‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 995 sur 1042 · ZE1S · texte numérisé non relu

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centre de sa puissance. Attaqué par de nombreux ennemis, il sortit victorieux de la lutte, s'attacha à rester en bonnes relations avec les califes fatimites , les aida dans leurs conquêtes, contribua a la prise de Fi-z, envoya son fils Balkin contre le rebelle Mohammed-ben-a!-lvhaïr,qtii fut vaincu (971), et marcha lui-même contre Aly-ben-llamdoun, qui avait soulevé les Zenates. Ayant rencontré l'ennemi près de Mansourah. il lui livra bataille et périt pendant la mêlée. Ce chef généreux et brave fut vivement regretté. 11 avait eu plus de cent (ils, dont l'aîné, Yousouf-Balkin, lui succéda.

ZÉI1U-BEN-ATYAII, roi de Fez, de la dynastie des Zéirides ou Zenates, mort en 1001 de notre ère. Il était cheik de la tribu des Zenates, dans le Maghreb occidental, lorsque, profitant des troubles et de l'anarchie auxquels était alors en proie cette partie de l'Afrique, il s'affranchit de toute domination (979), puis s'empara de Fez (988). Al-Mansour, qui était alors à la tête des affaires en Espagne, sous le règne du faible Herchamal-Mowayed, ferma les yeux sur la. révolte de Zéiri, puis résolut de l'utiliser en opposant Zéiri à un autre rebelle, Aboul-Behar, prince sanhadjide, qui s'était formé un Etat puissant en Afrique. Zéiri, ayant reçu l'investiture de tous les pays qu il pourrait enlever à Aboul-Behar, prit aussitôt les armes, conquit Tclmesen, recula ses frontières vers l'orient jusqu'à la rivière Zob et fut confirmé dans la souveraineté du Maghreb, comme vassal de la cour de Cordoue. Sa puissance ne tarda pas, toutefois, à donner de l'ombrage à«Bon suzerain. Appelé à Cordoue, il y reçut de grands honneurs, le titre de waii-al-kebir (grand vice-roi) , et s'aperçut bientôt qu'on voulait le retenir à la cour, afin d'annihiler sa puissance en Afrique. La révolte d'un chef de tribu, qui s'était rendu maître de Fez pendant son absence, vint lui fournir l'occasion de demander un congé qu'on n'osa lui refuser. De retour en Afrique, il recouvra Fez de vive force, releva et fortifia l'ancienne ville de Wadjida, dans la province de Telmesen, y établit sa résidence (995), se déclara complètement indépendant du calife de Cordoue, battit une armée envoyée d'Espagne (996), se vit attaqué bientôt après par une nouvelle nrmee beaucoup plus nombreuse, sous les ordres d'Abd-el- Melek, essuya deux défaites consécutives, perdit Fez, qui ouvrit ses portes au vainqueur , abandonna la Mauritanie et se retira avec les débris de son armée dans le Sahara. Tournant alors ses armes contre les Sanhadjides, il les vainquit, prit Tahert, Telmesen, et il allait se créer un nouvel Etat lorsqu'il mourut de ses blessures, après un règne de vingt uns. Quelque temps après, sou fils Moezz recouvra le royaume de Fez.

ZEIROPHÈRE s. m, (zé-ro-fè-re — du gr.

zeira, vêtement; pherà, je porte). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des tortricides.

ZÉISME s. m. (zé-i-sme — rad. zéa), Méd. Opinion qui attribue la pellagre k l'usage de la farine de maïs.

ZEIST, bourg du royaume de Hollande, province d'Utiecht, dans l'arrondissement d'Amesfoort ; 2,500 hab. Fabriques de gants, rubans, savons; fonderies, orfèvrerie, etc. A peu de distance se trouve un obélisque élevé en commémoration de l'union des sept provinces, conclue à Zeist en 1576. Ce bourg est célèbre par sa colonie de frères moraves, fondée en 1746, et qui compte aujourd'hui une population d'environ 300 personnes. M. Maxime Du Camp, dans son Voyageen Hollande, a décrit comme il suit cet établissement : • Un large chemin sépare deux immenses cours gazotmées, autour de chacune desquelles s'élève sur trois côtés un vaste bâtiment qui ressemble k une caserne énorme. D'une part, ce sont, en trois corps de logis distincts, les célibataires; les gens mariés et les écoles; de l'autre, ce sont les veuves et les filles, l'église, le pasteur et le chef de la communauté. Là, chacun est séparé et vit dans sa chambre, travaillant, priant, méditant, et ne se réunit à ses autres frères que pendant les exercices religieux. Tout cela est d'un calme qui fuit troid. J'ai visité le bâtiment spécialement réservé aux célibataires; sauf l'absence de verrous et de grilles, on dirait une prison. De longs couloirs où s'ouvrent des chambres, une salle assez grandequi sert d'église particulière; sous les combles, des dortoirs où couchent les domestiques; au rez-de-chaussée, de petits magasins suffisamment pourvus de marchandises fabriquées par les frères eux-mêmes et revendues à un très-modique bénéfice. » Nous ajouterons , d'après M. Alphonse Esquiros, qu'un certain nombre de frères moraves exercent, dans Utrecht même, diverses industries, eu conservant toujours avec la communauté un lien étroit de solidarité. Le prix de la pension k l'établissement de Zeist est de 400 florins par an pour les femmes; moyennant ce prix, elles apprennent, sous une direction intelligente, les divers travaux d'aiguille. Toutes portent un signe distinctif : les filles, les femmes et les veuves portent à leurs bonnets dea rubans d'une couleur différente; le ruban des filles est rouge ; -celui des leiinnos mariées, bleu, et celui des veuves, blanc.

