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YOUSSEF s. m. (iou-sèf). Hist. Nom des vice-rois d'Espagne sous les califes.
YOUSSOUPOFF (Grégoire - Dmitrievitch, prince), général russe, né en 1676, mort en 1730. Il appartenait à une famille princière, originaire des bords du Don et du Volga, et son père, après avoir suivi la carrière des armes, avait embrassé le christianisme en 1G81. Grégoire Youssoupotf entra également dans l'armée, devint rapidement général en chef, et aida Pierre le Grand dans ses créations navales, civiles et militaires. Après avoir dirigé le service des vivres en Poméranie, organisé le service de la marine, fait une enquête pour mettre un terme aux abus administratifs, il se signala par son intrépidité pendant la conquête d'Azow dans les batailles de Narva, de Pultava, de Stettin, livrées aux Suédois, et dans des expéditions contre les Boukhares et les Persans.
YOUSSOUPOFF (le prince Boris), homme d'Etat russe, fils du précédent, né en 1695, mort en 1759. Il fut successivement gouverneur de Moscou, président du collège du commerce à Saint-Pétersbourg, directeur en chef du canal Ladoga, chef de la chancellerie du Sénat (1748), et chargé à ce titre de l'expédition desaffaires administratives, enfin directeur du corps des cadets de 1750 jusqu'à sa mort. Le jeune Boris avait des idées relativement libérales. Ce fut par son initiative que les élèves du corps des cadets se mirent à jouer des comédies et des tragédies de Soumorokoff, ce qui attira l'attention du public sur les œuvres théâtrales et provoqua la création du premier théâtre national russe en 1756.
YOUSSOUPOFF (le prince Nicolas), diplomate et homme d'Etat russe, fils du précédent, né en 1750, mort en 1831. A partir de 1780, il remplit des missions diplomatiques k Turin, à Naples, à Venise, à Rome, profita de son séjour dans cette dernière ville pour faire exécuter des copies des principales œuvres de Raphaël, destinées nu musée de l'Ermitage, et réunit de belles collections de camées précieux et de divers objets d'art. De retour en Russie, en 1790, le prince Nicolas devint successivement directeur en chef des théâtres, des apanages et des manufactures, gouverneur du Kremlin (1814), où il rétablit l'ancien palais et le musée d'armes détruits dans l'incendie de Moscou, grand maréchal des cérémonies lors du couronnement des czars, membre duconseil de l'Empire (iS23). Youssoupoff aimait beaucoup les lettres et les arts. Il avait été en relations avec Voltaire, Diderot, d'Alembect, Beaumarchais, etc., et avait réuni dans le magnifique château qu'il possédait près de Moscou une belle collection de peintures, de (statues et autres objets d'art. — Son fils, le prince Boris Youssoupoff, né en 1794, mort en 1819, entra dans les bureaux du ministère des affaires étrangères, devint chambellan de la cour (1817), membre de la commission pour le couronnement de Nicolas, maître de la cour (1839), fut nommé cette même année maréchal ou président delà noblesse de Saint-Pétersbourg, député de celle de Tsarkoë-Selo et enfin directeur de l'exposition industrielle qui eutlieu à Saint-Pétersbourg en 1849.
YOUTE s. m. (iou-te). lndou du Pendjab qui a embrassé l'islamisme.
YOUTRE s. m. (iou-tre — allem. yuter, même sens). Argot. Juif, Israélite. Il Jardin des youtres, Cimetière des juifs.
YOUVA-RÂDJA s. m. (iou-va-râ-dja). Héritier présomptif de la couronne, chez les Indous.
YOUYOU s. m. (iou-iou). Mar. Canot chinois qui marche à un seul aviron, et dont on se sert sur les rivières. Il Nom que l'on donne à toute embarcation extrêmement petite,
YPAINA s. f. (i-pè-na). Fête que les Mexicains célébraient eu l'honneur du dieu Vitziputzli.
YPANEGUASSU, rivière de l'Amérique du Sud, dans la république du Paraguay. Elle prend sa source au versant occidental de la Cordillère de San-José, coule k i'O. et se jette dans le Paraguay, après un cours de 166 kilom.
YPÉcacuanha s. m. (i-pé-ka-koua-na).
Bot. V. 1PËCACUANA.
YPERLÉE, rivière canalisée de Belgique,
province de la Flandre occidentale. Elle
prend sa source dans la partie méridionale
| de l'arrondissement d'Ypres, coule au N. -O.,
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baigne Yprea et Nieuport et se jette dans la mer du Nord, après un cours de 75 kilom.
YPEY (Anadeus), théologien hollandais, né dans la province de Frise en 1760, mort en 1831. Après avoir rempli les fonctions pastorales en divers lieux, il devint successivement professeur d'histoire ecclésiastique k Harderwick (1799) et a Groningue (1813). Ses principaux ouvrages sont : Histoire littéraire de la dogmatique (Harlem, 1793-1798, 5 vol. in-8°); Histoire de l'Eglise néerlandaise (Groningue, 1820-1827,4 vol. in-8°) ; Histoire de la langue hollandaise (Utrecht, 1812); Précis de la promulgation de la confession d AuQsbourg (Utrecht, 1830). On lui doit aussi une savante Histoire de la langue hollandaise (Utrecht, 1812).
