IV. Jtois
Frédéric I«* (le même que le duc Frédéric II) , 1806
Guillaume 1er )S16
Charles I°r 1864
WURTEMBERG (Chrétien-Frédéric-Atexandre, comte de), poète allemand, né en 1801 à Copenhague, dont son père, le duc Guillaume de Wurtemberg, était gouverneur à cette époque, mort en 1844. Il entra de bonne heure dans l'armée wurtembergeoise, y parvint au grade de colonel et épousa en 1832 la comtesse Hélène de Festetics-Tolna, de de laquelle il eut quatre enfants. Une mort prématurée, arrivée après rie longues souffrances, mit fin à, cette heureuse union. Il avait débuté dans la littérature par des poésies lyriques, qui furent insérées, sous le pseudonyme de Saodor de S., dans le Morgenblalt; il écrivit ensuite, sous son propre nom, dans YAlmanack des Muses allemand de Chamisso et Schwab. Ces premiers essais furent plus tard recueillis et publiés, avec de nombreuses additions, dans deux recueils, sous le titre de Poésies (Stuttgard, 1837J et Poésies complètes (Stuttgard, 1841). On reconnaît dans ces compositions l'influence de l'école poétique souabe et une étroite parenté de goût et d'esprit avec Le.nau, dont l'auteur était l'ami intime. Le caractère distinctifde la plupart d'entre elles est un sentiment profond de mélancolie. Partout on y trouve l'expression d'une grande sensibilité, d'une nature forte et sensée, d'un esprit vraiment allemand, patriotique et chevaleresque, le tout relevé par une brillante imagination , une versification élégante et un style d'une grande pureté. Les pièces les plus connues de ces recueils sont les Chants d'un soldat pendant la paix, les Tabieauxde Hongrie elles Chants de ta tempête, où éclate le plus le talent original de l'auteur. A cause des tendances libérales de ce dernier, ses poésies furent interdites en Autriche, mais il n'en continua pas moins a être bien vu dans les salons de Vienne.
WURTEMBERGEOIS, OISE s. et adj. (vurtain-bèr-joi , oi-ze). Gêogr. Habitant du Wurtemberg; qui appartient à ce pays ou à ses habitants : Les soldats wurtkmbergeois et leiirs officiers sont exercés à des combats simulés avec des baïonnettes à pointe émoussée et garniet (Si-Germain.)
WURTII (Joseph), jurisconsulte autrichien, né en 1817, mort en 1855. Il professa le droit à Vienne, fut élu en 1848 député à ^Assemblée nationale allemande, devint ensuite soussecrétaire d'Etat au ministère de l'intérieur et, de 1849 à 1851, fut ministre de la justice de l'empire. On a de lui, entre autres écrits : Derniers progrès du système pénitentiaire en France, en Angleterre, en Ecosse, en Belgi' que, enfin en Suisse (1844) ; Droit municipal autrichien au xuie siècle (1846); Tableau de la procédure criminelle autrichienne au 17 janvier 1850, comparée avec les législations étrangères (1851). Wurth avait aussi collaboré aux Annales de droit et d'économie politique et au Journal des tribunaux' autrichiens.
WURTZ (Félix), chirurgien suisse, né à Zurich. Il vivait au x.vi« siècle et pratiqua son art à Bile. Sa vie est peu connue. On sait seulement qu'atteint d'horribles douleurs de tète, il s'en débarrassa en se faisant ouvrir l'artère temporale. Conrad Gessaer,qui
était son ami et qui était capable d'apprécier parfaitement la valeur de ce qu'il pouvait faire, le pressa fortement et le détermina & communiquer au public les résultats de sa grande expérience. Wurtz prit la plume, non pas, comme il le dit lui-même, pour répéter les principes généraux de chirurgie qu'on trouve partout et qu'on transvase pour ainsi dire sans cesse d'un livre dans un autre livre, mais pour signaler les erreurs, les abus qui régnaient dans l'exercice de l'art et pour faire profiter ses contemporains et ses successeurs des remarques propres, des observations nouvelles qu'il avait faites. Cependant il n'eut pas le temps de publier lui-même son livre, qui fut édité, après sa mort, par son frère Rodolphe Wurtz. II a pour titre : Pratique de chirurgie, otl toutes les erreurs dangereuses des chirurgiens sont corrigées (Bàle, 1576, in-8°) ; il a été traduit en français par François Sauvin (Paris, 1672, in-12).
WORTZ (Paul, baron de), général allemand, né à Husum (Slesvig) d'une famille obscure, mort en 1676. 11 entra jeune dans les armées impériales, puis, changeant de parti, passa dans l'armée suédoise et eut le bonheur de se distinguer sous les yeux de Gustave-Adolphe, qui l'éleva successivement aux premiers grades, l'employa utilement en Poméranie et en Pologne et le créa baron. Après la mort du héros suédois, Wurtz passa nu service du roi de Danemark, qui le nomma feld-maréchal, mais il le quitta plus tard pour accepter le commandement de toutes les forces de terre des Provinces-Unies. Il ne put cependant empêcher Louis XIV de conquérir la Hollande, et, ayant eu à souffrir de nombreuses humiliations de la part du stathouder, il donna sa démission en 1674. Il vécut, dès lors, dans la retraite à Hambourg. C'est de ce général que Boileau a dit, dans sa quatrième épître :
Ah [grand roi, quel liérus, quel Hector que oe Wurtz! Sans ce terrible nonti, mal né pour les oreilles. Que j'allais a tes yeux étaler de merveilles!
WORTZ (Georges -Christophe), médecin français, né à Strasbourg en 1756, mort en 1823. Il fit ses études médicales dans sa ville natale et y publia, en 1778, sous ce titre : Conamen mapps generalis medicamentorum simplicium secundum af/inilales viriw» naluralium nova methodo geographica dispositorum, une (.■lassifieution des médicaments d'après l'affinité de leurs propriétés. Cette espèce de carte, où il ne suivait aucune des méthodes de classification connues, le lit connaître dans le monde savant; et, étant parti peu de temps après pour l'Allemagne, dans le but d'étudier les progrès de la médecine, il reçut partout l'accueil le plus bienveillant. Il vint ensuite à. Paris et y fut nommé secrétaire général du musée. Il devint, en outre, membre de l'Académie de médecine. Pendant la Révolution, il réussit à vivre presque oublié, tout en continuant d'exercer avec son dévouement habituel la pratique de son art. Plus tard, il s'occupa d'études sur des moyens particuliers d'amélioration morale et intellectuelle et publia à ce sujet différentes brochures. Nous citerons, parmi ses écrits ; Voyaye d'un médecin étranger de Prague à Carhbad (Leipzig, 1779); Mémoires sur l'établissement des écoles demé- ' decine pratique à l'instar de celles de Vienne (1784); Prospectus d'un nouveau cours théorique et pratique du magnétisme animal, réduit a des principes simples de physique et de chimie (1787) ; Discours sur les moyens de rendre ta franc-muçunnerie plus utile à l'humanité (1790) ; Observations sur tes maladies gui proj viennent d'une âcreté du sang ou de lu lymphe; Mémoire sur tes moyens de réparer les torts faits au commerce de France par la révolution de Saint-Domingue (1820); Second mémoire relatif aux colons de Sai?it-Doiniugue (1822), etc.
WURTZ (Jean-Wendel) , écrivain mystique, né à Walschbrotin en 1706, mort à Colonges, près de Lyon, on 1826. Il a compose divers ouvrages, fort mal écrits, mais qui ont eu une certaine vogue à cause de leur singularité. Il y applique les prophéties de l'Ecriture suinte aux révolutionnaires, aux libéraux, aux philosophes, aux illuminés et à Napoléon, qu'il retrouve dans {'Apocalypse sous le nom d'Appollyon. Un écrit qu'il publia eu 1825 contre Lamennais, et où il attaque les libertés de l'Eglise gallicane, le fit condamner à une amende par le tribunal correctionnel de Lyon le 18 janvier 1826. Il était alors vicaire de l'église de Saint-Nizier de cette ville. Voici les plus curieuses de ses bizarres productions : VAppoilyon de f'Apocalypse ou la /{évolution française prédite par saint Jean i'Evanyéliste (1816, in-B°), livra qui a eu sept éditions, les trois dernières sous ce titre : les Précurseurs de l Antéchrist ; Superstitions et prestiges des philosophes ou Démonoiâtrie du siècle des lumières (1817, in-8<>).
