‹ Grand Vignole. Cours classique d'architecture, comprenant l'analyse complète des cinq ordres, d'apres Jacques Barozzio de Vignole. Ouvrage divisé en cent planchesChapitre 5 sur 25 · PRINCIPES GÉNÉRAUX D’ ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

PRINCIPES GÉNÉRAUX D’ ARCHITECTURE

L’ Architecture est l’art de composer et d'exécuter tous les édifices de la société.

On se sert alors du dessin gêométral qui permet de donner exactement toutes les formes et toutes les dimensions des différents objets qu’on veut exécuter. Dans la plupart des métiers ou des arts, on a besoin de.tracer des circonférences de cercle. Sur le papier on se sert du compas, dont une branche est armée d’un crayon ou d’un tire-ligne, tandis que l’autre branche est la branche sèche. On pose alors cette pointe sèche au point que l’on choisit pour centre, et l’on fait pivoter la première branche autour de la seconde en appuyant la points à tracer sur le papier. La courbe ainsi tracée est une circonférence de cercle, car tous ses points sont à égale distance du centre.

Pour mesurer les angles sur le papier, on emploie un instrument auquel en donne le nom de rapporteur ; il se compose d’un demi-cercle en corne ou en cuivre, dont la circonférence, nommée limbe, est divisée en degrés ; les traits de division sont numérotés de 10 en 10. ou de 5 en 5, depuis 0 jusqu’à 180 degrés. (Voir ci-contre la figure.)

L orsque deux droites se coupent a angle droit, on dit qu'elles sont perpendiculaires l’une à l’autre. On en fait un usage continuel dans l’architecture, dans le dessin des machines, etc... Nous allons en offrir de nombreux exemples. — On peut tracer sur le papier des perpendiculaires à l’aide du rapporteur, puisque cet instrument fournit le moyen de faire des angles droits, mais on lui substitue Y équerre, qui est

d’un usage plus commode. — Une équerre se compose de deux règles dont les bords se rencontrent à angle droit ; telle est ordinairement la forme des équerres de métal. Les équerres en bois sont presque toujours pleines, à l’exception d’un trou pratiqué pour rendre l'instrument plus maniable, comme on le voit sur la figure

ci-contre. Lorsqu’on veut élever une perpendiculaire à une droite par un point donné sur cette ligne, ou abaisser une perpendiculaire sur une droite donnée hors de cette ligne, on fait affleurer contre la droite le bord d’une bonne règle ; on appuie contre ce bord l’un des côtés d’une équerre, et on la fait glisser contre la règle, jusqu’à ce que son autre côté vienne passer parle point donné, on se sert alors de ce côté comme règle pour tracer la perpendiculaire demandée. — On a, souvent besoin de mener des droites perpendiculairement au bord rectiligne d’une sur¬

face plane, par exemple au bord d’une planche. On emploie à cette effet un instrument qui fait à lui seul les fonctions de la règle et de l’éqùerre ci-dessus. Cet instrument, appelé Té, du nom de la lettre à laquelle il ressemble, se compose de deux branches MN,TD assemblées entres elles.

de manière que l’angle TMN soit parfaitement droit. La branche TD, formant la tète du té, doit être plus épaisse que la lame MN, de manière qu’en plaçant MN sur le. dessin, l’excédent d’épaisseur de TD soit arrêté sur le bord de la planche, on fait glisser l’instrument jusqu’à ce que le bord de ja règle MN vienne passer au point par lequel on veut mener la perpendiculaire. Les droites,

j{|j M étant perpendiculaires au bord de la planche sur laquelle on opère, sont parallèles entre elles.

gi pon veut mener des parallèles en se servant de l’équerre, voici comment on opère. Soit O un point donné par lequel .on veut

d - mener une parallèle àuue droite AB. On fait affleurer contre AB le plus grand côté de l’équerre, et l’on applique une règle MN,

contre l'un des côtés de l’angle droit. On fait ensuite glisser l’équerro contre la règle, jusqu’à ce que le côté qui coïncidait avec AB vienne passer au point donné M o n O et l’on se sert de ce côté comme règle pour tracer la droite OD qui est la parallèle demandée.

Les mêmes considérations fournissent le moyen le plus commode d’employer l’équerre à tray cer des perpendiculaires.

¥\\"Ws Soit X Y une droite à laquelle on veut menôr une perpendiculaire. Faisons affleurer contre cotte

\.S / droite l’un dos côtés de l'angle droit d'une équerre, et appliquons une règle MN contre son plus

grand côté , faisons ensuite glisser l’équerçe contre la règle jusqu'à ce que le côté ml’, perpendiculaire à XY, vienne passer au point par lequel il s’agit de mener la perpendiculaire, et servons-nous de ce côté comme règle pour tracer une droite mP, qui sera la perpendiculaire demandée. — L'usage des perpendiculaires et des parallèles est extrêmement fréquent dans les arts. Les cadres, les portes, etc., offrent dos li¬

gnes parallèles.

Le rectangle est un quadrilatère dont on fait grand usage en architecture ; ordinairement les assises d’un mur ont pour faceun rectangle. Le carré est un rectangle qui a ses côtés et ses angles égaux. C'est à cause de sa régularité que l’on s’en sert pour les carreaux qui servent à carreler les vestibules dans la plupart des édifices ; on l’emploie aussi dans les lambris. En joignant deux à deux par des droites les milieux des cotés consécutifs d’un rectangle, le quadrilatère qui en résulte s’appelle un losange, il s’emploie dans les balustrades, etc... et dans une foule d’ornements.

(Des arcades ). Les arcades destinées à soutenir des rampes se terminent par une ligne courbe, nommée pour cette raison arc-rampant, qui

se compose de deux arcs de cercle raccordés.

Soit AC et BD les droites qui limitent les piédroits ôe l’arcade, prolongées jusqu’à la ligne AB parallèle à la rampe et à laquelle le cintre de l’arcade doit être tangent. On choisit ordinairement pour point de contact le milieu I de la droite AB. Pour tracer l’arc-rampant, élevons IE perpendiculaire à AB. Divisons en deux

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