YPEY (Adolphe), médecin allemand, mort k Leyde en 1820. Fils d'un professeur à l'université de Franeker, il fit ses études médicales dans cette université et y fut reçu docteur en 1775. Ypey se fixa ensuite à Amsterdam, puis, vers le commencement de ce siècle, il devint professeur k l'université de Leyde. On lui doit plusieurs ouvrages classiques très-remarquables, parmi lesquels nous citerons : Observationes physiologicm de molu tnusculorum voluntario et vilali (Franeker, 1775, in-8°); Introductio in materiam medica m (Leyde, 1779, in-8°); Primx Unes pat/iologix generalis (Leyde, 1815, iu-80) ; Principia anatomico-physiologica (Leyde, 1819, in -80); Mlementorum medicins practicx T. I-1II (Leyde, 1818-1826, in-8°).
YPHANTE s. m. (i-fan-te — du gr. uphantês, tisserand, par allusion k la manière dont cet oiseau tisse son nid). Ornith. Syn. de Baltimore.
YPHTHIME s. m. (i-fti-me — du gr. iphthimos, courageux). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes.
YPOLÊIME s. f. (i-po-lé-i-me). Miner. Sulfate de cuivre hydraté.
— Encycl. La couleur de ce minéral est verte. Il cristallise en prismes rhomboïdaux et raie la fluorine; sa pesanteur spécifique est 4,2; il donne de l'eau par la calcination. Par ses caractères chimiques, l'ypoléime ressemble beaucoup k l'aphérèse, dont elle diffère surtout par une plus forte proportion d'oxyde de cuivre et d'eau ; elle a aussi quelque analogie avec la malachite. Elle présente les variétés suivantes : cristallisée, en prismes rectangulaires modifiés sur les arêtes et les angles, ou en prismes hexagones striés longitudinulement; cylindroïde, en prismes hexagones ou octogones fortement cannelés; fibreuse, en fibres divergentes offrant la forme cristalline à leur extrémité; terreuse, ou amorphe. Ce minéral se trouve, engagé dans le quartz qui traverse les grauwackes, à Virneberg, près de Rheinbreitbach (Prusse rhénane).
YPONOMEUTE s. f. (i-po-no-meu-te — du gr. yponomeutês, mineur). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, type de la tribu des ypononieutides, comprenant une dizaine d'espèces, qui habitent l'Europe.
— Encycl. Les yponomeutês sont caractérisées par des antennes simples et filiformes dans les deux sexes; des palpes labiales un peu arquées, terminées en pointe obtuse; la trompe rudimentaire; l'abdomen grêle, cylindrique ; les ailes enroulées autour du corps dans le repos ; les antérieures un peu falciformes, parsemées de petits points noirs; les inférieures plissées en éventail et munies d'une longue frange au bord interne. Les chenilles sont glabres ou munies de quelques poils, de couleur terne, fusiformes ou amincies aux deux extrémités. Elles vivent, pour lu plupart, sur des arbrisseaux* et des arbustes, mais surtout sur les arbres k fruits ; elles y forment des sociétés nombreuses, réunies sous une toile commune; mais chaque chrysalide a une coque séparée.
La plupart des yponomeutês construisent ainsi une tente ou nid commun, qui ressemble k une toile d'araignée; elles ont la précaution de la tendre autour des rameaux dont les feuilles doivent leur servir d'aliment et qui s'y trouvent ainsi renfermés. Si on examine ce nid avec plus d'attention, on voit qu'il se compose d'une série de gaines parallèles et juxtaposées, dont chacune renferme une chenille. Quand celles-ci sont en repos, elles forment une sorte de paquet qui souvent, d'après M. Boisduval, approche de la régularité d'une botte d'allumettes. Pour peu qu'on les touche, elles avancent ou reculent avec beaucoup de vitesse, mais sans se détourner ni k droite ni k gauche. Elles ne mangent en général que la face supérieure des feuilles. Quelques-unes, par leurs mœurs, s'éloignent beaucoup des précédentes; elles vivent solitaires et rongent d'abord la moelle des jeunes pousses des arbrisseaux, et ce n'estque plus tard qu'elles quittent l'intérieur des rameaux pour venir dévorer les feuilles eu plein air et se filer un abri commun. On a essayé d'utiliser les toiles soyeuses de ces lépidoptères; en Allemagne, on lésa même contraints de faire leur uid sur un moule donné; on a obtenu ainsi un tissu très-léger et très-solide, dont on a fait des fichus pour les dames. Mais ces essais n'ont pas eu de suites sérieuses. A un autre point de vue, les yponomeutês intéressent beaucoup la culture,
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par les dégâts souvent considérables qu'elles produisent dans les jardins et les vergers. Voici, sous ce rapport, les plus remarquables de ces insectes.