WORTZ (Charles-Adolphe), chimiste français, né à Strasbourg en 1817. Après des études universitaires très-sérieuses, il suivit d'abord les leçons de la Faculté de théologie, qu'il quitta bientôt pour se livrer à l'étude ds la médecine. Reçu docteur en 1843, il fut aussitôt nommé chef des travaux chimiques delà Faculté de médecine de Strasbouifc,, mais dès l'année suivante il obtint au concours une place analogue à la Faculté da
WURT
Paris, et trois ans plus tard il fut nomme agrégé au concours. En 1858, M, Dumas, alors professeur de chimie organique et de pharmacie , ayant déserté 1 enseignement pour la politique. M. Wurtz, comme agrégé, fut chargé de le remplacer et il s'en acquitta fort bien. Le 11 mars 1853 mourait Orfîla. Ce fut à M. Wurtz que revint le périlleux honneur de remplacer ce professeur dans une chaire qu'il avait occupée pendant trentequatre ans avec un succès sans précédent. Le jeune professeur sortit vainqueur de cette épreuve redoutable et déploya dans son enseignement un talent et une science qui depuis lors n'ont fait que croître et se perfectionner, M. Wurtz possède une instruction solide et étendue, un esprit ardent et mesuré, capable à la fois de descendre aux plus petits détails de la science et de s'élever jusqu'aux plus hautes généralisations. Professeur éloquent, sa diction est facile, mouvementée ; cependant quelquefois, par suite d'une trop grande activité de corps et d'esprit, il précipite trop ses phrases et se laisse aller à une surabondance de gestes qui peut nuire à la clarté de la diction. Il est doué d'urre activité incroyable et déploie une adresse étonnante dans les expériences.
A la fin de 1865, à la suite de troubles survenus à. l'Ecole de médecine, M. Tardieu ayant donné sa démission de doyen, le poste fut offert successivement à Nélaton et à Velpeau, qui refusèrent. Enfin, M. Wurtz accepta ces fonctions, que les circonstances avaient rendues difficiles, et dont il a su s'acquitter avec autant de fermeté que de modération. Animé d'un esprit très -libéral et soucieux de tous les intérêts matériels et scientifiques de ses élèves, il a opéré plusieurs réformes importantes. Il a créé un cours de chimie pratique qui, confié à M. Lutz, agrégé distingué, a eu un plein succès. En outre, il a fondé un très-beau laboratoire de chimie pratique à l'usage des élèves et il a inauguré en 1866 un cours de chimie biologique qui est très-suivi. C'est encore lui qui, en 1872, a provoqué la création de trois laboratoires d'anatomie et de chimie pathologique à l'IIôtel-Dieu, à la Charité et à la Pitié. La Faculté des sciences, désirant que les théories chimiques nouvelles qui depuis une vingtaine d'années ont renouvelé la science fussent exposées dans un cours à la Sorbonne, chargea à l'unanimité, en 1874, M. Wurtz de cette nouvelle mission, et le savant professeur ouvrit le 22 avril un cours spécial de chimie organique. Le 1er août 1875, il a été nommé professeur de chimie organique à la Faculté des sciences de Paris. Cette mémo année, il a demandé à être déchargé de ses fonctions de doyen et a été nommé doyen honoraire. Ses importants travaux et ses découvertes sur la chimie lui ont fait décerner en 1865 par l'Académie des sciences le prix biennal de 20,000 francs. Elu membre de l'Académie de médecine en 1856, membre de l'Académie des sciences à la place de Pelouze (1867), il fait en outre partie de. plusieurs sociétés savantes françaises et étrangères etk il a été promu commandeur de la Légion d'honneur en 1869. Outre des articles et des mémoires publiés dans les Annales de chimie et de physique et dans le Répertoire de chimie pure, qu'il a longtemps dirigé, on lui doit : Mémoiresur les ammoniaques composées (1850, in-8») ; Sur l'insalubrité des résidus provenant des distitleries et sur les moyens proposés pour y remédier (1859, in-8°); Leçons de philosophie chimique (1864, in-8°); Traité élémentaire de chimie médicale (1864-1865, 2 vol. in-8°) ; Leçons élémentaires de chimie moderne (1866-1868, in-18); Histoire des doctrines chimiques (1868, in-8°) j Dictionnaire de chimie pure et appliquée (1868 et suiv., in-8°), ouvrage très-remarquable, publié en collaboration avec les principaux chimistes de notre temps; les Hautes études pratiques dans les universités allemandes (1870, in-4°) ; la Théorie des atomes dans la conception générale du monde (1874, in-18), discours extrêmement remarquable, prononcé à l'inauguration de ls troisième session de l'Association française pour 1 avancement des sciences. M. Wurtz y a fait un exposé complet des transformations successives qu'a subies la théorie des atomes.
WURTZBOURG ou WURZBOURG, en latin Herbipolis, ville de Bavière, chef-lieu du cercle de la Basse-Franconie, à 266 kilom. N.-O. de Munich, à 112 kilom. S.-E. deFranefort-sur-le-Mein, dans une vallée très-fertile, sur le Mein et le chemin de fer de Bamberg a Francfort, par 49» 47' de latit. N., 7» 35' de longit. E. ; 40,000 hab. Evêché suffragant de Bamberg ; université fondée en 1403, avec riche bibliothèque, cabinet d'histoire naturelle, de physique, observatoire astronomique et collection de médailles et antiquités. Ecole polytechnique élémentaire; écoles de sages- femmes, des arts et dessin. Industrie active ; fabrication de cire à cacheter, cuirs, chapeaux, instruments de chirurgie et de mathématiques. Commerce important et navigation active.
