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jouit de la même faveur soiis la régence de Marie de Médicis, qui, à son arrivée à Paris, était restée quinze jouis chez lui en attendant que ses appartements au Louvre fussent préparés. Il usa de son influence sur cette princesse pour contre-balancer celle de Concini et de sa femme. Il la recevait fréquemment à dîner chez lui avec les seigneurs qu'elle voulait distinguer, et, de son côté, la reine le traitait avec la même distinction que les plus grands seigneurs. Zamet eut des bonnes fortunes très-brillantes. D'après quelques mémoires, il avait obtenu les faveurs de Gabrielle d'Estrées, et il eut plusieurs enfants naturels avec Madeleine Le Clerc, demoiselle du Tremblay. Cet heureux financier mourut comblé d'honneurs et de richesses en 1614, à Paris. Un de ses fils devint maréchal de camp et un autre évêque de Langres.
ZAMET (Jean), baron de Murât et de Billy, général français, fils du précédent et de Mlle du Tremblay, mort au siège de Montpellier en 1620. 11 débuta comme simple soldat dans la garde de Henri IV, qui lui accorda sa confiance et le nomma eupitaine.en 1606, puis gentilhomme de la chambre. Lorsque son père mourut en 1614, il lui succéda comme conseiller du roi, capitaine du château et surintendant des bâtiments de Fontainebleau. Ses vastes connaissances en histoire, en mathématiques et en sciences militaires, son mérite universellement reconnu, la régularité de sa conduite, l'agrément et la sûreté de son commerce, sa bravoure éprouvée, lui valurent l'estime de Louis XIII, qu'il suivit en Guyenne en 1615 et 161C, le nomma mestre de cainpen 1617 et lui donna le commandement de l'nrméo de Champagne sous les ordres du duc de Guise, cette même année. Peu après, il prit part à l'attaque des retranchements du Pont-de-Cé, fut nommé maréchal de camp, se conduisit brillamment sous les ordres du roi dans les campagnes contre les protestants en Guyenne, en Poitou, en Languedoc, se rendit si redoutable aux huguenots, a la tète de Sa cavalerie, qu'ils le surnommèrent le G r nu ci Mahomet, mais en même temps ne cessa de donner des preuves de son humanité. Après avoir assisté aux sièges de Saiut- Jean-d Angély, de Clérac, de Montauban, occupé Feriez avec le maréchal de Vitry, aidé puissamment le roi à chasser Soubise de l'Ile de Riez, il marcha sur Montpellier que le roi avait résolu d'assiéger, prit part, bien qu'il fût tombé malade, à toutes les opérations du siège, qu'il conduisit avec une étonnante activité, et fut, dans une sortie, atteint à la cuisse d'un coup de fauconneau qui lui lit une terrible blessure. Cinq jours après, il expira. « Zamet, dit Durozoir, fut le modèle du guerrier chrétien. Tandis que les autres officiers croyaient pouvoir, en combattant contre les protestants, se iivrer à tous les excès que la guerre autorisait alors, au viol, au pillage, à l'incendie, lui, presque seul, se montrait humain, chaste, ami de la plus sévère discipline, et ces vertus, dont Louis XIII possédait quelques-unes et qu'il appréciait volontiers dans les autres, furent l'honorable cause du crédit dont Zamet jouit auprès de ce monarque. » Il s'était marié, mais ne laissa pas d'enfants.
ZAMET (Sébastien), prélat français, frère du précèdent, mort a Musse en 1655. D'abord aumônier do la reine Marie de Médicis, il devint, en 1613, duc-évéque de Langres, lit partie, celte même année, de l'assemblée du clergé tenue a Paris pour demander l'admission des décrets du concile de Trente en France, s'occupa avec beaucoup de zèle de l'administration de son diocèse, devint le protecteur des religieuses de Port-Royal, où il introduisit connue directeurs des religieuses les Pères de l'Oratoire, et fut lui-même direc-, leur de lu célèbre abbesse Angélique Arnaud. En 1630, il obtint du roi des lettres patentes pour l'établissement d'un institut de religieuses qui devaient se consacrer à l'adoration perpétuelle du saint-sacrement. A la tête de la maison du Saint-Sacrement de Paris, qui ne devait recevoir que des lilles de marquis et de comte avec une forte dot, fut mise, en 1633, la mère Angélique Arnaud. Zamet avait voulu que la table du couvent fût bonne et avait autorisé une douce gaieté dans les récréations des religieuses. Ce régime déplut h la sœur Angélique et fut fortement désapprouvé par J'abbe de Saint-Cyran, qui devait à Zamet la direction spirituelle du Saint-Sacrement et de Port-Royal. A la suite de démêlés à ce sujet, l'évêque de Langres se brouilla avec Saint-Cyran, écrivit contre lui deux mémoires et se retira complètement dans son diocèse, où il mourut avec la réputation d'un prélat pieux, indulgent et désintéressé.
ZAM1E s. f. (za-ml — du gr. zémia, dommuge). Bot. Genre d'arbres, de la famille des cyoadées, comprenant plusieurs espèces, qui croisent dans l'Amérique tropicale.
