‹ Grand traité d'instrumentation et d'orchestration modernesChapitre 116 sur 116 · NV S · texte numérisé non relu

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La lâche iln chel'esl de faire marcher et de maintenir ensemble ces mesures diverses en nombre inégal ei ces mouvements dissemblables. Il v parvient dans l'exemple précèdent en commeçanl ,:i diviser les temps dès la mesure Amiante N" I mu uni cède l'en liée de I Allegro à SL, et en continua ni à les diviser ensuite, mais en avant soin de marinier encore davanla"e celle division. Les exécutants de l'allégro à *L comprennent alors ipie les deux gestes du chef représentent les deux temps de leui pe. lile mesure, et les exécutants de l'Amiante (pie ces deux mêmes gestes ne représentent pour eux qu'un temps divise' de lenjgran

Mesure N°l.

Mesure n:'2 et 3.

et suivantes

Ceci, ou le voit, est assez simple au fond, pareeque la division de la petite mesure et les subdivisions de la grande coil ordenl entre elles. L'exemple suivant où une mesure lente est superposée a deux mesures brèves, sans (lue celle connu ance existe, est plus scabreux

Hautbois.

Ici les trois mesures Allegro assaï ipii précèdent l'Allégretto, se battent à deux temps simples comme à l'ordinaire. Au moment où commence ['Allegretto, dont la mesure est le double de la prée.c'denlc et de celle ipie c.onservenl les Altos, le chef marque deux lemps divisés pour la grande mesure, par deux gestes inégaux en lias el par deux autres i'ii haut:

Les deux grands gestes divisent par le milieu la grande mesure el en font coin

prendre la valeur aux hautbois, sans contrarier les Altos (fui conservent le mouvement vif, à cause du petit geste qui divise aussi par le milieu leur petite mesure. Dès la mesure N'.' 7> il cesse de diviser ainsi la grande mesure par quatre,;» cause du ibvlhine ternaire de la mélodie a il ipie cette division contrarie. Il se borne alors à marquer les deux lemps de la grande mesure, et les Altos déjà lancés dans leur rhythme rapide le conlinuenl sans peine, comprenant bien que chaque mouvement du bâton conducteur marque seulement le commencement de leur petite mesure.

U9fl

hl et-tle <1-. H..1-. uhservatiou fait voir avec quel soin il faut s- garder ci.' diviser les temps d'un.- un-sure, lorsqu '- mu parti- il-> instrument:- on c!.-> voix vifiil a exécuter des liiol.'l-, sur ces t*MU|ts. Ct-lli- division coupant alors par le wili. .1 lii M-i:i>ititc unit' iln Irioltt eu rendrait fi-MMjulion chancelante et pourrait lèmpèrhrr tout a l'ail. Il faut même s'abstenir ()•• celte division des temps de la un-sure par deux, un peu avaul le moment, ou |. iIi'.vmu i li\lhiuique ou mélodique va m nu [>■!> diviser par trois., afin de ue pas donne] dàvauee aux exécutants le sentiment d'un rhvlhme contraire à celui qu'ils vont avoir à l'aire enlendre.

Adagio.

Dans c.i'1 exeiuple,la subdivision de lu mesure par six, ou la division des temps par deux est utile et ne présente aucun

inconvénient pendant la mesure N? 1; on fait alors le geste

la mesure N'.' 2 et se borner aux gestes simples

mis il faut s'en abstenir dès le début de

à cause du triolet place sur le troisième temps, et a

du Mii\ant que les gestes doubles contrarieraient beaucoup. Dans la fameuse scène du bul de Don Giovanni de Mozart, la difficulté' de faire marcher ensemble les trois orchestres écrits dans trois mesures différentes est moindre qu'où ne croit. Il suffit de marquer toujours en bas chaque temps du Tempo di minuelto.

Tf ffffirâ!^

I lie fois entré dans [ensemble, le petit Ail!' à y dont une mesure cn'ière 'représente un tiers ou un temps de celle du iniuue||ij,et 1 autre allegro à ? dont une mesure entière en représente deux tiers ou deux temps, s'accordent parfaitement en semble et atee le thème priiieipal,et marchent sans le moindre embarras. Le tout est de les faire entier a propos.

I ne faute grossière que jûi vu commettre consiste à élargir la mesure dun morceau à deux temps, quand 1 auteur y a intro-

duit des triolet* de blanches:

'•y. §■ fj g rj ^ En pareil cas la troisième blanche n'ajoute rien à lu durée de la

comme quelques chefs semblent le croire. Ou peut si Ion veut, et si le mouvement est lent ou modéré, marquer ces passages eu dessinant la mesure à trois temps, mais la durée de la mesure entière doit rester absolument la îm-iue. Dans le eus où ces triolets se rencontreraient dans une mesure très brève à deux temps, (Ail? ussaï) les trois gestes, font alors coufusioil,et il faut absolument lieu luire que deux, un frappé sur la première blanche et un levé sur la troisième. Les quels gesles , à cause de la vitesse du mouvement, diffèrent peu à loeil des deux de la mesure à deux temps égaux et n'empêchent pas di marcher les parties de 1 orchestre qui ne contiennent pas de triolets.

