‹ Grande-Bretagne et Canada, questions actuelles [microforme]Chapitre 72 sur 105 · NE · texte numérisé non relu

NE

survivant de la grande école libérale. Dans un discours prononcé à

Cambridge, le 19 mai 1900, à un banquet donné en l'honneur des délégués australiens, il disait :

..….. Le Premier. Ministre nous a annoncé l’autre jour que l’école de Manchester est morte... Supposons que cette école soit morte, comme on l’affirme. Qu'ils profanent, s’ils le veulent, les tombes de ses fondateurs ; qu'ils enferment les noms de Bright et de Cobden dans des cercueils de plomb et qu’ils les précipitent au fond du gouffre de l'éternel oubli ; mais qu’ils laisent debout, vivants, en pleine application, trois principes : l’exemption de taxes sur les céréales et le libre-échange, comme principe de notre régime fiscal : Ja non-intervention dans les affaires du continent européen, comme base de notre politique étrangère ; /a liberté et l'indépendance de nos colonies, comme fondement de notre Politique coloniale ! — (E. P. H., Vol. I, page 706-

Quand je compare ces expressions consolantes mais rares des vrais principes britanniques aux innombrables vantardises de l’école dominante, plus on me répète que Bryce et Morley n’ont ni partisans ni influence en Angleterre, plus je dis qu’il est grand temps

de veiller aux garanties de notre gouvernement responsable.

IMPERIALISME MILITAIRE

Les documents qui vont suivre indiqueront nettement, je crois, la pensée dominante—je pourrais dire exclusive—de l’Impérialisme anglais. On y verra la preuve de la situation critique que traverse l'Angleterre au point de vue de son organisation militaire, On y verra aussi la préoccupation constante des hommes d'Etat britanniques au sujet des réformes à opérer et le parti qu’ils comptent tirer du /oyalisme des colonies. Ils rebonnaissent d’ailleurs qu’il faut y aller prudemment et qu’on ne prend pas les mouches avec du vinaigre.

Je ne remonte pas au delà de 1897, l’année jubilaire, Il est remarquable de constater qu'avant cette époque, il fut rarement question, à Westminister, de s'adresser aux Colonies pour en obtenir des contributions militaires.

Pour plus de clarté, je divise ces pièces en deux catégories suffisamment déterminées par leurs titres : Armés et Marine.

Dès le 4 mars 1897, le capitaine PIRIE, député d’Aberdeen- Nord, demandait au sous-secrétaire d’Etat pour la Cierre s’il ne songeait pas à établir des bureaux de recrutement pour l’armée anglaise dans les colonies de l’Empire ; ‘‘ surtout, disait-il, à cause du sentiment qui vient de se manifester ax Canada en faveur de cette idée ; et aussi en mémoire du soixantième anniversaire du règne de Sa Majesté. ”’

=. BRODRICK: Une proposition de la nature de celle que mentionne la quesuon est venue du Canada et nous l’avons transmise au gouvernement canadien pour en obtenir une expression d'opinion. Le gouvernement de Sa Majesté comprend vivement combien #/ »s/ désiruble d'en, ourager cétte tendance des colonies ; mais il est évident que toute démarche dans cette voie exige une attention soigneuse avant qu’on puisse exercer une action de ce genre. —— (P. D., Vol, 46, page 1579.)

Alta RE. dE

On a vu au dossier du Jubilé que M. Chamberlain avait parlé d’un échange de troupes entre l'Angleterre et les colonies. Le 30 juillet 1897, le Star, de Montréal, publiait cette dépêche de son correspondant de Londres :

L'intérêt des cercles militaires est vivement éveillé par la déclaration que vient de faire M. Brodrick, le Secrétaire parlementaire du War ofüce, disant qu’il devrait y avoir un mouvement d’échange entre les troupes de l’Empire et que plusieurs des bataillons coloniaux devraient devenir faire garnison en Angleterre tandis que les

Régulicrs anglais prendraient leur place aux colonies ; on attend les détails avec anxiété,

Le 24 février 1898, le même député, M. PIRIE, demande si les autorités militaires avaient reçu l'opinion du gouvernefnent canadien à ce sujet et si elles feraient des démarches pour organiser des districts de recrutement dans plusieurs des grandes colonies.

M. BRODRICK : Le gouvernement canadien n’a pas encore, communiqué son opinion an gouvernement de Sa Majesté à ce sujet. Il n’existe pas de projet, que je

sache, de créer des districts de recrutement (Æegimental districts) dans aucune autre colonie, — (P, D., vol. 53; page 521.)

