LE CONTRE BASSON
11 est au Basson comme la contre-Basse est au Violoncelle. C'est-à-dire que l( son en est plus grave dune octave tj'uc la noie écrite. On ne lui donne guère que cette étendue :
1,-s Ch,,.n.»li,,Ues.)
Ce qui produit en .,ons réels
Les deux premières notes de cette gamme sortent difficilement et sont très peu appréciables en raison de leur extrême grav ile .
11 est inutile d'ajouter que cet instrument, d'une 'lourdeur e\trème,ne convient qu'aux grands effets d harmonie et aux Basses d un mouvement modéré. Beethoven fa employé dans le final de sa symphonie en Ut mineur et dans celui de sa symphonie avec choeurs. Il est très précieux pour les grands orchestres d'instruments à vent., peu d artistes se décident à en jouer cependant .On essaye quelquefois de le remplacer par fOphiolcïde.dont le son n'a pas la même gravité, puisqu'il r-l à l'unisson du Basson ordinaire et non à l'octave Basse, i I dont le timbre d ailleurs,!^! aucun rapport de caractère ave- celui du contre-Basson. Je crois donc que,dans le plus ^rand nombre de (a-, il vaut mieux se passer de cet instrument que de le remplacer ainsi.
LES CLARINETTES
Les instruments a anche simple tels que les Clarinettes et le Cor de basset, constituent une famille dont la parente a\ec celle du Hautbois n'est pas aussi rapprochée qu'on pourrait le croire. Ce qui l'en distingue surtout c'est la nature du son. Les Clarinettes., en effet, ont dans le médium une voix plus limpide.,plus pleine, plus pure que celle des instruments a anche double dont le son n'est jamais exempt d'une certaine aigreur ou apreté,plus ou moins dissimulées par le talent des exécutants. Les M>ns aigus de la dernière octave, a partir de l'Ut aii dessus des portées, participent seuls un peu de l'aigreur des sons forts du Hautbois, pendant que le caractère des sons les plus graves se rapproche, par la rudesse des vibrations, de celui de certaines, notes du Basson .
La Clarinette s'écrit sur la ele de Sol, son étendue est de trois octaves et demie, et plus:
Ces noirs M'uil en ï.'- ■ nt'ial sourdts.
On compte quatre registres sur la Clarinette: le grave, le chalumeau, le médium,et l'aigu.
Le premier comprend cette partie de I échelle: fr . | | | i ' | 1 —H Le deuxième celle-ci : fin I J / Le troisième occupe les degrés suivants:
Et le quatrième se trouve dans le reste de la gamme jusqu'au contre -Re:
Un nombre conside'rable d'enchaînements diatoniques, d'arpèges et de trilles étaient impraticables autrefois qui ne le sont plus aujourd hui,grace aux ingénieux mécanisme de clcs ajoutes à 1 instrument et qui deviendront même faciles quand le système de Sa\ aura ele adopte par tous les facteurs. Il est prudent toutefois,ces perfectionnements n'étant pas encore généralement répandus, de ne pas écrire des passages tels que les suivants: a moins que le mouvement ne soit très lent .
Le nombre dus Trilles majeurs et 'mineurs praticables sur la Clarinette est considérable; ceux qu'on ne peul faire ayac surelo' sont de'sjgne's dans la gamme ci jointe:
Le- ton- fixoris (le la Clarinette sont I. > ton? d'Ut. Fa. Sol priu< ip.< l< in«nl ., iti>uit<- ceux de «SY !>. il/Y b, Art !> „ //e ij. majeur?, et leurs relatifs mineurs. Connue on possède «le? Clarinelles en différents Ion- on peut toujours éviter en les employant à proposée faire jouer l'exécutant dans les tonalités chargées rie diè/.es et de bémols., comnie La t|, Mi E|> Si tj. fie )■ Sol ). majeur? et leurs relatifs mineurs.
