MÈRES TAN
A.b.1 que vols-je? ahl ma sœur... Barbare! Qu'as-
£tu fait 7
A ce mot de sœur, Orosmane connaît son erreur, il comprend le bonheur qu'il a perdu :
..,...., Sa sœur!...
Zaïre !... elle m'almaitî Est-il bien vrai, Fatîme? Sa sœur 1... J'étais aimé !...
Ce mot si simple, et après lequel il ne reste plus à Orosmane qu'à se poignarder sur le corps de Zaïre, fait beaucoup d'effet à la scène.
• La beauté unique du caractère d'Orosmane, dit Laharpe, l'art de l'intrigue, la progression de l'intérêt soutenue jusqu'au dernier vers, la réunion de tout ce que la nature et les passions ont de plus puissant pour émouvoir, de tout ce que le malheur extrême peut inspirer de pitié; le degré d'intérêt proportionnellement ménagé dans tous les personnages, la vérité des sentiments, le charme continuel du style, malgré quelques négligences ; le prodigieux eftet qui résulte de cet ensemble et qui est le même sur tous les ordres de spectateurs, tout me fait voir dans Zaïre l'ouvrage le plus éminemment tragique que l'on ait jamais conçu. Ella fait pleurer le peuple comme les gens instruits, et, quand les ressorts et l'exécution sont admirés des connaisseurs, si l'effet peut aller jusqu'à devenir pour ainsi dire populaire , c est sans contredit le plus grand triomphe d'un art qui a pour but principal d'émouvoir les hommes rassemblés. »
Zaïre (Zaïra), opéra italien, livret de Romani , musique de Bellini ; représenté à Parme le 10 mai 1829. Le poôme n'était pas heureusement conçu pour la musique. Le compositeur fut inférieur à lui-même, et la partition éprouva un échec complet. Les rôles de Zaïra furent chantés par Lublache, Inchindi, le ténor Trezzini, M™cs Méric-Lalande et Cecconi. Bellini prétendit à cette occasion que le public parmesan était prévenu contre son œuvre : • Un publico ama~ ramente inclinato a sprezsare quell' opéra. • Quoi qu'il en soit, cet ouvrage ne fut jamais repris.
Zaïro {Zaïra), opéra italien, musique de Mercadante; représenté k Naples en 1S31. C'est un des meilleurs ouvrages du compositeur. 11 a obtenu un beau et durable succès, prolongé encore par l'exécution dans les concerts de plusieurs morceaux excellents. Nous citerons la cavatine pour baryton: Ahl se questo di mia vita; le duo pour soprano et ténor : Segui, deh l segui, et un autre duo pour soprano et basse : D'immenso amore.
Zaïre, opéra en trois actes, musique du duc de Saxe-Cobourg-Gotha, Ernest II ; représenté sur le théâtre de la cour de Gotha le îlïévrier 1843. Le sujet est emprunté à la
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tragédie de Voltaire. lie prince a écrit depuis cette époque plusieurs ouvrages estimés. ZAÏRE oit CONGO, fleuve de l'Afrique australe, dans la Guinée méridionale. Il prend .sa source dans les monts Chinges, chez les lieras, par 12° de lutit. S., coule d'abord au N., puis au N.-O. et ensuite à l'O., à travers les royaumes do Humé, des Cachantes, de Cancobella et de Holo-ho, reçoit l'IIogi. le Louimbi, le Bancoia et se jette dans l'Atlantique par une embouchure "de 4 kilom, de largeur, après un cours peu connu, évalué à 3,000 kilom. La rapidité de ce fleuve, peuplé de crocodiles et d'hippopotames, est telle que vers son embouchure aucun navire ne peut lutter contre le courant; on ne parvient a le remonter qu'en serrant la côte et en se plaçant sous l'abri des îles dont son cours est semé. A mesure qu'on avance, ces lies deviennent plus nombreuses et offrent aux embarcations légères des passages obliques, où elles peuvent naviguer facilement. Le Zaïre fut découvert en 1484 par le navigateur portugais Diego Cano, qui le nomma ainsi d un mot indigène qui veut dire grand fleuve.
ZAÏTHE s. f. (za-i-te — de l'hébr. zailh, olive). Entom. Genre d'insectes hémiptères hétéroptères, de la famille des népiens, comprenant deux espèces, qui habitent l'Amérique.
ZAKRZEWSKI (Ignace-Wyssygota), patriote polonais, né à Bialecz eu 1744, mort en 1802. En 1792, il usa de toute son influence pour amener le peuple à soutenir la constitution de 1791, rit partie de la diète comme nonce ou député de Posen et devint président du conseil municipal de Varsovie. Lorsque, en 1794, Kosciusko eut levé l'étendard de l'indépendance et chassé les Russes de Varsovie, Zakrzewski fut nommé membre du conseil suprême de gouvernement et eut la charge spéciale de la police et des vivres. Après l'occupation de Varsovie par les troupes de Catherine II, il fut arrêté à Sandomir et transféré dans une forteresse jusqu'à l'époque de l'avènement de Paul 1er. Ayant alors recouvré la liberté, il se retira en Gallicie, où il termina ses jours dans la retraite.
ZAL s. m. (zal). Gramm. Onzième lettre de l'alphabet turc, correspondant à notre d.
ZALAD, coinitat de Hongrie. V. Szalad.
ZAL AMI! A, bourg d'Espagne, province de Badajoz, juridiction et k 25 kilom. S. de Castuera, sur un rocher granitique ; 3,600 hab.
ZALAMEA LA REAL , bourg d'Espagne, province et à 66 kilom. N.-O. de Séville ; 4,000 hab. Fabrication de lainages, tanneries, blanchisseries de cire, bougies ; distilleries d'eau-de-vie.
ZALAQUE s. m. (za-la-ke). Bot. Genre de palmiers, de la tribu des calamées, comprenant deux espèces, qui croissent dans l'Inde et les Iles voisines. Il On dit aussi zalacca.
— Encycl. Les zalaques, confondus autrefois avec les calamus ou rotangs, sont des palmiers acaules ou a tige rudimentaire; à feuilles très-grandes, pennées, hérissées de longs et robustes aiguillons sur leur pétiole et leur rachis, et réunies en grosses touffes radicales. Les fleurs sont dioïques, groupées en spadiee rameux et colorées en rose ou en jaune rougeâtre. Le- fruit est charnu, avec une enveloppe extérieure consistante et brunâtre. Ces végétaux croissent aux Indes orientales et dans les îles voisines. Leurs fruits ont une chair de saveur acidulé qui les rend agréables à manger et les fait employer en médecine comme rafraîchissants. Ce genre ne renferme jusqu'à présent que deux espèces, les zalaques de Blume et de Wallich.
ZALASZOWSKI (Nicolas), écrivain polonais, né clans la seconde moitié du xvn» siècle, mort vers 1705. Il fut archidiacre de Posen. On a de lui : Jus regni Polonia (Posen 1693-1702, £ vol. in-fol.), traité de jurisprudence polonaise, comparée avec le droit romain, les lois saxonnes et le droit canon ; De potestate capituli, sede vacante (Posen, 1706, in-4»), ouvrage posthume.
ZALATUNA ou ZLAGNA, bourg de l'empire d'Autriche, dans la Transylvanie, à 26 kilom. N.-O. de Carlsbourg, sur l'Ampoly ; 5,000 hab., Hongrois, Allemands et Valaques. Riches mines d'or, d'argent, de cuivre, de plomb et de mercure. B'onderies; orpuillage dans l'Ampoly. Les mines de Zalathna étaient connues et exploitées par les Romains.
ZALÈGUE s. m. (za-lè-ghe). Entom. Genre d'insectes hémiptères hétéroptères, de la famille des scutellériens, tribu des pentatomites, dont l'espèce type habite la Guyane.
ZALE1E s. f. (za-lè — du gr. sa, beaucoup ; leios, lisse). Bot. Syn. et section des trianthèmes, genre de portulacées.
