‹ Grand jeu de société. Pratiques secrètes de Mlle Lenormand. Explication et application des cartes astro-mytho-hermétiques, avec ... la manière de faire les talismansChapitre 38 sur 77 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

Exercice par les atiimanx pour justifier les aphorismes des fleurs.

On procède à cet exercice par le coup de vingt - six tas ou carrés, représentant vingt-six caractères principaux auxquels ont rapport les quadrupèdes, les reptiles, les insectes et les oiseaux. Voici la figure puis l’explication de chacun des carrés (1) .

(1) On peut donner une autre forme à cette figure, sans inconvénient.

Caractère intéressé* dur, insatiable, toujours prêt à marchander le prix d’un service; discute outre mesure celui d’une dépense minime, et l’objet qu’il achète est toujours trop cher, mal exécuté ou défectueux; ne donne jamais de lionne grâce les choses justement dues; si c’est de l’argent, il recule l’instant du paiement, et ne h» donne que par parties ; il le compte et recompte; ne manque jamais, quand il le peut, d’acheter lui-même ses provisions; et, quand il confie ce soin à, d’autres, il est adroit à dresser des pièges pour s’assurer de leur fidélité.

Caractère irrésolu, vague, inquiet, timide, même poltron et manquant de savoir-faire; il craint toujours de s'exposer, demande à tout venant des conseils pour l’exécution de ses desseins ; commence par agir, puis, mécontent de ce qu’il a fait, il discontinue et préfère vivre de

peu que d’entreprendre de nouveau, car la mollesse le domine; souvent il s’isole et se cache pour ne voir personne. Si enfin on le pousse de nouveau, il recommence autre chose ; mais il ne termine jamais.

Acariâtre, grondeur, maussade, curieux, prenant et tournant en mal les choses les plus innocentes, il ne peut parler sans blesser et choquer les gens qui l’entourent; ne consent jamais à ce que les autres désirent; croit aux êtres surnaturels; toutes ses opinions sont fausses et superstitieuses ; s’il a fait un mauvais songe , il en augure qu’on parle mal de lui, qu’on en veut à sa tranquillité, à sa réputation, à son crédit.

Fin, rusé, pénétrant, une grande facilité d’expressions le caractérise ; il a le talent de persuader ; dominé

par l’intérêt, il est tenace, persévérant, souple auprès de ceux dont il a besoin; il est empressé, flatte avec adresse, sait dissimuler s’il le faut, s’occupe de tout, de science, de trafic, d’industrie. Cette personne fera toujours avec succès, et pour son profit, les affaires d’autrui.

Adroit, complaisant pour tout ce que l’on veut, donne raison avec éloges, parle beaucoup des moindres qualités des gens qu’il exalte outre mesure, jusqu’à ce

qu’il soit entré dans leur familiarité; alors il se charge de leurs intérêts, se donne beaucoup de peine ; si on l’observe, il est retenu, impassible, impénétrable et d’une exactitude scrupuleuse; si l’on est sans inquiétude et sans défiance, il exerce alors son penchant à la convoitise, au dol, au larcin.

Élégant et musqué, mais fat et efféminé, se singularisant par certaines originalités sans goût, sans dignité, ne faisant rien dont il ne croie retirer de la gloire, parle avec emphase et suffisance des services qu’il a rendus, de ses rapports avec des personnes de haut rang, des charges et des emplois qui lui sont offerts et

qu’il dédaigne, raille avec familiarité les personnes qu’il

croit au dessous de lui; en un mot, il fait avec aplomb et hardiesse tout ce qu’on peut attendre d’un manque d’éducation et d’usage.

11 est sombre, taciturne, inquiet, méchant et brutal quand on le contrarie, il hait le travail et le grand jour, use des plaisirs que traîne après soi la débauche et un

libertinage grossier. Sans égards pour les convenances dont la nature a fait une loi, pour assouvir ses désirs

effrénés, il s’expose à tout, môme aux corrections judi-

ciaires; en un mot, il viole toutes les lois divines et humaines.

Il a de la bonté, de la tendresse, le naturel des sympathies, l’amour de la famille et les sentiments de la paternité; sa morale est pieuse et douce, il agit toujours avec sagesse et discernement, sait faire abnégation de sa personne , de ses intérêts et de ses goûts pour être agréable à tout ce qui l’entoure, il est fidèle et dévoué, et son attachement est sincère et durable.