Notons, en Passant, une preuve additionnelle de la docilité du Bouvernement canadien à l’endroit de M. Chamberlain. Le 29 juillet 1898, le secrétaire colonial, répondant à une interpellation, déclara que sir Wilfrid Laurier, obéissant à ses instructions(éy kis direction), avait expulsé du Canada M. du Bosc, ancien chargé d’affaires d’Espagne à Washington (P. D., vol. 63, page 43;).. Ceci était au début de la guerre hispano-américaine.

Cet acte de complaisance n’a pas valu à nos gouvernants les bonnes grâces des autorités américaines.

Le 9 février 1899, M. HoGaAN, M. P., demanda

...si on avait décidé de faire un échange entre des troupes impériales et des troupes de la Nouvelle-Galles du Sud ; et si l’on accorderait la même faveur à celles des autres colonies autonomes qu désiraient en profiter ?

M. WYNDHAM : Le gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud a accepté le principe de l'échange des troupes ; et les détails du projet subissent en ce moment une considération attentive. Le gouvernement déscute en ce moment une démarche de

même nature avec les gouvernements des principales colonies autonomes. —(P. D., Vol. 66, page 323).

Le 21 février 1899, on demanda s’il était question de recruter un nouveau bataillon au Canada pour remplacer le Royal Canadien et aussi sil'on ne pourrait faire du recrutement au Canada même plutôt que de laisser les Canadiens dans l'obligation de parcourir une

distance de 3,000 milles pour venir s’enrôler.

M. WYNDHAM, (Sous-Secrétaire parlementaire du War Ofice) :

La question de recruter au Canada pour l’armée régulière est maintenant sous considération.

M. ARNOLD-FORSTER : L’honorable ministre veut-il bien dire si les obstacles se sont élevés ici ou au Canada ?

M. WYNDHAM : Je ne suis pas prêt à qualifier la considération nécessaire d’une question du nom d’obstacle soit d’un côté de l'Atlantique soit de l’autre. — (P. D., Vol. 67, page 45.)

Le 27 avril, M. ARNOLD FORSTER (Belfast, W.), aujourd’hui secrétaire de l’Amirauté (1901), s’exprimait comme suit :

Je désire sa voir du secrétaire-financier du bureau de la guerre si on lui a signalé, dans le rapport adressé ge le major général Hutton au gouvernement canadien, la partie qui déclare que le gouvernement impérial a proposé que le recrutement du 100€ régiment (Æoya/ Canadian) se fasse parmi les sujets britanniques au Canada et qu’on a pris toutes les mesures voulues dans ce but, Je désire savoir si cette déclaration a été faite avec l’autorisation du bureau de la guerre ; si l’on a déjà fait des démarches réelles dans le sens indiqué ; et si, en rappelant du Canada le 100e régiment (Æoya/ Canadian), on se propose de le recruter de cette manière,

M. POWELL WILLIAMS : Le secrétaire d

; mais les arrangements qui, je suis heureux de le dire, se poursuivent avec un progrès satisfaisant, ne sont pas encore assez avancés pour me permettre de faire aucune déclaration... ... (P. D., Vol. 70,

Le 2 mai suivant, M. ARNOLD FoRrSTER fit une nouvelle interpellation :

Je désire demander au Secrétaire d'Etat pour les colonies si on lui a signalé le ra, ort officiel présenté au ministère de la milice du Canada par le major général HUTTON, commandant la milice canadienne ; et surtout le passage de ce rapport qui traite de l’enrôlement pour le service impérial : ce passage déclaie que le recrute-

dans ce but, et que le tout sera livré à la pub instructions d. finitives et les documents officiels de ri est-il bien renseigné et at-il fait cette déclaration avec |’

) : J'aipris

Connaissance de la déclaration contenue dans le rapport du major général Hüttons, à laquelle fait allusion l’auteur de l'interprétation. Une proposition de la nature de celle indi tue entre le gouvernement impérial et le gouvernement canadien: et je suppose que le général Hutton a fait cette déclaration ns la conviction qu'une décision avait té Prise, ce qui n’est pas le cas.—(P. D., Vol.

Le 21 juillet 1899, au cours du débat sur le budget de l’armée à la chambre des Communes, M. PIRIE, M.P. (Aberdeen), dit :

Quand nous nous trouvons en présence d’aussi graves embarras actuellement le recrutement de l’armée, c’est notre devoir impérieux propositions possibles, de nature à améliorer la situation... Les colonie un champ virtuellement inexploré Jusqu'ici, Le bureau de la guerre, tude, ajourne, temporise sans cesse et il n’y a pas encore de résultat pratique, tangible quant au recrutement dans les colonies, Ces trois années dernières, la question du recrutement au Canada est demeurée dans le s/1/# gue.—(P. D., Vol, 74, page 1639).