Parlons a présent «t*- liii:li>ni (in chel dans l"s vri K.il i IV. Ici |c chau(>-ui m l'ïiistriuiifiir i>U* l'^cilaiil n'étant plus .soumis ii lu 'm-ioi ir-iili'ii- ili- lu iii'-Mirr.il s*agil,en le suivant .illeuli\i-iiieiil,de (air»! attaquer pur lorchestr.j avec précision et ensemble \-- .i> • ■ r 1 ~. ru [es dessins in>t i Hiiii'iitnu \ doul If réeilalif esl cnlreinelé,el de luire changer à propos 1 harmonie, quand le récitatif est accompagné miiI pai tl'-s tenue.s,soit |>;ir un trémolo a plusieurs parties, dont la plus obscur* parfois est celle dont le chef doit s'occuper d, \uniage, puisque est du uiouveini'iit de celle-là (pie résulte le changement d accord.

E\i;ill|)!r 111)11 IlIrSIll'û.

Violons

Dans cet exemple le chef, tout en siiiviini La partie récitante non mesurée, a surtout à se préoccuper de la partie dallo.ef a la l'aire se mouvoir a propos du premier ( .- uji- sui le - mu I, lu Fa sur ie Mi au commencement de la deuxième mesure;saiis qiioi,rouiiur relie partie est exécutée par plusieurs instruinciili l > joua nt à luiiissniijes uns tiendront le Fa plus longtemps que les autres et une discordance passagère se produira.

Beaucoup de chefs ont lhal)ilude,en dirigeaul lorchestre des Reciiaiils.de ne tenir aucun compte de la division (écrite d" la inesure,el de m,-ir quei- un temps levé avant celui ou se trouve un accord bref que doit frapper lorcheslre.jors même que cet accordes! placé sur un temps faible

Exemple

Récitatif.

Dans nu passage tel (pie celui-ci ils lèvent le bras sur le soupii qui commence la mesure et l'abaissent sur le temps de laccord. ■Je ne saurais approuver un tel usage que rien ne justifie et qui peut souvent amener des accidents dans lexécutiou. Je ne vois pas dailleurs pourquoi ou cesserait, dans les récitatifs, de diviser la mesure régulièrement et de marquer les temps, réels à. leur place, comme dans la musique mesurée. Je conseille donc, pour 1 exemple précédent, de frapper le premier temps en bas comme à [ordinaire, et de porter le bâton à gauche pour faire attaquer l'accord sur le second temps; et ainsi de suite pour les autres cas analogues en divisant toujours la mesure régulièrement. Il est très important en outre de la diviser d après le mouvement précédemment indique par laideur, et de ne pas oublier, si ce mouvement est allegro ou maestoso,et si la partie récitail( a longtemps récité sans accompagnement, de donner à tous les temps, quand lorchestre i entre, la valeur de c-uv d un allegro ou d un maestoso. Car quand 1 orchestra joue seul il est en général mesure; il ne joue sans mesure (pie s il accompagne la voix récitante ou 1 instrument récitant. Dans le cas exceptionnel ou le récitatif est écrit pour lorchestre lu] même, ou pour le choeur, ou bien pour une partie de lorchestre ou du ' choeur, comme il s'agit de faire marcher ensemble, soil à limissou, soit eu harmonie, mais sans mesure exacte, un certain nombre d exécutants, c'est alurs le chef d orchestre f/ni es/ If vrai récitant et qui donne à chaque temps de la mesure la durée qu' il juge convenable . Suivant la forme de la phrase, tantôt il dm-' I subdivise les temps, tantôt il marque les ai cents, tantôt les doubles crocb.es s'il y en a, enfin il dessine .ivee son batou la forme mélodique du récitatif. Bien entendu que les exécutants, sachant leurs noies a peu près par coeur, ont l'oeil constamment fixe sur lui, suis quoi on ne peut obtenir ni assurance ni ensemble.

En ''''lierai, même pour la musique mesurée, |e ch"| d'un heslre doit eviger que les musiciens qu'il dirige le regardenl !. i>|us souvent possible. Pour un orchestre uni ne re</urdi prix /- Union conducteur d ni/ a pris de chef

Souvent, après mi poinl doigue, pur exemple, le chef est oblige de s'abstenir de. faire {>• geste décisif qui va déiermuiei l,ii

laque fie lui rllcsll . . jusqu'à <:>■ qu'il Mlil' les V'IIV de lOUS les UlUsicieilS fixés MU- lui. CcS| ,111 chef. |ll lld, llll le» ri'pi I-I|(i|im,

de ti'S accoutumer à le regarder simulloLiienie.nl au inouieiil important.

Allegretto.

Si, dans la uiesui'i; ci jointe, dont le premier temps portant un poinl doigue peul être prolongé iii<l<'iiiiiuieiit,on uoli il pas !a règle que je viens ({indiquer, le. trait

ne pourrait être lancé ave. aplomb el ensemble.

MCOU] ■lieol'i

les musiciens qui ne regardent pas le bâton conducteur ne pouvant savoir quand le chef détermine le second temps el iv pi end le mouvement suspendu par le point d orgue.