— Encycl. Les zamies sont des végétaux a. souche épaisse, plus ou moins volumineuse, brune, rugueuse, parfois munie de racines charnues ou fibreuses, très-longues; d'autres fois couverte d'une sorte de duvet doux au toucher. La tige, de hauteur médiocre ou presque nulle, rappelle par son aspect extérieur le stipe des palmiers ou des fougères arborescentes; elle est couverte d'écaillés imbriquées et disposées en spires régulières, qui sont les vestiges des anciennes feuilles,
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et se termine par un bouquet ou une couronne de nombreuses feuilles amples, ailées, luisantes, très-fermes et coriaces, portées sur des pétioles grêles, cannelés ou listuleux, souvent armés de pointes aiguës. Du milieu de ces feuilles sortent les fleurs dioïques et disposées en cônes ou en chatons ; les mâles ont les écailles renflées au sommet et comme peltées, portant à leur face inférieure des anthères uniloculaires, dispersées sans ordre apparent et s'ouvrant par une fenle longitudinale; les chatons femelles montrent à la face inférieure de leurs écailles deux fleurs renversées, libres et distinctes l'une de l'autre; le fruit est une sorte de noix ovoïde, allongée, irrégulière, qui renferme une amande féculente.
Ce genre renferme un petit nombre d'espèces, qui croissent dans les régions tropicales de l'Amérique, et surtout dans les îles voisines, et dont plusieurs sont cultivées dans nos serres. Leurs amandes sont bonnes à manger, crues ou rôties, et on en fait du café. .On mange aussi la moelle contenue dans la souche, dans la tige ou dans le cône.
ZAMJÉ, ÉE adj. (za-mi-é — du rad. zamië). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre zamie.
— s. f. pi. Classe de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre zamie, et qui correspond à la famille des cycadées.
ZAMIOSTROBE s. m. (za-mi-o-stro-be — de zamie, et du gr. strobos, spirale). Bot. Genre de végétaux fossiles.
ZAMITE s. m. (za-mi-te — rad. zamie).
Bot. Genre de végétaux fossiles, analogue aux zamies. '
ZAMMARE s. m. (zaimn-ma-re — de l'hébr. sammar, chanteur). Entom. Genre d'insectes
■ hémiptères homoptères, de la famille des cicadiens, comprenant deux espèces, qui vivent au Brésil.
ZAMOLXIS ou ZALMOX1S, législateur mythique des tribus gétiques do la Thrace. Au temps d'Hérodote, ainsi que le rapporte cet historien, on croyait que Zamolxis avait été esclave de Pythagore, à Samos, qu'il en avait reçu les leçons et que, ayant recouvré la liberté, il avait acquis de grandes richesses,
■ puis était retourné chez les Gétes, ses compatriotes, à qui il enseigna le dogme de l'immortalité de l'âme. « S'ôtant fait faire un logement sous terre, dit Hérodote, il se déroba aux yeux des Thraces, descendit dans ce souterrain et y demeura trois ans. Il fut regretté et pleuré comme mort. Enfin, la quatrième année, il reparut et rendit croyables, par cet artifice, tous les discours qu'il avait tenus. Je ne rejette ni n'admets ce qu'on raconte de Zamolxis et de son souterrain; mais je pense qu'il est antérieur de bien des années à Pythagore. » Quoi qu'il en soit, les Gètes le révéraient comme un dieu. Ils prétendaient ne point mourir, mais aller trouver le dieu Zamolxis, et tous les ans ils lui envoyaient un messager. Pour cela, ils jetaient un homme en l'air et le recevaient à . la pointe de leurs piques. Quelques anciens l'ont confondu avec le philosophe Thaïes. Creutzer voit en lui un personnage mythique analogue à Silène et regarde son culte comme formant un anneau entre les religions celtiques et celles des peuples de l'Orient.
ZAMOR, nom d'un petit Indien qui portait la queue de la robe de la comtesse du Barry et qui vivait dans son "intérieur comme un animal familier. « Louis XV s'amusait assez souvent de ce petit sapajou; ayant fait la plaisanterie de le nommer gouverneur de Luciennes, on lui donnait 3,0l>0 francs de gratification annuelle, t (M^o Campan, Mémoires.)
En vérité, voilà de l'argent bien placé I Les courtisans, qu'aucune bassesse n'etfraye, caressaient et flattaient ledit Indien pour gagner la faveur de la toute-puissante favorite.
ZAMORA, VUceCtum Duri ou Ocellodurum des Romains, ville d'Espagne, ehef-lieu delà province de son nom, sur la rive droite du Douro, à 257 kiloin, N.-O. de Madrid, par 4140' de latit. N., S» 5' de longjt. O.; 10,000 hab. Place forte; siège d'évèché et résidence des autorités civiles et militaires de la province, Ecole militaire. Fabrication de chapeaux, couvertures et étoffes de laine ; liqueurs ; tanneries, teintureries. Commerce de vins, grains et bestiaux. Zamora est une ville assez irrégulièrement bâtie dans une belle situation; elle n'offre d'intéressant que sa cathédrale, le palais épiscopal et les ruines de la maison du Cid. Cette ville, très-ancienne, fut souvent disputée entre les Maures et les chrétiens; prise par Alphonse lo Catholique, roi des Asturies, en 748, elle fut reconquise par Almanzor, roi de Cordoue, en 945. Le Cid la reprit en 1093 et la réunit définitivement au royaume de Léon. Les certes y furent assemblées en 1297 et 1302.
ZAMORA (piiovincu de), division administrative de l'Espagne, formée d'une partie de l'ancien royaume de Léon. Elle est comprise entre la province de Léon au N., celles de Valladolitf à l'E., de Salamanque au S. et la province portugaise de Tras-os-Momès à l'O., où. elle confine aussi à la province espagnole d'Oiense. Elle mesure 155 kilom. de longueur du N.-O. au S. -F. et 80 kilom. de largeur; 180,000 hab. Chef-lieu, Zaïuora. Au point de
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Vue administratif, elle se subdivise en 7 juridictions civiles et comprend 495 communes ou pueblos. Lo sol, au N.-O., est accidenté par les ramifications des monts Cahtabres ; sur les mitres points, 11 présente de belles plaines bien arrosées et fertiles. Le Douro, t'Ksîa et le Sequillo sont les principaux cours d'eau qui fertilisent la province de Zamora, où l'on récolte d'excellents vins, des grains, des légumes et des fruits en abondance.
