IMPORTATION EN
dollars.
Tissus de coton 6,514,543
— de laine 1,347,653
Métaux 217,021
Armes et munitions 62,986
Diverses marchandises : vins, souliers, etc ' 1,246,089
Produits locaux (riz, pois, sucre). 14,040,673
Total 23,428,965
Quant au commerce d'exportation, il porte presque exclusivement sur la soie. Lu campagne des soies commence le 1er juillet et finit le 30 juin.
Voici quelles ont été les exportations en soie pendant les dernières années :
1865-.1866 11,586 balles.
L'année 1870 s'étant bien annoncée, les prix étaient assez élevés. La nouvelle de la déclaration de guerre franco-allemande, qui arriva à Yokohama le 15 août, entrava les affaires et limita le nombre des ventes. Elles ne s'élevèrent, pour le second semestre 1870, qu'à 1,750 balles, dont 1,652 furent exportées, contre 6,483 pour la période correspondante en 1869, et 11,379 pour le second semestre de 1868. Le commencement de la campagne 1871-1872 fut entravé par l'élévation du taux de change de la monnaie japonaise. On put cependant compter sur une bonne année.
L'exportation du thé en 1870 a été de 79,187 piculs de 60 kilogrammes, ce qui représente une valeur de 2,694,358 dollars. La presque totalité de cet article est achetée par les Etats-Unis.
Parmi les articles d'importation, citons les souliers et les bottes. Les chaussures bon marché trouvent un excellent débouché au Japon. La population japonaise commence à en faire un très-grand usage. On vend de 18 à 30 dollars la douzaine de souliers et de bottines; les bottes, de 24 k 40 dollars. La forme admise la plus généralement est la grandeur moyenne d'Europe.
Les draps unis ayant une largeur de 55 k 56 pouces anglais entre lisières trouvent un bon débouché au Japon. Les couleurs préférées sont le noir, le bleu, le brun et le vertgris pour les draps légers.
Voici le prix des principales marchandises d'exportation sur la place de Yokohama : Thé commun. ... 18 k 20 doll. par picul. Bon commun. ... 21 à 23 — —
Ordinaire 24 il 27 — —
Bon ordinaire. ... 29 à 32 — —
Fin 35 k 40 — —
Très-fin 42 à 50 — -—
Choix 52 • — —
Cire blanche. ... 19 k 21 — —
— d'abeilles. . . 40 k 50 — —
Noix de Galle. ... 7 à 18 — —
Soufre 2,30 k 2,75 — •—
Tabac commun. . . 11 k 13 — —
Camphre de bois. . 12 à 14 — — Huile de colza. . . 9k9,50 — — Charbon 7 k 12 — par tonne.
En somme, le commerce paraît en voie do prospérité; autrement, il ne se serait pas formé deux compagnies nouvelles, sans aucune subvention, lesquelles expédient leurs grands vapeurs d'Yokohama k Sun-Prancisco. Presque tout le thé s'achemine par cette voie.
11 se publie k Yokohama plusieurs journaux, dont un en anglais, le Japon-IJeridd.
YOKOLAs. m. (io-ko-la). Poisson conservé, dont certaines peuplades sibériennes font leur nourriture.
YOLATOLE s. f. (io-la-to-le). Boisson fermentée, fabriquée avec du maïs, dont on fait usage dans certaines parties de l'Amérique. Il On l'appelle uussi ysqui-atoms.
YOLE-ie s. f. (iol-dl — de Yùld, natural. angl.). Moll. Genre de mollusques acéphales bivalves, du groupe des arches.
YOLE s. f. (io-le. — Du norvégien jol, mot qui signifie canot, barque, et qui appartient peut-être k la même famille que le sanscrit kola, canot, radeau, d'une racine kul, que l'on trouve dans le Dhâiupatha, racine fictive suivant le Dictionnaire de Pétersbourg. Comparez aussi l'irlandais-erse culaidh, bateau). Mar.- Petit canot léger, qui va k la voile et k l'aviron. Il Petit batelet en usag sur les canaux des marais, dans certaines contrées :
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Pendant les grandes eaux, les habitants se servent de barques au lieu de voitures, pour leurs voyages et leurs transports ; ce sont de petits bateaux qu'on appelle voles et gui peuvent porter six personnes; ils sont longs et étroits. (A. Hugo.)
YOLEOR s. m. (io-leur — rad. yole). Mar. Conducteur d'une yole : Le yolïïïjk parcourt plus d'une lieue par heure. Debout sur le derrière de son bateau, il le fait glisser sur les eaux au moyen d'une longue perche qu'il appuie au fond ou sur le bord du canal. (A. Hugo.)
YOLIN s. m. (io-lain) Entom. Genre d'insectes hémiptères hétéroptores.do la famille des réduviens, tribu des réduvites, dont l'espèce type habite Java.
YO-LIN, ville de Chine, dans la province de Kouang-si, k 330 kilom. S.-O. de Koueïlin, ch.-l. du département de son nom.
YOLITE s. f. (io-li-te — du lat. viola, violette). Miner, Nom donné anciennement à diverses substances minérales qui exhalent une odeur de violette. Il Syn. de dichroïte.
— Encycl. Ii'yoliie ne constitue pas une espèce minérale proprement dite; on a réuni sous ce nom diverses substances pierreuses, dont le seul caractère commun est d'exhaler, quand on les frotte, une odeur qui rappelle plus ou moins celle de la violette. Telle est, entra autres, une espèce de grès noir et blanc, qu'on trouve k Blankenbourg; il y a également en Suisse des silex qui possèdent la même propriété. Ledelius cite encore une
Cierre qu on trouve près des bains de Hirseerg, et dont l'odeur est assez forte pour parfumer les boites où on la renferme. Agricola, Bostius, Vagnari mentionnent des faits analogues. Cette odeur, plus sensible après les pluies et dans les temps d'orage, parait due, le plus souvent, aux lichens qui recouvrent la pierre. De nos jours, on a appelé yolite un minéral qui ressemble k la violette, non par son odeur, mais par sa couleur, la dichroïte. V. ce mot.
YOLLA s. m. (iol-la). Membre d'une race de nègres sénégaliens, qui habitent le territoire de la Casamance.
YOLOF ou YOLOFF, OVE adj. (io-loff, o-ve). Linguist. Se dit d'une langue africaine. Il On dit aussi ghiolok et woloff.
— s. m. Langue yolovb.
— Encycl. Le yolof ou woloff est une des langues de la famille mnndingue, répandue dans toute la Sénégambie et même au delà de la rive droite du Sénégal. Quelques linguistes distinguent le yolof du inandingue et lui donnent une existence k part, en portant k trois le nombre des langues sénégambiennes : le yolof, le peull ou foulah et le mandingue. Après l'arabe et le mandingue, c'est l'idiome le plus répandu dans la vaste région qui s'étend depuis l'océan Atlantique jusqu'à Biimbakou, sur les bords du Niger. Il est parlé dans le Cayor, le Walo, le Ghiolof et le Dakhar, et il est d un usage plus ou moins général dans le Baol; le Sine, la Gambie et les possessions françaises du Sénégal,
La particularité la plus remarquable de cet idiome a trait k l'article, dont lu place et les variations parviennent k exprimer uue foule de nuances qu'aucune autre langue ne s'est avisée de lui faire exprimer. L'article défini se place après le substantif, en changeant d'initiale suivant la consonne qui commence ce dernier, et constitue, par le même changement d'initiales, sept séries chacune de trois articles. Ceux-ci sont distingués par la voyelle finale, et ils expriment que la chose ou la personne indiquée est proche, éloignéo ou hors de vue de celui qui parle. L'article pluriel est également postposé, mais sans variation dans les initiales. Ainsi, l'on dira : cette maison (quand on en est proche), case bi; quand on en est éloigné, mais que l'interlocuteur sait bien de quelle maison on parle, case be; enfin, quand la maison est très-loin et hors de vue, case ba. Dans cet exemple, on se sert constamment de l'initiale b, l'une des sept eu usage, parce que cotte lettre correspond au sou du mot case. 11 n'y a point de règle établie pour le choix de l'initiale du pronom défini ; c'est affaire de goût et d'oreille. On se sert de telle lettre, parce que sa consonnance avec le substantif est plus harmonieuse.
Une forme particulière de l'article sert encore à remplacer les fonctions ilu démonstratif proprement dit, et sous ce rapport la langue yotove jouit d'un avantage que n'ont pas un grand nombre d'idiomes infiniment plus cultivés et plus savants. Ce nouvel article se forme en ajoutant lé au déterminatif. Ainsi on obtient avec les sept initiales et les trois terminales :
bi\é, celui-ci, balé, celui-là, bûlé, celui-là, là-bas.
guilé
yalê,
— gilé,
nilé
nalé,
— nûlé,
Ici lé
kalé,
— kâté,
hilé
halé,
— hâlé,
ksilé
ksalé,
— hsûlé,
vile
valé,
— vûlé,
Une égale richesse s'observe k l'égard des verbes. On y reconnaît cinq conjugaisons, distinguées seulement par la voyelle qui termine le radical ou l'infinitif. Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est la formation des verbes dérivés, tout à fait analogues k ceux
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qui se trouvent dans les principaux idiomes tartares. Les modifications qui constituent ces verbes dérivés ont pour objet d'énoncer que l'action marquée par le verbe principal ne se fait pas, quelle est ou réciproque ou réfléchie ; que le sujet la fait avec ardeur, qu'il excite à la faire, qu'il va la faire ou qu'il la répète ; que cette action est peu considérable, qu'elle est interrompue, qu'elle est constante et habituelle. Les formes assignées a ces différentes idées consistent, le plus souvent, dans un changement de terminaison. Ainsi, en prenant pour exemple !e verbe sopi, aimer, on a : sope, aimer avec tendresse; sopante, s'aimer mutuellement; sopou, s'aimer soi-même; soplo, faire aimer; sop£, aller aimer; sopati, aimer de nouveau; sopeti, ne pouvoir aimer ; sopadi, aimer peu ; sopu, ne pas aimer; sopatou, ne plus aimer; sopesopa, aimer continuellement \sopekat, celui qui aime; sopoukaye, le lieu où l'on aime ; sopatei, compagnon d'amour; sopema, l'action d'uimer; sopaye, l'objet aimé; sopile, le reste de l'amour; nlhiope ma, ce qu'on peut aimer. De plus, tout verbe terminé en o peut, en changeant cette finale en », prendre un sens inverse de celui qu'il a naturellement. Ainsi, sopa, aimer; sopi, ne pas aimer. Le même, les verbes sans terminaison, comme oub, suivent cette règle : oub, fermer; oubi, ouvrir. Enfin, il n'est point d'adjectif ou de substantif qui ne puisse être converti en yerbe il l'aide d'une modification très-simple.
On évalue à cinq mille le nombre des radicaux de la langue y o loue et à vingt-deux celui des variations dont chaque mot est susceptible; ce qui fait plus de cent mille mots que la langue possède, sans compter les emprunts qu'elle fait aux idiomes voisins et surtout à 1 arabe. Ainsi la langue yolooe n'est ni pauvre ni informe; mais la pratique de certaines règles abstraites n'en suppose nullement la théorie et ne prouve même pas un certain degré de développement intellectuel. On sait à présent que des idiomes d'une structure très-savante se trouvent fréquemment chez des nations tout à fait barbares. L'idiome yolof a des règles ingénieuses et compliquées ; mais, tout en les observant, les Africains n'ont sans doute jamais songé à les poser. Le yolof est tellement répandu que les colons eux-mêmes le parlent; il est vrai de dire qu'ils y sont bien forcés, parce que nos gouverneurs, toujours choisis dans l'armée, n'ont jamais su introduire nos mœurs et notre langue parmi les indigènes, qui sont restés sauvages comme aux premiers jours de notre occupation. Encore les lieux où avaient passé les Portugais étaient-ils civilisés. Sous notre habile administration, ils sont revenus & la barbarie. Le plus instruit des gouverneurs du Sénégal, M. L. Faidherbe, a peutêtre contribué le plus à. rendre le mal incurable en traitant avec les chefs indigènes en yolof et en introduisant cette langue jusque dans son foyer. Aussi n'est-il pas rare d'entendre les Européens converser entre eux en yolof. M. L. Faidherbe a d'ailleurs lui-même posé, d'une façon fort remarquable, les règles de cet idiome. Sa grammaire est encore la meilleure qui ait paru. Il était à même de donner des détails précis sur une langue dont il s'est servi pendant une quinzaine d'années et qu'il a pu étudier à fond en visitant laSénégarabie jusqu'à ses limites du désert.
La littérature yolove se borne à quelques fables et a quelques poésies lyriques. Le baron Roger a fait une collection ue fables sénégalaises, recueillies du yolof et traduites en vers français avec des notes sur la Sénégambie. L'abbé Boilat a aussi donné, dans ses Etudes sénégalaises, la traduction de plusieurs poésies.
On a sur le yolof : la Grammaire de Dard (Paris, 1826); celle de l'abbé Boilat (Paris, 1858); le Dictionnaire français-yoîof et français-bambara, de Dard (Paris, 1825), et la Grammaire du général Faidherbe (1862).
