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CHAPITRE PREMIER

La régénération du goitre extirpé dans la maladie de Basedow et la section du sympathique cervical dans cette maladie.

Un fait habituel dans la chirurgie du corps thyroïde, c'est la diminution de volume de la masse restante après une extirpation partielle du goitre. La section de l'isthme tyroïdien, j)ar exemple, fait atrophier les deux lobes latéraux hypertrophiés, et la thyroïdectomie unilatérale provoque la rétrocession du lobe resté en place. Mais ces phénomènes ne sont pas ceux qui se produisent dans le goitre exophtalmique. C'est le contraire

que j'ai pu observer chez une malade atteinte de la maladie de Basedow. Sous Tinfluencc des idées subordonnant la triade symptomatique à la perversion de la sécrétion thyroïdienne, j'avais plusieurs fois opéré son corps thyroïde, je Tavais luxé au dehors, puis mis à Tair à deux reprises consécutives, après la disparition do Tamélioration temporaire qui suivait bien chacune de ces interventions. Uannée dernière, je m'étais décidé à une thyroïdectomie du lobe droit; il y a trois mois, j'ai dû faire Ufthyroïdectomie du lobe gauche qui grossissait, et depuis, ce qui restait du corps thyroïde, c'est-à-dire le lobe médian, est devenu le siège d'une hyperplasie qui a reconstitué un vrai goitre de la grosseur d'une petite orange, portant la circonférence du cou, qui était de 27 centimètres après la dernière thyroïdectomie, à 35 centimètres. A la suite de chacune des interventions intrathvroïdienncs, comme d'ailleurs après chaque opération extrathyroïdienne, l'amendement des symptômes était réel, le tremblement surtout était prompt à disparaître. Mais la récidive arrivait avec les palpitations, le tremblement, et, fait à retenir, le goitre. Il faut que notre goitre exophtalmique relève des centres nerveux, pour échapper ainsi aux lois de la physiologie pathologique des goitres ordinaires.

Devant l'insuccès de ces interventions thyroïdiennes chez une malade que j'avais opérée cinq fois en trois années, j'ai voulu agir sur le cordon intermédiaire entre les centres nerveux et la glande thyroïde, sur le sympathique cervical dont la maladie de Basedow offre, au moins pour deux de ses symptômes cardinaux : l'exophtalmie et les palpitations, le tableau d'une excitation intense. J'ai donc pratiqué la section du sympathique cervical. Comme pour les opérations précédentes, le résultat immédiat fut excellent : diminution des palpitations et, chose plus surprenante, du tremblement, diminution aussi de l'exophtalmie, mais tandis que celle-tû était bien définitivement supprimée, les deux autres symptômes réapparaissaient au bout de trois semaines à un mois, et le goitre augmentait de

volume. Je dois dire que j'avais fait la section du sympathique cervical entre le ganglion cervical supérieur et le ganglion cervical moyen. Et, il faut le remarquer, si la section de ce conducteur supprime bien tous les filets qui vont du sympathique dans les muscles péri ou intraoculaire, il n'en est pas de même pour les filets accélérateurs du c^rur. Ces derniers ne comprennent pas seulement ceux qui descendent aux plexus cardiaques par le sympathique cervical de haut en bas, mais il en est aussi qui arrivent au ganglion cervical inférieur par le nerf vertébral, il en est d'autres qui remontent de la moelle dorsale à ce même ganglion. Si bien qu'il faudrait sectionner les branches (afïérentes ou efférentes) de ce ganglion cervical inférieur pour supprimer la presque totalité des fibres accélératrices du cœur et avoir ainsi l'assurance d'abolir les palpitations. C'est peut-être l'opération qu'il faudrait tenter en semblable occurence.

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