ENSEMBLE DE L’OUVRAGE
\rl. 1. — Caractère de l'architecture des ponts. — l'npontest fait pour qu’on passe dessus : c’est une œuvre d utilité, et qui doit durer. Il doit être et paraître ajusté à son objet, solide, clair, simple, bien exécuté, sans vains ornements.
Ecoutons Perronet : « Les grands Ponts étant.... des monuments gui peuvent « servir à faire connoître la magnificence et le génie d'une Nation, on ne saurait « trop s’occuper des moyens d’en perfectionner V Architecture, qui peut d’ailleurs « être susceptible de variété, en conservant toujours dans les formes et la décoration, « le caractère de solidité qui lui est propre 1 ».
« Le pont », — de la place Louis XV2, — « devant être construit dans la
« Capitale, dans un lieu où la Nature l’art ont répandu les plus beau.r
« aspects V des édifices de la plus grande magnificence, nous avons cru indispen- « sable de lui donner un caractère de décoration : nous n’y avons cependant « employé aucune espèce d'ornements de Sculpture, autant pour ne pas trop sortir « du genre île simplicité consacré à ces sortes de monuments, que pour ne point « ajfoihlir le caractère mâle qui convient à V Architecture des Ponts3 ».
\rt. *2. — Proportions. — Lîn pont en maçonnerie vaut par ses formes générales, ses grandes lignes, ses proportions, son intrados, par un heureux rapport de la portée à la hauteur, de la montée à la portée : la décoration n’y compte guère.
Chacun de ses éléments, voûtes, piles, culées, tympans, couronnement, doit avoir l’importance qui lui revient, ne pas entreprendre sur les autres, bien s’ajuster à l’ensemble.
Ils seront tous légers dans un pont léger; tous lourds, dans un pont lourd.
On n’écrasera pas de légères voûtes par un lourd tympan, des piles grêles par des bandeaux à grand appareil, des tympans évidés par un parapet plein,....
\rl. «'L — \(l;i|)lalion aux lieux. — Le pont doit être adapté, non seulement aux lieux, mais au climat, aux monuments voisins, à la lumière, à la couleur locales : il doit sentir le terroir, avoir poussé naturellement sur le sol, n’avoir pas l’air importé, transplanté: il faut à Toulouse un pont toulousain.
1. — A la fin du Mémoire sur la Réduction de l’épaisseur des Piles y suc lu Cuu chu ce uu’il coudent de donnée aile Voûte s, lu à l’Académie des Sciences le 12 novembre 1777."
IYrronet : • Description des projets et de la construction des l'onts de .Xeui/ly, de Mantes, d'Orléans et autres Tome I. n.
us, Imprimerie Royale M.OCCLXXXII.