Ve 2 A ©

En réponse, M. WYN DHAM,sous-secrétaire d'Etat à la guerre, dit :

L’honorable député a fait une suggestion très importante, On ne fait pas assez d'efforts, prétend-il,pour utiliser les colontes ; et il a presque fait un réquisitoire en règle contre le cabinet parcequ’il ne se serait pas remué davantage pour s'entendre à ce sujet avec le Canada et les autres colonies. Foi encore, je prierais les membres du comité de faire appel à leur imagination et de se figurer toute la difficulté de la tâche qui s’impose à la mère-patrie, elle qui possède une si vaste richesse publique accumulée depuis des siècles, quand elle vient à s’aboucher avec un jeune pays, où pareille richesse n'existe pas, afin de faire comprendre à la colonie qu’elle bénéficie dans une très large mesure de la protection de notre flotte, et de lui demander en retour de conclure quelque arran- £gement pour la défense de l’Empire. Que comporte cette demande ? C’est que force est à cette colonie d'adapter la civilisation naissante à l'ancienne, tâche infailliblement fort ardue. On conçoit tout ce que cela nécessite de diplomatie ; car il faut placer la

uestion sur une base convenable: c’est-à-dire que si une colonie manifeste un vif désir . prendre sa part du fardeau de l’Empire, ia mère-patrie doit, dans la mesure du sible, modifier ses arrangements de façon à aller au devant des vœux de la colonie, Don. ces bornes serait insensé ; et, même restreinte à ces limites, cette politique nécessite des correspondances et des négociations inte-minables. Vous avons entamé des négociations avec le £vUvernement canadien et elies ont abouti à l'élaboration de cer-

page 1643).

N'oublions pas que ceci se passait près de trois mois avant la déclaration des hostilités en Afrique.

Le 12 février 1900, la Chambre des Lords discutait les mesures militaires que nécessitait la guerre d'Afrique.

Le marquis de LANSDOWNE, secrétaire d'Etat pour la guerre, avoua que ‘la milice est maintenant de trente mille hommes audessous de son effectif.’ (P. D., Vol. 78, page 1177). Il fit alors une longue revue des moyens qu'il se proposait d'employer pour augmenter les forces et il ajouta :

Nous nous proposons aussi d'offrir des Commissions aux colonies d’où nous sont venus déjà d'excellents officiers ; et je suis convaincu que tous ceux qui connaissen, comme je le connais moi-même, quelque chose de l’Ecole Militaire de Kingston, au Canada, ne doutent pas que Zs officiers recrutés à cètte Ecole sont dignes de prendre rang aux côlés des meilleurs oficiers de notre armée.—(page 1180).

Le 15 février, au cours du même débat, Lord ROSEBERY

disait :

La chose e t connue, le ministre lui-même l’a avoué : le royaume est dépouillé de ses troupes. Vous envoyez en Afrique-Sud fous /es soldats et tous ls canons dont vous

les dispositions bienveillantes des nations ir pour assurés que vous Poursuivrez cette guerre sans interrup-

populaire, rien de plus désagréable au angais—et Cependant rien d'aussi i

public aussi salutaire—que de Jui remettre en mémoire l'opinion des Pays étrangers. Mais que cela soit agréable et salutaire ou

y prêter attention dans la crise que

non, il est de toute nécessité nous traversons. Je l’avoue, j’observe la situation de l’Europe et du monde avec plus d’anxi

Afrique du Sud,

r d’une alliance” : i] parle de l’anglophobie

Conciliante de son gouver- » ainsi que des sujets de froissement avec la Russie ; et il ajoute

amitié de la part des Puissances étrangères, il € nous soyons, de nous arrêter et de demander de la situation et de faire au pays des proposi. ment.—(P. D., Vol, 79; p. 31).

Lord LEMINGTON dit :

Le Secrétaire d'Etat à la guerre... nous dit qu’on a l’inte Commissions aux officiers coloniaux. F voudrais savoir s'ü n°

avantage, I] y à quelque temps, on a Proposé un échange mutuel de régiments entre ce pays et les colonies... Après avoi

litaire il me semble e quelque effort Pour concentrer davantage les Jorces d différentes parties de lP Empire.

es Après avoir fait allusion à 1a fédération des colonies ‘australiennes, i] ajoute :

ce, nous ait spon-

tanément et librement Ee t que resserrer

résultat, s’il savait mar :

en s'éforçant de Les Mettre en contact Llus intime avec l’armée im périale, lorsqu'il réformera notre système militaire ; et cela san

S Porter en rien atteinte à l'initiative locale.__{P, D., Vol. 79; pages 35-36.)