ZALESKI (Bogdan), célèbre poëte polonais, né à Bohatyrka (Ukraine) en 1802. II fit ses études au collège de Human, où de bonne heure il montra de remarquables aptitudes poétiques, et partit, en 1820, avec Séverin Goszezynski pour Varsovie, où il acheva son instruction. En 1830, Zaleski servit dans la guerre de l'indépendance nationale sous les ordres du général Skrzynecki, dont il devint l'aide de camp. Il fut à la même époque élu député à la diète de Pologne par le district
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de Taraszcza. Après la défaite des armées polonaises, il se réfugia en France d'où il fit de nombreux voyages en Allemagne, en Syrie, en Palestine et surtout en Italie. 11 apprit pendant ces voyages plusieurs langues européennes et dialectes slaves et traduisit en vers des po&mes de Pétrarque, de Gœthe, de Schiller, des anciens bardes de la Serbie. Zaleski n'avait fait imprimer avant 1830 que des extraits de ses œuvres dans les revues périodiques. Le premier recueil de ses poésies ne parut qu'en 1837 à Lemberg, le second à Paris en 1841. De bonne heure, il s'était pénétré de l'esprit des poètes populaires de l'Ukraine. Ses principaux ouvrages sont : les Dumy, ou chants sur les faits et gestes des héros de l'Ukraine ; les Dumki, Kumki, fantaisies et chansons pleines de sentiment et de mélancolie, et las Rusalki, poésies qui ont une certaine analogie avec nos romances, limages enchanteresses qu'une imagination luxuriante a développées sur un fonds de traditions, de proverbes et de contes populaires de l'Ukraine; » elles jouissent en Pologne d'une rare popularité. On a encore de Zaleski : l'Esprit des steppes (1842; 2e édit., 1867), épopée lyrique, passant en revue tous les faits principaux de l'humanité, le caractère et la mission des peuples slaves et qui se termine par une prophétie sur le sort réservé à ces nations; enfin, la Sainte Famille, tableau de la vie de Jésus-Christ, de ses parents, dans lequel on reconnaît une grande forcé de pensée et d'expression, dans un sujet qui ne laisse pas de plaire à l'imagination, et une connaissance exacte du pays que le poste avait visité et étudié avec soin. M. Zaleski vit actuellement retiré à Villepreux (Seine-et-Oise). « Ce qui constitue la plus grande valeur artistique de tous les chants de Zaleski, dit M. Nehring, c'est une narration claire, limpide et facile à comprendre, même dans les élans les plus élevés et les plus enthousiastes de sa pensée et de son imagination ; avec cela le rhythme, l'harmonie et le style sont toujours à la hauteur de ses conceptions. On reconnaît partout les souvenirs de la patrie, la couleur locale et un sentiment de profonde tristesse que l'exil et la perte de l'indépendance de son pays ne rendent que plus sincères et plus vibrants. • Les Œuvres complètes de Zaleski ont été publiées à Posenen 20 volumes (1842), à Pétersbourg en 40 volumes (1854). L'Oratorium parut en 1863 ; une nouvelle édition complète est en cours de publication à Lemberg (1876). — Joseph Zaleski, frère du précéden t, né en Ukraine en 1788, mort à Paris en 1864, s'engagea de bonne heure, fit la campagne de Russie, fut décoré à Dresde en 1813, prit part en 1814 k la défense de Paris, où il fut grièvement blessé. De retour en Pologne, il servit en qualité de major dans l'année nationale en 1830. Après la chute de sa patrie, il se réfugia en France.
ZALESK1-FALKENHAGEN (Pierre), économiste polonais, né à Owrucz (Volhynie) en 1809. Son nom de famille était Falkenhagen. 11 lit ses premières études dans sa ville natale, les termina brillamment au lycée de Krzemienie'c et.se rendit k Pétersbourg, où il entra dans l'administration. A la nouvelle de l'insurrection de Pologne, il donna sa démission et revint dans sa patrie par la Suède et par l'Allemagne. Ce voyage, allongé par les quarantaines établies à cette époque de choléra, ne lui permit d'arriver en Pologne que quelques semaines avant la prise de Varsovie. Il s'engagea dans le corps de Rozycki, cfui fut peu de temps après forcé de se réfugier en Prusse. Falkenhagen, pour ne pas compromettre sa famille, laissa ignorer la part qu'il avait prise à l'insurrection et changea, en 1832, son nom en celui de Zaleski. Il se rendit en Angleterre, puis, en 1833, en Ecosse, où il rédigea avec son compatriote Zaba une revue périodique en anglais, intitulée : The Polish Exile. Zaleski vint ensuite à Paris et y publia une traduction française de l'ouvrage du colonel anglais Chesney, sur l'organisation d'un service à-vapeur sur l'Euphrate et sur le Tigre. De retour en Ecosse en 1835, il se lia avec lord Cochrane, président de la haute cour de justice, et publia plusieurs travaux historiques et statistiques en anglais, très-estimés. A Londres, où il s'établit ensuite, il fut, de 1S36 à 1840, secrétaire de M. Wentwwth et collaborateur de la British and Foreign Reviexo, dont Beaumout était propriétaire.
Chargé depuis 1836 de traductions du russe en anglais par le ministère des affaires étrangères, Zaleski traduisit plusieurs ouvrages importants sur le Caucase. Devenu le précepteur des enfants de M. Fox, il alla habiter la cfampagne, mais il continua d'écrire dans les journaux de Londres. Ami de l'économiste James Wilson , qui fut plus tard membre du Parlement et ministre des finances dans l'Inde, Zaleski prit part avec lui à la ligue contre la loi sur le blé. En 1841, il fonda une maison de commerce et devint une des collaborateurs de la revue libre échangiste The Economist, fondée par Wilson. Il alla continuer ses opérations commerciales pendant plusieurs années à Paris, puis il se rendit en 1859 à Varsovie, où il resta jusqu'en 1861. Il traita dans les revues de cette ville des questions économiques et financières, exposant avec autant d'érudition que de clarté des théories dont la plupart,
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notamment celles relatives à la fondation de maisons de commission, furent justifiées par le succès. Zaleski est depuis longtemps établi à Dresde. Outre un grand nombre d'articles insérés dans des revues anglaises et polonaises, on a de lui les ouvrages suivants, en polonais : les Maisons de commission des agriculteurs et leur influence sur l'agriculture, sur le commerce et sur le développement du commerce et du crédit (Varsovie, 1861, in-8°); les Institutions de crédit dans notre pays (Varsovie, 1861, in-8<>); les Associations commerciales et industrielles, leur principe , leur forme et leur organisation (Varsovie, 1861); les Pria: élevés des produits de ta terre et les maisons de commission des agriculteurs (Varsovie, 1361, in-8°) ; Théorie et pratique des banques appliquées à notre pays (Varsovie, 1862, in-8°). Zaleski a publié, en outre, en anglais : Atlas containing ten maps of Potaiid, avec tableaux statistiques et ethnographiques.
' ZA1ESZCZYK1, ville de l'empire d'Autriche, dans la Galicie, chef-lieu de cercle de Czorthow, à 164 kilom. S.-E. de Lemberg, sur le Dniester; 5,600 hab., dont plus de 3, 500 juifs.
ZALEUCUS, législateur des Locriens Epizéphyriens de la Grande-Grèce. On ne sait rien de bien certain sur sa vie, et son existence même a été mise en doute. Toutefois, au temps de Cicéron, sa mémoire était encore vénérée par les Locriens. Il naquit, suivant quelques auteurs, vers l'an 700 avant notre ère, un siècle avant Pythagore, dont on l'a regardé k tort comme un disciple, et donna un code de lois à sa patrie vers 670. Le texte de ces lois est' perdu; on en trouve seulement quelques traits épars dans les auteurs anciens. Le préambule nous a été conservé en substance par Diodore de Sicile, et textuellement par Stobée. Voltaire le considère (Essai -sur les mcsurs) comme le morceau le plus sublime et le plus simple à la k la fois que nous ait transmis l'antiquité. Il respire en effet le spiritualisme le plus pur et la morale la plus austère. C'est une Sorte de déclaration des devoirs que prescrivent aux citoyens l'amour de la divinité, l'attachement k la patrie, le respect des lois et des magistrats, la concorde, la tempérance et la vertu. D'après les traits épars chez les anciens, on peut conclure que legouvernement établi par Zaleucus était aristocratique. L'administration se concentrait entre les mains de cent familles; le conseil ou sénat était composé de mille membres investis du pouvoir législatif et judiciaire. Un magistrat suprême, nommé cosmopolis, était chargé d'interpréter les lois et de les défendre contre toute innovation. Quiconque proposait une loi nouvelle était obligé de se présenter la corde au cou devant l'assemblée des mille (nommée quelquefois improprement l'assemblée du peuple); si la loi était rejetée, il était étranglé sur-le-champ. On retrouve, en un mot, dans cette antique législation les principaux caractères de l'organisation des cités doriennes. Les traditions n'ont pas oublié de mettre Zaleucus au nombre de ces législateurs mythiques à qui leurs propres lois ont été funestes. Il avait ordonné que l'adultère fût privé de la vue. Son propre fils ayant été convaincu de ce crime, le peuple voulait lui faire grâce ; mais l'austère magistrat, par un trait analogue à l'inflexibilité farouche du premier Brutus, résista aux prières des Locriens et confirma la sentence. Seulement, pour concilier sa tendresse de père avec ses devoirs, il sent arracher un œil afin de soustraire le coupable à la moitié du supplice. On a quelquefois confondu Zaleucus, ou du moins ses institutions, avec celles de Charondas, qui contribua comme lui au développement de la civilisation dans la Grande- Grèce.