ZAMORA, ville de l'Amérique du Sud, dans la république de l'Equateur, département de l'Assuuy, sur la petite rivière de son nom, à 40 kilom. E. de Loja; 8,000 hab. Autrefois, aux environs, on exploitait de riches mines, qui sont aujourd'hui abandonnées.
ZAMORA, ville du Mexique, dans l'Etat de Mechoacan, à 115 kilom. N.-O. de Vallado- Jid; 2,000 hab.
ZAMORA (Gaspar de), jésuite espagnol, né à Séville en 1546, mort dans la même ville en 1021. Le talent dont il fit preuve comme prédicateur lui acquit une grande réputation qu'accrut encore un ouvrage rare et encore recherché, intitulé: Cancordantix sacromm bibtiorum duobus alphab'etis, altero dictionum variabilium, invariabilium altero, absolutissimiB (Rome, 1627, in-fol.).
ZAMORA (Laurent), théologien espagnol, né a Ocana, près de Tolède, vers le milieu du xvic siècle, mort en 16U. Il entra dans l'ordre de Cîteaux, réforma en qualité de visiteur plusieurs monastères de la Catalogne et s'adonna avec un égal succès à l'enseignement de la philosophie et à la prédication. Sous le titre général do AJonarquia mystica de la Iglesia liecka de gerotjiypkicos sacudos de humanas y divinas lelras, il a publié un grand ouvrage plein d'érudition sacrée et profane qui se compose des traités suivants, publiés séparément : Du chef visible et du chef invisible de l'Eglise (Madrid, 1594, in-4°); De la chute de la nature humaine (Alcala, 1603); Des mérites de la sainte Vierge (Barcelone, 1614) ; fie la conservation, de la constitution et des personnages les plus illustres de l'Eglise (Valence, 1606; Madrid, 1609; Barcelone, 1612, in-4°); Désarmes défensives et offensives que Jésus-Christ a laissées à son Eglise (2 vol.); enfin, Zamora est l'auteur d'un poème en vers héroïques, intitulé la Soguntina (Alcala, 1587, in-8<>).
ZAMORA (Antoine), médecin espagnol, né à Salamanque vers 1570, mort vers 1640. Après avoir pris les grades d^ maître es arts en philosophie et de docteur en médecine, il s'adonna à l'étude des sciences mathématiques et acquit une grande réputation comme professeur. On a de lui : Prognostica del éclipse del sol 10 jul. 1600 (Salamanque, 1600, in-4") ; Repetitiones dust super caput primum et tertium Gateni , de differenliis symptomatum (Salamanque, 1021, in-4°) ; Aurea expositio ad textum Hippocratis in libro de aère, aquis et locis (Salamanque, 1625, in-4<>).
ZAMORA (Jean-Marie), théologien italien, né à Udine en 1579, mort à Vérone en 1649. Il entra dans l'ordre des capucins et composa les ouvrages suivants : Disputationes tlieuiogicm de Deo uno et trino (Venise, 1626, in-fol.) ; De eminentissima Deiparte Virginis pei[ectione libri très (Venise, 1629, in-fol.).
ZAMORA (le Père Bernard de), religieux espagnol, né à Zamora (royaume de Léon) vers 1720, mort à Salamanque en 1785. Admis de bonne heure dans l'ordre du Carniel, il étudia avec ardeur les langues anciennes et modernes, la littérature, la philosophie, l'histoire', fut nommé professeur de grec ù Salamanque, où il s'attacha à faire revivre le goût des fortes études et. tout en professant à l'université, il lit dans son couvent des cours très-suivis sur l'histoire et la littérature. En 1768, il présenta au gouverneur de Cette ville, de concert avec l'évêque Tavira, un mémoire dans lequel il demandait la réforme de l'instruction publique. On lui doit une Grammaire grecque (Madrid, 1772, in-8»), la traduction en espagnol de Y Histoire'des séminaires de J. Giovanni (Salamanque, 1778, in-8°); une Histoire de t'e'tabiissemeni du christianisme, restée manuscrite, etc.
ZAMORI ou ZAMOREO (Gabrio), en latin Gobriu* do Zamoroia, jurisconsulte italien et poète latin moderne, né k Parme en 1320, mort vers 1400. Il venait de se faire recevoir docteur en droit lorsqu'il écrivit à Pétrarque une lettre pour lui demander son amitié et des conseils. L'illustre poète s'empressa de lui répondre et ne cessa depuis lors d'avoir avec lui un commerce épistolaire. En 1347, Zamori devint membre du conseil de sa ville natale ; il fut ensuite intendant de l'archevêque de Milan Visconti, puis retourna à Parme, où ilentra dans la magistrature (1854), fut nommé comte du palais de Latrau et du consistoire impérial, et reçut en présent de Uuléas Visconti une maison dans sa ville natale. Pétrarque le cite comme un des jurisconsultes les plus savants et les plus éloquents de l'époque. Il cultiva également la poésie latine et composa deux recueils de vers latins, Adolescentia et Orphea, qui sont perdus.
ZAMORIN, INE s. et adj. (za-mo-rain, i-ne). Géogr. Habitant de Zamora; qui appartient à cette ville ou à ses 'habitants : Les Zamorins. Les moeurs zamorinks.