en reconnaissance des

es au cours de la Suerre actuelle, i] jugera utile de consulter les &ouvernements coloni roposer quelque projet. pour la réorganisation définitive des forces de l'empire ; et si, en prévision de la prochaine visite des représentants des colonies a réra au secrétaire d’Etat l'importance d'obtenir leur avis sur la q

Le sous-secrétaire d’Etat (M. WYNDHAM, Dover) : Oui, je l'ai déja déclaré, NOUS nous proposons d’attendre et, s'il e avis des gouverne. représentants vien.

sé nécéssaire, de demander | ments coloniaux à ce su jet et sur d’autres questions similaires, Les

VAR. Pis. OR 0 1 |

nent ici chargés d'une mission particulière ; néanmoins, leur présence nous fournira sans doute l'occasion de discuter OPicieuscment là question soulevée par l'honorable député, — (P, D, Vol, 79, Page 364.)

Le 22 février de a même année, étant interrogé, à la Chambre

des Communes, sur les dispositions des lois de milice des colonies autonomes, M. CHAMBERLAIN répondit :

Au Canada, le rôle de la milice comprend tous les habitants mâles, entre 18 et 60 ans, sujets britanniques, qui ne sont pas particulièrement exempts du service, La milice peut-être appelée au service actif soit à l’intérieur soif y dehors du Canad (P. D., Vol, 79; Page 797).

CL PPEPENR

Il est intéressant de Comparer cette opinion du Maître de l’Empire à celle qu’exprimait Sir Wilfrid LAURIER dans son interview Publié par le Globe, le 4 octobre 1899 (1).

Le 3 avril 1900, le général LAURIE, M. P., demar commissions d'officiers offertes à l'Australie et les 44 commissions offertes au Canada étaient une ‘: reconnaissance ’’ des services que ces colonies avaient rendus à l’Empire dans l'Afrique australe : et

rail augmenté afin ie.

ida si les 110

M. WYNDHAM : Le nombre des commissions est à peu près tel qu’indiqué dans la question. Si toutes les commissions offertes au Canada sont acceptées, le

Secrétaire d’Etat sera tout-à-fait disposé à recevoir des offres supplémentaires, —{P, D., Vol. 81, page 1057.)

Le 3 juillet, M. DRAGE feit une nouvelle interpellation : Je prierais le Premier-Lord de la Trésorerie (First Lord

dire si on a tenté quelque efort pour obtenir ! ’avis des

au sujet de la réorganisation des forces militaires de l’Empire ; et si le &ouvernement mettra à l’étude la question de savoir s’i i

r s’il ne serait pas utile d’ajouter au comité du conseil de la défense quelques représentants des grandes colonies autonomes et de l’Inde,

M. A. J. BALFOUR : Je sais sur la question soulevée par l’honorable député. Le comité en question est un comité du cabinet: et Par conséquent le SOuvernement ne saurait Le modifier

dans le sens de la Proposition de mn honorable ami,

Le 19 juillet 1900, lord BRASSEY saisit la chambie des Lords de la question relative aux forces de réserve en Australie.

Je demande instamment au Souvernement de Sa Majesté de prendre des ie, dans le but de recruter dans mmes, avec l’engage- €, les frais devant être couverts riai que de fonds colo-

QG) Voir page xxxix.

Le 11 décembre 1900, sir Charles Dirk fait l’interpellation que voici :

e désire savoir du Chancelier de l'Echiquier s’il a mis à l’étude le projet de M. Seddon relativement à la création d'une réserve militaire impériale dans les colonies autonomes, moyennant aide du trésor impérial ; et si on lui a soumis ce projet avec les modifications que lui a fait subir, dans ses dispositions financières, le comité conjoint des deux chambres de la législature de la Nouvelle-Zélande ?

Le CHANCELIER (Sir M. HICKS-BEACH) : On ne m'a pas soumis, à moi personnellement, le projet en question ; mais Je sais que le cabinet l'a mis à l'étude, — (P. D., Vol, 88, page soi).

Le 9 mars 1901, M. BRODRICK, le nouveau secrétaire d'Etat pour la guerre, saisit la chambre du budget de l’armée. 11 fit un exposé très approfondi de la situation militaire de la Grande- Bretagne ; il exposa les lourdes charges résultant de la guerre sudafricaine et l'impérieux besoin d’une réforme radicale ainsi que d’une forte augmentation des forces militaires de l’Empire. Ce discours mérite d’être lu en entier. En voici quelques extraits :

