‹ Grand traité d'instrumentation et d'orchestration modernesChapitre 33 sur 116 · EXEMPLE TRES MAUVAIS · texte numérisé non relu

EXEMPLE TRES MAUVAIS

Toutes les successions qui obligent les mêmes doigts à sauter d'une corde à l'autre ne se peuvent écrire que dans un mou veulent très modéré.

Quand on veut obtenir une suite rapide à' octaves diatoniques, il faut en général l'écrire pour les deux mains. Les séries de sixtes sont dans le même cas. Elles sont toutefois, ainsi que les gammes en tierces., praticables pour une seule main, mais en ffi's<-etif/ant seulement, le pouce alors glissant de l'une à l'autre des notes supérieures pendant que les noies inférieures sont exécutées par les trois autres doigls.

Exemple difficile a cause Pecartement qu'il nécessite entre le pouce et les autres doigts

Autre exemple moins difficile .

Autre exemple moins difficile

Par exception à ce que nous avons dit plus haut relativement à l'écartement des parties ces mêmes gammes en tierces sont praticables à deux mains, pareeque dans le mouvement diatonique, l'inconvénient de la corde prise par un doigt et reprise par un autre est beaucoup moins grand, la note intermédiaire lui laissant un peu plus de temps pour vibrer. Tl est encore mieux toutefois, ou d'écrire ces suites de tierces pour deux harpes, on donnant la partie haute à l'une et la partie basse à l'autre, ou si on n'a qu'une harpe et qu'on veuille obtenir beaucoup de son , d'écarter les parties d'une octave, et d'écrire alors des suites de dixièmes.

S il s'asrit de faire entendre rapidement un arpège ascendant ou descendant qui excède l'étendue d'une oet.-ve, il faut, au lieu de 1 écrire a deux parties, le morceler, en donnant un fragment à une main pendant que l'autre change de position, et réciproquement. T.e passage s'écrit alors ainsi:

Air: |<i ±£$ * ~~'±±\

M:,in ?:u,0„^ *»S * f 4 df

S.fKIfi.

Si on le doublait à l'octave il «erait impraticable

( Impraticable dans un moiiTement vif,

' mais possible dans un mouvement lent. I

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l.i ,'rilfr existe sur la harpe, niais son effet n'est toléra Lie que sur les notes hautes seulement. Le m n H r tiennent de la même note, disgracieux et difficile sur 1 bar] - à rri-r du petit grincement produit sur la corde par le second doigt laquer après le premier et interrompait sa vibration

s sur les anciennesl (j i, ^^^H — ^^^^- ,,

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Kst facile et d'une bonne sonorité sur les nouvelles, le double mouvement des pédales permettant de hausser d un ton la corde voisine de celle qui représente le son martelé, et le marlellemenl s'oxécutant alors sur deux cordes à 1 unisson ex:

On obtiendra en outre et plus simplement le martellement à deux ou à quatre parties, très utile quelquefois à l'orrhostre,en employant deux ou plusieurs harpes, et en écrivant des batteries croisées qui ne présentent aucune difficulté d'exécution et produisent exactement l'effet désiré.

Air:

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Résultat pour l'auditeur. i -afc-^-fe=

I? effet des harpes, (quand il ne s'agit pas d'une musique intime destinée à être écoutée de près, dans un salon,) est d'autant meilleur qu'elles sont en plus grand nombre.

Les notes, les accords, les arpèges qu'elles jettent alors au travers de l'orchestre et du choeur, sont d'une splendeur extrême. Rien de plus sympatique avec les idées de fêtes poétiques, de pompes religieuses, que les sons d'une grande masse de harpes ingénieusement employée. Isolément ou par groupes de deux, trois ou quatre, elles sont encore d'un très heureux effet, soit pour s'unir à l'orchestre, soit pour accompagner des voix ou des instruments solos. T)e tous les timbres connus, il est singulier que ce soit le timbre des Cors, des Trombones, et en général des instruments de cuivre, qui se marie le mieux avec le leur. Les cordes inférieures (en exceptant les cordes molles et sourdes de l'extrémité grave) dont le son est si voilé, si mystérieux et si beau, n'ont presque jamais été employées que pour les basses d'accompagnement de la main gauche-, c'est à tort. Il est vrai que les harpistes se soucient peu de jouer des morceaux entiers dans ces octaves assez éloignées du corps de l'exécutant, pour obliger celui-ci à se pencher en avant en étendant les bras, et à conserver ainsi plus ou moins longtemps nno posture gênante ^ mais cette raison a du être de peu de poids pour les compositeurs. La véritable, c'est qu'ils n'ont pa* songé à tirer parti de ce timbre spécial.

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Exemple d'une belle 1 et douce sonorité dans-?

les cordes basses . I

S. M'.lti .

SJ

Les cordes de la dernière octave supérieure uni un son délicat, cristallin, d'uni' frairhenr voluptueuse, qui 1 - rend propres

à l'expression des idées gracieuses, féeriques, et à murmurer les plus ddUX sncrelS 'les riante'- mélodies; à condition. cependant, qu'elles ne seront jamais attaquées avec force par l'exécutant, car, dans ce cas, elles rendent un sou soc, dur, assez semblable à celui d'un verre qu'on brise, désagréable et irritant.

T.es sons harmoniques de la harpe, et surtout de plusieurs harpes à l'unisson, ont bien plus de magie encore. T.es solistes les emploient souvent dans des points d'orgues de leurs fantaisies, variations, et concertos. Mais rien ne ressemble , à la sonorité de ces notes mystérieuses unies à des accords de flùtus et de clarinettes jouant dans le médium; il est vraiment étrange qu'<fi n'ait encore qu'une fois, et il y a trois ans à peine rendu sensible l'affinité de ces timbres et la poésie de leur association (l)

Les meilleurs sons harmoniques et les seuls à peu près à employer sur la Harpe, sont ceux qu'on obtient en effleurant avec la partie inférieure et charnue de la main le milieu de la corde, et en pinçant avec le pouce et les deux premiers doigts de cette même main:, ce qui produit l'octave haute du son ordinaire. On peut faire des sons harmoniques des deuv mains.