YOLOFS, WOLOFFS ou GHIOLOFS, peuple de la Sénêgambie. Les Yolofs, quoique répandus dans la contrée, habitent plus particulièrement le Wallo; ils sont bien bâtis, grands et fort laids. Ils ont, comme tous les nègres, les bras proportionnellement plus longs que les nôtres. A part cela, ils ont le pied et la main petits, les attaches fines. Les femmes sont petites, ce qui est encore général chez toutes les races nègres. Les Yolofs sont hospitaliers. Cependant, ils évitent de manger devant des étrangers, parce que, d'après la loi même que leur fait l'hospitalité, ils sont obligés d'inviter tous ceux qui les regardent. C'est ce qui explique peut-être pourquoi leur roi est invisible pendant ses repas ; il aurait trop de monde à dîner. Les Yolofs sont intelligents et ingénieux. Ils aiment la conversation et écoutent volontiers les vieillards qui leur content les anciennes traditions de leur pays. On trouve parmi eux quelques fabulistes, et on a traduit pour eux des contes maures. Ils aiment surtout les récits de voyages, de combats, d'aventures. lis se réunissent généralement le soir au clair de lune, et pendant qu'un griot fait danser aux femmes leur danse obscène autour de sou tam-tam, ils causent volontiers. 11 est curieux d'entendre les idées étranges qu'ils conçoivent sur la France, son étendue, ses mœurs, sa population , son gouvernement, etc. Leur religion est le mahométisme ; ils l'obser-
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vent assez régulièrement et récitent cinq fois par jour des prières en arabe, auxquelles ils ne comprennent pas un mot. Leur gouvernement est monarchique et semble se transmettre de frère à frère. A proprement parler, leur roi est surtout un chef militaire. Les Yolofs ont dans la vie privée des formules de politesse. Le salamalec est peu usité, à moins qu'ils ne parlent a un personnage qu'ils veulent honorer. Peut-être le passent-ils simplement par abréviation. Mais en s'abordant ils se demandent toujours trois fois : Diamangham? (Es-tu en paix et bien portant ?) A quoi on répond: Diamandnl (Je suis, etc.), et on reprend immédiatement: Diamangham? — Diamandal. Les Yolofs, comme tous les autres Sénégaliens, ont un mépris suprême pour la douleur. Ils se contentent, lorsqu'au accident les étonne ou les blesse même gravement, de mettre une main sur leur bouche et de dire, sur le ton de la stupéfaction : Bissimiallaye! corruption du mot bissi'm Allah! Il iVest pas rare, sous cette température torride, où ils n'ont pour remède que l'application des grisgris, de voir les vers se mettre dans leurs blessures. On peut alors les voir, avec un stoïcisme parfait, sortir tranquillement de leur plaie ces animaux et les corps étrangers qui ont pu y pénétrer, au moyen d'un morceau de bois. D'ailleurs, la foi aveugle dans les grisgris amène souvent des accidents graves. Les femmes montrent le même courage que les hommes. Par exemple, elles se lèvent le jour de leur accouchement et nettoient leur enfant. Les hommes considèrent comme déshonorants les travaux<lu ménage, qu'ils abandonnent aux femmes. Chez eux, la polygamie existe, comme du reste dans toute la Sénégambie. La nourriture de ces peuples consista surtout dans le sanglé le matin et dans le couscoussou. le soir. Le couscoussou varie d'assaisonnement, suivant le lieu et ses ressources. Il est à la viande, au poisson, à l'huile de palme, etc. On l'assaisonne de piment et d'alao (feuille de baobab réduite en poudre) . En qualité de musulmans, les Yolofs sont cilconcis. Cette cérémonie ne se fait que lorsque le sujet a atteint seize ou dix-sept ans, c'est-à-dire à l'âge où il est complètement homme. Aussitôt l'opération faite, les griots l'entourent en chantant ses louanges ; ses parents et amis le suivent dans leurs costumes de fête , et lui-même , revêtu d'ornements spéciaux, doit parcourir le village en chantant et en dansant, ce qui doit terriblement le gêner dans ce inoment-là. C'est encore une nouvelle preuve du mépris des Sénégambiens pour la douleur. Les villages yolofs sont à peu près tous construits sur le même plan. Au milieu se trouve d'abord une place, où se fait le marché, où viennent causer les vieillards dans le jour, abrités sous un toit grossier en feuilles de palmier, soutenu par quatre poteaux. Les tisserands y installent leur industrie, car on tisse dans le pays, et les produits de cette industrie indigène atteignent souvent un prix élevé. Autour de cette place rayonnent des sortes de couloirs étroits et tortueux qui ressemblent vaguement à des rues. Ces couloirs sont formés par les palissades qui enferment chaque quartier du village. Dans chaque quartier une nouvelle enceinte enferme chaque famille. Les cases d'une même famille peuvent être très - nombreuses. En effet , le père a la sienne et chacune de ses femmes a aussi une hutte distincte. Tout cela forme une sorte de cour intérieure, où logent : le cheval, les porcs, les poules, les canards, etc. Généralement, les cases sont malpropres.
Mais au sommet de toutes se trouve le grisgris qui doit les préserver. Elles ont généralement la forme circulaire, avec une entrée assez basse, fermée pur une peau de bœuf ou une claie en bambou ou en palmier. Dans la case du chef de famille on voit une natte, suspendue sur quatre pieux, ses armes et quelques vêtements. Au milieu, le feu, qui sert à la cuisine. Ce qui entretient surtout l'odeur nauséabonde dans ces habitations, c'est le poisson séché qu'on y conserve.
En général, les femmes fument et les hommes prisent. Leur tabatière se compose d'un. étui long quelquefois de 1 pied et fermé par un couvercle en cuir. Les femmes culottent dans la perfection des pipes de terre blanche, fabriquées en Europe.
La prostitution est très-répandue chez les Yolofs. Les hommes, d'ailleurs, sont rarement jaloux, et souvent même ils offrent leurs propres femmes moyennant un salaire honnête. Ils se font entremetteurs sans aucun embarras et n'y attachent nulle importance. L'amour, chez eux, n'a pas de voiles ; ils s'y livrent fréquemment et n'éprouvent aucune honte d'être vus. C'est le sujet fréquent de leurs conversations et leurs jurons sont même d'une obscénité révoltante. Leur injure ordinaire consiste à faire allusion aux parties sexuelles du père ou de la mère. Ils sont cependant assez doux, et, quoique fort bruyants, il est rare qu'ils en viennent entre eux à des extrémités sérieuses, à moins qu'ils ne soient ivres. Alors, ils s'attaquent à coups de couteau, car cette arme ne les
Suitte jamais. Ce couteau mérite quelques étails spéciaux. Il est à manche et d'un assez mauvais fer la plupart du temps. Il est large et plat et se termine à peu près comme les anciens sabres de l'infanterie, vulgairement appelés coupe-choux. Ils le portent â leur côté, dans un fourreau en cuir tanné,
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teint et façonné dans la pays. Ce couteau coupe fort mal, et ils sont obligés de l'aiguiser quand ils veulent s'en servir. Cependant, ils arrivent avec cet instrument grossier à couper des morceaux de bois, des cordages d'une étonnante grosseur. Le costume des hommes se compose généralement d'un toubê et d'un coussabe. Ils sont la plupart du temps tête nue. Quelquefois ils portent le lourd chapeau m'bambarra'ou le bonnet de marabout. Le vêtement des femmes comprend un pagne qui se noue à la ceinture, parfois un boubou couvrant le haut du corps. Pour coiffure, elles ont le madras. Les enfants, que l'on porte d'abord à cheval sur les hanches, sont presque abandonnés à eux-mêmes dès qu'ils peuvent marcher. Ce n'est point la mère qui porte son enfant, mais une autre femme du père. La façon dont on les a portés leur laisse d'abord une démarche fort comique, avec les reins très-cambrés et le ventre avançant, armé de l'énorme nombril qu'on laisse aux enfants nouveau-nés. Peu à peu ils se dégourdissent et deviennent d'une adresse et d'une légèreté incroyables. Jusqu'à l'âge de dix ou douze ans, ils vont nus. A partir de cet âge, ils commencent à porter le même costume que les autres. On reconnaît, parmi les Yolofs, si une femme est mariée ou fille à sa coiffure. Les cheveux des jeunes filles retombent en boucles étroites et serrées derrière les oreilles. Quand c'est une femme mariée, elle a une, deux ou trois tresses ramenées en avant des oreilles. Les femmes riches ou d'une grande famille ajoutent aux tresses une sorte de boucle ramenée sur le front. Les boucles d'oreilles ne se portent pas dans le lobe, mais dans le cartilage que l'on nomme vulgairement croquant. Elles sont en nombre illimité et ne marchent point par paires. Une oreille peut être garnie de six ou sept anneaux et l'autre de quatre ou cinq seulement. Ces anneaux sont de l'or du Sénégal, métal excessivement pur, mais que les indigènes mélangent souvent de cuivre ou d'argent. Cet or est naturellement pâle. Un trou muni d'un morceau d'ivoire remplace souvent ces bijoux, que les dames vendent en échange de sangara (eau-de-vie). Enfin, il n'est pas rare que le dernier anneau soit terminé par un gros morceau d'ambre. Les Yoloves sont très-coquettes et portent des colliers de verroterie au cou et aux poignets. Elles ont, en outre, une ceinture de sokmat, souvent très-pesante, qui est chargée de conjurer la stérilité, la plus grande honte chez elles étant de conserver la virginité. Les maladies que contractent en général les noirs sont : la dyssenterie, la petite vérole, les fièvres et ce mal terrible que l'on nomme ver de Guinée. On trouve chez eux, surtout chez ceux qui habitent les villages où ont passe les Européens, beaucoup de vénériens et de scrofuleux ; mais ils ne se soignent point et transmettent insouciamment le mal à leurs enfants. Pour eux, le remède universel est la feuille de baobab. La vérité est que l'infusion de cette feuille donne une tisane calmante et rafraîchissante. On remarque parmi les nègres quelques albinos, fort rares, il est vrai. Us ont la peau tantôt extrêmement blanche, avec des taches noires qui produisent à première vue un effet saisissant; tantôt la peau bronzée comme celle d'un blanc qui a longtemps vécu sous les ardeurs tropicales. Une vénération superstitieuse entoure chez les indigènes ces êtres extraordinaires, et le village se charge de fournir abondamment à leur entretien, autant par crainte que par respect, car ils croient que Dieu les a marqués d'un signe particulier qui doit les dispenser de travailler. Cela semble indiquer que les Sénégambiens regardent les blancs comme supérieurs à eux, car leur expression propre en parlant des albinos est celle-ci : « Dieu les a faits blancs pour qu'ils ne travaillent point.» Peut-être cette idée leur vient-elle plutôt de voir les blancs ne se livrer à aucun travail manuel, complètement impossible pour eux avec une température semblable. Les nègres, -et surtout les négresses, ont une odeur particulière. Chez les femmes, cela provient de ce qu'elles ont la déplorable habitude de s'enduire les cheveux d une sorte de graisse que l'on nomme beurre de galara, et même parfois tout le corps. On voit très-peu de vieillards parmi ces peuples. Ils sont vite formés. A treize ans, une fille est nubile et complètement femme; à quatorze ou quinze ans, un «arçon est un homme, ce qui explique leur peu de longévité. Les indigènes atteignent rarement cinquante ans. Les femmes sont mères de bonne heure et d'une grande fécondité. La chute de leurs seins se détermine très- vite, pour ce motif et pour d'autres, parmi lesquels il faut citer: l'absence de tout corsage pouvant soutenir la gorge; l'habitude qu'elles ont de nouer au-dessus des seins le pagne qui enveloppe l'enfant, qu'elles portent derrière le dos, et enfin la confection du couscoussou, ouvrage fatigant s'il en fut, eu égard surtout à la pesanteur du pilon, qu'elles manient adroitement en faisant des passes et en chantant des refrains monotones. Quand elles veulent allaiter leur enfant, elles le prennent des mains de la femme qui le porte et le mettent à cheval sur leur hanche, ce qui fait que le nourrisson tire le sein à lui. Il y a une distinction à établir entre les diverses femmes d'un Yolof; il en a toujours une préférée, et c'est spécialement celle-là qui a l'honneur de lui préparer chaque 'our sou repas.
YONN
YOMALA, déesse livonienne. Elle tenait à la main un vase d'argent, dans lequel on déposait des monnaies et des présents de tout genre. On ne sait pas quelles étaient ses attributions.
YON, petite rivière de France (Vendée). Elle sort de l'étang de la Chevillonnière, baigne Dompierre,La Roche-sur- Yon et se jette dans le Lay, à 7 kilom. S.-O. de Mareuil, après un cours de 60 kilom.
^ YON (saint), en latin louiu» ou JEouiu», l'un des plus célèbres disciples de saint Denis, apôtre de la France, martyrisé en 290. Les actes de sa vie sont peu connus. On croit que le centre de sa mission fut la petite ville a'Arpajon (autrefois Châtres), où il fonda une église et où il subit le martyre. Les frères des Ecoles chrétiennes ont été appelés frères de Saint-Yon, parce que c'est à Saint- Yon, près de Rouen, que La Salle avait établi lo chef-lieu de la congrégation. L'Eglise célèbre sa fête le 5 août. Quelques auteurs pensent que c'est à lui que se rapportent les actes attribués à saint Lucien de Beauvais dans le martyrologe romain.
Yon (ordre de Saint-), ancien nom de la congrégation des frères des Ecoles chrétiennes.
YON, littérateur, né à Paris vers 1730, mort vers 1774. Il se lit recevoir avocat, mais il abandonna bientôt le barreau pour s'adonner à la culture des lettres. Outre trois comédies en vers libres, qui eurent peu de succès, la Métempsycose (1752), l'Awiour et la Folie (1751), les Deux sœurs ou la Mère jalouse (1755), on a de lui ; Epitre Contre les déistes; Relation en forme de lettre sur les dépenses suggérées par un goût outré pour des curiosités passagères (1757, in-12); les Femmes de mérite, histoire française (1759, in-S°).
YON, révolutionnaire. Il avait été, disait-on, cuisinier de M11"» Du Barry. Dès le début de la Révolution, il devint un des meneurs les plus ardents du faubourg Saint-Antoine, l'un des auxiliaires de La Fayette, puis de Sauterre, et parut plusieurs fois à la barre de l'Assemblée comme orateur de députaiions. Il participa activement à [ajournée du 20 juin, fut nommé membre de la Commune insurrectionnelle du 10 août et plus tard commissaire ordonnateur à l'armée des Pvrénées. Injustement accusé de concussion, il fut suspendu, puis rendu à ses fonctions par décret du 14 pluviôse an 11 (a février 1734). Après le 9 thermidor, on le retrouve parmi les orateurs influents des jacobins épurés. Emprisonné au Temple sous le Consulat, il fut ensuite rendu à la liberté et acheva ses jours dans l'obscurité. H avait publié quelques écrits révolutionnaires. C'est un de ces nombreux acteurs secondaires de la grande période, absolument oubliés par l'histoire et la biographie, mais qui n'en ont pas moins joué un rôle actif au milieu des événements.
YONG-CH1NG-FU s. in. (iongh-chin-gfou).
Tribunal militaire suprême, chez les Chinois.
YONNE, en latin Jcauna, rivière de France. Elle prend sa source à 15 kiloin. S.-K. de Château-Chinon (Nièvre), uux étangs do Belle-Perche, coule au N., baigne Corbigny, Ctamecy, entre dans le département qui lui doit son nom, passe à Coulanges, Auxerre, Joigny, "Villeneuve-le-Roi, tiens , pénètre dans le département de Seine-et-Marne et se jette dans la Seine, à Montereau, après un cours de S73 kilom., navigable depuis Auxerre jusqu'à son embouchure (lîo kilom.). U se fait sur cette rivière de grands transports de bois, de charbons et de vins pour Paris. La navigation de l'Yonne est reliée à celle de la Loire par le canal du Nivernais et à celle de la Saône par le canal de Bourgogne.
YONNE (département dm l'), division administrative de la région centrale de la France, formée en 1790 de parties des anciennes provinces de la Bourgogne, de l'Orléanais et de la Champagne, et tirant son nom de la rivière de l'Yonne, qui l'arrose du S.-E. au N.-O. Ce département est borné au N.-U. et au N. par le département de Seine-et- Marne; au N.-E.,par celui de l'Aube; à TE., par celui de la Côte-d'Or ; au S., par celui de la Nièvre ; ù l'O., par celui du Loiret. Superficie, 742,805 hectares, dont 461,753 hectares en terres labourables, 31,574 hectares en prairies naturelles, 37,732 hectares eu vignes, 1,619 hectares en autres cultures arborescentes, 14,703 hectares en pâturages, laudes et bruyères, 195,424 hectares en bois, forêts, étangs, chemins, cours d'eau, etc.. Au point de vue administratif, il comprend cinq arrondissements : Auxerre, ch.-l. ; Avallon, Sens, Joigny et Tonnerre; 37 cantons, 485 communes, et sa population est de 363,608 hab. Il forme le diocèse de Sens. Il ressortit à la cour d'appel de Paris, à l'académie de Dijon, à la 8o conservation des forêts. L'aspect général du département est celui d'un pays de plaines, de collines peu élevées et de plateaux. Plusieurs chaînes de coteaux de formation granitique et calcaire, de 100 à 300 mètres de hauteur, qui sillonnent le sol, sont les seuls points culminants. Les principales sont une des ramifications des collines du Nivernais, qui s'étendent jusqu'aux environs d'Auxerre. La plupart des coteaux sont couverts de riches vignobles ; quelques-uns renferment des cavités naturelles, notamment ceux qui se prolongent jusqu'n la jonction de
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la Cure, à environ 28 kilom. d'Auxerre. Les grottes (l'Arey (v. ce mot) s'ouvrent dans une roche calcaire d'environ 30 mètres de hauteur et se composent de plusieurs salles. je département offre une grande variété de sites ; plus d'un vallon y reproduit la riche verdure des prairies qui bordent la basse Seine. Sur plusieurs points de la Puisaye s'offre une végétation admirable, des arbres majestueux disséminés ou groupés; aux vallées du Serein, de l' Annan çon, si fraîches, si riantes, le sol oppose, à quelques lieues seulement, la sévère et âpre nature qui forme la ceinture du Vézelay. Au nord, après avoir franchi les limites de Seine-et-Marne, des canaux ornés de beaux noyers ; vers le centre du département, des vignes riches qui parent les flancs des coteaux inclinés. Le sol de l'Yonne n'est pas également fertile; il est argileux, pierreux ou crayeux et renferme des contrées découvertes, sèches et arides. Les cantons entrecoupés de collines et d'une nature pierreuse sont ceux qui, par leur produit, récompensent la plus avantageusement les travaux des cultivateurs et des vignerons.