Wurlzbourg est une place forte ; on y entre par six portes principales. Ses rues sont étroites et, dans certaines parties, bordées de ces vieilles maisons que recherchent de préférence les artistes et les amateurs de pittoresque. Un pont de 201 mètres de longueur met en communication les deux rives du Mein. Sur la rive gauche s'élève sur une éini-
WURT
nence la citadelle, appelée Hartenburg; elle a été construite sur l'emplacement de l'un des cinquante castels élevés par Drusus et se compose actuellement d'un donjon remarquable par sa hauteur, de divers fragments d'un édifice féodal et d'ouvrages plus ou moins modernes. Les évêques y fixèrent leur résidence a partir de 1250, car cette année-là les bourgeois de Wurtzbourg s'étaient révoltés contre l'évêque Hermano. Cette citadelle est actuellement en bon état de défense. Près de cette forteresse s'élève la chapelle de Saint-Nicolas, fondée en 700, rebâtie depuis et fréquentée par de nombreux pèlerins. Les flancs de la colline qui couronne la citadelle et la chapelle sont couverts de vignobles où l'on récolte des vins estimés. Sur la rive opposée, s'étend la ville proprement dite ; ce qui, dans cette ville frappe le regard au premier aspect, c'estlenombre considérable de ses églises; elle en compte en effet plus de vingt. Le Dom ou cathédrale s'élève à l'extrémité de la rue qui part du liont du Mein ; cette église, dédiée a saint Kilian, fut bâtie sur 1 emplacement où ce saint souffrit le martyre (xiie siècle); elle est surmontée de trois - tours qui datent de 1240 et renferme les monuments funéraires peu remarquables des premiers évêques de Wurtzbourg, un beau tableau de maîtreautel, une Tielle crucifixion, une chaire en albâtre et des fonts baptismaux qui datent de 1279. Du côté septentrional de la cathédrale se trouvent réunis le Stadtgericht (tribunal de la ville) et la Neumunsterkirche, bâtie en l'an 1000, dont1 la crypte romane, reste d'une église plus ancienne, renferme le tombeau de saint Kilian. La plus belle église de Wurtzbourg est la Mariencapelle, qui se trouve au N.-O. de la cathédrale, sur la place du Marché. Cette église, bâtie de 1377 à 1479, dans le style gothique ogival, a été restaurée en 1844. On remarque surtout les scupltures de ses portails, de ses arcs-boutants et, à l'extérieur, de ses colonnes. Od y voit aussi quelques monuments funéraires. Les autres églises de la ville n'offrent rien de particulièrement intéressant ; elles sont modernes on modernisées, sans goût ou de mauvais goût. A l'O. de la cathédrale, sur la place de la Parade, s'ouvre le Hof-Strasse, qui conduit à la place du Château (Hofplatz), où s'élève la Résidence, ancien château épiseopal royal. « Construit de 1720 à 1744, dit M- Joanne, par 1 architecte Jean-Balthazar Neumann pour deux évêques de la famille des comtes de Schœnborn , ce château fut habité de 1816 à 1825 par le roi Louis, alors prince royal. On y admire à 1 intérieur son bel escalier; mais si l'on en excepte la chapelle, ses 284 pièces, jadis surchargées de dorures et d'ornements , ne valent pas une visite. Bien qu'on l'appelle la Résidence, il est rarement habité par la famille royale. Ses caves, les plus vastes, dit-on, de l'Allemagne, contiennent plus de 23,000 hectolitres de vin. Ses jardins sont la promenade la plus fréquentée et la plus agréable de la ville. • Mentionnons encore, parmi les édifices de' Wurtzbourg, le Julius-Spital, hôpital-asile de pauvres et d'infirmes; l'Anatomie, où se trouvent réunies toutes les collections de l'école de médecine ; enfin les bâtiments de l'université.
L'université de Wurtzbourg est la plus unportante des universités catholiques de l'Allemagne. Dès l'année 942, l'évêque PoppoIII avait jeté les bases d'une haute école ; mais ce n'est qu'en 1403 que l'évêque Jean 1er, avec l'autorisation du pape Bonifac-e IX, fonda la véritable université. En 1803, le gouvernement bavarois créa la nouvelle organisation en quatre Facultés. Primitivement les matières d'enseignement étaient divisées en deux classes : les sciences générales et les sciences spéciales. Les sciences générales comprenaient la philosophie, les mathématiques et la physique, l'histoire et les beaux-arts; les sciences spéciales se partageaient également en quatre sections : la théologie, le droit, les sciences administratives et la médecine. La Faculté de théologie fut remplacée par un séminaire ayant les mêmes privilèges et les mêmes droits que la Faculté, mais placé sous l'autorité immédiate de l'évêque et de son vicaire. Près de sept cents étudiants sont toujours inscrits sur les registres. La bibliothèque, le gymnase, le séminaire, le cabinet d'histoire naturelle et de physique, le jardin botanique, l'hôpital Julius ,sont des établissements utiles pour faire des études complètes.
L'origine de Wurtzbourg remonte aux premiers temps de l'ère chrétienne. En 683, l'Ecossais Kilian, qui y était venu avec Colonat et Totnaw prêcher le christianisme, y subit le martyre. En 741, saint Boniïace y fonda cet évêché célèbre qui a existé jusqu'en 1805 et qui a compté quatre-vingt-deux évêques. Les Huns détruisirent la ville vers 910. Au siècle suivant, il s'y tint des conciles et des diètes de l'empire. Les luttes de la bourgeoisie et des évêques, des persécutions contre les juifs qui, en 1348, y; furent brûlés dans leurs maisons, des tournois, des fêtes fameuses remplissent son histoire pendant quatre siècles. En 1525, elle fut dévastée par les paysans, et, en 1528, elle se déclara pour le catholicisme, malgré sa vieille inimitié contre ses évêques. Enfin, des traités longuement débattus mirent un terme aux querelles sans cesse renaissantes du pouvoir temporel et du
WURZ
pouvoir spirituel ; ils s'entendirent surtout pour détruire les sorciers et les sorcières j en 1615, on en brûla plus de trois cents. En 1630, les jésuites s'enfuirent à l'approche de Gustave-Adolphe, qui prit et pilla la ville. Le duc Bernard de Saxe-Weimar s'en empara à son tour en 1633, mais il dut l'abandonner trois ans après. En 1747, on y livra encore aux flammes une pauvre vieille religieuse nommée Regina de Singer, accusée de sorcellerie. En 1793, Wurtzbourg fut occupé par le général français Championnat, qui le frappa d'une contribution de 5 millions de livres ; en 1796, la ville fut évacuée par les Français, à la suite de la bataille que l'archiduc Charles d'Autriche avait gagnée sur le général Jourdan. En 1801, Wurtzbourg fut donné a la Bavière ; en 1805, a l'archiduc Ferdinand d'Autriche ; plus; tard, il fut de nouveau occupé par les Français î puis, en 1817, par une armée austro-bavaroise, et enfin il fut cédé à la Bavière le 28 juin 1814 ; il devint alors le chef- lieu du cercle bavarois de la Basse-Franconie.
plusieurs conciles ont eu lieu à Wurtzbourg. Le premier, convoqué en 1080 par le pape Grégoire VU pour rétablir la paix entre ies partisans de Henri et de Rodolphe, n'eut aucun résultai. En 1130, l'empereur Lothaire reconnut dans une assemblée de seize évêques, présidée par l'archevêque de Ravenne, Gualterio, l'élection du pape Innocent II. En 1165, l'empereur Frédéric 1er, à la tête d'une quarantaine d'évêques, décida qu'on ne reconnaîtrait jamais en Allemagne le pape Alexandre, mais qu'on demeurerait fidèle à Pascal, nommé par les schismatiques a la mort d'Octavien. Le concile de 1209 s'occupa de la dispense que demandait Othon IV pour épouser sa parente, la fille du duc de Souabe. Les évêques exigèrent que ie roi promit d'être le protecteur des monastères et des autres églises, des veuves et des orphelins; de fonder un monastère de l'ordre de Cîteaux dahs une terre de son domaine,' et d'aller en personne au secours de la terre sainte. Othon se soumit à ces conditions et le mariage put être contracté. En 1287, l'empereur avait assemblé une diète à Wurtzbourg. Le légat du saint-siége profita de ce concours de seigneurs, de dignitaires et de prélats pour convoquer un concile provincial, auquel assistèrent les archevêques de Mayence,de Cologne, etc. Ce concile vota quarante-deux canons sur des matières très-diverses, relatives à 1» discipline du clergé, sur les moyens de protéger ses biens, etc. En 1848, Pie IX convoqua à Wurtzbourg un concile pour s'occuper des intérêts de l'Allemagne catholique. Cette assemblée , composée de cinq archevêques et de seize évêques, se borna à rétablir les synodes diocésains.
WURTZBOURG (kvêchb de), ancien Etat de l'empire germanique, dans le cercle de Franconie, compris entre la commander! e de Mergentheim à l'O. et l'évêchè de Bamberg à PE.; il avait une superficie de-496 kilom. carrés, avec une' population de 250,000 hab. Cet Etat, sécularisé en 1801, avait été donné en 1805 à l'archiduc Ferdinand, ex-duc de Toscane, en échange de ia principauté de Salzbourg, cédée à la Bavière. Il prit alors le nom de grand-duché. Les événements de 1814 le donnèrent à la Bavière avec la ville dont il portait le nom; le grand-duc Ferdinand d'Autriche recouvra la Toscane. Le 23 décembre 1821, un évêché a été établi à Wurtzbourg, à la suite du concordat conclu avec le saintsiége.
WURTZBOURG (Conrad de), minnesinger allemand. V. Conrad de Wurtzbourg.
