II PREFACE
le fonctionnement îrrégulier constitue les symptômes morbides et les centres nerveux qui les dirigent.
Sa paralysie est un moyen de traitement d'une maladie qui jusqu'alors a résisté dans les formes graves à tous les efforts de la thérapeutique.
• Ces premières acquisitions devaient bientôt amener leur auteur à des déductions tout aussi heureuses, dans un autre domaine.
La connaissance approfondie de Tanatomîe du grand sympathique lui avait indiqué les relations nombreuses du système grand sympathique avec les nerfs blancs. C'est par lui que se trouve actionné tout le système nutritif de ces nerfs. Il leur fournit leurs nervi-nervorum.
Les névralgies rebelles de ces nerfs ne seraient-elles pas influencées par la paralysie des filets sympathiques qu'ils reçoivent ?
L'expérience est venue démontrer le bien fondé de cette pathogénie. Les interventions sur le sympathique abdominal, sur les rameaux et les ganglions du sympathique sacré au voisinage du rectum pratiquées dès 1898, ont donné d'excellents résultats dans les viscéralgies et les névralgies pelviennes. Nous en constatons actuellement les effets éloignés.
Obéissant toujours à cette même idée théorique de l'action du sympathique sur les nerfs blancs, M. Jaboulay opérait les sciatiques invétérées devant lesquelles les moyens médicaux avaient tous échoués, puis les névrites, les arthrites nerveuses et arthralgies du membre inférieur.
Enfin au commencement de l'année 1899, il sectionnait le sympathique cervical dans les cas de névralgie faciale grave. Le soulagement des malades a couronné cette tentative thérapeutique.
FREFACB III
Voilà donc toute une suite d'affections jusqu'ici du domaine purement médical qui sont redevables à la chirurgie de progrès thérapeutiques très sérieux.
Cette série de constatations faite sur le malade à la suite des interventions sur les différentes parties du système sympathique démontre l'exactitude de Tidée pathogénique j)rimitivequi a guidé la main du chirurgien. C'est un chapitre nouveau de physiologie pathologique du plus haut intérêt mais aussi une méthode thérapeutique générale qui n'a peut-être pas encore été poussée jusqu a ses limites bien plutôt qu'un acte opératoire pur et simple.
Les nombreuses publications du D*" Jaboulay faites dans les différents périodiques, les thèses et mémoires de ses élèves sont venus marquer chaque pas accompli dans le domaine de la chirurgie du grand sympathique.
Cette dissémination des documents a certainement nui à la connaissance complète de Tœuvre. Notre but a été de rassembler la plupart de ces diverses publications, de les coordonner, de compléter les observations des malades que nous avons suivis alors que nous avions l'honneur d'être l'interne de M. Jaboulay pour ])ermettre de juger les résultats définitivement acquis depuis 1894, date des premières interventions.
Ce travail n'est donc qu'une compilation, utile croyonsnous à l'heure actuelle pour faire apprécier une méthode thérapeutique encore trop inconnue.
M. Jaboulay a bien voulu joindre à ses travaux antérieurs quelques chapitres originaux, en particulier sur la chirurgie des goitres. C'est un complément indispensable de la chirurgie du grand sympathique dans la maladie de Basedow.
iV PREFACE
A la suite de chaque chapitre, nous avons réuni la plupart des observations des malades opérés par M. Jaboulay. Ces observations relatent non seulement les résultats opératoires, mais Tétat du malade à une époque éloignée de Tintervention.
De nombreuses photographies magnifiquement reproduites par notre éditeur et ami M. Storck, donnent à ce livre un intérêt tout particulier. Les malades ont été photographiés de face et de profil avant et après l'opération.
Peut-être ces illustrations ne seront-elles pas inutiles aux chirurgiens pour décider leurs futurs opérés à laisser j)ratiquer sur eux un acte opératoire dont on pourra leur montrer rexcellent résultat.
ÏY Etienne MARTIN.
Lyon P' août igoo.