L'Yonne est la principale rivière du département. Les autres cours d'eau que nous pouvons citer sont : l'Armatiçon, l'Annunce, le Serein, lu Vanne, le Loing, la Vrille, le Chenil, le Lisy, le Tholon, le Branlin et rouanne. On trouve quelques étangs dans la partie occidentale du département ; les plus importants sont ceux de Septfonds, des Gouzillons et des Danons; des sources minérales à Toucy, à Appoigny, k Touvain et à Diges. Parmi les richesses minérales, nous citerons : des subies ferrugineux au S.-O. et au N., à la Puisaye , à Pourrain, à !>aiut-Georges et sur la rive droite de l'Yonne; des gisements de galène argentifère à Pontauberi; des mines d'anthracite au S. d'Avallon ; de l'albâtre, des grès à paver, des pierres meulières, des pierres à bâtir, des pierres lithographiques, de l'argile, de la craie, du ciment a Auxerre ; des stalactites, des tourbes dans la vallée de la Vanne, etc. Le climat dé l'Yonne est tempéré, l'air y est pur et sain, à. l'exception, toutefois, de quelques districts marécageux de la partie occidentale. Les vents y soufflent k peu près également de tous les points de l'horizon, et aucun n'est remarquable par sa violence. Le département produit toute espèce de céréales en quantité plus que suffisante pour la consommation des habitants, d'excellents légumes, de très-bons fruits, des châtaignes, des truffes, du chanvre et des plantes oléagineuses. Les vignes occupent une superficie de 37,732 hectares et produisent annuellement 894,653 hectolitres de vin rouge et 133,025 hectolitres de vin blanc, d'une valeur totale de 1* millions de francs. • Quatre arrondissements, dit M. V. Rendu {Atnpélographie française), se partagent les principaux crus du département de l'Yonne. Ce sont: Tonnerre, Auxerre, Avallon et Joigny.Les deux premiers l'emportent de beaucoup sur les deux autres pour la qualité de leurs vins. Ceux de l'arrondissement de Tonnerre résument au plus haut degré toutes les qualités qui caractérisent les vins de choix de la basse Bourgogne. > Aux excellents vins des environs de Tonnerre, l'Auxerrois oppose ceux de la grande côte d'Auxerre, rivalité légitime et consacrée par le temps. Ses principaux crus sont : Migraine, la Charnette et Boivin, dont les produits se recommandent par leur viiiosité, par leur finesse et leur bouquet et peuvent être considérés comme vins fins d'entremets; niais ils ne sont pas sujets à vieillir. Le département de l'Yonne renferme des forêts étendues, où dominent le charme, le chêne et le bouleau. Ces forêts renferment beaucoup de gibier à poil, tel que chevreuil, sanglier, lièvre; le gibier a plume y est aussi assez abondant. Les rivières sont très-poissonneuses et donnent principalement des brochets, des carpes, des barbeaux, des tanches, des tiuites et des écrevisses. Les races d'animaux domestiques sont généralement d'espèces communes dans le département. On compte environ 30,000 animaux de l'espèce chevaline, 4,000 de l'espèce mulassière , 14,600 de l'espèce asine , 130,000 de l'espèce bovine, 352,000 de l'espèce ovine, 40,000 de l'espèce porcine et 4,000 de l'espèce caprine. L'Yonne ne possède pas de races d'animaux domestiques qui lui soient propres. Les chevaux appartiennent au type percheron croisé avec des races anglaises. La plus grande partie des animaux de l'espèce bovine appartient k la race charolaise. L'es- ].èce ovine se compose en majeure partie de métis mérinos. Un assez grand nombre de riuhes agriculteurs entretiennent des vacheries et des bergeries modèles et s'efforcent de répandre autour d'eux les notions pratiques d'un élevage rationnel, en même temps que la connaissance des meilleures races d'uuiinaux. Le département de l'Yonne prend une part active à l'approvisionnement de Paris, notamment en viande. Il exporte chaque année 350,000 hectolitres de grains, graines et légumes. Ses vins rouges sont classés au premier rang des vins de la basse Bourgogne. Chablis, Dannemoine, Epineuil et Tonnerre fournissent des vins blancs trèsestimés. Avec le raisin commun, des pommes, des poires, on fabrique des confitures bien connues sous le nom de raisiné et qui sont exportées dans toutes les parties de la France. Les foires d'Auxerre, a' Avallon, de
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Joux-la-Ville, de Mailly-le-Château, de Noyers sont surtout importantes au point de vue de la vente du bétail. On exporte une assez grande quantité de bois k brûler, de charbon, de planches, de bois de fente et de construction. Malgré Sa richesse relative, le département de l'Yonne est encore fort loin d'utiliser toutes les ressources de son sol. Le capital fait défaut pour exécuter des opérations agricoles de quelque étendue. Ainsi la production en fourrages pourrait être facilement presque doublée. Pour cela, il suffirait de faire quelques travaux, afin de tirer meilleur parti des eaux abondantes qu'on pourrait utiliser pour l'irrigation. Les instruments perfectionnés, ceux qui décuplent le travail de l'homme, sont encore peu répandus. Néanmoins, l'aisance est assez générale ; les mendiants sont peu nombreux. Quoique heureusement situé entre Paris et Lyon, c'est-à-dire sur la voie des échanges commerciaux les plus importants, le département de l'Yonne est moins industriel qu'agricole ; il possède des fabriques de draps, de toiles, de couvertures de laine et de coton, d'armes de chasse, de tonneaux, de bouteilles, de biscuits, d'ocre jaune, etc. ; des tanneries, des tuileries, des briqueteries, des papeteries, des scieries, des faïenceries, des hauts fourneaux k Ancy-le-Franc; quarante-deux minières de fer exploitées et plusieurs tourbières et carrières de pierres à. bâtir et lithographiques. Le commerce, largement favorisé par des voies navigables, des chemins de fer et des, routes bien entretenues,» principalement pour objet les grains, les vins, le raisiné, le bois flotté, le charbon, les peaux, les pierres et les briques, le tan et les bestiaux. Le département possède deux canaux importants : celui de Bourgogne, qui relie l'Yonne et la Seine à la Saône et au Rhône et a un parcours de 90 kilomètres; celui du Nivernais, qui fait communiquer l'Yonne et la Seine avec la Loire, la Saône et le Rhône; son parcours, dans l'Yonne, est de 50 kilomètres. Les voies de communication par terre comprennent fi routes nationales, 21 routes départementales et près de 1,900 kilomètres de chemins vicinaux de grande et de moyenne communication. Toutes ces routes sont bien entretenues. A ces voies de communication il faut joindre le chemin de fer de Paris à Lyon, qui traverse le département sur une étendue de 135 kilomètres, et celui de La Roche à Auxerre, qui a une longueur de 20 kilomètres.
YOIUCK, un des plus intéressants personnages du 7'ristram Shandy de Sterne. Sterne a tracé avec beaucoup d'esprit le portrait d'un homme franc, loyal, spirituel, qui ne sait pas transiger avec la vérité , et dont la franchise, la loyauté et l'esprit entravent la carrière et empoisonnent la vie. C'est son propre caractère qu'il avait en vue dans la peinture de ce personnage.
YORK (Eboracum), cité-comté d'Angleterre, chef-lieu du comté de son nom, sur l'Ouse et le Foss, à 320 kilom. N.-O. de Londres, par 53° 57' de Jatit. N., 3» 25' de longit. O.; 45,300 hab. Archevêché anglican, dont le titulaire est primat d'Angleterre et aumônier de la couronne. Siège des assises et des quarter-sessions du comté. Ecole latine; industrie peu importante; fabrication de toiles, gants, toiles k voiles et d'emballage, moutarde dite de Durham, cordages, pipes, tuiles; fonderies de fer et de bronze. Commerce de chevaux, moutons, cuirs, lin, laines et grains. Cette ville, considérée comme la capitale de l'Angleterre septentrionale, est bien bâtie et environnée de murs percés da quatre portes : Mieklegate , Boothamgate , Monekgate et Wiamgute. La ville est divisée en quatre districts qui tirent leurs noms de ces différentes portes ; elle renferme de beaux édifices, parmi lesquels la cathédrale ouMinster se place en première ligne. Cette église tient le premier rang parmi les grandes basiliques chrétiennes du monde entier. Elle s'élève sur l'emplacement de la première chapelle construite vers 626 par le roi de Northumberland, Edwin. Ses travaux d'édification, plusieurs l'ois interrompus, peuvent se diviser de la manière suivante : le transsept méridional remonte au temps de l'archevêque Grey (1245); Jean le Romain, trésorier de la cathédrale, construisit le transsept septentrional. La nef, commencée en 1291, fut achevée en 1360 sous l'épiscopat de Thoresby. Ce dernier enfin entreprit le chœur, dont l'achèvement n'eut lieu qu'en 1472. Malgré les interruptions et les reprises fréquentes, le style de la cathédrale d'York est uniforme ; c'est le style ogival flamboyant dans ce qu'il a de plus hardi et de plus brillant. Les proportions totales de l' édifice sont les suivantes : longueur intérieure, 159 mètres ; largeur, 67 mètres ; hauteur, 30m, 20. La façade principale, qui regarde l'occident, présente deux tours hautes de 65 mètres environ et une grande fenêtre dont les meneaux, les nervures et les détails infinis de sculpture font un des chefs-d'œuvre du genre. Le portail est surmonté.de trois statues, celle de l'évèque Melton, celle de lord Percy et celle de lord Vavassour ; ces deux derniers sont représentés tenant à la main l'un une pièce de bois, l'autre une pierre, emblèmes indiquant qu'ils ont concouru k la fondation de la cathédrale. Une troisième tour, centrale, haute de 72 mètres, devait se terminer par une flèche qui n'a jamais été exécutée; sa
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construction remonte à l'archevêque Thoresby, c'est-à-dire au xivo siècle. L intérieur de l'édifice répond dignement à l'extérieur par ses proportions imposantes et par la grandeur du style. • Cet intérieur, dit l'écrivain spécial qui nous guide dans notre description sommaire, consiste en une nef, un chœur, une chapelle de la Vierge, deux transsepts, l'un au nord, l'autre au sud, avec deux ailes, une lanterne au centre et une chambra du chapitre du côté septentrional. Le toit du chœur, haut de 35 mètres, avait été détruit par le feu en 1829, et celui de la nef par un autre incendie en 1840; ils ont été restaurés par Smirke au prix de 1,250,000 francs. Les deux transsepts.aux extrémités nord et sud, sont très-différents l'un de l'autre. Celui du nord présente cinq belles fenêtres, connues généralement sous le nom des Cinq sœurs et au-dessus desquelles sont cinq autres fenêtres en ogive, de diverses hauteurs. Le transsept du sud n'est ni aussi régulier ni aussi fini, quoique plus riche que rautre dans les détails. La nef est magnifique; aussi hautes et moins étroites que celles de Westminster, les ailes n'ont point de rivales dans le Royaume-Uni. Entre la nef et le choeur, un jubé, délicatement fouillé à jour, offre quinze statues de grandeur naturelle , représentant les rois de la monarchie normande, depuis Guillaume 1er jusqu'à Henri VI. A l'extrémité orientale, la grande fenêtre s'épanouit avec une splendeur extraordinaire ; elle mesure 25 mètres de hauteur sur 10 ou H mètres de largeur et se divise en compartiments dont chacun représente des scènes tirées de l'Ecriture sainte, en tout deux cents sujets. Cette fenêtre fut commencée en 1405 aux frais du doyen et du chapitre, qui confièrent l'exécution des vitraux peints à John Thorton de Coventry. » Mentionnons enfin en terminant le mausolée de l'archevêque Grey, mort en 1216 ; ce mausolée est le plus remarquable de tous ceux que contient la cathédrale; un nouveau buffet d'orgues vient d'être installé a la place de l'ancien depuis longtemps en ruine ; il mesure une hauteur de 24 mètres et comprend 4,200 tuyaux.
Le Chapten house (maison du chapitre) est situé près du transsept méridional. Sa construction remonte à 1340 et sa forme affecte un octogone. Sur la porte principale se lit un distique latin, dont voici le sens : « Ce qu'est la rose aux autres fleurs , cette maison l'est aux autres maisons. ■ Celte devise ambitieuse est justifiée par les belles proportions de l'édifice et la perfection des détails. Il est éclairé par huit grandes fenêtres k vitraux peints, dont la hauteur atteint 15 mètres, et surmonté d'un toit qui ne s'appuie sur aucun pilier central et qui est orné de peintures et de dorures par wiilement. Sous les fenêtres se trouvent les stalles des chanoines, au nombre de cinquante-quatre. La porte principale est surmontée de treize niches aujourd'hui vides, mais qui ont vraisemblablement eu pour destination de recevoir les statues du Christ et de ses apôtres. Le chapitre d'York comprend une bibliothèque fort riche en manuscrits et en curiosités ; parmi ces dernières, on cite la corne d'Ulphus et la coupe de l'archevêque Sirope, le même dont il est parlé dans Shakspeare et qui fut décapité sous Henri IV pour avoir pris part a une révolte.
Il ne reste plus aujourd'hui de l'ancien château d'York, converti en prison, qu'une porte large de 25 mètres, surmontée de mâchicoulis, et le Clifford's tower (tour de Clilïord), sorte de donjon massif d'une solidité inébranlable. Le surplus de l'édifice actuel est de reconstruction contemporaine. Ce château servait autrefois-à la défense de la ville , de concert avec les remparts, qui , plus heureux que lui, subsistent encore à peu près intacts. Ces remparts (old wall) présentent six portes et vingt tours et poternes. C'est sur les créneaux de la porte de Mickle-gate que furent placées en 1460, après la bataille de Wakefield, les têtes de Richard, duc d'York, de Rutland, son fils, et de plusieurs de leurs partisans. Aujourd'hui les remparts d'York, pavés en brique depuis 1831, forment une des promenades de la ville, longue de 2 milles environ.