En abordant la question de réforme, je prierai la Chambre de me permettre de lui signaler deux points sur lesquels nous diférons de toute autre nation dans le preblème que nous avons à résoudre. D'abord, abstraction faite de la guerre, il nous faut maintenir, en temps de paix, une force énorme en dehors du royaume. Il nous faut pourvoir au recrutement et à l’équipement de 115,000 hommes pour les Indes et les colonies, le plus souvent dans des stations tropicales ; et il nous faut chercher à accomplir cette tâche, dont nulle autre puissance ne fait la tentative, en comptant uniquement sur l’enrôlement volontaire,

Dans l'avenir, notre armée se Composera-t-elle toujours de volontaires ; ox 4 récrulement sera-t-il obligatoire ? Je sais parfaitement combien il est tacile de gagner, à bon marché, les applaudissements de la Chambre en faisant de retentissantes déclarations sur l’adhésion au système du volontariat. A mon avis, il n’y a pas lieu de s’eror- &ueillir du volontariat pour la défense du pays, à moins que cette défense ne soit vraiment efficace. Mon adhésion au système du volontariat est donc strictement subordonnée à notre faculté d’obtenir de son application une armée qui permette aux autorités militaires d’assurer au gouvernement qu’il peut compter sur une force suffi. sante pour repousser l'invasion et qu’il Pourra maintenir cette force à sa satisfaction. D'autre part, bien que le pays soit déterminé à se gréver de lourds fardeaux pour échapper à l’invasion, nous reconnaissons qu’il est du devoir du gouvernement d’épuiser {ous ° les moyens avant d'en venir à Proposer de semblables mesures, surtout dans les circonstances actuelles... Jamais le recrutement n’a donné de résultats comparables à ceux de l’année dernière, grâce à l'esprit militaire qui s'était emparé du peuple, convaincu qu’il était de la justice et de la nécessité de la guerre. Je ne crois pas que cet enthousiasme pour l’enrôlement conserve la même intensité lorsque la guerre sera terminée. Je doute fort que la facilité avec laquelle nous nous procurons aujourd’hui de l’argent soit suivie d’un égal plaisir à payer les impôts que ces emprunts nécessitent....On me taxe aujourd’hui de parcimonie; mais le jour n’est pas éloigné où l’on m’accusera de prodigalité;.…et il m'arrive même de me dire. quand j’aperçois le réverbère de la Cour du Palais, que nombre de gens tireraient volontiers sur un bout de la corde, s’ils étaient sûrs que le ministre des Finances où moi-même fussent attachés à l’autre bout.

Je me refuse à envisager la question d’une guerre européenne : mais personne ici, j'en suis sûr, n’oserait soutenir qu’il sera toujours en notre pouvoir d’échapper aux complications de la politique européenne... Nous ne saurions écarter comme impossible

la prévision d’avoir à envoyer une armée nombreuse défendre nos possessions ; et il n'est pas permis non plus de supposer que si jamais, par malheur, nous étions entrat. nés dans une guerre européenne, nous pourrions borner nos efforts à la défense de nos possessions et à l'initiative de notre flotte. —(P. D., Vol, go, 1058à 1063).

La milice devrait être forte de 1 50,000 hommes, tandis qu'elle n’est ue de 100,000. Mais il y a pis que cela... 1] nous faut recruter et discipliner environ 30,000 so/dats Par année, et sur les six années de service, nous ne pouvons atteindre qu'une force totale de 100,000 hommes. Ce résultat, d’ailleurs, s'explique facilement : 4 avantages que nous offrons aux soldats ne sont Pas sufisants pour les engager à demeurer au service... (page. 1071).

Anjourt'hi, nous voulons dépenser nos deniers pour l’organisation de la Yeomanry (1); et nous en attendons de précieux résultats. La solde sera de cinq shillings par jour, outre la ration et le fourrage. J'ai pleine confiance que moment n'est pas éloigné où quelques-uns de nos frères des colonies qui, au cours de cette guerre, nous ont fourni des secours de cavalerie, voudront bien, du consentement de leurs gouvernements res- Pectifs, maintenir des contingents de gendarmerie à cheva!, baptisés également du nom de ‘“Feomanry' impériale, qui, au besoin, pourraient utilement se joindre à notre Yeoman- 77, au Cas où ils cor entiraient à prendre du service à l’extérieur....(pages 1074-5-6).

Le 14 ms ;, Sir Charles DILKE, traitant le même sujet, disait:

Après tout e que nous avons appris, au cours de cette guerre, sur la valeur de l'infanterie à c..eval des colonies, tout le monde s’at:-, :-it à ce qu’on nous donnât au moins un faible aperçu de la future organisation, p:.. : l'Empire, d’une infanterie impériale à FRS, 3 On prétend, je le sais, que c’est a colonies à prendre l'initiative en pareille matière ; mais elles l’ont déjà fait. Il ne s’agit pas de forcer les colonies à adopter ce projet, mais tout simplement d'accepter une offre déjà faite. Z/ nous est dejà venu des propositions dans ce sens du Canada et d'Australie ; et le gouvernement de la Nouvelle-Zélande a proposé un plan bien défini. Le silence du ministre de la guerre au sujet de ce projet sera donc une déception pour le pays.

