avaient encore laissé sans solution plusieurs problèmes, et notamment la situation du cap Schelagin n'était pas encore connue d'une manière précise. Le soin de déterminer la position de ce cap fut contié à Wrangel, qui était alors lieutenant de la flotte et qui lut, en outre, chargé de relever la côte à l'est du cap Schelagin jusqu'au détroit de Behring, le groupe des lies des Ours ou îles Bœren,ïes embouchures de la Kolyma et la côte qui s'étend a l'ouest de ce point; enfin, il devait encore, en «'avançant sur les glaces de la mer polaire, explorer le"grand continent que l'on supposait placé au nord de l'océan Glacial. Le 2 novembre 1820, il s'embarqua à Saint-Pétersbourg pour Niiui- Kolymsk, parvint au commencement de i année suivante, en se servant de traîneaux tirés par des chiens, jusqu'au cap Schelagin, explora les lies des Ours et pénétra en amont de la Kolyma dans le pays des Yakoutes de la Koljma centrale, tandis que le midshipman Matiouchkine et le docteur Kyber faisaient une excursion au grand et au petit Aniouy et que le pilote Kosmine relevait la côte. Le 10 mars 1822, "Wrangel recommença avec Matiouchkine et Kosmine le voyage sur la glace et, après 46 jours de marche, arriva jusqu'à 72° 2' de latit. N., sans avoir trouvé les moindres traces d'un continent quelconque. L'éié de la même année fut employé à relever les côtes de l'embouchure de la Kolyina et à explorer le pays des Tehouktches; puis, eu février 1823, eut lieu une seconde expédition sur la glace , dirigée en droite ligne vers le nord. Arrivé k un endroit où la mer était ouverte, Wrangel ne put s'avancer plus loin que ce point, qui était situé par 70° 51' de latit. N. et 175" 27' de longit. E. Le 1" novembre 1823, il quitta Nijni-Kolymsk et arriva k Saint-Pétersbourg le 15 août de l'année suivante. Les Observations physiques qu'il avait recueillies pendant ce voyage/ furent publiées eu allemand par Parrot (Berlin, 1827J; mais ce ne fut que plus tard que parut en langue russe lu relation détaillée de cette expédition, sous le titre de Voyage sur les côtes septentrionales de la Sibérie et de la mer Glaciale (Saint- Pétersbourg, 1841, 2 vol,), avec un supplément traduit en français par le prince Gulilzin (Paris, 1843, 2 vol.). La traduction allemande en avait déjà été publiée eu 183S et avait servi à faire une traduction anglaise, publiée l'année suivante. Dans l'intervalle, "Wrangel »vait exécuté sur le sloop de guerre Krotkoi un second voyage autour du monde, au retour duquel (1827) il fut nommé gouverneur des colonies russes de la côte nord-ouest de l'Amérique. 11 se rendit en 1829 k ce poste, qu'il occupa cinq ans et où il fit beaucoup •de bien, surtout par le développement qu'il llonna a la culture de la pomme de terre. Il y recueillit aussi une foule de matériaux intéressants pour la géographie et l'ethnographie et qui ont été consignés en partie dans son ouvrage intitulé : Renseignements sur les possessions russes de la côte nord-ouest de l'Amérique (Saint-Pétersbourg, 1839). Il revint eu Russie par l'isthme de Panama ec les Etats-Unis et écrivit la relation de ce voyage sous ce titre : Esquisse d'un voyage de Sitka à Saint-Pétersbourg (Saint-Pétersbourg, 183G). Elevé à cette époque au grade de contreamiral, il demeura longtemps k la tête du département des forêts ue la marine dans le ministère de la maiine et fut promu viceamiral en 1847. 11 quitta le service du gouvernement en 1849 pour devenir directeur de la Compagnie de commerce russo-américaine. Le continent qu'il cherchait a été découvert eu 1867 par le capitaine anglais Th. Long, qui lui a donné le nom de Terre ue Wrangel (Wrangelslaud).