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ZAMOSK, ville forte de la Russie d'Europe, dans l'ancienne Pologne, gouvernement et à 80 kilom. S. -15. de Lublin, près'de la rive droite du Wieprz; 6,800 hnb. Lycée catholique; gymnase. Blanchisseries de toiles et de cire; nombreuses et importantes tanneries. On y voit un vaste et superbe château, un bal hôtel de ville et quatre églises. Cette ville, fondée par Zamoyski en 1588, appartint à l'Autriche de 1772 à 1809; en 1814, elle fut prise par les Russes. En 1720, un concile fut tenu dans cette ville sous la présidence de l'archevêque de Kiew. On y reconnut l'œcuménicité du concile de Trente, la constitution. Cfnigenitus, et on y fit plusieurs canons de discipline.
ZAMOYSKI (Jean-Sarius), grand chancelier de Pologne né à Skokow (palatinat de Culm) en 1541, mort en 1605. Il fit ses études à Paris, fut attaché à la cour du dauphin (depuis François II), puis alla compléter son instruction a. Strasbourg, où il eut pour maître de grec et de jurisprudence Jean Stuvinius, et a l'université de Padoue, où son ardeur pour l'étude, ses talents précoces lui valurent, en 1563, le titre de l'riiicop» jitventiilia Huerai». A cette époque, Zamoyski fit paraître un ouvrage, plein de savantes recherches, intitulé : De senatu romano libri duo (Venise, 1563, in-8°), qui est à la fois remarquable par la pureté du style et par la bonne conception du plan. De retour en Pologne (1565), il fut parfaitement accueilli par le roi Sigismond-Auguste, qui le chargea de mettre -en ordre les archives de la couronne. Pendant trois ans, Zamoyski se livra avec ardeur à cette tâche qui lui permit d'acquérir de nouvelles connaissances, fut en même temps secrétaire du chancelier Myszkowski et reçut du roi la starostie de Bielsk. Sur ces entrefaites, Siçismond étant mort (1572), une diète générale fut convoquée à Varsovie par le primat. Par ses talents, sa naissance, sa fortune, Zamoyski se trouva le chef de l'ordre équestre, qui contre-balançait l'ordre du sénat. H se prononça pour Ut monarchie élective et conçut alors la pensée de se faire proclamer roi; mais voyant qu'il n'avait nulle chance d'arriver au trône, il se décida, entre les prétendants, qui étaient l'empereur Maximilien, le ezar Ivan IV et le duc d'Anjou, frère du roi de France Charles IX, a choisir ce dernier. Zamoyski amena l'ordre équestre à se déclarer en sa faveur, contrairement à l'avis de la majorité du sénat, et fut mis à la tête de l'ambassade qui vint à la cour de Charles IX apporter au prinee français l'acte de son élection (1573). De retour en Pologne avec Henri d'Anjou, il devint son chambellan et obtint la starostie de Kuyszyn, en Podlaquie. Lorsque le nouveau roi eut secrètement quitté la Pologne pour aller mettre sur sa tête la couronne de France (1574), Zamoyski présenta d'abord pour lui succéder deux Polonais, Tenczynski et Kortha, dans l'espoir que la diète, après les avoir repous ses, le porterait lui-même au pouvoir suprême. Mais celte nouvelle combinaison ayant avorté, il mit en avant, pour écarter les princes de la maison d'Autriche, Etienne Battori, woïvode de Transylvanie, et le fit proclamer roi à la diète de 1576. Battori accourut a Cracovie, s'y fit couronner, épousa Anne, sœur de Sigisinond-Auguste, et nomma Zamoyski grand chancelier et grand général de la couronne. Ce dernier justifia pleinement la confiance du monarque. Il lit réorganiser l'administration de la justice, créa deux tribunaux d'appel* l'un à Lublin, l'autre à Pétrikau, créa plusieurs régiments d'infanterie, malgré la répugnance de la noblesse, qui avait coutume do combattre & cheval, aida Bathori à soumettre la ville de Dantzig révoltée, entraîna en 1579 la diète u faire la guerre au czar Ivan IV, qui avait envahi la Livonie, obtint des subsides, accompagna Bathori, qui dirigea d'abord lui-même les opérations, fut nommé, en 1580, grand hetman de l'armée polonaise, eut le commandement après le départ du roi, prit plusieurs provinces, ravagea celles du Dnieper, depuis Starodoub jusqu'à Czernichow, depuis la Dwina jusqu'à Starzyce, fit un grand nombre de prisonniers, mit la Pologne en sûreté contre les invasionsdesTurtares (1582), et, de retour a Varsovie, épousa la nièce du roi. Après la mort de Bathori (1586), Zamoyski fit dépouillé du commandement des aimées. Forcé de s'enfuir pour échapper aux Zborowski, ses ennemis, il reparm bientôt pour assister à la diète qui devait élire un nouveau roi, y reprit toute son influence et fit choisir pour souverain le prince royal de Suède, Sigismond Wasa, sous le nom de Sigisinoml II[ (1587). De leur côté, les ZboroWaki nommèrent le frère de l'empereur Rodolphe, l'archiduc Maximilien, qui marcha aussitôt sur Varsovie. Mais Zamoyski le battit et, après l'avoir rejeté en Silesie, alia faire couronner Sigismond à Cracovie (29 novembre 1586); la cérémonie terminée, le grand chancelier se mit de nouveau k la tête de l'armée polonaise, pénétra en Silésie, lit l'archiduc Maximilien prisonnier à Witzen et le força a. renoncer à la couronne ainsi qu'au titre de roi de Pologne. Zamoyski rendit ensuite de nouveaux services à Sigismond en combattant les Turcs à la tête de 7,000 cavaliers (1595), en s'emparaut de la Valaohie, en empêchant les Tartares de pénétrer en Pologne, et en faisant une guerre heureuse aux Suédois, qui avaient