M. BRODRICK : J'ai parlé nettement de ce projet.

Sir Charles DILKE : La réforme que nous n’avons cessé de demander, ici même, et dont les premiers évènements de la guerre ont démontré d’une façon effroyable l’imrieuse nécessité, la voici : c’est de ne pas attendre que la gierre soit déclarée pour aire ces préparatifs, mafs bien de s'entendre avec les colonies en temps de paix absolue et d’adopter les arrangements voulus, de façon à ce que tout le mécanisme militaire fonctionne parfaitement lorsque la guerre éclatera ; car si on attend trop tard, on ne saurait firer de cette coopération des colonies tout l'appui qu’elle aurait pu rendre au début même de la guerre.—(P. D., Vol, 90, page 1665).

Le 15 mars, au cours du même débat, M. Arthur LEE, (Hampshire), dit :

Au sujet du recrutement d’une ‘-Y

profond regret de ce

question de la défense

dira-t-on peut-être,

plusieurs années dans

qui y règne ; or, je l°

ces colonies, les

coopérative de l’

[1] Sorte de ‘Grandes Corpagnies" nationales.

ministre eût été en mesure de nous suggérer un projet quelconque tendant à faire accepter par les colonies intéressées mue Part fixe, toute minime qu'elle fût, dans l'armée offensive de l'Empire,-—{(V, D,, Vol. 91, page 147).

M. Edmund ROBERTSON, M. P. : I faut distinguer entre les colonies autonomes et les colonies de la Couronne, Nous avons le pouvoir et le droit de faire por. ter aux colonies de la Couronne une partie des fardeaux de la défense impériale, Quant aux colonies artonomes, si elles comptent pour quelque chose dans le surcroît de dépenses proposé par le gouvernement, elles de vraient, à mon avis, contribuer à cette dépense... Lorsque viendra le moment de régler la dette contractée par la guerre sud-africaine qui est une guerre impériale entréprise pour la défense des co onies, allez-vous vous laisser prendre à toute cette mise en scène à laquelle se livrent certaines colonies qui oht pris part à la guerre ? Est-ce là ce que nous devons attendre en réponse à la demande péremptoire qu'il faut faire aux coloniaux d’avoir à solder leur part du coût de cette guerre impériale ? Si les colonies paient leur part des fardeaux

de la guerre, elles devraient Payer au moins un tiers de tous les frais que le Days s'est imposés.—(P, D., Vol, 91, page 174.)

Le 14 mai 1901, la Chambre discutait les — du ministre de la Guerre pour la réorganisation de l’armée.

: Lord STANLEY, secrétaire-financier du Bureau de la Guerre, it :

Ê On s’est plaint de ce que les colonies ne font Pas encore partie de la Yeomanry impériale, Le gouvernement se propose de saisir le parlement d'u» Projet tendant à créer, au sein des colonies, un corps militaire composé de la même classe d'hommes, soumis aux mêmes règlements, et combattant au besoin, dans le temps à venir, sous le même drapeau et sous le même nom qu’un certain nombre d’entre eux ont assurément contribué à rendre historique... (P. D., Vol. 94, page 92.)

M. Freeman THOMAS (Hastings) :

Je me range entièrement à l'avis émis par le très hon. taronet, le député de la Forêt de Dean {sir Cbas. Dilke ), — avis auquel, je suis heureux de le constater, le noble lord a donné l’assentiment le plus complet—au sujet de la Yeomanry ?’ impériale dans les colonies. Ce serait, à mon sens, #» acte de gracieuseté de notre part (|, eu égard aux évènements passés, si nous donnions notre acquiescement aux suggestions faites au sujet de ce corps militaire. Je suis convaincu que cette démarche de notre part serait accueillie avec enthousiasme aux colonies ; et je dois ajouter qu’on formerait ainsi un Corps militaire qui ne le cèderait à nul autre, en valeur, au point de vue de la défense de l’empire.—(page 106.)

Le lendemain, au cours du même débat, le colonel BROOK-

FIELD, M. P., critiquait le projet de M. Brodrick, le trouvant tout à-fait insuffisant : il dit :

[1 est à espérer... que ce système impérial comprendra, avec le temps, des troupes coloniales, Je ne vois pas Pourquoi on les exclut à l’heure actuelle... On pourrait y arriver en poussant à Prendre x servic: toutes ces troupes coloniales u’il--fle

ministre de }: Guerre] -- dit naïvement n’avoir que l'intention de demander d'une manière incidente..…… (P. D., Vol, 94., page 353.)