WURTZEN, ville de la Saxe royale, dansie cercle et à 21 kilom. E. de Leipzig, chef-lieu du bailliage de son nom, sur la Muhlgraben ; 6,500 hab. Fabrication de toile et de bonneterie; blanchisserie. Commerce de bétail et de produits agricoles.
WURZBACH DETANNENBERG (Constant), "bibliographe et poSte allemand, né à Laybach (Iilyrie) en 1818. Fils d'un jurisconsulte, il suivit, pour obéir aux volontés de son père, les cours de droit de l'université de Gratz, et avait à peu près terminé ses études lorsque, cédant à son goût pour l'état militaire, il s'engagea dans un régiment d'infanterie, qui était à cette époque à Oracovie comme corps d'occupation, et dans lequel il parvint plus tard au grade de lieutenant. Envoyé vers le même temps en garnison à Lemberg, il y suivit les cours de funiversité et y fut reçu en 1843 docteur en philosophie. L'année suivante, il renonça à son grade pour occuper un emploi à la bibliothèque de la même université. La connaissance profonde qu'il possédait de la langue et de la littérature polonaise lui ouvrit les salons de la haute noblesse de Lemberg, et lorsque le comte Stadion vint eu 1S47 comme gouverneur en Galicie, ce fut lui qui fut chargé de traiter dans le journal officiel allemand les questions relatives aux établissements publics et au théâtre National. En 1848, il reçut un emploi à la bibliothèque impériale de la cour de Vienne et, la même année, fut nommé par le comte Stadion archi-. viste du ministère de l'intérieur. Son chef le chargea de former une bibliothèque administrative pour le ministère. L'organisation en fut terminée sous le ministre Bach et la direction en fut confiée en 1849 à M. Wurzbach, qui reçut, en outre, plus tard le titre
WUST
de conseiller du gouvernement. Comme poÈte, il se fit d'abord connaître sous le pseudonyme de W. Conimnt, et ses premiers essais, qui parurent de 1832 à 1836 dans plusieurs journaux de sa ville natale, puis en 1837 dans YAlmaaaek des Muses, obtinrent un accueil favorable. Pendant les années suivantes, il écrivit un grand nombre de nouvelles et de pièces de vers, imitées ou traduites en majeure partie des langues slaves et qui furent insérées dans VAUgemeine Modenzeitung, dans la Komete, dans l'Europa, etc. Il publia lui-même à part, sous le litre de Afosaïque (1841), un recueil de poésies lyriques, de ballades et de romances. Mais l'attention publique' fut surtout excitée par ses Parallèles (Leipzig, 1852, 3° édit.), qui avaient paru sous le voile de l'anonyme en 18J9. A ces premières œuvres succédèrent Sur une aille royale disparue, poème (1851 ; 1857, 2e édit.) ; Napoléon (1851), chant qui sert d'introduction à un poëma narratif, le Page de l'empereur, publié, plus tard (Dusseldorf, 1854) ; Pierres précieuses (Hambourg, 1855), et Camées ^Dusseldorf, 1856), 'deux recueils de poésies du même genre, parmi lesquelles on remarque surtout les pièces intitulées ■. le Prix d'un remède, l'Histoire facétieuse d'Olivier, le Conte du mardi gras et l'Exposition de la fiancée de Gygès. Mais la poésie n'est pas la seule brunche littéraire que M. Wurzbaeh ait abordée avec succès. Il s est acquis, en outre, un mérite particulier par deux ouvrages d'un autre genre j la. Revue bibliographique et statistique de la littérature de l'empire d'Autriche et le Dictionnaire biographique de l'empire d'Autriche. Le premier de ces ouvrages, dont il a paru trois années (1854, 1855 et 1856), a obtenu l'accueil le plus favorable en Allemagne et à l'étranger; la publication en fut suspendue sous le ministère Goluchowski.
Le Dictionnaire biographique (Vienne, 1857- 18S8, t. 1er à XVIII) est un ouvrage unique dans son genre, qui renferme des milliers do biographies plus ou moins étendues et écrites d'après les sources les plus authentiques, ainsi qu'une foule de notices et de renseignements bibliographiques. On a encore de M. Wurzbaeh -.Eléments de géométrie (Lemberg, 1843), ouvrage écrit à l'époque où l'auteur était au service; Chants populaires des Polonais et des Ruthéniens (Lemberg, 1S46); Proverbes des Polonais (Lemberg, 1847; Vienne, 1852, 2» édit.); l'Eglise de la ville de Cracovie (Vienne, 1853), monographie pleine de détails intéressants sur l'histoire et sur l'art; le Livre de Schiller (Vienne, 1859), remarquable travail bibliographique publié à l'occasion du centième anniversaire de la naissance du poëte; Mots, proverbes et locutions historiques (Hambourg, 1866, 2« édit.), etc.
WURZBOURG. V. Wurtzbourg.
WURZELBAU (Jean-Philippe DE),astronome allemand né à Nuremberg en 1651, mort en 1725. Il fit ses études dans sa ville natale et s'y adonna à l'étude de l'astronomie sous la direction d'un certain André-Alexandre, qui donnait des leçons particulières de cette science. Obligé de suivre la carrière du commerce, il trouva néanmoins le moyen de continuer ses études scientifiques, et les observations qu'il publia sur les éclipses de lune survenues en 1684 et 1685 lui firent obtenir en 1687 le titre de correspondant de la Société royale de Londres. En 1699, il fut nommé membre correspondant de l'Académie des sciences de Paris et, sept ans plus tard, fut admis à celle de Berlin. L'empereur Léopold lui avait octroyé des lettres de noblesse en 1691. Il laissa en mourant plusieurs ouvrages manuscrits ; le seul qui ait été publié est l'Uranica norics basis asironomiess (Nuremberg, .1728, in-fol.), où sont consignés les résultats des vérifications laites pendant trente-six ans par l'auteur sur les observations astronomiques recueillies depuis trois siècles par un grand nombre d'astronomes.
WUSTEMANN (Ernest-Frédéric), érudit allemand, né vers la fin du siècle dernier, mort en 1856 à Gotha, où il était professeur au gymnase Illustre et membre du conseil ducal. Ou a de lui : le Palais de Scaurus ou Description d'une maison citadine de Rome (1820), ouvrage écrit en collaboration avec son frère; Guide de la traduction de l'allemand en grec, avec Rost (1820, 2 vol.; 1850, 3e édit.); Dictionnaire latin-allemand (1826, 2 vol.) ; Guide de la traduction du Latin en allemand (1844) ; De l'horticulture chez les anciens Romains (1846) ; Entretiens tirés du monde antique (1854); Promptuarium sentenliarum ex veteribus scriplorum romanorum libris congestum (1856), etc.
