‹ Grande-Bretagne et Canada, questions actuelles [microforme]Chapitre 97 sur 105 · LL AR · texte numérisé non relu

LL AR

Je reçois une brochure où M. Ross a réuni quelques-uns des discours qu’il a prononcés en Angleterre. Je n’y trouve pas les paroles qu'on vient de lire ; mais, en revanche, j'y cueille les deux perles que voici :

Dans un discours, à Londres, le 25 juillet — peut-être le même que citait la Canadian Gazette :

+... Je ne pense pas que nous puissions maintenir —fau Canada}—une armée per-

manente pour la défense de l’Empire, mais je crois que nous pouvons fournir des recrues à la réserve navale, 1] y a chez nous 50,000 pécheurs qui, avec un peu d'instruction, peuvent être utilisés en grand nombre {#40 could be drawn on liberally), pour la flotte (page 18.)

Dans un discours, à Manchester. le 31 juillet :

rime Je vous dis ici, à Manchester, qu'au Canada, nous voulons — je crois que nous voulons — imposer un droit de cinq pour cent sur toutes nos importations de pro- Yenance étrangère, sauf sur les produits des colonies de l’Empire, afin de constituer un impôt de guerre ou un fonds destiné à la défense de l’Empire. Répondrez-vous à cette offre ? Imposerez-vous une taxe de 5 0/0 sur toutes vos importations, exemptant celles de provenance coloniale, afin de former un trésor impérial pour la défense de l’Empire? Assurément, c’est là un projet pratique. (NON ! NON !)... (page 27.)

Ces NON ! NON ! sont sublimes de sincérité ! Tant qu'on lui offre de la chair à canon et des contributions, John Bull accepte généreusement ; mais dès qu’on lui demande de répondre par une générosité réciproque, sa protestation éclate, énergique et précise.

On demande ce qu'est l’Impérialisme ? C’est ça ! SIR FREDERIC YOUNG À TORONTO

Le 25 octobre dernier, la Ligue de l’Empire britannique (section canadienne) avait convoqué une réunion à Toronto pour entendre sir Frédéric YOUNG, vice-président de l’Institut Colonial de la Grande-Bretagne.

M. Young prêcha naturellement l’'évangile impérialiste, dont il est l’un des apôtres les plus zélés. Je prends les citations suivantes dans le compte-rendu que le G/ , de Toronto, a donné de cette réunion (numéro du 26 octobre) :

On m'a invité à vous parler de cette grande question nationale qui s'appelle

‘+ Fédération Impériale ” ..... . Ce sujet occupe activement mon esprit depuis un grand nombre d'années. Îiy a plus d'un quart de siècle, j’ai publié, sous ce titre de élération Impériale, un volume où je développais le principe qui doit servir de base À

cette question. Ai-je besoin d'ajouter que les idées que j'émettais alors n’ont fait que

grandir et se fortifier dans mon esprit ! On s'en moqua à profusion ; on les qualifia de visionnaires et de chimériques ; mais le temps a fini par prouver qu'elles étaient réalisables jusqu’au point de me porter à croire qu’elles descendent enfin de la ve pe des nuages et que nous approchons rapidement du jour où elles tomberont dans le domaine de la politique pratique.

Et maintenant, je veux vous donner une courte définition de la fédération impériale, Elle s'exprime en huit mots : ‘ Le gouve” 1ement de l’Empire par l’Empire.”

— Pour remplacer ‘‘le gouvernement du peuple par le peuple.’

Je n’entreprendrai pas de définir exactement toute la série des questions qui, sous un régime de fédération impériale, tomberait sous la juridiction d’un sénat suprême de l’Empire tout entier ; je me contenterai d’en désigner un où deux, Les sujets dont je veux parler seraient les questions de paix et de guerre ; la défense nationale, les communications entre le cœur et les extrémités de l’Empire, les questions fiscales envisagées au puin, de vue de l’Empire, l'émigration ou la colonisation.