Celle obligation pour |c» exécutants de regarder leur chef implique nécessairement pour celui-ci lobligaliou de se laisser bien voir par eux. Il doit quelle que soit la disposition de 1 orchestre, sur des gradins ou sur un plan horizonlal, s'arranger dé façon a èlre le centre de tous les l'avons visuels.

Il faut au chef d orchestre, pour [exhausser et le mettre bien en vue, une estrade spéciale, d autant plus élevée que le nombre des exécutants est plus grand et occupe un plus vaste espace. Que son pupitre ne soit pas assez haul pour que la planchette portant bipartition cache sa figure. Car l expression de sou visage entre pour beaucoup dans (influence qu'il exerce, el si le chef n'existe pas pour un orchestre qui ne sait ou ne veul plis Je. regarder, il n'existe guère davantage sil ne peut-être bien vu.

Quand a [emploi duu bruit quelconque produit par des coups du bâton du chef sur son pupitre, ou de sou pied sur sou est rade, on ne peul que le blâmer sans reserve. C est plus qu'un mauvais moyen, c'est une barbarie.

Seulement si, dans un theatre,les évolutions de la mise en scène empêchent les choristes de voir le bâton conducteur, le chef csi oblige.pour assurer après un silence latfaque du choeur, d indiquer celte attaque en marquant le temps qui la précède par i de bàlon sur sou pupitre. Cette circonstance exceptionnelle est la seule qui puisse justifier 1 emploi dun bruit itul ira teitr,t' esl il regrettable qu'on soil oblige d y recourir.

A propos des chorislesetde leur action dans les théâtres, il est bon de dire ici,que les directeurs du chant se permettent souvent démarquer la mesure dans [es coulisses, sans voir le bàlon du chef,souvent même sans entendre lorchestre. Il eif-resulle que celte mesure arbitraire. ballue plus ou inouïs mal, ne pouvant saceorder avec celle du chef, établit inévitablement une discordance rhvlhmique entre les choeurs el le groupe instrunieiilal,et bouleverse 1 ensemble au lieu de contribuer a 1 établir.

Autre barbarie traditionnelle que le chef dorchestre. intelligent et énergique a pour mission de délruire.Si in choeur ou un morceau insli iiuiculalest exéculé derrière la scène sans la participation de lorchestre priuripal,unaulre chef esl absolument iji-i essaire puni1 le conduire. Si lorchestre accompagne ce groupe, le premier chef,qui entend la musique lointaine,est alors rigoureusement tenu de se laisser rondin rn par le second et de suivre de toreille ses mouvements. Mais,si comme il arrive souvent dans la musique moderne,la sonorité du grand orchestre empêche le premier chef denlendie ce qui s'exécute loin de lui,lhitervenfiou dun mécanisme spécial conducteur du rhytme devient indispensable poui élablir une communication instantanée entre lui e| les ex, ■< niants éloignés. On a fait en ce genre des essais plus ou moins higénirux.donl le résultai n'a pas pai tout répondu à ce qu'on en attendait. Celui :lu théâtre de Covenl Gardeu à Londres,que le pied du chef dorchestre fait mouxoii. fonctionne assez bieii.Seii! le W- fronnnip efiffrît/w PtiildiparMYerbrugghrautheàtre de Bruxelles ne laisse rien àdesirer.ll consiste en un »\ pai cil de rubans de rilixrr. partant dut rPiMr Voila placé,, si, in le lliéatre,veiiant s'a Hacher aupupilre chef,et aboutissant à un bàtonmobilc fixe par un de se» bonis sur un pivtjt,devanl une planche. À iiiieli/iir jfi\/unce</ite re soit du chef dorchestre. Au pupitre de celui-ci est adaplé une touche en mure assez semblable à une touche de piano,élastiqùe et armée à sa face inférieure dune protubérance de trois ou quatre lignes de longueur Immédiatement au dessous delà protubérance se trouve un petit godet en cuivre également el rempli de mercure. Au moment ou le (loi dorchesire,\oulani marquer un temps quelconque de la mesure,presse avec liudex de sa niaiu gauche,(la droite étant employée a tenir connue à l'ordinaire le bâton condueteur)la touche de cuivre, celle touche sabaisse,Ia protubérance entre dans le godet plein de mercure, une faible étincelle électrique se dégage et le bâton placé à l'autre evlrémité du ruban de cuivre fait une oscillation devant sa planche .Celle communication du fluide et ce mouvement soul tout a fait instant. niés, pelle que soit la distance parcourue. Les exécutants étant giouppes derrière la scène les jeux fixe» sur le bàlon du métronome éledi i.iue.subissenl eu conséquence directement laction du chef, qui pourrait ainsi, s'il le fallait. diriger du milieu de lorchestre de l'opéra de Paris un m»rce,iii de musique exécuté à Versailles. H ,-»( important .■ ■„ menl de convenir d'iMin, ■ i»»-e les choristes.ou avec Icu coi'ulucleuc.Csi. .par surcroit d> précaution, ilsenonl uli)d« la manière dont \< chef marquerai;! mesure, s'il marquera tous c n n,,- unin c mx ou le lu un i Lin, - - nl-in ut: le» >»< illall«i"s d i bàlon mu pal l'Icrli u ilé . l ;ml toujours d arrière eu iivaul , ,i in II peut rien. le précisa cl "gar !

