‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 975 sur 1042 · ZAGO · texte numérisé non relu

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voit pour l'ordinaire deux champions armés de bâtons ou de zagaies gui feignent de se battre. (B. de St-P.) Il y a de l'amour -propre chez le sauvage à bien lancer sa zagaie. (Chamfort.) Le nègre se rappelle toujours sa case, sa zagaie, son bananier. (Chuteaub.)

— Encycl. La zagaie est encore. en usage chez les indigènes du Sénégal, de la Nouvelle-Galles du Sud et chez la plupart des peuples sauvages. Brantôme, en parlant de Bor- §ia, bâtard d'Alexandre VI, rapporte qu'il fut tué d'une zagaie au camp de Vienne. Dans l'Afrique centrale , la plupart des habitants sont encore armés da zagaies. . Bon nombre de soldats de Théodoros combattaient eux-mêmes avec celte arme primitive, lors de l'expédition des Anglais en Abyssinie. La partie n'était vraiment pas égale.

ZAGAL s. m. (za-gal). Aide d'un postillon espagnol.

— Encycl. Le zagal est une espèce de coureur, de sous-mayoral, qui enraya les roues dans les descentes périlleuses, qui surveille les harnais et les ressorts, qui presse les relais et joue autour de la voiture le rôle de la mouche du coche. Le costume du zagal, dit Théophile Gautier, est charmant, d'une élégance et d'une légèreté extrêmes ; il porto un chapeau pointu, enjolivé do bandes do velours et de pompons de soie, une veste marron ou tabac, avec des dessous de manches et un collet fait do morceaux de diverses couleurs, bleu, blanc et rouge ordinairement, et une grande arabesque épanouie au milieu du dos, des culottes constellées do boutons de filigrane et pour chaussures des alpargalus, sandales attachées par des cordelettes; ajoutez k cela une ceinture rouge et une cravate bariolée, et vous aurez une tournure tout k fait caractéristique.

ZAGANELL1, peintre italien. V. Cotignola.

- ZAGÉEN, ÉENNE s. (za-jé-ain, é-è-ne).

Hist. Membre d'une dynastie qui a régné en Abyssinie.

ZAGB s. in. (zagh). Substance dont on se sert en Orient pour damasquiner les armes.

ZAGHARDJI-BACHI s. m. (za-gar-dji-bachi). Hist. ottom. Officier supérieur des janissaires.

ZAGHOUAN, l'une des chaînes de montagnes de ta Tunisie, à 60 kilom. environ de la ville de Tunis.

ZAG1IVAN ou ZAGVAN, ville de l'Afrique septentrionale, dans le beylik de Tunis, à 50 kilom. S. de Tunis, au pied d'une chaîne de montagnes. Commerce de bestiaux et dattes.

ZAGLY (le comte), aventurier, persan d'origine arménienne, né k Djoula, près d'Ispahan, mis à mort en 1707. 11 se rendit k Paris vers 1675, se fit .passer pour uu personnage de distinction, demanda à être baptisé, eut pour parrain le duc d'Orléans, frère de Louis XIV, qui lui donna une pension et le plaça dans les mousquetaires; puis, il épousa la fille du voyageur Tavernier. Quelque temps après, Zagly quitta sa femme, se rendit en Suède, où il se livra k diverses escroqueries, en Pologne, en Allemagne, k Coustaiiiinople, puis retourna en Perse, où il embrassa l'islamisme, prit alors le nom d'Imam Kouli-Beg et se mit à persécuter les catholiques. Vers l70p, il passa dans la province d'Erivan, où il fut nommé inspecteur des troupes. Quelque temps après, le khan d'Erivan l'attacha, en qualité de drogman, k Marie Petit, avec mission de le conduire auprès du sehah de Perse. Sur les entrefaites, arriva en Perse l'envoyé de France Michel. Zagly fut attaché k sa personne comme mehuianda ou introducteur ; mais peu après, Michel, irrité des services que ce dernier avait rendus à Marie Petit et soupçonnant qu'il s'entendait avec les Anglais pour le trahir, l'accusa d'avoir été l'instigateur d'une rixe qui avait eu liau entre des Français et des Persans, et obtint facilement du gouvernement du schah qu'on lui tranchât la tête.

ZAGO (le comte Ortensio), savant italien, né k Vicènce en 1654, mort eu 1737. Il s'attacha spécialement à l'étude des mathématiques, da l'hydraulique, de l'astronomie, se fit recevoir docteur k Bologne eu 1676 et, après avoir visité les principales villes d'Italie, revint k Vicence, où il passa le reste de sa vie. On lui doit: Del torrento Astico e del modo di riparare ai danni minacciali alla cita de Vicenza dalle di lui acque, notizie diverse (Padoue, 1720, in-fol.); Disserlaiiones dus de veterum christianorum inscriptionibus

ZAGORA, VAehéron des anciens, rivière de la Turquie d'Europe, dans l'Albanie. Elle prend sa source au 3.-0. de la ville de Janina, forme dans son cours le lac Tchoucknida, reçoit le Cocyte et se jette dans la mer Ionienne sous le nom de Mavro-Potamcis, k S kilom. E. de Parga, après uo cours de 79 kilom.

ZAGORA, le Parnasse des anciens, massif montagneux de la Grèce moderne, dans la Livadie. Il s'étend du N.-O. au S.-O. entre le Pindc et l'Héliconj sou point culminant a 2,700 mètres.