ZALKIND-HOURW1TZ, juif et publiciste polonais, né k Lemlin (Lithuanie) vers 1740, mort en 1810. Poussé par le désir de s'instruire, il quitta son pays natal, visita Berlin, Nancy, Strasbourg et vint, peu de temps avant ia Révolution, se fixer à Paris où, pour vivre, il fit pendant le jour le commerce des vieux habits et consacra une partie de ses nuits à l'étude. Lorsqu'il se fut rendu familière la langue française, il écrivit dans les journaux quelques articles remplis d'une originalité caustique et concourut, en 1790, au prix proposé par l'Académie de Metz sur la question de la Régénération politique des Juifs. Son mémoire, remarquable par l'originalité et par un savoir profond, fut couronné avec celui de l'abbé Grégoire et attira vivement l'attention publique sur son auteur. Mirabeau le cita dans un de ses écrits, et bientôt après le pauvre marchand d'habits fut attaché à la conservation des manuscrits orientaux k la Bibliothèque nationale. Zaikind continua à publier des articles de journaux et quelques écrits, dont l'un a pour titre : Polyyraplxe. Lors de l'assemblée des juifs convoquée à Paris en 1806, il fut consulté par la commission qui prépara les décisions du sanhédrin; mais sa position et son extérieur misérable empêchèrent de l'admettre dans cette assemblée.
ZALL1NGER (Jean- Baptiste de Thukn), jésuite et écrivain allemand, né à Botzen (Tyrol) en 1731, mort dans la même ville en 1785. Il professa successivement la philosophie au lycée d'Inspruck, la physique au
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collège de Deux-Ponts (1773), l'histoire naturelle à l'Académie de cette ville, et composa divers écrits, parmi lesquels nous citerons : Conspectus asserlionum ex universa phihsophia tam theorica quant praclica (Trente, 1766, in-4<>); De ortu frugum ex mechanismoplantarum (Deux-Ponts, 1709, in-40); De viribus corporum (Inspruck, 1769, in-4°); De morbis plantarum eognoscendis et curandis (Inspruck, 1773, in-4°) ; Sur les moyens les plus prompts et les plus efficaces pour améliorer dans le Tyrol l'état de l'agriculture (Inspruck, 1769, in-8°).
ZALL1NGER (Jacques-Antoine), écrivain allemand, parent du précédent, né k Botzen en 1735, mort vers 1802. Comme son parent, il entra dans l'ordre des jésuites et, après avoir professé le droit canon et la physique k Dilliugen, il devint recteur du lycée Saint- Sauveur à Augsbuurg. Ses principaux ouvrages sont : De lege gravitatis universalis (Munich, 1769, in-4°) ; De expositions physica demonstraliomim maihematicarum (Munich, 1772, in-4") ; Interpretutio naturs , îe>u philosoptda JYewloniana methodo exposita (Augsbourg, 1773-1775, 3 vol. in-S°); Instituliones jurîs naturatis et ecclesiastici publici (Augsbourg, 1784, in-8<>); Réflexions historiques sur le congrès d'Ems (Leipzig, 1787, in-8°); Disquisitionum philosophie Kantian& libri duo (Augsbourg, 1799, in-S»).
ZALLINGER (François-Séraphin de Thurn), jésuite et physicien allemand, parent des précédents, né a Botzen eu 1743, mort au commencement du xixo siècle. 11 fut professeur de philosophie et de physique au lycée d'Inspruck et acquit la réputation d'un savant distingué. Nous citerons, parmi ses ouvrages : Sur la cause des inondations {dans le Tyrol (Inspruck, 1779, in-8°); Sur l électricité dans certains corps que l'on a découverts dans le Tyrol (Inspruck, 1779, in-8°) ; Sur la chaleur respective des différentes contrées (Inspruck, 17s7, in-8c); Sur le perfectionnement des caftes particulières de géographie (Inspruck), etc.
ZALLWE1N (Grégoire), bénédictin et canoniste allemand, ne k Oberwiehtuch (Palatinat) en 1712, mort à Salzbourgen 1766. Après avoir été prieur des bénédictins de Wessebrunn, en Bavière, en 1744, il dirigea le séminaire de Strasbourg, en Illyrie, y professa pendant cinq ans la théologie, l'histoire ecclésiastique, le droit canon, puis occupa, de 1749 à 1759, à l'université de Salzbourg, dont il devint recteur en 1759, une chaire de droit canonique. Sa connaissance approfondie du droit public de l'Allemagne, son éloquence, le charme de son enseignement attirèrent autour de lui un grand nombre d'étudiants. Ses ouvrages, dans lesquels on trouve quelques contradictions, attestent, un vaste suvoir. Les principaux sont: Fontes originarii juris canonici (Salzbourg, 1751, in-4») ; Jus ecclesiasticum particulare Germanise (Augsbourg, 1757, iu-4°); Collectiones juris ecclesiastici antiqui et novi (Salzbourg, 1759-1760, 4 vol. in-40); Principia juris ecclesiastici universalis et particularis Germanise (Augsbourg, 1763, 4 vol. iu-8°), un de ses meilleurs ouvrages.
ZALMOX1S, législateur mythique des tribus gétiques de la Thrace. V. Zamolxis.
ZALT-BOMMKL. V. BommbL.
ZALUSK.1, nom d'une famille polonaise, qui a joué un certain rôle dans l'histoire politique et littéraire de sa patrie. Ses membres les plus connus sont :
ZALUSKi (André-Chrysostome), prélat et homme d'Etat polonais, né en 1650, mort en 1711. Il fit ses études aux universités de Vienne et de Gratz, entra dans les ordres, devint en 1674 chanoine de Cracovie et fut chargé, à la même époque, de notifier l'élection de Sobieski aux cours de France, d'Espagne et de Portugal. Quatre ans plus tard, il fut nommé secrétaire de la couronne, puis, en 1683, êvèque de Kiew et de Czernigow et négocia, la même année, aveu l'Autriche le traité qui amena Sobieski au secours de Vienne, assiégée par les Turcs. Promu, en 1691, évoque de Ploek et, peu après, chan» celier de ia reiue Marie-Casimite, il embrassa, à la mort du roi, le parti du prince de Conti, l'un des compétiteurs à la couronne, mais n'en fut pas moins nommé par . le nouveau roi, Auguste II, évèque de. Warmiu et grand chancelier de la couronne (1699). Sous Stanislas Lesczynski, il fut un instant en disgrâce ; mais, après le règne éphémère de ce prince, il repritses premières fonctions , qu'il remplit jusqu'à sa mort. Orateur éloquent et écrivain distingué , l'évêque Zaluski a laissé , outre des tra* duclîons d'ouvrages ascétiques français^ italiens et espagnols, deux recueils de discours et de sermons, etdes E pistais historiés familiares (Braunsberg, 1709-1711, 6 vol.), qui primitivement n'étaient pas destinées a 1 impression et qui renferment des matériaux précieux pour 1 histoire du règne de Jean III ■Sobieski.
ZALUSKI (André-Slanislas-Kotska), prélat et homme d'Etat polonais, neveu du précédent, né en 1694, mort en 1758. Nommé à l'âge da treize ans chauoine de Cracovie, il alla de bonne heure voyager à l'étranger avec son frère, Joseph André, assistaà Paris au sacre de Louis XV et obtint à Rome le diplôme de docteur en théologie • de re-
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tour en Pologne, il fut nommé par Auguste II évêque de Plock, et, bien qu'il eût été au nombre des partisans de Stanislas lorsque ce prince fut réélu en 1733, il n'en devint pas moins, deux ans plus tard, grand chancelier de la couronne, fonctions qu'il remplit pendant dix ans. Il devint, dans la suite, évêque de Cracovie et chancelier de l'Académie de cette ville. Il montra le zèle le plus vif pour l'encouragement des lettres en Pologne et réunit son importante bibliothèque a celle de son frère, dont nous parlons k l'article suivant.
