CONFÉRENCE IMPÉRIALE
La première réunion eut lieu le 24 juin, Dans son discourspréface, M. CHAMBERLAIN expliqua que le désir du gouverne-
colonies sur les problèmes de l’Empire. ‘“Notre attitude, dit-il, c'est de désirer Plutôt étudier vos opinions que de vous imposer les nôtres.’
Traitant des relations politiques qui doivent exister entre le Royaume-Uni et les colonies, M. Chamberlain déclara :
Quelque forte que soit l’union des sentiments, et quelque impossible qu’il fût
i i eite union, nous sentons tous,
les liens qui
. Je puis affirmer qu'ici, au moins, l’idée d’une
ue notre constitution et les vôtres
d'établir des relations quelconques sans l'existence de c je crois, qu’il serait désirable d'en tirer Profit et de resserrer davantage nous rattachent les uns aux autres
fédération flotte dans l’atmosphère...:[] est très vrai q
“ont toutes passé par une croissance très lente et qu'elles sont d'autant plus fortes u’elles se sont affermies par degrés. Peut-être en doit-il être ainsi de la édération mpériale : si elle doit s accomplir un jour ce ne sera que par une marche graduelle
et après l’écoulement d’une longue période...
Il me semble que des procédés plus efficaces de consultation mutuelle entre les “colonies autonomes et la mère-patrie sont devenus nécessaires ; et il me vient souvent à l’esprit—j'’en fais aujourd’hui une simple suggestion personnelle—, qu’il serait possible de sd r un grand Conseil de l Empire où les colonies délègueraient des représcatants plénipotentiaires ;—non pas de simples envoyés, incapables de parler au nom des colonies sans soumettre leur attitude à lewrs £gouternements respectifs, — mais des représentants qui, par leur position dans les colonies mêmes, par leur caractère officiel “et par leur connaissance intime de l'opinion coloniale, pussent donner de- conseils précieux et vraiment efficaces sur tous sujets qu’on leur soumettrait..…. // en s#r- .&irait peu à peu ce Conseil Fédéral que nous devons toujours considérer comme l’idéal ultime... Mais évidement, avec le privilège d’administration et de direction, vien- -draient aussi les obligations et les responsabilités, 7 s'ensuivra nn mode quelconque de contribution pour couvrir les dépenses nécessaises aux intérêts communs ue nous posséderons. Ceci, dis-je, se prouve par soi-même ; mais c’est un point qu’il ne faut pas perdre de vue, même dès le début de la considération du sujet.
M. Chamberlain parla longuement de la question de la défense impériale :
.... Nous considérons encore les colonies comme des enfants, mais des enfants “qui vont atteindre rapidement la maturité 3... et poser dès le début ce principe de
appui mutuel et d’un patriotisme vraiment impérialiste, est une grande œuvre dont nos hommes d'Etat coloniaux ont raison d’être fiers.
Je serai très heureux d'entendre l'opinion des Premiers-Ministres- au sujet de la “Contribution, quelle qu’elle soit, que les colonies seraient disposées à offrir pour sanctionner ce principe au point de vue de la défense navale de 1 .mpire, Quant à la défense territoriale de l'empire, je suis forcé d’avouer que nous sommes encore en arrrière, bien qu’un grand progrès se soit accompli ces années dernières... Je rappellerai aux Premiers-Ministres réunis que si la guerre éclate, elle sera soudaine : ce ne sera pas le temps des préparatifs. Par conséquent, il est de la plus haute importance «qu'ayant tous un intérêt commun, #o#s 2réparions d'avance un projet de défense com - ##wne contre tout ennemi possible ou au moins probable ; et ces projets de défense “devraient nous être soumis...
L’échange mutuel de troupes entre les groupes divers est une question très importante ; mais cette importance serait grandement accrue si cet échange mutuel s’opérait -entre toutes les forces de l'empire, —entre les forces que vous possédez dans les diverses -Colonies et les armées dont vous avez vu quelque chose ici depuis que vous avez abordé les rives de la mère-patrie..…. Si vous À sa comme le Canada, à Kingston, une “école militaire importante, nous pourrons offrir, à l'occasion, aux cadets de cette école, des brevets dans l’armée britannique.
On comprend maintenant pourquoi M. Chamberlain tenait à faire défiler, dans la procession jubilaire, ces ‘‘gardes d'honneur’ “composées de miliciens coloniaux. Ce qui suit fera mieux voir encore le but du ministre des colonies :
Tout d'abord, l'idée de faire venir ici un régiment de ce genre serait seulement -d’atteindre ce but—finstruction et manœuvres]—, sans l’engager dans des opérations militaires. Néanmoins, il me semble possible que si le désir de ces volontaires les portait à partager les dangers et les gloires de l’armée britannique et à prendre leur part des — où l’armée anglaise pourrait s’engager, je ne vois pas pourquoi ces troupes <oïioniales n'iraient pas, de temps à autre, combarrre côte à côte avec leurs compagnons anglais... (pages 8 et 9).
M. Chamberlain parla aussi des relations commerciales, Mais sur ce point, il constata un obstacle Presque insurmontable dans la différence radicale des principes économiques de la Grande Bretagne et de ses colonies.