Le 20 mai, le Colonel LEGGE, demande au Secrétaire de la Guerre s’il va aviser à inviter les colonies à recruter des corps régu-

liers pour servir dans l’armée impériale,en Angleterre et à l'étranger, tant en paix qu’en guerre.

M. BRODRICK : La proposition a été étudiée à maintes reprises ; mais jusqu'ici un ne l’a pas trouvée praticable, Fespère que nous dllons pouvoir commencer une organisation de ce genre grice à 4 ’Amperial Yeomanry. (PF, D., Vol, 94, page 583.)

J'ai eu l'a partie du d duc de Bedfo bre des Lords, en

Le 25 juin, 1 lution suivante :

Que, dans l'opinion de cette Chambre, les conditions offertes aux recrues ne sont s suffisantes pour faire face aux exigences que comportent des propositions ;—(P, D., lol. 95, page 1370.)

—C'" * dire le projet de réforme du Secrétaire de la Guerre. Le duc dit

J'attire l'attention — {des Pairs] — sur ce résultat de l'expérience que 1 Et cependant les propositions du gouverne i i de la guerre. On ne propose aucune tenta On ne fait aucun effort r organiser un co s’embarquer à vingt-quatre ppeler des hommes rentrés dans la vie civile p ui servent sous les drapeaux, et de désorganiser que bataillon au moment de ‘’embarquement. Enfin le gouvernement ne fait preuve d'aucune détermination d'’asseoir un vlan élaboré de défense impériale sur la réorganisation de notre système militaire et sur le dévouement patriotique de nos colonies... (P. D., Vol. 95, pages 1350-51).

Il se prononce ensuite contr l’écablissement d'un régime de conscription. IR Le 28 juin, au cours du même débat, lord HAMPDEN, ancien gouverneur de la Nouvelle-Galles du Sud, parla de l’organisation de la Ycomanry que projetait M. Brodrick, le ministre de la guerre : ......]Je voudrais dire un mot de l’action de l'Australie, % ne veux Pas parler des

services admirables et des sacrifices de l'Australie dans cette .. Ce dont je veux parler, c’est la possibilité d'u

Répondant aux critiques du duc de Bedford, le marquis de LANSDOWNE, ancien secrétaire d'Etat pour la guerre, disait :

...….. Que le noble duc nous blâme Parce que nous n’avons ge dans les quelques e

mois à notre disposition, Préparé et soumis un projet élaboré de défense coloniale me semble le comble de l'exigence déraisonnable, Tout projet d’organisation de la défense de l’Empire sur une grande échelle comporte une coopération des forces anglaises et coloniales et exige la préparation la plus soignense et la plus réfléchie, À mon avis, il est absolument insensé de songer à faire adopter un projet de ce genre à la hâte, sous quelques mois, par le parlement de ce paÿs et par ceux des colonies... (P, D., Vol. 96,

page 219).

Il appuyait aussi sur le danger de trop gonfler le bndget. Voici ce que disait lord WOLSELEY :

Des leçons nombreuses et importantes que cette guerre nous a enseignées, l’une des plus importantes, dans mon opinion, c’est que notre armée est beaucoup trop restreinte en nombre... Il n’est que deux moyens par lesquels nous puissions obtenir une armée suffisante pour notre but. Le premier, c'es’ /e service obligatoire ; — et je ne crois pas moi-même que le temps soit arrivé d’en faire l’essai, que l’esprit du peuple se soit assez familiarisé avec l’idée de la conscription ; et le second, c’est le simple procédé des pounds, schillings and pence..….Vous taites l'affichage pour avoir des hommes mais vous nobtenez que des enfants. Ils disent qu’ils ont 18 ans ; mais nous savons très bien qu'un grand nombre d’entre eux n'ont pas 18 ans ; et s'ils subissent avec succès l’examen médical et offrent les conditions requises quant à la taille et à la mesure de poitrine, ow Les accepte. En supposant même qu’une recrue ait 18 ans, elle ne peut faire un soldat vraiment accompli avant trois ans de service... Le nombre d’homm:s qu’il faudra congédier à la fin ne la guerre sera très considérable. Je crois que l’année après la guerre 5/ vous faudra de 80,000 à 100,000 hommes ; et l’idée que vous pouvez obtenir ce nombre de recrues par les moyens que le Secrétaire d2 la Guerre a suggérés dans son admirable et habile discours, es /’idé d’un visionnaire et non celle d’un homme pratique..…….(P. D., Vol. 96, pages 235-6-7).