Il y en a quatre d un usage général aujourd'hui:
La petite Clarinette en Mi \> a laquelle il convient de ne donner que l'étendue de trois octaves et deux notes: F.XI-.Ml'E :
is-sJ
lelle est à la tierce mineure au dessus de la Clarinette en Lt, et s'écrit en transposant: Ainsi pour faire entendre le pa lie -ni \ aul :
il faut écrire .
La Clarinette en Ut les Clarinettes en Si \> et en La. Ces deux dernières ont une étendue égale a celle de la CL rinetlc en l I Liant lime d'un ton cl l'autre d'une tierce mineure plus graves que celle-ci, elles doivent s'écrire en consi quence un ton et une tierce mineure au dessus du son réel.
L.i rlarinette en Re psi ppu répandue, elle devrait letre davantage; son tymbre est pur, tout en ayant un mordant remarquable , et Ton peut en mainte nrraMon pu tirer un eveelleut parti .
s. '.'in;.
Ces t 'xpressions £ùn.,Mauvais^Pnssable ne s'appliquent point ici à la difficulté d exécution de- phrases même qui servent d exemples, mais seulement à celle du ton dans lequel elles sont écrites. En outre il faut dire que les Ions assez dilTiciles,eom me La IJ majeur et M i ". majeur, ne sont pas à éviter al)solument,pour des phrases simples et d un mouvement lent.
On voit qu'indépendamment du caractère particulier de leur timbreront nous allons parlci\;ces différentes Clarinettes sont lorlutiles [mur la facilité de l'exécution. On doit regretter qu'il n'y en ait pas d'autres encore. Par exemple, les tons de Si H, de Re, qu'on trouve rarement, pourraient dans une foule d'occasions offrir de grandes ressources aux compositeurs
La petite Clarinette en Fa haut, qu'on employait beaucoup autrefois dans les musiques militaires, a été a peu près abandonnée pour celle en Mi bémol qu'on trouve, avec raison, moins criarde et suffisante pour les tonalités employées ordinairement dans les morceaux d'instruments à vent. Les Clarinettes ont d'autant moins de pureté, de douceur et de distinction que leur ton s'éloigne davantage, en dessus du ton de Si bémol, qui est l'un des plus beaux de cet instrument. La Clarinette en Lt est plus dure que celle en Si bémol, sa voix à beaucoup moins de charme. La petite Clarinette en Mi bémol .1 des sons perçants qu'il est très aise de rendre ignobles, à partir du La au-dessus des portées. Aussi l'a-t-on employée, dans une symphonie modérne,pour parodier, dégrader, encanailler ( qu'on me passe le mot ) une mélodie; le setis dramatique de l'oeuvre exigeant cette étrange transformation. La petite Clarinette en Fa a une tendance encore plus prononcée dans le même sens . Au fur et à mesure que l'instrument devient plus grave,au contraire,il produit des sons plus voiles, plus mélancoliques.
En général le* exécutants ne doivent se servir que des instruments indiqués par 1 auteur. Chacun de ces instruments avant un caractère particulier, il est au moins probable que le compositeur a choisi l'un plutôt que l'autre,par préférence pour tel ou tel timbre, et non par caprice. S'obstiner, comme Je font certains virtuoses, à tout jouer (en transposant ) sur la Clarinette en Si bémol, est donc, à de rares exceptions près, une infidélité d'exécution. Et cette infidélité deviendra bien plus manifeste et plus coupable s'il s'agit par exemple, de la Clarinette en La. Il se peut, en effet, que le compositeur ne 1 ait écrite que pour avoir son Mi grave, qui donne l Ut dieze.
Clarinette
ari nette Q m —4-
KnLA. ft) Il Snn reel. q£E
Comment fera alors le joueur de Clarinette en Si b dont le Mi grave ne donne que le Re
Son réel. (n fl
Il transposera donc la note à l'octave! cl détruira ainsi l'effet voulu par l'auteur!... c'est intolérable.