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ZEITB1 OM (Barthélémy), peintre allemand, né à Ulm vers 1440, mort vers 1518. Il eut pour premier maître Martin Schongauer et s'adonna d'abord â la gravure. Plus tard, il

rit des leçons de peinture de Hans Schuein, dont il épousa lu tille, et il exécuta de nombreux tableaux d'église, des volets d'autel , etc. Les tableaux de cet artiste sont remarquables par la pureté et la vérité du sentiment religieux, qui s'élève parfois jusqu'au grandiose. On peut reprocher à ses figures d'être grêles et roides j mais, en revanche, les draperies sont originales et harmonieuses, et l'exécution de ses tableaux est d'un \ni achevé. Parmi ses œuvres les plus estimées, nous citerons : une belle Sairite face et une Télé de sainte Anne, au musée de Berlin ; deux tableaux représentant des traits de la vie de Saint Vateniinien, à la galerie d'Au^sbourg.

ZÉITE s. m. (zé-i-te). Hist. relig. Membre d'une secte d'Arabes mahouiétans, dans l'Yéinon.

ZEITOUN , la Lamia des anciens, ville de la Grèce moderne, ch.-l. du nome de Phocide et de Pbthiotide, à 7 kilom. de la rive occidentale ilu golfe de son nom et près des Thermopylen, à 65 kilom. N.-O. de Livadia, non loin de la frontière turque; 5,000 hab. Avec ses mosquées, son bazar et ses maisons, revêtues extérieurement de peintures, cette ville a conservé un aspect tout à fait turc. Elle possède une place pub.ique entourée de jolies constructions et deux ou trois rues assuji régulières. Lamia, la ville qu'a remplacée Zeitoun,est célèbre par ladéfaite qu Antidater essuya de la part des Grecs (323 av. J.-C), quand ceux-ci essayèrent, de secouer le joug macédoni;n, après la mort d'Alexandre. La ville était située sur une hauteur et avait alors une grande importance militaire. On voit encore de nos jours des vestiges des anciennes murailles au pied de la colline, et l'on retrouve quelques assises helléniques dans les murs de la citadelle actuelle, qui a remplacé l'Acropole.

ZEITOUN, ville de l'Ile de Malte, à 7 kilom. S.-E. de La Valette; 3,950 hab.

ZEITOUN (golfe de), l'ancien golfe Maliaque, vaste baie de lu Grèce modems, formée sur la côte orientale par l'Archipel, au N.-E. de l'île de Négrepont. Ce golfe mesure 20 kilom. de l'E. à l'O. et 13 kilom. du N. au S. Sa rive méridionale, où vient se jeter la rivière d'Hellada, forme avec les montagnes qui la bordent le fameux dénié des ïhermopyles.

ZEITOUN (Oued-), rivière d'Algérie, province d'Oran, district ou arrond. de Tlemcen. Elle descend du versant septentrional de l'Atlas, coule au N. et se jette dans l'Oued-lsser, affluent de la Tafna, après un cours de 95 kilom.

ZÉITRABA adj. (zé-i-traba). Alchim. Se dit des matières fusibles.

ZE1TZ, ville de Prusse, province de Saxe, régence et à 45 kilom. S. de Mersebourg, ch.-l. du cercle de son nom, sur l'Elster- Blanc ; 13,300 hab. Fabriques de draps, cotonnades, cuirs, poterie ; brasseries, distilleries , toiles, amidon ; impression sur étoffes, blanchisserie de cire. Cette ville, siège d'ovêclié au moyen âge, possède uu ancien château, dont une partie sert de prison et l'autre a été convertie en liô, ital. Dans la cour même du château, on voit, l'église de la Trinité, qui renferme plusieurs tombeaux anciens, entre autres celui du fondateur du gymnase de Zeitz.

ZÉKAT s. f. (zé-katt). Dans le Maroc, Impôt ou aumône obligatoire qui se perçoit proportionnellement au nombre des bestiaux, et qui représente environ 2 pour 100 de la valeur imposée : La ziïk.at donne naissance à une infinité d'exactions.

ZEK.V-KHAN (Mohammed), souverain de Perse, mort en 1779. Pendant le règne de son frère utérin Kerym-lChan, il se révolta à plusieurs reprises, et se signala par d'horribles cruautés. C'est ainsi qu'il faisait creuser des trous a distance égale, comme pour y planter des arbres, ordonnant d'y placer ceux qu'il voulait faire périr, la tète en bas, attaches à de fortes branches, puis faisait combler les trous. Après la mort de Kerytn (1779), Zeky- Khaii s'empara du pouvoir , bien que ce prince eût quatre fils. Mais, averti Ou dangerde régner en son propre nom par la résistance de plusieurs chefs de la tribu de Zend, il proclama deux des lils du. roi défunt, Aboul-Eetah et Mohamnied-Aly-Khan, et se rendit par la perfidie maître de ses ennemis, dont il se débarrassa ensuite par des supplices atroces. Son neveu, le brave et ambitieux Aly Mourad-Khan, à qui il avait confié le commandement de l'élite de ses troupes, s'étaut révolté contra lui et rendu maître d'ispahan, Zeky-Khan entra eu une fureur inexprimable, réunit ses forces et marcha contre le rebelle ; mais arrivé à Yezukhast, près de l'Irak, il causa par des ordres cruels une telle indignation dans la population, qu'un des habitants l'assassina pendant la nuit. Ce monstre n'avait régné que quelques mois.