ZALUSKI (Joseph-André), prélat et bibliophile polonais, frère du précédent, né en 1702, mort en 1774- Il acquit de bonne heure des connaissances étendues dans l'histoire politique et littéraire de sa patrie et, après avoir employé plusieurs années à voyager en Allemagne, en Hollande, en France et en Italie, entra, k son retour en Pologne, dans l'état ecclésiastique. Nommé chanoine de Plock et grand référendaire du royaume, il embrassa, k la mort d'Auguste II, le parti de Stanislas Leczynski, qui l'envoya à Rome annoncer au pape son élection. Zaluski demeura trois ans en Italie, et comme, dans cet intervalle, Stanislas avait été forcé de quitter la Pologne, il le rejoignit en Lorraine et obtint de Louis XV las abbayes de Fontanette et de Villars. Mais le désir de revoir sa patrie le décida bientôt à demander k Auguste III l'autorisation de rentrer en Pologne. 11 l'obtint, et, peu après son retour, il fut promu évêque de Kiev. Oe fut alors que, de concert avec son frère aîné, il entreprit de former une bibliothèque telle qu'il n'en existait pas en Pologne. Il sacrifia la plus grande partie de sa fortune à acheter des ouvrages aux bibliothèques étrangères et à celles îles couvents polonais et finit par réunir plus de 230,000 volumes. Jamais en Europe un simple particulier n'avait formé à ses frais une pareille collection. En 1748, il en fit don à la nation, et elle fut établie dans un bâtiment particulier à Varsovie. Il continua néanmoins avec la même ardeur à l'augmenter encore, et le nombre des ouvrages qu'elle renfermait s'éleva bientôt à près de 300,000. A la diète de 1767, il s'éleva avec force, ainsi que plusieurs autres prélats polonais, contre les dissidents, qui étaient protégés par les Russes, fut arrêté par ordre de Repnin, ambassadeur de Catherine II, et exilé à Kalouga, d'où il ne revint qu'en 1773. A son retour, raconte-t-il lui-même, il eut le cœur brisé en voyant l'état déplorable dans lequel se trouvait sa bibliothèque. Le bibliothécaire, Janocki, bibliographe éminent, était devenu presque aveugle, et le sous-bibliothécaire qu'on lui avuit adjoint avait vendu à vil prix un>grand nombre des volumes de cette précieuse collection. Zaluski eut la douleur, en mourant, de voir qu'aucune de ses intentions n'avait été remplie. Dès 1761, il avait formellement exprimé la volonté que la bibliothèque fût administrée par les jésuites; mais cet ordre fut supprimé avant sa mort, et elle passa sous la direction du comité d'éducation. De pins, il avait cru travailler pour ses compatriotes, et ce furent les ennemis de sa patrie qui profitèrent du fruit des travaux de toute sa vie. Lors du dernier partage de la Pologne en 1795, les Russes s'emparèrent de la bibliothèque et la transportèrent à Saint-Pétersbourg, où elle forma le fond de la bibliothèque impériale actuelle. Beaucoup des ouvrages qu'elle renfermait furent perdus ou détruits en route, mais, une fois arrivée dans cette ville, elle se composait encore de 262,640 volumes et de 25,000 gravures environ. Elle fut augmentée, dans la suite, par la confiscation de la bibliothèque du prince Czartotyski.k Pula"wy,et de celle des Amis des sciences, à. Varsovie, puis par diverses acquisitions; mais quelque magnifique et quelque considérable qu'elle puisse être aujourd'hui, ce n'est pas une collection dont les Russes puissent s'enorgueillir avec une légitime fierté.
Zaluski exerça une féconde influence sur la renaissance de la littérature polonaise. Il fut l'ami intime et le protecteur de Konarski, auquel il fournit une partie des fonds nécessaires pour publier sa grande collection des Volumina legum. Il avait consacré les loisirs de son exil k écrire de mémoire un important ouvrage bibliographique, que Muezkowski a publié depuis sous ce titre : Bibliothèque des historiens, des diplomates., des jurisconsultes et autres auteurs polonais ou étrangers qui ont écrit sur ta Pologne (Cracovie, 1852, in-4°). Nous citerons encore parmi ses écriis : Anatecta Instorica (Varsovie, 1731, in-40) ; Spécimen historix Polonim criticx (Dantzig, 1733, in-fol.J; Conspectus notas collectionis legum ecclesiasticarum Polonis (Varsovie, 1744, in-4°); Bibliotheca poitarum polonorum (Varsovie, 1752-1756, 5 vol. in-4°); JSlanuale juris publia Potonise in staturegni acephalo (Varsovie, 1764,in-8û), traduit en français par Duclos (Varsovie, 1764, in-8°); Evénements qui ont frappé J. A. Zaluski, évêque de Kiew, pendant sa captivité en Bussie (Varsovie, 1773, in-4°), sorte d'autobiographie, assez sèche et écrite en Vers blancs.
ZALUSKI (Joseph-Henri), général polonais, né à Oyçow, près de Cracovie,en 1787, mort en 1806. Il entra en 1807 dans l'armée française, fit dans ses rangs les campagnes
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d'Espagne, d'Allemagne, de Russie et de Fiance, et reçut le titre de baron de l'Empire. Il passa en 1815 dans la nouvelle armée polonaise, fut nommé, deux ans plus tard, aide de camp de l'empereur Alexandre et prit part, en 1828, à la guerre contre les Turcs. Lorsque éclata l'insurrection, il se rangea parmi les patriotes, fit, en qualité de général, la campagne de 1831 et se retira ensuite en Galicie. On a de lui, entre autres ouvrages : la Pologne et les Polonais défendus contre les erreurp et les injustices de MM. de Ségur, Thiers et Lamartine (publié par Léonard Chodzko, Paris, 1856, in-8°). — Son frère, Charles Zaluski, né en 1794, mort en 1845, d'abord chargé d'affaires de la Russie à Berne et à Berlin, prit aussi une part active au soulèvement de 1830, après lequel il se retira k Paris. Au bout de deux ans, il lui fut permis de revenir en Galicie.
ZALUZAKIE s. f. (za-lu-za-nî — de Zahizianslci, botan. polonais). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, dont l'espèce type croît au Mexique. Il Section des bertières, genre de rubiacées.
ZALUZ1ANSKI DE ZAZULAN (Adam), médecin et botaniste polonais, né en Bohême vers le milieu du xvie siècle. Il professa avec distinction la médecine k l'université de Prague, dont il devint recteur, et jouit de la confiance des princes de Brunswick et de Lunebourg. On lui a fait honneur a tort de la découverte du sexe des plantes, car il ne fut guère plus avancé sur ce sujet que les anciens et Cisalpin. Ses principaux ouvrages sont : Methodi rei herbarim libri 1res (Prague, 1592, in-4«); Harmonia confession num orthodoxarum regni Bahemix (Prague, 1609) ; Animadversiones in Galenum et Avicennam, etc.
ZALUZTANSKYE S. f. (za-lu-zi-an-skî — de Zaluzianski, botan. polonais). Bot. Genre de plantes, de la famille des pérsonnées, tribu des buchnérées, originaire du Cap de Bonne-Espérance. Il Syn. de marsiLIÏe, genre type des marsiléacées.
ZALVK (Grégoire-Georgiades), littérateur grec, né k Thessaloiiique (Macédoine) en 17S5, mort à Paris en 1827. A dix-sept ans, il alla compléter ses études a Bukharest, sous la direction du savant Lampros Photiades, apprit les mathématiques, les littératures grecque et latine, le valaque, le turc, le français, et fut envové en 1802, en qualité de secrétaire interprète, auprès du chargé d'affaires turc à Paris. Halet-Effendi le chargea de plusieurs missions délicates, dont il s'acquitta avec beaucoup d'intelligence. Lorsque ce personnage quitta la France, Zalyk resta à Paris, où il devint le secrétaire et l'ami du comte de Choiseul- Gouffier, qu'il aida k composer le second et le troisième volume de son voyage pittoresque en Grèce. En même temps, il entra en relation avec plusieurs membres de l'Académie des sciences, copia pour l'impression plusieurs manuscrits grecs d'anciens ouvrages inédits et en collationna un grand nombre d'autres avec les éditions les plus estimées. De 1816 à 1820, Zalyk remplit les fonctions de secrétaire de légation à Paris, sous le chargé d'affaires Nikolakis Manos, puis se rendit à Bukharest, y pardit ce qu'il possédait pendant les troubles de 1821, passa en Transylvanie, se rendit de là k Saint- Pétersbourg, où l'empereur Alexandre lui lit une pension, et revint, en 1827, à Paris, où H mourut peu après. On a de lui un Dictionnaire français et grec moderne (Paris, 1809, in-8°), ouvrage estimé, dont la préface contient des observations judicieuses et savantes ; Dialogue sur la révolution grecque, publié par Agathophron, Lacédémonien (Paris, 1829, in-18), livre original et plein de vues profondes; une traduction grecque du Contrat social (1828).