WRANGÉLIE s. f. (vran-jé-ll — de Wrangel, navigateur russe). Bot. Genre d'algues, de la tribu des ceramiees, comprenant trois espèces, qui croissent dans la Méditerranée.

Yt'iSi.NGIIÀM (Francis), poète et théologien anglais, ne eu 1770, mort en 1843. Il tit ses études k Cambridge, l'ut quelque temps précepteur, entra dans les ordres en 1794 et, après avoir rempli diverses fonctions ecclésiastiques, devint, en 1820, archidiacre d'York, puis, en 1S27, recteur de Dodleston. Il avait débuté, en 1792, dans la littérature par un ppëme satirique intitulé Reforme, pièce facétieuse. 11 abandonna ensuite ce genre et n'écrivit plus guère que des poèmes religieux, parmi lesquels on cite : la Restau-

WRAX

ration des Juifs (1794); la Terre sainte (1800); la Résurrection de la fille de Jaïr (1803); les Souffrances des premiers martyrs (181 1) ; Joseph se faisant reconnaître par ses frères (1812) ; la Mort de Saûl et de Jonathan (1813), etc. On doit, en outre, à Wrangham plusieurs autres ouvrages, dont le plus important est le Plutarque anglais (1816, 6 vol. in-8<>).

WBANITZKY (Paul), compositeur allemand, né k Neureisch (Moravie) en 1756, mort en 1808. Il fit ses premières études musicales à Iglau et à Olmutz et acquit sur le violon un tel talent, que, s'étant rendu à Vienne en 1776 pour suivre les cours de théo- * togie du séminaire impérial, il fut nommé presque aussitôt directeur de musique de cet établissement. 11 étudia dans cette ville l'harmonie et le contre -point sous le compositeur suédois Joseph Kraus, et débuta bientôt lui-même par des compositions qui obtinrent on vif succès. En 1785, il fut nommé, directeur de la musique de l'Opéra de Vienne et de celle du théâtre de la cour et conserva ces deux emplois jusqu'à sa mort.

Wranitzky était doué d'une grande fécondité, et il serait à peu près impossible de donner une liste complète de ses compositions. Nous nous contenterons de mentionner ici quelques-uns de ses opéras, dont le plus remarquable est incontestablement Obéron, qui fut joué à Francfort en 1790 et qui, en six semaines, obtint dans cette ville vingt-quatre représentations. Il passa de la'sur les principales scènes lyriques de l'Allemagne. Citons encore dans le même genre : Rotla (1785); Y Amant de trois jeûnes filles (1791); la Station de poste (1793) ; Mercure (1793); la Sonne mère (1794); la. Fêle des lazzaroni (1795); le Menuisier (1799), etc.

WRATISLAS I", duc de Bohême, mort, en 926. Il était fils de Burzywoj et de sainte Ludmille et succéda, vers 912, à son frère Spitignew Ier. On a peu de détails sur son règne ; on sait seulement (ju'il mit tous ses soins à propager le christianisme dans son royaume. Il laissa de sa femme Drahomira, princesse de Lutitz, deux fils, Wenceslas et Boleslas, qui régnèrent successivement après lui.

WRATISLAS II, premier roi de Bohème, mort en 1092. Il succéda, en 106I, à son frère Spitigne-w 11 et embrassa le parti de l'empereur Henri IV, dans la lutte de ce dernier contre le saiut-siége et contre le margrave d'Autriehe, Léopold le Bel, sur lequel il remporta la victoire de Mauerberg. Henri IV reconnaissant proclama Wratislas roi de Bohême k la diète de Mayence (1086). A la mort de son frère Othon, duc de Moravie, Wratislas réunit cette province à la Bohème. Pendant ses dernières années, il eut à réprimer une révolte de son fils Brzetislas et, en mourant, il désigna pour son successeur son frère Conrad, au détriment des trois fils qu'il . laissait.