WUSTENFELD (Henri-Ferdinand), orientaliste allemand, né à Munden (Hanovre) en 1808. Il suivit d'abord les cours de théologie de l'université de Gœttingue, mais renonça ensuite à cette étude pour s'occuper exclusivement des langues orientales, qu'il alla continuer plus tard à Berlin. De retour à Gœttingue en 1831, il s'y fit recevoir docteur en philosophie, puis agrégé l'année suivante, y devint assesseur de la Faculté de philosophie en 1836 et y obtint en 1838 un emploi à la bibliothèque, li a été depuis nommé professeur extraordinaire (1842) et professeur ordinaire (1856). Ses travaux ont éminemment con tribué à activer en Europe les études orientales, qu'il a rendues abordables surtout par ses éditions d'ouvrages géographiques et Ht-
WUTT
téraires arabes. Parmi ceux de ce genre qu'il a édités, il faut citer : le Liber concinniiatis nominum de Ntiwawi (Gœttingue, 1832); le Liber classium virorum nui Corani et traditionum cognitione excelluernnt (Gœttingue, 1833-1834); le Spécimen el Lobabi (Gœttingue, 1835) ; les Tabulée quxdam géographie^ d'Aboulfèda (Gœttingue, 1835) ; les Vitsillustrium virorum de Ibn-Challikan (Gœttingue, 1835-1850, livraisons 1-13, avec additions); le Biographieal Dictiouaryof illusirious men de Nowa-wi (Gœttingue, 1842-1847, 4 vol.); l'Histoire des Coptes de Makrizi (Gœttingue, 1845); le Moschlarik ou Dictionnaire des homonymes géographiques de Jakout (Gœttingue, 1846) ; lu Cosmographie de Cazwini (Gœttingue, 1848-1849.2 vol.); le Manuel d'histoire d'Ibn-Coteibo (Gœttingue, 1850); l'ouvrage de Mohammed ben Aliib Sur la ressemblance et la différence des noms des tribus arabes (Gœttingue, 1850); le Manuel généalogique et étymologique d'Ibn Doreid (Gœttingue, 1850- 1853, 2 vol.) ; les Chroniques de la ville de La Mecque (Leipzig. 1857-1861, 4 vol.); la Vie de Mahomet d'Ibn-Hischam (Gœttingue, 1857-1860, 4 parties); enfin, le célèbre Dictionnaire géographique de Jakout (Leipig, 186S et unnêes suiv., 4 vol.). Parmi les écrits originaux du même auteur, qui renferment des matériaux tirés des sources authentiques pour l'histoire, la géographie et l'histoire littéraire de l'Orient, les plus importantes sont : les Académies des Arabes el leurs maîtres (Gœttingue, 1837); Histoire des médecins et des naturalistes allemands (Gœttingue, 1840); Tables généalogiques des tribus et des familles arabes (Gœtiingue, 1852) ; Tables comparatives de la supputation du temps chez les mahométans et chez les chrétiens (Leipzig, 1854). M. Wustenfeld a, en outre, fourni une foule de mémoires au Journal d'ethnographie comparée, de Ludde; aux Etudes de Gœttingue; aux Dissertations de la Société des sciences de Gœttingue; aux Annonces savantes de Gœttingue; au Journal de la Société orientale allemande, à l'Orient et l'Occident de Benfey, etc.
WUSTERHAUSEN, ville de Prusse, province de Brandebourg, régence de Potsdam, cercle et à 26 kilom. O. de Ruppin, sur une île delaDosse; 3,000 hab. Industrie agricole; fabrication de draps et de toiles. Commerce de bestiaux et de céréales.
WOSTERHACSEN (KŒN1GS-), bourg de Prusse, province de Brandebourg, régence de Potsdam, à 28 kilom. S.-E. de Berlin, sur la Notte. Beau château, royal bâti par Frédéric II.
WOTGENAU (Godefroi-Ernest, baron dis), général autrichion, né en 1673, mort en 1736. Il entra au service au début, de la guerre de la succession d'Espagne, pendant laquelle il combattit en Italie et dans les Pays-Bas sons les ordres du prince héréditaire de Hesse- Cassel, qui fut plus tard roi de Suède. 11 sut gagner les bonnes grâces de ce prince, qui le prit pour son aide de camp et à la recommandation duquel le landgrave de Hesse-Cassel le nomma lieutenant-colonel et gouverneur du prince Georges de Hesse. Il fit avec son élève la campagne contre la Suède en Poméranie, visita ensuite la France et l'Italie, et, . à son retour, fut nommé colonel du régiment que la Hesse mettait au service de l'Autriche. 11 prit part au siège de Belgrade, où il reçut une grave blessure, fut envoyé en 1718 en Lombardie, puis en Sicile, livra aux Espagnols le combat de Fraucavilla (juin 1719), s'empara ensuite de Messine et de plusieurs autres villes importantes et força les Espagnols d'évacuer la Sicile. Après la paix, qui fut signée à peu de temps de là, il revint en Allemagne, fut chargé par le landgrave, en 1724, d'une mission près la cour de Russie et, quelques années plus tard, entra au service do l'Autriche avec le grade de major général. En 1730, il fut appelé au commandement du corps d'armée que l'Autriche envoyait en Italie pour occuper le duché de Parme, et trois ans plus tard fut nommé feldmaréchal-lieutenant et gouverneur de Philippsbourg. Assiégé dans cette ville par le maréchal de Berwick, il fut obligé de capituler, à cause de la faiblesse de sa garnison ; mais cet échec ne lui Ht nullement perdre la confiance de l'empereur, car ce prince le nomma aussitôt commandant de Mnyence, puis gouverneur de Mantoue etenfin, en 1736, l'appela aux fonctions d'inspecteur général de toutes les forteresses et fortifications de l'Empire. Wutgenau mourut quelques semaines à peine après avoir reçu de son souverain cette dernière marque de confiance.
WCTTKE (Henri), historien allemand, né à Brieg, en Silésie, en 1818. Il commença au gymnase de la Madeleine, à Breslau, de sérieuses études historiques, qu'à partir de 1835 il poursuivit avec autant d'ardeur que de succès à l'université de la même ville. Dès 1838, il publia sur le Journal de Valentin Gierlh une brochure qui éveilla une querelle littéraire, dans laquelle il finit par avoir le dessus. Vers la même époque, il prit ses grades avec une thèse remarquable sur Thucydide et, après avoir passé l'année 1839 à Berlin, se rendit en 1840 à Leipzig, où il se fit recevoir agrégé l'année suivante et où ses cours sur l'histoire et sur les sciences accessoires attirèrent bientôt autour de lui un cercle nombreux d'auditeurs. 11 prit à
WYAt
la même époque une part active aux événements et aux mouvements politiques du temps. Ce fut ainsi qu'il se montra l'adversaire des idées panslavistes, qui se développaient alors, dans sa brochure intitulçe : Polonais et Allemands (Leipzig, 1847); qui lui attira des tracasseries de la part des gouvernements de Prusse et d'Autriche. Lorsque parut en 1846 la Lettre publique du roi de Danemark, ce fut lui qui, le premier, écrivit une adresse aux Slesvig-Holsteinois. Il avait fait paraître, en outre, des ouvrages plus considérables, tels que le Développement de la situation publique de la Silésie (Leipzig, 1842-1843, 2 vol.) et les Etats de Silésie, leur existence, leur action et leur valeur dans les temps anciens et modernes (Leipzig, 1847). 11 avait aussi commencé un Annuaire des universités allemandes (Leipzig, 1842, 2 vol.). Après les insurrections de mars 1848, il fut envoyé au parlement de Francfort et eut une part active à la fondation de la Société patriotique de Saxe. Il reçut à la même époque une chaire à l'université de Leipzig. Elu, après la mort de Blum, représentant à l'Assemblée nationale allemande, il y fut l'un des fondateurs et l'un des membres les plus remuants du parti grand allemand, et à son retour à Leipzig il reprit ses cours et ses travaux avec une ardeur et un succès qui ne firent que s'affirmer de plus en plus jusqu'à sa mort. Parmi les nombreux écrits qu'il a encore publiés, soit comme auteur, soit comme éditeur, il faut "mentionner : Géographie et cartes du moyen âge (Leipzig, 1854); la Cosmographie de l'istrien Aithicus dans l'extrait latin de saint Jérôme (Leipzig, 1854), avec un mémoire sur l'authenticité .de cet ouvrage (Leipzig, 1854); la Bataille des peuples près de Leipzig (Berlin, 1863); le Livre des villes de la province de Posen (Leipzig, 1864 ; supplément, 1866); les Journaux allemands et comment se forme l'opinion publique (Hambourg, 1866); Mémoire sur ta propriété intellectuelle (Leipzig, 1866) ; Sur la certitude de l'histoire (Leipzig, 1865) ; les A nuées de guerre 1756, 1757 eil758, ouvrage d'Huschberg (Leipzig, 1856); Guillaume d'Orange, par Klose (Leipzig, 1864), etc. En 1875, il a publié une seconde édition fort augmentée de son livre sur les Journaux allemands, dans lequel il a mis au jour la corruption de la presse allemande. Cet ouvrage a fait grand bruit et attiré les plus vives attaques à son auteur.