ZAMA, ville de l'Afrique ancienne, nommée aujourd'hui Zouarin, à 150 kQom. S.-O. de Caithage, près d'un petit affluent du Bagradas. Elle est célèbre par.une victoire que remporta Scipion l'Africain sur Annibal, l'an 202 av. J.-C, et qui mit fin à la deuxième guerre punique. Après la ruine de Carthage, Zama devint une des principales villes de la Numidie et repoussa les attaques de Metellus en 109. Les Romains la détruisirent après la défaite de Juba 1er, l'an 49.
Zama (bataillk de), gagnée par Scipion sur Annibal le 19 octobre 202 av. J.-C. « Depuis cinq ans, Annibal n'avait tenté aucune de ces entreprises hardies qui si souvent avaient déconcerté les Romains, et il laissait les consuls se vanter, comme d'autant de victoires, de la reprise de quelques villes obscures. Mais malheur à quivenait le troubler dans sa retraite! le héros se retournait, frappait un coup, puis rentrait dans son repos. Sombre et triste, il se sentait vaincu par quelque chose de plus fort que son génie, les mœurs et les institutions de Rome. Des armées, des généraux, il en aurait triomphé ; mais ce peuple avait quelque chose de la puissance de l'Océan. En vain, il l'avait refoulé devant lui; comme la mer qui revient et monte lentement, invinciblement, ce peuple s'était relevé. Déjà l'espace lui manquait, le flot l'entourait, et, montant toujours, il arrivait jusqu'aux murs de Carthage, dont il battait les portes. «(Duruy.)
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Le jeune Scipion, déjà vainqueur de l'Espagne, avait trouvé le moyen unique d'arracher enfin Annibal de 1 Italie ; c'était de transporter la guerre en Afrique, où il s'était ménagé l'alliance de quelques princes africains, tels que Syphax et Masinissa. Carthage éplorée se hâta de rappeler Annibal, qui obéit, mais en vomissant des injures contre les dieux, les hommes et lui-même. En quittant l'Italie, • il lui laissa d'insultants, de sanglants adieux. Dans le sanctuaire de Junon Lacinienne, il éleva une colonne où il grava toutes ses victoires, et autour du temple il fît égorger tous les mercenaires italiens qui refusèrent de le suivre. La tradition racontait aussi qu'il avait voulu ravir la statue d'or de la déesse, mais que son visage irrité avait arrêté le sacrilège. » Annibal mit alors à la voile pour l'Afrique, l'âme remplie de sombres pressentiments, car son génie ne s'abusait pas sur les dangers de sa patrie. Il n'avait plus autour de lui les vainqueurs de Trasimène et de Cannés, il ne ramenait qu'une armée démoralisée, tandis que les Romains, commandés par un général rempli d'habileté, d'activité et de vigilance, avaient recouvré toute leur valeur, toute leur confiance dans les glorieux destins de la république. Voilà ce que comprenait admirablement Annibal; aussi, à peine débarqué en Afrique, avant de livrer une bataille suprême qui allait prononcer définitivement entre Rome et Carthage, demanda-t-il une entrevue k Scipion. Celui-ci l'accorda aussitôt; mais ils ne purent s'entendre sur les conditions de la paix. Un pareil traité, sans une défaite d'Annibal, aurait été sans gloire et sans durée. Il fallut donc combattre, et les historiens sont unanimes à reconnaître que tout ce que pouvaient enseigner l'art de la guerre et une vieille expérience fut mis en pratique de part et d'autre. Avec un ennemi comme Scipion, Annibal n'appela plus à son aide ces ruses auxquelles s'étaient laissé prendre tant de consuls, mais les plus savantes, les plus admirables dispositions. A la tête de ses troupes, il disposa une formidable avant-garde de quatre-vingts éléphants d'une taille énorme, portant de hautes tours pleines de gens de trait ; il composa sa première ligne de Liguriens et de Gaulois, dont il connaissait la solidité ; à la seconde, il disposa les Carthaginois et les Africains; enfin il forma la troisième des vieilles bandes qu'il avait amenées d'Italie et qu'il rangea à une assez longue distance de sa deuxième ligne, parce qu'il doutait de leur affection, suivant quelques historiens; d'autres, au contraire, les représentent comme ses soldats les plus dévoués, qui devaient achever la victoire ou, en cas de défaite, l'accompagner et le protéger à Carthage. Scipion, de son côté, prit toutes les dispositions d'un habile capitaine; il rangea également son armée sur trois lignes; mais il eut soin- de ménager entre ses manipules des intervalles garnis de soldats armés à la légère, qui criblèrent de traits les éléphants. A. sa gauche, il plaça Lelius, son lieutenant, avec la cavalerie italienne; à droite, Masinissa avec ses redoutables Numides.
Ce fut la cavalerie qui engagea le combat de part et d'autre ; puis Annibal lança ses éléphants contre les Romains, qui sonnèrent de la trompette et poussèrent d'effroyables cris. Les éléphants épouvantés reculèrent alors et jetèrent le désordre dans la cavalerie de l'aide gauche carthaginoise. Masinissa acheva de las enfoncer. Percé3 de traits, comme nous venons de le dire, ils devinrent furieux et se ruèrent çà et là en exerçant d'affreux ravages. L'infanterie des deux armées eu vint alors aux mains; la mêlée fut terrible et la lutte acharnée; la victoire balança longtemps ; mais enfin la fortune de Rome l'emporta; les Carthaginois, accablés de toutes parts, furent obligés de prendre la fuite, laissant 20,000 hommes sur le champ de bataille et autant de prisonniers entre les mains de Scipion. Annibal, près d'être enveloppé et pris, s'échappa tout frémissant de eolère et rentra à Carthage, d'où il était sorti depuis trente-cinq ans. Il s'avoua vaincu sans ressource , ne rapportant à sa patrie qu'une paix humiliante, après tant de guerres, de victoires et de conquêtes.
ZAMACOÏS (Edouard) , peintre espagnol, né k Bilhao vers 1840, mort en 1871. Il vint étudier à Paris et se forma sous la direction de M. Meissonier. 11 emprunta à ce maître sa manière de peindre nette, délicate, minutieuse, et ne tarda pas k se faire remarquer aux Expositions de Paris. Il débuta au Salon de 1803 par deux tableaux d'histoire littéraire, un relatif k l'un des plus grands écrivains de l'Espagne, Engagement de Cervantes dans l'armée; l'autre relatif à deux des plus vigoureux penseurs de notre pays, Diderot et d'Alembert. Il exposa , l'année suivante, un intéressant tableau de mœurs, les Conscrits en Espagne; en 1863, l'Entrée des toreros ( peint en collaboration avec M. Vibert) et la Première épée ; en 1867 , un Bouffon au xvre siècle et un spirituel tableau de genre, intitulé Contribution indirecte. Cette dernière exposition, que Zamacoïs compléta par deux charmants dessins (un Fou au xvio siècle,. aquarelle, et Musique de chambre), lui valut une médaille. Les tableaux qu'il exposa en 1868, le Favori du
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roi et le Réfectoire des trinitaires à Borne, ne furent pas moins remarqués. La première de ces compositions est aussi spirituellement conçue que spirituellement peinte. Le Favori du roi, affreux petit bossu, vêtu d'un costume de soie k losanges bleus et rouges, suivi d'un lévrier presque aussi haut que lui et tenant sa marotte comme un sceptre, descend avec un air de suffisance tout k fait comique le grand escalier d'un palais; les courtisans, rangés au bas des degrés, s'écartent respectueusement sur son passage et lui font des courbettes, dont l'affectation laisse percer une pointe d'ironie; le nabot se rengorge et répond aux flatteurs par un sourire malin qui découvre des dents blanches longues et crochues; un hallebardier, en sentinelle dans la galerie qui règne au haut de l'escalier, jette un regard de mépris sur le favori et son entourage. Le costume bariolé du nain éclate comme une fusée au milieu de ce tableau; on dirait l'apothéose de la laideur et de la méchanceté. En 1869, Zamacoïs fit paraître au Salon deux scènes monacales italiennes fort réjouissantes : la Bentrée au couvent (un moine déployant d'inutiles efforts pour faire avancer un âne récalcitrant, chargé de provisions) et le Bon pasteur, un frocard à la mine fleurie, allongeant, du fond de son confessionnal, une longue gaule et distribuant des indulgences aux jolies pénitentes agenouillées devant lui, pour la plus grande vexation d'un autre confesseur, maigre etrogue, qui se voit sans clientes.
Au Salon de 1870, le dernier où il parut, Zamacoïs obtint un succè3 très-vif j outre une amusante bluette, V Amour platonique (an nègre faisant une déclaration k un buste de femme... de marbre), il exposa un tableau qui, aussi bien sous le rapport de la composition que sous le rapport de l'exécution, peut être regardé comme un chef-d'œuvre d'esprit.