ZELA, ville du Pont. V. Zii.kh.

ZEMDA (François-Xavier), cardinal ita-

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lien, d'origine espagnole, né vers 1717, mort à Rome en 1801. 11 entra de bonne heure dans les ordres , cultiva avec ardeur les sciences, se forma une belle bibliothèque, un musée d'antiques et de médailles, devint bibliothécaire du Vatican, où il fit construire un observatoire, et employa sa fortune et son crédit à favoriser les savants et les artistes. Lorsque l'ordre des jésuites fut supprimé, il reçut la mission de les remplacer dans les collèges par des professeurs instruits et il s'acquitta avec zèle de cette tâche. Pendant le pontificat de Pie VI, à l'élection duquel il avait beaucoup contribué, il devint secrétaire d'Etat et exerça une grande influence sur les affaires jusqu'en 1796, époque où il se démit de ses fonctions. Il se retira alors dans une campagne, près de Rome, assista au conclave de Venise dans lequel Pie VII fut élu pape, puis revint à Rome, où il termina ses jours. Ou a de lui un opuscule très-rare, intitulé : De nummis aliguot ssreis uneialibus epistola (Home, 1778, iu-4°),

ZELA1A (don Antoine), amiral sicilien , né à Païenne en 1678, mort àNaples en 1751. Il était lieutenant de vaisseau lorsque la Sicile fut cédée par le traité d'Utrecht au duc de Savoie, Vietor-A inédée. Zetaia entra alors au service de ce prince, qu'il quitta quand l'empereur Charles VI devint maître de la Sicile, servit à partir de ce moment dans la marine espagnole, devint capitaine de vaisseau en 1724, se distingua dans plusieurs expéditions, reçut de l'infant don Carlos le commandement du vaisseau amiral lorsque ce prince alla faire la conquête de la Sicile en 1735, se signala par sa bravoure, devint en 1738 un des membres de la junte de guerre et mourut comblé d'honneurs.

ZELAHA, lieu d'Espagne, dans la province et près de la ville de Badajoz. Alphonse VI, roi de Castille, y fut défait en 1086 par le chef des Almora vides, Yousouf-ben-Tasehfyn.

ZEL-AL1, pacha de Bosnie, né dans la seconde moitié du xvie siècle. Pendant le règne de Mohammed III, il servit sous les ordres d'un chef de rebelles, nommé Serivano. Ce chef étant mort, il fit sa soumission h la Porte moyennant la promesse du pachalik de Bosnie, se mit alors à la tête d'une troupe de 12,000 hommes, avec lesquels il combattit vaillamment contre les Hongrois en 1602; puis, voyant que la Porte ne se hâtait pas de lui donner le gouvernement promis, il résolut de s'en emparer de vive force, entra en Bosnie, battit le pacha Djafar, se rendit maître du pays et s'installa dans lu capitale Bagni- Aluck. Aussi pol. tique que brave, aussi rusé que ferme, il sut se maintenir au pouvoir, refusa constamment de se rendre à Constantinople, où on le manda plusieurs fois sous prétexte de lui faire honneur, mais réellement pour le faire périr, déclara que les faveurs qu'il avait reçues du sultan suffisaient à son ambition, et dit publiquement que, si on te troublait dans son gouvernement, il trouverait un allié dans l'empereur d Allemagne. On ignore l'époque de sa mort.

ZÉLANDAIS, AISE s. et adj. (zé-lan-dè, è-ze). Géogr. Habitant de la Zélande ; qui appartient à ce pays ou k ses habitants : Les Zélandais. Les mœurs zélandaises.

— Nèo-Zèlandaii, aise, Habitant de la Nouvelle-Zélande; qui appartient à ce pays ou à ses habitants : Les anthropophages kéo zélandais.

ZÉLANDE, en hollandais Zeeland (c'est-àdire pays de la mer) , province du royaume de Hollande, au S.-O., presque entièrement composée d'îles formées par les bouches de l'Escaut et de la Meuse. Elle est limitée au N. par le bras méridional de la Meuse, qui la sépare de la province de Hollande méridionale; à l'E., par la province de Biabant septentrional ; au S. (où une partie de son territoire appartient au continent), par la pro\ ince beige de la Flandre orientale , et à à l'O. elle est baignée par la mer du Nord. Indépendamment de sa partie continentale au S., les principales lies qui composent la province de Zélande sont : JSchouwen, Tholen, Nord-Beveland , Sud-Beveland et Wal7 cheren. Superficie, 105,706 hect. ; 166,000 h. Ch.-l., Middelburg. Cette province est subdivisée en cinq districts, qui portent les noms de leurs chefs-lieux : Middelburg, Sluys ou L'Ecluse, Goes,Hulst, Zieriksee. LaZeiande est un pays plat et bas, garanti contre les invasions de la mer, dans les endroits où il n'y a pas de dunes, par des digues de 5 à 6 mètres de hauteur, dont l'entretien coûte annuellement plus de 2 millions de francs. Le sol, gras, fertile et bien cultivé, produit en abondance des céréales, des légumes, pommes de terre, chanvre, colza, etc. L'élève du bétail et surtout du mouton y est importante; la volaille, le gibier et le poisson y sont abondants; mais, si la terre y fournit à peu prés toutes les productions nécessaires à la consommation des habitants, le climat y est humide, brumeux, malsain et engendre des fièvres endémiques. L'industrie manufacturière de la Zélande est représentée par de nombreuses filatures de lin, des fabriques de toiles et d'étoffes de laine, des brasseries, distilleries, moulins à huile, raffineries de sel, fours à chaux, chantiers de construction pour la marine, etc. Le commerce exporte du blé, de la garance, du chanvre, du bé-