INous avons dit que la Clarinette avaifquafre registres; chacun de ces registres à aussi un timbre distinct: celui du registre aigu a quelque chose de déchirant qu'on ne doit employer que dans les fortissimo de l'orchestre ( quelques notes très hautes peuvent cependant être soutenues /YnnoqiiiUid l'attaque du son aété préparée convenablement,) ou dans les traits hardis d'un solo brillant; ceux du médium et du chalumeau qui conviennent aux mélodies,aux arpèges et auxtrai(s;et celui du grave, propre,sur(out dans lestenues-a ces M'ctsffO/ dément menaeanls^k ces noirs accents de raye immobile dont Webcr fut 1 ingénieux inventeur. Otiand on veut employer d'une façon -aillante les cris perçants des notes sur-aigues,et si l'on redoute pour l'exécutant la brusque attaque delà note dangereuse,il fuit cacher (elle entrée de la Clarinette sous un accord fort de toute la masse de l'orchestre, qui s'interrompant dès que le sou a eu le temps de se bien poser et de s'épurer, la laisse alors sans danger à découvert.
CLVRTNF.TTE
/ t.n SI ? .
OIÎCHI'.STRF..
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ff ff
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Lvi occasions de placer a propos ces tenues sur-ai;rue's sont assez rares .
Le caractère des sons du médium empreint d une sorte de fierté que tempère une noble tendresse., les rend favorables a l'expression des sentiments et des idées les plus poétiques. La frivole faite, et même la joie naïve, paraissent seules ne lui point convenir. La Clarinette est peu propre à V Idylle c'est un instrument Epique comme les Cors, les Trompettes, et les Trombones. Sa \oi\ est celle de l'héroïque amour; et si les masses d'instruments de cuivre, dans les grandes symphonies militaires, eveillenl I idée dune troupe guerrière couverte d'armures etincelantes, marchant à la gloire ou à la mort, les nombreux unissons de Clarinettes, entendus en même temps, semblent représenter les femmes aimées, les amantes à loiil lier, a la passion profonde, que le bruit des armes exalte, qui chantent en combattant, qui couronnent les vainqueurs ou meiii eut avec les vaincus. Je n'ai jamais pu entendre de loin une musique militaire sans être vivement emu par ce timbre féminin des Clarinettes, et préoccupe d images de cette nature,comme après la lecture des antiques épopées. Ce beau soprano instrumental, si retentissant, si riche d'accents pénétrants quand on l'emploi par niasses, gagne dans le solo en délicatesse, en nuances fugitives, en «ff'-eluosites mystérieuses ce qu'il perd eu force et en puissants éclats. Rien de virginal, rien de pur comme le coloris donne a certaines mélodies par le timbre dune Clarinette jouée dans le médium par un virtuose habile.
C'est celui detous les instruments a vent, qui peut le mieux faire naitre, enfler, diminuer et perdre Je son. Delà la faculté précieuse de produire le lointain., I echo^ l'echo de Pecho, le son Cî'epusculaire. Quel plus admirable exemple pourrai-je citer de l'application de quelques unes de ces nuanees,que la phrase rêveuse de Clariiiette,aecompagnec dun trémolo des instruments à cordcs,d.>lls le milieu de l'Allégro de l'ouverture du FreyschutzVA n'est-ce pas la vierge isolée, la blonde fiancée du elu-scur, qui hjeux au ciel, mêle sa tendre plainte au bruit des bois profonds agites par l'orage?.. . . O Wcbcr!!! —
< l.Wî Un SI >.
COUS fcn MI :>.
UHIS Kn l'T
IT.OMIÏONF.S.
MIH.OM KI.I.K
Je in» permettrai (le citer encore dans mon monodrauiPjFéffetvsinon sem|jlable.,au moins analogue <l un < liant tic Clarinette, dont les l !.■ i iicn i - inlcrioin|>ii» | > . i ■ - d( •- -ilt'iii c-. -uni «'..fi nient accompagnes du trémolo dune partie des in>t l'-u meii ta a cordes, pendant que les ron(re-lla.»»es |>iiicent,dc temps eu lenips,une note £rave,[)roduisant >ou> I harmonie une lourde |iul-alion,cl qu'une Harpe liiil entendre des débris «I arpèges a peine indiques. Hl.ti- dans ce cas,pour donner au son de la Clarinette un accent au.-.-i vaille, aussi loinl,i in i|iie po.»siblc, V'ai fait cnwloppor l'instrument dun sac de peau remplissant I office de la sourdine. Ce tri sic murmure et la sonorité a demi effacée de ce solo reproduisant une mélodie déjà entendue dans un autre morceau, ont toujours vivement impressionne les auditeur.».Cette omlire de musique l'ait naitre un accablement triste et provoque les larmcs,comme ne le pourraient faire les accents les plus douloureux:, cela donne le spleen autant que les tremblantes harmonies de la Harpe Eolienne .