WUTTK.E (Charles-Frédéric-Adolphe), théologien allemand, né a Breslau en 1819. Il fit ses études à l'université de sa ville natale et y devint en 1848 privat-docent de philosophie. Nommé en 1854 professeur extraordinaire de théologie à Berlin, il fut appelé en 1861 à une chaire de théologie systématique à l'université de Halle. Il a été député au landtag prussien pendant les années 1866 et 1807 et y a appartenu au parti conservateur. Dans son premier ouvrage, intitulé : Questions adressées à l'Eglise universelle chrétienne (Breslau, 1845), il a combattu les tendances qu'il appelle négatives du curé Ronge; mais sa renommée littéraire se fonde surtout sur son Histoire du paganisme par rapport à la religion, la science, l'art, la morale et la vie publique (Breslau, 1851-1853, 2 vol.), dans laquelle il a étudié jusqu'à ce jour- les peuples sauvages, les Mongols, les Mexicains, les Péruviens , les Chinois, les Japonais et les Indiens, ainsi que sur son Manuel d'éthique chrétienne (Berlin, 1860- 1861; 1864-1865, 2e édit.). Citons encore, comme fruit de ses études sur l'histoire de la religion, une Dissertation sur la cosmogonie des peuples païens avant l'.époque de Jésus-Christ (La Haye, 1850), qui a été couronnée et éditée par la Société de La Haye pour la défense de la religion chrétienne, et son livre Sur la superstition du peuple allemand à notre époque (Hambourg, 1860). Il a, en outre, rédigé pendant un au (1849-1850), à Kœnigsberg, un journal conservateur constitutionnel.
WYANDOT s. m. (oui-ian-do). Linguist.
Langue parlée par les Wyandots, peuple sauvage qui vit sur le Sandusky et ses affluents, dans l'Etat de l'Ohio et dans le territoire de Michigan. Vaincus par la confédération, les Wyandots ont été obligés de s'y incorporer. Ils avaient été antérieurement les protecteurs ou, pour mieux dire, les maîtres des Delawares proprement dits.
WYATT (Thomas), dit l'Ancien, poëf.e anglais, né à Allington-Castle, comté de Kent, en 1503, mort en 1541. Devenu par son esprit et sa souplesse de courtisan le favori do Henri VIII, il fut employé à diverses missions et ambassades, puis tomba en disgrâce et fut jeté à la Tour de Londres. Il rentra cependant en faveur et reçut l'ambassade d'Espagne ; mais la précipitation qu'il mit à son départ, au milieu des chaleurs de l'été, lui causa une maladie qui l'emporta en quelques jours. Il a laissé des écrits en prose et en vers qui sont assez remarquables, surtout des satires, dont la première est une imitation faite en anglais de la fable : le Rat de ville et te Bat des champs. Les œuvres de Wyatt, publiées pour la première fois en 1557 avec celles de Surrey, ont été rééditées eu dernier lieu à Edimbourg en 1856.
WYATT (Thomas), officier anglais, fils du précédent, né en 1521, mort en 1554, Après une jeunesse assez orageuse, il fut nommé
WYAT
en 1545 commandant de Boulogne et fit une guerre continuelle aux Français jusqu'en 1550, époque où cette place leur rut rendue. Après la mort d'Edouard VI, il embrassa le parti de Jane Grey, et à l'avènement de la reine Marie se mit à la tête d'une révolte contre cette princesse, moins par zèle pour la religion protestante que pour sauver sa tête, qui était fort compromise par sa conduite antérieure. 11 remporta d abord quelques avantages sur les troupes royales, mais il échoua dans une attaque hardie contre Londres (7 février 1554), fut fait prisonnier et mis à mort deux mois plus tard.
WYATT (James), architecte anglais, né à Burton (Stafford) en 1743, mort en 1813. Il étudia à Rome et à Venise, revint dans sa patrie au bout de six années et construisit à Londres le théâtre du Panthéon, qui donna une haute «idée de son talent. Le palais de Ke-w, celui des Lords, l'église d'Hanworth, la chapelle de Henri VII, le château de Windsor, élevés ou restaurés par lui, mirent le comble à sa réputation. Wyatt n'avait pas de rival dans le genre classique ; ses édifices grecs et italiens sont des modèles de pureté, de noblesse et d'harmonie. Il réussissait moins dans l'architecture gothique, devenue à la mode chez les Anglais ; l'abbaye de Fonthill, qu'il, avait construite dans le goût bizarre et élégant du moyen âge, s'écroula peu de temps après. 11 était membre de l'Académie de peinture de Londres, dont il devint président, et inspecteur général de la couronne.
WYATT (Richard-James), sculpteur anglais, né à Londres en 1795, mort en 1850. Il lit ses études artistiques dans l'atelier de Charles Rossi et à l'Académie de Londres, travailla ensuite sous Bosio, à Paris, et alla se perfectionner sous C'auova, qu'il avait connu à Londres et qui l'avait invité à se rendre auprès de lui à Rome. Il eut Gibson pour compagnon d'études, et l'amitié qui s'établit alors entre ces deux élèves dura toute leur vie. Wyatt arriva à Rome en 1821, et jusqu'à sa mort ne s'en éloigna qu'une fois, en 1841, pour aller revoir son pays natal. Homme d'un caractère modeste jet d'habitudes tranquilles, il se consacra tout entier à son art, et travailla beaucoup. Le nombre de ses œuvres est très-considérable et elles sont en général d'un rare mérite. Il traitait largement les sujets poétiques et classiques et atteignait à une fécondité et à une grâce d'invention, à une élégance de pensée et à un fini d'exécution que l'on ne rencontre que chez bien peu d'artistes contemporains. Ses statues, celles de femmes surtout, étaient admirablement modelées, pleines de grâce et de vie dans leur pose et présentant toujours des formes charmantes, de quelque côté qu'on les regardât. On cite, parmi ses œuvres les plus remarquables : Nymphe entrant au bain; Nymphe quittant le bain; Bergère avec un chevreau; Petit berger; Glycère; Musidore; Bacchus; Pénélope; la Nymphe Eucharis et Cupidon ; Ino et Bacchus ; Nymphe de Diane arrachant une épine de la patte d'un lévrier; Chasseresse avec une levrette et un lévrier, etc. Wyatt avait exécuté aussi un grand nombre de bustes, de bas-reliefs et quelques monuments. Plusieurs de ses œuvres figurèrent à la grande Exposition de Londres de 1851 et, bien que l'artiste fut mort, ce fut à lui que le jury décerna lu grande médaille de sculpture. Des reproductions de la plupart des statues et des groupes que nous avons mentionnés ci-dessus se trouvent au palais de Cristal, à Sydenhara.