L 'Education d'un prince, tel est le titre de cet ouvrage. La scène se passe dans un salon du palais de Madrid. Un enfant de trois ans, vautré sur un grand tapis, abat à coups d'oranges une année de soldats de bois ; il joue au général en chef. Son auguste père assiste béatement aux prouesses de son héritier. Les courtisans s'extasient sur les talents stratégiques que déploie déjà le jeune prince; l'enthousiasme fait pâmer ces grands d'Espagne tout confits en dévoLion royaliste. Un vieux chambellan ploie péniblement son 'échine branlante et ses jambes goutteuses pour ramasser un des projectiles dévié de sa route. Un autre s'avance du fond de la salle, en clopinant sur sa canne. Un cardinal et un évêque contrastent par leur physionomie, louangeuse mais décente , avec les transports de ces momies de cour, galvanisées par l'adulation. La finesse ecclésiastique contient en eux la servilité. ■ Ce tableau de M. Zamaeoïs, a dit M. Paul de Saint- Victor, est un récit peint, une page de mémoires prenant souffle et vie. Son pinceau expressif, mordant, brillant sans clinquant , moqueur sans grimace , trace des caractères, comme ferait la plume du plus habile chroniqueur. L'esprit de la touche, aiguisé par l'esprit de l'observation, ne saurait mieux dire et mieux mettre en scène. « Aux qualités qu'il avait puisées à l'école de Meissonier, Zamacoïs avait su joindre une légèreté de touche, une vivacité de coloris et un brio dont il fut redevable, croyonsnous, à son compatriote Fortuny. Comme celui-ci, il fut enlevé par une mort prématurée; il succomba k une phthisie laryngée, pendant le dur hiver de 1871.
ZAMAGNA (Bernard), poôla latin moderne et jésuite italien, né à Raguse en 1735, mort dans la même ville en 1620. Dès l'âge de dix-huit ans, il entra chez les jésuites, fit avec une grande distinction ses éludes idéologiques au collège romain, devint en 1772 professeur de rhétorique k Sienne et passa, après la suppression de son ordre, à Milan, ou il enseigna la littérature et le grec. Lors de l'invasion française, il retourna dans sa ville natale, où il termina ses jours. Zamagna fut un des meilleurs poêles latins qui rirent école àRaguse au xvine siècle. Il était, sous le nom de Triphylius Cephisius, membre de l'Académie des Arcadiens. Outre des élégies, des idylles ef autres poésies publiées dans divers recueils, plusieurs poëmes, entre autres Echo ( Rome, 1764, in-8° ) et Navis aeria (Rome, 1768), on a de lui des traductions fort estimée^ de l'Odyssée d'Homère (Venise, 1777, in-fol.) , des Œuvres d'Hé- , siode (Parme, 1785, in-4°) , des Idylles de Théocrite, de Moschus,et de Bion (Panne, 1784).
ZAMA II, émir arabe d'Espagne. V. Sa-
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ZAMAKHSCIIARI (Aboul-Cacem-Mahmoud al-) , écrivain arabe, né à Zamakhschar (Kharizme) en 1074 de notre ère, mort en 1144. Il passa une partie de sa vie à La Mecque, adopta d'abord les opinions des Motazales, puis revint vers la fin de -sa vie à la doctrine orthodoxe et acquit une telle renommée qu'on l'appela Iakbi-Kfio«iireim (la gloire du Kharizme). En voyageant dans sa province natale, il eut un pied gelé. Ses principaux ouvrages sont : un commentaire sur le Coran, intitulé Casschaf; un traité de syntaxe arabe, Mofassel, qui a été l'objet de nombreux commentaires; une anthologie eu
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02 chapitres, Ilebi alabrar ( printemps des justes), remplie d'anecdotes plaisantes et instructives; un Recueil de proverbes ; une Introduction à l'étude de la grammaire arabe; une anthologie de sentences arabes avec notes, intitulée Nawabig, laquelle a été en partie publiée a Leyde, sous le titre de A nthologiasenlentiarumorabicarum (178?). Il existe des manuscrits de la plupnrt des ouvrages de cet écrivain dans les bibliothèques de Paris, de Leyde, d'Oxford, etc.
ZAMARIE s. f. (za-ma-rï — de Zamar, n. pr.). Bot. Syn. de stylocorynk, genre de rubiacées.
ZAMBARES s. m. (zan-ba-rèss). Mnram, Espèce de cerf de l'Inde, qui paraît être le «lême que l'hippélaphe.
ZAMBECCARI (François), poète et philologue italien, né à Venise vers le milieu du xvc siècle. Il apprit le grec sous Jean Argyropoulo, qui était venu chercher un asile en Italie, puis se rendit en Grèce, où il resta cinq ans a recueillir les médailles des manuscrits et des inscriptions. De retour dans sa patrie, il enseigna la littérature grecque
Oapo-d'Istria, puis à Pérouse, et composa fles épîtres amoureuses et autres pièces de vers, plus remarquables par l'harmonie que par l'inspiration , notamment : De Philochrysi et Chrysx amoribus carmen ( Bologne, 1497, in-4°). Zambeccari avait apporté de Grèce les lettres de Libanius. Il en traduisit quatre cent trente-deux, qui ont été publiées à Cracovie (1504, in-4<>).
ZAMBECCARI (Joseph), médecin italien, né & Florence, vivant au xviie siècle. Il professa l'anatoinie à Pise. On de lui : un Traité des bains de Pise et de Lucques (Padoue, 1712, in-40) en italien, et une lettre, publiée dans la Bibliothèque anatornique de Manget, dans laquelle il parle de l'extirpation faite par lui sur certains animaux de viscères et de portions du tube intestinal sans qu'ils en fussent morts.
ZAMBECCARI (le comte François), aéronaute italien, né à Bologne en 1756, mort en 1818. Il entra fort jeune dans la marine espagnole, tomba au pouvoir des Turcs dans sa première campagne, passa quelque temps au bagne de Constantinople, obtint sa liberté, iit un voyage scientifique dans le Levant, et revint dans sa patrie après une longue absence. Passionné pour l'étude des aérostats, il conçut l'idée de diriger les montgolfières au moyen de rames, prétendant, illusion qui n'est pas encore dissipée de nos jours, que l'on peut se rendre maître de l'air avec les mêmes instruments qui nous servent à naviguer sur les eaux. Le 12 mai 1812, il fit, à Bologne, l'essai de son invention, au milieu d'un concours immense de curieux. Le ballon à rames, contrarié par le vent, put à peine s'élever, s'accrocha à un arbre, prit feu, et laissa retomber sur la terre l'audacieux expérimentateur, qui périt victime de son zèle pour la science.
ZAMBEMOS (Jean}, poëte et littérateur grec. V. Zampetjos.
ZAMBELLI (André), historien italien, né à Lonato (Lombardie) en 1794, mort à Paris en 1862. 11 fut nommé en 1820 professeur d'histoire universelle et autrichienne au lycée de Sainte-Catherine à Venise, puis alla occuper en 1825 la même chaire à l'université de lJavie, où il fut chargé, trois ans plus tard, d'enseigner les sciences politiques. En 1842, il devint membre de l'Inâtitut de Milan , qui le choisit pour président en 1845. Dès lors, il réunit et rédigea ses travaux, dans lesquels il s'attache surtout à établir les différences profondes qui séparent les peuples anciens des modernes ; tels sont : la Guerre (2 vol.) ; la Jteligion (1 vol.). Il est aussi l'auteur de considérations sur le Prince de Machiavel qui ont obtenu du succès , ainsi que de nombreuses dissertations publiées par l'Institut de Milan, notamment sur Quelques utopies modernes; la Prostitution ; les Causes des altérations de l'histoire.
ZAMBERTI (Barthélémy) , littérateur italien, né à Venise dans la seconde moitié du xvio siècle. Nous ne possédons aucun détail sur la vie de cet écrivain, qui avait fait une étude toute particulière de la langue grecque. On lui doit un des premiers essais de l'art dramatique en Italie depuis la Renaissance, une comédie latine, intitulée : Dolotechne (Venise, 1504, in-4°), et on lui attribue une description en vers, dans le dialecte vénitien, des îles de l'Archipel, laquelle a été publiée sous le titre de Carte del mare Egeo in rime da Bartolomeo da H Sonetti (1477 et 1532, in-fol.), avec cartes gravées. Mais ce qui l'a surtout fait connaître, c'est qu'il a donné la première traduction des Eléments d'Euclide; il yjoi-
fnit celle des Commentaires de Theon et 'Hypsiclès, de fragments de Pappus, et publia le loiit à Venise (1505, in-fol.).