au ii

Lorsque je m- mu- servi pour In f i t-Mii' i •■ lois ù IJruxrlIes du précieux instrument que j\*ssair- di- décrire, sou , i, , . |, , i

|l'-Mil;,ll Mil inconvénient. Chaque lois que |;, I..IH lie de < ui\ | .• de mon pupille subissait lit pression (le l'index il.' III. l Ni. lin

gauche, elle vcuail Ci ,-i| per au dessous une autre plaque de cuivre 4 malgré lii délicatesse (Je ce contact, il en résultait un 11elil bruit sec » 1 it i, | < 11 d .t 1 il les silences 'le l'orchestre, l'inissail par attirer l'atltntidii Je- auditeurs au détriment de f ' • 1 1* r musical, .le li- remarquer ce défaut a MV Verbrugghe qui remplaça la plaque de cuivre inférieure par le gode! plein de mercure don! j'ai parlé plu- liaul, H dan- lequel la protubérance supérieure s'introduit pour établir le couranl électrique, sans produire le uioindi >' liruil .

Il ne resle plus inaiiili 'liant , inhérente à I emploi de ce mécanisme, «pie la crepitalion de l'étincelle au inomenl i/ù i-\li- se dégage ; crépitation Imp l'ai Me pour être entendue du public.

Ce Métronome est pin dispendieux a établir; il coule ipialre cents francs au plus. Les grands tbéàtres lyriques les K"lises il les salles de concerts devraient en être pourvus depuis longtemps. A l'exception du théâtre de lîruxelles, mi n'en (rou\e nulle pari cependant. Cela paraîtrait incroyable, si Ton ne savait l'incurie de la plupart des directeurs d'institutions où la musii|ue esl exploitée, leur aversion instinctive poitr ce qui peut déranger de vieilles allures routinières, leur indifférence pour les inlércls de Part, leur parcimonie des qu'il s'agit dune dépense musicale, et l'ignorance complète des principes de notre art (In/ presque Ions les hommes charges d en régler la destinée.

Je n'ai p.is tout dit encore sur ces dangereux auxiliaires qu'on nomme directeurs des choeurs. Il y en a lié.- peu d 'assez réellement aptes à conduire une exécution musicale pour que le chef d orchestre puisse compter sur eux. Il ne saurait donc les survriller d'assez près, quand il est oblige de subir leur collaboration. Les plus redoutables sont ceux que l'âge a dépourvus d agilité et d énergie. Le maintien de tout mouvement un peu vif leur est impossible. Quelque suit le degré de rapidité imprimé au début d'un morceau dont la direction leur est confiée, peu a peu ils en ralentissent l'allure , jusqu'à ce que le rhythme suit réduit à une certaine lenteur moyenne qui semble être en harmonie avec le mouvement de leur sang et l'affaiblissement général de leur urgaiiisiue.il est vrai d'ajouter que les vieillards ne sont pas les seuls qui fassent courir ce danger aux compositeurs. Il > a des hommes dans la force de l'âge, d'un (emperamment lymphatique, dont le sang parait circuler Moderato S'il leur arrive de diriger un allegro assaï ils le ralentiront graduellement jusqu au Moderato-, si au contraire c'est un Largo ou un Andanle sostenuto, pour peu que le morceau se prolonge , ils arriveront par une animation progressive longtemps avant la fin au mouvement Moderato. Le Moderato est leur mouvement naturel, et ils y reviennent aussi infailliblement que reviendrait au sien un pendule dont on aurait un instant presse ou ralenti les us ci Hâtions.

Os gins la sont les ennemis nés de toute musique caractérisée et les plus grands aplatisseurs du style. Une le chefd'oicheslre se préserve a tout prix de leurs concours!

t 11 jour, dans un grande ville que je ne veux pas nnminer.il s'agissait d'exécuter derrière la scène un choeur très simple écrit a ,j dans le mouvement allegretto. L intervention du maître de chant devint nécessaire;, c'était un vieillard... Le mouvement de ce choeur étant d abord détermine par l'orchestre notre Nestor le suivait tant bien que mal pendant les premières mesures; mais hieiilùl après le ralentissement devenait tel qu'il n'y avait plus moyen de continuer sans rendre le morceau complètement ridicule. Un recommença deux fois, trois fois, quatre fois; on employa une grande demi-heure en efforts de plus en plus irritants, et toujours avec le même résultat. Lu conservation du mouvement allegretto était absolument impossible a ce brave homme. Enfin le chef d'orchestre impatiente vint le prier de ne pas conduire du tout; il avait trouvé un expédient: il fil simuler aux choristes un mouveiueiil de marche, en e'"vant tour a tour chaque pied sans changer de place. Ce mouvement étant en rapports exacts avec le rhythme binaire de la mesure a ^ dans un allegretto, les choristes, qui n'étaient plus empêchés parleur directeur, exécutèrent aussitôt le morceau, comme s'ils eussent chanté en marchant , avec autant d'ensemble que de régularité, et sans ralentir.