Pacifique, sobre, paisible, chaste, libéral et bon; cependant il est brutal parfois, colère, violent; si on le contredit dans ses idées, où si on ridiculise ses actions, si on l’offense, il s’irrite, se révolte, se laisse ramener difficilement, et, si on l’insulte, il devient vindicatif, et se bat jusqu’à l’extrémité.

Dans l’inaction, il est concentré, indécis, sans conte-

nance; quelque chose de farouche, de faux se fait remarquer dans son regard, dans ses mouvements; mais, quand il se livre à ses penchants, il est hardi, effronté, calomniateur; les actions les plus honteuses ne lui coûtent rien a faire; en un mot, il est sanguinaire, cruel,

barbare, son caractère le porte cà la destruction, au meurtre.

Actif*, laborieux, mais rempli de vanité et d’amourpropre, on remarque en lui un violent désir de briller, mais, comme au fond il n’a aucune capacité, il en résulte nécessairement qu’il commet de grandes fautes dans toutes ses actions et dans toutes les affaires qu’il entreprend ; son excès d’amour-propre et la haute "opinion qu il a de sa personne ne lui permet pas de recevoir de bonne grâce les torts qu’on lui donne de chercher à s’élever au-dessus de sa condition , ainsi que les conseils de n’entreprendre que selon ses facultés; alors on est obligé de le laisser avec sa sottise et sa ridicule vanité.

Cœur dur, impitoyable, qui cache, sous le simulacre

de la dévotion ou de la bienveillance pour ses semblables , l’indifférence et l’égoïsme, ne fait le bien que par ostentation, s’attriste de ne pouvoir faire mieux en apparence. Il n’applaudit à une trait de vertu que du bout

des lèvres et avec une répugnance mal dissimulée. Si

on raconte un évènement malheureux qui a ruiné, perdu une honnête famille, il n’en est point ému, il lui arrive même de dire que probablement ces gens, par leur conduite, avaient mérité le sort qui les accable.

Politique et dissimulé, personnne ne pénètre le motif de ses actions ni le sens de ses paroles; il possède l’art de tromper sur ses véritables sentiments, auxquels il donne une direction selon les circonstances, s’il en veut à quelqu’un, il lui demande avec une bonne grâce affectée comment il se porte et s’il est content de la marche et de l’état de ses affaires, se confond en protestations d’intérêt et d’attachement en sa faveur, en môme temps qu’il travaille dans l’ombre aux préparatifs qui doivent amener sa perte. Enfin , il est jaloux, ou, s’il convoite quelque chose, il sait parfaitement donner le change et

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faire exécuter par d’autres certaines menées conduisant à ses desseins.

Coquet, spirituel, sémillant, aimable et plein de cœur, il porte sur son front l’expression des sentiments dont son cœur est animé. Sa conversation est gracieuse, enjouée, d’une charmante familiarité et respectueuse tout à la fois; délicat dans ses élans, il s’étudie à connaître ce que l’on désire, et se tient toujours prêt à aller au devant. Ses grâces et son aisance annoncent une bonne éducation et la fréquentation de personnes honnêtes.

Noble, grand, magnifique, mais sérieux et méditatif, son esprit est le plus souvent occupé de l’étude d’un projet, de l’exécution d'un dessein, et si un grand sujet le préoccupe, il s’y livre tout entier, l’examine, le discute tout haut, comme s’il voulait l’expliquer, le faire comprendre et approuver par des gens qui l’écoutent; mais si, après une détermination, une nouvelle réflexion vient lui inspirer la crainte de ne pas réussir, il s’arrête un instant, un sombre nuage le voile au milieu de son

brillant essor. Puis il reprend son courage, son intrépidité et l’ambition qui le pousse, les moyens de succès se présentent en foule, il marche à travers mille dangers; les obstables disparaissent sous ses pas, et il ne s’arrête qu’après une chute ou un triomphe complet.

Délicat et mignon, ses gentillesses sont exquises, son caractère est inoffensif et simple; modeste, discret et fidèle, il ne s’occupe jamais de lui, obéit sans murmure, et ne s’écarte jamais de ses devoirs. Son visage est le siège de la sénérité, son regard est fin, et pourtant il exprime la douceur et la bienveillance ; lui demande-t-on un service, il est toujours prêt à le rendre; aimable et gai en société , tout en lui commande un attachement véritable.

