‹ Grande-Bretagne et Canada, questions actuelles [microforme]Chapitre 5 sur 105 · FORMATION DE L'EMPIRE :;;. TANNIQUE SA SUPÉRIORITÉ · texte numérisé non relu

FORMATION DE L'EMPIRE :;;. TANNIQUE SA SUPÉRIORITÉ

Je ne vous ferai pas l’histoire de cette prodigieuse expansion qui couvrit bientôt la moitié du Nouveau-Monde et une large part de l’ancien. Je veux seulement signaler un trait particulier qui fait de l’empire britannique une organisation sociale différant essentiellement de tous les empires qui l’ont précédé et de ceux qui se sont élevés à ses côtés.

- Les empires anciens et modernes ont été le fruit d’une idée politique où militaire : ils sont nés de conquêtes ou de traités conçus, entrepris, dirigés et accomplis par les conquérants, les homme d'état, les gouvernants et les diplomates. Et leur histoire étz généralement que l’œuvre s'effondra avec son auteur ou son succes. seur, unique ou multiple.

L'empire britannique, au contraire, se fonda et grandit, comme la, constitution anglaise, sans idée générale et préconçue, sans plan d’action, sans la participation et souvent même contre la volonté du ‘&ouvernement et le sentiment de la nation.

Etudiez l’histoire des treize colonies d’ Amérique, celle de l’Inde,de l'Australie, dela Nouvelle-Zélande ; et vous constaterez que ce furent

sectaires, des repris de justice, qui en furent les fondateurs. Les uns cherchaient la paix et la liberté, d’autres, la fortune ; les uns, partis la haine au cœur, maudissaient les hommes et les institutions de leur pays ; les autres étaient indifférents à tout autre mobile que le pécule. Aucun de ces pionniers ne songeait à doter sa patrie d’un <mpire.

uel contraste avec les idées, les projets, les efforts de génie qui présidèrent aux conquêtes de César et de Charlemagne, de Charles- Quint et de Frédéric, de Napoléon et de Bismarck, aux entreprises. d'Isabelle de Castille, de Richelieu et de Colbert ?

humaines ; je veux dire de celles, nées viables, qui entrcat dans les desseins providentiels. Parties de haut, elles s’abaissent en se développant ; parties d’en bas, elles s'élèvent.

‘homme se gouverne plutôt par l'instinct que par le

raisonnement. La meilleure forme de gouvernement est celle qui

grandit et se modifie avec le tempérament du peuple à qui elle s’applique. La nation la plus forte est celle qui se développe suivant ses besoins et son caractère et non d’après les théories des philosophes et des politiques même de génie. Et les vrais hommes d'Etat, sont ceux qui gouvernent l'Etat non pour eux-mêmes mais pour lui-même.

Les fondateurs d’empires commettent inévitablement des erreurs. énormes : ils envoient souvent sur un sol ingrat, sous un climat

mère-patrie, ses épaves, souvent pernicieuses, toujours inutiles. Laissés à eux-mêmes, les colons cherchent un sol fertile, un

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