‹ Grand traité d'instrumentation et d'orchestration modernesChapitre 19 sur 116 · HAUTBOIS · texte numérisé non relu

HAUTBOIS

MOLONS.

Dans l'ouverture dlphigenie en Aulide, Gluck a su les employer encore a tenir seuls la partie grave de lharmonie,non pour . produire cette fois un effet résultant de la 'spécialité de leur timbre, mais pour accompagner aussi doucement que possible le chant des premiers Violons et rendre plus terrible 1 attaque des Basses rentrant au forte après un assez grand nombre' de pauses Sacchini a fait aussi jouer la partie grave aux altos seuls dans l'air d Œdipe: a Vr)fr<- vour t/evitit mon azylry* s.ms ?<• proposer pour but, toute fois, de préparer une explosion. Au contraire, cette instrumentation donne ici .1 la phrase «le clianl qu'elle accompag-ne-une fraîcheur et un calme délicieux. Les chants des altos sur les cordes hautes font merveille dans les scènes cl un caractère jelig-ieux et antique. Spontini, le premier eut lidée de leur confier la mélodie en quelques endroits de ses admirables prières de la Vestale. Méhul séduit par la sympathie qui exist* entre le son des altos et le caractère rêveur de la poésie Ossianique, voulut s'en servir constamment et à l'exclusion entière des Violons, dans son opéra d'Uthal 11 en résulta, disent les critiques du temps, une insupportable monotonie qui nuisit au succès de l'ouvrag-e Ce fut à ce sujet que Grétry s'écria: Je donnerais un louis pour entendre une chanterelle! Ce timbre, si précieux quand il est bien employé et habilement mis en opposition avec les) timbrés des Violons et des autres instruments, doit effecti\ement lasser très vile;, il est trop peu varié et trop empreint de tristesse pour qu'il en puisse être autrement. On divise souvent aujourd hui les altos en premiers . lit , seconds^ dans les orchestres comme celui 'de l'opéra, ou ils sont en nombre à peu près suffisant, il n'v a pas il inconvénient à écrire ainsi; dans tous les autres ou Ion compte a peine quatre ou cinq altos, cette division ne peut que nuire beaucoup à un groupe instrumental déjà si faible en lui même et que les autres groupes tendent sans cesse à écraser II faut dire encore que la plus part des altos dont on se sert aujourd hui dans nos orchestres français n'ont pas la dimension voulue; ils n'ont ni la grandeur, ni conséquemment la force de son des véritables Violes, ce sont presque des "\ iolons montés avec des cordes daltos Les directeurs de musique devraient proscrire absolument l'usage de ces instruments bâtards, dont le peu de sonorité décolore une des parties les plus intéressantes de l'orchestre en lui otant beaucoup d'énergie, surtout dans les sons graves.

Quand les Violoncelles chantent, il est quelque fois excellent de les doubler à I unisson par les Altos. Le son des Violoncelles acquiert alors beaucoup de rondeur et de pureté, sans cesser d'être prédominant. Exemple: le Thème de ladagio de la Symphonie en Ut mineur de Beethoven,

Ml'HÔME EN UT MISECh. ( BEETHOVEN J

Andante con rnoti). # 92.

VIOLONCELLE

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