Inconséquent, étourdi, ne s’apercevant jamais qu’il déplaît, fatigue ou importune, il tousse et crache devant les gens sans précaution et sans gène , dit ce qu’il ne faut pas dire, retient les personnes auxquelles il parle, sans s’apercevoir des impatiences qu’il cause , réveille

ceux qui dorment et reste là quand il M'eut des visiteurs, et meme lorsque la conversation va s’ouvrir sur un sujet qui ne l’intéresse point, et dont on ne veut pas lui donner connaissance.

Caractère caustique , mordant, satirique, il a toutes les saillies d’un bel esprit, il raille et badine à l’occasion, lait le jeune ou le précieux, se multiplie pour être aimable, ne se plaint jamais de sa goutte ni de ses infirmités; quand il se pince les lèvres ou qu’il sourit avec malignité , c’est signe qu’il va lancer un bon mot, une plaisanterie piquante.

11 est soupçonneux, indolent, jaloux, chimérique, défiant, mais tendre, délicat, passionné, aimant à s’égarer dans les endroits retirés, solitaires, tantôt en tête-à-tête, tantôt seul; il s’oublie dans des rêveries poétiques; les conversations sentimentales lui plaisent, son regard exprime la langueur, le doute, l’incertitude; le plus souvent inoccupé , sa vie se passe sans qu’il songe à se créer un nom, un avenir.

ïl parle d’une chose puis d’une autre, oubliant la première, quitte ce qu’il fait, demande à tout le monde ce qu’il tient à la main, reconnaît son oubli et s’excuse, cherche dans un tiroir un objet dont il a besoin , referme le tiroir avant de l’avoir trouvé et de s’être assuré qu’il n’y est pas, parle à son ami d’un projet et s’interrompt pour parler d’un autre.

D’un caractère positif, agissant de sang-froid, toujours avec mesure et persévérance, il est sobre, vit de peu, n’est ni aimable ni galant, et ne s’occupe que de sciences utiles , telles que mathématique , architecture, mécanique; il aime à bâtir, à planter, à améliorer ses terres; d’un esprit observateur et fertile, il ale talent de créer, et l’on remarque, en tout ce qu’il fait, du soin, de la méthode et de la symétrie.

Commun dans ses goûts , dans ses manières, sans ordre , sans soins sur sa personne ; lourd , malséant , fait excès de bonne chère, se plaît dans l’insouciance et dans les compagnies aux mœurs grossières et équi-

roques; il est insensible, haineux, d’une intelligence étroite, ingrat, sans procédés et sans égards pour les personnes dont il peut se passer.

Etourdi, batailleur , écervelé, égoïste, mais volage et adroit séducteur, tyran envers ses inférieurs, prodigue pour ses plaisirs, toutes les réunions lui plaisent, si elles sont nombreuses, bruyantes, où l’on boit et mange avec excès et sans gêne; il n’aime rien sérieusement; cependant, si un caprice lui passe par la tête, il devient aimable, poli et galant, donne avec profusion ce qu’on lui demande; s’il lui plaît de faire les honneurs d’une fête, il s’en acquitte avec bonne grâce, libéralité et bon goût.

Gai, agréable, insinuant, il séduit par ses manières et son langage, n’aimant rien tant que sa liberté ; sa vie se passe dans les plaisirs et les arts, tels que :1a musique, la poésie et le théâtre; il a de l’aisance et de la grâce dans la tournure; mais, abusant deces avantages, il est le plus souvent inconstant et volage, sans pitié pour les malheurs qu’il cause , et , s’il n’aime plus , les pleurs ne produisent aucun effet sur lui.

Inepte, lent, d’une imagination stérile, ne concevant rien au delà de ce qu’on lui dit ou de ce qu’il voit, sans malice, sans volonté, ni effronté, ni hardi, il est d’une docilité stupide; mais, s’il s’aperçoit qu’on veut le mener, il devient entêté, tenace, et si on le contrarie dans ses goûts, il n’est plus semblable à lui-même , il renverse tous les obstacles, et rien ne peut le retenir.

Ardent au travail, il obéit volontiers à quiconque sait le prendre par son faible ; vaniteux et plein d’amourpropre, il est néanmoins susceptible d’attachement, il aime le bruit, lamusique, le luxe, les grandes réunions, les exercices où il peut faire briller sa force, son adresse; se plaît dans les combats, les dangers, où, par son courage, il s’efforce d’acquérir de la gloire, mériter les suffrages de ses contemporains et les hommages de la postérité; fougueux et intrépide, il se tuerait au besoin pour mieux prouver son dévoùment et son zèle à remplir les devoirs qu'il a acceptés.

