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Grandes ombres sur le sentier de la vie

L'auteur de ces pages s'est proposé deux buts en les écrivant ; l'un de montrer la différence entre la lumière qui, émanant directement du soleil de justice, pénètre notre âme, et celle qui, quelque brillante et séduisante qu'elle soit, n'est que réfléchie par les dons extérieurs de l'amour de Dieu, et qui par conséquent s'éteint immédiatement lorsqu'il retire ces même dons. La question que l'auteur désire faire naître chez ses lecteurs est celleci : « Où est la source de lumière qui éclaire ma vie ? Est-elle dans ma jeunesse, ma fortune, mes amis, en un mot, tout ce que le cœur naturel peut désirer ? ou est-elle dans une communion intime avec mon Créateur ; est-Il pour moi ce qu'il y a de plus cher, de plus précieux. Si par sa volonté de grandes ombres se répandaient sur le sentier de ma vie, si autour de moi tout était plongé dans le deuil et dans la tristesse , aurais-je cependant la certitude que le soleil n'a pas disparu de mon ciel,et que par la foi et l'amour je puis m'élever au-dessus des nuages dans le séjour où tout est gloire et bonheur?

Ne pratiquons-nous pas depuis quelque temps un Christianisme pâle et terne comme le crépuscule? Ce n'est ni le jour ni la nuit; on suit Christ mais de loin, on croit en Lui, mais d'une foi sans efficace et sans vie, qui ne procure ni joie, ni paix, et qui n'a pas pour résultat une confession franche et libre de son nom, ce nom qui est en salut à tout croyant. Ne sommes-nous pas les traînards qui suivent l'armée à grand'peine, plutôt que les soldats disciplinés qui combattent dans les batailles du grand Capitaine?

C'est dans le désir de lutter contre cette fatale tendance que nous avons cherché à montrer qu'un cœur qui reconnaît vraiment le Seigneur pour sien, et qui lui appartient, goûte non-seulement un bonheur intérieur indépendant des circonstances qui l'entourent, mais encore qu'il doit se sentir pressé par un mobile tout nouveau, de montrer sa foi et son amour par ses œuvres, « la foi agissante par la charité ; » et qu'il ne tardera pas à offrir, aux âmes altérées qui l'entourent, la coupe d'eau vive.

L'œuvre poursuivie dans la maison que nous avons appelée Mildred n'est point une peinture d'imagination ; si l'histoire de Lucie Herbert est une fiction , tous les détails que nous avons donnés sur les jeunes ouvrières sont vrais. Des maisons pareilles à celle de Mildred existent aujourd'hui à Londres, et des femmes chrétiennes, bien élevées,

comme il faut, sont devenues les mères amies de cette classe de jeunes ouvrières et apprenties, si longtemps abandonnée à elle-même. Plus le nombre de ces demeures augmentera, plus les dangers auxquels les ouvrières à la journée sont exposées diminueront, et dans les villes petites ou grandes, on sait si ces dangers sont graves et nombreux. Pour une dame Burton, qui existe réellement, combien ne s'en trouve-t-il pas qui comprennent tout autrement leurs devoirs envers leurs employées et qui ne pensent qu'au gain?

Si quelqu'un, après avoir parcouru la vie de Lucie Herbert, se sentait pressé de se consacrer avec plus de dévouement au service du Seigneur, le vœu de l'auteur serait accompli.

« Nous avons entre les mains le rapport publié sur une maison fondée exactement sur le modèle de Mildred, nous y avons retrouvé la plupart des faits consignés dans cet ouvrage, et nous avons vu que cette heureuse tentative a été abondamment bénie. »

(Note du traducteur.)

GKRAJSTDES OMBRES

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