.le reconnais pourtant que plusieurs directeurs des choeurs ou sous chefs d'orchestre sont quelquefois d'une véritable utilité et même indispensables pour maintenir l'ensemble des grandes masses d'exécutants. Lorsque ces masses sont forcément disposées de manière à ce qu'une partie des musiciens ou des choristes tourne le dos au chef. Celui ci a besoin alors diin certain nombre 'h' sous batteurs de mesure places devant ceux des exécutants qui ne voient pas le premier chef, et charges de reproduire tous se? uiouvemens. Pour que celle reproduction soit précise, les sous chefs devront se garder de quitter un seul instant des yu\ le bâton du conducteur pi im ipal. Si. .pour regarder leur partition, ils cessent pendant la durée de trois mesures seulement, de le voir, aussitôt une discordance sedec lare entre leur mesure et la sienne, et tout est perdu.

Il.ins un Festival ou d u/e ceiil- exécutants se trouvaient reunis sous ma direction a Paris, je dus employer cinq directeurs du choeur places tout autour i|e la masse vocale, et deux sous-thels d'orchestre dont l'un dirigeait les instruments a vent el luire les instruments à percussion. Je. leur avais bien recommande de me regarder sans cesse; ils ne l'oublièrent pas; et no» huit bâtons, s' élevant et s>'u baissa ni sans la plus légère différence de rhythme établirent parmi nos douze cents musiciens l'ensemble le plus parfait dont on ait jamais eu d'exemple. Avec un ou plusieurs métronomes électriques maintenant, il ne semble plus nécessaire de recourir a ce inoven.On peut en effet diriger sans peine de la soi le des choristes qui tournent le dos au chef d'orchestre. IVsous-chefs attentifs el intelligents seront pourtant toujours en ce cas préférables a une machine.

s . 9'ic"

Ils oui non seulement à ballre la mesure ,comme la tige inetronomique,niais de jilus il parler aux groupes, qui les avoisinenl pour appeler leur attention sur les nuances et, après les silences, les avertir du moment de leur rentrée .

Dans un local disposé en amphithéâtre demi-circulaire, le chef d'orchestre peut conduire tout seul un nombre considérable d'oxe- « iilans. tous les jeux pouvant alors sans peine se porter sur lui. Néanmoins 1 emploi d'un certain nombre de sous chefs me narail préférable à l'unité de la direction individuelle, à cause de la grande distance où se trouvent du chef les points extrêmes de J., masse \ocale et instrumentale. Plus le chef d'orchestre s éloigne des musiciens qu'il dirige, plus son action sur eux s'affaiblit Ce .qu'il v aurait de mieux serait d'avoir plusieurs sous chefs, avec plusieurs métronomes électriques, battant de\ant leurs >eii\ 1rs grands temps de la mesure.

Maintenant doit il i enduire debout ou assis? Si dans les théâtres.. ou l'on exécute des partitions d'une durée énorme, il est bien difficile de résister a la fatigue en restant debout toute la soirée, il n'en est pas moins vrai que le chef d'orchestre assis perd une partie de sa puissance et ne peut donner libre carrière a sa verve, s'il en a. Dirigera-t-il en lisant sur une grande partition ou sur un premier violon conducteur, comme cela se pratique dans quelques théâtres? Il aura sous les yeux une grande partition, évidemment. Conduire à l'aide d'une partie contenant seulement les principales rentrées instrumentales, la Basse et la mélodie., impose inutile ment un travail de mémoire au chef qui ira pas devant lui la partition complète., et l'expose en outre, s'il s'avise de dir, qu'il selrom pe à l'un des musiciens dont il ne peut contrôle]' la partie, a ce que celui-ci lui reponde: a Qu'en savez \nusV;n

La disposition et le groupement des musiciens et des choristes rentrent encore dans les attributions du chef d'orchestre, surtout pour les concerts. Il est impossible d'indiquer d'une façon absolue le meilleur groupement du personnel des exécutants dans un théâtre ri dans une salle de concerts:, la forme et l'arrangement de l'inférieur des salles influant néressairciieiil , ,y 1rs déterminations à prendre, en pareil cas. Ajoutons, qu'elles dépendent eu outre du nombre' des exécutants qu'il s'agit ■ ! grouper, et daiis quelques occasions du mode décomposition adopté par l'auteur de 1 oeuvre quou exécu te. Kn gênerai pour les concerts un amphithéâtre de huit- ou au moins de cinq gradins est indispensable.

I i loi me demi circulaire est la meilleure pour cet amphithéâtre. S'il est assez large pour contenir tout l'orchestre, la masse entière des instrumentistes sera disposée sur les gradins; les lr.s violons sur le devant à droite, les 2. violons sur le devant à gauche, les alto», dans le milieu entre les deux groupes de violons, les flûtes, hautbois, clarinelles,cors et bassons derrière les premiers violons , un double rang de violon< elles et de contrebasses derrière les 2 .violons jles trompeftcs,corncls, trombones et tubas derrière les altos, le reste de-, violoncelles et contrebasses derrière les instruments a vent en bois, les harpes sur lavant scène tout près du chef d'orchestre, les iimbale.s et le> autres instruments à percussion derrière les instruments de cuivre; le chef d'orchestre, tournant le dos au publie tout en bas de l'amphithéâtre et pies des premiers pupitres des premiers et des seconds violons.