Ainsi, chacun des vingt-six carrés que nous venons d’expliquer correspond à chacun des numéros de la

table alphabétique des animaux , qui tous portent un numéro de 1 à 26.

Supposons que le consultant préfère le cheval, et haïsse Y hippopotame, nous voyons à la table des animaux

que le cheval porte le n" 26 et Y hippopotame le n°22.Fixé sur le choix du consultant, vous mêlez et coupez les cartes que vous distribuez une à une sur les vingt-six carrés, en commençant par le premier jusqu’au 26e ; et vous faites cette distribution deux fois, c’est-à-dire jusqu’à ce que le jeu complet soit employé (1), et la dernière

carte, qui doit rester dans la main, est réservée pour être ajoutée au carré où se trouvera le consultant.

Cette opération terminée, il faut retourner les cartes du carré n° 26, celles du carré n° 22, et chercher dans les autres celui où se trouve le consultant, auquel vous ajoutez la carte réservée. Vous jugez ainsi le caractère du consultant, et si les actions qu’on lui attribue peu-

(I) Il faut laisser au jeu le consultant ou la consultante, suivant le besoin; si les deux étaient nécessaires, il se trouverait deux cartes de reste, et l’une serait pour le tas du consultant et l’autre pour celui de la consultante.

vent être vraies, par la place où il se trouve, et surtout si les cartes qui l’accompagnent ont un rapport direct avec cette place ; dans le cas contraire, il ne tiendrait que faiblement à ce caractère. Vous examinez ensuite le carré de l’animal qu’il préfère, qui vient ajouter une variété au caractère du consultant, ou le compléter, suivant que les cartes qui le couvrent sont en rapport direct avec sa signification ; si elles étaient meilleures ou plus mauvaises que les explications du tas, ce serait une preuve qu’il fréquente de bonnes ou de mauvaises sociétés.

Par exemple, si les cartes qui couvrent le tas de l’animal préféré étaient meilleures que les cartes qui se trouvent sur le tas où est le consultant, elles indiqueraient que celui-ci fréquente des sociétés meilleures que lui-même, et elles nous indiqueraient également en quoi ces sociétés sont capables de le bien diriger ou le conseiller, et quelle est leur position. Si les cartes étaient mauvaises, ce serait le cas contraire.

L’animai qu’il fiait confirme ou fait souvent revenir sur le jugement des deux premiers carrés.

Exemple : Le carré occupé par le consultant est le

n°23, qui indique la tyrannie et l’infidélité ; les cartes qui le couvrent n’ont rien qui détruise ces défauts, seulement elles indiquent la force et l’élévation ; ceci ne peut signifier autre chose que le consultant a eu de l’importance dans le monde, et qu’il est, par conséquent, plus à meme d’exercer sa tyrannie ; quant à son infidélité, nous ne pouvons juger à l’égard de qui elle peut avoir lieu, le consultant ayant les deux cartes à sa gauche.

Quant au tas de l’animal qu’il aime, comme les deux cartes qui le couvrent sont inoffensives et ne contredisent rien, nous pouvons ajouter que le consultant tient du caractère courageux , vaillant, et que, dans les grandes circonstances, il sait se rendre utile ; pour les compagnies qu’il fréquente, elles ne sont pas au-dessus de lui, il les domine et exerce sur elles sa tyrannie ; elles sont du sexe masculin.

Le tas n°22, qui indique un caractère grossier, lourd et sans esprit, ne peut que faiblement avoir rapport au consultant, attendu que les cartes qui le couvrent y sont opposées.

La première de ces cartes est les Hespéridcs , (pii

annoncent la grâce et la légèreté, et la deuxième , le quatre de trèfle; cette carte pouvant tenir un peu du caractère de l’iiippopotame , puisqu’elle représente la matière Imite, peut transmettre au consultant une légère ressemblance du côté de l’esprit, sans rien lui ôter pour cela de r élévation que nous lui avons reconnue.

Le consultant, par sa position au nu 23, dominant ce tas, nous pouvons en conclure qu’il a une maîtresse charmante, spirituelle et gracieuse, à cause des Hespérides, mais altière et méchante à cause du quatre de trèfle , et qu’il lui est infidèle (i).

(1) Voir la table des animaux.

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