Les autres monuments d'York qui méritent une mention sont : l'église du Christ (Christ church) qui , dit-on, s» élève sur l'emplacement du palais des empereurs romains; l'église de Tous-les-Saiuts, surmontée d'une flèche hardie; l'hôtel de ville, construit en 1446, à piliers de chêne et à plafond avec panneaux décorés de portraits, d'ècussons et de dorures; le mansion house, édifice dans le style grec, résidence du lord-maire; l'hôtel des postes (post office); les salles de réunion érigées en 1736 sur les plans du comte de Burlington ; le music hall (ou salle de concert), construit en 1825 et orné d'une frise de Rossi, etc.
York possède, en outre, un théâtre; un hôpital du comté ( infirmary ) , fondé en 1749; un hospice des aliénés {friend's retreat), fondé pour les quakers; l'hôpital Ophthaimique, fondé en 1830 et qui occupe un vieux manoir bâti sous Henri VIII ; une école diocésaine ; une école de grammaire, dite de Saint-Pierre, et un muséum de la Société philosophique, édifice dorique, érigé en 1830 par Wilkius. Un hippodrome ou champ de course, très-fréquenté pendant le mois d'août par les sportsiuen de toutes les
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provinces de l'Angleterre et mesurant près de 2 milles de circonférence, est voisin de la ville.
A peu de distance d'York se trouvent- les ruines de l'ancienne abbaye de Sainte-Marie, fondée par Guillaume le Roux. Ces ruines, qui occupent , dit-on , l'emplacement d'un temple païen construit a l'époque de la conquête romaine, se composent de deux tours, du cloître et de la crypte, le tout assez mutilé.
— Célébrités. York a vu naître Alcuin, Flaxman et Etty.
— Histoire. York, ancienne Eboracum des Romains, était, avant l'arrivée du conquérant, lu capitale des Brigantes, peuplade celtique dont Tacite fait mention a plusieurs reprises. La ville s'appelait alors Eborac ou Euurac, mot breton qui signifie place forte au bord d'un fleuve. Les Romains latinisèrent ce nom en élevant la place en station romaine 78 ans environ av. J.-C. (campagne d'Agricola).
L'importance d'Eboracum devint telle en peu d'années, que les empereurs romains, depuis le temps de Septime-Sévère, le choisirent pour résidence lorsqu'ils venaient visiter la province et que les légats impériaux en firent le siège de leur gouvernement. C'est à Eboracum que moururent les empereurs Septirae-Sévère et Constance Chlore et que Constantin naquit. Ancienne capitale du Northumberland après la chute de l'empire, c'est à York que fut construite lu première église chrétienne du nord de l'Angleterre, par le roi Edwin, converti par Paulin. Les grandes luttes guerrières du moyen âge virent plus d'une fois York jouer un rôle important, et son histoire est intimement liée à celle de la monarchie, dont elle devint fréquemment la résidence. Son dernier souvenir est le siège qu'elle subit en 1644 de Charles I«r, contre lequel elle s'était prononcée pour suivre le parti du Parlement. York était encore au commencement du xvm0 siècle la seconde ville de l'Angleterre ; l'accroissement de Londres et des cités plus voisines de la Manche l'a fait depuis descendre de ce rang élevé ; mais bien qu'ayant perdu toute activité commerciale, la ville maintient encore, comme par le passé, son administration et ses privilèges; c'est la seule, avec Londres, dont le magistrat municipal prenne le titre de lord-maire. La beauté des monuments, l'antiquité des constructions donnent à York un cachet de tristesse mélancolique assez analogue a celui qu'offrent certaines villes de Bretagne, jadis brillantes et aujourd'hui délaissées; nous citerons, par exemple, Saint-Pol-de-Léon.
Plusieurs conciles ont été ténus a York. Le premier est celui de 1195, présidé par i'archevèque de Cantorbéry, Hubert; ou y vota, douze canons relatifs à l'eucharistie, à la messe , au baptême , aux vêtements des clercs, etc. En 1252, l'archevêque d'York, Gautier Grey, tint un concile ou synode qui s'occupa des ornements do l'église. En 1310, Guillaume de Greimn'eid en convoqua un autre au sujet des templiers. Eu 1344, le clergé de la province d'York accorda au roi Edouard, après en avoir délibéré, des décimes pour trois ans, et le roi, de son côté, accorda au clergé le privilège de ne pas répondre aux jugea séculiers, mais seulement aux juges ecclésiastiques. Dans le concile de 1367, tenu a Thorp, près d'York, Jean Thursby, archevêque d'York, et ses suffragants publièrent dix canons. En 1426, un concile interdit la prédication à Thomas Richmond, de l'ordre des frères prêcheurs, qui avait avancé en chaire plusieurs propositions hétérodoxes. Dans le concile de 1466, George Newill, archevêque d'York, publia, avec le consentement de ses suffragants, de nombreux statuts sur la discipline,
YORK, (comté d'), division administrative de la région septentrionale de l'Angleterre, le plus vaste des comtés du Royaume-Uni. Il est compris entre la mer du Nord à l'E., le comté de Durham au N-, ceux de Westinoreland, de LancastreetdeChesterk l'O., ceux de Derby, de Notiinghaui et de Lincoln au S.; il mesure 134 kilom. de l'E. à l'O. et 120 kilom. du N. au S,; superficie, 15,010 kilom. carrés, avecune population de l,800,000hab. Le territoire de ce comté est montagneux au N., à l'E.. et à l'O., plat au centre et marécageux vers le S., entre le Don et la Trent, rivières qui avec l'Aire, le Calder et la Ribble sont les principaux cours d'eau du comté. Le sol est fertile dans beaucoup d'endroits, et plus particulièrement dans la vallée d'York et les districts de Cleveland au N, et d'Holderness au S.-E. Les principales cultures sont celles du froment, de l'orge, des pommes de terre, des navets, des choux et de la moutarde. Elève de chevaux estimés, gros et menu bétail, porcs et abeilles. Préparation de fromages estimés. Les richesses minérales sont trèsimportantes ; elles consistent surtout en, houille, fer, plomb, alun, inarbre, albâtre, schiste et pierre à. chaux. L'industrie manufacturière y est très-importante ; fabrication de tissus de laine de toute espèce et da toute qualité, toile de coton, coutellerie, poterie, briques, cuirs, cordages, tissus de cria toiles à voiles. Les produits de ces manufactures et les productions agricoles donnent lieu k un important mouvement commercial qui s'exécute avec toute la rapidité que les Anglais savent mettre dans tout ce qui tour,
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che k leurs intérêts. Au point f!e vue admi- . nistratif, le comté d'York se subdivise, indépendamment de la cité dYork, en trois ridings ou provinces : Norlk-Iiiding, on marche septentrionale, ayant pour limite au S. le cours moyen de la Derwent et de l'Ouse ; villes principales : Northallerton, Boroughbridge, Richmond, Pickering et Withl>y; West-Riding, ou marche occidentale, la plus grande des trois subdivisions, présentant une contrée très-pittoresque, où sont les villes de Leeds, Brarîford, Halifax, Wakefield, Sheffield ; entin Easl-IUding, marche ou province orientale, renfermée entre la mer, l'Humber, le cours inférieur de l'Ouse et le cours moyen de la Derwent ; c'est la partie la moins riche du comté en sites variés et majestueux; cependant la nature y offre de beaux tableaux, surtoutvers la large embouchure de l'Humber. Les principales villes d'East-Riding sont : Hùll, Beverley, Great-Dieffield et Pocklington.
YORK, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de la Pensylvanie, à 64 kilom. N.-O. de Baltimore, sur la Cadorus-Creek; 8,000 hab. Commerce de produits agricoles.
YORK, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat du Maine, k 16 kilom. N.-E. de Portsmouth ; 3,500 hab.
YORK ou TORONTO, ville de l'Amérique anglaise. V. Toronto.
YORK (cap), pointe la plus septentrionale du continent australien , sur le détroit de Torrès, en face de la Nouvelle-Guinée, par 10» 42' de latit. S. et 140° 8' de longit. E.
YORK (maison d'), branche de la maison royale des Plantagenets. Elle eut pour tige Edmond de Langley, duc d'York, quatrième fils d'Edouard III, disputa !e trône aux Lancastrç, ce qui donna lieu k la lutte sanglante des Deux-Roses, fournit trois rois k l'Angleterre, Edouard IV, Edouard V et Richard III, et fut supplantée par lesTudors. On sait que ses partisans se distinguaient par une rose blanche, tandis que les Lancastriens avaient pour insigne une rose rouge.
YORK (Richard, duc d'), prince anglais, né en 1416, mort en 1460, It était fila de Richard de Cambridge, décapité pour conspiration sous le règne de Henri "V. Il avait hérité des titres de son oncle Edouard, tué k Azincourt (W15), en même temps que de ses prétentions au trône, prétentions qu'il sut dissimuler pendant longtemps. Régent de France pendant la minorité de Henri VI, puis gouverneur d'Irlande, il mit tous ses soins k grossir son parti en attendant le moment d'agir. En 1450, il quitta l'Irlande, rallia ses partisans d'Angleterre et se porta rapidement sur Londres; forcé de se replier sur le comté de Kent, il entra en négociation avec le faible Henri VI, lui extorqua la promesse de convocation d'un Parlement (où il espérait se faire proclamer roi) et se retira dans ce château de Fotberingay devenu depuis si célèbre par la mort de Marie Stuart. Un Parlement s'assembla en effet, mais ne put être entraîné k déclarer le duc d'York successeur de Henri VI. Richard, en même temps qu'il renouvelait ses serments de fidélité, continuait ses intrigues et ses complots et finit par obtenir, pendant la démence du roi (1454), le titra de protecteur du royaume, dont il fut dépouillé peu de temps après. Il reprit alors les armes, gagna sur Henri la bataille de Saint-Albans (1455), à l'aide du fameux comte de Warwiek, le faiseur de rois, et s'imposa de nouveau comme protecteur, après avoir déclaré devant le Parlement que le roi était retombé en démence. Mais la reine , la courageuse Marguerite d'Anjou, parvint k lui arracher encore une fois le pouvoir, en faisant décider que son époux était en état de reprendre les rênes du gouvernement. Pendant deux années, York parut avoir renoncé à ses projets; mais il en appela de nouveau aux armes, éprouva quelques échecs et vit enfin triompher son parti k la bataille de Northamptou (1460), gagnée par Warwiek. Le malheureux Henri VI, jouet de son imbécillité et des événements, étroitement gardé, d'ailleurs, dans une fastueuse captivité, consentit cette fois k ce que la couronne passât a. sa mort sur la tête de Richard ou de ses descendants, à l'exclusion de sa propre famille. Mais la reine leva une puissante armée et marcha contre le duc, qui fut vaincu et tué à la bataille de Wakefield (1460). On sait que l'un de ses fils, Edouard, comte de March, fut proclamé roi deux mois après, Sous le nom d'Edouard IV.
YORK (Frédéric, duc d'), généralissime anglais, deuxième fils de George III, né à Windsor en 1763, mort en 1827. Il fut d'abord évêque d'Osnabruck, mais abandonna bientôt la carrière ecclésiastique pour celle des armes et- se rendit k Berlin pour y étudier l'art de la guerre sous Frédéric II. Imbu des idées philosophiques qui dominaient à la courdece prince, lié, bien que très-ignorant, avec une toule d'hommes distingués de l'époque , il s'acquit une sorte de notoriété. En 1791, après la fuite de Louis XVI à Varennes, on agita, même aux Jacobins, la question de remplacer les Bourbons par une famille étrangère qui donnât des garanties aux libertés constitutionnelles; Brissot et ses amis prononcèrent alors le nom d'York; mais
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cette combinaison n'eut pas la moindre consistance. Le duc, devenu colonel du 1" régiment des gardes, eut, en 1793, le commandement des troupes anglaises envoyées en Belgique pour coopérer à l'invasion de nos frontièresdu Nord, fut défait k Hondschoote, à Boxtel et k Tourcoing (1794), et dut se rembarquer précipitamment k Cuxhaven avec les débris de son armée. Il n'en reçut pas moins le titre de feld-maréchal et le commandement en chef des troupes de terre de la Grande-Bretagne. En 1799, on le mit k la tête de l'armés anglo-russe destinée k expulser les Français de la Hollande. Les revers qu'il éprouva dans cette campagne furent aussi sanglants que sa présomption était grande; le général Brune le battit k Bef ghem, (17 septembre), à Kastricum (6 octobre) et le força à capituler dans Alkmaar (18 octobre). Revenu à Londres et pourvu de la direction du personnel de la guerre, il s'étourdit dans les plaisirs, fit plusieurs fois saisir ses chevaux par ses créanciers , spécula sur les brevets d'officier pour subvenir k ses dépenses, fut traduit pour ce fait devant la Chambre des communes (1809) et eut la lâcheté de faire porter tout le poids de l'accusation sur mistress Clarke, sa maîtresse. A la Chambre des lords, où son rang lui donnait droit de siéger, il s'éleva avec force eontre l'émancipation des catholiques d'Irlande.
YORK (Jacques, duc d'). V. Jacques IL YORK (le cardinal d'). V. Stuart (H.-Benoît.)
