‹ Grande-Bretagne et Canada, questions actuelles [microforme]Chapitre 98 sur 105 · SIR LOUIS DAVIES ET M. MILLS AU ‘‘DOMINIOX DAY DINNER · texte numérisé non relu

SIR LOUIS DAVIES ET M. MILLS AU ‘‘DOMINIOX DAY DINNER

Le. banquet annuel institué pour célébrer l'anniversaire de la Confédération, à Londres, est l’uri de ces moyens d’actior: secondaires que M. Chamberlain et lord Strathcona emploient à réchauffer l’ardeur des ministres canadiens en pèlerinage à la Mecque de l’Impé- "ialisme. Entre la poire et le fromage, nos représentants deviennent

me générosité mondiale : ils offrent à M. Chamberlain soldats et marins canadiens en guise de hors d'œuvre et de pousse-café. Cet événement a pris cette année des proportions majestueuses, Au lieu de faire proposer le toast du Canada par un Canadien, comme il se faisait d'habitude, on obtint du Prophète lui-même qu'il condescendit à accomplir ce devoir.

: Lord Strathcona présidait aux agapes.

M. Gilbert PARKER, M. P., glissa cette observation très

On permettra peut-être à un simple citoyen de rappeler qu'indépendamment de toute contribution particulière, es coionies ont assumé une très large part de la défense de l’Empire. Tout ceci s'est fait volontairement et ne pouvait l'être autrement ; car le temps est pue où l’on pouvait dire aux colonies : ‘Vous devez vous taxer de telle manière pouf la défense de l’Empire.’

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M. CIHAMBERLAIN ...., Lorsque le peuple canadien obtint la liberté la ee complète pour suivre sa destinée et adopter la ligne de conduite qu'il voudrait ui-méme choisir, on ne saurait nier, je crois, que les hommes d'Etat de notre pays et beaucoup des, Canadiens les plus éminents croyaient que ce n’était qu'un pas vers le résultat inévitable d’une séparation complète... , mais heureusement pour nous et plus heureusement, à mon avis, pour le Canada, ces prévisions ne se sont pas réalisées.....,., Je ne crois pas que le monde ait jamais contemplé un spectacle plus frappant, plus Suggestif que celui que nos colonies et nos possessions ont donné en s’unissant pour soutenir avec nous la grande lutte qui nous a été imposée, et en profitant ainsi de l’occasion qui s’offrait à elles de venir à notre secours. Z/es owt an moins prouvé qu'elles comprenaient la valeur du mot ‘*Empire.'' Ce mot comporte des privilèges, de grands privilèges ; mais il comporte lement des responsabilités et des obligations ; et nos colonies ont prouvé qu'elles ne refusaient pas de s’y soumettre. Voyez le Canada, notre plus grande colonie, séparée par des milliers de milles du terrain de la lutte, #°y ayant aucun intérét direct, et cependant se soulevant avec nous parce que l'intérét impérial est en danger, «+ Qu'on me frappe n'importe où, peut maintenant s'écrier l'Empire, et tout l'Empire tressaillira !’’ Dans cette querelle, qui, à certain point de vue, n’est pas celle du Canada, sauf au point de vue de la solidarité de l’Empire dont il fait partie, il nous a donné de ses meilleurs éléments... Suivant les paroles, les paroles é oquentes de sir Wilfrid Laurier, aucwn lien d'union ne peut étre plus fort que le lien créé dans un danger commun auguel on a résisté en commun... . Nous avons lu que, dans une autre circonstance, sir Wilfrid Laurier a uéclaré que si nous voulions une union plus intime où les colonies assumeraient avec nous ces obligations communes comme résultat d’une responsabilité 1 le—que si nous voulions leur appui, il nous faudrait les appeler à nos conseils, Je suis convaincu d’une chose, c’est que rien ne serait plus fatal à ce mouvement, qui, je crois, progresse, que d'agir prématurément, Le mouvement doit venir de nos colonies et nous ne devons pas les entrainer indûment, Mais, si e/es désirent cette union Plus intime, si elles sont disposées à nous aider, non-seulement de leurs armes, mais de leurs avis, je crois qu’il n’est rien que le peuple de notre pays soit mieux disposé à accueillir... Nous vous sommes reconnaissants de votre appui et de votre sympathie. Nous sommes isolés—isolés au milieu des grandes nations du monde—mais tant que nous avons autour de nous nos parents, notre commune famille, nous ne sommes pas seuls. Suivant l’expression d'un de vos hommes d'Etat, notre isolement est ‘ splendide...” ? tant que vous le partagez avec nous,

Le contraste est frappant entre l'opinion de M. Chamberlain sur l'unité militaire de l’Empire et ses vues sur l’organisation led tique qui en sera peut-être la conséquence. Ce qu'il veut évidemment, c’est l'appui des colonies en temps de guerre ; il n’est pas pressé de compliquer son œuvre d’une révolution politique, tant qu’il pourra conserver au mouvement impérialiste la direction que la guerre d'Afrique et l'enthousiasme des colonies lui ont donnée.