ZAGORSKV (Pierre), médecin russe, né k Podgornitta, dans le gouvernement de Tehernigov, en 1764, mort eu 1846. Lorsqu'il eut

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complété ses études médicales au grand hôpital de Saint-Pétersbourg, il devint professeur d'anatomie à l'école de chirurgie (1787). Quelque temps après, il abandonna l'enseignement pour la pratique de son art, qu'il exerça d'abord à Schlusselbourg, puis en qualité d'officier do santé dans un régiment. En 1797, Zugorsky se rendit k Moscou, y professa l'anatoniie et la physiologie à l'école de ■ médecine avec une grande distinction, puis fut appelé k enseigner ces sciences k Saint- Pétersbourg, où il acquit la réputation d'un professeur éminent et devint, en 1807, mem bre de l'Aeadéinie des sciences de cette ville. Ce savant a laissé d'importants travaux sur divers points de physiologie, notamment sur «l'évolution du fœtus et sur la tératologie. Outre des mémoires insérés dans le recueil de l'Académie de Saint-Pétersbourg, et dont les principaux sont : Commeutatio academica, abortus humani monstrosi rarissimi descriptiones ac delinealionem sistens et arcus aortm biparlitio pr&ter naluralis, on lui doit un Cours d'anatomie (1802), dont la cinquième édition a paru en 1830.

ZAGOSKIN (Michel -Nicolaevitch), poûte dramatique et littérateur russe, uô k Kamzng, gouvernement de Penza, en 1789, mort eu lgj2. Tout jeune encore, il entra comme employé dans un ministère k Saint- Pétersbourg, fit partie en qualité d'officier de la milice de cette ville en 1812 et prit alors les armes pour défendre son pays contre l'invasion française. Blessé k Polotsk, il no continua pas inoins k servir, Ut la campagne d'Allemagne, prit part au siège de Duntzig comme aide de eamp du général Lewis et suivit les armées alliées en France. Désireux de s'instruire et doué d'une intelligence des plus vives, Zagoskin employa le temps qu'il passa k l'étranger k étudier les langues et les littératures de l'Allemagne et de la France, et, da retour en Russie en 1815, il composa une comédie, intitulée le Bouffon, qu'il adressa au prince Shakhowsky, directeur du théâtre impérial de Saint-Pétersbourg. Le prince fut frappé des qualités que renfermait cette œuvre, et, pour permettre k l'auteur de suivre sans entraves ses goûts littéraires, il lui fît donner les fonctions de conservateur adjoint à la bibliothèque de Saint-Pétersbourg Tout en remplissant avec zèle les devoirs de sa place, Zagoskin composa de nombreuses comédies en prose qui eurent beaucoup de succès et quelques-unes en vers. La réputation européenne qu'avait acquise Wal ter Scott par ses romans historiques détermina Zagoskin k s'adonner k ce nouveau genre littéraire. C'est alors qu'il publia Georges Misoslavski ou les Busses en 1612 (Moscou, 1819, 3 vol.), tableau fidèle et saisissant de la viu et des mœurs de son pays a une époque où il était presque entièrement subjugué par les Polonais. Cet ouvrage remarquable, bien que le dénoûment soit loin d'être irréprochable, fut accueilli avec enthousiasme et augmeuta considérablement la réputation de son auteur. A ce roman succédèrent plusieurs autres, dont le succès fut beaucoup moindre et d'où il lira le sujet de pièces nouvelles. Eu 1820, Zagoslciu obtint la direction du théâtre de Moscou et devint pur la suite directeur du musée d'armes du Kremlin. Son humeur enjouée, l'agrément et la sûreté de sou commerce le faisaient rechercher dans le monde dont il était l'ornement. Nous citerons, parmi Ses meilleures comédies : Monsieur Uoyutuuov ou la Propriétaire campagnard duns la capitale ; Bugatanov le second ou l'Habitant de la capitale à lu campagne; Un roman sur ta grande route; le Voyage à l'étrunger. Outre le roman dont nous avons parlé plus haut, nous mentionnerons Ilostatileo, qui fut tire k 5,000 exemplaires, chiffre énorme en Russie. Il y a retracé avec une grande énergie des épisodes de la guerre de 1812 et les élans du patriotisme farouche dout il avait été témoin.

ZAGKAB, nom croate d'AGiWM.

ZAGREB ou ZAGREUS, dieu Cretois, Il était fils de Proserpine et de Jupiter, qui prit la forme d'un serpent pour pénétrer dans une caverne de Sicile, ou Proserpine avait été Cachée par sa mère. Zagrée ayant été tué par les Titans, Jupiter lit naître da son coeur Bacchus.

ZAGR.OS (monts), chaîne de montagnes d'Asie, entre la Turquie d'Asie et la Perse. Elle se lie k la chaîne du Taurus au S. du lac de Van, s'étend du N.-O. au S.-E. parallèlement au Tigre et aboutit k Gouiroun, sur lo golfe Persique, en traversant le Laristau et le Farsistun.

ZAGU s. m. (za-gou). Bot. Syn. de saoou.

ZàGUALTIPAN, ville du Mexique, duns l'Etat de Queretaro, k 142 kilom. N.-E. de Mexico; 6,000 hab.

ZAHARA, bourg d'Espagne, province do Séville, k 57 kilom. S. de Marcheua, non loin du Guadalete; 2,800 hab.

ZAHÉRITE s. m. (za-é-ri-te). Hist. Prince descendant d'Al-Malek-al-Zaher, quatrième sultuu d'Egypte, de la dynastie turque,

— Adjectiv. Qui appartient k la race, k la descendance d'Al-Malek-al-Zaher : Princes ZAHKRiTKS, Dynastie zahisritb.