H dcwaj avoir îm plancher horizontal, une scène plus ou moins large, s étendant au devant du premier- gradin de l'amphithéâtre ; Sur ce plancher les choristes seront places en éventail, tournes de trois quarts vers le public et pomanl tous aisément voiries mouvements du chef d'orchestre. Le groupement des choristes par catégories de voix sera différent selon que l'auteur a écrit à trois,;» quatre, ou a six parties. En tous cas les femmes, soprani et eontralli, seront devant, assises; les ténors debout derrière les contralli, les basses debuiil deu rieie les soprani .

Les chanteurs et virtuoses solistes occuperont le centre et la partie antérieure de lâuml seene.el se placeront toujours de manière à pou\oir,en tournant un peu la tête voir le bâton conducteur.

Au leste, je le répète, ces indications ne sont qu'approximatives; elles peuvent être par beaucoup de raisons modifiées de di- \ erses manières.

Au conservatoire de Paris, où l'amphithéâtre ne se compose que de quatre ou cinq gradins non circulaires, et ne peut en conséquence contenir tout l'orchestre, les violons et les altos sont sur la scène, les basses et les instruments à vent occupent seuls les gradins, le choeur est assis sur l'avant scène regardant en face le public,et le groupe entier des femmes soprani et contralli ..tournant directement le dos au chef dorchestre.est dans l'impossibilité de jamais voir ses moinements. Lu tel arrangement est très in< omniode pour cette partie du chtcui;

H est partout de la plus haute importance que les choristes placés sur l'avant scène, occiipent'un plan un peu inférieur à celui des violons, sans quoi ils en affaibliront énormément la sonorité. Par la même raison, si, au devant de l'orchestre, il n> a pas d autres gradins pour le choeur, il faut absolument (pie les femmes soient assises et que les hommes restent debout afin que les voixdestenors cl des basses parlant d'un point plus élevé que celles de.sSoprani et Contralli puissent s'émettre librement et ne soient ni étouffées ni interceptées .

t Miami la présence des choristes devant I'oi'c hestre n'est pas nécessaire, le chef aura soin de les l'aire sortir, celte multitude de corps huinainsnuisant à la sonorité' des instruments, lue symphonie exécutée par un orchestre ainsi plus ou moins étouffe, a beaucoup à souffrir.

II est encore des précautions relatives à l'orchestre seulement, que le chef peut prendre pour éviter certains défauts dans I éxecution. Les instruments à percussion plaies, ainsi (pie je l'ai indique,sur l'un des derniers gradins de (amphithéâtre ,ont une tendance a ralentir h' ih\lhinc,à retarder, lue série de coups de grosse caisse frappes à intervalles réguliers dans un mouvement vif,coiuiue la suivante:

Allearc

amène quelquefois la destruction complète d'une belle progression rhjthmique,cn brisant lélan du reste de l'brcheslre el détruisant l'ensemble. Presque toujours Je joueur de grosse caisse, faute de regarder le premier temps marque' par le chef,rèslr un peu en retard pour frapper son premier coup. Ce retard, multiplié par le nombre des coups qui succèdent au premier., amène bien vite, cela se conçoit,, une discordance rlivthmique du plus fâcheux eflct .

s . 99fi

Le rhef,duiil Ions les efforts sonl vains en pareil cas' pour rétablir [ensemble, n'a <£ii**ntj*" chose à l'aire, c'est ((exiger que I.

• ji n leur du grosse caisse compte davauee le nombre do coups a donner dans le papaye en question. el que, le sachaut.,il ne regarde

plus sa partie et tienne constamment les jeux fixés sur le bâton conducteur; aussitôt il pourra suivre le mouvement sans le moindre

il I. mi de précision. Un autre retard, produit par une cause différente, se l'ait souvent remarquer dans les parties de lrnhipe((es;c"esl

quand ell"> contiennent, dans un mouvement vif, des passages tels que celui-ci:

\llcgro.

Le joueur de lrompelle,au lieu de respirer avant la première de ces trois mesures, respire au commencement., pendant le demi soupir A et, ne tenant pas compte., du petit temps qu'il a pris pour respirer, donne néanmoins toute su valeur au demi soupir, qui se trouve ainsi surajoute à la valeur de la première mesure. Il en résulte leffet suivant:

Allegro.

effet d autant plus mauvais que [accent final, frappe au commencement de la troisième mesure par le reste de lorche>ire, arrive un tiers de temps trop tard dans les trompettes et détruit l'ensemble de l'attaque du dernier accord.

Pour obvier a cela, le 'chef doit d abord avertir à l'avance les exécutants de cette inexactitude, où ils sonl presque tous entraim's à tomber sans s'en apercevoir, en conduisant, leur jeter un coup dœil au moment décisif, et anticiper un peu enfrappanl le premier temps de la mesure dans la quelle ils entrent. On ne saurait croire combien il est difficile dempêiher les joueurs de trompettes de doubler la valeur dun demi soupir ainsi placé.

Qi ;uid un long accelerando a poco a poco est indiqué parle compositeur pour arriver de l Allegro moderato à un Presto. lit plupart des chefs dorchestre pressent le mouvement par saccades, au lied de 1 animer toujours également par une progression insensible. Cest à éviter avec soin. La même remarque est applicable à la proposition iuverse.li est même plus difficile encore delaigir doucement, sans secousses, un mouvement vif pour le transformer peu a peu en un mouvement lent.