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envahi la Livonie et la Courlande. De retour en Pologne, il s'adonna à des travaux sur la philosophie des anciens. Malgré son grand âge, il assista à la diète de 1605, y blâma ouvertement le roi, qui voulait épouser une archiduchesse d'Autriche, l'engagea à terminer la guerre avec la Suèdf, lui déclara qu'il n'avait pas le droit de faire couronner son fils, comme il en avait l'intention. « Changez de conduite, sire, lui dit-il avec une liberté de langage qui était dans les mœurs du temps. "Vous savez que les Polonais, lorsqu'ils ont été mécontents de leurs chefs, les ont forcés k quitter le royaume et qu'ils les ont remplacés par d'autres. Ne nous obligez pas de suivre l'exemple de nos ancêtre et de vous faire déporter au delà des mers. « A ces paroles, Sigismond ne put contenir sa colère et répondit avec véhémence en mettant la main sur son épée. A ce mouvement, des murmures éclatèrent de tous côtés dans l'assemblée. ■ Ne touchez pas à votre épée, s'écria alors Zamoyski, pour que la postérité ne vous appelle pas C'uïus César et nous des Brutus. Nous faisons les rois, mais nous écrasons les tyrans. » Après ces paroles menaçantes, le vieillard quitta la diète et se retira a Zatnosk, où il mourut quelque mois après. Zamoyski ne fut pas seulement un grand homme d'Etat, un guerrier illustre, il fut encore un savant de premier ordre. « Dans les temps les plus difficiles ou se soit trouvée la patrie, dit Hendenslein, ses ennemis eux-mêmes ont eu souvent recours à son courage, à la force do son bras, à la sagesse de ses conseils. ■ 11 fonda autour de son château de Skokow une ville qui devint bienlôt fameuse par son industrie. « Voulant, dit M. Gley, la mettre k l'abri des invasions des Tartares, il la fortifia si bien qu'il en fit une des premières places du royaume; il y fonda deux collèges, une académie, et donna k la nouvelle cité le nom de Nowy-Zamosk, pour la distinguer de l'ancienne, Stary-Zamosc. Le 15 mai 1594, il ouvrit l'académie de Zamosk, où il avait attiré les plus célèbres professeurs de Cracovie, et établît dans cette ville une imprimerie dont il donna la direction k Martin Leuski. » Un lui doit les ouvrages suivants : De senatu romano lil,ri duo (Venise, 1563, in-4°), ouvrage plein d'érudition que Grœvius a inséré dans son Anliq. rom. 2 hesaurux ; Oc couslitutionibus et immunitatibus Academix Patavim (Padoue, 1564, in-4°); De perfecto seitittore (Padoue, 156-4, in-40); De ïibertate suffrayiorum (Craiovie, 1572, in-4) ; Orolio qna Henricum Valesdum regem Poloniie renunliaoit (Paris, 1573) ; Pacificationis iuter domum Austriacam ac regem Patentai et ordities regni tractais SCripUi atiquot (1570, in-4°); De transitu Tatworum per Pudoliam (Cracovie, 1594, in-4°); Loyica stoica (Zamosk, 1506), ouvrage sur la philosophie des stoïciens.
■ZAMOYSKI (Thomas), chancelier de Pologne, lils du précèdent, né en 1595, mort en 1638. 11 s'attacha à marcher sur les traces de son glorieux père, devint palatin de Podolie et de Kiovie sous Sigismond III, prit une laillanle part aux guerres qui eurent lieu contre les Tartares et les Suédois sous Zolkievv.^ki et fut nommé chancelier du royaume par Wladislas en 1635. De son mariage avec la princesse Catherine Ostrogska il eut un fils, qui devint palatin de Sandomir, et une fille, Constance-G.zeldts, qui l'ut la mère de Michel Wisniowieçki, roi de Pologne.
ZAMOYSKI (Jean), palatin de Sandomir, fils du précédent, né en 1626, mort à Varsovie en 1665. Hernie* du courage et de l'immense fortune de ses ancêtres, il se distingua sous Jean-Casimir, en 1651, par sa brillante conduite en combattant les Cosaques et en contribuant à la victoire de Berestezki, reçut en récompense de ses services le palatinat de Sandomir, harcela avec succès les Suédois, qui, pendant la guerre de la succession, étaient arrivés jusqu'aux portes de Varsovie, et se défendit vaillamment dans la forteresse de Zamosk. Ayant levé une armée k ses frais, il porta la guerre en 1659 chez les Cosaques de l'Ukraine. Enfin, en 1663, il parvint k amener les confédérés à faire leur soumission au roi Jean-Casimir. Zamoyski avait épousé, en 1657, une Française, la belle Marie-Casimire de La Grange, dont il n'eut pus d'enfants, et qui épousa en secondes noces le grand Sobieski.
ZAMOYSKI (André), grand chancelier de Pologne, issu de la même famille que le précédent, né en 1716, mort en 1792. Il alla achever ses études à Paris, servit que. que temps en Saxe, remplit ensuite divers emplois dans sa patiie et fut nommé chancelier par Stanislas-Auguste en 1764. Il avait surtout des connaissances étendues en jurisprudence. En 1776, la diète le chargea de revoir toutes les lois du. royaume et d'en former un code, qu'il termina en moins de deux ans et qui fut présenté en 1780. L'affranchissement des serfs eu formait la base, et lui-même avait préludé a cette grande mesure dès 1760, en abolissant la servitude dans ses terres. Mais il ne fut imité que par un petit nombre de seigneurs, et il vit s'élever contre son généreux projet toute la noblesse polonaise ; il dut s'éloigner des affaires avec la douleur de n'avoir pu le faire adopter. Ce projet a été imprimé en polonais sous le titre de Code des toU judiciaires, rédige en vertu de la constitutiun de 1776 (Varsovie, 1778). Cependant, Zamoyski vécut assez pour voir adopter son
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code avec la constitution de 1791. Il mourut Hannée suivante. Sa femme, née princesse Constance Czartoryska, morte à Vienne en 1796, abolit également la servitude dans ses domaines.