LORD TWEEDMOUTH :...…. Je ne plaide pas en faverr d’une augmentation considérable de la paye de nos soldats et j’appuie entièrement tout ce qu’a dit le Secrétaire d’Etat pour les Affaires Etrangères (Lord Lansdowne) quant au danger d'accroître notre budget déjà énorme... (P. D., Vol. 96, page 243).

Quelques jours plus tard, parlant à la Royal United Service Znstitution, lord WOLSELEY disait :

La première question à laquelle nous devons répondre est celle-ci : Quelle doit être la force de noire armée ?......Comment nous aurons une armée se résume, à mon avis, dans un problème très simple : c’est que tout homme, en Angletere, doit s’offrir lui-même or payer quelqu'un pour servir à sa place. Z/ nous faut lever une armée et si nous ne pou, ns pas y arriver avec un sc#/l/ing, il nous faut y mettre deux schillings.….

(Times, 8 juillet 1901).

Si l’on confronte les arguments de lord Wolseley et ceux de lord Tweedmouth, qui synthétisent parfaitement les deux courants principaux de l'opinion publique en Angleterre, à l'heure actuelle, on ne peut qu'en tirer la conclusion suivante : l'Angleterre a besoin de soldats ; elle ne peut recruter chez elle que des enfants, à moins de doubler la solde ; et même à ce prix elle n’est pas sûre d'obtenir le nombre voulu de recrues désirables. D’autre part, le peuple abhorre l’idée de la conscription ; et le fardeau des impôts a presque atteint le poids extrême que le contribuable anglais peut supporter. N’est-il pas naturel que les gouvernants de la Grande-Bretagne jettent les yeux sur ces colonies qu’ils ont méprisées si longter ps, auxquelles ils ne trouvent pas possible d'accorder les moir ires faveurs commerciales, mais dont ils espèrent obtenir à bon marché des recrues pour leur armée et leur marine? Et cet espoir se nourrit des protestations e-flammées des naïfs colons et des déclarations de nos représentants qui ne manquent jamais, lorsqu'ils vont à Londres, d'assurer à leurs maîtres qu’ils peuvent compter sur le dévouement sans bornes des /oya/es colonies.

LxXXIIT

J'aurais pu multiplier les déclarations des autorités militaires, établissant combien l'Angleterre a besoin de venir chercher aux colonies des volontaires et des recrues, pour remplacer ses propres citoyens qui trouvent plus commode de laisser les colons accomplir les devoirs qu’ils refusent eux-mêmes de s'imposer. Je me contenterai de citer un article sur ‘‘l’ Armée des Indes’’, du major-général sir Edwin COLLEN, ancien attaché militaire du conseil du gouverneur-général des Indes. Cet article vient de paraître dans l’Empire Review, décembre 1900 :

On ne saurait guère mettre en doute que quiconque, citoyen ou soldat, qui réfléchit un peu à ce sujet verrait avec faveur la .Prépars ‘ion d’un plan de défense impériale embrassant une flotte assez puissante pour commai Jer les mers en défiant toutes combinaisons possibles, Ce plan comporterait une défense efficace du royaume et l’organisation de forces suffisantes pour faire tace à toutes nos responsabilités, dans toute Campagne possible ; cette armée devant s’accroître de forces militaires venant des autres parties de l’Empire et organisées d’avance dans ce but ainsi que pour la défense locale. Donnez à cette armée le nom que vous voulez — armée régulière ou trou permanentes, milice, yeoman ry ou volontaires, — ÿ/nous faut avoir (ave must have) des soldats bien disciplinés, prêts à entrer en campagne en grand nombre, pour défendre l’Angleterre, les contrées où elle possède des intérêts, et toutes les parties excentriques de l’Empire.

Tel est le problème qu’il nous faut résoudre, Les pinions peuvent différer quant au nombre d'hommes que nous devous avoir, quant au moven de les obtenir et quant à la manière d’organiser cette armée ; mais il ne saurait y avoir de divergence sérieuse sur le principe général. Il s'élève alors un obstacle important dès le début des diff cultés qui nous confrontent, et c’est celui de l'ignorance des faits. Comment pouvonsnous venir à comprendre les conditions de chacune des parties de l'Empire ? Le seul moyen d’y arriver, c’est de faire des efforts Pour répandre l'étude de ces conditions. L'’instruction supérieure aussi bien que l’enseignement primaire devront comporter à

avenir un devoir impérieux:; celui d’enseigner sur une échelle beaucoup plus vaste qu’aujourd’hui l’histoire, la géographie, et les conditions particulières des pays divers

ui composent l’Empire. Il est nécessaire ue ceux qui espèrent conduire et gouverner l'Etat acquièrent une connaissance intelligente de l’organisation navale et militaire et des ressources de l'Empire tout entier...

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