WYATT (Matthieu- Digby), architecte anglais, né dans le Wiltshire en 1820. Il commença l'étude de son ait sous la direction do son frère, l'architecte Thomas-Henri Wyatt, obtint en 1837 de la Société d'architecture un prix pour le meilleur essai sur l'ordre grec dorique et fut admis la même année comme élève à l'Académie royale. Il partit pour le continent en 1844, y travailla pendant deux ans avec ardeur et en rapporta environ un millier de dessins des principaux monuments de la France, de l'Italie, de la Sicile et de l'Allemagne. Les plus remarquables d'entre ces dessins furent publiés par l'artiste sous ce titre : Spécimens des mosaïques géométriques du moyen âge (1848, avec fac-similé). En 1848, M. Wyatt fut chargé de la restauration du théâtre d'Adelphi-, et, après avoir assisté en 1849 à l'Exposition manufacturière de Manchester, de laquelle il rendit compte dans le Journal de dessi)t, il fut envoyé immédiatement à Paris par la Société des arts pour y examiner l'Exposition qui s'y tenait cette même année et pour faire un rapport à ce sujet. A son retour à Londres, il fut adjoint par le prince Albert comme secrétaire à MM. Fuller et Coles, commissionnaires chargés de sonder les vues des manufacturiers et industriels anglais au sujet de la grande Exposition qui se préparait. Lorsqu'elle eut été décidée, il devint secrétaire du comité d'exécution et fut chargé d'en surveiller les travaux sous la direction de sir William Cubitt. En récompense de ses services, le prince Albert lui décerna la médaille d'or particulière et il obtint, en outre, la médaille de Telford de l'Institut des ingénieurs civils, pour lequel il avait écrit un compte rendu détaillé aes travaux de construction de l'Exposition. En 1850, il se lia avec Brunel et exécuta avec lui les dessins de la nouvelle
WYBI
station du Great-Wastern-Raihvay et de divers autres travaux. A l'ouverture de l'Exposition, il entreprit un grand ouvrage sur les objets qu'elle renfermait; ce travail fut publié sous ce titre : les Arts industriels du xixb siècle (2 vol. in-fol., avec 160 planches en chromolithographie). M. Wyatt fit paraître vers la même époque un autre ouvrage, dont il avait recueilli les matériaux depuis longtemps, et qui est intitulé : les Métaux et leurs dessins, (in-fol,, avec 50 planches). En 1852, la compagnie du palais de Cristal le prit à son service et l'envoya, avec M. Owen Jones, recueillir des objets d'art dans les principaux musées de l'Europe ; à son retour, il eut encore à parcourir l'Angleterre pour y rechercher les monuments de la sculpture du moyen âge, etc. 11 fut ensuite chargé de travailler à l'arrangement des cours des beaux-arts au palnis de Orisial et fut en
1855 l'un des commissaires anglais de l'Exposition universelle de Paris, à la fin de laquelle il reçut la croix de la Légion d'honneur. Peu d© temps après son retour, il fut chargé par la compagnie des Indes orientales de faire les dessins nécessaires à l'établissement du musée d'India-House. Nommé en
1856 architecte de cette compagnie, pour laquelle il dirigea en Angleterre la construction de plusieurs édifices importants, il exécuta, en outre, tes plans de plusieurs ponts dans l'Inde, notamment de ceux sur le Ileul et sur le Hullohur, ainsi que les plans d'une église en fer à Rangoun, et de vastes établissements pour la poste et la station télégraphique de Calcutta. Aux dernières Expositions universelles internationales de Londres et de Paris, il a envoyé des dessins et des plans au lavis, et a obtenu un prix à la première et une médaille à la seconde. Les travaux les plus importants qu'il ait exécutés récemment sont : l'hôpital d'Addenbrooko (1865) et la cour intérieure du nouveau Bureau des Indes. On lui doit encore différentes publications, telles que des Guides à l'Exposition de Londres en 1854, un rapport sur celle de Paris en 1855, un ouvrage sur le Palais de. Cristal et son parc; un Essai sur l'art de ciseler l'ivoire, avec gravures photographiées; deux autres Essais sur la renaissance et l'ornementation italiennes, insérés l'un et l'autre dans la Grammaire de l'ornement d'Owen JoneK,etc. Il a, en outre, inséré différents mémoires dans le Recueil, de l'institut royal des architectes anglais, duquel il est secrétaire honoraire depuis 1856, et dims le Bulletin de la Société des antiquaires anglais, qui le compte parmi ses membres.
WYATV1LLE (Jeffry Wyatt, puis), architecte anglais, né à Bnrton-upon-Trent en 1766, mort en 1840. Il montra, tout enfant, beaucoup de goût pour la marine, s'échappa à deux reprises, à douze et à qualorze'uus, de la maison paternelle pour s'engager comme mousse et à dix-sept ans obtint une place à bord du Royal-George, commandé par l'amiral Kempenfeldt; mais une circonstance fortuite l'empêcha de rejoindre à temps ce bâtiment, et il échappa ainsi au sort qui l'attendait à Spitliead. Il se rendit alurs a Londres, dans l'espoir d'y trouver une occasion de s'embarquer; mais la guerre avec l'Amérique venait de finir et il ne put y réussir. Un de ses oncles, Samuel Wyatt, architecte de quelque réputation, la recueillit alors dans son atelier et l'y rit travailler pendant sept ans. 11 passa ensuite dans l'atelier d'un autre de ses oncles, le célèbre James Wyatt, et s'appliqua surtout au genre gothique et à la vieille architecture anglaise. En 1799 , il s'associa à un entrepreneur, et pendant plus de vingt ans il ne travailla guère que pour de simples particuliers. En 1824, il fut mandé, sans s y attendre, auprès du roi George IV, qui le chargea de dessiner les plans nécessaires à la reconstruction du château de Windsor. Ceux qu'il exécuta ayant été ap prouvés, la première pierre du nouvel édifice fut posée par le roi lui-même le 12 août 1824, et à cette occasion l'architecte crut devoir ajoutera son nom, « par autorisation royale,» le mot ville, pour se distinguer des autres architectes du nom de Wyatt. La construction du château de Windsor l'occupa jusqu'à la fin de sa vie, et c'est une œuvre qui, à elle seule, suffit pour immortaliser un artiste. Wyatvilie avait l'intention d'en publier les plans et les dessins, mais il n'eut pas le temps de le faire, et ce ne fut qu'en 1841 qu'ils parurent en deux volumes grand infolio. Cet ouvrage est l'un des plus magnifiques recueils d'illustrations qui aient été publiés à l'occasion d'un seul édifice. Parmi les autres édifice* exécutés ou réparas par Wyatvilie, nous citerons : la résidence princiers de Chatsworth, Lonsleat-Castle, Wollutoa- Hall, Asheridge-Uastle , diverses constructions dans le parc de Windsor, un temple à liew, le fronton du nouveau collège de Sussex, à Cambridge, etc.
WYBICKl (Joseph), patriote et homme d'Etat polonais, né eu 1747, mort en 1822. Il joua un rôle très-important dans la dieto de 1768, où il opposa son veto aux propositions que l'influence de la Russie avait fait adopter. Il joignit ensuite ses elforts k ceux des confédérés de Bar el dot, pour échapper aux poursuites des agents de la Russie, se réfugier eu Hollande, De retour ù Varsovie après le premier démembrement, il s'y occupa d'études d'administration et de jurisprudence, et
WYCH
aida André Zamoyski k élaborer un nouveau code. En 1794, il prit part à îa guerre de l'indépendance, et, après la prise de Varsovie, se retira en France d'abord, puis en Silésie, où il vécut diins la retraite jusqu'en 180G. Lors de l'organisation du grand-duché de Varsovie, il fut nommé sénateur et vayvode. Après 1815, il devint président de la eoursuprême de Varsovie. On a de lui des Lettres à V ex-chancelier Zamoyski (1777), dans lesquelles il demande l'abolition du servage des paysans, et des Mémoires d'un haut intérêt, qui n'ont été publiés que longtemps après sa mort par E. Raczynski (Posen, 1840, 3 vol. in-8°).
