L. G. DESJARDINS
Pour toute réponse à cette invitation conçue en termes si polis, M.
Fréchette m'a adressé les injures suivantes publiées dans l Evénement défercredi dernier :
« Le s'gnataire de cette lettre est l’un des rédacteurs du Canadien, le même homme qui, le prirtemps dervier, aprés avoir publié une atroce calomiie sur mon compte, se retracta lcaement et s’avoua ca.
lomniateur, ‘quélques jours après, pour éviter une poursuite au criminel, I était l'un des plus actifs parmi ceux qui, la dernière fois que j'ai rendu compte de ma conduite parlementaire à N. D. de Lévis, n'injurièrent et m'empêchèrent de répondre aux attaques du Dr. Blanchet. On dit mème qu’il était lorganisateur de la bande payée qui essaya de m'assommer, l’année dernière, à St. Jean Chrysostôme, au moment où l’on s'imaginait que je venais pour rendre compte de ma conduite parlementaire...
«Non, monsieur Desjardins,merci de vos invitations. Je me suis déjà rencontré à Lévis avec plus fori que vous, je ne crains donc pas vos piqures de mouche ; mais dans les circonstances présentes, je crois devoir vous laisser la parole à vous tout seul, enchanté que je serais de savoir si une assemblée intelligente peut vous regarder sans rire.
«Je donnerai toutes les explications que les électeurs de Lévis, exigeront de moi, à la prochaine élection. J'ai pris cette décision, après avoir consulté mes amis de cetendroit même, et vous admettrez que c’est plutôt à eux qu'à vous que jé dois demander conseil là-dessus. Soyez tranquille, ils se passeront bien de votre avis et
de celui de n'importe qui voudrait s’embarrasser de l'héritage avarié du Dr. Blanchet, pour me réélire s'ils le jugent à propos.
« En tous cas, sij'avais à accepter une invitation d'aller adresser la parole quelque part, ce serait celle d'électeurs respectables et honnêtes, et non pas celle d'un individu qui s'est lui-même avoué menteur et calomniateur, sur un papier public, en face de tout le pays. Vous vous Ôtes mis vous-même ce stigmate au front :
vous ne devez pas être surpris de n'entendre vous dire : « Ne seraitce que pour l'honneur du comté de Lévis, je ne veux pas me commettre avec vous !»
«Si j'ai l'air de m'adresser à M.
Desjardins dans cette réponse, M. le rédacteur, ce n’est que par figure de rhétorique, car cette explication est pour les électeurs de Lévis, et non pour ce monsieur qui ne s'attend certainement pas à l'honneur d’une réponse personnellement adressée. »
Louis El. FRÉCHETTE.
de]
A ces outrages, j'ai cru devoir adresser à M. Fréchette, dans les colo:,res du Canadien, la seconde lettre suivante :
Lévis, 12 octobre 1876.
A L. H. FR ÉCHETTE, Ecuyer, Membre pour le comté de Lévis à la Chambre des Communes du ('anada,
Monsieur,
Vous répondez, dans les colonnes de l’ Evénement, à la lettre bien polie que je vous faisais reineltre, mercredi malin, par une Courte canonade d’injures qu’il vous a: été facile
ET
de trouver dans le sale cliché que vous avez toujours à votre disposi ion, Veuillez croire que je ne me suis point fait lPilusion de penser qu’il était honorable de corresporidre pübliquement avec vous. Mais quand il&agit d'intérêts publier, al faut bien vaincre parfois les 1égtlines répuguances qu'inspirent les souillures du contact d'êtres, qui, cotiine vous, ne sont plus digues du moindre respect.
Quant À ma respectabilité et à mot, honuèôteté, que vous mettez en doute dans votre communication À l'Evénement, soyez certain qu'elles sout hors de laiteinte de vos outrages, Je vis à Lévis depuis l'en:
lance, el je puis, tout aussi bien que vous, découvrir mon front devaht mes concitoyens qui rat été les témoins jqurualiers de. cts de toute ma vie, saus crain ‘qu'ils y trouvent aucune tache 118 savent que tous mes rapports Avec eux, dans toutes les circoustäuces, ont été marqués au coin du plus strict honneur, Il me suffit d’avoir la certitude que je puis toujours COMpPter, pour la flétrissure de vos calomuies, sur les vives sympathies et la considération qu'ils ne r2fusent jamais à ceux qui ont su les mériter var une couduite privée ju variablement à l'abri de tout soupçon malveillant et du venin de cœurs haineux.
Vous portez contre moi trois accusations que je vous mets au défi de prouver. Je devrais peul-être mépri ser et l’auteur de ces mensonges el les mensonges eux-mêmes, mais une considération n\engage à entrer dans quelques détails qui pourront vous faire repentir d’avoir trop promptement cédé, mercredi, à la
Cu
soif innée chez vous de loujours ‘njurier quelqu'un ou que'que chose.
Malheureusement, vous êtes bomune publie, et voiià bieu la sonle raison qui puisse w'induire à tenir urgpeu compte de ce que vous dites el dé ce que vous faits.
Vous aflivmez en premier Heuque, MOI, j ai rolracté une calumnie que j'avais publiée sur votra coinpte. C'est ine fausselé el vous le savez.
Le trente mars dernier, lÆvéne ment publiait à l'a esse de mon coufrère, M. Tarte, Pinsinuatonr dune dégoutaute polissouneri+ qui Waurait jamais dÙù souiller les colonnes d'un papier public. J'aime à croire
que l’hon. M. Fabre, le directeur:
politique de ce jpruraal, ignorait que tel article devait &lre pubiié et qu'ilue l'eut point permis si on Île jui avait comuunué avant la publication.
Mon coufrère, M Tarte, informé que vous étiez l'auteur de ce bas outrage contre son honneur, qu, d'ailleurs, je suppose, il trouvait digne de vous, céda au cri de Einudiguatiou bieu légitiine qui ie do‘ntnait, et fit, à votre «airess:, Utie l'eplique brûlante. D'autres renseignements le convainquirent qu'il avait été induit eu erreur et qu’il avait pu se trouver un autre être que vous pour écrire la polissonuerie eu ques tion. Daos de tell:s circonstances, il fit ce que tout homme honnête el loyal aurait fait: il se rétracta en donnant les explications nécessaires.
C'est un grand exemple que vous devriez ôtre l’un des premiers à suivre. Vous avez proféré bien des mensonges que vous L’avez pas el ni la loyauté nile couragx# de con.
redire. Ceux qui sont tombés de votre plume à mon adresse reste.
ront, je le sais, sans rétractation de votre part, La magnanimité ne trouve point sa place daus les Armes comme la vôtre,
Eu portans coutre oi la première accusation que contient volre lettre, vous saviez que vous He dislez pas la vérité,parce que vous saviez atissi que l'Evérement élail pas à mou adres 6, mais
l'outrage 1asiue pur
à celui de mon confrere, ete, par conséquent,la réponse à l'attaque veait de lui el non de mot.
Je vais vous causer une nouvelle
surprise par la lettre suivante :
Québec, 12'octobre 1876.
« Mou cher Desjardins.
« Je suis heureux de pouvoir déclarerque Je sus l’auteur de Particle intitulé « Tue Recrue » et publié le 4 avril dans le Canadien ; et que je ue te l’ai point Communiqué avant de le publier, “
{ Bien à toi,