ZAMBÈZE ou COUAMA, fleuve de l'Afrique australe, il se jette dans le canal de Mozambique par plusieurs bouches et dont la source serait, d'après les (.enseignements des indigènes, dans le pays de Cazembé. Ce fleuve change de nom dans sa partie supérieure ; de la source à Séchéké, il porte le nom de Liambaye, et, de Séchéké k l'embouchure, celui de Zambèze. Il porte encore des noms divers qu'on lui donne dans les diverses parties de son cours. Il s'appelle tour à tour ; Liambaye.
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Lonambedji, Louambezi, Ambezi, Odjimbézi, Zambézi, Zambèze, suivant les dialectes des contrées qu'il baigne. Ce sont'ces nombreuses appellations qui ont contribué à répandre delà confusion sur les notions relatives a ce fleuve. La Liambaye est peu connue, tandis que le Zambèze a été exploré avec beaucoup de soin par Livingstone. Le lit de la Liambaye est obstrué de rochers qui forment des rapides et empêchent la navigation. Quand les eaux sont hautes, elles cachent les rapides, mais il existe aussi des cataractes que les canots ne peuvent franchir. La haute Liambaye décrit un arc dont la convexité est tournée vers l'océan Indien. Arrivée au confluent de la Liba (par 14<> de latit. S. et 21° environ de longit. K.), elle coule du nord au sud et forme un autre arc dont la convexité est tournée d'une manière tout à fait contraire. Dans ce parcours, elle arrose le pays des Barotsés, des Banyétis et des Makololos. Séchéké est la principale ville de cette dernière tribu. Un peu au-dessous de cette ville, le Zambèze reçoit un affluent, la Tchobé. Par 23° 30' de longit. et 18° environ de latit. se trouvent les magnifiques chutes de Mosi-oa-tounya (fumée qui fait du bruit), désignées sous le nom européen de Victoria, par Livingstone, et dont on aperçoit les colonnes vaporeuses à plusieurs kilomètres de distance. Le fleuve en cet endroit possède une largeur de 1,000 mètres et s'engouffre d'une seule masse dans un abîme qui n'a guère plus de 20 mètres de largeur. Le Zambèze traverse ensuite le pays des Batokas, du sud-ouest au nord-est, coule ensuite de l'est à l'ouest jusqu'aux cataractes de Morum-boua (30° environ de longit. et 15» 30' de latit.), et du nord-ouest au sud-est jusqu'à son embouchure, en baignant Tété et Senna, établissements portugais.
Les affluents du Zambèze sont très-nombreux, mais inexplorés. Les plus importants sont sur la rive gauche : la Kafoué, la Loangoua, dont le confluent est à Zumbo, la Chiré qui sort du lac Nyanza des Maravis; sur la rive droite: la Liba et la Tcbobé,qui se jette dans le Zambèze au-dessus des chutes Victoria. Le Zambèze se jette dans l'océan Indien par quatre bouches principales qui sont, de l'ouset à l'est : le Milambé, le Kongoué, le Louabo oriental et le Timboué ou Mousélo. Chacune est distante de l'autre de 8 à il kilom. Le delta du Zambèze commence à Mazaro, où le Zambèze a plusde 1,600 mètres de largeur. Comme tous les fleuves d'Afrique, le Zambèze n'est pas navigable dans tout son parcours, à cause des rapides et des cataractes. L'étendue de ce cours, qu'on ne saurait fixer cependant d'une façon rigoureuse, paraît être de 2,500 kilom. environ. C'est un fleuve dont le commerce et la civilisation sauraient certainement se servir pour pénétrer dans les régions si riches et si fertiles du centre de l'Afrique. Mais, comme nous le disions plirs haut, les chutes et les rapides constituent de véritables obstacles. Les chutes deGonyé, de Kansala et de Kébrabasa sont les plus importantes après les fameuses cataractes Victoria. La partie supérieure du fleuve, située dans le pays des Makololos, est trèssaine, à cause de son élévation; le bassin inférieur et surtout le delta sont infestés de fièvres très-graves. Comme la plupart des fleuves africains, le Zambèze contient une population nombreuse d'amphibies, crocodiles et hippopotames, qui sont l'objet d'une chasse active de la part des riverains. Les bords du fleuve, en certains endroits, sont habités par une foule d'oiseaux de toute espèce ; les éléphants, les antilopes, les buffles, les zèbres, se rencontrent par troupes, dans lés bois ou les prairies voisines. La plaine de Chico va, où le Zambèze est largement déployé, est habitée par des lions nombreux. La mouche tsetsé y exerce aussi ses ravages. Dans son immense parcours, le Zambèze traverse des terrains aurifères et houillers. Aux environs de Tété, on voit distinctement dans une fissure des couches de houille encore inexploitées; c'est près de Zumbo, station portugaise, aujourd'hui en ruines, que les Portugais exploitaient anciennement des mines aurifères. Le célèbre empire du Monomotapa fut situé dans le pays actuel des Banyétis. Le fameux Ophir de Salomon a été placé sur les bords du Zambèze, dans le pays de Manica, où l'on trouve des mines d'or abondantes.
Les chutes de Kébrabasa offrent un spectacle magnifique. En cet endroit, une chaîne de montagnes élevées coupe le Zambèze, qui n'a pour passage qu'une gorge de 400 mètres de largeur. Du fond surgissent des masses rocheuses confusément entassées. Livingstone pense que les rapides du Kébrabasa arrêteront toujours la navigation pendant la saison sèche, mais que, a l'époque des crues, l'eau s élevant dans la gorge à 25 mètres au-dessus de l'étiage , un bateau à vapeur pourrait franchir la passe et gagner le haut Zambèze. En amont du Kébrabasa, se trouve une autre cataracte/celle de Moroumboua, du nom d'une montagne siluée non loin de là, et qui, à l'époque des hautes crues, peut être aussi franchie par des embarcations.
De Mazaro, où commence le delta du Zambèze, il s'échappe un bras, nommé Mouton, qui va à l'est, et qui n'est navigable que dans la saison des pluies. Il se joint à la rivière de Pangazi, qui reçoit un peu plus loin les tributs d'autres rivières; toutes ces eaux réunies se jettent dans le Mozambique par un
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cours d'eau, nommé rivière de Quilimané, du nom de la ville portugaise qui s'élève à son embouchure. On voit que, contrairement à une assertion très-répandue, la rivière de Quilimané n'est pas un bras du Zambèze. Le Zambèze est soumis a des crues périodiques; sa partie inférieure déborde vers la fin de novembre et au mois de mars. La seconde crue, bien plus considérable que la première, car elle est causée par tous les débordements des affluents, atteint 9m,50. A cette époque l'eau monte subitement, devient bouroeuse et prend une vitesse de 2 kilom. à l'heure. Quelques jours après, la régularité s'établit dans le courant et l'inondation se répartit également sur tout le parcours du fleuve.
Les Portugais des xvi<= et xvne siècles ont navigué sur le Zambèze, entre Tété et Cazembe, sur la Chiré, affluent du Zambèze, et ont dressé la carte du bassin du Zambèze dont ils ont fait une colonie portugaise. Cette colonie a perdu aujourd'hui beaucoup de sa prospérité. Ajoutons enfin que la traite des esclaves exerce aussi ses ravages sur les bords du Zambèze.
ZAMBO s. m. (zan-bo). Anthropol. Descendant d'un nègre et d'une mulâtresse ou d'une femme indigène : Le zambo, d'un brun noir cuivré, est robuste, mais féroce, voleur et peu susceptible de civilisation. (Famin.)
ZAMBONI (Balthazar), littérateur italien, né à Brescia vers 1730, mort en 1797. Lorsqu'il eut pris le grade de docteur, il entra dans les ordres et employa la plus grande partie de son temps en travaux littéraires. On lui doit : La Libreria di Leop. Martiningo (Brescia, 1778, in-8»), histoire de la fameuse bibliothèque de Brescia, avec des notices aussi intéressantes qu'exactes des savants Martiningo; Afemarie intorno aile publiche fabbriche piu insigni délia citla di Brescia (Brescia, 1778, in-fol.), avec figures, ouvrage qui atteste beaucoup de recherches et d'érudition. Il a laissé, en outre, une édition des Poésies de V. Gambara.