Zaliir-EddiH MoUttnmied-Rnbo» (MBM01RB3

de), écrits par lui-même, eu langue turque-

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djngataï, et traduits par Leyden et Eiskine, avec des notes par Waddington (Londres, 1826). Ces Mémoires se divisent en trois parties : la première commence à l'an 899 de l'hégire, lorsque Baber monta sur )e trône a l'âge de douze ans, et s'étend jusqu'en 909, année où il fut dépouillé de ses biens, poursuivi et traqué par ses ennemis ; la deuxième • partie va de 910 à 914 ; Baber a fait la conquête de Kaboul et de Gazniri , mais sa conquête n'est pas sûre, il craint la défection de ses troupes ; la troisième partie va de 925 a 926, et, après un assez long intervalle, de 932 à 936, finit environ quinze mois avant Sa mort. Les successeurs de Zahir-Eddin ont toujours fuit un très-grand cas de ses Mémoires, qui ont été traduits en persan sous le règne d'Akbar. M. Erskine a enrichi son ouvrage de considérations remarquables sur l'histoire des Mongols et la géographie des pays qu'ils ont dominés. M. Waddington y a joint une carte de Fergana et de Boukhara.

La première partie offre un récit assez suivi ; elle a dû être rédigée après la conquête du Kaboulistan, lorsque Zahir-Eddin jouissait de quelques années de tranquillité. Elle commence par une description assez incomplète du royaume de Fergana et de la situation du royaume a la mort de son père. L'auteur trace en quelques mots l'histoire politique et domestique de sa famille pendant les années qui ont précédé, d'une manière simple qui inspire la plus grande confiance en sa véracité. On trouve dans cette première partie une notice sur le sultan Mahmoud-Mirza, sur son fils Baïsangar-Mirza, une longue description de Sainarcande, surtout des détails intéressants sur l'ambition et la cruauté de tous ces petits potentats et sur leur mœurs dépravées. Zahir-Eddin, comme tous les princes mongols et turcs, avait un goût très-vif pour la poésie; il composa des vers en persan et en turc; il fit un recueil d'odes et cite fréquemment les postes célèbres du temps.

La deuxième partie oifre un récit mêlé de digressions ; Zahir-Eddin s'était fait un nouveau royaume entre la Perse et l'Inde par la couquêie de Gaznin ; il raconte longuement les péripéties de cette expédition heureuse, qui faillit se terminer mal par suite d'un complot formé entre ses officiers. Notons dans cette partie une description intéressante de la ville de Kaboul et une longue biographie d'Hozaïn-Mirza, qui régna quarante uns dan* le Khoraçan.

Dans la troisième partie , les Mémoires n'ont plus que la forme d'un journal; les événements les plus importants y alternent avec les plus petits faits. Baber y fait le récit des diverses expéditions qu'il entreprit contre ses voisins ou contre des chefs qui refusaient de reconnaître son autorité. Dans ces lignes écrites au jour le jour sans préparation, il se montre véritablement à nous tel qu'il était; on voit à nu ses bonnes et ses mauvaises qualités, on saisit sur le vif les . moindres détails de ses habitudes et de son caractère; partout il montre beaucoup de sens et de réflexion. Il nous a laissé une utile description de l'Indoustan, des renseignements curieux sur son administration ; il établit un service régulier des postes entre Àgra et Kaboul.

Ces Mémoires sont utiles à consulter, nonseulement pour les orientalistes, mais surtout pour les historiens et les géographes.

ZAHLBRUCHNÈRE s. f. (zal-bru-knè re — de Zaltlbruchner, savant allein.). Bot. Genre de plantes, de la famille des saxifmgécs, dont l'espèce type croît dans la Carinthie et la Styrie.

ZAHN (Jean), savant allemand, né à Carlstadt (Franconie) en 1C-J1, mort en 1707.11 entra dans l'ordre des prémontrés et devint, en 1692, prévôt du couvent de Niederzell. Ses vastes connaissances en philosophie, en mathématiques et en physique lui acquirent beaucoup de réputation. Nous citerons de lui : Spécula physico-mathemalico-historica notabilium ac mirabilium sciendorum, ete. (Nuremberg, 1693, 2 vol. in-fol.), ouvrage d'une vaste érudition; Oculus ariijxcialis telediopiricus sive telescopium, traité sur l'art de fuire des télescopes.

ZAHN (Benoit-Guillaume), historien allemand, né à Nuremberg en 1738, mort vers la fin du xvm<s siècle. Il remplit des fonctions duns la magistrature et employa ses loisirs à composer les ouvrages suivants : Histoire ecclésiastique de la ville de Lauf dans le territoire de Nuremberg (Nuren.berg, 1781, in -8°); Exposé des événements les plus remarquables qui, depuis l'an 1737 jusqu'en 1787, ont eu lieu dans la ville de Nuremberg (Nuremberg, 1787-1789,2 vol. in-4<>) ; Cummentatio juris publia de jure cotlectandi in génère, speciatim vero de jure cotlectandi reipublics Norimbergensis (Altdorf, 1790, iu-4<>).

ZAHN (Jean-Charles-Guillaume), architecte et peintre allemand, né à Rodeuberg, dans le comté de Schaumbourg, en 1800. Il montra dès l'enfance beaucoup de goût pour le dessin et pour la peinture et s'appliqua avec ardeur à l'étude de ces deux arts, tout en suivant les cours des gymnases de Bnckeburg et de Rinteln. Se destinant à l'architecture, il entra d'abord dans l'atelier de l'architecte Schuler, a Rinteln; mais, en 1817, Bur l'invitation du directeur en chef d'archi-