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tail, des pois, des fèves, de la laine, du pois» Son et de l'huile. Les îles qui composent la province de Zélande étaient habitées à l'époque romaine par les Caninefates; elles subirent le contre-coup de la chute de l'empire, et, après les invasions des barbares, elles appartinrent pendant longtemps à des seigneurs indépendants. Florent V, comte de Hollande, les réunit sous sa domination en 1256. La Zélande passa ensuite, comme la Hollande, à la maison de Bourgogne, puis à la maison d'Autriche , et forma sous Charles- Quint une des dix-sept provinces espagnoles des Pays-Bas. Cette province fut une des premières à secouer le joug espagnol au xvie siècle; elle fit ensuite partie des Provinces- Unies jusqu'en 179S, époque où la république batave fut établie. En 1S10, elle fut comprise dans l'empire français, où elle forma le département des Boui^hes-del'Escaut et une partie de celui des Bouchesde-la-Meuse. En 1814, en reprenant son nom de Zélande, elle forma une des provinces du royaume de Hollande.

ZÉLANDE (NOUVELLE-), nommée aussi terre des Etaiset terre de Cook, archipel de 1 Oceanie , dans la Polynésie, à environ 900 kilom. S.-E. de la côte orientale du continent australien. Situé dans le grand Océan austral, ce groupe, composé de deux îles principales, s'étend en longueur du N.-E. au S.-O. entre 34° 12' et 47" 20' de latit. E. et, en largeur variable, entre 164" et 178° 39' de iongit. E. L'Ile septentrionale, ou Tasmanie du Nord, nommée Ikand-Mawi par les indigènes, est séparée de l'île méridionale (appelée Tavaï-Pounamou par les indigènes, ou Tasmanie du Sud par les Européens) par le détroit de Cook ; la première de ces îles a 750 kilom, de longueur, la seconde 800 kilom.; leur largeur varie de 200 à 2S0 kilom.; au S. de Tawuï-Pounamou s'étend la petite Ile Sleword, que sépare le détroit de Foveaux. La superficie totale de ces trois îles est de 230,000 kilom, carrés. La population est d'environ 100,000 indigènes, appelés Maoris, et de 341,860 Européens (décembre 1874). La côte occidentale de ces îles décrit une ligne concave, parallèle à peu près à la ligne convexe de la côte S.-E. du continent australien, qui y est opposée; presque partout elle est élevée et d'un accès dangereux ; cependant toutes ces îles, surtout celle du nord , possèdent d'excellents ports, parmi lesquels il faut citer : rVrt-Chalmeis, Nelson, Wellington et Auckland. Les saillies et baies que présentent ces côtes sont : le cap Ûton, à 1 extrémité N.-O. de l'Ile septentrionale et le cap Kawa-Kawa à son extrémité S.-E. ; citons encore le cap Warka-Keka, sur la côte orientale, où l'on rencontre la baie d'Abondance, au nord de ce dernier cap. Dans l'île méridionale ou Tavaï-Pounamou, on remarque les caps Farewel et Cmnpbell au N., Siiunders et Ouest au S.; la presqu'île de Banks sur la côte Orientale et lu baie Dusky au N. du cap Ouest; enfin, la baie Pegosus au N.-O. de la presqu'île de Banks. Non loin de ces côtes, on trouve plusieurs petites Iles, dont les plus importantes sont : Maekarie, Bishop, Antipode, Bounty, Clerk et Cimtham. Les îles de la Nouvelle-Zélande, comme la plus grande partie de celles de l'océan Pacifique, sont d'origine volcanique. Une chaîne de hautes montagnes traverse le centre de l'île méridionale et parcourt le sud de l'île septentrionale. Ces montagnes, parmi lesquelles on remarque des volcans en ignition , notamment le volcan Tongariro, et en quelques endroits des pics dont les cimes atteignent les limites des neiges perpétuelles, s'abaissent graduellement en s'avançant vers les côtes, et entre les divers rameaux qu'elles projettent s'étendent des plaines et quelques marais. Parmi les reliefs les plus saillants de cette chaîne, mentionnons, dans l'Ile septentrionale, le pic Egmont (2,520 mètres), qui, par sa forme et son élévation, rappelle le pic de Ténériffe, et le Ruapehou (ï,800 mètres); et dans l'île méridionale, le mont Cook (4,020 mètres) et le mont Earustaw (3,050 mètres). Outre la chaîne centrale,, on y trouve aussi quelques chaînes secondaires de collines, des massifs isolés d'une assez grande étendue et des plateaux très-élevés. La plupart de ces hauteurs sont couvertes de magnifiques bois de construction jusqu'à la limite des neiges éternelles. La Nouvelle-Zélande est bien arrosée ; une foule de ces cours d'eau peu importants au point de vue de la navigation, mais très-utiles k l'agriculture et à l'industrie, descendent des hauteurs; le "Waïkato est le plus remarquable des cours d'eau. On y trouve, en outre, plusieurs petits lacs, de nombreux étangs, un grand nombre de sources minérales, des geysers, etc.