Le ministre des Colonies ne fait pas la moindre allusion à la réserve contenue dans le décret du cabinet canadien qui ordonnait , l’enrôlement des troupes destinées au Sud-Africain. M. Chamberlain a toujours feint d'ignorer la ‘‘ #0 precedent cause”? : il en a conclu dès l’origine et avec raison qu'il n’y avait là qu’un truc politique destiné à calmer les appréhensions d’un certain nombre … Canadiens qti ne comprenaient pas encore ‘‘ ia valeur du mot Empire. '’ Il eut, ce soir-là, une nouvelle preuve de la justesse de son opinion. Deux ministres canadiens assistaient À ce banquet du Dowinion Day.

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Tous deux avaient consenti à l'introduction de la fameuse clause, en 1899 ; mais à Londres, ils évitèrent soigneusement de la rappeler à l'attention du Secrétaire Colonial.

M. David MILLS, ministre de la Justice, dit :

+... Les sentiments favorables à l'unité de l'Empire ont grandi très rapidement

au Canada durant les dernières cinq années. Nous avons tous à cœur de voir l'unité

de l’Empire se maintenir; de voir s'#ab/is par degrés un régime quelconque d'union qui

rencontre à la fois les exigences des colonies autonomes et celles du Royaume Uni,

Nons sommes convaincus qu'on peut atteindre ce résultat ; et cette convic‘ion vient ‘en

Le partie des sentiments sympathiques qui se sont développés dans le Royaume. n

Ces ‘‘sentiments sympathiques’’ venaient de se manifester d’une façon toute particulière au parlement britannique par l’écrasement de la proposition de sir Howard Vincent en faveur du commerce des colonies. (1)

Sir LOUIS DAVIES :...., ‘On ne saurait adopter une attitude plus propre à retarder l’unification de l’Empire qu’en voulant violenter, à l’heure actuelle, l'opinion publique qui se dirige vers cette unification. *’ Répondant aux remarques de M. Chamee ag la froideur qui existait autrefois entre la mère-patrie et ses colonies, il dit qu’en effet il y eut un temps où il existait beaucoup de méfiance des deux côtés, où les colonies regardaient Downing Street avec crainte et défiance, Mais wwe sympathie ré: Drogue s'est éveillée en Angleterre et aux colonies et cette sympathie s'est manifestée pr: des actes réciproques... .

Nous savons ce que le Canada a fait pour l'Angleterre récemment ; mais je me demande où Sir Louis Davies voyait ‘l'acte réciproque’’ de l’ Angleterre ?

...... Je regrette d’avoir lu, il y a quelques jours, dans un journal de*Londres, un article déclarant qu’on avait faussé l'opinion publique au Canada au sujet de l'envoi de troupes au Sud- Africain par le gouvernement canadien. Je n'hésite pas à dire que jamais de ma vie, je n’ai constaté un enfhousiasme aussi unanime et durable, dans toutes les parties du Canada,que celui qui accueillit alors l’action du gouvernement à ce sujet.

Ceci était une réponse indirecte au compte-rendu d’une inferviez que j'avais donnée à un rédacteur du Dai/y News. J'y affirmais que la province de Québec n'avait accepté qu'avec beaucoup de répugnance le changement d'attitude du gouvernement fédéral et l'envoi des troupes canadiennnes ; et j’ajoutais que dans les provinces anglaises, l'opinion était loin d’être aussi unanimement favorable à cette expédition que l'attitude de leurs politiciens et de leurs journaux pouvait le faire croire.

Lord DERBY (ancien gouverneur du Canada sous le nom de lord Stanley) : ..... Nous avons entendu les discours d'hommes d'Etat des deux rives de l'océan ; ils ont traduit par de nobles paroles les sentiments de satisfaction que nous inspire la manière dont É Connie et la mère-patrie se sont rapprochés l’un de l’autre; et ils ont exprimé, par des mois qui me sembient à moi-même prophétiques, d'anticipation d'une union encore plus générale et plus intime,

(s) Voir page xc1.

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