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tecturc Jjussow, il se rendit à Cassel et. jusqu'ea 1823, y 'fit partie des élèves de 1 Académie électorale, où il étudia sous la direction de Range, de Rahl, de Bromei et de Joussow lui-même. Dans l'intervalle, il avait inventé , en 1818, le procédé d'impression lithographique coloriée et s'était occupé sans relâche d'y apporter des perfectionnements. Le prince de Wittgenstein, qu'il avait vu à Nenndorf, l'engagea avenir à Berlin exploiter son invention ; mais Zahn préféra se rendre, dans l'intérêt de ses études, à Paris d'abord (1823-1824), puis en Italie, Il y habita successivement Rome et Naples, ainsi que les ruines de Pompéi, et fit différents voyages, mais particulièrement en Sicile. Partout il étudia à fond l'art des anciens et surtout la peinture, pour laquelle il avait éprouvé un intérêt tout particulier dès le début de ta carrière artistique. Comme premier résultat de ses études en Italie, il lit paraître un recueil intitulé les Peintures murales nouvellement découvertes à Pompéi (Stuttgard, 1828). De retour en Allemagne (1827), il travailla à ^embellissement de plusieurs châteaux de l'électeur de liesse et se rendit ensuite à Berlin, où il publia son premier ouvrage d'une certaine importance, les Plus beaux ornements et les peintures les plus remarquables de Pompéi, d'ffercutanum et de Stabies (Berlin, 1S28-I830, 100 planches en 10 livraisons). Il se servit avec le plus grand succès, pour l'impression de ce recueil, du procédé lithographique qu'il avait inventé. L'ouvrage obtint partout l'accueil le plus favorable, notamment auprès de Gœthe et de la famille de Prusse et valut, en 1S29, à son auteur le titre de professeur à l'Académie des beauxarts de Berlin. M. Zahn repartit pour l'Italie en 1830 et passa les dix années suivantes à peu près exclusivement à Naples, à Pompéi, en Calabre et en Sicile, dessinant, déterrant ou achetant un grand nombre de tableaux, de terres cuites, de monnaies, debronzes et d'autres antiquités. Grâce a la recommandation du prince de Metternich, il obtint la permission de mouler les bronzes, les vases d'argent, etc., les plus importants du Museo Borbonico et put en faire autant dans d'autres collections particulières, telles que celle du prince Biscari, à Catane. Les fouilles qu'il fit exécuter à. Cumes, à Teglana, » Torre-dell' Annunziata et dans la Calabre furent toujours couronnées de succès, et dans l'intervalle il dessina pour des Anglais, des Américains et des Russes les plans de plusieurs villas dans le style de celles de Pompéi. 11 revint en 1840 à Berlin et y fit paraître successivement une première suite a son grand ouvrage sur Pompéi (Berlin, 1841-1845, 100 planches en 10 livraisons), que complétèrent un recueil d'Ornements choisis du domaine de tous les beauxarts (Berlin, 18*2-1844, 25 planches en 5 livraisons) et une seconde suite du premier (1859-1803, 100 planches en 10 livraisons). Les travaux de M. Zahn ont enrichi la connaissance des arts de l'ancienne Grèce, ainsi que l'architecture actuelle, d'une foule de résultats nouveaux, et ils feront incontestablement époque dans l'histoire de l'architecture. Du reste, son attention ne s'est pas portée exclusivement sur une seule époque de l'art; il s'est aussi occupé de l'ornementation du moyen âge, et l'on regarde comme un ouvrage important, même pour l'étude de la renaissance italienne, ses Ornements de toutes les époques de l'art classique (Berlin, 1832-1839, 100 planches eu 20 livraisons, avec texte; 1861, 38 édit. ). Il travailla ensuite à un magnifique ouvrage sur les Villas antiques de la Campante.

ZAHNA, ville de Prusse, province de Saxe, régence de Mersebourg, cercle et à 9kiiora. N.-E. de Wittemberg; 2,300 hab.

ZAHORIE s. f. (za-o-rî — du gr. za, fortement ; drad, je vois). Superst. Nom donné à des devins espagnols et portugais , qui prétendaient jouir de la faculté de voir dans le sein de la terre et dans le corps humain : Pour être zahorik, t'^ fallait avoir les yeux rouges et être né le vendredi suint,

ZAI1UTMANN (Chrétien-Christophe), amiral danois, né en 1793, mort en 1853. Entré, en 1805, comme cadet dans la marine, il était lieutenant en 1815 et jouissait, à cette époque, de la réputation d'un officier capable et instruit. Après la paix, il se consacra tout entier aux études géodésiques et hydrographiques, aida le professeur Schumacher à mesurer l'arc du méridien en Danemark, et, après une croisière dans les Indes orientâtes , pendant laquelle il releva la carte d'une partie des mers qui baignent ces contrées et établit un observatoire dans l'Ile Saint-Thomas, il fut nommé directeur du bureau hydrographique de Copenhague , eu remplacement de l'amiral Lcevernœrn. C'est lui qui a élevé cet établissement au rang distingué qu'il occupe parmi ceux du même genre en Europe. Son nom reste surtout attaché à un grand nombre de travaux d'une Utilité incontestable pour les navigateurs de toutes les nationalités. Telles sont, entre autres, ses cartes des côtes de Danemark, avec les sondages des différents détroits compris entre les îles, la détermination des courants et le relevé trigonométiique des côtes. Sa carte de la mer du Nord (1843) est un véritable service rendu aux navigateurs européens, tandis que son Pilote danois, qui renferme

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la description complète de toutes les mers qui entourent le Danemark, a été jugé si utile qu'il a été traduit en même temps en anglais et en français, sous la direction de sir Francis Beaufort, hydrographe de l'amirauté anglaise. L'amiral Zahrtmann était à sa mort maître général de l'artillerie de marine danoise, inspecteur du bureau chronométrique de Copenhague, membre honoraire de la Société géographique de Londres, ainsi que de la Société géographique de Paris, au recueil de laquelle il avait fourni un rapport concernant les découvertes des Danois sur la côte occidentale du Groenland.

ZA1BLAR s. m. (zè-blar). Alchira. Mercure.

