‹ Grandes voûtes (volume 3)Chapitre 223 sur 649 · JOINTS VIDES · texte numérisé non relu

JOINTS VIDES

En 1873-74, même méthode au pont de Claix33; en 1883-81, au pont de Waldlitobel34, quatre attaques simultanées, aux reins et à 24° de la clef; en 1882-83, au pont du Castclet, six tronçons au 1er rouleau35 : un s’est ouvert audessus d’une contrefiche du cintre.

Aussi, à Lavaur36 (1883-84), avons-nous articulé le premier rouleau au droit de tous les points fixes du cintre, c’est-à-dire aux abouts de tous les vaux.

Le mode de construction de Lavaur, décrit Tome II, p. 138 à 142, a été appliqué, exactement, ou légèrement modifié, à nombre de grandes voûtes françaises37, suisses38, italiennes39.

Art. 3. — I üiis les joints vides. — Sur un cintre flexible40, on ne sait pas où s’ouvrira la voûte ; au lieu de la diviseren un petit nombre de tronçons, on pose tout sur cales, puis on coule, on fiche ou on mate le mortier41.

Aux grandes voûtes sous rails d’Autriche42, du grand-duché de Bade43, on a suivi la méthode « française » 44,45, mais en posant d’abord à sec les voussoirs dans chaque tronçon, puis en y bourrant les joints de mortier à l'état de terre humide, enfin, clavant au mortier sec les intervalles entre les tronçons.

§ 3. — COMMENT, PENDANT LA CONSTRUCTION LE LA VOUTE, ON MAINTIENT LES JOINTS VIDES

Art. I. — Comment on soutient les assises posées à sec. —

Les assises à sec sont tenues :

à l’intrados par des bandes de plomb46 47 qui restent dans la voûte (plomb mou ordinaire, ou durci par 2 % d’antimoine), ou des tuyaux de plomb48, lesquels sous les coups de matoir se moulent sur la pierre et ne font pas vibrer le cintre ;

33. — III, 38. 3t. — II, 121 , 158. 35. — II, 132. 36. — II, 119.

37. — Antoinette, 1883-84 (II, 119, 146); Céret, 1883-85 (II, 121, 162); Gour-Noir, 1888-89 (III. 81, 106); Pouch, 1890 (111, 83, 110); Freyssinet, J 890-9 1 (III, 83); Saint-Pierre, 1886 (I, 91, 121) ; Verdun-sur-le-Doubs, 1895-97 (I, 141); Verdon, 1905-06 (I. 129, 133); Luxembourg, 1899-1903 (II, 61. 76); Amidonniers, 1904-07 (1,189,203); Ramounails, 1906-08 (11,179, 188); Escot, 1907-09 (11,123); Montanges, 1908-09 (111,17,67); Lusseral, 1908-10 (1 1 1, 89, 157); Seythenex, 1908-10 (111, 171); Sidi-Rached, 1908—12 (11, 65, 112).

38. - Solis, 1901-02 (I, 53); Wiesen, 1907-09 (1, 242). 39. — Morbegno, 1902-03 (IV. 63. 72).

40. — Par exemple, les cintres à cours superposés d’arbalétriers de Perronet, certains cintres

mariniers

41. — Ponts : Mosca, à Turin, 1834 (111, 193, 201); Notre-Dame, à Paris, 1853; de Herdoulet, 1860-61 (II. 117, 128); Empereur- François, à Prague, 1898-1901 (I, 141); Prince-Régent, à Munich, 1900-01 (IV, 233).

42. — Jaremcze, 1893-94 (111,83. 116); Jamno, 1893-94 (111, 83, 118); Worochta, 1893-94 (111,83, 120); Krenngraben, 1904-05 (III, 87); Steyrling, 1904-05 (III, 87); Salcano, 1904-06 (III, 87, 145); Schalchgraben, 1904-05 (II, 121); Rothweinbach, 1904-06 (11, 123).

43. — Gutach, 1899-1900 (III. 85, 124); Schwündeholzdobel, 1899-1900 (III. 85, 128); Langenbrand,

44. — « im Einklange mit fransôsischen Bauausführungen . . . . » (Pont de Jaremcze, III, 110).

45. — « im Einklange mit den œsterreichischen oder oielmehr den fransôsischen liauausführungen die hierfür corbildlicli waren. » (Pont sur la Gutach. III, 124).

46. — Chester (111, 31); Mosca, à Turin (III. 201); Nydeck, à Rerne (II, 54).

47. — Lavaur (II, 139); Antoinette (IL 146); Luxembourg (11, 80); Castelet (IL 133).

48. — Nous avons fait ainsi, récemment, à des voûtes de la ligne de Morez à Saint-Claude.

par des liteaux de bois dur49, larges de 3 A 4cm, plus minces de 3“m ou 4““ que le joint, et qu'on enlève ensuite ;

à l'extrados, par des cales de chêne à la demande, mieux par des coins et des barrettes de fer 50.

On a proposé de remplir les joints en coulant du plomb ou du zinc51 ; mais ces métaux n’ont aucune adhérence avec la pierre, et le plomb résiste moins à la compression que le ciment.

Dans les joints, on a mis du sable, du mortier52, du mortier maigre53, du sable entre des bandes de mortier maigre54.

On ferme l’extrados par de vieux chiffons, des déchets de coton, des sacs

49. — Si on emploie des liteaux trop minces ou en Dois tendre, ils cèdent; les voussoirs se louchent et s’écrasent. I.e fait s’est produit récemment à un pont à 3 arches en arc de 20m au 1 5 : les 4 sommiers des bandeaux des 3 arches ont éclaté.

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