‹ Grandes figures historiquesChapitre 1 sur 6 · BOULEVARD DBS ITALIENS, 15, AU COIN DE I.A HUE DE GRAMMONT · texte numérisé non relu

BOULEVARD DBS ITALIENS, 15, AU COIN DE I.A HUE DE GRAMMONT

Profff de reproduction et de traducVion rét^et^U

HatTArd Oolioco L.Drary July 1, 1014.

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GRANDES

M. Mollcy a raconté la longue lutte SQutenue par les Provinces-Unies des Pays-Bas contre la puissance espagnole, et son livre est reste l'un des monuments historiques les plus importants de notre temps. 11 avait mené son œuvre jusqu'au moment on, (le guerre lasse, l'Espagne consentit, après quarante ans d'efforts inutiles, à une trêve de douze ans. La morgue de ses négociateurs n'avail pas voulu s'abaisser complètement devant les Hollandais : ils s'étaient refusés a reconnaître l'indépendance des

Provinces-Unies d'une façon explicite et définitive ; ils se déclaraient seulement dans Uarticle premier de la trêve « contents de traiter avec lesdits seigneurs estats généraux des Provinces -Unies, en qualité, et comme les tenant pour pays, provinces et estats libres. »

M. Motley a continué dans « la vie et la mort de Jean de Barneveld » Thistoire de la Fondation de la république des Provinces- Unies, et l'on retrouve dans ce second ouvrage les mêmes qualités, l'art de peindre, la profondeur des vues, une chaleur généreuse, une ironie puissante. Il avait conduit les états jusqu'au triomphe; il les montre au lendemain de la victoire pendant la période qui servit de prélude â la guerre de Trente ans. Cette époque est comme les heures solennelles qui précèdent les tempêtes : on éprouve une sorte d'angoisse singulière pendant l'exposition du grand drame qui devait couvrir l'Europe de sang et de ruines. La Providence, avant de frapper ses coups sur les peuples, semble se préparer en frappant d'abord des hommes, et quels hommes 1 Henri IV, Barneveld. En dépit de son titre, le livré de M. Motley n'est pas une simple biogra-

GUILLAUME D'OUANGE. —JEAN DE BARNEVELD. 3

phie. Barneveld est la lîgurc autour de laquelle il a groupé riijstoire de l*Europe; les dépêches inédites du grand avocat de Hollande lui ont fourni les éléments d'un ouvrage où la richesse, la profusion des détails, ne font que par instants disparaître une trame forte et unie. M. Motley a pu pendant plusieurs

années fouiller les archives de la Haye; dans leur

poussière, il a su retrouver les fils embrouillés de la diplomatie la plus savante, la plus prudente à la fois et la plus hardie, et il n'est pas étonnant que le politique qui pendant si longtemps avait tenu ces lils ait captivé son esprit, et qu'il Tait suivi avec une sorte de pitié jusque sur Téchafaud où il expia le crime d'avoir trop aimé son pays, et d'avoir un moment servi de barrière à l'ambition d'un de ces hommes qui sont les glaives vivants d'une invincible fatalité.

Au moment en effet où s'ouvre la trêve qui couronnait les efforts des Provinces-Unies, deux hommes les résument pour ainsi dire aux yeux de l'Europe : Uamcveld et Maurice do Nassau , Thomme d'État, le soldat. Maurice, entouré des trophées de cent combats, regardé par tous les hommes de guerre

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