L'orateur parle ensuite du voyage de Leurs Altesses Royales à travers l'Empire et des ‘‘sentimènts de fidélité’’ et du ‘‘dévouement enthousiaste” des populations qui habitent toutes les possessions de Sa Majesté ; et il ajoute :

Mais même ces explosions de sentiment ne suffisent pas. Car ce sentiment peut s’affaiblir et même disparaître ; et quelle que soit la force de cette fidélité individuelle, un grand empire exige, pour son organisation nolitique, et dans l’état actuel du monde, un régime constitutionnel qui lui assure un gouvernement propre et efficace. ....... .

L'honorable M. ROSS, premier ministre d'Ontario, proposa un vote de remerciements à Sir Frédéric Young.

Il est vrai, dit-il, ainsi que Sir Frederick Young l'a dit, qu'il fut un temps où il existait, en Angleterre, une apathie considérable à l’endroit des colonies. Je crois que ce temps est passé, par bonheur... Sir Frederick Young a parlé de la grande question de la Fédération de l’Empire. Parmi tous les autres problèmes c'est celui qui décidera finalement si l’Er:pire britannique doit se consolider ou si les colonies doivent conti. nuer, comme aujourd’hui, à rester isolées dans l’Empire ..... Faites la fédération aussitôt que possible ; mais assurez-vous en même temps que nous qui vivons aux extrémités de l'Empire conservions, comme l'Angleterre elle-même, autant de liberté que nous en possédons aujourd’hui.

Parmi les diflérents projets qu’on a suggérés, M. Chamherlain — et de tous nos secrétaires coloniaux, il est, je crois, celui qui a le mieux saisi la situation des colonies — M. Chamberlain a parlé d'un Conseil consultatifsiégeant en permanence pour les colonies. Je n’approuve pas l’idée d’un Conseil permanent qui ne serait pas responsable au peuple du Canada mais en attendant, je crois que nous devons continuer le régime adopté depuis quelques années, c’est-à-dire nous entendre pour organiser des conférences siégeant à Londres

En conclusion, M. Ross dit que les questions de défense, de commerce et autres questions analogues, pourraient être remises à la direction d'un parlement fédéré. 11 est essentiel de convaincre le peuple de la mère-patrie de nos ressources commerciales; et il conseilla à ce sujet une propagande active en Angleterre. Une fois l’attention du

peuple anglais fixée, il sentirait bientôt les avantages lu grand marché qui lui serait vuvert,

Il y a beancoup de sens commun dans ces dernières lignes —

beaucoup plus que dans quelques-unes des déclarations de M. Ross, à Londres, l’été dernier. Mais s’il veut ‘‘ convaincre le peuple de

la mère-patrie'* que nous sommes gens d'affaires, le premierministre d'Ontario et ses confrères en impérialisme devraient cesser de proclamer que l'Angleterre peut compter sur le dévouement sans bornes du Canada.

L'honorable M. FOSTER, ancien ministre des Finances, appuya la proposition de M. Ross. :

Ii exprima ses regrets devant l’apathie dont les hommes d'Etat britanniques font reuve à l'endroit de cette grande question de l’union de l’Empire ; et il manifesta espoir que le voyage des princes et la guerre sanglante mais glorieuse de l'Afrique

du Sud réussiraient à secouer cette apathie.

Il parla aussi de l'importance d’une cocpération-entre la Grande- Bretagne et ses colonies pour résister à la concurrence aiguë du commerce étranger :

Les Anglais, dit-il, parlent de ia générosité avec laquelle ils achètent sur tous les marchés ; mais la générosité bien ordonnée, comme la charité, commence par soi. même.

Le Dr PARKIN, C. M.G., ne pouvait manquer cette occasion de faire valoir ses idées :

hui en Afrique ?

se demander s'ils

jouir des avantages de leur allégeance envers l'Angleterre et se

soustraire aux responsabilités qu’elle comporte. 11 partage l'opinion de sir Wilfrid Laurier : les Canadiens devraient avoir leur place dans les conseils de l'Empire.

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