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LE CABINET DE CONSULTATIONS

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Vu l'abondance de la clientèle, les personnes qui n'auraient pas le temps d'attendre leur tour peuvent laisser l'empreinte de la paume de la main sur la figure du domestique.

M. Desblaguollibus leur enverra la consultation par le courrier du soir.

Nous ne parlerons que pour mémoire d'une des dernières transformations de l'industrie des augures.

Les merveilles de la photographie spirite sont encore trop présentes à notre souvenir pour que nous fassions

ici l'historique des faits et gestes de ces descendants du grand Calchas.

Contentons-nous de constater que cette grande et magnifique industrie, aussi ancienne que la bêtise humaine, et qui s'est successivement appelée de tous les noms en cie, est aujourd'hui tombée plus bas que la Revalescière.

Chaque jour, le public devient de plus en plus rétif aux diseurs de bonne aventure.

L'humanité, à peu près convaincue, à l'heure qu'il est, que l'avenir n'est à personne, ne prend au sérieux aucun des farceurs qui le prédisent.

Ce peu de confiance clans les avenirs tout tracés est même tellement accentué, que l'on cite des baux qui ont encore cinq ans à courir et qui ne trouveraient que fort peu d'amateurs consentant à parier trois francs qu'ils ne seront pas résiliés de bonne volonté, ou cassés de force d'ici à cinq mois (1).

(1) Ceci était écrit avant la fin prématurée du premier septennat.

GRANDE MYTHOLOGIE TINTAMATÎRESQUE 687

Les Sibylles jouissaient du même renom que les Augures, et leur crédit fut égal à celui de ces derniers.

Elles n'étaient pas non plus moins adroites à exploiter le constitntionnelléisme de leurs contemporains.

Entre toutes, la Sibylle de Cumes était une des plusroublardes, comme on va le voir.

Cette sorcière avait écrit une série de prédictions infaillibles en neuf volumes.

Tarquin le Superbe — qui était sans doute très beau, puisque son sobriquet le dit, mais qui avait à coup sûr ce qui va généralement avec, — demanda à acheter ces neuf livres.

La Sibylle les lui lit trois cents pièces d'or.

Et comme Tarquin trouvait que c'était trop cher, elle jeta un volume au feu, puis deux, puis trois, demandant; toujours trois cents pièces d'or pour les tomes qui restaient.

Tarquin marchandait toujours.

Et à chaque refus, la Sibylle brûlait un volume.

Huit eurent le môme sort.

Tarquin vaincu se décida et paya le neuvième volume restant le prix qu'il eût payé l'ouvrage entier.

Il en prit livraison et se consola de sa mauvaise humeur en faisant cette réflexion que les œuvres des tireuses de cartes jouissaient de cette ressemblance avec celles de Xavier de Montépin qu'elles avaient d'autant plus de valeur qu'il y en avait moins.

Terminons ce chapitre consacré aux magies antiques en disant deux mots des asiles qui avaient été imaginés par les anciens au profit des gens que poursuivaient les lois.

L'asile était un lieu sacré où le criminel lui-même trouvait un refuge.

Quand il était parvenu à atteindre cet endroit consacré, il pouvait se considérer comme en sûreté.

Les gardiens de la paix s'arrêtaient net sur le

SHANOE lUYTHOLOUIli TlNTAMAHHESQLJi

seuil do l'asile, les huissiers et les créanciers do même.

Quel qu'il fut, celui qui su réfugiait dans un de ces buen-reliro sacrés était inviolable; cela faisait môme hésiter certaines personnes à y entrer.

Ces établissements rendaient souvent de grands services aux particuliers qui pouvaient souvent ainsi échapper aux gens qui les traquaient dans les rues en leur offrant des billets de faveur pour le Vaudeville.

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