3A1BL0N s. m. (zè-blon). Hortic. Nom de plusieurs variétés de tulipes.

ZAÏDE s. f. (za-i-de — nom de femme).

Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des âthéricères, tribu des muscides, comprenant trois espèces, qui habitent la

Zaïde, roman de Mme de La Fayette (Paris, 1670-1671, 2 vol. in-8»). t Le premier roman, dit Laharpe {Cours de littérature), qui offrît des aventures raisonnables écrites avec intérêt et élégance fut celui de Zaïde, et ce fut l'ouvrage d'une femme. 11 était juste que l'on dût ce premier modèle au tact naturel et prompt qui distingue les femmes dont l'esprit a été cultivé. Rien n'est plus attachant ni plus original que la situation do Gonzalve et de Zaïde, s'aimant tous les deux dans un désert, ignorant la langue l'un de l'autre et craignant tous les deux de s'être vus trop tard. Les incidents que cette situation fait naître sont une peinture heureuse et vraie des mouvements de la passion. Quoique le reste de l'ouvrage ne soit pas tout a tait aussi intéressant que le commencement; quoique le caractère d'Alphonse, jaloux d'un homme mort, au point de se brouiller avec sa maltresse, soit peut-être trop bizarre, ce: pendant la marche de ce roman estsoutenue, jusqu'au bout et on le lira toujours avec plai- ' sir. ■ Lemontey n'est pas tout à fait de cet avis. ■ Loin d'avoir réformé les romans de Scudery et de La Calprenède, Zaïde, dit-il, n'en est qu'un diminutif. Même échafaudage romanesque; une situation ingénieuse, mais sans vérité ;. absence de couleur locale; surcharge d'épisodes; ignorance absolue des mœurs musulmanes; sentiments distillés à l'hôtel de Rambouillet; dialogues sans fin, qui ressemblent à l'amour comme des plaidoyers ressemblent a l'éloquence... » Il paraît, toutefois, que l'époque n'a pas senti cet ennui. Huet et Ménage font un grand éloge de Zaide. La vérité paraît être dans un juste milieu, et ce livre est le premier qui se soit un peu écarté de la galanterie hyperbolique et du faux bel esprit si fort en usage dans les romans d'alors.

Zaïde fut le premier ouvrage de Mma de La Fayette, car la petite nouvelle intitulée la Princesse de Moutpensier, qui parut de 1600 ! à 1662, ne pouvait compter pour un ouvrage, et Zaïde reste encore dans le pur genre romanesque qui était à la mode depuis VAstrée. Mme de La Fayette allait, par la Princesse de Clèoes, réformer le roman en France et substituer la proportion, la sobriété, la décence, les moyens simples et la peinture des passions aux grandes catastrophes et aux grandes phrases ; mais, dans Zaïde, fa réforme ne l'ait que commencer; elle est dans les détails, dans la suite du récit, dans la manière de dire plutôt que dans la conception même. « Zaïde, dit Sainte-Beuve, tient en quelque sorte un milieu entre VAstrée et les romans de l'abbé Prévost et fait la chaîne de l'un aux autres. Ce sont également des passions extraordinaires et subites, des ressemblances incroyables de visages, des méprises prolongées et pleines d'aventures, des résolutions formées sur un portrait ou un bracelet entrevus. Ces amants malheureux quittent la cour pour des déserts horribles où ils ne manquent de rien; ils passent les aprèsdînées dans les bois, contant aux rochers leur martyre, et ils rentrent dans les galeries de leurs maisons, où se voient toutes sortes de peintures, lis rencontrent à l'improviste Sur le bord de la mer des princesses infortunées, étendues et comme sans vie, qui sortent du naufrage en habits magnifiques et qui ne rouvrent languissamment les yeux que pour leur donner de l'amour. Des naufrages, des déserts, des descentes par mer et des ravissements : c'est donc toujours p[us ou moins l'ancien roman d'Héliodore, celui de d'Urfé, le genre romanesque espagnol , celui des nouvelles de Cervantes. La nouveauté parculière à Mme de La Fayette consiste dan3 l'extrême finesse de l'analyse; les sentiments tendres y sont démêles dans toute leur subtilité et leur confusion. Cette jalousie d'Alphonse , qui parut si invraisemblable aux contemporains, et que Segrais nous dit avoir été dépeinte sur le vrai, et en diminuant plutôt qu'en augmentant, est poursuivie avec dextérité et clarté dans les dernières nuances de son dérèglement et comme au fond de son labyrinthe. Là se fait sentir le mérite ; là l'observation, par endroits, se retrouve. Un beau passage, et qui a pu être qualifié admirable par d'Alembert, est celui où les deux amants, qui avaient été séparés peu de mois auparavant sans savoir la langue l'un

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de l'autre , se rencontrent inopinément et s'abordent en se pariant chacun dans la langue qui n'est pas la leur, et qu'ils ont apprise dans l'intervalle, et puis s'arrêtent tout à coup en rougissant comme d'un mutuel aveu. » Sainte - Beuve attire particulièrement l'attention sur des remarques de sentiment dans le genre de celle-ci : « Ah t don Garcia, vous aviez raison ; il n'y a de passions que celles qui nous frappent d'abord et qui nous surprennent; les autres ne sont que des liaisons où nous portons volontairement notre cœur. Les véritables inclinations nous l'arrachent malgré nous. »