ZAMOYSKI (Stanislas - Kotska - Françoîs- Reinhold), homme politique polonais, fils du précédent, né k Varsovie en 1775, mort à Vienne en 1856. Il entra dans la vie publique en 1795 comme conseiller intime et chambellan de l'empereur d'Autriche, fut nommé, en 1809, président du gouvernement central de Litblin, puis sénateur palatin, fit partie de la déautation chargée d'aller complimenter Napoléon sur son mariage avec Marie-Louise et alla siéger au sénat après l'octroi d'une nouvelle constitution à la Pologne en 1815. Ayant échangé, en 1820, lu ville forte de Zamosk contre des terres, il établit dans ses nouvelles propriétés des écoles, une bibliothèque, et introduisit dans la culture de grandes améliorations. En 1822, il succédai Potocki comme président du sénat et montra dans ses fonctions une soumission entière aux volontés de l'empereur de Russie. Quatre ans plus tard, il devint président d'une commission d'enquête chargée de juger ou plutôt de condamner les membres de la Société patriotique polonaise, accusés de conspiration contre le gouvernement impérial. Cette commission, composée en majorité de Russes, se prononça pour la condamnation des accusés (1827). Ces conclusions soulevèrent une réprobation générale, et le czar, cédant à la voix de l'opinion, fit reviser l'enquête par la haute cour du sénat, qui prononça un verdict d'acquittement. Lors de la révolution qui éclata à Varsovie en 1830, Zamoyski résolut d'abord de se joindre aux patriotes polonais; mais, détourné bientôt de ce projet par les siens, il gagna Saint-Pétersbourg, où il resta jusqu'en 1832. A cette époque, il revint en Pologne, qu'il quitta en 1836 pour se rendre k Vienne, où il termina ses jours. 11 avait épousé la princesse Sophie Czartoryska, qui mourut k Florence en 1836.
ZAMOYSKI (André, comte), patriote polonais, né eu 1800, mort à Cracovie en 1874. Il reçut, de 1812 à 1814, sa première éducation à Paris, continua ses études à Genève et à Edimbourg et, chargé k son retour en Pologne de l'administration des vastes propriétés de son père, acquit des connaissances étendues en économie rurale. En 1823, il entra dans la carrière administrative, devint directeur de la division- de l'agriculture et du commerce au ministère de l'intérieur à Varsovie et, pendant la révolution de 1830, fut lui-même placé quelque temps k la tête de ce ministère. Il fut ensuite envoyé en mission k Vienne, dans le but d'y décider Mettemich à une intervention en faveur des Polonais. Il demeura en Pologne après la chute de Varsovie et s'imposa la noble tâche d'élever le niveau moral de ses compatriotes en travaillant au développement de leur bien-être matériel. Il commença par affranchir les serfs de ses terres, fonda des écoles, établit la navigation k vapeur sur la Vistule, se mit k la tête d'une banque hypothécaire, etc., et sacrifia à ces entreprises une partie de sa fortune. En 1842, il fonda les Annales de l'agriculture et provoqua la création de la Société agronomique, qui eut bientôt des membres dans toutes les parties de la Pologne et dont les séances annuelles avaient lieu k Varsovie. Cette association nationale parut k la fin pleine de dangers aux Russes et aux Polonais russifiés, et, en 1862, peu de temps avant l'explosion des troubles k Varsovie, elle fut supprimée. Il est triste de dire que cette suppression fut due surtout k l'influence d'un Polonais dont le nom est devenu tristement fameux depuis, le comte Wielopolski, adversaire politique et rival du comte Zamoyski, Lorsqu'en août 1862 Wielopolski, alors ministre tout puissant du grand-duc Constantin, vice-roi de Pologne, eut été appelé k la présidence du conseil municipal de Varsovie, Zamoyski donna sa démission de membre de ce conseil. Appelé k Saint-Pétersbourg pour justifier sa conduite auprès du czar, il fut exilé par ce dernier et se retira k Paris, où il résida presque constamment jusqu'à sa mort.
Zampn OU la Fitinr.ee de marbre, opéracotnique en trois actes, paroles de Mèlesville, musique d'Hérold; représenté à l'Opéra-Comique le 3 mai 1831. Depuis trentecinq ans, cet ouvrage est resté constamment au répertoire. L'opéra de Zampa n'a perdu aucune de ses qualités au jugement des gens de goût, et son attrait pour la public n'est pas moindre qu'autrefois, quoique l'exécution en soit généralement très-médiocre. La pièce abonde en situations dramatiques et essentiellement musicales, mais absurdes au fond. On pourrait reprocher kMélesville d'avoir trop imité plusieurs scènes de Don Juan, surtout au dénouaient.
Un corsaire nommé Zampa répand l'effroi par tout le royaume de Naples et rie Sicile. 11 est condamné à mort par contumace, et son signalement est envoyé aux ofticiers chargés de le poursuivre et de l'arrêter. Ce Zani[ja appartient d'ailleurs k une famille qui a rendu des services k l'Etat. Il porte le titre de comte de Monteza. Son frère, nommé Alphonse, beaucoup plus jeune que lui, ne l'a jamais connu et ignore que ce Zampa si redouté n'est autre que son propre frère. Alphonse sert
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dans l'armée du vice-roi; il va épouser Camille Lugano, fille d'un riche négociant. Tout le monde est dans la joie au château; les jeunes filles se parent des présents que leur a faits le fiancé et adressent leurs félicitations k Camille. Dans la galerie du château où cette première scène se passe, on voit une statue de marbre : c'est l'image d'Alice Manfredi, pauvre fille séduite, abandonnée, morte de douleur, dont voici la légende :
D'une haute naissance, Belle comme a seize ans, Alice dan9 Florence Charmait tous les amants; A seize ans, comment faire Pour défendre son cœur?
