‹ Grand traité d'instrumentation et d'orchestration modernesChapitre 91 sur 116 · LES VOIX · texte numérisé non relu

LES VOIX

Los voi.r -ont divisées naturellement en deux grandes cathegnrios les vmx masculines du i: 1,1 \ < -, <-i l< - voix féminines nu aiguës; ces dernières comprennent non seulemenl les voix de femmes, mais aussi les voix d Knlànls des deux sexes cl les voix de castrais. Les unes el les aulres sont encore subdivisées en deux genres distincts., que la théorie général enien| admise consideee eomme étant de la même elendiie el différant seulement entre elles par leur degré de gravite. D'après l'usage établi dans (ouïes les écoles d'Italie el d'Allemagne, la voix d'homme la plus grave ( La Basse) s'élèverait i\w Fn au dessous des portées (clef de Fa) jusqu'au Hé el ,<u Ml bémol au dessus, et la voix d'homme la plus haute ( Le Ténor), placée .la quinte au de-sus de la procèdent»', partirait en conséquence de Vit au dessous de.- portées ( Clef iVl't quatrième) pour arriver au La cl au Si liémol ,\i[ dessus. Puis le^. \oix de femmes et d'enfants viendraient, dans le même ordre, se ranger précisément à l'octave haute des (\cu\ voix d'hommes, en se divisant -ou- le- nom- de cnnlralto el de soprano; la première corror-pondanl à la voix de Basse, cl la seconde à la voix de ténor. Le contralto irait ainsi, comme la basse du Fit grave au 3/t bémol baul (près de deux octaves), et le soprano, comme le ténor, «le l'ut bas au Si bémol aigu.

s= t-M^H'-rT-X-M'^É

Voix aiguë dos Femmes , enfants et Castrats .

CONTRALTO. i^°ix %T'AYf> ,I('S f,!inmf's :

(enfants et Castrats.

Voix liante des ho m m es .

nvssF. . \ Ynix f,raï0 ( des hommes .

Sans doute celle disposition régulière des quatre voix humaines les plus caractérisées à quelque chose de fort séduisant malheureusement il faul reconnaître qu'elle est, à certains égards, insuffisante et dangereuse, puisqu'on se prive d'un grand nombre de voix précieuses, si on l'admet sans restrictions en écrivant des choeurs. La nature, en effet, ne procède pas de la même façon dans tous le- climats, et ^'il est vrai qu'elle, produise en Italie beaucoup de voix de contralto, on ne saurait nier qii' en France elle en soit extrêmement avare. Les ténors qui montent facilement au La et au Si bémol sont communs en France cl en Italie, ils sont plus rares en Allemagne, ou, en revanche, ils ont dans les notes basses plus de sonoriléque partout ailleurs. Il est donc, a mon sens, véritablement imprudent d'écrire des choeurs à quatre parties d'elles et d'une égale importance, d'après la division classique des xoix en Soprani, Contralli, letton' cl Jiassi. Il est au moins certain qu'à J'aris^ dans un choeur ainsi disposé, la partie de contralto, comparativement aux autres parties, surtout dans une grande masse de voix, sera si faible, que la plupart des effets a elle confiés par le compositeur seront à peu près anéantis. Il n'est pas douteux non plus qu'en Allcma g'tio, el même en Italie et en France, si l'on écrit le ténor dans les limites que l'usage lui assigne, c'esl-a-dire à la quinte au dessus de la basse, un bon nombre de voix s'arrêteront court devant les passages ou le compositeur les aura fait monter au Lu et au Si bémol aigu-, ou ne feront entendre que des sons faux, forcés et d'un mauvais timbre. On fait l'observation contraire pour les xoix de basses; plusieurs d'entre elles perdent beaucoup de leur sonorité dès Vil ou le Si grave j il est inutile d'écrire pour celle- là des Sol et des Fia. Puisque la nature produit partout des soprani, des ténors et des basses, je crois donc qu'il est infiniment plus prudent, plus rationnel, et même aussi plu- musical, si Von vent utiliser tontes les voix, d'écrire les choeurs soit à six pallies: Premiers et deuxième- Soprani, premiers et deuxièmes Ténors, Barytons et Basses, (ou première.- et deuxièmes Basses), soi I à trois parties, en av. nu soin seulement de diviser les voix toutes les fois qu'elles approchent des extrémités de leur échelle respective, en donnant a la première liasse une note plus haute d'une tierce, d'une quinte ou d'une octave, que la noie trop grave de la seconde Basse, OU au second Icnor et .111 second soprano de- sons intermédiaires quand le premier ténor cl le premier soprano s'élèvent trop 11 es1 moins essentiel de séparer les premiers soprani deseconds, quand la phrase s'elend beaucoup au grave, que dans le cas contraire; les voix aiguë- perdent, il est vrai, toute leur force

•23-2 et !..

Soprano.- m, lis ,ui moins ne sont-elles pas exposées alors .1 taire entendre Je mauvais1 sons, comme les seconds soprani qi

(rond

îerialifé de leur timbre, àt^ qu'on les oblige a donin-i les intonations |n<.prcs seulement au Contralto ou aii Sc<

force trop dans le haut; il en est de même pour les deux autres voix. Le second soprano, le second Tenoi et la première Basse sont généralement places a la tierce ou à la quarte au-dessous et au-dessus de la voix principale dont elles portent le nom, et possèdent une étendue presque égale à la leur; mais c'est vrai pour le second Soprano plus que pour le second Ténor cl la première liasse. Si l'on donne en effet au second soprano pour étendue une Octave et une Sixte, a partir du Si en dessous des portées jusqu'au Sol en dessus:

\D SOPRANO, "fc-

toutes les notes sonneront bien et sans peine, il n en sera pas de même du second ténor, en lui accordant une échelle de de même étendue: ses ,Rp, If H Si bas n'auront presque pas de sonorité, et à moins d'une intention formelle et iVun effet spécial a produire, il est d'autant mieux d'éviter pour eux ces notes graves qu'il n'y a rien déplus aise que de les donner ,iux Basses premières ou secondes, a qui elles conviennent parfaitement. L inverse a lieu pour les premières Basses ou Barytons: si, en les supposant à la tierce au dessus des secomh , on les écrit depuis le La bas jusqu'au Sol liant, le La bas sera lourd, terne, cl le Sol haut excessivement forcé, pour ne rien dire de plus; cette dernière note ne convient réellement qu'aux ténors premiers et seconds . T)'ou il suit que les \o\\ les plus courtes sont les seconds ténors, qui ne montent pas autant que les premiers sans descendre beaucoup' plus, et les premières basses qui descendent moins (pie les secondes sans presque monter davantage. Dans un choeur écrit à six parties, comme je le propose, les véritables \oi\ de contralto (car il y en a toujours plus ou moins dans toute masse chorale) doivent chanter nécessairement la partie de second soprano; c'est pourquoi je trois qu'il' est bon, quand elle dépasse le Fa aigu, de la subdiviser encore, pour ne pas ('créer les confralti à crier des notes trop hautes pour eux.

Voici donc l'étendue la plus sonore des sept voix différentes qu'on trouve dans la plupart des- grandes1 masse* chorales; je nfahs tiens d indiquer les notes extrêmes a l'aigu et au grave que possèdent certains individus, el qu'il ne faut écrire qu'evceplioiuieili ni1.

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