‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 996 sur 1042 · ZÈLE · texte numérisé non relu

ZÈLE

rent pourtant pas encore, et e«s fut sous leur direction que s'organisèrent toutes les révoltes subséquentes.

On a porté sur les zélateurs des jugements contradictoires. 11 est certain qu'ils comptaient parmi eux bon nombre de gens sans aveu, dont la résistance aux Romains était le prétexte et le pillage la grande affaire. Mais les chefs du parti avaient des visées plus hautes et aspiraient k une rénovation ; le centre d'action qu'ils créèrent en Judée n'a d'égal que chez nous, dans la Révolution de 89; les gens sans aveu qui s'y mêlèrent n'empêchèrent point ses principes de triompher. Le mouvement juif avorta devant la puissance romaine et l'une des plus formidables exterminations de peuples que l'histoire ait enregistrées; il se continua néanmoins, sous une autre forme, par le christianisme.

ZELAYA, ville du Mexique, dans l'Etat et k 62 kilom. S.-E. de Guamixuato, sur le Rio- Grande de Santiago; 4,700 hab. Collège, commerce actif en sucre, vins et huile. Un y voit une des plus belles églises du Mexique.

ZELCOVA s. m, (zèt-ko-va). Bot. Section des plunères, genre d'arbres.

ZÈLE s. m. (zè-le — lat, zelus, mot provenu du grec zélos,- envie ardente, ardeur, qui se rattache au verbe seà, bouillir, être bouillant, bouillonner, d'où aussi le grec zesma, sema, décoction, zèsis, ébullitiou. Le grec zeà répond k la racine sanscrite yas, yasyami, yasumi, s'appliquer, travailler k, U'ou le sanscrit nizâgas, faire transpirer, prasyaslas, s'enfuir, s'épancher, se répandre en bouillant). Grande activité inspirée par une affection vive : Un zèle ardent. Unzaus déuorant. Etre plein de zèle. Montrer du zèle pour la foi., pour lu salut des âmes, pour le bien public. Le zèle religieux n'est souvent qu'un emportement déguisé. (Sully.) Le zèle gratuit d'un bon citoyen doit aller jusqu'à négliger pour sa patrie le suin de sa réputation. (D'Ablanc.) Le véritable zèle du bien publie ne cherche qu'à se rendre utile. (Mass.) À Home, on préconise la Saint- Hurthelemy comme une œuvre de zèle et de religion. (Le (Jourayer.) Le zèle eut i'actioité dans l'intention et lu volonté. (i\l'"o iionmarson.) Les hommes ne funt aucc-zÊLE que ce qu'ils font ou croient faire avec liberté. (Guizut.) Le iéle n'est pas tout, il faut de la prudence.

Okesset.

— Grande foi religieuse, du\utiuu ardente: Il ue faut (as confond) e lu ferveur d'une pieté ruttonnuble avec les excès d'un zèle indiscret, (buss,).

Dans tous les lieux dévots elle (taie un grand sdr. Mais elle met du blanc et veui jmruUre belle.

Molilrb.

— Faire du zèle, Montrer uu onipreasement outré ou intempestif.

— Ecrit, sainte. Zèle de la maison du Seigneur, Ardeur extrême dans le survice de Dieu : Le zèle de la maison nu seigneuk le dévore.

— Hist. hébr. Jugement de zèle, Supplice de la lapidation, infligé, d'après la loi de Moïse, k un grand nombre de ci unes.

— Entom. Genre d'insectes hyménoptères térébrantSi de la famille des iehueuinoiuens, tribu des braooivides.

— Syn, Zclo, ompreMeuieut, V, EMPRESSE- MENT.

— Encycl. Théol. Le zèle résulte de toutes les convictions fortes, dans quelque sens qu'elles se manifestent. Il y a un zèle politique comme un zèle religieux. Il y a du zèle dans l'amour actif d'un père pour sou lils, d'un lils pour son pero, d'un amant pour sa maîtresse, d'un auteur pour les idées qu'il défend dans ses livres. Mais ces différents zèles changent de nom suivant la matière sur laquelle ils s'exercent et ou a spécialement réservé le titre de zèle aux effets ardents des croyances religieuses. Hors des limites de la modération qui convient k toute chose, le zèle religieux se change eu fanatisme (v. ce mot). Dans ce cas, il est aveugle, persécuteur, un véritable tleau auquel on doit l'inquisition et une foule de maux quo les institutions politiques on u,û souvent réprimer. Le zèle a cté commun k tous les cultes. Le paganisme dégénère avait encore des adeptes Zélés lors ue la prédication de l'Evangile : Umnisqui interfictet vos putnbit se obsequium prmsture Deo, uil suint Jeau, • Quiconque vous tuera croira servir lea intérêts de son Dieu. ■ Les premiers chrétiens avaient un zèle excessif, auquel ils durent une bonne part de leur action sur le monde païen. Voici comme eu parie l'empereur Julien au IV* siècle : « Les Gulneeiis, chrétiens, ont souffert sous mou prédécesseur l'exil et les prisons; on a massacré réciproquement ceux qui s'appellent tour k tour hérétiques. J'ai rappelé leurs exilés, élargi leurs prisonniersjj'ai rendu leurs biens aux proscrits; je les ai forcés de vivre en paix ; mais telle est la fureur inquiète des Galiléous, qu'ils se plaignent de ne pouvoir plus se dévorer les uns les autres. »

■ Ce portrait ne parait point outré, dit Voltaire, si l'on fait seulement attention aux calomnies atroces dont les chrétiens se noircissaient réciproquement. Pur exemple, saint Augustin accuse las manichéens de contrain-

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