(MoNODliAVË.; LE HETOl'H A LAME.
H. UEliLIOZ. )
Laru-hell(
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!.„ LA Co'ii Sm-ninn (I
|1 11 l'aul rnwlo|.|>,i l'in«li um.nl <l»n< un sar ,1. Inilr nu <lc |-<
» 'lui;
Tît'i'ilmw ■ n ... i \ . 1 1 1 1 égard .m r.ii-.H 1ère mélancolique e. noble de la mélodie en La majeur de 1 immortel And.uiie de -.; 7- -ymphonie, ,1 |ioui mieux n -ihIi ■<• imit ee que 1 1 lie phrase contient en même temps de regrets passionnes, n'a pas manque de la confier ,ui niedium di l,i Clarinette. (ilu< k. pour la ritournelle de Pair d'Alccstc: ce Ah!mal»i'e moi mon faible coeur partage, n avait d'abord eeril une r'lulc,mais sVpperccvant sans doute que le timbre de eel infiniment était trop laible.ct manquait de la noblesse nécessaire à I exposition dun thème cm preinl dune telle désolation et dune si triste grandeur,il le donna A la Clarinette. Ce .-ont encore les Clarinettes qui chantent en même temps que la \oi\.i et autre air d Alceste a 1 accent si douloureusement résigne: « Ah! divinités implacables .»
In effet «lune autre nature résulte de (rois notes lentes des Clarinettes en tierces dans l'air d'Oedipe: «"Votre cour devint mon a/.ilc. o Ce-t après la conclusion du thème, Polynice, avant de continuer son chant, se tourne vers la fille de Thesce,puis ajoute en la regardant: «Je connus, j'adorai la charmante Eryphile.» Ces deux Clarinettes en tierce, descendant doucement jusqu'à l'entrée de la voix, au moment ou les deux amants échangent un tendre regard, sont d'une intention dramatique excellente./'! donnent un résultat musical exquis. Les deux voix instrumentales sont là un emblème d'amour et de pureté. On cri|it,a les entendre, \oir Eryphile baisser pudiquement les paupières C'est admirable!
CLAKIM T't i:
F.n SI ? .
An dan te .
Je con nus
j'a do nii la charmante E ry phi - le
Blette/ deux Hautbois à la place des deux Clarinettes, et l'effet sera détruit.
Ce délicieux elfet d'orchestre manque cependant dans la partition gravée du chef d oeuvre de Sacchini^mais je l'ai trop souvent remarqué à la représentation, pour n'être pas certain de ma mémoire.
M Saoehini,ni Gluck,ni aucun des grands maîtres de cette époque ne tirèrent parti des notes graves de l'instrument. Je n'en de\ ine pas la raison. Mozart parait être le premier qui les ait utilise'es,pour des accompagnements d'un caractère sombre tels que celui du trio des masques,dans Don Juan. C'était à Weber qu'il était réservé de découvrir tout ce que le timbre de ces sons graves a delïi avant quand on s'en sert à soutenir des harmonies sinistres II vaut mieux en pareil cas,les écrire à deux parties que de mettre les Clarinettes à I unisson ou à l'octave. Plus les notes harmoniques sont alors nomhreuses,plus 1 effet est saillant. Si l'on avait trois Clarinettes à sa disposition pour l'accord. Ut dieze.Mi^ Si bemolfpxr exemple,cette septième diminuée bien motivée, bien amenée et instrumentée de la sorle,aurait une physionomie terrible qu'on assombrirait encore en ajoutant un contre Sol grave donne par une Clarinette- Basse.