YORK (et non Yorck) »E WARTENBURG
(Jean-David-Louis, comte de), général prussien, né k Kœnigsberg en 1759, mort en 1830. Il était le iils naturel d'un officier d'origine anglaise, dont la famille était, depuis longues années, établie dans la basse Poméranie. Légitimé plus tard par son père, il entra au service en 1772 et était parvenu augrado d'officier, lorsqu'il fut dégradé pour insubordination en 1730 et condamné k un an de prison. Il quitta alors l'armée prussienne, passa au service de la Hollande, prit part, en 1783 et 1784, aux campagnes dans l'Inde et, k son retour en Hollande, trouva cette contrée agitée par les mouvements des patriotes, qui lui offrirent le grade de lieutenant général. Il refusa et revint en Prusse, où, après la mort de Frédéric II, il obtint sa réintégration dans les rangs de l'armée, avec le grade de capitaine de fusiliers. Promu major en 1792, il se distingua, deux ans plus tard, pendant la campagne de Pologne, k Szekoczyn, et, en 1799, fut nommé commandant d'un régiment de chasseurs k pied. En cette qualité, il eut le mérite d'introduire parmi ses soldats une nouvelle tactique de tirailleurs en rapport avec les progrès de l'art militaire, fut promu colonel en 1803 et, en 1806, commanda d'abord l'avant-garde, puis l'arrière-garde du duc de Weimar, dont, après les batailles d'iéna et d'Auerstsedt, il couvrit fa retraite au delà du Rhin, par sa lutte acharnée k Altenzaun. Pendant la suite de la retraite, après que le duc de Weimar eut résigné le commandement, il prit celui de l'arriere-garde de Blùeher, fut blessé et fait prisonnier k Lubeck et ne fut échangé qu'en 1807 , trop tard pour rejoindre l'arme<j prussienne, avant la bataille de Friedland. Promu successivement major général (1807), commandant de la brigade de la Prusse occidentale (1808), inspecteur général de toutes les troupes légères (1810) et enfin gouverneur général de la province de Prusse (l8ll), il commanda, en 1812, le corps auxiliaire, sous les ordres supérieurs de Grawert, qui faisait partie du 10e corps de l'armée française, celui du maréchal Macdonald, et, après la retraite de Grawert, il prit le commandement en chef des troupes prussiennes. La retraite de la grande armée ayant rendu nécessaire celle du 10e corps, qui occupait alors Riga, la position d'York devint des plus difficiles. Privé de communications avec les colonnes françaises, pressé par les chefs de l'armée russe d'abandonner la cause française, k laquelle il était lui-même hostile, placé entre son devoir de soldat et la conviction que le moment décisif était arrivé pour la Prusse, ne recevant aucun ordre précis de Berlin, mais fermement persuadé que le sort de sa patrie, celui de l'Europe peut-être, dépendait uniquement de sa décision, il n'hésita pas à conclure, le 30 décembre 1812, avec les généraux Clausewitz et Diébitsch, une convention par suite de laquelle le corps d'armée prussien s'engagea à observer la neutralité , jusqu'au moment où le roi de Prusse aurait fait connaître sa résolution définitive. Mais ce prince, par suite des liens qui l'unissaient encore k Napoléon, se vit forcé de désavouer officiellement cette convention; il n'en fit pas moins savoir k York qu'il lui rendait pleinement justice pour avoir le premier commencé la grande œuvre de l'affranchissement de l'Allemagne. Comme gouverneur de la Prusse, York prit une part active k l'organisation de la land'Wehr, se dirigea ensuite avec son corps et les troupes de la Pomèranie , qui avaient été mobilisées et placées sous ses ordres, sur la marche de Brandebourg et, au début des hostilités, battit, le 5 avril, près de Mœckeru et de Dannigkow, le vice-roi d'Italie, qui était sorti de Magdebourg pour marcher k sa rencontre. Il prit avec ses troupes une part
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glorieuse au reste de la campagne, soutint seul, le 19 mai, l'attaque de Lauriston kWeissig , commanda l'aile gauche à Bautzen et, le 21 mai, couvrit la retraite devenue nécessaire. Lors de la réorganisation de l'armée allemande, pendant l'armistice accordé par Napoléon après cette bataille, son corps fut compris dans l':irmée de Silésie, placée sous les ordres de Blùcher. Il contribua beaucoup, le 26 août, k la victoire de la Katzbach , réussit , seul cette fois , k franchir l'Elbe k Wartenburg, en battant le corps du général Bertrand (3 octobre), eut les honneurs de la journée de Mceckem (16 octobre), et, quatre jours plus tard, poursuivit les Français jusqu'au delà de l'Unstrut. Promu général d'infanterie, il donna pendant la campagne de 1814 de nouvelles preuves de ses talents militaires, préserva k Montmirail (il février) Sacken d'une destruction complète, dirigea k Laon, avec Kleist, l'attaque de nuit qui décida de la victoire des alliés (4 mars) et, le 30 mars, prit part k la bataille de Paris. Le 3 juin, le roi de Prusse lui conféra le titre de comte York de Wartenburg. Il suivit k Londres les souverains alliés et fut ensuite nommé commandant en chef de toutes les troupes et de toutes les forteresses de Silésie. Au retour de Napoléon de l'Ile d'Elbe, il reçut le commandement du 5° corps, qui devait se réunir sur l'Elbe et former la réserve; mais il vit 1k une humiliation et demanda sa retraite, que le roi ne lut accorda qu'à la paix et après des sollicitations réitérées de sa part. La campagne de 1815 lui avait enlevé son fils unique, qui avait été blessé mortellement près de Versailles le 1er juillet. H vécut dès lors retiré dans sa terre de Klein-Œls, en Silésie. En 1821, le roi l'éleva au grade de feld-maréchal, qu'il n'avait pas voulu accepter en prenant sa retraite. Une statue , œuvre du sculpteur Rauch, lui a été érigée k Berlin le 21 mai 1855. On peut consulter à son sujet : Seydlitz, Journal du corps d'armée prussien pendant la campagne de 1812, et Droysen, Vie du feld-maréchal York de Wartenburg (Berlin, 1851, 3 vol., 2e édit.).
YORKE (Charles), jurisconsulte et homme d'Etat anglais, né en 1722, mort en 1770. Il était le second fils de lord Bardwicke. Tout jeune encore, il donnades preuves de sa vive intelligence, fit paraître k vingt-deux ans un ouvrage estimé, intitulé : Considérations sur les lois de l'amende pour crime de haute trahison (1744), fut envoyé au Parlement, dès 1747, par le bourg de Ryegate et se rit admettre au barreau en 1753, Ses talents et la situation de sa famille lui valurent d'être successivement nommé solicitor général et attorney général. Il venaid d'être appelé au poste de garde des sceaux en remplacement de Camden (1770), lorsqu'il mourut subitement. Selon les uns, sa mort fut occasionnée parla rupture d'un auévrisme; selon d'autres, il se suicida dans un accès d'aliénation mentale. Charles Yorke avait eu une part importante k la composition des Lettres athéniennes , publiées en 1745 par son frère Philippe, comte de Hardwicke. Il avait été élevé k la pairie, sous le titre de baron Morden.
YORKE (Philippe), comte de Denbigh, écrivain anglais, delà famille du précèdent, né vers 1743, mort en 1804. Il fut pondant plusieurs années membre du Parlement, devint membre de la Société des antiquaires de Londres et employa sa grande fortune de la façon la plus honorable et la plus utile. On doit k cet homme, dont l'esprit était vif et brillant, un ouvrage d'histoire généalogique, intitulé : Tribus royales au pays de Galles (1799, in-4°), rempli d'anecdotes curieuses, authentiques et peu connues.
YOKKTOWN, bourg des Etats-Unis d'Amérique, chef-lieu du comté d'York, dans l'Etat de la Virginie, k 112 kilom. S.-E. de Richmond, avec un port de commerce sur la York; 3,000 hab. Le général Washington y fit prisonnier Jprd Cornwallis et son urniée le 19 octobre 1781.
YORKY1LLB, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de la Caroline du Sud, k 112 kilom. N. de Columbia, dans une contrée très-abondante en minéraux; 3,900 hab.
YO-TCHÉOU, ville de la Chine, province de Hun-nan, chef-lieu du département de son nom, k 150 kiloin. N. de Tchang-cha; 200,000 hab. Port de commerce très- fréquente Sur la rive gauche du Yang-tsé-ktang.
YOUAN-H1AN, philosophe chinois. V. Tseusse.
YOUAN-KIANG, ville de la Chine, province de Yun-niiu, chef-lieu de l'arrondissement ou district de son nom, sur la rive gauche du Ho-ti-kiang, k 190 kilom. S.-O. de Yunnan. Grande fabrication de soieries; commerce de riz et tissus de soie.
YOUAN-KIANG, rivière de la Chine, Elle prend sa source dans la partie N.-E. de la province de Kouci-tchéou, coule au N.-E., entre dans la province de Hou-nan et se jette dans le lac Thoung-thiug après un cours de 650 kilom.
YOUAN-TCHÉOU, ville de Chine, province de Kiang-si, chef-lieu du département de son nom, k 190 kilom. S, -O. de Nan-tchang. Aux environs, mines d'alun et de vitriol.
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YOUDH1CHTH1RA, héros delà mythologie indoue , le premier des cinq Pandavas, fils de Counti et de Pandou, suivant les uns, et suivant les autres du dieu Yama. Comme tous les princes indous, Youdhichthira était affligé de la passion du jeu. On avait accordé aux Pandavas des fiefs; il les joua, dit -on, et les perdit, et de plus ses quatre frères et sa femme Dropadi. En vain celleci répara les fautes de son mari ; en vain, par sa grâce et son amabilité , elle obtint du vieux Dhritarâchtraque tout lui serait rendu. Il perdit une seconde fois ses Etats ; c'était chez lui une habitude bien invétérée, car, k la fin de l'exil de douze ans auquel les Pandavas furent condamnés, on le voit chez Virâta, maître joueur de ce prince. Au bout de ce temps, Douryodhana, l'aîné des Coravas, déclara aux Pandavas qu'ils n'auraient que ce qu'ils pouvaient conquérir. La guerre éclata entre les membres de cette nombreuse famille qui s'entre-tuèrent. Youdhichthira fut sur le point de succomber sous les coups de son frère Karna et ensuite donna la mort k Salya, son oncle maternel, roi de Mâdra, devenu général en chef de l'armée ennemie. A la vue de tous ces malheurs, il sentit des regrets et trouva que son triomphe lui coûtait bien cher. Il voulait se retirer du monde; il en fut empêché par Vj'asa, son. maître spirituel, qui lui rappela son devoir de prince et de kchatriya. Il monta donc sur le trône de Couroudesa, régna trente-six ans et se distingua par sa justice et son amour pour les lettres. Il a donné son nom k une ère appelée l'ère d Youdhichthira, et qu'on peut placer à douze cents ans avant Jésus-Christ. Il prit pour son successeur son petit-neveu Parikchit et, fatigué des affaires, se retira dans la solitude avec ses frères pour s'y livrer k la pénitence. Le Mâhâbhârata est terminé par une espèce d'apothéose d'Youdhichthira, qui est porté au ciel.
VOUDRA, ville du royaume de Siam.V. Siam, ville.
YOUFTE s. m. (iou-fte). Comm. Sorte de cuir de Russie.
YOUGAM s. m. (iou-gamm).Chronol. Chez les Indous, Chacun des quatre âges du monde, dont les trois premiers ont duré, selon eux, 1,728,000, 1,296,000, 864,000 ans, et le quatrième doit durer 432,000 ans.
— Encycl. Les Indous donnent k chacun des yougams ou âges du monde une durée qui ferait remonter la création de l'univers k plusieurs millions d'années. Le premier de ces yougams est appelé kréla-yougam ; il a duré un million sept cent vingt-huit mille ans. Le second, appelé tréta-yougam, a duré un quart de moins que le premier. Le troisième, nommé tavapara-yougam, a duré un tiers de moins que le second. Enfin, le dernier, qui est celui dans lequel nous vivons, est appelé kaly-yougam, ou âge de malheur; il doit durer la moitié moins que le troisième. L'année de l'ère chrétienne 1825 répond à l'année 4926 du katy-yougam. D'après ce calcul, l'existence du monde daterait de trois millions huit cent quatre-vingt-douze mille neuf cent vingt-six ans. Les Indous paraissent regarder ces âges comme fabuleux , puisque, dans le commerce de la vie, ils ne font aucune meution de ces yougams et que tous leurs calculs, toutes leurs époques, ainsi que les plus anciens et les plus authentiques monuments que l'on trouve parmi eux, datent toujours du commencement du kalyyougam. Mais ces prétentions k une haute antiquité ont été la chimère favorite de la plupart des anciens peuples civilisés. A la fin de chaque yougam,h s'est opéré une révolution universelle dans la nature. Il n'est resté dans le yougam suivant aucune trace de celui qui l'avait précédé. Les dieux eux-mêmes ont subi ce changement opéré par les grandes révolutions ; Vichnou, par exemple, qui était blanc dans les yougams précédents, est noir dans celui-ci.
YOUGIIAL, ville d'Irlande, comté et à 43 kilom. S.-E. d'Ecosse, k l'embouchure de la Blackwater dans l'Océan, où elle a un port de commerce; 9,600 hab. Bains de mer fréquentés ; briqueteries ; cabotage actif; exportation importante de grains et de briques. Cette ville, qui consiste principalement en une large et belle rue, doit son origine à uno abbaye de franciscains fondée en 1224. L'église de cette abbaye, qui devint une des plus riches de la contrée, est encore debout aujourd'hui et sert d'église paroissiale. On y remarque le monumeut du duc de Cork, représenté par le statuaire couché entre ses deux femmes et ses neuf enfants. Youghal fut le quartier général de Cromwell lors de son court passage en Irlande. On voit encore dans la ville la maison de Walter Raleigh ; elle est conçue dans le style dit d'Elisabeth et entourée de myrtes, dont elle a pria le non» (myrtle grove). C'est aux environs d'Youglial que fut cultivée pour la première fois la pomme de terre importée d'Amérique au xvuie siècle.
YOUKAGHIRE adj. (iou-ka-ghi-re). Linguist. Se dit d'un dialecte ostiak. V. ce dernier mot.
VOUNA , rivière de l'Amérique centrale, dans la partie orientale de l'Ile de Saint-Domingue. Elle prend sa source aux crêtes de Cibao, coule de l'O. k l'E. et se jette dans la
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baie de Sanar , après un cours de 110 kilom.
YOUN -Cil AN, partie de l'empire de Siam, dans la vallée du Menant ; elle est séparée de l'empire birman par le Thaleayn; chef-lieu, Zima.
YOUNG (Pierre), en latin Petrus Juniu»,
diplomate et historien écossais, né dans le comté de Forfaren 154-*, mort en 1628. Il flt ses études k Genève et k Lausanne, s'y lia avec Théodore de Bèze et, à son retour en Ecosse, y fut nommé, avec Buchanan, précepteur du jeune prince royal, depuis roi d'Angleterre sous le nom de Jacques 1er. Lorsque ce prince eut pris en main le gouvernement de l'Ecosse, Young devint membre du conseil privé et fut envoyé, en 1586, en Danemark, pour y conduire les négociations relatives a la possession des lies Orkney. Il accompagna ensuite le roi Jacques, lorsque ce prince vint dans la mémo contrée chercher sa fiancée, et fut employé dans la suite à différentes missions auprès des cours étrangères. Il avait écrit une courte biographie de la reine Marie Stuart, dans laquelle il combattait quelques attaques portées contre cette princesse par David Chytrseus. Cette biographie a été insérée, avec celle de l'auteur lui-même, dans l'ouvrage de Smith intitulé: Vilie quorumdam eruditissimorum et illustrium virorum.
YOUNG (Patrick), en latin Putriciu» Ju-
niua, érudit anglais, fils du précédent, nâ à Seaton, dans le Lothian, en 1584, mort en 1653. Il se lit recevoir maître es arts aux universités de Saint- André et d'Oxford, puis entra dans les ordres et devint chapelain du nouveau collège k Oxford, S'étant rendu par la suite k Londres, il fut nommé sous-bibliothécaire du roi et chargé de voyager sur le continent pour y recueillir des livres et des manuscrits destinés à enrichir la bibliothèque confiée à ses soins. En récompense de ses services, il reçut plusieurs riches bénéfices et une prébende k l'église Saint-Paul. Privé de sa place de bibliothécaire k la suite de la révolution de 1648, Young se retira, après une courte détention, dans le comté d'Essex, où il termina sa vie. Bien que possédant une vaste érudition, il ne sembla pas désireux d'acquérir quelque réputation littéraire. Il ne nous reste de lui que des Notes sur le quinzième chapitre des Nombres, insérées dans la Bible polyglotte de Walton ; une édition des épltres de Clemens Momanus (1633); une édition de VExpositioin canticum canticorum Folioti, etc. Il avait aidé Seldeu dans la rédaction des Marbres d'Arundel, et Thomas Reid dans la traduction en latin des œuvres du roi Jacques.
YOUNG (James), chirurgien anglais, qui vivait dans la deuxième moitié du xvn<s siècle. Son nom est comme attaché à l'histoire de l'amputation k lambeau, parce que ce fut dans un de ses ouvrages que parut pour la première fois la description de la méthode d'amputation de Lowdham. Il y a d'ailleurs quelques faits intéressants dans ses ouvrages, dont les principaux sont : Currus triump/ialis e terebintho (Londres, 1679, in-go) ; Wounds of the brain proved curable (Londres, 1678, \a-S°); M edicastermedicatus (Londres, 1685, in-8u); Observations on surgery and anatomy (Londres, 1687, in-go); On the internai use o/ cantharides (1702, in-8<>), etc.