EXEMPLE

Il est même possible d'en produire deux ou trois à la fois, avec une seule main, mais alors il est prudent de ne donner a 1 autre qu'une seule note.

EXEMPLE

C Ih.rmoniqn

Toutes les cordes de la harpe ne sont pas propres aux noies harmoniques-, il ne faut employer à cet usage que les deux avant dernières octaves graves; ce sont les seules dont les cordes soient assez longues pour pouvoir être divisées en les ef-

Hamioniqnw...' "V

fleurant au milieu, et assez tendues pour produire nettement les harmoniques. EXEMP]

Dans le cas où le mouvement de la composition et le parti pris de l'instrumentation exigent la transition subite d'une partie de harpe d'un ton dans un autre, fort éloigne' de celui qui le précède ( de 3fi bémol en Mi naturel, par exemple ) elle ne peut se faire sur le même instrument-, il faut alors avoir une autre harpe accordée dans le ton i/ièzé, pour succéder immédiatement à celle qui jouait dans le ton hemulisé. Si la transition n'est pas soudaine, et qu'on n'ait qu'un harpiste à sa disposition, encore faut il que le compositeur donne à l'exécutant un assez grand nombre de pauses pour que celui -cf ait le temps d'accrocher toutes les pédales nécessaires à la modulation. Quand les harpes sont nombreuses, traitées en parties intégrantes de l'orchestre, et non destinées à accompagner un solo vocal ou instrumental, on les divise ordinairement en premières et secondes, en écrivant des parties distinctes, ce qui ajoute beaucoup à la richesse de leur effet. In plus grand nombre de parties différentes peut être sans. doute, fort bien motivé; il est même indispensable, on vient de le voir lorsqu'il s'agit de rendre possible, sans interruption du jeu des harpes, un déplacement soudain de la tonalité.

Les bas reliefs de Thèbes, où l'on trouve une minutieuse représentation des harpes antiques, prouvent qu'elles n'axaient pas de pédales, et que par conséquent elles ne modulaient jamais.

(.elles, non moins antiques, employées de nos jours, par les Bardes Gallois et Irlandais, ont plusieurs rangs de cordes- sans doute cette disposition leur rend plus on moins accessible le style chromatique et les modulations.

l'EwniDli- S" !i .!.■<

J'ai signale plus haut, en parlant du martellemem ?, l'avantage inhérent aux nouvelles harpes pouvoir, au moven du double mouvement des pédales, accorder deux cordes à l'unisson:

V un de ces II !> étant produit par la corde Wut\) et l'autre par celle du Si [> haussée d'un demi Ion- ou

bien (y — \ — Il l'un de ces Mi \> étant produit par la corde de Mi l> et l'autre par celle de Hé !> haussée de

J)F.l\ denii-tons.On ne saurait croire les ressources que les grands Harpistes savent maintenant tirer de ces doubles noies qu'ils ont nommées synonimes . 3l! Parisli Alvars le virtuose le plus extraordinaire peut être qu'on ait jamais entendu sur cet instrument, exécute des traits et des arpèges qui à l'inspection. paraissent absolument impossibles et dont toute la difficulté, cependant, ne consiste que dans l'emploi ingénieux des pédales. Il l'ait, par exemple, avec une rapidité extraordinaire des (rails comme le suivant:

AU'.' assîii. *■'--

Ou concevra combien un trait pareil est facile, en considérant que l'artiste n'a qu'a glisser trois doigts du haut en bas sur les cordes de la Harpe, sans doigte, et aussi vile qu'il veut, puisqu'au mojen des synonimes l'intrument se trouve accorde exclusivement en suites de tierces mineures produisant l'accord de septième diminuée, et qu'au lieu d'avoir pour

gamme

il a

Il faut remarquer seulement le Latj, qui nepeuï être- double, et n'a, en conséquence, point de répercussion. Il n'est pas possible en elfet d'avoir quatre synonimes à la fois, puisqu'il n'y a que sept notes dans la gamme et que les quatre, synonimes supposeraient huit cordes. En outre disons que le La Q lie peut s'obtenir que sur une corde (le Lai)) et n existe pas sur sa corde voisine (le Sol,l>) celle-ci ne pouvant être haussée par les deux mouvements de la pédale que de deux demi-tons, qui ne la font arriver qu'au La l>. Cet inconvénient se rencontre encore sur deux autres cordes: Ut I) et Fa \).

Il manque donc actuellement sur la Harpe, trois synonimes, Ré \,Sol tj et La Z ■ mais ce défaut, car c'en est un grave, disparaîtra quand les facteurs voudront, ainsi que M. Parish Alvars le propose, adapter à la Harpe pour les pédales des (rois notes Ut t>, Fa l), Sol t>, un triple mouvement qui permette de les hausser de trois demi-tons.

!M. Erard aurait bien tort de laisser subsister sur cet instrument une pareille lacune^ il serait •digne d'un si habile (acteur d'être le premier à la combler

Evidemment si l'on veuf ne pas employer toutes les cordes synonimes à la fois, on aura d'autres accords que ceux de Septième diminuée^- et ces combinaisons diverses que chacun peut faire, en se rendant exactement compte de I action des pédales sur les cordes, seront encore bien plus nombreuses quand le triple niouvemenl des pédales L't\>, ta !) , Sol t», aura donné les trois synonimes dont la Harpe est à cette heure dépourvue.

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