Souvent voulant faire preuve de zèle, ou pur défaut de délicatesse dans son sentiment musical, un chef exige de ses musiciens Vi'œaqération des nuances. Il ne comprend ni le caractère ni le style du morceau. Les nuances deviennent alors des taches, les accents des cris; les intentions du pauvre compositeur sont totalement défigurées et perverties, et celles du chef d orcheslre,si honnêtes qu'on les suppose, n'en sont pas moins malencontreuses comme les tendresses de lune de la fable qui assomme son maitreen le caressant.

Signalons à présent plusieurs déplorables abus constatés dans presque tous les orchestres de 1 Europe:, abus qui désespèrent les compositeurs et qu'il est du devoir des chefs de faire disparaître le plus tôt possible.

Les artistes jouant des instruments à archet veulent rarement se donner la peine de faire le fremolo;ils substituent à cet effet si caractérisé une plate répétition de la note, de moitié, souvent même des trois quarts plus lente que celle don résulte le tremolo;uu lieu de quadruples croches, ils eu font de- triples ou de doubles;au lieu de produire soixante quatre notes dans une mesure à quatre temps ( Adagio) ils n'eu produisent que trente deux ou même seize. Le .frémissement du bras nécessaire pour obtenir le vrai trémolo exige, sans doute, un trop grand effort! Cette paresse est intolérable. Bon nombre de contrebassistes se permettent, par paresse encore, ou par crainte de ne pouvoir vaincre certaines difficultés, de simplifier leur partie. Cette école des simplificateurs,en honneur il y a quarante ans, ne saurait subsister davantage. Dans les oeuvres anciennes les parties de contre-basse sont fort simples,il n'y a donc aucune raison de les appauvrir encore; celles des partitions modernes sont un peu plus difficiles,il est vrai,mais,à de très rares exceptions près,on ny trouve rien diiie\écu l.ilile,les compositeurs maitre de leur art,les écrivent avec soin et telles qu'elles doivent être exécutées. Si c'est par paresse que les simplificateurs les dénaturent, le chef dorchestre énergique est armé de lautorité nécessaire pour les obliger à faire leur devoir. Si c'est par in c.apaci(é,qiril [es congédie. Il atout intérêt à se débarrasser d instrumentistes qui ne savent pas jouer de leur instrument.

Les joueurs de Flute,aCCOlltumés à dominer les autres instruments à vent, et n'admettant pas que leur partie puisse être écrite au dessous de celles des Clarinettes ou des Hautbois, transposent fréquemment des passages entiers à loctave supérieure. Le chef, s'il ne lit pas bien la partition, s'il ne connaît pas parfaitement louvrage qu'il dirige, ou si son oreille manque de finesse, ne s'a percevra pas de cette étrange liberté prise par les Flûtistes. Il s'en présente maint exemple cependant, et Ion doit veiller à ce que ces exemples disparaissent tout à fait.

Il arrive partout, (je ne dis pas dans quelques orchestres seulement) il arrive partout, je le repè.|e,que les violonistes charges, ou le sait, d"\écu(er à dix, à quinze,à vingt, la même partie à lunisson,ne comptent pas leurs mesures de silence par paresse toujours, et se reposent de ce soin,les uns sur les autres. Don il suit qu'il en rentre à peine la moitié au moment opportun,pendanl que lesaulicstic inenleneoi leur instrument sous le bras gauche cl regardent en liiir-la rentrée est alors affaiblie si non totalement mauquee. Jàppelle sur cette insup -, portable habitude luttent ion et la sevs'ritp des clefs dorchestre. Elle est tellement enracinée néanmoins qu'ils ne viendront a bout de l extirper 'peu rendant un grand nombre de violonistes solidaires de la faute dun seul;en mettant à lamende-par exemple, ceux de tout un rang, si lun denlr'eux a manqué son entrée. Quand cette amende ne serait que <i- trois francs, comme elle peut être infligée cinq ou six fois au même individu duos une séance, je réponds que chacun des violonistes comptera ses pauses et veillera ;i ce que son voisin enfasse autant.

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Un orchestre dont les instruments ne sont pas d'accord isolément el entreux est mie monstruosité;, le chel m élira don,' le .Jus grand soin a r. que les musiciens s-aeeordrni. Mais cette opération ne doit pas se faire devant le publie.De plus toute rumeur instruinentale et tout prélude pendant les entractes, constituent nue offense réelle faite aux auditeurs civilisés On reconnaît la mauvaise éducation d'un orchestre et sa médiocrité musicale., aux bruits importuns qu'il l'ail entendre pendant les moments de repos d'un opéra on d'un concert.

il est encore impérieusement imposé au chef d'orchestre de ne pas laisser les Clarinettistes se servir .toujours 'lu mê nie instrumeut(de la clarinette en Si '>) sans égard pour les indications de i'auteur;éomme si les diverses clarinettr^ecll.es en te cl m la surtout, n'avaient pas un caractère spécial dont h' compositeur instruit connaît Unit le prix, et comme si la Chili nette en la n'axait pas d'ailleurs un demi ton au grave de plus < j 1 1 • la Claimeire >-n <m I'. l'ut du-/.' d'un excellent effet;