Un seul parvint a. plaire.
Et c'était un trompeur !
D'un pareil maléfice, Sainte Alice, préservez-nous; Nous prlrons Dieu pour vous.
Flattant sa conûanco, Le traître, avant l'hymen, Lui ravit l'innocence Et disparaît soudain!
II reviendra, dit-elle.
Mais, Ô funeste erreurl Jamais, près de sa belle, Ne revint le trompeur!
D'un pareil maléfice.
Sainte Alice, préservez-nous ; Nous prlrons Dieu pour vous.
Hélas ! sur ce rivage Alice vint mourir, Et cette froide image Semble toujours gémir.
Quand la nuit, on l'assure, Le vent gronde en fureur.
Ce marbre encor murmure Et nomme le trompeur.
Ah! soyez-nous propice, Sainte Alice, veillez sur nous; Nous prlrons Dieu pour vous.
Il y a du sentiment dans cette ballade, dont Hèrold a traduit en musique les deux premiers couplets avec une grâce naïve et développé le troisième d'un manière très-heureuse ; mais l'idée en est singulière. Si on élevait des statues de marbre à toutes les malheureuses Arianes, les carrières de l'Italie ne suffiraient pas k une aussi somptueuse décoration. Mélesville les range, en outre, parmi les saintes; et, oubliant qu'on les invoque alors, mais qu'on ne prie pas pour elles, il laisse échapper cette distraction : Sainte Alice, nous privons Dieu pour vous. Revenons k la suite du récit de la pièce. Alphonse est mandé aux portes du château par des hommes à cheval. Ii croit que ce sont des amis invités k la fête; il part et ne reparaît plus. C'est Zampa qui se présente k sa place. Il est porteur d'une lettre adressée k Camille et signée par son père qui, tombé au pouvoir du corsaire, conjure sa fille de l'aider k recouvrer sa liberté en accordant k Zampa tout ce qu'il exigera pour sa rançon. Camille, effrayée, se réfugie dans son appartement, laissant le château k la merci de Zampa et de sa troupe, qui s'y livrent k une orgie mêlée de terreurs superstitieuses causées par la présence de la statue de marbre. Daniel, l'un des forbans, reconnaît les traits d'Alice Manfredi, jadis séduite par son maître. Celui-ci s'amuse de sa frayeur, s'approche de la statue et lui passe au doigt son anneau en lui disant qu'il la prend pour sa fiancée jusqu'au lendemain. La statue étend son brus et le ramène sur sa poitrine comme pour garder l'aimeau. Les pirates, consternés, tombent à genoux, et Zampa fait de vains efforts pour ranimer l'audace impie de ses compagnons. Ce finale du premier acte produit un grand effet au théâtre.
Au deuxième acte, la toile se lève sur un décor représentant le bord de la mer, où des femmes sont agenouillées devant une image de la Madone. Rien n'est plus frais que ce lever du rideau, après les émotions violentes de la dernière scène. A la suite de l'air du triomphateur Zampa, il y a une rencontre fort comique et de bon goût entre Daniel, ancien pêcheur, mari de Ritta) qu'il a quittée depuis dix ans pour suivre Zampa , et sa femme, devenue la servante de Camille. Au moment où Ritta témoigne k Daniel la joie qu'elle éprouve de le revoir et l'assure de sa fidélité constante; un certain Dandolo, chargé du rôle de poltron dans la pièce, accourt et annonce k Ritta que leurs bans sont publiés et que dans deux jours ils seront maries. Daniel, qui commençait k s'attendrir, entre en fureur k cette nouvelle. Cet épisode,- qui se rattache naturellement k l'action, est heureusement imaginé. Alphonse a pu s'échapper des mains des pirates. Sou rôle est ingrat, et, quoiqu'il ait k chanter de charmants morceaux, il n'intéresse pas assez. Il apprend, de la bouche même de Camille, qu'elle va épouser Zampa. Une lettre du vice-roi lui fait connaître k la fois que Zampa est le comte de Monteza, son frère, et que le souverain lui accorde sa grâce k la condition qu'il expiera sa conduite passée en servant dans la marine de l'Etat. Alphonse brise son épée et s'éloigne, pendant que Zampa et Camille se rendent au pied de l'autel; lk encore se trouve la statue, qui pose sa froide main sur l'épaule de Zampa. La présence de ce témoin inat-
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tendu le glace deterreur. Ici se termine !e second acte.
Le châtiment du corsaire occupe l'esprit du spectateur pendant le dernier acte ; mais cette scène est précédée de deux incidents d'un effet délicieux. D'abord, c'est une bare.arolle plaintive chantée par Alphonse, qui s'éloigne, et par Camille, qui cherche k le consoler tout en gémissant sur sa propre destinée. Ensuite, c'est une sérénade chantée discrètement par le choeur, et qui s'adresse au bonheur présumé des époux. Ce qui suit est moins heureux. Alphonse revient, veut déterminer celle qu'il aime à le suivre. Zampa le fait entraîner par ses amis. Le pauvre Alphonse disparaît pour la troisième fois. Resté seul avec Camille, qui le supplie de lui permettre de se retirer dans un couvent, Zampa repousse ses prières et veut user de ses droits; mais au moment où il atteint son infortunée victime, s'enfuyant k son approche, il se trouve entre les bras de la statue de marbre, qui s'engloutit avec lui. Un dernier tableau montre Camille, son père et Alphonse réunis. Le chœur persiste k pritr pour sainte Alice, et il a raison, puisqu'elle se trouve en si mauvaise société.
