PREMIERS FONDEMENTS DE LA DYNASTIE OLYMPIENNE
Les imprimeries n'étant pas très-répandues avant la formation du monde, les renseignements que nous avons pu recueillir sur cette époque ne sont peut-être pas d'une grande clarté.
Voici, cependant, la version la plus accréditée sur l'établissement de l'Olympe :
Un jour, — avant la naissance du monde, — le Chaos et la Nuit se rencontrèrent au coin de la rue du Néant.
Ils se plurent.
Ils s'unirent.
Comment se rencontrèrent-ils ? Comment se plurentils, puisqu'il ne faisait pas clair?
On ne l'a jamais su. On ne le saura jamais.
Ce qui est certain, c'est que, malgré cette obscurité, ils eurent bientôt pas mal d'enfants :
Le Destin, — la Discorde, — les Parques et les Furies.
GRANDE MYTHOLOGIE TINTAMAIIRESQUE
( !e qui prouve que la bougie et le pétrole pourraient manquer sans nuire à l'accroissement de la population.
Pendant ce temps, le Ciel et la Terre se conjoignirent de leur côté.
Ils eurent un lils qu'ils nommèrent Coclus.
Immédiatement Coclus épousa Tithéa.
Et celle-ci, sans prendre le temps de la réflexion, lui donna un grand nombre d'enfants.
Au nombre desquels Titan et Saturne.
Cœlus, se voyant à la tète d'une nombreuse famille, se mit à rouer de coups ses lils dans la crainte que l'idée leur prit de le renverser.
Ce moyen lui réussit.
Aidés de Tithea leur mère, ces derniers le quatreseptembrisèrent un beau matin.
Depuis cette époque, on a eu souvent occasion de voir, sur notre globe, un roi détrôné.
La chute est quelquefois grave, sans doute.
Cependant, on sait toujours ce que devient un monarque après cet accident.
Mais peut-on s'empêcher de frémir en songeant à la culbute que doit faire un pauvre diable de dieu qui n'a
GRANDE MYTHOLOGIE TINT AMAKKE8IJI E
dans l'espace que son trône pour point d'appui, et à qui on le retire brusquement au moment où il fait son somme?...
Pour peu que l'on se figure que cela peut se passer juste au-dessus du paratonnerre des tours Notre- Dame!...
C'est affreux!...
Quand Cœlus fut détrôné par ses enfants, Titan qui, en sa qualité d'aîné, avait droit au pouvoir, le céda à Saturne, son frère cadet.
Mais il imposa une condition.
Ce fut que Saturne s'engageât à mettre à mort tous les enfants mâles qui lui naîtraient, afin que le trône revint dans la famille de Cœlus.
Saturne répondit, en vrai roi, qu'il n'y voyait aucun inconvénient.
Et pour être sûr que la besogne fût bien faite, chaque fois que Cybèle, sa femme, mettait au monde un fils, il l'avalait séance tenante.
De là, sans doute, est venu cet axiome de jurisprudence, qui dit que les enfants doivent nourrir leurs parents.
&RÀNDE MYTHOLOGIE TINTAMARRESQUE
Un jour, cependant, Cybèle,. lasse de toujours voir entrer ses fils dans le même endroit, et de ne les en voir jamais ressortir, eut recours à la ruse.
Comme elle venait d'accoucher de Jupiter, elle envoya le nouveau-né en nourrice chez une chèvre de Crète, nommée Amalthée,
Et fit avaler à son mari un pavé entortillé dans une couverture de laine.
Saturne lit simplement la remarque que son enfant
f.IUXDE MYTHOLOGIE TTNTAMARRESQUE
était un peu plus ferme que le dernier, et tout fut dit.
Pluton et Neptune, frères de Jupiter, furent sauvés par le môme procédé.
Deux pavés les remplacèrent dans l'estomac paternel.
Et Ton a même objecté à ce propos que Cybèle, en protégeant la vie de ses enfants, courait grand risque de donner la pierre à son mari.
Devenu grand, Jupiter se fit reconnaître.
Tableau !
Il détrôna son père Saturne, très-fortement épaté do se voir mis à la porte par un gamin qu'il croyait avoir digéré depuis une vingtaine d'années.
Saturne, mis à la retraite comme dieu, descendit sur la terre.
11 y fut recueilli par Janus qui régnait alors en Italie.
Pour le récompenser de son hospitalité, Saturne doua Janus de la connaissance du passé et de l'avenir. Il le dota d'une figure de supplément.
En effet, Janus nous est représenté avec deux visages.
Ce qui est peut-être assez commode pour saluer la façade de la Madeleine en souriant à celle du Palais législatif, mais est, à coup sûr, une dépense double pour celui qui prend du tabac à priser.
Quelques écrivains ont même prétendu que Janus ne fut pas enchanté de ce cadeau, parce qu'étant sujet aux fluxions, ça lui en faisait deux au lieu d'une chaque fois que cet accident lui arrivait.