‹ Grand jeu de société. Pratiques secrètes de Mlle Lenormand. Explication et application des cartes astro-mytho-hermétiques, avec ... la manière de faire les talismansChapitre 37 sur 77 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

Des aphorismes des fleurs.

On procède aux aphorismes des Heurs par le coup de vingt-cinq caries dont voici la figure :

Le consultant.

Son état.

Sa famille.

Ses supérieurs.

Evènements

imprévus.

Comme on le vo l, v.ngt carrés foimani quatic

colonnes, dont deux horizontales et deux \ertica es,

portent des numéros, et ces numéros correspondent aux Heurs, qui portent elles-mêmes chacune un numéro de un à vingt, et les cinq carrés du milieu sont destinés à recevoir les cartes qui donnent les conseils ou même prononcent la sentence que le consultant doit attendre sur les différents évènements qui l’intéressent et qui apparaissent dans ces cartes , en raison de ses bonnes ou mauvaises actions.

Le premier carré est le consultant à l’égard de lui-même ou de tout ce qui touche à sa personne.

Le second carré est à l’égard de son état ou de son

commerce, de sa fortune ou de ses titres.

Le troisième carré à l’égard de sa famille ou de

ses amis.

Le quatrième est à l’égard de ses supérieurs, des personnes dont il dépend et auxquelles il doit ses soins, son affection : par exemple, un ouvrier, un domestique dépend de son maître, un employé de son chef , un ministre, un homme d’ État de son roi, et un roi de son peuple.

Le cinquième carré est à 1 égard des évènements

qu’il ne prévoit pas.

Maintenant, pour faire connaître les propriétés de chacune des colonnes, disons : La colonne du haut, de 1 à 5, fait ordinairement connaître ce que le consultant approuve, vénère, la personne pour laquelle il a du respect, de la prédilection et une grande confiai'! «e.

La colonne de droite (1), de 6 à 14, faitconnaîtrc le jugement du consultant, ses habitudes, sa vie privée et politique.

La colonne de gauche, de 7 à 15, faitconnaîtrc ses dispositions, ses pensées et ses désirs. La colonne du bas, de 16 à 20, indique les choses que le consultant. désapprouve, dédaigne et repousse. On devra bien retenir que le premier carré d’une des quatre colonnes numérotées, quelle qu’elle soit, correspond toujours au premier carré de la colonne du milieu, le consultant ; que le deuxième carré quelconque des colonnes numérotées correspond toujours au

(1) Cette colonne est appelée colonne de droite par rapport à la colonne du milieu représentant le consultant.

«sS3 166 la*

deuxième carré de la colonne du mdieu, son étal, il en est de même pour les troisième, quatrième et cinquième carrés qui correspondent aux troisième, quatrième et cinquième carrés de la colonne du milieu.

Ceci bien compris, il faut mêler, couper et distribuer les cartes de la manière suivante, en plaçant:

a lre carte sur le carre n° 2e —

7e sur le carré

tant.

représentant le consul-

représentant son état.

représentant sa famille.

La 16e carte sur le carré représentant ses supérieurs.

représentant le

consul-

tanta l’égard

des évè-

nements imprévus.

Les «

cartes ainsi di:

stribuées, on demande

au con-

su 1 tant

la Heur qu’il

trouve la plus jolie à

son goût

et celle

qu'il préfère

pour rôdeur ; puis on

consulte

le Dictionnaire emblématique des fleurs , afin de connaître leurs numéros correspondants.

