ZELO
vont redoubler. Anténor lui reproche d'avoir livré son père; se justifier, c'est perdre Polydore. La situation se complique encore parle retour d'Uus, à qui Anténor apprend le trépas d'Azor et de Polydore; saisissant la main de sa femme, Uns jure <le venger les victimes et surtout son beau-père, • . . Vous tenez la main qui l'a livré,
s'écrie Anténor. Ilus repousse Zelmire, qui ne peut se défendre, car, si elle parle, elle causera la mort do son père et de son époux. Elle ne peut que répondre d'une manière ambiguë :
Ce que j'ai fait enfin, je le ferais encore.
Au troisième acte, Ilus a repris son fils et se dispose à partir. Il est seul; Anténors'avance sur la pointe du pied pour l'assa*.siner ,' mais Zelmire qui entrait s'élance et lui arraehe le poignard. Uns se retourne au bruit, et, par un trait de génie digne de sa noirceur, Anténor s'écrie :
. . , Vous voyez une épouse perfide Qui, sans moi, consommait un nouveau parricide-
Zelmire s'évanouit, puis, revenant à elle, accuse Anténor, qui ne lui répond que par ces mots accablants :
Ose aussi m'accuser du meurtre de ton père.
L'infortunée laisse échapper quelques mots équivoques en regardant le tombeau où son père est caché, tandis qu'on l'entraîne en prison. Resté seul, Ilus se rappelle ses coups d'oeil vers le tombeau, l'ouvre, et Polydore se jette dans ses bras. Un cri s'échappe de la bouche d'Ilus :
Zelmire est innocente!
Je l'ai cru!... Pardonnez...
Furieux, il va combattre Anténor avec d'autant plus d'espoir que le soldit thrace lui remet la preuve écrite de l'assassinat d'Azor par Anténor. Polydore veut aussi prendre part à la lutte; Uns refuse, malgré son insistance :
Souverain détrôné, je ne suis qu'un soldat... Et dans de tels moments vous voulez que je fuie !
Le quatrième acte nous fait assister à la défaite du bon droit. Zelmire, en prières pour son époux , voit passer un esclave troyen poursuivi par des soldats et qui cherche un refuge dans le tombeau des rois. Les vainqueurs le croient caché sur les vaisseaux d'Ilus, où Zelmire sait que son père doit être en sûreté, et veulent y mettre le feu. Livrerat-elle ce fidèle serviteur de son père ou laissera-t-elle brûler Polydore? Elle indique la retraite du fugitif. Le Troyen se défend, son casque tombe : c'est Polydore. On les conduit tous deux à Anténor victorieux. Polydore lui parle avec hauteur comme à un sujet rebelle, niais Anténor l'accuse du meurtre d'Azor de complicité avec Zelmire. On les enchaîne.
Au dernier acte, Ilus s'est laissé voler par Rammès l'écrit qui prouve le crime d'Anténor et voit son beau-père et sa femme condamnés à être immolés sur le tombeau des rois. Zelmire indignée lance contre les Lesbiens des imprécations presque aussi énergiques que celles de Camille :
Que vos flls arrachés de leurs berceaux brisés Soient, a vos yeux, mourants sur la pierre écrasés.
Qu'importe? le moment fatal est arrivé. Rammès armé du glaive vengeur va frapper les coupables; il le lève et, par un détour subit, renverse Anténor, en s'écriant ; t Meurs, traître! » Le peuple va le massacrer; mais . les prêtres lisent l'écrit d'Azor tracé avec son sang; Rammès prend la parole, raconte le dévouement de Zelmire, et les Lesbiens battant des mains acclament Polydore, Ilus et Zelmire.
Telle est cette tragédie, au sujet de laquelle Voltaire écrivait à l'auteur : a Vous avez le mérite de l'action théâtrale. > Zelmire est en effet une pièce de mouvements et de situations tragiques, fort animée et fort intéressante malgré ses invraisemblances.
Zelmire (Zelmira), opéra-séria italien en deux actes, livret de Tottola, musique de Rossini ; représenté sur le théâtre Sun-Carlo, à Naples, pendant le carnaval de 1822. Le livret est une imitation de la tragédie de Zelmire de de Belloy. Cet opéra a été représenté au Théâtre-Italien de Paris le 14 mars 1826. On y remarque les nouveaux effets d'instrumentation et d'expression dramatique qui caractérisent la seconde manière de Rossini, et la transition des opéras conçus d'après l'ancien goût italien, tels que : Cenerentola et la Cassa ladra, aux magnifiques développements de Sëmiramis. Les morceaux principaux de la partition de Zelmire sont : la cavatine de Polidoro : Ah! già trascorse il di ; le trio : Souoe conforio ; le duo: Ah chè quel tronc/d accenti; le quin tetto. -iasorpresa, lo stupore, et le duetto : Perché mi guardi.
ZELOTT1 (Jean-Baptiste), appelé parfois Baiiintu de Vérone, peintre italien, né k Vérone vers 1532, mort vers 1592. Après avoir fréquenté l'atelier de A. Badile , où il se lia d'une vive amitié avec Caiiari, qui devait devenir si célèbre sous le nom de Paul Véronèse, il se rendit à Venise, où il reçut des leçons de Titien. Doué d'un esprit ingénieux, d'une imagination féconde, excellent dessinateur, brillant coloriste, possédant une touche légère et facile, Zelotti exécuta des œuvres fort remarquables qui se distinguent par