‹ Grandeur et décadence de César BirotteauChapitre 43 sur 45 · PART AUS TIR · texte numérisé non relu

PART AUS TIR

Après les émotions inexprimables que venait de lui causer sa rentrée à la Bourse, ce héros de probité commerciale allait avoir le saisissement qui l’attendait rue Saint-Honoré. Lorsqu’en rentrant dans son ancienne maison, il vit au bas de l'escalier, resté neuf, sa femme en robe de velours cerise, Césarine, le comte de Fontaine, le vicomte de Vandenesse, le baron de la Billardière, l'illustre Vauquelin, il se répandit sur ses yeux un léger | voile, et son oncle Pillerault, qui lui donnait le bras, sen-

tit un frissonnement intérieur.

— C'est trop, dit le philosophe à l’amoureux Anselme, ilpe pourra jamais supporter tout le vin que tu lui verses.

La joie était si vive dans tous les cœurs, que chacun atiribua l'émotion de César et ses trébuchements à quelque ivresse bien naturelle, mais souvent mortelle, En se retrouvant chez lui, en revoyant son salon, ses convives, parmi lesquels étaient des femmes habillées pour le bal, tout à coup le mouvement héroïque du finale de la grande symphonie de Beethoven éclata dans sa tête et dans son cœur. Cette musique idéale rayonna, petilla sur tous les modes, fit sonner ses clairons dans les méninges de cette cervelle fatiguée, pour laquelle ce devait être le grand finale.

Accablé par cette harmonie intérieure, il alla prendre le bras de sa femme et lui dit à l’oreille, d'une voix étouffée par un flot de sang contenu :

— Je ne suis pas bien!

Constance, effrayée, conduisit son mari dans sa chambre, où il ne parvint pas sans peine, où il se précipita dans un fauteuil, disant :

— M. Haudry! M. Loraux!

L'abbé Loraux vint, suivi des convives et des femmes …

en habit de bal, qui tous s'arrétèrent et formèrent un groupe stupéfait. En présence de ce monde fleuri, César serra la main de son confesseur et pencha la tête sur le

sein de sa femme agenouillée. Un vaisseau s'était déjà

rompu dans sa poitrine, et, par surcroît, l’anévrisme étranglait sa dernière respiration.

— Voilà la mort du juste, dit l'abbé Loraux d’une voix grave en montrant César par un de ces gestes divins que Rembrandt a su deviner pour son tableau du Christ rappelant Lazare à la vie. |

Jésus ordonne à la terre de rendre sa proie, le saint prêtre indiquait au ciel un martyr de la probité commerciale à décorer de la palme éternelle.

Paris, novembre et décembre 1837,

INDEX

Lee Bianchon (Horace).

è XLe Père Goriot.

Camusot de Marville (madame).

La Vendetta.

Le Cabinet des Antiques. ‘ “ Splendeurs et Misères des Courtisanes.

Le Cousin Pons.

Cardot (Jean-Jérôme- Séventn

Un Début dans la Vie.

flusions perdues.

Un Ménage de Garçon, ; La Maison du Chat qui pelote.

Chiffreville (M. et madame).

La Recherche de l’Absolu.

Claparon (Charles), Un Ménage de Garçon, Melmoth réconcilié. :

Un Homme d'Affaires.

Les Petits Bourgeois. de | Cochin {Émile-Louis-Lucien-Emman,) Les Employés. ‘ a Maison Nucingen.

Les Petits Bourgeois.

Cochin (Adolphe).

La Maison Nucingen. ” # Crevel (Célestin). + La Cousine Bette.

Le Cousin Pons.

Le Député d'Arcis.

; Crottat (M. et madame).

Splendeurs et Misères des Courtisanes, Crottat (Alexandre). :

Le Colonel Chabert.

Un Début dans la Vie.

La Femme de Trente Ans.

La Messe de l’Athée, L'Interdiction.

- Vllusions perdues.

Un Ménage de Garçon.

Les Secrets delaPrincesse de Cadignan.

Les Employés.

L Pierrette.

. Étude de Femme, 1 Splendeurs et Misères des Courtisanes.

. Honorine.

4 L’Envers de l'Histoire contemporaine.

WLa Peau de Chagrin.

Une Double Famille.

Un Prince de la Bohème.

Mémoires de Deux Jeunes Mariées.

La Muse du Département, La Fausse Maitresse.

… La Cousine Bette. -

ÿ- vLe Curé de Village.

& Autre Étude de Femme.

__ La Grande Bretèche.

Bidault, dit Gigonnet,

+ Les Employés.

4 yLa Maison Nucingen.

Une Fille d’Ève,

Æ Birotteau (l'abbé François).

VLe Lys dans la Vallée.

. yLe Curé de Tours.

Birotteau (César).

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