Ainsi la consultante de notre premier horoscope aimait pour sa beauté la jacinthe panachée, dont le numéro est 19, et préférait pour fiodeur l’hého-

trope, dont le numéro est 7. Le numéro 19 se trouve

le quatrième carré d’une colonne, et alors correspondant au quatrième carré de celle du milieu, qui représente le consultant à l’égard de ses supérieurs. Il faut ensuite retourner toutes les cartes des quatrièmes carrés, qui sont : la carte du carré numéro 4 de la colonne du haut, dix de carreau , celle du carré numéro 12 de la colonne de droite, cinq de pique , celle du carré 13 de la colonne de gauche, dame de trèfle, et la carte du carré 19 de celle du bas, deux de cœur. Après avoir examiné ces quatre cartes et en avoir fait l’application à notre consultante, nous dirons : Le dix de carreau nous indique qu’elle a de la prédilection pour une personne astucieuse, hypocrite, qu’elle vénère, et que nous avons déjà vue dans le jeu de la consultante lui donnant des conseils insidieux et contraires aux lois suprêmes qu’elle a acceptées. La carte de droite, cinq dépiqué, qui l’accompagnait également dans le premier exercice et nous indiquait la mollesse et l’insouciance de scs devoirs, nous prouve ici que la vie privée de notre consultante est une sorte de désordre et d'irrégularité qui tient au manque de

discernement qu’elle sait faire des personnes qu elle fréquente.

La carte de gauche, dame de trèfle , indique qu’elle aime les plaisirs et que ses pensées sont portées sur les délices d’une vie mondaine. La carte du bas, deux de cœur, nous affirme doublement que son défaut de discernement lui fait repousser une personne sage et désintéressée , capable de la bien conseiller.

Maintenant examinons la carte du 4° carré de la colonne du milieu qui est le sept de carreau , dont f aphorisme des trois fleurs est le présage des revers

(1) Il faut considérer de ce jugement deux choses importantes, c’est que la fleur qui se trouve appliquée à ses supérieurs est son choix futile, puisque c’est la fleur qu’elle aime pour sa beauté, et quelle en préfère une autre pour l’odeur, qui est son choix sérieux; ceci signifie qu’elle attachait peu d’importance aux lois qu’elle devait regarder comme sacrées ; aussi , pour sa punition, éprouve-t-elle une disgrâce terrible.

les plus terribles , c’est-à-dire sa destitution sans retour (1).

Voyons maintenant la fleur du second choix de la consultante , qui porte le n° 7 et se trouve au premier carré d’une colonne se rapportant au premier carré de la colonne du milieu qui représente la consultante elle-même.

Ainsi , après avoir retourné les cartes qui sont : 1° le neuf de carreau sur le carré n° 1 de la colonne du haut; 2° le neuf de trèfle sur le carré n° 6 de la colonne de droite ; 3° le quatre de carreau sur le carré n° 7 de celle de gauche ; 4° la dame de pique sur le carré n° 16 de celle du bas, nous trouvons dans ce coup de cartes, qui se rapporte à elle-même, de l’incohérence et un combat pénible dans ses idées. La carte du haut , quelle regarde comme sérieuse et nécessaire , est le neuf de carreau qui indique départ; celle de droite, le neuf de trèfle , représentant ses habitudes , annonce le trafic; celle de gauche , le quatre de carreau , ses pensées, ses désirs, qu’elle espère encore obtenir d’une protection puissante sa réhabilitation. La carte du bas , la dame de pique ,

qui représente la chose qu’elle repousse et méprise, indique le veuvage et ne peut signifier que sa position ; car elle est veuve, puisque dans le tas du mariage nous avons reconnu qu’elle a rompu l’union spirituelle qu’elle avait contractée. Ainsi, elle paraît satisfaite de son départ, elle s’occupe de trafiquer pour ses intérêts, et cependant elle songe à solliciter une protection puissante, puis elle repousse , méprise , regrette et désapprouve toutes les causes qui l’ont amenée à l’état de veuvage qui est la perte de sa position.

La sentence des trois fleurs du cinq de carreau du premier carré de la colonne du milieu dit : «Jamais les personnes imprudentes n’arriveront au but qu’elles se proposent. » Cette sentence confirme encore le combat terrible qu’elle se livre à elle-même et l’incohérence de ses idées.

Deuxième aphorisme des lîeurs.

