‹ Grandes voûtes (volume 3)Chapitre 132 sur 649 · ÉLÉMENTS DE L’OUVRAGE · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS DE L’OUVRAGE

Art. 1. — Appareil. — Les épaisseurs des assises, la vigueur de l’appareil, le poids apparent des matériaux doivent aller en diminuant du sol au couronnement6.

Art. c2. — Piles, culées. — Les pieds, les supports de l’ouvrage, doivent paraître tout particulièrement solides: pour en assurer l’œil, on les revêt d’assises épaisses, avec bossages : on leur donne du fruit.

Art. 3. — Voûtes. — Dans les ponts en maçonnerie, la voûte est tout.

On accentue vigoureusement ses têtes par une forte saillie sur les tympans, par l’appareil des voussoirs ; on les relève d’une archivolte ; on exagère les dimensions de la clef : on la fait saillir au-dessus et au-dessous du bandeau ; on la flanque de deux contre-clefs ; on y sculpte un cartouche.

Art. 4. — Tympans. — Les tympans, qui sont un poids sur le dos de la voûte, doivent être et paraître légers : on les revêt d’assises minces, de briques.

On se gardera, même dans une capitale, de les faire en pierres de taille de grand appareil.

On les traverse par des voûtes d’élégissement ; dans un pont long, on les raye de lignes d’ombre par des pilastres.

Art. 5. — Pilastres. — Au-dessus d’une pile, un pilastre sépare et encadre deux arches voisines; sur une pile-culée, il peut séparer utilement une grande arche de petites voûtes d’accès.

Plaqué sur une culée pleine, il fait partie de la culée, il ne sépare rien.

On appareille un pilastre avec plus de vigueur que les tympans qu’il encadre, avec moins que les piles qu’il surmonte.

Art. (). — Couronnement. — Pour regarder un pont, il faut reculer assez loin : on ne voit plus alors les petites moulures des chaperons, des corniches, des bahuts. Il en faut donc peu, mais de simples, nettes de loin, avec fortes saillies.

La hauteur et la saillie des corniches seront ajustées au pont.

On mettra sur un pont lourd, à tympans pleins, une corniche épaisse ; sur un pont léger, trèsévidé, un parapet très ajouré ; sur les culées, qui doivent toujours paraître robustes, un parapet plein.

G. — Au Pont de Saint-Loup (Ligne de La Ferté-Hauterive à Gannat, 1911-14), la saillie des bossages est de 4 à 5*“ aux culées, 3 à 4‘" aux piles, 2‘* aux pilastres et aux bandeaux.

Voir aussi : Appendice, Viaducs.

TITRE XIII

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