YVAN
Quint eut encore lu force d'assister, debout, dans sa chambre ouverte sur l'église, à l'office des moines. Chartes-Quint ne mourut que vingt- deux jours après.
MM. La Fuente et Mignet ont conclu da cet ensemble de faits que la cérémonie des funérailles célébrées par Charles-Quiut n'était qu'une légende inventée par les moines de Yust, pour l'édification du couvent. Il y a place au doute, sous le bénéfice des observations que nous avons présentées plus haut. Le médecin, les serviteurs de l'empereur et toute sa maison étaient fort mal avec le personnel du couvent, réprouvaient les pratiques des moines autour de leur maître et so taisent systématiquement sur tout ce qui avait rapport aux hiéronymites. Aussi n'on t-ils relaté aucune de ces cérémonies lugubres, de ces nombreuses inesses des morts que Charles-Quint fit célébrer pendant son séjour et qui sont bien avérées. Les moines, de leur côté, en faisant le récit dramatique des obsèques ordonnées de son vivant par Charles- Quint, ont probablement exagéré un fait journalier. « Chaque jour, lisons-nous dans la relation anonyme de l'hiéronymite, par ordre de l'empereur, deux messes des morts se disaient pour son père et sa mère, une troisième pour l'impératrice» et une quatrième* pour lui. » Indépendamment de ces messes perpétuelles, Sa Majesté en faisait dire chaque jour beaucoup d'autres pour des rois et des papes décédés, pour des chevaliers de la Toison d'or, morts pendant son séjour à Yust, etc., de sorte que, quoique nous fussions un grand nombre do prêtres, nous étions tous occupés à ces saints sacrifices. ■ Il est donc hors de doute que, même sans jouer cette funèbre comédie du catafalque sur laquelle ont brodé les romanciers, Charles-Quint se complaisait, comme sa mère, dans les idées mortuaires, qu'il était atteint de la même monouianie. A chaque instant l'église se tendait de noir, les cierges s'allumaient, les prêtres récitaient, tantôt pour Philippe le Beau, tantôt pour Jeanne la Folle, tantôt pour Charles lui-même, les prières des morts et, si nombreux qu'ils fussent, ne pouvaient satisfaire toutes ses fantaisies. Cette sorte de démence particulière était dans le sang do sa race. ■
Le séjour de l'empereur à Yust a été raconté par plusieurs historiens de grand talent. M. Stirling a publié en 1852 : la Vie claustrale de l'empereur Charles-Quint ; '& la suite d'un pèlerinage qu'il fit en 18-19 à Yust, il écrivit cet ouvrage, qui excita l'attention générale et qui eut plusieurs éditions. En 1854, M. Amédée Pichot publia un volume sous le titre : Charles-Quint , chronique de sa vie intérieure et de sa vie politique, de son abdication et de sa retraite dans te cloître de Yust. Peu après, M. Gachard, d'après les documents tirés des archives de Simancas, fit connaître les résultats de ses travaux, dans un ouvrage intitulé : Portrait et mort de Charles ■ Quint à Yust. Enfin, en 1854, M. Mignet publia son œuvre, si impatiemment attendue : Charles-Quint, son abdication, son séjour et sa mort au monastère de Yust; il a traité son sujet avec clarté et élévation, et réfuté les fables de Sanduval et de Robertson. Aujourd'hui, le petit monastère de Yust n'est guère plus qu'un lieu da pèlerinage historique.
YOSUF, général français. V. Youssoup.
YUZ-BACHI s. m. (iu-zba-chi — mots turcs qui signif. chef des cent). Officier de l'armée turque.
YVAN, czars de Russie. V. Ivan.
YVAN (Antoine), fondateur de l'ordre des religieuses de la Miséricorde, né à Rians (Provence) en 1576, mort à Paris en 1053. Son père mourut de la peste lorsqu'il n'avait encore que trois ans. Il vécut fort pauvre, acquit péniblement une instruction remarquable, entra à Avignon dans la congrégation des frères de la Doctrine chrétienne, récemment fondée, devint précepteur à Carpentras, fut ordonné prêtre en 1606, se fit ermite, passa neuf années dans lu solitude, se consacra ensuite avec succès à la prédication et entra enfin chez les Pères de l'Oratoire. Ce fut en 1633 qu'il fonda l'ordre des religieuses de Notre-Dame de la Miséricorde, qui fut approuvé sous lu règle de saint Augustin et s'étendit principalement dans la midi de la France. Une maison de cet institut ayant été fondée à Paris par l'abbé Olier, Yvaiî se rendit dans cette ville, où il termina ses jours.
YVAN (Melchior), médecin, publiciste et homme politique français, né à Digne (Basses-Alpes) en 1803, mort à Nice en 1873. Il était neveu du baron Yvan, qui fut chirurgien en chef des Invalides. Après avoir pris le diplôme de docteur en médecine à Montpellier en 1835, il alla pratiquer son art à Digne, qu'il quitta pour devenir professeur d'histoire naturelle à l'école secondaire do Marseille. Lorsque, en 1844, M. de Lagrenéo fut chargé de diriger une importante mission envoyée en Chine, le docteur Yvan en fit partie comme médecin et fut à son retour décoré de la Légion d'honneur. Deux ans plus tard éclata la révolution de Février. M. Yvan se prononça avec chaleur pour les institutions nouvelles et parvint à se faire nommer, dans son département, représentant du peuple à l'Assemblée législative (1849), ou