Après avoir mêlé, coupé et distribué les cartes, comme nous l'avons déjà indiqué, nous allons faire connaître, par les numéros correspondants des fleurs choisies par notre célèbre actrice, sur quels points l’aphorisme ou sentence des fleurs prononce.

Nous savons qu’elle admirait la fleur de grenade, qui porte le numéro 16, et qu’elle préférait l’odeur de la violette, qui porte le numéro 5.

Nous reconnaissons que le numéro 16 est le premier carré d’une colonne, et en conséquence se rapporte au premier carré de la colonne du milieu, qui est la consultante elle-même. Après avoir retourné toutes les cartes qui couvrent les premiers carrés , qui sont : le cinq de cœur , sur le premier carré de la colonne du haut, la consultante (1), sur le pre-

(1) Quand la consultante se trouve dans le jeu, c’est preuve certaine d’animation et de courage. Le cas contraire signifie abattement, faiblesse.

mier carré de celle de droite , le neuf de carreau , sur celui de la colonne de gauche , et le huit de trè ■* fie, sur le premier carré de celle du bas.

La carte du haut nous fait connaître qu’un étranger déposition élevée a fixé l’attention de notre consultante, et que rien pour elle n’est autant que cette personne. La carte de gauche nous annonce qu’elle pense à un voyage qu’elle est sur le point d’effectuer. La carte du bas nous fait connaître qu’une proposition de mariage lui est faite et qu’elle la repousse absolument.

Maintenant retournons la carte du milieu, qui est le roi de trèfle, dont les fleurs portent une sentence que notre consultante doit regarder comme un avertissement utile et encourageant : « L'entreprise que vous êtes sur le point de faire est chanceuse ; mais il y a richesse et gloire , et en prenant les conseils d'un homme sage vous réussirez. »

Examinons ensuite les cartes des cinquièmes carrés de toutes les colonnes, nous trouvons à la colonne du haut le six de cœur , à celle cle droite le trois de coeur, h celle de gauche le roi de cœur, et

au cinquième carré de la colonne du bas la dame de cœur. Nous reconnaissons par ce coup de carte qu un homme de génie ou grand artiste approche de près notre consultante ; elle l’aime, il lui plaît et elle le consulte , car un mariage pour elle est certain ; celui que nous voyons en ce moment représenté par le six de cœur est riche et titré , et il lui convient ; pourtant elle pense consulter l’homme sage ami de son père que nous avons déjà vu agir dans ses intérêts. Cependant nous reconnaissons par la carte de la colonne du bas une action qui prouve qu’elle pèche souvent par légèreté ; elle repousse indignement une femme recommandable.

La carte où se trouventles fleurs qui prononcent la sentence est le quatre de trèfle. La consultante est avertie que son choix n'est pas en rapport avec son caractère (1).

(1) Celte sentence est d’autant plus importante qu’elle est d’après le choix sérieux de sa Heur, et que c’est à l’égard de ce qui n’est pas encore. Il y a une nuance très sensible et qui ne devra pas échapper au lecteur : nous répétons que le

Ce coup de carte nous fait revenir sur notre première

décision du tas des évènements imprévus, où nous avons reconnu pour notre célèbre actrice un mariage effectué ; et, ici, ce mariage ne l’est pas encore. Ceci prouve (pie le mariage indiqué subira un retard après avoir été convenu et arrêté. Il est d’autant plus certain

que la consultante le désire, que c’est d’après le choix sérieux de sa fleur ; mais il se rapporte aux évènements imprévus. Il y a une incohérence qui indique que notre consultante est retenue par la carte de droite qui annonce qu’elle aime une autre personne, et pourtant elle veut s’unir au parti brillant qui l’a séduite; mais sa liberté, qu’elle regrette, fait qu’elle se crée le besoin de consulter un ami.