Zaïde fut d'abord imprimée sous le nom de Segrais. Le succès en fut rapide et complet. A tous les auteurs qui écrivaient des romans ou des nouvelles, le libraire Barbin demandait de lui faire des Zaïde, La signature de Segrais ne paraissait pas être une fiction"; le public crut aisément qu'il en était l'auteur. Bussy reçut le livre comme étant de Segrais et se disposa a le lire avec grand plaisir , » car Segrais, disait-il, ne peut rien écrire qui ne soit joli. • Depuis cette époque, plus d'un bibliographe a maintenu l'honneur de cette paternité à Segrais, ou lui en a laissé une grande part. L'undes plussavants,Adry, dans son édition de la Princesse de Clèoes, publiée en 1807, semble incliner vers cette opinion. Nous avons pourtant des témoignages positifs qui démontrent victorieusement l'opinion contraire. Ainsi, nous lisons dans le Segraisiana ces paroles de Segrais : « La Princesse de Clèues est de Mmo de La Fayette. Zaïde, qui a paru sous mon nom, est aussi d'elle. Il est vrai que j'y ai eu quoique part, mais seulement dans la disposition du roman, où les règles de l'art sont observées avec grande exactitude. ■ Toutefois, dans un autro passage du même livre, on lit ces autres paroles de Segrais :« Après que< m'A* Zaïde fut imprimée, M>ae de La Fayette en fit relier un exemplaire avec du papier blanc entre chaque page, afin de la revoir tout de nou- ' veau et d'y faire des corrections, particulièrement sur le langage ; mais elle ne trouva rien à y corriger, même en plusieurs années, et je ne pense pas que l'on y puisse rien changer, même encore aujourd'hui, « C'est le mot«ma»^aMequi embarrasse Adry etqui le porte à voir dans Segrais l'auteur du livre. Sainte-Beuve, dont l'avis est tout opposé, explique ce mot avec beaucoup de finesse. ■ La confusion de l'auteur à l'éditeur, dit-il, est chose facile et insensible. Au moyen âge et même au XVio siècle, une phrase de latin copiée ou citée faisait autant partie de l'amour - propre de l'auteur qu'une pensée propre. S'il s agit d'un roman ou d'un poète qu'on a mis en circulation le premier, on est plus chatouilleux encore ; ces parrains-là ne haïssent pas le soupçon ma.lin et ne le démentent qu'à demi. Même sans cela, à force' d'entendre unir son nom à Ja louange ou à la critique de l'œuvre, on l'adopte plus étroitement. On m'a, s'il m'en souvient, tant jeté à la tête Ronsard, que j'ai de la peine a no pas dire> mou «Ronsard. >Un témoignage que l'on ne peut récuser, celui de Huet, iranuho tout à fait la question en ^faveur de Mme de La Fayette.

Zaïde , roine de Greuade , ballet héroïque en trois actes, avec un prologue, paroles de l'abbé Delamare, musique de Royer ; représenté par l'Académie royale de musique le jeudi 3 septembre 1739. Un ajouta, le 27 octobre suivant, un acte intitulé : Momus amoureux. Voici la distribution des rôles, qui fera connaître à la fois la nature du sujet et la situation du chant à l'Opéra à cette époque : Zaïde, reine de Grenade, M1'0 Pélissisr ; Zuléma, prince de la maison de Zégris, Le Page; Almansor, prince des Abencérages, Tribou; Octave, prince napolitain, Jélyotte; Isabelle, princesse napolitaine, M'le Eremaus ; Un chef turc, Albert. Ajoutons pour le ballet Duprô et M'le Salle. Ou reprit cet opéra en 1770, avec le ténor Legros , Larnvée , Géliu , Mmes Lamvée et Dubois.

ZA1UOBN (Aboul-Welid-Àhmed Ibn-), célèbte poète arabe. V. Ibn-Zéidoun.

ZAÏM s. m. (za-imm — mot turc qui signif. honneur, récompense). Soldat turc dont le bénéfice est un peu supérieur & celui du timariot.

ZAÏMET s. m. (za-i-mè — rad. saïm).

Fonds destiné & la subsistance d'un cavalier turc. Il Possesseur de ce fonds. Il On dit aussi

ZAÎME.

ZAIN adj. ra. (zain). Manège. Se dit d'un cheval dont la robe est tout d'une couleur, sans aucune espèce de tache : On dit que les chevaux zains sont tout bons ou tout mauvais. (Acad.) Les Espagnols estiment les chevaux zains autant que nous les méprisons. (Buff.)

ZAÏN, ZAYN ou ZAYIN s. m. (za-inn).

Grainm. Septième lettre de l'alphabet hébreu. || Signe numérique de 7.

ZAINEIl (Gunther), imprimeur allemand, né à Reutlingen (Wurtemberg) vers 1430 , mort en 1478. On croit qu'il apprit l'art typographique chez Fust et Schœffer, et, d'après Zapt, il alla s'établir d'abord à Varsovie, où il imprima, vers 1465, Joannis de Turrecremata explanatio in psatterium, ouvrage qui fait partie des incunables; toutefois, certains auteurs prétendent que ce livre est sor'i des presses de Haller. Quoi qu'il en

ZAIO

soit, Zainer alla se fixer à Augsbourg en M68 et hit le premier imprimeur qui s'établit dans cette ville. C'est la qui; fit paraître Méditation?* vit s domini nostri Jesu-Christi de saint Uonuveuture (1468, in-fol. ) ; la Summa de J. Auerbach ( U69) ; Joannis de Balbis de Janua Summa qvs vocatur Catholicon (U69), célèbre ouvrage imprimé avec plus d'élégance que l'édition du même traité donnée par Gutenberg; la première édition de l'Imitation (U7Û-1472) ; les Etymologiz d'Isidore (147Î) et un assez grand nombre d'autres livres remarquables par la beauté de l'exécution , et dont le dernier est la Summa de San-Concordio (H75). A l'exemple des Italiens, il introduisit en Allemagne, où l'on ne se servait encore que des caractères gothiques, le caractère romain, beaucoup plus élégant. Dans un ouvrage sorti de ses presses, uulden Spiel ou Jeu doré (1472), il est fait pour la première fois mention de l'origine des cartes à jouer qui, d'après l'auteur du livre, furent introduites en Allemagne dès l'an 1300.