La géologie et la minéralogie de cette contrée insulaire sont encore peu connues. Cependant on a découvert et on exploite en assez grande quantité de la houille k Nelson, à New-Plymouth et sur quelques autres points des îles principales, et des mines d'or. Le fer abonde, et la colonie anglaise exporte plus de 13,000 quintaux de cuivre annuelle-, ment. Le manganèse, le soufre, l'ardoise, le marbre, les pierres et terres à ouvrer s'y rencontrent aussi. Dans l'Ile septentrionale on rencontre des cavités qui sont évidemment des cratères éteints. Les tremblements de terre sont assez fréquents dans la Nou-

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velle-Zélande. Malgré sa position reculée vers le sud, ce pays jouit d'un climat salubre, qui a beaucoup d analogie avec ceux de France et de l'Angleterre méridionale. La chaleur y est moins lourde qu'à Sydney, et l'on n'y est pas exposé à ces longues pluies torrentielles qui affligent les colonies de l'Australie. Cependant, à presque toutes les nouvelles lunes, la température change et il règne des vents très-violents. En général, l'air est salubre et propre à la longévité. Le climat de la Nouvelle-Zélande convient à la culture de toutes les productions de l'Europe. Sur plusieurs points, sa végétation, dans laquelle on distingue des fougères arborescentes, des draccenas qui s'élèvent comme des palmiers, ressemble, par son abondance et sa vigueur, à celle des tropiques. Le sol défriché est très-fertile et produit toute espèce de grains et de fruits, tels que blé, orge, avo.ne, maïs, pommes de terre , pommes, poires, raisins, etc. Le lin a de larges feuilles qui fournissent une filasse aussi fine que la soie et propre U. la fabrication des étoffes. Le myrte k thé croît sur les collines voisines de la mer. Les feuilles d'un arbre semblable au pin d'Ecosse peuvent servir contre le scorbut. Les Européens Ont introduit la culture des blés, des racines et des légumes d'Europe, qui réussissent très-bien. Les naturels de 1 île septentrionale cultivent les patates, les ignames, la citrouille, et surtout une espèce de fougère dont les racines très -fibreuses donnent un suc nourrissant. Les épinards de la Nouvelle- Zélande sont supérieurs à ceux d'Europe. Des espèces de céleri sauvage, le cresson et autres plantes aiitiscorbutiqiies y croissent en abondance. Il n'y a pas d'arbres à pain ni de palmiers. Les forêts, que l'on peut regarder comme inépuisables, fournissent beaucoup de bois à l'exportation de Sydney et d'autres colonies. Le pin y atteint une grosseur et une hauteur prodigieuse, surtout la variété du pin kaury. La faune de cette contrée présente une particularité tout à fait remarquable : c'est l'absence absolue de mammifères indigènes; les chevaux, bœufs, moutons, chèvres et porcs qu'on y trouve ont tous été importés; il(u'y a pas jusqu'au chien et au rut qui n'aient été introduits dans ces contrées par les Européens. Des perroquets, perruches, canards sauvages et d'excellents pigeons habitent les profondeurs des forêts; la volaille commence a se propager par les soins des colons européeus. On trouve dans la Nouvelle-Zélande d énormes lézards qui attaquent les hommes. Les poissons abondent sur les côtes; on pèche des chiens de mer, dont la chair a le goût de la raie ; les maquereaux et les homards y sont excellents.

Les iudigènes, appelés Maoris, appartiennent à la grande famille polynésienne, larace dominante du moins, car ou y a trouvé deux variétés très-distinctes. L'une, plus grande, plus belle, a le teiut plus clair, des traits réguliers, les cheveux lisses, les yeux grands et bien fendus; ces indigènes ont une physionomie agréable, bien qu'ils se défigurent, les chefs surtout, par un tatouage en incision dont la disposition ne contribue pas peu à leur faire paraître, à tous, le nez aquilin ; cette forme, toutefois, est assez commune, et elle se joint à l'écartement des narines. Leurs cheveux sont longs, leurs dents sont admirablement belles, le caractère de la physionomie est aussi varié qu'en Europe. La seconde variété des Maoris a les formes plus petites et moins belles, la physionomie peu expressive, les cheveux crépus et la barbe frisée. On n'y rencontre qu'un petit nombre d'individus tatoués, car cet ornement semble appartenir uux guerriers, et par conséquent aux chefs, qui le sont tous. Les femmes sont loin d'égaler les hommes en beauté ; petites pour lu plupart, elles n'ont rien de ces grâces naturelles que l'on rencontre chez d'autres peuplades polynésiennes , à Sandwich, à Taïti, par exemple. Les femmes des chefs sont tatouées d'une manière particulière aux lèvres et sur lesépuules. La langue des Néo -Zélandais diffère très-peu de celle des habitants de Tonga, de Tuïti, des Marquises, des îles Sandwich et des autres terres de la Polynésie, ce qui suffit pour ne laisser aucun doute sur leur origine. Les insulaires de la NouveLe-Zélaude ne connaissent d'autres arts que ceux que demande la construction de leurs cabanes et de leurs pirogues, qu'ils sculptent avec une grande adresse, ainsi que la fabrication ne leurs belles nattes en phormium tenax (lin). Leurs casse-tête et leurs haches, eu beau jade vert, demandent beaucoup de temps et de Soin pour être fabriquées ; aussi y tiennent-ils fort et ne les echangent-ils que contre des armes à feu. Il est à remarquer que l'arc et les fieches ne sont point connus dans la mer du Sud. Le costume de ces insulaires est des plus pittoresques ; il se compose de nattes de différentes espèces ; il y en a, eutre autres, de très-épaisses, couvertes de longs brins de phontuum. Lorsqu'ils s 'accroupissent sous ce vêtement, ils ressemblent à une ruche surmontée d'une tête. Quelques-uns nouent leurs cheveux par derrière et les ornent de plumes ; d'autres les enduisent d'ocre rouge par devant; c'est la toilette de cérémonie. Sa couvrir les épaules est chez eux une marque de respect. Aujourd'hui , hommes et