WRAXALL (Nathaniel-Guillaume), historien anglais, né à Bristol en 1751, mort en 1831. 11 entra de bonne heure au service de la Compagnie dos Indes orientales, partit pour Bombay en 1769 et accompagna, en 1771, les expéditions dirigées contre Guzerate et Barotch. Il quitta l'Inde en 1772, débarqua à Lisbonne et passa sept années à parcourir l'Europe, dont il visita ies différentes parties, depuis le Portugal et l'Italie jusqu'il la Laponie. Il fut dans le même intervalle employé par la reine de Danemark, Caroline-Mathilde, k une miss'On confidentielle auprès de son frère George III et s'en ac-' quitta de manière à obtenir de ce prince une gratification de 1,000 liv. sterl. (25,000 fr.). En 1780, il devint membre du Parlement, où» il défendit d'abord lord North; mais, en 1783, il passa du côté de P;<u, après avoir voté contre le bill de l'Inde. 11 siégea au Parlement jusqu'en 1794 et fut créé baronnet en 1813. On a de lui un grand nombre d'ouvrages historiques, écrits dans le style facile de l'anecdote et qui, par suite, obtinrent beaucoup de succès; mais il a lait preuve dans plusieurs de beaucoup de crédulité et d'une grande faiblesse de jugement. Ces défauts éclatent surtout dans ses Mémoires historiques de mon temps, de 1772 à 1784 (1815, 3 vol. in-8°). Aussitôt après la publication de ces mémoires, une accusation de calomnie fut portée contre l'auteur par le prince Vorontzof, ambassadeur de Russie à Londres, qui y était accusé de s'être enfui avec la femme du prince héritier de Wurtemberg; Wraxall fut déclaré coupable et condamne à une amende de 500 livres sterling, ainsi qu'à une détention de six mois, qui fut ensuite réduite k trois. UEdinburgh Review, le Quarterly itetrieioetle British Crilics l'attaquèrent aussi violemment, et il ne leur répondit que très-faiblement dans deux brochures. On lui doit encore : Remarques faites à la hâte pendant un voyage à travers les contrées septentrionales de l'Europe (1775); Mémoires des rois de (a maison de Valois, auxquels est joint un voyage à travers les provinces de l'ouest, du sud et de l'intérieur de la France (1777) ; ce voyage fut traduit en français en 1784 ; Histoire de France depuis l'avènement de Henri III jusqu'à la mort de Louis XI V (1795, 3 vol. in-4<>; 1814, 2» édit.) ; Mémoires des cours de Berlin, de Dresde, de Varsovie et de Vienne (1799); Mémoires posthumes de mon

WRED

temps (1836, 3 vol. in-8°), qui, malgré leur titre, ne vont que jusqu'à l'année 1789, en partant de l'année 1784, etc.

WRAY (Robert Bateman), graveur anglais, né dans le Wiltshire en ,1715, mort en 1770. Il apprit le dessin d'un de ses oncles, qui était peintre de portrait, et adopta la profession de graveur de cachets sur pierres fines. Il étudia la partie mécanique de son art chez un graveur de Londres; mais ses progrès excitèrent bientôt la jalousie de son maître, qui ne voulut plus le garder auprès de lui. Le jeune artiste continua seul ses études, en copiant les armoiries sculptées sur les tombeaux et sur les anciens sceaux; de là, il passa k la reproduction des objets naturels, de la figure humaine notamment, et acquit assez de talent en ce genre pour que ses œuvres fussent recherchées même par les amateurs de pierres antiques. On sait (jue la difficulté de graver des figures sur pierre dure ' k la manière des Grecs anciens fait que cet art a été peu cultivé à l'époque moderne. Il n'y a guère que l'Italie où il l'ait été avec quelque succès. La renommée de Wray s'étendit jusque dans cette contrée, et ses pierres gravées y furent jugées supérieures aux œuvres des artistes du pays. L œuvre de cet artiste se compose d'un grand nombre de pierres gravées, représentant des personnages illustres d« l'histoire d'Angleterre, des sujets mythologiques, des figures idéales, etc. Nous nous contenterons de mentionner comme les plus remarquables : Cléopâtre mourante; Tête de Méduse, reproduction de la Méduse de Strozzi ; une Madeleine ; Flore; une Madone; trois têtes de femmes; Milton vu de face; Milton vu de profil; Cicéron; Pope; Shalcspeare ; une Bohémienne ; Antinous, etc.