ZAMBONI (Louis), chanteur italien, né à Bologne en 1767, mort à Florence en 1837. Il fit ses études musicales dans sa ville natale et, après avoir débuté à Ravenne, en 1791, il parut successivement avec un grand éclat sur les théâtres de Modène, de Parme, de Florence, de Rome, de Venise (1807), de Milan (1810-1811). Rossini, qui prisait fort son talent, désira le compter parmi ses interprètes lorsqu'il composa, en 1 816, un de ses plus brillants chefs-d'œuvre : le Barbier de Séville. Le déclin de sa voix fut sensible lorsqu'il reparut sur la Scala de Milan en 1818 et il ne tarda pas k abandonner le théâtre. Il alla se fixer alors à Florence, où il termina ses jours.
ZAMBONI (Joseph), physicien italien, né en 1776, mort à Vérone en 1846. Pendant plusieurs années , il enseigna la physique au lycée de cette dernière ville et fut nommé membre de l'Institut de Venise. On lui doit des ouvrages et plusieurs savants mémoires, parmi lesquels nous citerons : De lapileêlectrique (Vérone, 1812), écrit dans lequel il donne une description de la colonne Zambanique à laquelle il a donné son nom ; Electromoteur perpétuel (1820, 2 vol. in-8°) ; Invention d'une horloge électrique (1831), etc. Entre autres dissertations insérées par lui dans les Annales des sciences du royaume Lombard- Vénitien, nous mentionnerons : D'un micromètre électro-magnétique (1833) ; Description d'un nouveau galvanomètre (1833); De l'électricité statique (1842); Nouvelle méthode pour l'appréciation de la force centrifuge (1843) ; De la théorie de l'électrophore (1844), etc.
ZAMEOURECK s. m. (zan-bou-rèk). Art milit. Artilleur persan monté sur un dromadaire qui porte en même temps une petite pièce de campagne.
— Encycî. L'artillerie à dromadaires a été introduite chez les Perses par les Afghans, qui eurent les premiers l'idée de faire porter des canons par des dromadaires. Depuis lors cette artillerie a toujours été activement employée dans les guerres; elle remplace notre artillerie légère , avec cet avantage, que, loin de nécessiter des études spéciales, elle n'exige que des connaissances très-élemenlaires de 1 art militaire-. Ainsi de simples fusiliers font d'excellents soldats sambourecks. Tout le corps de cette artillerie , y compris la musique , forme un effectif de 300 hommes, avec autant de dromadaires.
En 1722, sous le règne de leur roi Mahmoud, les Afghans, qui se trouvaient alors en guerre avec la Perse, imaginèrent de fixer au moyen d'un pivot mobile, sur la selle du dromadaire, des fauconneaux analogues aux fusils k mèche du xvie siècle, et dont le calibre pouvait recevoir une poignée de balles ou un boulet de petit volume. Chacune de ces pièces formait, avec son canonnier, la- charge d'un dromadaire, et pour la tirer on faisait agenouiller l'animal avant d'y mettre le feu.
C'est à ce genre d'artillerie que les A fghans durent le gain de la bataille de Goul-Nabat, livrée le 8 mars 1722.
■ ZAMBRA s. f. (zan-bra). Chorégr. Danse d'expression que les Espagnols ont empruntée aux Maures.
ZAMBHASI (Tibaldello), gentilhomme italien, né à Faenza au xiiic siècle. Il s'est acquis une triste célébrité pour avoir trahi sa pa-
ZAME
trie. Ayant eu à se plaindre des Lambertuzzi, émigrés gibelins de Bologne, à qui il avait fait accorder un asile à Faenza, il résolut de s'en venger en frappant tout le parti gibelin et sa ville natale elle-même attachée à ce parti. C'est dans ce but qu'il ouvrit les portes de Faenza aux Bolonais (1281). Dante l'a placé dans son Enfer auprès du comte Ugolin.
ZAMBRI ou Z1MRI, roi d'Israël, mort en 918 av. J.-C. Il était général de la cavalerie Juive lorsqu'il renversa du trône Ela, le mit à mort et se lit proclamer à sa place. Zamri fit alors massacrer tous les descendants de Baasa, mais ne jouit pas longtemps du fruit de ses crimes. Depuis huit jours seulement il était maître du pouvoir quand Amri, qui venait d'être élu roi par l'armée, vint l'assiéger dans Thersa. Impuissant à se défendre, il s'enferma avec toutes ses richesses dans son palais, y mit le feu et périt au milieu des flammes.
zamé.e s. f. (za-mé). Sylvie. Pomme de pin qui s'ouvre sur l'arbre.
ZAMÈNE s. m. (za-mè-ne — du gr. sarnenés, violent). Erpét. Genre de reptiles ophidiens, du groupe des couleuvres.
ZAMET s. m. (za-mè). Hortic. Variété de tulipe.
ZAMET (Sébastien), célèbre financier, né a Lucques vers 1549, mort à Paris en 1614; il était fils d'un cordonnier. Il fut au nombre de ces intrigants italiens qui vinrent en France à la suite de Catherine de Médicis, fut attaché à la personne de Henri II!, soit en qualité de cordonnier, soit comme valet de garderobe. Son esprit, ses facéties, son patelinage italien, son talent extraordinaire pour l'intrigue,lui valurent la faveur du prince et des grands. Il se jeta dans les affaires de finances, lit en peu de temps une fortune immense et devint un personnage considérable. Créature de Catherine de Médicis, ami de Henri III, puis de Mayenne, enfin de Henri IV, il paraît avoir fourni à La Fontaine le type de ce sage qui crie, selon les gens : « Vive le roi! vive la Ligue! » Il fut même employé dans des négociations politiques par Mayenne, dont il devint le caissier et le confident, reçut alors le surnom un peu ironique de Monsieur l'Ambassadeur et fut dépêché par ce dernier vers Henri IV pour négocier une réconciliation (1592). Son habileté diplomatique plut au nouveau roi, qui lui sut gré, en 1593, d'avoir ménagé une trêve entre les royalistes et les ligueurs, et, d'après Sully, Zaïnet fut du nombre des courtisans qui poussèrent ce prince k se convertir. Après son entrée à Paris, Henri IV, toujours à court d'argent, le traita avec une faveur que rien ne diminua jamais. Il allait familièrement dîner dans son splendide hôtel de la rue de la Cerisaie, y traitait ses maîtresses, empruntait de l'argent à Zamet, l'employait dans ses affaires les plus sérieuses comme dans ses intrigues d'amour, le trouvait toujours prêt à se plier à ses caprices et le payait de toutes ses complaisances par des concessions sur les impôts contre lesquelles le sévère Sully, chose remarquable, ne réclamait jamais. Cette tolérance du ministre s'explique naturellement : sous un tel règne, le financier était une puissance, et les continuels besoins d'argent lui assuraient la faveur universelle en même temps que l'impunité pour ses déprédations. En 1601, une chambre de justice fut, il est vrai, établie pour faire rendre gorge aux financiers avides; mais les grands coupables ne furent pas atteints. On frappa seulementsnrquelques « larronneaux, suivant l'expression de Sully, qui pouvaient se reprocher de n'avoir pas encore assez volé pour mettre leurs vols à couvert. » Zamet, qui s'était fait naturaliser Français en 1581, fut anobli par Henri IV. Il devint baron de Murât et de Billy, seigneur de Beauvoir et de Cazabelle, conseiller du roi , capitaine du château et surintendant des bâtiments de Fontainebleau; mais il n'oublia point que ses titres les plus solides étaient dans son immense fortune. On connaît ce mot qu'il dit au mariage d'un de ses bâtards légitimés; le notaire lui demandait ses titres et qualités : ■ Qualifiez-moi, dit-il, de seigneur de dix-sept cent mille écus, » saillie que Destouches a reproduite dans son Glorieux. « En 1603, dit Durozoir, le roi le fit le médiateur des brouilleries qui s'étaient élevées entre le comte de Soissons et le duc de Sully. En 1608, ce monarque voulant à tout prix se débarrasser de M' le des Essarts, une de ses maîtresses, chargea Zamet de s'entendre avec Sully sur le prix au* quel elle mettrait sa retraite. A l'exemple du maître, les courtisans, sans même en excepter le due d'Epernon, faisaient du cordonnier italien leur compagnon et leur ami, et, dans ses rapports même avec les grands, Zamet portait une aisance familière qui, sans leur déplaire, le faisait paraître comme leur égal. » Le connétable de Montmorency lui confiait ses affaires les plus importantes, Bassompierre soupait presque tous les soirs chez . lui et il favorisait ses entrevues nocturnes avec Henriette d'Entragues, une des maitresses de Henri IV. La rumeur publique l'accusa d'avoir empoisonné dans uue collation la favorite Gabrielle d'Estrées, qui aspirait k épouser Henri IV. Toutefois le roi, après la mort de sa maîtresse, continua de lui témoigner la plus entière confiance. Il