L'yponomeute cousine' ou parente a 0m,02 d'envergure ou un peu plus; les ailes antérieures d'un blanc de neige, avec trois rangées longitudinales de points noirs; les inférieures d'un gris de plomb foncé, avec la frange presque blanche. La chenille est d'un gris clair velouté, avec une raie dorsale plus foncée et deux rangées de taches noires. Elle vit, en sociétés nombreuses, sur le pommier, le sorbier et l'aubépine et aussi, d'après plusieurs auteurs, sur le prunier et quelques au très arbres ou arbustes fruitiers, sauvages on cultivés; on assure même, mais le fait est douteux, l'avoir trouvée sur le fusain. C'est l'espèce la plus commune aux environs de Paris; elle est aussi abondamment répandue en Normandie, et partout elle fait de grands ravages sur les pommiers. On voit, quand les circonstances lui sont favorables, les nids de chenilles apparaître par milliers avec une rapidité incroyable.
L'apparition de ces chenilles est généralement précédée d'un vent bruineux du nordouest, qui ne peut qu'influer beaucoup sur leur propagation-, aussi le villageois est-il convaincu que c'est le vent du nord-ouest qui les transporte; il lui a donné le nom de vent roux. Plus ce vent persiste, plus la récolte des pommes est compromise, au point qu'elle a été souvent tout k fait anéantie dans plusieurs cantons et que les arbres eux-mêmes ont succombé. Il n est pas rare de voir les pommiers entièrement dépouillés de feuilles et couverts de nombreuses poches blanches et soyeuses, longues de 0m,60 et larges à proportion, qui pendent aux branches et renferment des milliers de chenilles; le tronc luimême est enveloppé d'un linceul pareil, en sorte que l'arbre tout entier semble envahi par une immense toile d'araignée. Quand celle-ci est tombée, ou croirait que l'arbre a été brûlé.
On ne connaît malheureusement aucun moyen pratique de s'opposer aux ravages de cet insecte. On a essayé île l'échenillage , mais on a été forcé d'y renoncer, parce que d'un côté les nombreuses et vigoureuses mutilations que l'on fait subir aux arbres rendent le remède pire que le mal, et que de l'autre l'insecte se propage avec une rapidité telle qu'un arbre parfaitement nettoyé est bientôt envahi au point qu'il y a autant de chenilles qu'avant l'opération. Après quelques essais très-infructueux, on s'est décidé k abandonner les arbres k eux-mêmes. Lachenille passa l'hiver dans cet état; au printemps, elle se transforme en une chrysalide jaunâtre, d'un brun foncé aux extrémités; les cocons sont entièrement formés vers la fin de juin ; ils sont suspendus verticalement a la toile commune, mais presque toujours isolés, rarement réunis en très-peiit nombre. L'insecte parfait en sort vers la fin de juillet.
L'i/ponomeufe du cerisier est un peu plus petite que la précédente ; elle lui ressemble beaucoup par ses couleurs, qui sont toutefois un peu plus foncées. La chenille a le dos d'uu brun livide, marqué de deux rangées de taches d'un noir velouté, le ventre d'un jaune verdâtre, la tête et les pattes écailleuses d'un noir luisant. Les moeurs de cette espèce sont aussi k peu près celles delà précédente. Mais elle apparaît un peu plus tard sous ses divers états. La chenille vit sur les cerisiers, souvent aussi sur les pommiers: mais les poiriers, même placés dans le voisinage de ceuxci, ne sont jamais attaqués pur elle. Elle nuit beaucoup, en ce qu'elle ronge les feuilles, et amène ainsi l'état maladif, quelquefois même la mort des sujets. On a remarqué qu'en général elle exerce ses ravages une année sur trois et que les deux autres années la récolte est bonne et à peu près assurée. On a proposé, pour détruire ses nids, de promener rapidement des feux de paille sous les rameaux infectés ; mais on s'exposerait ainsi, si l'on n'agissait pas assez adroitement, k brûler les petites branches. D'ailleurs, ce procédé, pour être efficace et donner de bons résultats, devrait être appliqué d'une manière générale, ce qui ne pourrait avoir lieu qu'à l'aide de mesures administratives analogues k celles qui concernent l'échenillage. Plusieurs animaux insectivores détruisent beaucoup de ces insectes; mais ce moyen naturel de destruction est insuffisant.
h'yponomeule du fusain se distingue surtout des précédentes par ses ailes inférieures d'uu gris cendré, avec la frange plus claire. Après l'accouplement, la femelle dépose ses œufs par plaques dans les bifurcations des rameaux des fusains, fis écloseut en septembre; les petites ehenilles passent l'hiver dans un état d'engourdissement, abritées sous une petite enveloppe soyeuse. Elles en sortent au mois de mai et se répandent sur les feuilles, qu'elles rongent. Quund il n'en reste plus assez pour les nourrir, elles élargissent leur tente ou en filent une nouvelle dans un autre endroit. Quand elle est arrivée k tout son développement, l'arbrisseau se trouve dépouillé de toutes ses feuilles et entièrement recouvert d'un linceul blanc. Dans cet état, Ja chenille est d'un jaune sale, avec la tête et le dessus du cou d'un brun nqir luisant et quatre points noirs sur chaque anneau. Ella est rare aux environs de Paris; mais dans certaines localités elle exerce de grands dégâts. On a pro-