WRAY (Jean), botaniste anglais. V. Ratt.

WRBNA DE FREUDENTHAL (Rodolphe), administrateur allemand, né k Vienne en 1762, mort en 1823. Il était vice-président de la chambre impériale chargée de la direction des monnaies et des mines, lorsque, après l'entrée de l'armée française a Vienne en 1805, il fut chargé d'administrer cette capitale, que l'empereur François II venait d'abandonner. 11 montra, dans ces circonstances difficiles, beaucoup de sagesse et d'habileté, et parvint à modérer les exigences du vainqueur. Après la paix de Presbourg, François II le nomma premier chambellan et chef du cabinet secret, et cette dernière fonction fournit à Wrbna le moyen de rendre sans bruit de nombreux services.

WRÈDE (Charles-Philippe; prince ce), feld-marechal bavarois, l'un des meilleurs généraux de l'Allemagne, né à Heidelberg en 1767, mort en 1S3S. Il entra au service k vingt-cinq ans, devint colonel en 1795, leva, en 1799, un corps de troupes k la tête duquel il combattit sous le prince Charles , couvrit la retraite des Autrichiens à Hohenlinden (1800) et commanda, en qualité de lieutenant général, le corps des Bavarois auxiliaires de la France dans la campagne de 1805 contre l'Autriche, puis pendant celle de 1809, où il se distingua particulièrement. Sa conduite fut des plus brillantes aux batailles d'Abensberg (20 avril 1809) et de Wagram. A la suite de cette dernière affaire, où il fut blessé, il reçut le grade de feld-marechal. En Russie (1812), il se couvrit de gloire, surtout à Walutina-Gora et k Polotsk. les 19 août et 18 octobre. La bataille de Leipzig (1813) lui fournit encore l'occasion de manifester sa valeur pour la cause de la France; mais les succès des coalisés ayant détaché la Bavière de Napoléon, de Wrède se présenta avec 80,000 hommes pour couper la retraite k notre armée, qui se repliait alors sur la France. , Posté k Hanau, il y essuya une sanglante défaite et y fut blessé (8 octobre). Il prit sa revanche dans la campagne de 1814, en s-'emparant de 26 pièces de canon a la bataille de Brienne et en battant Oudinot k Bar -sur- Aube, action qui lui valut le titre de prince. Il reparut avec ses Bavarois dans l'invasion de 1815, assista comme plénipotentiaire au congrès de Vienne et eut le commandement supérieur des troupes de sa nation en 1822. De "Wrède n'était inférieur à aucun des généraux fmnçais à côté desquels ou contre lesquels il a combattu, soit comme courage, soit comme talent. Napoléon en faisait beaucoup de cas ; dans ses Bulletins, il le cite souvent avec éloge; il l'avait nommé comte de l'empire. — L'aîné des fils uu maréchal, Charles- Théodore, prince de Wrbdh, ne en 1797, conseiller d'Etat et lieutenant-colonel au service de la Bavière, est surtout connu pai' l'opposition qu'il entretint, en 1846, dans le Reiehsrath contre le ministère Abel.— Son frère, le prince Eugène rus "Wrbde, ué en 1806, mort en 1845, rendit de grands services comme président de la régence du Palatinat et fut appelé plus tard par le cabinet Abel aux fonctions de président de la. cour d'appel de la Haute'-Frauconie.

WREDE (Fabian-Jacob-Fabianson, baron de), physicien suédois, né en 1802. Il étudia seul la physique et la mécanique et, entré dans "l'armée comme sous-lieutenant d'artiUlene en 1817, il devint, en 1836, directeur de l'école d'artillerie de Marienbourg. Il a été promu, en 1854, major général. Le baron de Wrede est, en outre, membre des Académies suédoises de musique, des sciences et des sciences militaires. Ses ouvrages consistent en mé-

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