YOUNG (Edouard), célèbre poète anglais, né k Upham en 1681, mort k Wellwyu en 1765. Son père, ministre k Upham, parvint k se faire nommer chapelain du roi Guillaume, et Edouard Young résolut de suivre la même carrière. Après des études médiocres au collège de Winchester, il suivit les cours de droit et se lit recevoir docteur en 1719. Ses débuts poétiques remontent à quelques années plus tôt. Dès 1712, il publia un certain nombre de pièces de circonstance dédiées au roi, k la reine, aux ministres, aux grands seigneurs et généralement k tous ceux dont sa muse vénale pouvait espérer une récompense quelconque. C'étaient de petits poemes, des épttres, des panégyriques, dune facture médiocre, pleine d'emphase et d'affectation : Epilre â lord Lansdowne, Panégyrique de George Ier, Epilre à Addison; il alla même jusqu'à célébrer, en simple prose, un homme tout k fait taré, le marquis de Wharum, qui devint ainsi sou protecteur. Quelques travaux plus sérieux «ntrepris vers la même époque manifestaient cependant le tour d'esprit particulier d'Young; tels furent un grand poème sur le Jugement dernier (1713, in-8°) et les tragédies de Dusiris et de la Vengeance (1719-1721), qui furent mal accueillies par le public.
A l'âge de quarante-six ans, Young entra dans les ordres et fut nommé chapelain de George II; mais, malgré les flatteries qu'il prodiguait aux hommes puissants, il n'obtint jamais les hautes dignités de l'Eglise anglicane. En 1740, la perte de sa femme, puis celle d'une belle-tille pour laquelle il avait l'affection d'un père vinrent, en déchirant son cœur, donner un** direction nouvelles ses pensées. Isolé par la mort au seuil de la vieillesse, il s'abandonna k une profonde douleur, qui devint la source de son génie. Il fut dès lors vraiment poste, parce qu'il était profondément ému; ses compositions reçurent l'empreinte originale de ses sentiments et de ses souffrances. La solitude, le silence de» nuits, la
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tristesse des tombeaux, le néant de la vie, tels furent désormais les sujets choisis par sa muse éplorée et qu'il ne se lassa point de célébrer dans une suite d'hymnes funèbres qu'il intitula Méditations de la nuit. Cet accent nouveau eut un retentissement que le poète n'avait peut-être ni espéré ni cherché. Il eut des imitateurs et des disciples en Angleterre, en Allemagne et en France, et la célébrité lui vint précisément au moment où il semblait avoir voué sa vie aux mélancolies de la solitude et k la religion. Il esta remarquer, toutefois, que le vieil homme n'était pas entièrement mort en lui. Dans ses lamentations, on a voulu retrouver en de certains passages les regrets de l'ambition déçue et son habitude invétérée de la flatterie. Chacune de ces méditations sur la vanité des choses humaines est, en effet, dédiée k quelque grand personnage, et le caractère bien connu de l'auteur ne permet pas de croire que ce soit là un contraste qu'il ait cherché. On retrouve aussi dans ces poésies l'homme dont le talent fut longtemps artificiel ; la monotonie, l'emphase, le faux, la bizarrerie, parfois même la trivialité, sont mêlés aux inspirations les plus pathétiques et les plus sublimes. On cite encore, parmi les productions remarquables de la vieillesse de Young : une Lettre à Hichardson sur la composition originale et un beau poème sur la Assignation (1762, in-8<>). Ses Nuits ont été traduites en français par Letourneur ( Paris , 1769- 1770). Cette traduction eut un succès immense; l'original y était cependant singulièment altéré, paraphrasé et souvent mutilé. En effaçant quelques fautes de goût, quelques bizarreries, le traducteur a fait disparaître toute l'énergie de son modèle et sacrifié la force de l'expression k une élégance qui n'est pas exemple d'affectation et de monotonie. Chateaubriand, qui a jugé beaucoup trop sévèrement les Méditations du poëte anglais, donnait cependant la préférence k la traduction sur l'original. Mais ce jugement excessif n'a pas été confirmé par la critique littéraire. Les meilleures éditions des Œuvres de Young sont celles de Londres (1792 et 1803, 3 vol. in-so).
YOUNG (Arthur), célèbre agronome anglais, né dans le comté de Suiïolk le 7 septembre 1741, mort kLondres le 12 avril 1820. Son père, chapelain anglican d'Ouslow, lui fit donner une assez bonne éducation, puis le plaça chez un marchand de vin de Lynn pour qu'il apprît le commerce. Le jeune Young avait peu de goût pour la carrière qu'on voulait lui faire parcourir; mais, dès cette époque, il sentit naître en lui un vif attrait pour l'agriculture, ainsi que pour les lettres. Il n'avait que dix-sapt ans lorsqu'il rit paraître une brochure Sur l'état présent delà guerre de l'Amérique du Nord (1758), et que dix-huit lorsqu'il entreprit de publier un recueil périodique, le Musée universel, dont il fit paraîtro seulement six numéros. Sur ces entrefaites son père mourut (1759). Quelques années plus tard, en 1763, il décida sa mère k lui confier l'exploitation d'une ferme qu'elle possédait k Bradrield-Iiall, et il commença ses expériences agricoles; mais, dédaignant les produits trop faciles et trop sûrs, il lit des essais qui 'ne réussirent point, vit les récoltes lui manquer et dut renoncer à son entreprise. Sans se décourager, Young prit k son compte, en 1767, une autre ferme dans le comté d Essex ; mais, encore une fois, il vit échouer ses méthodes, ses tentatives d'amélioration.
C'est alors qu'il résolut de visiter l'Angleterre, d'en étudier le sol, les modes d'agriculture en usage, d'interroger les agriculteurs et de tirer de ses études un bon système théorique et pratique. 11 commença par parcourir la région méridionale et le pays de Galles, puis le nord et enfin l'est de l'Angleterre, examina tout en observateur sagace, acquit de solides connaissances et publia successivement le résultat de ses remarques dans des ouvrages k la forme vive et piquante, qui obtinrent un très-grand succès. Après ses voyages agronomiques, Young fit paraître son Cours d agriculture expérimentale (1770, 2 vol. in-4°), puis son Farmer's Calendar ( le Manuel du fermier ) , ouvrage qui contient tout ce qu'un agriculteur doit savoir et pratiquer, et qui est encore aujourd'hui populaire en Angleterre. Vers cette époque, sa mère étant morte, il entra en possession du petit domaine de Bradfield-Hall et devint maître d'une petite fortune qui assurait son indépendance. Poursuivant le cours de ses observations, il visita l'Irlande de 1776 k 1779, publia le résultat de ses remarques dans un important ouvrage, où il démontra la fâcheuse influence exercée sur la prospérité de ce pays par les incapacités légales des catholiques et demanda l'abolition d une taxe qui frappait la circulation des blés par terre. Ce fut pendant un de ses voyages qu'il entra en relations avec lord Iiingsooi ough , riche- propriétaire foncier , dont les terres étaient dans un état déplorable. Arthur Young se chargea, sur son invitation, d'opérer en grand sur les immenses propriétés possédées parce personnage dans le comté d'York, et cette fois il réussit complètement. 11 s'attacha k perfectionner les instruments et les procédés de culture, substitua le bœuf au cheval pour la charrue, porta toute son attention sur les engrais, mul-
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tiplia les bêtes k laine, indiqua les pratiques les plus appropriées à la nature du terrain et fit du vaste domaine confié k ses soins un des plus beaux de l'Angleterre.
En 1784, Young commença la publication de ses Annales d'agriculture, excellent recueil mensuel qui continua a paraître jusqu'en 1804 et qui ne forme pas moins de 45 vol. in-8<>. Ces Annales, dans lesquelles il traita des labours, des jachères, des assolements, des engrais, des irrigations, etc., se répandirent en Angleterre et contribuèrent, ainsi que les autres écrits du savant agronome, k faire justice de la routine, k introduire les procédés raisonnes et k porter l'agriculture anglaise k un haut degré de prospérité.
Devenu célèbre dans son pays , Arthur Young vit bientôt sa réputation s'étendre en Europe, grâce k ses ouvrages, qui furent traduits en plusieurs langues, et k ses méthodes, qui furent généralement adoptées. Il était dans toute la maturité de l'âge et du talent lorsque, sur l'invitation du duc de La Rochefoucauld, il se rendit en France (1787) pour comparer l'agriculture de noire pays avec celle de l'Angleterre. Il visita le midi de la France jusqu'aux Pyrénées, retourna en Angleterre, puis revint l'année suivante examiner avec plus d'attention ce qu'il n'avait qu'entrevu. ■ Partout, dit Després, il s'informa des qualités du terrain, des circonstances locales les plus importantes, des pratiques habituelles, des frais d'avances, des produits,' des ressources, enfin de tout ce qui devait entrer dans le tableau général et parallèle des deux agricultures et chercha partout les lieux et les hommes féconds en instructions utiles. » Il fut frappé surtout de cefait que, bien que le sol de la France soit presque partout d'une qualité supérieure k celui de 1 Angleterre, le produit du premier de ces royaumes est néanmoins inférieur k celui du dernier. « Par un hasard heureux, dit M. Léonce de Lavergne, l'époque de ce voyage de Young a coïncidé avec le commencement de notre révolution, et il n'existe dans nul autre ouvrage que le sien une peinture aussi vivante de notre grand mouvement national. Tout se réftnitdonc pour faire de sa relation un véritable monument, surtout pour nous, Français, qui ne possédons dans notre langue aucun document aussi complet sur l'état de noire pays en 1789. *A cette époque, le savant anglais se sentit entraîné par l'élan qui poussait chez nous tous les esprits vers la liberté; mais son enthousiasme se refroidit bientôt lorsqu'il vit la Révolution, suivant son cours, renverser la monarchie et lui substituer le règne de la Convention. En quittant la France, il passa en Espagne et, de lk, en Italie, semant partout ses conseils et récoltant lui-même tous les procédés qui pouvaient être avantageux k sa patrie.
De retour en Angleterre en 1790, Young fut nommé secrétaire du bureau d'agriculture, avec un logement et un traitement annuel de 600 livres sterling (13,000 fr.), et devint membre de la Société royale de Londres, membre des Sociétés d'agriculture de Paris, de Berne, de Manheim, de Florence, de Milan, etc. Bientôt il se prononça contre la révolution française , se servit de l'influence que lui donnait sa place pour plaider constamment près du pouvoir la cause de l'agriculture, invita sir J. Sainclair k stimuler par des récompenses ceux qui tentaient de nouveaux essais ou indiquaient de bons procédés et perdit sa popularité en s'opposant au libre commerce des grains, dont il avait été le partisan déclaré en 1767. Dans les dernières années de sa vie, il fut frappé de cécité et d'une maladie de la vessie, qui le forcèrent k renoncer k ses occupations favorites.
Dans ses nombreux écrits, dont nous allons citer les principaux, réminent agronome anglais ne s'est pas borné k traiter les questions agricoles ; il a étudié et discuté en même temps plusieurs grandes questions d'économie politique, la division des terres, la population, l'industrie , etc., et s'est élevé avec une étonnante indignation contre le commerce des noirs. Ses ouvrages principaux sont : Lettres du fermier au peuple anglais (1767, in-8°); Voyage de six semaines dans les comtés méridionaux de l'Angleterre et du pays de Galles (1768) ; Voyage de six mois dans te nord de l'Angleterre (1709, 4 vol. in-B°) ; De l'utilité et de la libre exportation des grains (1769) ; Guide du fermier pour le louage et l'aménagement des fermes (Londres, 1770, ■2 vol. in-8°); Cours d'agriculture expérimentale (Londres, 1770, 2 vol. in-4o); le Calendrier du fermier (1770), dont la 215e édition a paru k Londres en 1862 et qui a été traduit en français sous le titre de Manuel du fermier (Paris, 1770) ; Voyage d'un fermier dans l'est de l'Angleterre (Londres, 1770, 4 vol. in-8°); Economie rurale ou Essai sur l'agronomie pratique (Londres, 1772, in-8°) ; Observations sur l'état actuel des terres incultes dans la Grande-Bretagne (Londres, 1773, in-8°); Arithmétique politique contenant des obseroations sur l'état actuel de la Grande- Bretagne (Londres (1774, in-8u), traduit en français par Fréville, avec d'autres écrits du même auteur (La Haye, 1775, 2 vol. in-8°) ; Voyage en Irlande dans les années 1776 et 1779, avec des observations sur l'étal de ce royaume (Londres, 1782, 2 vol. in-8°), traduit eu français par Millon (Paris, 1783); Annales d'agriculture (1784 et suiv., 45 vol.), dont un
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choix a été traduit en français par Benoist, La Marreet Billecocq ; Voyage en France pendant les années 1787, 1788 et 1789 (Londres, 1792), traduit en français par Soulès (1794) et par Lesage, avec une introduction de Léonce de Lavergne (Paris, 1856, 2 vol. in-12) ; Voyage en Espagne et en Italie pendant les années 1787 et 1789, traduit en fiançais par Soulès (1796) ; Idée de l'état présent de la France (Londres, 1795, in-8") ; la Constitution sauvée sans réforme (Londres, 1795, in-8°) ; Vue générale de l'agriculture du comté de Su/folk (1797, in-8u), du comté de Lincoln (1799, in-8»), du comté d'Hertford (1804, in-8»), du comté de Norfolk (1805, in-8»), du comté d'Essex , ( 1806 , in-8" ) , du comté d'Oxford (1808, in-8<>); Recherches sur l'état de l'esprit public dans les classes inférieures (1798, in-8"); la Question de la disette posée (1800, in-4°); Recherches sur l'utilité d'appliquer les terres en friche au soutien despauvres (1801, in-8°); Essai sur les engrais (1804, in-8»); Rapport général sur les clôtures (1809) ; Sur la méthode de trois célèbres fermiers anglais (1811, in-8»); Recherches sur la valeur progressive des monnaies (1812); Recherches sur l'élévation des prix en Europe (1815, in-8°), etc. Les œuvres choisies d'Young on* été traduites en français par ordre du Directoire sous ce titre : le Cultivateur anglais (Paris, an IX, 18 vol. in-8a).
YOUNG (Matthieu), prélat et mathématicien anglais, né dans le comté de Roscommon (Irlande) en 1750, mort en 1800. Il fit ses études au collège de laTrinitér k Dublin, et, tout en s'occupant de théologie, s'appliqua avec beaucoup d'ardeur aux sciences mathématiques et physiques. Reçu, en 1775, docteur en théologie et agrégé [feilow) de son collège, il y fut appelé en 1786 « la chaire de philosophie naturelle (physique) et fut nommé plus tard évêque de Clonfert et de Kilmucduac. Il avait, dès 1782, réuni autour de lui une société de savants ec de littérateurs, qui devint le noyau de l'Académie loyale irlandaise. Outre différents mémoires , insérés dans les Transactions de cette Académie, on a du docteur Young : Commentaire sur les principes de Newton, écrit primitivement en anglais, mais publié ensuite en latin ; Essai sur ies phénomènes des sons et des cordes musicales (1784, in-8°) ; Principes de philosophie naturelle (1800, in-8°).