La sentence porte que le caractère de l’homme

choix qu’on fait d’une fleur pour sa beauté , s’appelle un choix futile, et celui qu’on fait d’une fleur pour son odeur est un choix sérieux; et si un fait qui se présente dans les quatre cartes retournées se trouvait bien en rapport avec le carré auquel ces cartes correspondent, l’action se trouverait confirmée et se paserait sans entraves.

qu’elle épousera ne sera nullement en rapport avec le sien. Ceci nous indique qu’elle a une sorte de pressentiment que son bonheur ne sera pas complet. Nous croyons ces deux aphorismes suffisants pour servir d’exemple et faire comprendre que les fleurs sont destinées à faire connaître sur quel point le consultant a besoin d’être examiné, afin d’en retirer des éclaircisse-

ments sur sa vie à l’égard de tout ce qui l’intéresse.

Nous entendons par cette expression, le consultant, 1° ce qui touche la personne pour qui l’on tait les cartes, sa femme, ses enfants, sa santé, sa réputation, ses peines, ses plaisirs ;

2° Par son état, son commerce, son emploi, son assiduité au travail, sa bonne ou mauvaise gestion, soit dans ses affaires, ses travaux, ou dans une place ou un emploi qui lui fait gagner de l’argent;

3° Par sa famille , sa parenté en général, soit personnelle, soit par alliance, et ses amis dévoués ;

4° Par ses supérieurs , ceux qui lui accordent leur confiance et lui fournissent les moyens de gagner sa vie ; ceux auxquels il doit de la reconnaissance pour des services rendus; ceux (pii, par leurs vertus ou

leurs bienfaits, commandent le respect; en un mot, tous ceux qui ont mérité l’estime et la confiance de leurs concitoyens.

5° Par les événements imprévus, nous entendons tout ce que le consultant ne prévoit pas, ce qui ne lui est pas encore arrivé, son avenir.

Supposons, par exemple, que nous eussions à examiner par le numéro d’une fleur le consultant à l’égard de lui-même, et que la carte de la colonne du haut fût le 6 de carreau , cela signifierait que le consultant a de l’aflection, du respect, et regarde comme méritant un traître, un fourbe, un malfaiteur. Le consultant peut ne pas le connaître pour ce qu’il est, et alors il est trompé par les apparences. Si cette même carte G de carreau se trouve à la colonne de droite., elle annonce que le consultant fréquente un traître, un fourbe dont il connaît parfaitement les défauts ; cette carte, placée dans cette colonne, peut même s’appliquer au consultant ; ce serait dans le cas où la carte de la colonne de gauche se trouverait être une mauvaise carte. Si celle de la colonne du bas représente la justice, la raison, la vertu, alors on pourrait juger le consultant

comme étant un homme vicieux, un malfaiteur, ou ayant des relations avec des personnes ayant ces défauts, suivant les cartes, et méprisant et foulant aux pieds la sagesse et la justice. Si cette même carte se trouvait à la colonne de gauche, elle indiquerait que le consultant a des relations indirectes avec un homme fourbe ou traître ; mais, dans ce cas, le consultant peut encore ne pas connaître ses mauvaises qualités. Si le 6 de carreau était dans la colonne du bas, on dirait que le consultant repousse, méprise la fourberie, qu’il a horreur du vice qu’il foule à ses pieds. Il en peut être de même pour toutes les autres cartes, celles du vol, des procès,

des intrigues, etc.

Si cet exemple que nous venons de donner se trouvait être à l’égard de son étal , ce serait une preuve

qu’il aurait de graves et légitimes motifs de craindre des évènements funestes qui porteraient le désordre

dans ses affaires, dans sa position.

Si c’était à l’égard de sa famille, cela prouverait que les personnes qui lui sont chères sont plongées dans le désespoir, et sont plus que tout autre péniblement affectées de ce qui lui arrive; si c’est à l’égard de ses su-

pêrieurs, le consultant aurait agi au mépris de leurs instructions, de leurs conseils, et sa conduite leur causerait un dommage quelconque. A l’égard des évènements imprévus, c’est que le consultant n’aurait pu prévoir cer-

tains résultats. Tous les événements doivent s’apprécier

de même.

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