L'ouverture de cet opéra est une suite des motifs les plus brillants et les mieux orchestrés; mais -ce n'est plus l'ouverture telle que les prédécesseurs d'Hérold l'avaient conçue) et fait accepter, telle que lui-même l'avait comprise pour son Pré aux clercs. Mozart, Beethoven avaient déjà donné k cette préface de l'œuvre dramatique des formes d'un caractère généralisé. Mehul, Cherubini, et à leur exemple les compositeurs de ce temps, écrivirent îles morceaux spécialement appropriés au genre d'ouvrages qu'ils avaient k traiter, sans leur emprunter les motifs principaux pour en faire une sorte de pot pourri, une macédoine de thèmes juxtaposés, sans autre liaison qu'une marche harmonique ou des gammes modulantes. Les belles ouvertures de Rossini, depuis celle de Tancredi jusqu'à celle de Guillaume Tell, sont des préfaces véritables, tantôt gracieuses et sémillantes, tan tôt grandioses et magnifiques. Boieidieu a introduit un des premiers, dans ses ouvertures, des réminiscences ou plutôt un avant-goût des motifs épars de ses opéras. Hérold et Auber ont suivi cet exemple. Les thèmes étaient agréables ; on les entendait avec plaisir plusieurs fois dans la soirée, bis repetita placent, et les formes de l'ancienne ouverture ont été délaissées, proscrites, oubliées. L'ouverture de Zampa se compose de cinq thèmes empruntés au chaut.
On a comparé souvent Zampa au Pré aux clercs, et on s'est demandé lequel de ces deux chefs-d'œuvre devait être préfère k l'autre. Notre avis est que l'un ne doit pas faire dédaigner l'autre. 11 y a peut-être dans le Pré aux clercs une couleur plusoriginule, un sentiment plus exquis ne lu grâce. Le lieu de la scène, l'atmosphère de la cour des Valois, la valeur littéraire de la pièce ont exercé leur influence sur la nature des inspirations d'Hé rold. Mais au point de vue du style, de la manière u'éerire, de la fécondité des ressources musicales, de la clarté du discours mélodique, Zampa offre un ensemble de qualités supérieures. Les situations dramatiques y sont accusées par le musicien avec plus de fermeté que dans tous ses autres ouvrages, sans en excepter la fameuse scène du bateau, au dernier acte du Pré aux clercs. Au premier acte, l'oreille de l'auditeur ne chôme pas. Après te chœur des jeunes filles : Dans ses présents, que de magnificence, Camille chante un air dont la première phrase est charmante : A ce bonheur suprême. La ballade, k laquelle le timbre ues ciunnettes donne un caractère légeudaire et naïf ; le trio, .accompagna d'un sol paSSO si vif; le quatuor majestueux : Le voilât que mon àmeesc émue! le meilleur morceau de l'ouvrage, avec le duo du troisième acte, et enfin le trio final : Au plaisir, à ta folie, d'une grande variété d'effets, telle est la partie musicale du premier acte. Le second n'est pas moins riche. Tout le monde connaît le suave cantique pour trois voix de femme : Aux pieds de la Madone, ainsi que l'air : Il faut céder à mes lois, si bien approprié, par son accompagnement lé» ger et spirituel, k l'usage des Don Juan français. Le duo de la reconnaissance : Juste ciel, c'est ma femmel est plein d'entrain, d'intelligence scènique et de bon goût. Hérold, livré à lui-même et non surexcité par une situation dramatique imposée, était mélancolique. On saisit parfaitement ce côté de son caractère dans ce passage : Mêlas! è douleur! il me croit infidèle! connue aussi dans la barcarolle du troisième acte ; Où vas-tu, pauvre gondolier? Lu ronde: Douce jouvencelle, bien encadrée dans le choeur, a été populaire. On est moins frappé du commencement du finale ; mais le compositeur se relève à la strette ; Tout redouble mes alarmes, où le fa naturel sur le mi pédale confluence une de ces phrases inspirées qui suffisent pour prouver le génie. Nous avons parlé plus haut des mélodieux morceaux qui ouvrent le troisième acte ; il ne nous reste plus qu'k rappeler le célèbre duo : Pourquoi trembler, entre Camille el.Zainpa. La puissance dramatique de ce morceau et son expression passionnée ont fait croire k bien des personnes que l'opéra de Zampa aurait mieux convenu à la salle de la rue Lepelletier qu'à l'Opéra-Comique. C'est une grave erreur. Hérold était uu
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grand musicien, un compositeur doué de génie, d'invention, d'una rare sensibilité ; mais il suffit de jeter les yeux sur ses purtitions pour reconnaître que tous ses motifs si abondants, si serrés, r'nnvcnaient au cadre pour lequel ses compositions ont éié faites; qu'ils seraient amoindris et insuffisants sur une vaste scène ; que son harmonie, piquante et variée, perdrait la grâce de ses détails si elle était noyée dans une plus forte sonorité. Les rôles ont été créés par Chollet, M""> Casimir,
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Mmo Boulanger, FéréoletMoreau-Sainti. Celui de Zampa a été tenu depuis avec succès par Masset et très-convenablement par Montaubry, Mme Rossi-Caccia a été la meilleure chanteuse qui ait interprété le rôle de Camille, plus tard chanté par M"0 Cicordaus celui de Dandolo, Sainte-Foy est resté inimitable. M. Vauthrot a publié une bonne réduction de cet ouvrage pour piano solo.
Nous donnons la barcarolle du troisième acte et la ronde : Douce jouvencelle.