YOUNG (sir William), homme politique et écrivain anglais , né vers le milieu du ïïiii» siècle, mort vers 1815. I! commença k se faire connaître par des ouvrages où il montrait, outre une vaste érudition, un remarquable esprit de recherche philosophique, des vues élevées et autant de sagacité que de hardiesse dans ses aperçus politiques. Nommé membre du Parlement en 1784, il siégea dans cette assemblée jusqu'en 1807, devint capitaine de la yeomanry année da comté de Buckingham, membre de la Société royale de Londres et enfin gouverneur de Tabago (1807). On a de lui : Voyage en Italie (1772); l'Esprit d'Athènes, investigations politiques et philosophiques sur l'histoire de cette république (1777, in-8°), ouvrage fort remarquable, au style vigoureux, retouché, augmenté et réédité sous le titre : Histoire d'Athènes, considérée politiquement et philosophiquement (1786, in-8°); les Droits des Anglais ou la Constitution, du gouvernement britannique comparée avec celle ,d'une république démocratique (1793, in-8»); Précis sur les Caraïbes noirs de Vile de Saint-Vincent (1795, in-8<>); The Wes t-India common- place look, recueil qui contient beaucoup de notions relatives k l'économie politique et au commerce des colonies anglaises d'Amérique.
YOUNG (Thomas), médecin anglais, mort vers 1815. Il fut membre du collège royal des médecins de Londres, médecin de- l'hôpital Saint-George et professeur de médecine pratique. Sans avoir composé d'ouvrages proprement dits, Young a cependant été très-utile aux médecins de son pays qui ont voulu se livrer k des recherches approfondies.
YOUNG (Thomas), médecin anglais, physicien, astronome, orientaliste, musicien, etc., né àMilverton, comté de Somerset, le 13 juin 1773, mort le lOtnai 1829. C'est l'un des savants les plus illustres dont l'Angleterre puisse s'enorgueillir. Sa famille appartenait à la secte des quakers, 11 passa ses premières années près de son grand-père maternel, qui l'initia de bonne heure k la culture des lettres. Ou cite de lui des faits qui prouvent une mémoire prodigieuse. A six uns, il fut placé chez un professeur de Bristol, dont l'incapacité le laissa livré k son ardeur naturelle pour l'étude. A huit ans, il fut pris en affection par un arpenteur instruit qui l'emmenait dans ses courses géodésiques et lui montrait l'usage des instruments. Young se mit k apprendre seul les éléments do mathématiques nécessaires pour comprendre les opérations et faire les calcul:,. Do neuf K quatorze ans, il apprit le grec et le latin avec ses maîtres, k l'Ecole de Coinpton, et le français, l'italien, l'hébreu, le persan, 1 arabe pour occuper le temps que lui laissaient ses études officielles. En même temps, il se prenait de passion pour la botanique et poursuivait ses études mathématiques jusqu'k lire la Théorie des fluxions. Placé comme condisciple chez Us parents d'un riche petit paies-
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seux, il devint bientôt le maître du précepteur commun et rédigea une analyse de tous les systèmes philosophiques professés dans les différentes écoles grecques. Dans un voyage k Londres, il apprit du docteur Higgins les éléments de la chimie, et le docteur Broklesby, son oncle maternel, lier rie ses succès, commença à le mettre en relations avec les savants que possédait alors l'Angleterre.
Arrivé au moment de choisir une carrière, Young se décida pour la médecine; il commença ses études médicales à Londres et se fit recevoir docteur l'année suivante (1795) à Gœttingue. Il s'était déjà fait connaître par une polémique contre le docteur Beddofis, au sujet d'une théorie sur le calorique, par un mémoire sur la vie des araignées. A vingt ans, il adressa à la Société royale une théorie de la vision, que le conseil accueillit et fit insérer dans les Transactions philosophiques. La question la plus difficile que présente cette théorie est, comme on sait, d'expliquer comment la vue peut rester nette à des distances si différentes de l'objet visé. Kepler, Descartes, Poterfield , Musschenbroeck, Sauvage, Bourdelot avaient déjà deviné que le fait devait tenir à la faculté qu'a l'œil de se mettre rie lui-même au point; mais c'est à Young qu'on doit d'avoir démontré, à l'aide d'observations directes, que le cristallin est doué d'une constitution musculaire qui lui permet les changements de forme, et par conséquent de courbure, nécessaires pour que l'image nette puisse toujours se former sur la rétine. Les preuves l'ournies par Young ont d'abord été contestées; on n'y fait plus d'objections aujourd'hui.
La plus belle découverte de Young est lîelle de la théorie physique des interférences lumineuses ; c'est lui qui, le premier, montra par une expérience décisive que deux faisceaux lumineux, partis d'un même point et auxquels on a fait suivre des chemins légèrement différents, se neutralisent en partie à leur nouveau point de croisement, lorsque la différence des longueurs des chemins qu ils ont parcourus est une quantité convenable, et que, suivant la grandeur de cette différence, l'éclipsé a heu tantôt pour une des couleurs du prisme, tantôt pour une autre. C'est cette belle expérience qui fournit enfin la première explication nette et claire de tous les phénomènes d'irisation observés par Grimaldi , par Hoock , par Newton, et qui étaient restés le cauchemar des physiciens. C'est aussi cette théorie nouvelle qui suggéra à Young l'idée de son ériomètre (v. ce mot), au moyen duquel on peut mesurer sans difficulté les dimensions des plus petits corps, les globules du sang, les poussières séminales des végéiaux, les fils des toisons les plus fines, etc.
Depuis, Young s'associa avec joie aux brillants débuts de Fresnel, l'aida et le fortifia par ses conseils et ses encouragements.
Nous avons déjà dit que Young était universel. On n'en doutera pas un instant quand saura que c'est à Young qu'est due cette inspiration lumineuse, que les mots ou phrases enfermés dans de longues parenthèses elliptiques, ou cartouches, étaient restés en caractères phonétiques, tandis que les signes non enfermés restaient idéographiques. Il se trompa ensuite généralement dans toutes les lectures qu'il tenta de faire, mais les travaux de Champollion ont montré depuis que l'idée qu'il avait eue était juste.
Young a toujours fait plus ou moins de pratique médicale; mais il réussissait peu auprès des malades, il paraissait trop peu sûr de lui-même. On trouvera, du restej l'expression nette des appréhensions qu'il devait éprouver en signant une ordonnance dans ces quelques phrases tirées des leçons qu'il faisait à l'hôpital Saint-George :
• Aucune étude n'est aussi compliquée que celle de la médecine. Elle surpasse les bornes de l'intelligence humaine. Les médecins qui se précipitent en avant, sans essayer de comprendre ce qu'ils voient, sont souvent aussi avancés que ceux qui se livrent à des généralisations hâtives, appuyées sur des observations à l'égard desquelles toute analogie est en défaut. •
> Dans les loteries de la médecine, les chances du possesseur de dix billets doivent être évidemment supérieures à celles de qui n'en a que cinq. »
Il paraît, au reste, que Young avait d'assez bonnes raisons pour se prononcer de cette sorte. Il avait mis le docteur Brown dans la nécessité de convenir, d'après les documents officiels tirés des registres d'un hôpital, de Londres, qu'en masse les malades abandonnés à eux-mêmes ïe tiraient aussi bien d'affaire que ceux que l'on soignait par les meilleures méthodes.
Young, nommé en 1818 secrétaire du bureau des longitudes, cessa à peu près de s'occuper de médecine pour travailler plus activement au Nauticul Almanae. Lord Brougham , alors directeur de la Bévue d'Edimbourg, le poursuivit dans ses nouvelles fonctions de critiques amères et injustes, qui aboutirent enfin k la suppression momentanée, par arrêt du Parlement , du bureau même des longitudes, dont l'annuaire était représenté comme un objet de honte pour l'Angleterre. Ces ineptes tracasseries, tempérées à peine par les honneurs et la considération accordées à Young en France, abré-
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gèrent singulièrement ses jours. Il s'était plaint souvent de n'avoir été qu'une nouvelle Cassandre, à qui ses contemporains ingrats refusaient d'accorder leur confiance ; ses concitoyens, en effet, l'ont à très-peu près méconnu, jusqu'à ce que le reflet de sa gloire leur fût parvenu de France.
Il avait pour maxime que chaque homme peut faire ce que tout autre homme a fait et il en a donné de singuliers exemples, jusqu'à lutter d'adresse avec des funambules et à étonner des écuyers du cirque par ses exercices de haute voltige. Il jouait de tous les instruments de musique connus, depuis le violon jusqu'à la cornemuse écossaise, et se trouvait aussi à l'aise dans les salons les plus raffinés de Londres que sur son siège de membre de la Société royale.
Il serait impossible de donner ici une liste même approximative des innombrables ouvrages ou mémoires que Young a laissés.
Nous citerons seulement les principaux. Ce sont : Principes de la philosophie naturelle (Londres, 1807, 2 vol. in-4°, de 800 pages chacun); Introduction à la littérature médicale, renfermant un système de nosologie pratique (Londres, 1813) ; Abrégé des découvertes récentes sur la littérature hiéroglyphique (Londres, 1823); Hiéroglyphes recueillis par la Société égyptienne et mis en ordre par Th. Young (Londres, 1883-1828); Petit résumé des théories de mécanique et des machines , traduit par Hachette ; Mémoire sur les usines où l'on travaille le fer; Sur la stabilité des arches des ponts; Sur l'atmosphère .lunaire; Théorie mathématique des courbes épicycloïdales; Sur les moyens de fortifier la charpente des vaisseaux de ligne; Théorie des marées; Calcul des éclipses; Sur le frottement des axes des machines; Description d'un operculaire ; Sur le jeu du cœur et des artères; Sur les maladies de poitrine; Sur la fièvre jaune; Restitution et traduction de diverses inscriptions grecques; Essais de grammaire, etc. On lui doit encore des articles dans le Nichol's Journal, la Quarterly Beview et l'Encyclopsdia briiannica. Ses Œuvres choisies ont été publiées à Londres, en 1855 (4 vol in-8°).
YOUNG (Charles), artiste dramatique anglais, né k Fenchurch-Street en 1777, mort à Brighton en 1856. Son père, chirurgien distingué, lui fit donner une bonne éducation. A dix-neuf ans, il débuta à Liverpool sous un nom emprunté. Engagé presque aussitôt à Manchester, il revint k Liverpool en 1802, et s'y maria avec une actrice de Haymarket, miss Griroani, qui mourut l'année suivante. En 1809, il vint à Londres et débuta par le rôle d'Hamlet sur la scène de Haymarket. Engagé à Covent-Garden, ily doubla J. Kemble jusqu'au jour où la façon dont il s'acquitta du rôle de Cassius dans Julius Csesar lui fit partager la palme avec son chef d'emploi qui représentait Brutus. Enfin, Kemble s'étant retiré, Young parut avec un succès éclatant dans tous les principaux rôles de la tragédie. Dans la saison de 1822 à 1823, il fit partie de la troupe de Drury-Lane et se fit remarquer à côté de Kean dans lago d'Othello. Plus tard, il retourna à Covent-Garden avec un engagement très-avantageux.
Young, privé du talent qui crée, se forma sur le modèle de John Kemble ; il n'a eu de véritable succès qu'en imitant la manière de ce dernier. Son rôle favori était celui de Pierre dans Venise sauvée. Il a représenté avec beaucoup de force et de vérité la mort de Beverley dans le Joueur. Sa ressemblance avec Saint-Prix était frappante.
YOUNG (Brigham), chef des Mormons. V.
Brigham.
YOUNG-HO, ville de Chine, province de Chan-si, à 180 kilom. S.-O. de Thaï-youan, chef-lieu du district de son nom.
YOUNGIE s. f. (ioun-jl— de Young, agronome angl.) Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des chicoracées, comprenant environ vingt-cinq espèces, qui croissent surtout dans l'Inde.
YOUNG-PÉ, ville de Chine, province de Yun-nan, chef-lieu du département de son nom, à 250 kilom. N.-O. de Yun-nan, sur la rive droite du Koen-tin-ho.
YOUJVG-PH1NG, ville de Chine, province de Pe-tché-li, chef-lieu du département de son nom, à 200 kilom. E. de Pékin, sur la rive gauche du Lan-ho.
YOUNG-TCHÀNG, ville de Chine, province de Yun-nan, chef-lieu du département de son nom, à 330 kilom. S.-O. de Yun-nan. Ville très-peuplée et très-commerçante, principal entrepôt du commerce de la Chine avec l'empire birman.
YOUNG-TCHÉOC, ville delà Chine, province de Hou-uou, chef-lieu du département de son nom, sur le Tao-Kiang, à 290 kilom. S.-O. de Tchang-cha.
YOUNG-TC1I1NG, empereur chinois de la dynastie des Mandchoux, né en 1677, mort en 1735 de notre ère. Il succéda à son père Khang-ti en 1723, après avoir fait jeter en prison son frère aîné, qui s'était acquis une grande popularité. Quelque temps après , il exila un autre de ses frères, désireux de s'emparer du pouvoir, puis lit mettre à mort son oncle maternel Sounan, auquel on reprochait des fautes graves dans ses fonctions de général de Liao-ioung et son attachement au
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catholicisme. A part ces mesures d'une excessive sévérité , Young-tching se montra digne d'exercer la souveraine puissance par sa modération, son esprit de justice, son infatigable activité et sa constante sollicitude pour les classes peu aisées de l'empire. Des inondations ayant détruit en partie les récoltes en 1725 et amené une disette, il vint aux secours des indigents, et, afin d'éviter le retour de cette calamité, il fit établir dans chaque province des greniers d'abondance, et distribuer des terres incultes aux agriculteurs les plus laborieux, avec exemption d'impôts pendant un certain nombre d'années.
Nul souverain ne s'appliqua davantage à encourager le peuple k la pratique de ses devoirs et à assurer son bonheur. Pour honorer l'agriculture, il se conforma religieusement à l'antique usage des empereurs de labourer une fois chaque année, et il ordonna de conférer le grade de mandarin de huitième classe au laboureur le plus estimé de chaque canton. A la suite d'un tremblement de terre qui détruisit une partie de Pékin en 1730, il vint aux secours de tous ceux qui avaient souffert de ce désastre, même aux missionnaires européens, bien qu'il eût beaucoup d'éîoignement pour le christianisme. Au commencement, puis à la fin de son règne, il forma le projet d'expulser ces missionnaires de la Chine ; mais il mourut près de Pékin, avant d'avoir pris une résolution définitive k cet égard. Ce remarquable souverain a publié, sous le titre de : Dix préceptes, une instruction aux gens de guerre, que le Père Amiot a traduite en français dans YArt miiitaire des Chinois, et un commentaire des seize maximes de l'Edit sacré de Khang-hi, dont W. Milne a donné une traduction anglaise dans le Journal des Savants (1818).
YOUNG-TCI1UN, ville de Chine, province de Fou-kian, chef-lieu du district de son iront, à 146 kilom. S.-O. de Fou-Tchéou.
YOUN-LING, chaîne de montagnes de la Chine, s'étendant dans la province de Szet chouan, entre la Chine propre et le Thibet. Elle a pour contre-forts les monts Peling, qui séparent les bassins du Houng-ho et de l'Yang-tsé-kiang, et les Nan-ling, qui se ramifient vers les provinces del'E. de l'empire.