WYCHERLEY (Guillaume), poète et auteur comique anglais, né à Clive (Shropshire) en 1640, mort en 1715. Issu d'une famille royaliste, il alla, sous le protectorat de Croniwell, terminer ses études sur le continent et résida presque consiammentk Angoulême, où il fut bien accueilli par le duc de Montausier, gouverneur de cette ville, etsurtout par la femme de ce dernier, la célèbre Julie d'Angennes, qui finit par convertir le jeune Wycherley k la religion catholique. De retour en Angleterre, il se fit inscrire comme étudiant en droit à Middle-Temple, mais il alla d'abord passer quelque temps k l'université d'Oxford, où il rentra dans le giron de l'Eglise anglicane (1660). On manque de détails cerlains sur la vie de Wycherley de 1660 k 1670, et sa faveur auprès de Charles II, son intrigue avec la belle-duchesse de Cleveland, sa présentation au duc de Buckingham et sa liaison, avec Rochester sont plus du domaine du roman que de celui de l'histoire. La première ftièce de Wycherley, l'Amour dans un bois ou e Parc de Saint-James, fut jouée entre mai 1669 et novembre 1671, avec un succès qui plaça immédiatement son auteur au nombre des beaux esprits du jour. Trois autres comédies ne furent pas moins bien accueillies ; c'étaient : le Gentil/tomme maître de danse (1671); Y Honnête homme (1674) et la Femme de province (1678). Ces pièces semblent avoir été composées quelque temps avant l'époque où elles furent représentées. Elles sont pleines d'esprit, mais plus encore de sens commun exprimé dans un anglais de haut goût; la licence qui y règne les a empêchées de devenir populaires. Quelques années après la publication de l'Honnête homme, Wycherley lit à Turnbridge la connaissance d'une riche et jolie veuve, la comtesse de Drogheda. Ils se rencontrèrent dans le magasin d'un libraire, OÙ la comtesse était venue chercher précisément cette comédie, et le libraire s'empressa de lui présenter l'auteur lui-même, qui plut tellement à la jeune veuve que, peu de temps après, elle lui offrit sa main. Cette union, commencée sous de si heureux auspices, fut troublée par la jalousie, très- fondée à ce qu'il paraît, de la comtesse. Dennis rapporte qu'ils habitaient dans Bow-sireet, en face de la Taverne du Coq, et que, -si par hasard Wycherley entrait dans cet établissement avec quelques-uns de ses amis, il était forcé d'en laisser les fenêtres ouvertes, nlin que su femme pût s'assurer qu'il n'y avait aucune femme parmi eux. Ce mariage ht perdre k Wycherley, on ne sait trop pour quelle cause, la faveur de Charles II ; il espérait s'en consoler grâce a la fortune de sa femme-, mais celle-ci étant morte sans enfants peu de temps après son mariage, ses parents attaquèrent le testament par lequel elle léguait ses biens a sou mari, et, après avoir soutenu plusieurs longs et dispendieux procès, Wycherley, ruiné, fut jeté en prison â la requête de ses créanciers. Il y demeuru plusieurs années. On a dit qu'il en fut délivré par Jacques II qui, ayant as>isté à une représentation de l'Honnête homme, y prit un tel plaisir qu'il ordonna de payer les dettes de l'auteur et assura a ce dernier une pension viagère de 200 livres sterling. Mais cette histoire semble peu vraisemblable, et si 1 on songe que Vycherley s'était pour la seconde fois eonveni au catholicisme, on sera tenté d'admettre que celle conversion prédisposa Jacques II en faveur du poète bien plus que sa comédie. Wycherley, cependant, ne devait pas lirer grand protit de la libéralité du roi j car, honteux d'avouer le montant de ses dettes, il n'en avait déclaré qu'une partie. 11 perdit sa pension k la révolution de 1688, et la fortune de son père, dont il hérita quelques années plus tard, ne lui fut pas d'un grand secours, car il n'en eut que la nue propriété, les revenus étant saisis par ses créanciers. Il passa ses dernières années à lutter avec la pauvreté. Onze jours avant sa mort, il épousa une jeune tille qui lui apporta en dot une somme de 1,500 livres sterling (37,000 francs) et il eut encore le temps de dépenser une partie de cette dot. A son ht de mort, il lui donna le judicieux conseil • de ne pas prendre un vieillard pour second mari. ■ En 1704, il avait publié un volume de Poésies; un autre volume de Puésies et réflexions morales fut publié en 1728 par le major Pack. L' Honnête homme a été traduit en français par Mennechetdans les Chefs-d'œuvredes théâtres étrangers (Paris, 1822-1823). Le théâtre de Wycherley a eu en Angleterre de nombreuses éuitions ; il a été publié en dernier lieu, en 1840, avec les oeuvres dramatiques de quelques autres auteurs de cette époque. Termiuous cet article par le jugement que M. Taine porte sur le poète anglais : • Wycherley, dit-
WYKB
il, a ce lucide et hardi regard qui saisit dans une situation les gestes, l'expression physi-
?ue, le détail sensible, qui fouille jusqu'au ond des crudités et des bassesses, qui atteint non pas l'homme en général et la passion telle qu'elle doit être, mais l'individu particulier et la passion telle qu'elle est. Il est réaliste, non pas de parti pris, comme nos modernes, mais par nature. Il plaque violemment son plâtre sur la figure grimaçante et bourgeonnée de ses drôles pour nous porter sous les yeux le masque implacable ou s'est collée au passage l'empreinte vivante de leur laideur. Il charge ses pièces d'incidents, il multiplie l'action, il pousse la comédie jusqu'aux situations dramatiques, il bouscule ses personnages à travers les coups de main et les violences, il va jusqu'à les fausser pour outrer la satire. >
WYCK (Thomas), surnommé Ie-Viem, peintre et graveur hollandais, né à Harlem en 1616, mort en 1686. H excellait surtout dans les marines et les tableaux de genre, tels que des foires, des places publiques, des intérieurs de laboratoires, etc. Il habita l'Italie plusieurs années et peignit la plupart des ports du royaume de Naples. On cite, parmi ses toiles les plus remarquables : un Port de mer orné de constructions, qui se trouve au musée de Berlin ; des Buines sur le tord de la mer, au musée de Vienne ; l'Alchimiste dans son laboratoire, dans la galerie de la même ville, etc. Wyck était, eu outre, un habile graveur à l'eau-forte, mats il n'a exécuté que des gravures de petite dimension; elles 11 en sont pas moins recherchées presque autant que ses tableaux, surtout les suivantes : Femme assise à terre avec un bâton entre les jambes , Cavalier au galop, Cavaliers faisant te coup de pistolet, Famille de villageois, Femme assise filant sa quenouille et ayant son mari accroupi par terre auprès d'elle.
WVCK (Jean), dit le Jeune, peintre hollandais, né k Ulrecht vers 1645, mort en 1702. Il eut son père pour maître, mais il ne cultiva pas le même genre que lui et peignit surtout des scènes de chasse et quelques batailles. 11 excellait dans le dessin des animaux, des chevaux en particulier. A Londres, où sa réputation l'avait fait appeler, ce fut lui que Kneller chargea de peindre le cheval du duc de Schomberg, seigneur dont l'artiste anglais avait à faire le portrait. Parmi les toiles que Wyck exécuta pendant son séjour en Angleterre, ou cite la Bataille de ta Boyne entre Guillaume 111 et Jacques 11 et le Siège de Namur. En général, Wyck réussissait mieux dans les compositions en petit que dans celles en grand, et sa manière se rapproche beaucoup de celle de Wouwerman.
WYCLIF (Jean de), sectaire anglais. V.
WlCLEF.
W V COMBE, ville d'Angleterre, comté et k 53 kiloiu. S.-E. de Buckingham, sur le ruisseau de son nom , affluent de la Tamise ; 6,600 hub. Papeteries; moulins k drèche et à farine ; fabrication de tulle. Cette ville possédait autrefois une école militaire qui a été transférée à Sandhurst.
WYDLÉRIE s. f. (oui-dlé-rl — de Wydler, n. pr.j. But. Genre de plantes, de la famille des ouibeliiferes, iribu des ainiuinées, dont l'espèce type croit k Porto-Rico.
WYDRA (Stanislas), mathématicien allemand, né en 1741, mort en 1804 a Prague, où il occupait une chaire de mathématiques k l'université. Un a de lui : Etementa calcuii di/ferentialis et inteyralis (1773) ; Historia matheseos in Bohemia et Moravia cultx(m&) ; Vita Josephi Stepling (1779); Tenlamina ex malhesi.pura et applicata, etc.
- WYE, rivière d'Angleterre. Elle prend sa source dans le comte de Montgomery, au Plinlemmon-Hill, coule au S.-E., arrose les comtés de Radnor, de Brecknoek, de Hereford, de Momuouth, de Gloeester et se jette dans l'estuaire de la Severn, après un cours de 170 kilom. Le canal d'Hereford à Glocester la fait communiquer avec la Severn.
WYEKMANN (Jacques Campo-). V. Weykr-