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femmes sont passionnés pour les vêtements européens, Leur nourriture consiste habituellement en poissons et en patates douces; ils mangent aussi la racine des fougères qui couvrent le pays ; c'est une nourriture peu coûteuse, mais aussi peu (substantielle. Il faut ajouter k ces moyens d'alimentation les cochons, les choux, les pommes de terre, qu'ils doivent aux Européens. Mais, plus qu'aucun peuple polynésien, les Néo-Zélanaais se livrent à l'horrible usage de manger leurs prisonniers après le combat, et ils paraissent y attacher une idée religieuse, puisque les chefs vaincus semblent regarder comme un honneur d'être dévorés pur leurs vainqueurs. Ceux des prisonniers qui survivent, quand on s'est rassasié de cette singulière pâture, deviennent esclaves; mais il y a, en outre, parmi le peuple, certains individus qui ne semblent pas jouir de toute leur liberté. Malgré leur penchant irrésistible k l'anthropophagie, les Néo-Zélundais ne sont point étrangers aux sentiments affectueux; ils chérissent tendrement leurs femmes et leurs enfants, il est fort probable quo l'anthropophagie doit son origine à quelque rit superstitieux, et qu'elle a été entretenue par la fureur que ces sauvages apportent dans leurs guerres et dans leurs rancunes personnelles, Leurs croyances religieuses sont encore assez peu connues. Atoua, chez eux, comme dans plusieurs Iles plus septentrionales de l'Océanie, représente une divinité supérieure, mal déiinie, au-dessous de laquelle se rangent, dans une sorte de hiérarchie, des dieux secondaires et des esprits. Atoua revêt toutes les formes, mais surtout celle du lézard, et il signale sa présence par un sifflement sourd et léger, qui n'est perceptible que pour le prêtre ou tahounga. Celui-ci cahue les vents, prévient les orages et surveille la stricte observance du tabou, pratique superstitieuse familière à. la plupart des peuplades océaniennes, et dont les moindres détails sont connus par nombre de relations et récits. Les Zélandais admettent une sorte d'âme, un esprit, waidoua, distinct du e*>rps, et, par une singulière analogie avec des croyances jadis familières k des races de l'Europe, ils prétendent que dans les demeures célestes les esprils passent le temps en combats et en festins. Ils ne connaissent, k part quelques rhythmes religieux, que des danses et des chants de guerre ; ils préludent à leurs combats par des cris et des contorsions qui surexcitent leur fureur. Leurs instruments de musique consistent en une trompe marine et en diverses sortes de flûtes percées d'un petit nombre de trous; ils en tirent, en y soufflant avec les narines, des sons sourds et discordants. Cependant leur langue, dont quelques missionnaires anglais ont fait une étude assez approfondie, no manque pas d'harmonie, et elle semble féconde en ressources oratoires, k en juger par les vives impressions que le3 harangues do chefs font passer dans les esprits et sur les visages des guerriers qui les entourent. On sait que le salut des Zélandais consiste, comme chez les autres Polynésiens, dans le frottement des nez. La polygamie règne dans ces îles; l'adultère est sévèrement puni, et par une contradiction étrange, les Ailes ont la liberté de se prostituer a qui bon leur semble jusqu'au moment du mariage.

On sait peu de chose sur le gouvernement des habitants de la Nouvelle-Zélande. On n'y rencontre point de souverain ayant une domination étendue; ce pays est divisé en nombreuses tribus, indépendantes l'une de l'autre et ayant chacune leur chef. Ce chef, loin d'être absolu, ne parait avoir d'autre autorité que celle que lui donne l'opinion; il ne peut, dans aucun cas, forcer un homme libre k agir contre sa volonté. Chaque uibu représente donc une sorte de petite république, se fédérant parfois avec d'autres et obéissant alors k un seul chef pour faire la guerre. Si ces divisions infinies des tribus assurent leur indépendance, elles les empêchent de se civiliser, en entretenant des rivalités et des guerres continuelles-, on peut même dire que les Néo-Zélandais sont entre eux dans un état permanent d'hostilité. Chaque tribu a son Pà ou ilèpâ, placé dans une île ou dans un lieu de difticile accès, entouré de fossés, garni de palissades et renfermant deux rangées de maisons très-basses, à toits arrondis , ayant uu petit péristyle et une porte si basse qu'il faut se mettre à plat ventre pour pénétrer dans 1 intérieur. Avant l'arrivée des Européens, les habitants de chaque Pà bravaient leurs ennemis dans ces réduits inexpugnables ; niais depuis qu'ils ont appris à faire usage des armes à feu que leur fournissent les baleiniers anglais, ces citadelles ne présentent plus la même résistance ; et comme les fusils sont inégalement répartis, il eu résulte que certaines tribus plus favorisées exterminent les autres.