YOURTE s. f. (iour-te). Demeure souterraine des habitants du Kamtchatka pendant l'hiver. |] Chapelle souterraine des idolâtres de la Sibérie.
YOUSOHF, YOGSSOUF ou JOUSSOUF,
nom de plusieurs princes et personnages musulmans dont les principaux sont les suivants.
YOOSOOF (Ben-Abd-el-Rahman Al-Fehri), dernier émir d'Espagne, tué à la bataille de Lorca en 729 de notre ère. Il appartenait à la tribu arabe des Coraïschites et était fils d'Abd-el-Rhaman, gouverneur de l'Afrique.
Yousouf dut à son origine et aux talents administratifs et militaires dont il avait fait preuve comme gouverneur de Narbonne et dans ses luttes contre Charles-Martel, d'être choisi par les principaux chefs musulmans réunis à Cordoue (746) pour gouverner, au nom du calife, l'Espagne déchirée par les dissensions. Le nouvel émir s'attacha à remplacer l'anarchie qui pesait sur ce pays par un régime équitable et ferme. Il destitua les walis ou gouverneurs qui avaient abusé de leur pouvoir, réprima les concussions et les violences des fonctionnaires, divisa l'empire musulman d'Espagne en cinq provinces, l'Andalousie, Merida, Saragosse, Tolède, Narbonne, pour faciliter l'établissement d'une administration régulière, fit relever les ponts, réparer les routes, etc. Les mesures sévères qu'il prit pour rétablir l'ordre excitèrent le mécontentement de quelques chefs puissants à la tête desquels se mit Ahraer, gouverneur de Séville, à qui Yousouf avait enlevé sa charge d'émir de la mer. Ce dernier, s'étant acquis par ses largesses de nombreux partisans, déclara la guerre à Yousouf et s'empara de Saragosse ainsi que du nord de l'Espagne. L'émir marcha contre les révoltés, battit près de Calataguy le fils d'Ahmer (753), assiégea ensuite Ahmer dans Saragosse, le fit prisonnier et ordonna de le mettre k mort. La guerre civile venait à peine d'être étouffée lorsqu'un événement inattendu vint porter un coup terrible à l'émir d'Espagne. Le calife Merwan II venait de perdre à la fois le trône et la vie. Un seul prince, échappé au massacre de la famille des Oinmiades, Abd-el-Rhaman, parvint à gagner l'Afrique. Là, il reçut les envoyés de quatrevingts capitaines musulmans, rassemblés k Cordoue, qui l'engagèrent à se rendre eu Espagne et à y fonder un gouvernement stable et héréditaire. Abd-el-Rhaman ^'empressa de répondre à cet appel, quitta l'Afrique (755) et fut reconnu à son arrivée dans la péninsule par toutes les villes de l'Espagne méridionale. Yousouf, qui étaitence moment occupé dans le nord, accourut dans le midi dès qu il apprit cette nouvelle; mais battu près de Cordoue, puis près d'Almùnecar, il dut accepter la loi du vainqueur et se retira à Cordoue (756). Deux ans plus tard, il crut le moment favorable pour se mettre à la tète de ses partisans et livra à Abd-el-Rhaman, près de Lorca, une nouvelle bataille dans laquelle il perdit la vie.
YOUSOUF-BALKIN (Abou'l-Fethah), fondateur de la dynastie des Zéirides en Afri-
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que, mort en 984 de notre ère. Il succéda en 971 à.son père Zeîri-ben-Mounad, dont il vengea la mort en battant k plusieurs reprises lesZenates, puis il conquit Thabert, Messisa, Bougie, Baskara, Bâfra, etc., étendit sa domination jusqu'au Sahara, et reçut, à titre de fief héréditaire, du calife Moez la souveraineté de toute l'Afrique musulmane, à l'exception des Etats de Barkah et de Tripoli (972). Pendant son règne, qui dura douze ans, Yousouf- Balkin ne cessa d'être en guerre avec ses voisins. Il conquit Tlemcen, Fez, Sedjelmesse, mais ne put empêcher le calife d'Espagne Hakem et Mostanser d'établir dans le nord de l'Afrique la suprématie des Omrniades. Ce prince eut jusqu'à mille femmes et laissa son trône k son fils Aboul-Castem -al-Mansour.
YOUSOUF 1« (Ben-Taschfyn ben-Ibrahim al-Lamtoum Abou-Iakoub), prince musulman d'Afrique, roi de Maroc, mort en 1106 de notre ère. Les talents militaires dont il avait fait preuve dans maintes occasions lui valurent d'être élevé au pouvoir suprême en 1070. Il fonda Maroc (1072), dont il fit sa capitale, étendit sa domination par des conquêtes,
Îtrit Ceuta, Salé, etc., chassa les Zéirides de 'Afrique occidentale, sur laquelle il étendit sa souveraineté, puis, à l'appel des princes musulmans d'Espagne que le roi de Castille Alphonse VI attaquait avec vigueur, il se rendit sur la péninsule avec une imposante armée que vinrent grossir les troupes des rois de Grenade , de Séville, de Badajoz, d'Almeria, etc. Les chrétiens et les musulmans se rencontrèrent à Zalaka, près de Badajoz (1086). Alphonse dut chercher son salut dans la fuite après une bataille si terrible que, si l'on en croit Abulféda, les musulmans construisirent une tour du haut de laquelle on annonçait la prière, avec les tètes des chrétiens qui perdirent la vie à Zalaka. Après la victoire, Yousouf tourna ses armes contre ses alliés, s'empara de Séville, de Grenade, de Valence, de Saragosse, et fit do la plus grande partie de l'Espagne une province de son empire d'Afrique. Ce prince, qui reconnaissait la suprématie des califes de Bagdad et qui se contentait du titre d'émir, régna avec un grand éclat, fit fleurir dans ses Etats la religion et la justice et s'adonna à la culture des sciences. Après sa mort, les Almohades détrônèrent ses enfants.
YOUSOUF II (Abou-Yacoub), roi de Maroc et calife de la dynastie des Almohades, né en 1135 de notre ère, mort en 1184. En mourant, son père Abd-el-Moumen lui laissa le trône (1163). Yousouf hérita de la bravoure mais non de la cruauté paternelle. Il soumit deux de ses frères qui refusaient de le reconnaître, leur pardonna leur rébellion, se fit aimer par des actes de clémence, affermit en même temps, grâce à sa fermeté et à son énergie, son pouvoir, ébranlé par plusieurs révoltes, et reçut lu soumission de tous les gouverneurs et chefs de tribus du Maroc. Tournant alors ses regards du côté de l'Espagne, il envoya son frère Abou-Hafs combattre les chrétiens de ce pays (1169), passa lui-même avec 20,000 hommes dans la péninsule l'année suivante, se rendit maître de toute l'Andalousie , grâce aux querelles des Maures et des Castillans, enleva plusieurs places au roi de Castille, s'avança jusqu'à Tolède, pénétra dans le royaume de Valence (1172) et rangea sous son autorité une partie de l'Espagne occidentale, après avoir pris Tarragone et dévasté la Catalogne. Pendant le séjour de cinq ans qu'il fit dans la péninsule, Yousouf embellit Séville, où il lit élever de nombreux et somptueux monuments, puis il retourna en Afrique (U76), Après avoir apaisé une révolte dans le Belad-el-Djérid, le roi de Maroc (1180) résolut de retourner dans la péninsule. En 1183, il revint à Séville, puis s'avança avec une armée sur les frontières du Portugal, entreprit le siège de Santarem (1184) et fut tué pendant une sortie des assiégés. C'était un prince brave, ■ juste, bon, généreux, ami des lettres et des arts; il eut pour successeur son fils Yacoubal-Mansour.
YOUSOCF11I ÀHHOUNTASER ou MOSTÀN- SBR-BILLAH (Abou-Yacoub), roi de Mai oc, arrière-petit-fils du précédent, né en 1203, mort en 1224. Il n'avait que dix ans lorsqu'il succéda à son père Mehemed-al-Nasser (1213) sous la tutelle de ses oncles et des chefs almohades, qui formèrent une espèce de sénat et s'arrogèrent toute l'autorité. Enfermé dans sa capitale, au milieu de sesfemraes et de ses eunuques, étranger aux affaires de l'Etat et uniquement occupé de ses plaisirs, il ne régna que de nom et mourut à vingt et un ans sans laisser de postérité. Après lui les Almohades ne tardèrent point à perdre leurs possessions d'Espagne (1257) et le trône de Maroc (1269).
YOUSOUF IV (Al-Naser Ledyn-A!lah),roi de Maroc, de la dynastie des Mérinides, ne en 1239 de notre ère, mort assassiné en 1307. Après la mort de son père Yacoub (1286), il se fit proclamer souverain en Mauritanie, puis passa à Algésiras, en Espagne, où il fit également reconnaître son pouvoir. 11 fit mettre en liberté les prisonniers, opéra de nombreuses réformes, abolit des impôts onéreux, pourvut à la tranquillité de l'Espagne par des traités de paix avec Mohamed II, roi de Grenade, et Sanche II, roi de Castille,
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puis retourna dans le Maroc. La, Yousouf eut k comprimer plusieurs révoltes, dont l'une avait été excitée par son propre fils, fit la guerre au roi deTlemcen, qui avait donné des secours k"ce dernier et outragé un ambassadeur de Maroc, et ravagea ses Etats. En 1291, Yousouf déclara la guerre au roi de Castille ; mais celui-ci le prévinten attaquant et dispersant la flotte q>i'il envoyait en Espagne. Les restes de son armée n'en abordèrent pas moins k Algésiras. Pendant que le roi Sanche, aidé du roi de Grenade, s'emparait de Tarifa, Yousouf traversait le détroit (1294) et venait en personne assiéger cette place ; mais tous ses efforts pour s'en ' emparer furent inutiles. I! résolutalors de se débarrasser de ses possessions en Espagne, les vendit au roi de Grenade, revint en Afrique (1295) et tourna tous ses efforts contre le roi de Tlemeen. Après avoir enlevé à ce prince une partie de ses Etats et l'avoir défait en plusieurs rencontres, il alla mettre le siège devantTlemeen.Lk encore, il éprouva une résistance opiniâtre, fit bâtir sur l'emplacement de son camp une ville murée, où il reçut les soumissions du bey d'Alger, du roi de Tunis, des ambassadesde l'Arubie, du sultan d'Egypte, du roi de Grenade, se vit contraint, après un siège de neuf ans, de renoncer à son entreprise, apprit la défaite d'un de ses fils devant Ceuta, éprouva un profond chagrin de l'insuccès de tant d'efforts et ensevelit sa honte et ses chagrins au fond de son palais, où il fut assassiné par un de ses eunuques. Yousouf était affable, bienfaisant, juste et plein de sollicitude' pour le bien-être de ses sujets. Son fils Abou-Sabit- Amir lui succéda.
YOUSOUF l«(Abou'l-Hedjadj), roi de Grenade, de la dynastie des Naserides, né en 1318 de notre ère, mort en 1354. Il succéda eu 1333 k son frère Mehemed IV, assassiné a Gibraltar. Ce jeune prince, qui joignait k de brillantes qualités des goûts pacitiques, commença par conclure avec le roi de Castille.une trêve de quatre ans, puis s'appliqua k réformer les lois et ordonnances de ses prédécesseurs, à mettre un terme aux iniquités des juges, à simplifier la justice, etc. Ayant fait alliance avec le roi de Maroc, il alla faire avec lui le siège de Tarifa (1340); mais les rois alliés furent battus à Rio-So-
■ lado par les ' armées des rois de Castille et de Portugal et se virent contraints de battre en retraite sur Algésiras. L'année suivante, les deux souverains musulmans éprouvèrent un nouvel échec sur mer. You-i souf, abandonné par le roi de Maroc qu'avait' rappelé en Afrique une révolte, perdit plusieurs places, notamment Algésirus, après un siège de vingt mois (1344), et conclut alors avec Alphonse de Castille une trêve de vingt ans. A partir de cette époque, il ne s'occupa plus que de faire fleurir les lettres et les arts, de promulguer de sages règlements et se
■ montra, dans un siècle de barbarie, aussi humain qu'éclairé. Yousouf régnait depuis vingt-deux ans lorsqu'il fut assassiné dans la grande mosquée par un obscur meurtrier. Il eut pour successeur son fils Mohammed V.
YOUSOUF II (Abou-Abdallah), roi de Grenade de la dynastie des Naserides, mort en 1396. Il succéda en 1391 de notre ère à son père, Mohammed V, fut comme lui un prince pacifique , lit une trêve avec Henri III, roi de Castille, se montra plein de tolérance pour les chrétiens et faillit être renversé par son fils, qui l'accusait d'être mauvais musulman. Pour ne pas être détrôné, il dut rompre la trêve avec le roi de Castille. Ses troupes ravagèrent les plaines de Murcie et de Lorca, battirent les Castillans, firent un butin considérable et écrasèrent Martin de Barbuda, grand maître d'Alcantara,quiavait follement déclaré la guerre au roi de Grenade (1395;. Yousouf mourut l'année suivante, après un règne de cinq ans.
YOUSOUF 111 (Abou'l-Hedjadj), roi de Grenade, fils du précédent, mort en 1423. Dépouillé du pouvoir par son frère puîné, l'ambitieux Mohammed VI, il fut jeté en prison lorsque son père eut cessé de vivre. A son lit de mort, Mohammed, voulant conserverie trône k sonlils, ordonna de faire périr Yousouf. Ce prince, à l'arrivée du messager du roi, faisait une partie d'échecs. Vainement il demanda le temps de faire ses adieux à sa famille ; tout ce qu'il put obtenir, ce fut un délai suffisant pour achever sa partie ; mais, dans l'intervalle, ou apprit la mort du roi. Sauvé par cet événement, Yousouf courut k Grenade et s'y fit proclamer roi (1408). Il conclut alors une trêve avec la Castille ; mais au bout de deux ans, ayant refusé de se reconnaître tributaire du roi de ce pays, il prit les armes, perdit Antequerra et quelques autres places, lit assiéger en 1411, par un de ses frères, Gibraltar, défendu par les . troupes du roi de Fez, devint maître de cette place et, k partir de ce moment, resta en paix avec tous bas voisins. Yousouf se fit aimer de ses sujets, en assurant leur sécurité, en faisant fleurir l'agriculture, le commerce et les arts. Ce prince eut pour successeur son fils Mohammed VII, qui n'hérita point de ses qualités.
YOUSSOtJF (Abou- Amrou-ben-Abd'Alberr), écrivain arabe, né à Oordoue eu 976 de notre ère, mort en 1070. Il a reçu le surnom de Nomori, nom de la tribu dont il était on-
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ginaire. Il se vit contraint de quitter sa ville natale et alla habiter successivement Lisbonne, Santarem et Xativa, où il mourut. Youssouf était profondément versé dans la connaissance des traditions des pays de l'Occident au pouvoir des musulmans. Il composa plusieurs ouvrages, notamment : Behedjet-Almodjalisyn , livre récréatif où l'on trouve des récits agréables sur Mahomet, etc.; Tamhyd, commentaire sur le Mautha, l'un des six livres qui sont la base' du droit civil et religieux chez les musulmans; une Histoire des opinions des docteurs musulmans et de la doctrine des principales de leurs sectes , et une Histoire des guerres contre les chrétiens.
YOUSSOUF, général français. V. Jous-