M. GOSCHEN, premier lord de l’Amirauté (ministre de la Marine), traita de la défense navale de l’empire. 11 parla de la contribution des colonies australasiennes, laquelle, déclara-t-il, serait beaucoup plus efficace si l’on faisait disparaître les restrictions que les parlements coloniaux avaient imposées (1) et si les autorités
britanniques obtenaient la liberté de diriger à leur &uise les navires australasiens. Il ajouta :
gracieuse du Cap, indiquant le développement de ce système. (2) Nous serions très heu reux d’entrer en négociations avec Le Canada, sinon sur la même base, à cause de la différence des situations, ais sur base différente... (page 16),
Le résultat de la conférence ne fut pas très apparent au début. Sur la question des relations Commerciales, les délégués votèrent la proposition suivante :
1. Que les premiers-ministres des colonies autonomes recommandent fortement et à l’unanimité, la dénonciation, à la plus brève échéance possible, de tout traité
existant qui puisse entraver les relations commerciales de Ja Grande-Bretagne et de ses colonies.
tarif différentiel en faveur des produits du Royaume-Uni, (page 14).
M. Chamberlain avait évidemment réussi à mettre la question sur le terrain où le Canada l'avait placée lui-même : celui de l’amour colonial sans restriction et Sans espoir de retour.
Au sujet des relations politiques, les résolutions suivantes furent adoptées (page 15) :
1. Les Premiers-Ministres ici réunis sont d'opinion que les relations politiques qui existent entre Je Royaume-Uni et les colonies autonomes sont généralement satisfaisantes dans leurs conditions actuelles.
M. SEDDON (Nouvelle Zélande) et Sir E. N. C. BRADDpo dents... étant d'opinion que temps était déjà arrivé où
(1) Ces restrictions consistent surtout dans l'interdiction de faire sortir les vaisseaux de guerre mers qui bordent ic littoral australien.
(2) Voir 2. Discours er ATTITUDES.— Discours de M. Goschen, 10 juillet 1897.
Il est intéressant de Comparer ces dernières lignes au discours prononcé par sir Wilfrid Laurier à Liverpool, le 12 juin 1897. (Voir page xvr11).
2. Ils sont aussi d'opinion qu'il est désirable, dès qu’il sera possible d’y arriver
et partout où la question s'impose, de Srouper ensemble par une union fédérale les colonies possédant l'unité géographique.
Adopté à l’unanimité, 3: Sous le régime actuel, les Premiers-Ministres sont d'opinion qu’il est désirable que les représentants des colonies et de la Grande Bretagne se réunissent ex conférences Périodiques pour discuter les questions d'intérêt commun,
Adopté à l’unanimité.
adoptée, recommandant que les dispositions arrêtées antérieurement entre la Grande Bretagne et l'Australasie fussent renouvelées (page 18).
Il est bon de noter dès maintenant que la question commerciale et le principe de la représentation coloniale, même sous leur forme la plus rudimentaire, sont restés lettre-morte, tandis que la question de la défense de l'empire a fait des Progrès énormes. Les autorités britanniques ont réussi à attirer dans leur armée des cadets de l’ Ecole militaire de Kingston ; ils ont établi un poste de recrutement pour leur marine à Terreneuve : ils'ont entamé des négociations avec le Bouvernement canadien pour l'organisation d’une réserve navale au Canada ; mais surtout ils ont réalisé leur espoir le plus cher en induisant les armées coloniales à ‘‘combattre côte à côte avec leurs compa- 8nons anglais.’ On trouvera la Preuve de ce progrès au cours de ces pièces justificatives.
Quelques questions de moindre importance furent aussi discutées, entr’autres, Je cable trans-pacifique. On trouvera quelques détails à ce sujet au chapitre VI, Io.
A leur dernière réunion, les Premiers-ministres votèrent d’emblée la résolution suivante (page 19) :
Avant de se séparer, les Premiers-Ministres désirent inscrire au procès verbal leur pe hamsae des preuves nombreuses de courtoisie que M. Chamberlain leur a personnellement données et de l’hospitalité généreuse dont le gouvernement et le peuple du Royaume-Uni les ont fait jouir (page 19).
Le 8 juillet 1897, le Secrétaire pour les colonies écrivit une lettre à lord Aberdeen, Souverneur du Canada, félicitant les troupes canadiennes de leur bonne tenue et de leur discipline parfaite. Le cinquième Paragraphe de cette lettre se lit comme suit :
Bouvernement de Sa Majesté se croit justitiable d'espérer que ce rassemblement militaire exceptionnel aura des Pets permanents ; et que, grâce à cette démonstration qui l’a rendu palpable ct qui l’a mis en si forte lumière à l’esprit de tous les sujets de Sa Majesté, #n sentiment d'intérét impérial et national se manifestera désormais d’une manière Presque impossible autrefois. Le gouvernement ne Peut guère mettre
des liens es unissent les colonies et la mère-patrie ; et la présence des troupes coloniales a
Ortement contribué à atteindre ce but
(Globe, de Toronto, 24 juillet, 1897.)
CCE