La Nouvelle-Zélande fut découverte par Tasmati en 1G42; le 13 décembre, ce célèbre navigateur aperçut pour la première fois le3 montagnes de Tavaï-Pounamou. Ses etforts pour gagner la couiiance des insulaires furent inutiles; quatre hommes de ses équipages furent tués et il dut s'abstenir de descendre à terre. Cent ans s'écoulèrent depuis la découverte de Tasman, sans qu'on connût de ces terres autre chose que leur existence, il était réservé à Cook et à ses savants compagnons, Banks et Soiander, de faire

ZÉLÀ

connaître la forme at l'étendue de cetto contrée, sus productions, les mœurs et les coutumes de ses habitants. Après Cook, plusieurs navigateurs visitèrent la Nouvelle- Zélande; nous citerons Surville, Marion , Vancouver, d'Entrecasteaux; plus récemment Dillon, Freycinet, Duperré et entiu Dumontd'Urvilla. C'est surtout k la relation de ce dernier que nous avons emprunté la plupart des détails renfermés dans cette courte notice.

La situation de la Nouvelle-Zélande dans le voisinage de la puissante colonie anglaise de l'Australie, les richesses végétales et minérales de cet archipel et surtout l'activité commerciale de la race anglo-saxonne ont fatalement contribué k faire de la Nouvelle- Zélande une colonie anglaise. Dès le commencement du siècle actuel, quelques naturels de ces îles tirent le voyage île Port-Jackson ; un des chefs néo-zélandais se rendit même en Europe ; de lk quelques relations d'affaires s'établirent entre les Néo-Zélandais et les colons australiens. Bientôt des missionnaires anglais pénétrèrent dans l'intérieur de la Nouvelle-Zélande ; mais, pendant plusieurs années, leurs efforts ne furent couronnés d'aucun succès. Les indigènes ne portaient qu'une faible attention aux exhortations des ministres chrétiens et ne témoignaient d'autre désir que de se procurer des fusils et des balles pour exterminer leurs ennemis. Cependant, par suite des relations plus fréquentes avec les Européens, cet état de choses se modifia peu k peu et une partie des indigènes finit par adopter les habitudes delà vie civilisée. En 1835, une colonie française y fonda un établissement qui, peu soutenu parla métropole, réussit médiocrement.

Jusqu'en 1840, les baleiniers, les commerçants, des aventuriers de la Nouvelle-Galles du Sud et des missionnaires de l'Eglise d'Angleterre, dans ces lies, furent les seuls Européens qui y résidèrent. A cette époque, la compagnie de la Nouvelle-Zélande, dirigée par les frères Wakelield et leurs amis, y envoya des colons qui formèrent des établissements à 'Wellington, New-Plymouth ou Taranaki et Nelson, sur les côtes opposées du détroit de Cook. Cela détermina le gouvernement britannique ; quoique avec quelque hésitation, a occuper la Nouvelle-Zélande (1342), qui est devenue depuis cette époque une de ses plus belles colonies. Auckland fut fondée la même année par le gouverneur Hobson ; au sud et dans l'intérieur de l'Ile, Otago s'éleva en 1848 et Canterbury en 1851. Ces deux provinces ont bientôt surpassé toutes les autres en richesses matérielles, par l'accroissement de la population et la prospérité sociale. Westlaud, Murlborough et Hawke's Bay sont des provinces de formation plus récente encore, et Southlaiid, qui pendant un temps assez court a été indépendant, fait maintenant partie d'Otugo.

Chacune des neuf provinces dont se compose la colonie est administrée, sous le Contrôle du gouvernement général anglais, par un intendant choisi par elle et par un conseil provincial. En outre, elle envoie des députés à la chambre législative qui siège k Auckland, capitale de la colonie, située dans l'île septentrionale. Les villes principales sont Wellington, Otago, Canterliury, Nelson, Westlaud, etc. Grâce à Sa supériorité sur presque tout autre pays au point de vun de l'agriculture et de l'élevage des bestiaux, cette colonie s'est développée d'une façon véritablement extraordinaire. La population européenne, qui n'était que de 100,000 habitauts en 1861, s'élevait k la lin de l'année 1874 k 347,8tt0, grâce au flot d'émigrnuts qui s'y rendent. D'après des documents officiels publiés eu 1875 , k Londres , le pays a 264,000 acres en culture; le blé y produit "n moyenne le double de ce qu'il donne en Amérique et en Australie. Plus d'un million d'acres est cultivé en prairies artificielles; il y a près de 12 millions de moutons et un dennmillion de tètes de gros bétail. Le produit annuel de la laine s'élève k plus de 2,700,000 et l'or à plus de 2,000,000 de livres sterling. Eu totalité, les exportations de la Nouvelle- Zélande se inonteutk G, 500,000 de livres sterling et les importations ordinaires k 5,500,000. Partout dans la Nouvelle-Zélande il y a des écoles pour l'éducation des enfants, des banques d'assurances sur la vie et les propriétés, et des bureaux de poste. La taxe des lettres est de 2 pence (0 fr. 20) dans toute l'étendue du territoire, et de 1 penny (0 fr. 10) dans l'intérieur de chaque ville; les lettres sont distribuées une ou deux fois par jour. Les ligues télégraphiques s'étendent sur les deux îles et les payements d'argent peuvent se faire immèuiatetiient par ordres télégraphiques. Enfin une ligue sousmarme qui, par l'Australie, met la Nouvelle- Zélande eu rapport avec l'Angleterre, a été inaugurée le 20 février 1876.

ZÉLATEUR, TRICE s. {zé-la-teur, tri-se — rud, zèle). Personne qui montre un zèle ardent : Un zélatuou de la gloire de Dieu. Les zélateurs du bien public. Ces Beccaria, ces Uenooesi, ces Veri, ces Filangieri sont d'ingénieux zélatkuhs d'idées étrangères, (Vilium.) Zélateur de la gloire de su patrie et du bien de l'humanité, de Urosses procédait, dans ses plans généreux, de la libre impulsion de tiacon. (fetc-Bauve.)

