M. CLIFFORD SIFTON, MINISTRE DE L’INTÉRIEUR
A un banquet organisé en son honneur, à Toronto, le 1 1 décembre 1900, M. Sifton, ministre de l’Intérieur dans le gouvernement fédéral, prononça un très long discours politique. C’était au lendemain des élections générales où la province de Québec avait donné un appui presque unanime au ministère Laurier. M. Sifton crut devoir tirer parti du verdict des Canadiens-français au bénéfice de l’impérialisme. Voici quelques-unes de ses paroles à ce sujet :
Dans la province de Québec, on attaque le gouvernement à cause surtout de la
politique impérialiste suivie par le Premier-Ministre . Il suffit de lire les journaux
et les pamphlets que nos amis conservateurs répandirent dans la province de Québec pour constater que la question principale sur laquelle ils en appelèrent au peuple de cette province, c’est que les électeurs de Québec devaient se prononcer contre sir Wilfrid Laurier parce qu’il était un homme d 'Etat impérial, parce qu 'il avait uni son sort à celui de l’ Empire britannique. Qu ’a décidé le peuple de Québec ? Quel a été son verdict ? L’a-t-il accordé aux hommes qui ont attaqué le Premier-Ministre ? Non ; ce verdict fut la ratification de tout ce que le Premier- Ministre avait fait pour lier te Canada plus intimement à l' Empire britannique.
(Globe, Toronto, 12 décembre 1900.)
LORD STRATHCONA
En décembre 1900, lord Strathcona reçut le titre de Recteur de l’Université d’Aberdeen. Dans son discours d’inauguration, le haut-commissaire du Canada parla longuement de l’impérialisme, de la guerre d’Afrique et du dévouement du Canada à l’Empire. Il dit, entre autres choses :
Je crois qu’un des résultats de la guerre sera d’avoir fait avancer rapidement la consolidation et l’unité de l’Empire.
Puis, ayant discuté la question de la représentation coloniale dans les conseils impériaux, question qui, à son avis, s’impose de plus en plus à l’attention des hommes publics, il ajouta :
En attendant, on a suggéré, comme démarche préliminaire , l’organisation d’un conseil impérial, rattaché au Colonial Office , et composé de représentants du gouvernement de Sa Majesté, du Canada et des autres colonies, même si ce conseil devait être consultatif au début.
Il parla ensuite de la défense de l’Empire et prouva que le Canada avait déjà contribué indirectement, dans une large mesure, à l’organisation militaire de l’Empire.
Je ne prétends pas , dit-il, que les colonies ne doivent rien payer au budget de l'armée et de la marine. Jusqu’à ce jour, on 11e leur a rien suggéré à cet effet, mais je suis convaincu que si on attire leur attention sur ce point, elles le prendront en sérieuse considération. Quant à la marine, on pourrait obtenir une coopération beaucoup plus active. Jusqu’aujourd’hui — ou plutôt jusqu’à ces derniers temps au moins — on n’a pas tiré un parti suffisant, pour la formation d’une réserve navale disciplinée, des nombreuses populations maritimes du Royaume-Uni et des colonies. On a commencé, à Terreneuve, une expérience qui pourrait être tentée ailleurs. Pour ne parler que de mon propre pays, on ne saurait trouver de meilleur personnel que les 70,000 marins et pécheurs robustes qui vivent le long des vastes cites du Canada. (Du Herald, de Montréal, 5 janvier 1901).