ZA1NE11 (Jean), imprimeur allemand, vraisemblablement frère du précédent, mort en 1500. Il alla, en 1473, fonder une imprimerie à Ulm et y publia un grand nombre d'ouvrages qui attestent des progrés remarquables dans les procédés de la typographie. Le premier fut VOpus de ministerio missss d'Albert le Grand (U73); puis il imprima .la traduction allemande du De Claris mulieribus de Boccace (1473), édition de luxe, dans laquelle les lettres initiales et les vignettes ne sont pas exécutées à la main après coup, mais obtenues au moyen de la xylographie. Cette innovation de Zainer porta le premier coup à l'art des enlumineurs. Il eut pour nini et pour protecteur un médecin de la ville d'Ulm, Henri Steinhœveî, dont il publia, en 14*3, les ouvrages intirulés : Un rëyime utile, Régime à suivre pendant la marche de la peste et Chronique allemande depuis le commence- w ment du monde jusqu'à l'empereur Frédéric' Ces livres sont au nombre des premiers qui aient été imprimés en langue allemande.

Malgré ses nombreuses et importantes entreprises typographiques, Zainer ne réussit pas a faire fortune, et le malheur semble l'avoir poursuivi à partir de 1483. Expulsé d'Ulm, à cause de ses dettos, il y revint plus tard et y étublit une nouvelle imprimerie ; mais il y fut, jusqu'à sa mort, l'objet des poursuites do ses créanciers etdesattuques desenvieux.

ZAÏNO s. m. (,<sa-i-no). Mamm. Un des noms du pécari, en Amérique.

ZAÏONCZEK (Joseph), général polonais, né à Kaminiee-PodoUki en 175g, mort à Varsovie en 1826. Dès l'âge de seize ans il entra dans l'apnée polonaise, devint aide de camp de Branicki, sous lequel il combattit contre les confédérés de Bar, fut nommé capitaine de dragons en 1774, colonel en 1786 et alla siéger aux diètes de 1786 et de 1788- 1792, où il se fit remarquer par son indépendance et par la justesse de ses vues. Lorsque la guerre éclata entre la Pologne et la Russie, Zaïonczek servit comme général sous les ordres de Kosciusko, se distingua aux batailles de Zielenea et de Dubienka(t792), fut alors promu lieutenant général, dut s'expatrier lorsque le faible Stanislas-Auguste eut conclu avec Catherine une suspension d'armes, mais revint bientôt sonder secrètement les dispositions de ses concitoyens et préparer la nouvelle insurrection qui éclata en mars 1794. Le brigadier "Madalinski ayant levé l'étendard de l'indépendance, toute la Pologne fut en un instant sous les armes. Zaïonczek devint encore une fois un des principaux lieutenants de 'Kosciusko, qui venait d'accourir à Varsovie, organisa des levées dans le palatinat de Chelm, fut nommé président de la commission chargée de frapper les Polonais qui s'étaient vendus k la cour de Saint-Pétersbourg, reçut le commandement général de Varsovie, défendit avec plus d'intrépidité que de talent le faubourg de Praga contre l'attaque vigoureuse de Sou- ■varow et fut grièvement blessé pendant l'action. Jugeant impossible de résister aux forces supérieures du général russe , i! proposa de battre en retraite. Le général Iasinski, qui était d'un avis opposé, l'accusa de lâcheté et lui tira un coup de pistolet qui ■ le blessa légèrement. Couvert de blessures, il arriva sur les frontières de la Silésie, mais fut arrêté au moment où il demandait un asile aux généraux autrichiens, conduit à la forteresse de Josephstadt, en Moravie, et ne recouvra la liberté qu'après l'avènement du •czar Paul en 179G. Zaïonczek se rendit alors à Paris, où il demanda au Directoire d'être admis dans l'armée d'Italie. Il y passa, en effet, au commencement de 1797, comme général de brigade, lit la campagne du Tyrol, prit part ensuite à l'expédition d'Egypte, se distingua particulièrement à la bataille d'Héliopolis et reçut le grade de général de division (1801), Dans le conseil de guerre que réunit le général Menou pour y délibérer au sujet de la capitulation de l'année et de l'évacuation de l'Egypte, Zaïonczek se prononça contre ce parti avec Delzons et Desiaing. De retour eu France, il devint un agent aveugle des volontés de Napoléon, commanda au camp de Boulogne une division, avec laquelle il rejoignit l'armée d'Allemagne, assista à la bataille d'Austerlitz, fit ensuite la campagne de Prusse, coopéra, après la création du