ZÉLA

— Hist. hébr. Zélateur ou Sicaire, Membre d'une secte juive de Jérusalem, sous l'empereur Titus.

— Hist. ecclés. Zélatrice, Religieuse qui, dans quelques couvents, était chargée de la correspondance et des dépenses.

— Encyct. Hist. hébr. La secte des zêlaleurs était k la fois religieuse et politique; en religion elle demandait le retour à la stricte observation des lois de Moïse ; en politique, s'appuyant sur les passions populaires, les haines soulevées contre les deux classes gouvernantes, les pharisiens et les sadducéens, elle prêchait la révolution sociale. Sa plus grande période d'activité coïncide avec les commencements de l'ère chrétienne et la recrudescence du fanatisme religieux, soulevé par la domination romaine. Mais le parti des zélateurs était bien plus ancien ; c'est lui qui avait provoqué la séparation des royaumes de Juda et de Samarie, la guerre d'Assyrie et plus récemment la résistance à la monarchie gréco-syrienne.

Tandis que les pharisiens et les sadducéens, classes riches et éclairées, s'accommodaient assez de la domination romaine, peu lourde à la vérité, et qui respectait les mœurs, les lois, la nationalité des vaincus, les zélateurs, sous la conduite de Juda de Galilée et de Sadok, leurs chefs d'alors, profitèrent du recensement ordonné par Sulpicius Quirinus, le proconsul de Syrie, pour montrer que le roi de Judée n'avait qu'une autorité illusoire, qu'il n'était que le jouet des Romains, et, prenant pour texte les inscriptions de la loi mosaïque, qui défend de reconnaître un autre souverain que Dieu, prêchèrent la résistance k l'oppression. Une révolte, soulevée par eux,dont)es historiens n'ont point parlé et que mentionnent seuls les Actes des apôtres, n'eut aucun succès.

En ce moment (an 54 de notre ère, époque de l'avènement de Néron), le désordre était k son comble en Judée; un cataclysme était imminent. « Des bandes de brigands, dit M. Munck, infestaient le pays; des fourbes de toute espèce, des magiciens, des faux prophètes, des faux messies séduisaient le peuple et excitaient des troubles continuels. Des assassins, armés de poignards (sica) cachés sous leurs vêtements, se mêlaient k la foule et commettaient des meurtres jusque dans le temple, sans qu'on sût d'où partaient les coups ; on les appelait sicaires; Félix, le gouverneur romain, s'empara par ri^e d'Eléazar, fils de Dinée, chef d'une bande de brigands, et l'envoya enchaîné à Rome. Plusieurs faux prophètes fuient mis a mort. Un de ces imposteurs, juif égyptien, rassembla en Judée une grande multitude de peuple qu'il engagea k le suivre sur la montagne des Oliviers, du haut de laquelle, disait-il, on verrait s'écrouler k sa parole les murailles de Jérusalem, après quoi il pénétrerait dans la capitale et en expulseraitlesRumains. Dans le combat que Félix lui livra, la plupart de ses partisans furent tués ou faits prisonniers; mais l'imposteur s'échappa et on ne putle retrouver. Quelque temps après, l'apôtre Paul ayant été arrêté dans un tumulte, k Jérusalem, le capitaine de la garde le prit un moment pour le prophète égyptien. »

Trois gouverneurs s'épuisèrent à ramener la Judée k une situation plus calme : Félix, affranchi de Néron et frère du fameux Pallas immortalisé par Tacite, homme incapable d'ailleurs; Festus, qui sévit contre les fanatiques, les faux messies, et ne parvint qu'a augmenter l'irritation générale; Albinus, homme rapaee, qui ne songeait qu'à s'enrichir et laissa les factions s'eutre-déchirer. De guerre lasse, les Romains laissèrent les zélateurs, qui avaient organisé une sorte de gouvernement occulte, dominer les autres partis. Eléazar, fils de Simon, leur chef, gouverna véritablement la ville, décrétant le pillage, la proscription ou la mort des chefs et des partisans de la faction adverse.

Quels qu'aient été les excès dans lesquels les entraîna leur fougueux patriotisme, les zélateurs ne méritèrent pas les maL-uictions accumulées sur eux par des historiens exclusifs. Mattre de Jérusalem, ce parti, composé en grande partie de la plèbe juive, accusa les hautes classes et les fonctionnaires publics, non sans raison peut-être, de pactiser avec les Romains, et en sacrifia un certain nombre k ses soupçons meurtriers. Par les mêmes motifs, il écarta des dignités sacerdotales les grandes familles qui eu étaient en possession et en disposa en faveur d'hommes nouveaux. Le grand-prêtre Ananias ayant armé contre les zélateurs une partie de la population, ils furent contraints de faire du temple une citadelle et d'appeler les Iduméeus k leur secours. Des scènes de carnage ensanglantèrent la ville, et l'aristocratie fut de nouveau décimée. Redevenus maîtres du pouvoir, ils se divisèrent alors en trois factions, qui se déchirèrent eu de sanglants combats, Ce qui précipita la ruine de Jérusalem (an 71 de notre ère). Ils montrèrent du moins par leur résistance héroïque que, si l'esprit de discipline et d'organisation leur manqua, comme k toutes les multitudes déchaînées, ils avaient du moins le courage de mourir pour leur patrie et pour leur foi. La plupart furent massacrés pendant le siège ou après la prise de la ville. Vaincus définitivement, les survivants ne désespéré-

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