Ji ^j pvoduil pari" Mi : (fo | le quel Mi ne donne ((ne le Ile': {L ^[ sur la Clarinette en Si '■) .

lue habitude aussi vicieuse et plus pernicieuse encore, s'est introduite à la suite des cors à cylindres el à pistons dans beaucoup d'orchestres; celle déjouer en sons ouverts, au moyen du mécanisme nouveau adapte à l'instrument, les notes distillées par le compositeur à elle produites eu sons bouches par l'emploi île la main droite dans le pavillon. Ku outre le» Cornistes maintenant, à cause de la facilite que les Pistons ou Cylindres leur donnent de mettre leur instrument dans divers tolis,ue se servent que du CoiMn fa, quelque soit le ton indiqué par rauteur.Cetusage amène une foule d'inconvénients dont le chef d'orchestre doit mettre tous ses soins à préserver les oeuvres des compositeurs qui savent écrire; pour celles des autres, il faut l'avouer, le malheur est beaucoup moins grand.

il doit s'opposer encore à l'usage économique adopté dans certains théâtres dits Lyriques, de faire jouer les Cymbales et la grosse Caisse à la fois par le même musicien. Le son des Cymbales attachées sur la grosse Caisse, comme il faut qu'el. les le soient pour rendre cette économie possible, est un bruit ignoble bon seulement pour les orchestres des bals de haine rrs Cel usage, en outre, entretient les compositeurs médiocres dans l'hahitude de ne jamais employer isolement l'un de ces deui instruments et de considérer leur emploi comme uniquement propre a l'accentuation énergique des temps forts de la mesuie. Idée féconde en bruyantes platitudes et qui nous a valu les ridicules excès sous les quels, si l'on n'y met un terme, la musique dramatique succombera tôt ou tard

Je finis en exprimant le regret de voir encore partout les études du choeur cl d<' l'orchestre si mal organiser*, l'ariuul, pour les grandes compositions chorales et- instrumentales, le système des repétitions en masse est conserve. On fait élu dier k la fois, d'une part tous les Choristes, de l'autre tous les instrunfentistes.

De déplorables erreurs, d'innombrables bévues, sont alors commises, dans les parties intermédiaires surtout. erreursdonl le maître de chant et le chef- d'orchestre ne s'aperçoivent pas. Une fois établies ces erreurs dégénèrent en habitudes, s"inlro duisent et persistent dans l'exécution.

Les malheureux Choristes d'ail leurs, pendant leurs études telles quelles,sonl bien les plus maltraites des exécutants. Aulieu de leur donner nn bon conducteur sachant les mouvements, instruit dans l'art du chant, pour battre la mesure et faire les observations critiques un bon pianiste jouant une partition de piano bien fuite sur un bon piano — et un violoniste

pour jouer à l'unisson ou à l'octave des voix chaque partie étudiée isolément; aulieu de ces trois artistes indispensables, on les confie, dans les deux tiers des théâtres lyriques de l'Europe, à un seul homme qui n'a pas plus d'idée de l'art de conduire que de celui de chanter. peu musicien en général, choisi parmi les plus mauvais pianistes qu'on a pu trouver, ou plutôt qui lie joue pas du piano du tout' déplorable invalide qui,assis devant un instrument délabre", discordant, tache de déchiffrer une partition dis loquée qu'il ne connaît pas, frappe des accords faux, majeurs quand ils sont mineurs et réciproquement, et, sous prétexte de conduire cl d'accompagner à lui loul seul, emploie sa main droite pour que les Choristes se trompent de rhylhine et sa main gauche pour qu'ils se (rompent d'intonations.

On se croirait au moyen âge, quand on est témoin de cette économique barbarie

Une interprétation fidèle, colorée, inspirée, d'une oeuvre moderne,confiée même à des artistes d'un ordre élevé, ne se peut obtenir, je le crois fermement, que par des répétitions partielles. Il faut faire étudier chaque partie d'un choeur isolement, jusqu'à ce qu'elle soit bien suc, axant de l'admettre dans l'ensemble. La même marche est à suivre pour l'orchestre d'une symphonie un peu compliquée. Les violons doivent être exercés seuls d'abord, d'autre part les Altos et les Basses, puis les instruments à vent en bois (avec un pelil groupe d'instruments à cordes pour remplir les silences el accoutumer les instruments à veut aux rentrées) les instruments en cuivre également, très soin eut même il est nécessaire d'exercer seuls les instruments à percussion, et enfin les Harpes s'il v en a une masse. Les éludes d'ensemble sont ensuite bien plus fructueuses el plus rapides, el l'on peul se flatter d'arriver ainsi à une fidélité d'interprétation dont la rareté, hélas, n'est que trop bien prouvée.

Les exécutions obtenues par l'ancien procédé d'études ne sont que des « peu près, sous les quels tant el tant de chefs- cl oeuvre succombent. Le conducteur organisateur, après regorgement d'un maître, n'en dépose pas moins son bâton avec un sourire satisfait; cl s'il lui reste quelques doutes sur la façon dont il a rempli sa lâche, comme, en dernière analyse, personne ne s'a. vise den roulroler l'accomplissement . il murmure à part lui <c: fia/i ! roe vidis. ■><

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