B\SST 01 BASSI
Des choeurs de femmes à trois parties sont pour les morceaux religieux et tendres d'un effet ravissant; on les dispose aloidans l'ordre des trois voix que je viens de nommer, en premier soprano, second soprano, et contralto ou troisième soprano.
Quelquefois on donne une partie de ténor pour basse a ces trois parties de voix féminine; Wcber l'a fait a\ee succès pour ses choeurs d esprits dans Oheron; mais c'est dans le cas seulement ou il s'agit de produire un effet doux et calme, un pa reil choeur ayant naturellement peu d'énergie. Les choeurs composés seulement de voix d'hommes ont beaucoup de force, .m contraire, et d'autant plus que les voix sont plus graves et moins divisées. La division des basses en premières et secondes (pour éviter les notes trop hautes) est moins nécessaire dans les accens rudes et farouches, aux quels des sons forcés exceptionnels, comme le Fa et le Fa dièse hauts, conviennent mieux par leur caractère particulier (pie les sons plus naturels dis ténors sur les mêmes degrés. Encore faut il amener ces notes et les présenter adroitement, en avant soin de ne pas fair< passer brusquement du médium ou du grave à l'extrémité du registre supérieur. Ainsi Gluck dans son terrible choeur de.- Si vlhes, au premier acte d' Jf)fiif/énif pu Trnn-iift-, fait donner le Fa die/.e haut à toutes les basses unies aux ténors, sur ( ■•■■-- mots: ,1 ils noirs anipvnl des vie/ïmes ■> mais U- Fn diè/.e est yiiviW- «le ihux Hé et on peut aisément porter la voix,
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Le subit unisson des Ténors el des Basses dans ee passade donne d'ailleurs a la phrase un tel volume de son et un aecenl si fort qu'il est impossible de l'entendre sans frissonner, d'est la encore un des traits de génie qu'on rencontre presque a chaque page dans les partitions de ce géant de la musique dramatique.
Indépendamment de I idée expressive, qui parait dominer ici, les simples convenances de l'Instrumentation vocale pourraient fréquemment amener dans les choeurs des unissons de celle espèce. Si la direction d'une mélodie enlraine, par exemple, les premiers Ténors jusqu'aux Si naturels (noie dangereuse et qu'il faut redouter,) on peut alors faire entrer, pour cette phrase seu lement, les seconds Sopraniet Contralti qui chauleront sans peine à l'unisson des Ténors, avec lesquels ils se confondront en consolidant leurs intonations.
EXEMPLE
!i - SOPRANI l'.l CONTRALTI .
TF.NOIiS .
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Quand au contraire, les Ténors sont forces par Pexigeanre d un dessin mélodique de descendre trop bas, les premières Basses sont la pour leur servir d auxiliaires et les affermir sans dénaturer le caractélé vocal par une différence de timbre trop tranchée. Il n'en serait pas de même si l'on voulait donner des Ténors, et à plus forte raison des Basses, pour auxiliaires a des Contralli et à des seconds Soprani; la voix féminine sérail alors presque éclipsée et au moment de 1 entrée de la voix masculine, le caractère de la soii" rite vocale changerait brusquement, de manière à rompre limite' d'exécution delà mélodie. Ces sortes de juxtaposition d'une voix venant en aide a une autre, ne sont donc pas bonnes avec tous les timbres indistinctement, quand on veut conserver son caractère a la voix qui a commence et qui développe la phrase. Car, je le répète, si les Contralti dans le médium s'effacent,en soutenant a 1 unisson des Ténors dans le haut, les Ténors dans le médium couvriront, au point de les faire disparaitre,des seconds Soprani dans le bas, s'ils s'unissent subitement avec eux. Au cas ou 1 on voudrai! seulement ajouter l'étendue d une voix à l'étendue d'une autre voix, dans une progression mélodique descendante, par exemple, il ne faudrait pas faire une masse de timbres graves succéder subitement a la masse entière des timbres plus aigus, le point de soudure serait ainsi trop apparentai! vaut mieux faire cesser d'abord la moilie la plus aiguë des voix hautes, en lui substituant la moitié la plus aiguë des voix graves, en reservant pour un peu plus tard l'engrenage des deux autres moilies. Ainsi, en supposant une grande gamme descendante qui commencer-ail au Sol haut par les Soprani premiers et seconds unis, au moment nu la gamme sera parvenue au Mi a la dixième au dessous du premier SoL, arrêtez les premiers Soprani et faites entrer les premiers Ténors sur le Re (un ton au dessous du dernier Mi des premiers Soprani; ) Le-. seconds Soprani continuant a descendre, ainsi unis aux premiers Ténors ne s'arrêteront qu'au Si bas, après lequel les seconds Ténors devront entrer sur le La a I unisson des premiers; les premiers Ténors s'arrètanl au Fa pour faire place aux premières Basse-, 1 engrenage des seconds Ténors aux secondes Basses aura lieu au Re nu a l'Ut inférieurs; puis les basses unies continueront à descendre jusqu'au Sol et le résultat sera pour l'auditeur une gamme descendante d'- trois octaves d'étendue, pendant laquelle les voix se se ront succedee-de telle sorte que le passage de l'une a l'autre voix n'aura presque 'pas étt'nperçiï.