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grand-duché de Varsovie (1807), a l'organisation de plusieurs légions polonaises et reçut le commandement d'une des trois divisions qui formèrent l'armée du grand-duché. En 1809, il contribua à repousser les Autrichiens qui, sous les ordres de l'archiduc Ferdinand, envahirent le territoire polonais. Trois ans plus tard, il commanda une division polonaise pendant la campagne de Russie, fut grièvement blessé au passage de la Bérézina, subit l'amputation d'une jambe à Wilna et tomba entre les mains des Russes. Après le traité de Paris, Zuïonczek entra, comme général d'infanterie , dans l'armée polonaise réorganisée et, lorsque l'empereur Alexandre eut érigé en royaume la partie de la Pologne qui était en son pouvoir, lorsqu'il lui eut donné une constitution (1815), il songea à s'attacher le compagnon d'armes de Kosciusko, lui donna le titre de prince et le nomma son lieutenant général en Pologne. A partir de ce moment, Zaïonczek se montra entièrement dévoué aux ordres et aux intérêts de la Russie. « Né allier, hautain, il devint alors courtisan, dit un écrivain polonais ; de républicain qu'il avait été si longtemps, il se fit l'instrument des volontés les plus despotiques. Il alla au-devant de toutes les mesures et sembla craindre de ne pas vivre assez longtemps, de ne pouvoir assez faire pour témoigner sa vive reconnaissance. La liberté de la presse fut anéantie; des arrestations arbitraires furent exécutées, enfin la guerre fut déclarée a toutes les institutions libérales de la Pologne. » Comblé d'honneurs et de biens par le czar, il se vit pendant les huit dernières années de sa vie méprisé et renié par ses anciens amis et ses compagnons d'armes, qui avaient eu trop fréquemment k se plaindre de sa servile complaisance envers les oppresseurs de sa patrie. On a de lui : Histoire de ta révolution de Pologne par un témoin oculaire (Paris, 1797, in-8°), ouvrage écrit en français. — Son frère, Ignace ZaJonczek, prit une part active aux événements de Pologne en 1792 et 1794 et ne cessa d'être un chaud patriote.

ZAIRAGIAH s. m. (zè-ra-ji-a). Divination que les Arabes pratiquent au moyen de plusieurs roues marquées de lettres, qui leur fournissent par leur rencontre de prétendus indices.

ZAÏRE s. f. (za-i-re — nom de femme).

Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricères, tribu des muscides.

Zaïre, tragédie en cinq actes et en vers, de Voltaire (Théâtre-Français, 1732). Cette tragédie est le chef-d'œuvre dramatique de son auteur. « C'est là, dit M. de Barante, que Voltaire a imprimé le caractère de son

-talent tragique. Ce n'est point la perfection des vers de Racine, ni leur mélodieuse douceur ; ce n'est pas ce soin, ce scrupule dans la contexture de l'intrigue, ces gradations infinies du sentiment ; ce n'est pas non plus la haute imagination et la simplicité de Corneille. Et pourtant il est en Voltaire quelque chose qui ne se trouve pas dans les autres, et qu'on y pourrait Iregretter. Il a une certaine chaleur rapide de la passion, un abandon entier, une verve de sentiment qui entraîne et qui émeut, une grâce qui charme et qui subjugue. On voit que des vers tels que les siens ont dùétre produits par l'homme de l'imagination la plus ardente ; si quelque chose peut donner Vidée d'un auteur en proie à tout l'enivrement de la passion et de la poésie, c'est un ouvrage tel que Zaïre. Il est impossible, même en l'examinant avec réflexion, de ne pas être frappé de ce caractère de force, de facilité et de grâce qui distingue ta muse tragique de Voltaire. »

Il y a de l'exagération dans cette appréciation, et Zaïre a bien plus vieilli que Polyeucte et Phèdre, pièces auxquelles Voltaire, qui manquait de modestie, comparait un peu trop imprudemment la sienne. Elle est également bien au-dessous d'Othello, quoique Voltaire ait cru pouvoir rivaliser avec Shakspeare, en lui empruntant, pour l'améliorer selon le goût français, son jaloux énergique et féroce ; Orosmane n'est qu'une pâle contrefaçon du More de Venise. Cette tragédie n'en est pas moins digne d'étude.

Zaïre, tille de Lusignan et captive des Turcs, est sur le point d'épouser Orosmane, prince musulman, lorsqu'elle est reconnue

• par son père et son frère Nèrestan, qui veulent l'arracher à cette union sacrilège. Orosmane surprend Zaïre, pendant la nuit, à un rendez-vous que lui a demandé Nèrestan et il la poignarde, égaré par la jalousie. Lorsqu'il apprend que Nèrestan est le frère de Zaïre, il se poignarde à son tour sur le corps de sa victime. Tel est en quelques lignes le fond de la pièce ; nous allons examiner en détail quels elfets dramatiques Voltaire a su tirer de cette donnée romanesque.

Le .poète commence par mettre sous nos yeux un couple heureux, Zaïre' et Orosmane, le sultan et sa captive, qui s'aiment et veulent s'unir par le mariage. Un chevalier français, Nèrestan, a promis de venir payer la rançon de Zaïre ; mais depuis deux ans on n'a nulle nouvelle de lui, et Orosmane vient demander sa main à Zaïre ; il ne veut la devoir qu'à l'amour, et Zaïre lui avoue que sou amour est partagé. Les choses 'en sont là lorsqu'on annonce Nèrestan. Il vient racheter les captifs chrétiens. Le sultan les rend sans rançon, mais il garde Lusignan, dont la

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liberté lui porterait ombrage, et Zaïre qu'il

adore :

Elle n'est pas d'un prix qui soit en ta puissance,

dit-il à Nèrestan ; celui-ci se retire, mais Orosmane a remarqué que ses yeux se sont tournés vers Zaïre :

Je ne buis point jaloux...; si je l'étais jamais!...

Ce mot contient le germe de tout le rôle de l'Othello musulman.

Pour remercier Nèrestan de l'intérêt qu'il lui a témoigné, Zaïre implore et obtient d'Orosmane la liberté de Lusignan ; elle va lui annoncer cette heureuse nouvelle, tandis qu'Orosmane est au conseil. C'est au cours de cet entretien que Lusignan reconnaît en elle et en Nèrestan deux enfants qui lui ont été ravis lors du sac de Césarée, une des plus belles reconnaissances qui soient au théâtre.

Après les premiers épanchements de l'amour paternel, le chrétien reparaît dans le pieux Lusignan :

Mon Dieu, qui me la rends, me la rends-tu chrétienne ?

Zaïre rougit, baisse les yeux, pleure; elle avoue la vérité fatale :

Sous les lois d'Orosmane...

Punissez votre fille... Elle était musulmane.

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