J. ISRAEL ‘TANTE
Vous vous êtes done trompé intentiounellement d'adresse. C’est une affaire particulière que vous aviez à régler avec mon confrère M. Tarte, etje le connais assez pour savoir qu'il est homme à se mesurer avec vous aussi souvent que vous le désirerez. Je ne suis entré dans ce: détails que pour prouver ue vous aviez affirmé un meusouge de propos délibéré.
En second lieu, vous dites que j'étais l'un des plus actifs parmi ceux qui, la dernière fois que vous avez rendu compte de votre conduite parlementaire à N. D. de Lévis, vous tinjurièrent et vous empéchèrent de répondre aux attaques du Dr. Blanchet.
J'ai ri de bon cœur en vous regardant tomber dns cèt énorme pan-
neau. Laissez-moi d'abord vous dire que je suis informé par un grand nombre de personnes présentes le jour que vous mentionnez, qu'il est FAUX que vous ayiez été injurié et empôché de plaider votre cause. Les milliers d’électeurs qui cemposaient cette assemblée, presque tous vos ælversaires politiques, vous ont écouté paisiblement. Mais il leur était bien permis—et c'était leur droit— d'appiaudir avec un enthousiasme dont vous avez gardé le souvenir, les éloquentes paroles d’un homme qui, malgré vos injures, a possédé depuis vingt us leur inaltérable confiance. [Il leur était bien permis —et c'était leur droit, —de voter unanimement une résolution de censure contre les trahisons politiques dont vous commenciez la longue et lourde chaine aussitôt après votre entrée à la Chambre des Communes.
Quant à votre second mensonge à mon adresse, je vous informe avec beaucoup de plaisir que le jour de cette assemblée, le 12 juillet 1874, j'étais dans la paroisse de Ste. Geneviève de Batiscan, comté de Ghamplain, où je remplissais les fonctions de Major-de-Brigade dans le camp des volontaires des comtés de Champlain, Portneuf et Québec. Je vous porte le défi solennel de prouver le contraire. Au besoin, je pourrais vous mettre sous le nez les signatures de centaines de personnes qui attesteraient le fait de mon absence de Lévis le 12 jui let 1874.
Présent, de ma personne, à Ste.
Geneviève de Batiscan, comté de Champlain, à vingt cinq lieues de Lévis, le 12 juillet 1874, jour où vous fûtes flagellé par la condamnation unanime d’un tiers des électeurs
du comté que vous représentez si indignement, il est donc absolument et totalement faux que ce jour-là, je vous aie injurié etempèché de répondre à l'honædJ. G. Blanchet,
J'ai donc prouvé une deuxième fois que vous avez délibérément proféré un mensonge à mon adresse,
En troisième lieu, vous dites que l’on vous rapporte que j'étais l'organisaleur de la bande payée qui essaya de vous assommer, l’année dernière, à St.Jean Chrysostôme,au moment où l'on s'imGginail que vous veniez pour rendre compte de votre conduite parlemenlaire.
C'est une pure invention de votre part, personne n’a dûcet pu vous dire cela.
Mais laissez-moi de nouveau vous dire que vous savez qu'il est faux qu’une bande ait été organisée com:
ne vous le prétendez. Ayez donc lg courage de venir soutenir cette accu sation devant les deux milles électeurs de Lévis, Bienville et des paroisses de Notre-Dame et de St, David.
Si vous vous permetiez Ce coup d’audace, je vous promets qu'une puissante et solennelle protestation s’'échappera de la poitrine de ces citoyens indignés pour vous confondre et vous faire rougir, si la honte peut encore couvrir le front d’airain qui est votre seule force et votre unique ressource.
Revenons à votre troisième accusation contre moi. Vous rappelezvous que l’année dernière, le 13 juin 1875, le” jour où, après d’insolentes fanfaronnades, vous laissâtes lâchement le terrain où vous étiez appuyé par les trois quarts de l'assemblée, j'étais, ce jour-l, Mor, DE MA PER- SONNE, absent de St. Jean Chrysos-
tôme ; que j'étais à trois lieues de distance dans la paroisse de St. Lambert où jo m'étais rendu pour vous rencontrer,
Je vous porte une troisième fois le défi solennel de prouver le contraire,
Ainsi votre troisième accusation, comme les deux premières, est abso lument et totalement fausse, et malgré vos aptitudes innées à revêtir un mensonge flagrant d’un semblant de plausibilité, vous êtes incapable de donner l'ombre d’une preuve de votre injurieuse calomnie.
Je vous en défie,
Je vous ai consacré plus de temps que vous n’en méritiez. Vous comprenez qu’il a été douloureux pour moi de sacrifier quelques-uns des heureux instants que je passe au sein de ma famille, à écrire ces lignes à l’adresse d’un insulteur dont je méprise souverainement les outrages. Mais je suis récompensé par la certitude que tous ceux qui liront vos accusations et ma réponse seront convaincus que j'ai été odieusement et injustement attaqué, et que c’est bien vous, et non moi, qui portez au front le stigmate de menteur et de calomniateur.
Je vous ai dit dans les premières lignes de cette lettre que je pouvais
| compter sur les sympathies et la
considération de mes concitoyens de Lévis, au milieu desquels j'ai vécu depuis mon enfance, Pouvez-vous en dire autant? N'est-il pas vrai que les citoyens de la localité où vous êtes né,et qui vous connaissent davantage, vous ont toujours, depuis cinq ans que vous sollicitez leurs suffrages, honni et repoussé par une
immense et foudroyante majorité ?
Je vous invitais, hier, à me ren-
:ontrer pour discuter vos actes politiques. Vous n'avez pas le courage d'accepter. Aujourd’hui, je vous rte le défi solennel de venir, dicho prochain, le quinze octobre courant, après la messe, soutenir deant les citoyens de Lévis et des municipalités voisir®s, et devant moi, les mensr iges contenus dans votre réponse à ma premitre lettre.
Si vous ne venez pas, les ciloyens de ces localités m'tideront à buriner de
nouveau sur velre front le stigmate *
de lâche menteur.
Je suis,